QUELS SONT, EN ITALIE, LES ENNEMIS DE LA PAPAUTÉ
Il Nous reste à vous dire quelque chose, N. T. C. F. des révolutionnaires Italiens, pour achever de vous faire connaître le caractère de ceux qui en veulent au Pouvoir temporel du St. Siége. Ce que Nous allons en dire nous est attesté pes les journaux religieux qui se disent bien renseignés. A la vérité, les organes du gouvernement révolutionnaire, qui cherche à se constituer dans la Péninsule, a réclamé contre les attentats horriblzs commis sous ses yeux, et dont il ne voulait pas porter l’odieux aux yeux du monde entier. Mais le Times de Londres va nous dire, par un de ses correspondants, ce qu’il faut penser des rapports officiels de ce gouvernement provisoire. C’est le Signor Gallenga qui va parler.
“ Rien, dit-il, n’est plus pénible, ni plus alarmant que les menson- ‘“ ges accurnulés ici par les fabricants de nouvelles pour se tromper eux- ‘“ mêmes, et pour tromper tout le monde avec eux. On se frotte les “ veux vraiment, et on doute si l’on est éveillé ou non, quand on voit les “ contradictions énormes qui se trouvent entre les affirmations des feuil- “ Jes officielles, et les faits qui tombent sous les sens, et que chacun ad- “ met dans la conversation.”
Cet aveu du Times, qui est le premier journal de toute l’Angleterre, trouve tout naturellement sa place ici, non seulément pour confirmer de lus en plus ce que Nous allons dire des horribles excès commis par les insurgés d’ltalie, mais encore pour vous mieux faire connaître le caractère de toute révolution, en quelque pays qu’elle se fasse, et quels que soient les hommes qui en sont les instigateurs et les agents. C’est une chose à bien remarquer, N. T. C. F. et Nous vous conjurons d’en tirer pour vous-mêmes d’utiles leçons. Car, ne l’oubliez pas : si jamais la révolution passe par notre cher Canada, aujourd’hui si heureux, il sera infailliblement le théâtre des scènes d’horreur, que Nous avons à rapporter, pour vous mieux faire connaître les hommes féroces et sacri-
léges, qui s’attaquent au gouvernement Pontifical.
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Voici donc en résumé ce qu’ont fait ceux qui ont accompli les.aotes de la révolution, dans ics Etats Pontificaux. Méprisant les droits les plus sacrés, ils se portent à des excès inouïis. Ils se casernent dans les Eglises ; ils enfoncent les armoires des sacristies : ils epdossent les omements sacrés et chantent la messe, en parodiant la sainte hostie, avec un morceau de pain, au milieu des plus obscènes et des plus exécrables blasphèmes. Ils introduisent dans les églises des filles et des femmes dans un état d’indécence qui fait frissonner. Ils placent, sur l’autel,;un homme tout nu, ils l’encensent et s’en servent pour donner la bénédiction, avec des cris, des hurlements, des trépignements et un vacarme. de vrais démons.
Ils font, des temples, de vraies maisons de débauche. Ils mutilent les statues, percent les tableaux, arrachent les yeux de l’image vénérable de la Mère de Dieu, tirent des coups de fusil dans le tableau du saint Patron de l’Eglise, et foulent aux pieds le crucifix, ou crachent dessus. Ils violent les jeunes filles ou femmes qu’ils peuvent saisir. Ils jurent haine et mort aux Prêtres, et courent les rues nuit et jour, en poussant des cris affreux. Ils inspirent leurs sentiments d’impiété à des petits enfants, à qui ils apprennent à chanter des chansons infernaies, qui expriment toute la rage des démons contre les ministres de Dieu.
Tels sont, N. T. C. F., les hommes qui sont à la tête du mouvement révolutionnaire contre N.S. P.l" Pape. Telle est la sacrilége révolution qui bouleverse aujourd’hui le nord de l’Italie, et qui menace d’allumer le feu de la guerre dans l’Earope entière. Hélas ! il faut bien l’avouer, puisque c’est ur fait public et notoire, le gouvernement Sarde, oubliant la foi et la piété de ses pères, est à la tête de ce mouvement impie et scandaleux. (C’est que là aussi, de mauvaises doctrines se sont propagées à la faveur des mauvais livres, des mauvais journaux et des mauvais discours, qui sont partout les trois puissants moyens qu’emploie l’enfer pour séduire les nations aussi bien que les particuliers.
