‹ Instruction pastorale de Monseigneur l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 3 sur 23 · INS · texte numérisé non relu

INS

e sait, | el ; et Pie IX, pme, et > l’'Em-

ait tout vêques Un des St. Sulde lui euve, je ercé de

AUX qui oits et l’ordre égitime ue- les En-ou-

“ wwe, nous proclamons que tous ces biens et ces droits, en tant qu’affectés “ à Dieu et à son Eglise doivent être considérés comme saints et sacrés, “et qu'ils ne peuvent sans sacrilége être envahis, enlevés, ni rappelés “ sous la domination séculière.”

À une autorité si évidente, l'Empereur n’eut rien à répliquer, et lui

qui ait tant de batailles, se vit vaincu par la force des principes

u droit et de la justice, qui coulaient des lèvres de ce généreux Ecclésiastique. Si donc il eût vaulu renoncer au droit du plus fort, il n'aurait jamais, d’un coup de plume, déclaré la déchéance du Pouvoir temporel du Pape, en sa qualité de successeur de Charlemagne, et sous l’ironique prétexte que le Pape, parce qu’il refusait de fermerses ports aux Anglais, violait les obligations attachées à la Papauté, savoir de promouvoir les intérêts de la Religion. Il aurait d’autant plus respecté ce pouvoir temporel du Pape qu’il avait précédemment déclaré que c'étaient les siècles qui avaient fait les Etats Pontificaux ; et qu’ils avaient bien fait. Il aurait en outre d’autant plus respecté le Pape lui-même qu’il avait auparavant ordonné à son ambassadeur à Rome de traiter le Pape, comme s’il eût été entc:"r6 de deux cénis mille hommes de troupe, quoiqu'il n’eût aucune force militaire pour se garder.

Ces principes incontestables, et.ces faits irrécusables, qui viennent à l'appui, vous paraîtront, Nous n’en doutons pas, N. T, C. F., hors de réplique. Aussi, pourrions-Nous en demeurer là, pour vous démontrer que la Papauté a un droit strict sur les Etats Pontificaux. Néanmoins, Nous aHons, par surabondance de droit, insister sur ces principes, pour qu’ils vous paraissent encore plus évidents, par l’application qui en a été faite, dans tous les temps, chez tous les peuples,.et par des hommes de tout état et de toute religion.

Fleury croitque c’est par un effet particulier de la Providence, et pour éviter les schismes que le Pape s’est trouvé indépendant.

Gibbon écrivait de son temps que le domaine temporel du Pape se trouve fondé sur mille ans de respect ; et leur plus beau titre à la souveraineté, c’est le libre choix d’un peuple délivré par eux de la servitude.

‘ Le pouvoir croissant de ces Pontifes, dit Sismondi, était fondé sur ‘les titres les plus respectables des vertus et des bienfaits.”

“ Pères et défenseurs d’un peuple, s’écrie M. Daunou, médiateurs “entre les grands, chefs de la Religion, les Papes réunissaient les divers “ moyens d'influence que donnent les richesses les bienfaits, les vertus “et le sacerdoce suprême.” ,

‘ Le temps a donné au St. Siége, convient le trop fameux Voltaire, des. droits aussi réels sur ses Etats que les autres Souverains de l’Eu- “ rope en ont sur les leurs.”

Comme on le voit, ce ne sont pas seulement les Evêques qui élèvent hardiment la voix, pour la défense du patrimoine de St, Pierre, ce sont encore des Docteurs en droit canon, des laïques, et même des hommes qui, par principes, ont été opposés à l’Eglise. On sera à même d’en ju-

ger plus particulièrement encore, par les aveux qui ont été faits, sur ce sujet, par des écrivains célèbres, mais que l’on sait avoir été peu attachés à la pratique de leurs devoirs religieux.

“ Sans l'autorité du Souverain Pontife, écrivait M. Thiers en 1849, “ l'unité catholique se dissoudrait ; sans cette unité, le catholicisme pé- “ rirait au milieu des sectes, et le monde moral, déjà si fortement ébran- “ 16, serait bouleversé de fond en comble. Mais l'unité catholique, qui “ exige une certaine soumission religieuse de la part des nations chré- “ tiennes serait inacceptable, si le Pontife, qui en est le dépositaire, n’é- “ tait complètement indépendant. .....,,,...