Grande et utile leçon pour nous tous, N. T. C. F.,et puissions-nous en profiter! Hélas! il n’est que trop vrai que la famille de Savoie, qui régnait avec tant de paix et de bonheur sur les Etats Sardes, et qui a donné tant de sa’ nts au ciel, donne aujourd’hui des enfants à la révolution et des persécuteurs à l’Eglise ! Après un tel exemple, quelle estila famille la plus pieuse et la plus respectable qui ne eraïindra de tomber dans un aussi affreux malheur, le plus grand sans doute qui puisse arriver à des hommes qui voient toutes choses des yeux de la foi ? O pères etmres, ne laissez donc pas entrer dans vos salons ces hommes, ces livres, ces journaux à mauvais principes ; car, n’en doutez pas, ils sont plus à craindre que le serpent. Quasi a facie colubri, fuge peccala. (Ecclé. 21,2). Oh! comme vous devez faire bonne garde, pour empécher ces dangereux ennemis de venir pervertir la foi pure et simple que rous ont léguée nos pères, comme notre plus précieux héritage ! Que votre sollicitude soit donc toujours inquiète, dans.la crainte de quelque
surprise, Quelle soit surtout continuellement excitée par la prière, qui æst son élément ordinaire. Car la crainte anime la prière, et la pri entretient la crainte, qui est le commencement de la sagesse. L’heureux fruit que vous ronilieres de votre sollicitude paternelle sera la conservation du dépôt sacré de la foi dans le sein de vos familles. C’est le feu du ciel qui se conservera ainsi de race en race et jusqu’à la dernière postérité dans vos maisons qui, ne l’oubliez donc jamais, ont été les demeures de tant de saints.
Quoiqu'il en soit, tout ce que Nous pouvons dire maintenant de ceux qui favorisent, en Italie, un mouvement révolutionnaire aussi criant, c’est qu’une tache d’infamie s’attache. à leur mémoire, et que d’âge en âge, la triste renommée répètera, avec tout l’accent de l’horreur, ce qu’ils ôsent entreprendre et faire contre le Seigneur et contre son Représentant, Déjà même, les populations religieuses qu’ils n’ont pu séduire, mais qu'ils oppriment et vexent par des impôts exhorbitants et par les excès monstrueux auxquels ils se portent, les maudissent avec horreur.
Et vous tous, N.T. C. F., qui sentez si vivement le bonheur de la Religion, quelle serait votre désolation si des hommes impies et sacriléges s’emparaient de vos Eglises, s’ils en faisaient des casernes et des maisons de débauche ; s’ils profanaient le St. Sacrement, crachaient sur le crucifix ou le foulaient aux pieds ; s'ils enfonçaient leurs baïonnettes dans les saintes images de la Bienheurense Vierge, comme pour leur crever les yeux ; s’ils déchargeaient leurs fusils dans lés tableaux de vos saints Patrons, dont les fêtes sont pour vous des jours de joie spirituelle et de grâces abondantes. Eh-bien! c’est là ce qui se passe à l’heure qu’il est, dans la malheureuse Italie. Priez donc avec ferveur le Père des Miséricordes de secourir ceux de nos frères qui, dans ce pays, de tout temps si catholique, sont tombés sous le joug de fer d’un petit nombre de mauvais sujets qui ne se maintiennent dans une autorité usurpée, que par la terreur qu’inspire leur violence.
Maintenant, vous êtes sans doute, N. T, C. F., inquiets de savoir ‘comment N. S. P. le Pape se trouve, au milieu des révolutionnaires, qui travaillent avec tant d’acharnement à le dépouiller des biens qui appartiennent en propre, non à lui, mais à toute la grande famille Catholique. Rien de pius juste ; et pour satisfaire votre piété filiale, Nous allons vous rapporter quelques passages de ses Lettres, qui suffiront pour vous faire connaître toute la sérénité et l’héroïsme de sa grande âme.
Dans sa sollicitude paternelle pour tous les peuples, il ne cesse, écritil, de faire entendre au Ciel le cri de sa prière, pour demander la paix. IL invite, avec une affection singulière, tous les Evêques à prier et à faire ” prier les fidèles, pour obtenir cette paix si désirable. Dans sa tendre dé- -votion pour l’Immaculée Vierge, il veut que tous recourent à son puis-
sant secours, pour qu’elle supplie son Divin Fils d’éclairer tous les esprits et d’animer tous les cœurs, afin qu’ils se conservent en paix. Il ouvre les trésors de l’Eglise et accorde de grandes indulgences à ceux qui
ière, qui la prière heureux | conserst le feu dernière é les de-
de ceux i criant, d’âge en ce qu’ils eprésenséduire, + par les horreur.
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de savoir aires, qui ui apparatholique.
lons vous vous faire
sse, écritr la paix.
et à faire lerdre déson puisjus les esix. Il ou- , CeUX qui
prieront pour la paix. Accablé de douleur, il cherche à se soulager em écrivant à ses frères, qui sont les Evêques de la catholicité. Il leur re-
commande de tenir en mains leurs encensoirs, pleins d’un feu sacré pris
à l’autel, pour se présenter au peuple chrétien et prier pour lui, parce que
le Seigneur a laissé déborder sa colère, et qu’une plaie terrible est tombée du ciel, pour désoler la terre. Il aime à reconnaître que c’est aux
rières des fidèles qu’il doit cette force surnaturelle qui l’anime, en dé-
endant les droits de l’Église. Il proteste qu’il est prêt à tout souffrir, la
mort même, plutôt que de sacrifier ces droits sacrés. Il déclare que tous
ceux qui ont ôsé s’emparer des biens sacrés de la sainte Eglise Romaine, . sont tombés dans l’excommunication majeure. Usant de l’autorité qu’il
a reçue de Dieu d’avertir de leurs devoirs de conscience, les P-'nces aussi bien que les peuples, il déclare qu’il a rappelé, avec une charité toute paternelle, à l’Empereur des Français ce terrible jugement auquel nous comparaîtrons tous un jour, afin de mériter d’y être traité avec miséri-
corde, et nou avec la sévérité de la justice. Il est vivement touché des démonstrations, qui se font en tous lieux, pour reconnaître ses droits tem-
porels. D’un autre côté, il est profondément affligé des maux qui trou-
blent la paix de l'Eglise, et de la. perte des âmes qui périssent dans les
provinces révoltées,
Que ces sentiments, N. T. C. F., sont beaux et dignes d’admiration ! Comme c’est notre Père commun, qui les exprime lui-même, avec l’accent de la plus douce affection, il nous est facile de lire ce qui se passe dans sa belle âme, qui est pure et sans fiel, comme la colombe, et dont les ineffables gémissements attendrissent aujourd’hui l’univers catholique tout entier.
Mais il ne nous suffit pas, N. T. C. F., de savoir ce qui se passe dans l’intérieur du cœur du Père de l’Eglise, durant cette affreuse tempête, il nous faut encore bien connaître et bien comprendre la réponse qu’il a donnée à l’Empereur des Français qui lui proposait de renoncer à ses droits sur les provinces révoltées. Cette réponse est digne de toute notre attention; car, elle résume en peu de mots toute la Question qui nous occupe tous si vivement.
Il ne peut, dit-il avec une liberté vraiment Apostolique, renoncer à son pouvoir temporel sur cette partie de ses domaines, 1° parce que la dignité du St. Siége et la sienne propre s’y opposent invincibiement, ainsi que son caractère de Pontife et les droits du St. Siége, qui appartiennent non à une famille royale quelconque, mais à tous les catholiques qui ont le plus grand intérêt à ce que le Chef de l’Eglise universelle soit indépendant de toute autre puissance ; 2© parce qu’il a déjà fait connaître qu’il ne pouvait nullement céder ce qui n’était pas à lui; 3° parce qu’en abdiquant ces Provinces, il donnerait gain de cause, non seulement aux révolutionnaires des Romagnes, mais encore à ceux du monde entier, qui verraient par là leurs efforts séditieux couronnés de succès; 4 parce qu’il violerait par là les serments solennels qu’il a faits de
“conserver intacts tous les droits du St. Siége ; 5 © parce qu’il exciterait, en-cédan: quelques-unes des Provinces des Etats Pontificaux;, le mécontentement des autres; 6° parce qu’il commettrait une injustice: envers les Catholiques du: monde entier, pour qui ces biens ont été donnés à
l'Eglise Romaine ; 7° parce qu’il affaiblirait les droits des autres Princes Italiens, qui ont été détrônés, et aussi ceux de tous les Princes du .