“ Pour le Pontificat, dit-il encore, il n’y a d'indépendance que la “ souveraineté même. C’est là un intérêt de premier ordre, qui doit faire “ taire les intérêts particuliers des nations, comme dans un état l’intérêt “ public fait taire les intérêts individuels, et il autorisait saffisamment les “ puissances catholiques à rétablir Pie IX sur son Siége Pontifical.”

Ces remarquables paroles de M. Thiers pouvaient et devaient être d’un grand poids, sur les députés français, réunis à Paris, au moment où la guerre d’Italie s’allumait. Ils étaient, le 30 Avril 1859, à délibérer sur ce grand événement, qui faisait dès lors pressentir aux gens bien PE un danger imminent pour l’inviolabilité des Etats Pontificaux, orsque M. le’ Vicomte Lemercier s’appuya sur l'autorité de ce publiciste, pour demander au Commissaire A "Empire si l’on pouvait être assuré que le gouvernement de l’ Empereur avait pris toutes les précautions nécessaires pour garantir la sécurilé du St. Père dans le présent, et l’indépendance du St. Siége dans l'avenir.

Le Commissaire ayant répondu que, sans aucun doute, le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires, pour que la sécurité du St. Père soit assurée, au milieu des agitations dont l'Italie est le théâtre, ce ne fut plus, dans toute la chambre, qu’un concert d’enthousiasme ; et M. le Vicomte de Latour, prenant acte de ces loyales assurances, au nom du peuple français, se plut à dire et à protester que c’était vraiment le peuple catholique, monarchique et soldat.

C’est lillustre écrivain M. Villemain qui, pour prouver l’indépendance du Pouvoir temporel du Pape, cite d’abord ces graves paroles de M. Thiers, et dr ces faits publics et notoires, si propres à leur donner une très haute importance. Puis, dans un élan sublime et chaleureux, il s’adresse à l’immortel Pie IX en ces termes :

‘ Et vous, confiant et généreux Pontife qui, dès l’abord, avez tant ‘ amnistié, et qui avez voulu tant de réformes salutaires, vivez, persistez, “ souffrez, pour les accomplir, ou du moins les avouer. Vous ne succom- ‘“ berez pas à des envahissements insidieux ou violents, à l'anarchie, ‘instrument de l’ambition. Dans vos droits anciens, reconnus si long- ‘ temps et naguère encore, vous maintenez, vous défendez le droit public- “ de PEurope, l’inviolabilité des faibles puissances et des titres légitimes. ‘ Avec vous, vous avez la foi de tant d’âmes catholiques, le respect du

‘“ sair # croi “ sus [1 n’ai «6 pas.

qui tic

“ saint asile des consciences et l’amour de la liberté véritable, celle qui “ croit en Dieu et à la digne morale de l'homme. Votre âme est au-des- “ sus de la crainte; Votre rang sacré au-dessus du péril. La Papanté “ n’aura pas son Charles ler, ou son Louis XVI. Et puis,elle ne meurt “ pas, comme une dynastie peut mourir.”

Mais cessons de citer tant de belles paroles de ces hommes éminents qui tiennent un langage digne des Pères de l'Eglise, pour déduire de tous ces principes et faits qui viennent d’être allégués, les mêmes conclusions

uw’en tirait le savant et intrépide Evêque de Poitiers, Monseigneur Pie, dans sa Lettre Pastorale du 13 janvier dernier.

“ Nous rejetons, disait-l, condamnons et réprouvons les doctrines “ émises dans plusieurs livres récents, et notamment dans la brochure in- “ titulée Le Pape et le Congrès. Nous déclarons qu'aux yeux des fidèles “ enfants de l’Eglise, nulle puissance terrestre n’a autorité pour opérer ou “ sanctionner, en tout ou en partie, la sécularisation du patrimoine apos- ‘ tolique, et la déchéance temporelle du Pontife Romain.”

Ce sont, N. T. C. F., ces mêmes doctrines perverses que Nous voulons signaler aujourd’hui à votre sérieuse attention, et qu’à l'exemple de cet illustre Prélat, Nous rejetons, condamnons et réprouvons. Nous ne doutons pas que, vous aussi, vous ne rejettiez, condamniez et réprouviez des doctrines :i dangereuses et si dignes de toute censure.

Page 1