monde, qui ne sauraient souffrir que des principes aussi pernicieux se propageassent dans leurs Etais; 8° parce que c’est à force d’argent et par d’autres moyens aussi criminels que l’on est parvenu à entraîner dans la révolte un petit nombre de mauvais sujets; 9° parce que les populations en masse, loin de suivre le mouvement révolutionnaire, en ont été stupéfaites, et qu’elles demeurent fidèlement attachées de cœur à son gonvernement ; 10© parce que si la révolte de ces mauvais sujets était pour lui une raison de renoncer à ses droits sur les provinces insurgées, il en faudrait dire autant de tous les autres gouvernements qui sont au monde ; ce qui assurément serait absurde.
Ces raisons, N.T. C. F., sont si évidentes et si convaincantes en même temps, qu’il serait inutile de vouloir vous les expliquer ; car, Nous n’en doutons pas, elles vous paraîtront claires comme le jour ; et vous demeurerez convaincus que N. S. P. le Pape, en refusant de céder ce que lui demande la révolution, ne‘fait qu’accomplir un devoir impérieux.
Nous vous ferons toutefois remarquer une chose bien digne de votre attention ; et Nous vous conjurons, pour votre propre bien, de ne jamais l'oublier. Ceux qui se révoltent aujourd’hui contre N.S. P. le Pape appartiennent à des sociétés secrètes ; c’est lui-même qui nous l’assure. Un des principes abominables de ces sociétés secrètes est de déclarer que tous les biens sont communs dans le monde ; et qu’ainsi il est permis aux pauvres de dépouiller les riches, comme il est permis aux sujets da dépouiller les rois de leurs états.
Qu’arriverait-:il donc si ce principe détestable venait à prévaloir dans le monde? Le droit de propriété disparaîtrait ; et un homme quelconque qui aurait acquis, à force de travail, une honnête fortune pour lui et ses enfants, s’en verrait tout-à-coup dépouillé par des paresseux, des fainéants et de vagabonds de toute espèce. Et comme il ne se laisserait pas dépouiller sans résistance, l’on verrait s’établir le droit du plus fort. Que s’en suivrait-il ? des meurtres, des assassinats, des révoltes, des commotions et des malheurs de tous genres. La ville de Milan, qui fait partie du gouvernement des révolutionnaires, en est un exemple frappant, Car voici ce qu’on lit sur une des feuilles les plus libérales de cette ville, et dont, par conséquent, le témoignage ne saurait être suspect à cet égard. Voici ses paroles :
“ Sécurilé Publique.—Quel beau sort est le nôtrc! Ceux qui ont “ souci de leur vie ou qui tiennent quelque peu à leur bourse, ne peuvent “ plus cheminer par les rues qu'avec de bons pistolets dans leur poche ; ‘et encore ne sont-ils certains de conserver ni l’une ni l’autre, car les
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erait, “6 voleurs et les bandits marchent par escouade. Que fait notre. muniécon- “ cipalité devant de pareils résultats ? Rien. Son impassibilité et sa fainvers “ blesse sont vraiment incroyables. Pour peu que cela dure encore, la nés à “ situation deviendra si intolérable que l’on sera obligé d’élever partout Prin- “ des barricades rour se défendre contre les voleurs et les assassins.” >s du . Comprenez-vous maintenant, N. T. C. F., que c’est pour nous tous, ux 8e qui sommes ses enfants, que le Père de la grande famille combat,. puisent et que, s’il cédaït au mauvais principe en vertu duquel on veut le dépouilaîner ler, l’on ne manquerait pas d’invoquer quelque jour le même principe de e les toute injustice, pour nous dépouiller de nos biens les plus légitimement re, en acquis. | œur à Il nous importe donc souverainement, N. T. C. F., de travailler à sujets conserver, dans le monde, les principes de la force morale, Or, ce prinnsur- cipe se représente avant tout dans le Roï-Pontife de Rome. On en a une i sont preuve bien sensible aujourd’hui que l’univers catholique se lève comme un seul homme, pour défendre le Pape; cet homme universel, dans lequel es en se concentrent tous les intérêts catholiques, non à coup de canon, mais Nous par une résistance mille fois plus redoutable, .savoir, ‘la force morale, qui vous | a son principe dans la justice. Ainsi, croyons qué le vainqueur de Maler ce genta ét de Solferino ne vaincra pas le pacifique Pie IX. Car son trône jeux. est assis sur des titres incontestables et sur une possession paisible de votre mille ans; ilest défendu, non par des baïonnettes, mais par le glaive mais de la parole, qui vibre et flamboye, dans la tribune, comme dans la Pape chaire, pour la défense du Paradis terrestre. Collocavit ante paradisum ssure. . voluptatis cherubim et flammeum gladium aique versatilem, ad custodienclarer dam viam ligni vifæ. Gen. 3, 24.
per- ; sujets SIXIEME QUESTION.
valoir LA PAPAUTÉ POURRAIT-ELLE SE SOUTENIR SANS UNE FORCE ARMÉE ? Sp Les ennemis de la Papauté ne cessent de crier.que le gouvernement seux, Pontifical est trop faible pour maintenir l’ordre et la paix ; et ils en con- | lais- cluent qu’il n’a pas les conditions nécessaires pour subsister. à plus Avant d’abattre cette barricade de nouvelle espèce, que cherchent s, des à élever les ennemis du Pouvoir Temporel du Pape, ponr essayer de le i fait renverser d’un seul coup, nous lirons ensemble quelques lignes d’un frap- ouvrage que vient d'écrire un auteur déjà bien connu, M. le comte Solar es de de la Marguerite.
spect I] y eut, dit cet écrivain distingué, un temps où tous les souve- “ rains catholiques pensaient faire chose toute naturelle que de prendre € a défense du St. Siége ; ils croyaient même que c’était pour eux tout uv “ simplemert un devoir ; c’est ainsi que l’ont entendu Pepin, Charlevent Le ? ; x ; sofèi: “ magne, Othon THE, Henri IT et Lothaire, quand ils sont descendus en ds 164 “ Italie. Les Empereurs d’Orient ont perdu leur suprématie pour avoir
“ abandonné le Pape à la tyrannie de Béranger et d’Astolphe.”
Quoiqu'il en soit, qu’il faille maintenant à Rome une force armée pour maintenir le bon ordre, c’est ce dont personne ne doute. Mais conclure de là que le gouvernement est un mauvais gouvernement, qui n’a pas les éléments nécessaires pour subsister et se soutenir, c’est autre chose, comme Nous allons le démontrer.
Car la principale force de tout gouvernement bien constitué est la force morale qui consiste surtout dans les bonnes mœurs des gouvernants et des gouvernés. Or, c’est cette force morale qui a toujours caractérisé le ecenemeant Pontifical. Et en effet, jusqu’à ces derniers temps que les révolutionnaires de tous les pays y sont venus jeter le trouble, l’on ne voyait guère à Rome et dans les autres villes des Etats Pontificaux, que des agents de la justice ; et la force militaire ne consistait guère que dans un faible corps de troupes, destinées plutôt à rehausser l'éclat des fêtes qu’à comprimer des manifestations hostiles qui n’existaient pas. à
Alors le peuple était contenu dans le devoir par la conscience ; et les malfaiteurs, heureusement très rares dans ces beaux temps, étaient arrètés par la crainte des familles auxquelles ils étaient tentés de s’attaquer. Avec ce principe de la force morale, le gouvernement Pontifical a été le dernier à ressentir le besoin qu’ontles gouvernements modernes de régner par le sabre. Nous devons ajouter que, même dans ces temps mauvais où lesprit révolutionnaire fait sentir partout sa redoutable influence, le besoin d’une force militaire est moins grand à Rome que partent ailleurs.
Quelques chiffres vont prouver cette assertion. Il y a à Rome une population fixe d’environ 190,000 âmes. Il faut y ajouter les étrangers qui vont et viennent et dont le nombre s’élève, dans certaines saisons, jusqu’à trente et quarante mille hommes. Or, avec le tiers des soldats nécessaires pour maintenir la paix dans les grands centres, on fait observer l’ordre dans la capitale du monde.
Il s’en suit que le besoin d’une force armée ne constitue pas pour la ville de Rome une situation exceptionnelle. Toutes grandes villes du monde en sont là ; et l’on n’en conclue pas pour cela que l’administration y est mauvaise. On n’a donc pas droit non plus de juger que le gouvernement Pontifical est un mauvais gouvernement, parce qu’il est nécessaire d’y avoir une force armée pour garder l’ordre.
Appliquons ceci à la capitale de la France, et supposons que les quatre-vingt mille hommes de troupes qui y sont en garnison soient licenciés, sous prétexte qu’il y a à Paris d’admirables institutions goumementales qui rendent la force militaire inutile. Croyez-vous que la révolution ne rentrerait pas dans cette grande ville le jour même qu’elle serait évacuée par la force militaire. Assurément le départ des soldats serait le signal de l'invasion des barbares socialistes et communistes.
L'Empereur des Français, dans sa réponse au Cardinal Archevêque de Bordeaux, avait donc tort de tenir ce langage menaçant : “ I] s’in-
armée
Mais.
nt, qui t autre
est la ouver- YS Caerniers eter le ;s Etats 1e con- Dt à reles qui
et les it arrétaquer.
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e une angers aisons, soldats obser-
pour la Iles du nistrale gounéces-
ue les ient lins gouque la qu’elle soldats stes,
evêque Il s’in-
“ quiète avec raison du jour qui ne saurait être éloigné où Rome sera. ‘ évacuée par nos troupes. Car, quand notre armée se retirera, que lais- “ sera-t-elle derrière elle ? Panarchie, la terreur ou la paix ?” Ce prince voudrait apparemment que ce fût l’anarchie puisqu'il est décidé à s’opposer à l’intervention de toute autre nation étrangère, lorsque les Français évacueront Rome. TRES
Quoiqu’il en soit, il paraît que le gouvernement Pontifical prend de sages mesures, pour maintenir l’ordre, dans la Ville Sainte, lorsque l’armée d’occupation sera rappelée, si toutefois elle l’est. Car voici ce que nous apprend une correspondance de Rome, qui nous paraît digne de foi. “ Il est probable, dit-elle, que ces préparatifs connus feront renoncer à & la retraite des troupes françaises, car leur départ n’aurait pour but que “ de causer de l’embarras au St. Siége, et montrer sa faiblesse aux yeux “ de tous. Mais du moment où l’on aura l’assurance qu’il pourra “ pourvoir lui-même à sa défense, on abandonnera l’idée de se dessaisir “ d’un point aussi important que l’est la ville de Rome. On l’a vu, au mo- “ ment de la guerre contre l’Autriche ; le St. Père voulant éviter d’être le “ prétexte d’une collision entre les deux grandes puissances catholiques “ demanda formellement à l’Autriche et à la France de retirer leurs “ troupes des Etats Romains. ‘L'Empereur Napoléon refusa alors de ‘ retirer ses soldats de Rome. Ilen serait de même aujourd’hui si le “ Pape renouvelait la même demande. On veut se donner l’air de pro- “ tecteur de l’Eglise lorsque l’on n’en est que l’ennemi et le spoliateur.?
Maintenant si, proportion gardée de la population, Paris a besoin d’une plus grande force armée que pour être maintenu dans l’ordre et la paix, il s’en suit que le gouvernement Papal n’est pas mauvais précisément parce qu’une certaine force militaire y est nécessaire, pour contenir les mauvais sujets et protéger les bons citoyens. Car partout ces sujets turbulants se ruent contre les institutions gouvernementales, qui les gênent dans leurs projets de tout renverser pour arriver au pouvoir ; etsices révolutionnaires ont juré une haîne implacable au gouvernement Pontifical, c'est parce qu’ils savent très bien que sa force morale est encore le pivot de toutes nos sociétés modernes, qui tomberont bientôt en ruine, si ce pivot est une fois ébranlé.
Mais voyons si une force armée est aussi nécessaire à Rome que ses ennemis se plaisent à le répéter, et cette fois, laissons parler certains faits bien connus. Dans ue des quarante dern ‘res années qui, comme tout le monde sait, ont été des années de commotions politiques pour toute l’Europe, les soldats étrangers n’ont paru, chose bien digne d’attention, qu’une seule fois à Rome, et deux ou trois fois dans les provinces. Autre chose bien digne’ de remarque! De mémoire d’homme, les Papes n’ont été forcés de quitter Rome que trois fois; et la révolution n’en aété cause qu’une seule fois: encore était-ce une révolution italienne plutôt que Romaine. Dans les deux antres circonstances, les populations ne se sont montrées que pour protester de leur dévouement
à leur chef légitime. Si l’on fait maintenant attention que le dernier demi-siètlé a vu passer sur la France une douzaine de révolutions, qui ont amené trois changements dans les dynasties régnantes, l’on saura apprécier à sa juste valeur ce prétendu grief qu’il n’y a pas à Rome une force armée, capable de maintenir l’ordre public. En présence de tous ces faits, concluons que le besoin d’une force militaire dans les Etats Romains ne prouve nullement que ces états soient mal gourvernés.
Mis ce qui surtout paraît intolérable aux ennemis de la Papauté, c’est qu’il faille, à Rome, une armée d’étrangers pour empêcher le soulèvement du peuple, qui ne peut supporter le Gouvernement Papal.
Nous venons de voir que, jusqu’à la révolution de 1848, il n’y avait point, dans les Etui: Pontificaux, d’armée proprement dite ; et que réellement il n’y en avait pas besoin. Car les Papes, se voyant appuyés à l’intérieur sur la conscience publique, et au-dehors par le respect des puissances, se contentaient de tenir sur pied une bonne police ; ce qui assurément faisait honnenr à leur gouvernement paternel, et soulageait leurs sujets d’une lourde charge, celle de payer de fortes taxes pour l'entretien d’une armée.
Encore aujourd’hui, il n’y aurait nul besoin de soldats à Rome, sans les carbonaristes, qui sont les francs-maçons d’Italie. Car là, plus qu'ailleurs, les masses sont paisibles, parce qu’elles sont heureuses sous leurs gouvernements respectifs. Ce sont très-certainement les ennemis de la Religion de tous les pays qui, par le moyen des sociétés secrètes, concentrent toutes leurs forces, pour abattre, s’ils le peuvent, la Papauté.
Mais pourquoi la France tient-elle à Rome une armée d’occupation ? :
La réponse est bien simple ; c’est que la Divine Providence, ayant voulu se servir de l’épée de cette fille aînée de l’Eglise, pour comprimer la République Romaine, il est tout naturel que l’armée victorieuse se repose quelque temps sur ses lauriers, et continue à recevoir les bénédictions du Pontife qu’elle a rappelé de l'exil, jusqu’à ce qu’il ait eu le temps de constituer une armée pontificale.
D’ailleurs, qui empèche le Souverain de Rome d’avoir des étrangers à sa solde ? Avant 1793, les Rois de France ne se faisaient-ils pas garder par les Suisses, qui étaient réputés les hommes les plus incorruptibles de Europe? Le Roi de Naples n’avait-il pas encore, l’an dernier, quatre régiments suisses à son service ? et l’ Angleterre n’y trouvait pas à redire.
Enfin, si les Etats Pontificaux sont consacrés à Dieu, et si, comme on n’en saurait douter, ils appartiennent à l’Eglise, qui pourrait trouver mauvais que les nations catholiques fissent aujourd’hui ce qu’elles faisaient autrefois ? Le sentiment de piété filiale attache nécessairement les enfants de l’Eglise au bien que possède le Père commun, pour eux et pour toute la grande famille. Ne soyons donc pas surpris d’entendre, au siége de Rome par les Français, un bon soldat breton dire, dans l’ardeur de sa foi: Comme mon père sera content, quand il saura que j'ai été blessé pour le Pape! Ne soyons pas non plus étonnés de voir les premières
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