QUELS SONT, EN FRANCE, LES ENNEMIS DE LA PAPAUTÉ
En France, c’est la presse irreligieuse qui répète les injures que vomit contre la Papauté la tribune anglaise. On oppose à la domination du Pontife-Roi des faits inventés par la calomnie, des droits qui ne sont que des prétentions injustes, des expédients qui n’aboutissent à rien, Le Siècle et autres journaux irreligieux sont les oracles ordinaires de cette bouche infernale, qui profère par torrents les blasphêmes les plus horribles contre cette majestueuse Papauté. Majestatem autem blasphemant. (Ind. 8.) L'Empereur Napoléon III et l'Italie, Le Pape et le Congrès et autres brochures se joignent aux journaux, pour prêter main-forte à la presse, afin de répandre plus efficacement l’erreur et la séduction.
D'un autre côté, la presse religieuse, qui est l'organe de la saine partie de la France, fait entendre une voix puissante, pour la défense du patrimoine de St. Pierre. “ La France de 1859, s’écrie-t-elle, n’est point “ morte. Si notre noble patrie s’est alors ébranlée pour ailer protéger, “ contre d’indignes violateurs, le patrimoine sacré des Papes, elle n’hési- “ tera pas encore, au jour donné Nous savons ce qu’il y a dans les & entrailles de notre patrie de saint et héréditaire dévouement au Chef 4 de l'Eglise. Pour cette cause, on la trouve tonjours prête à donner 4 largement son sang et ses trésors. Que la France soit laissée à ses “ inspirations généreuses, et les hordes de Garibaldi apprendront une 4 fois de plus quelle est sous toutes ses formes la puissance de la France, “ quel ardent amour l’attache à la chaire des Pontifes de Rome, et com- “ bien est profonde sa haîne de la révolution.”
Ce qu’il y a de plus admirable, c’est que la presse, qui se montre si dévouée au St. Siége, et qui est l’expression vraie et sincère du bon cœur français, est laissée à la merci des plus grands ennemis de la Papauté, qui se trouvent avoir le pouvoir en mains, et qui en abusent, pour
-- sapprimer les bors journaux, tandis qu'ils laissent les mauvais en pleine üiberté d'ontrager la Religion et ses Ministres, sans plus respecte, le Souverain Pontife que les autres. Ce sentiment noble et généreux est di de cette magnanime nation dont l’épée victorieuse a conquis à l’Église son domaine temporel. Cetie attitude imposante, prise par la France catholique, en présence de son gouvernement, qui est .évidémment hostile au Père de la grande famille, sera, pour l’univers entier,un mémorable exemple de fermeté et de dévouement. : Nous le comprerdrons encore mieux, lorsque nous aurons examiné, de plus près, la position critique dans laquelle se trouvent les hommes religieux en France.
Avant la guerre d'Italie. tous les bons catholiques de l’empire, :effrayés de ce déluge de mauvaises productions que vomissait la presse irreligieuse, signalèrent au gouverasment le danger qu’il ÿ aurait de déchaïner par là la révolution, qui, une fois en liberté, se rueraii infailliblement contre le Gouvernement Pontifical.
Pour rassurer tous les esprits, justement inquiets à ce sujet, l’Empereur Napoléon. IIL écrivit, de sa propre main, à N. S. Père le Pape,
ur lui protester qu'il était disposé à maintenir l'intégrité des Etats Pontificaur. C’est ce qu’atteste le St. Père lui-même, dans son allocution du, 20 juin dernier, qui a été adressée à tous les Evêques du mond:.
“ Notre espérance, dit-il, augmente d’autant plus que les troupes 4 françaises, qui sont en Italie, comme Nous l’a déclaré Notre cher Fils “en J.-C. l'Empereur des Français, non-seulement ne feront rien contre “ notre puissance temporelle, et celle de ce’St. Siége, mais même la gar- “ deront et la maintiendronit.?
C'est cette même parole donnée si solennellement au Chef Suprême de l'Eglise, que le Pape vient de rappeler à ce nuissant Empereur, dans sa lettre du 8 Janvier dernier et son Encyclique du 19 du même mois. Nous les reproduisons à la fin de la présente, pour que ces deux. pièces mémorables demeurent à jamais dans nos archives, et pluseneore dans nos mémoires, comme un monument de gloire pour notre XIXe siècle qui peut se vanter d’avoir son Ambroise ; puisse-t-il aussi avoir son Théodose !
Mais, comme en France, l’on continuait à se préoccuper vivement du ‘sort du St. Père, à l’occasion de la guerre d'Italie, M. Rouland, Ministre des Cultes, adressa aux Evêques, pour trengrliser les esprits, une Circulaire, dans laquelle on lit ces paroles reraarquables : “ Le Prince # qui a donné à la Religion tant de témoignages de déférence et d’atta- ‘“chement ; qui, après les mauvais jours de 1848, à rameré le St. Père “au Vatican, ‘est le plus ferme soutien de l’unité catholique ; et il veut ‘# que le Chef Suprême de l'Eglise soit respecté dans tous ses d'oits de “ Souverain temporel. Le Prince qui a sauvé la France des invasions ‘ de l'esprit démagogique ne saurait accepter ni ses doctrines, ni sa :do- & mination en lidlie.” (Circulaire du 4 mai 1859.) Cette promesse de maintenir l'intégrité des Etats Funtificaux est devenue plus sacrée encore depuis la paix dé Villa-Franca et le traité de Zurich.
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Cependant, depuis la paix de Villafranca, la pensée de l'Empereur, si soigneusement cachée au fond d- son âme, commença à se révéler le 11 octobre dernier, dans sa réponse au Cardinal Archevêque de Bordeaux, dans laquelle il ne s’exprime plus avec la même énergie qu'auparavant, sur le pouvoir temporel du Pape. Car il y émet cette opinion que ce femporel n’est pas opposé'à la liberté et à l'indépendance de P Italie : et il laisse percer son intention de conseiller au Souverain Pontife de céder une partie de ses Etats. Mais pour que le conseil qu’il a à donner soit suivi, il annonce que bientôt les troupes françaises seront retirées de Rome, pour ne laisser derrière elles que l’anarchie et la terreur.
Or ce conseil, il l’a vraiment donné le 31 décembre dernier; et en réponse le St. Père a déclaré qu’il ne pouvait le suivre. C’est ce dont il nous informe, dans cette touchante Lettre Encyclique, qu’il adressait à tout l’univers, le 19 janvier de cette année. “ Naguère, nous dit-il, comme l’ont déjà appris plusieurs d’entre vous, la feuille parisienne intitulée le Moniteur, a publié une lettre de l’Empereur des Français, en réponse “ à Notre lettre où Nous conjurions Sa Majesté Impériale de vouloir bien, “ dans le Congrès de Paris, assurer son puissant patronage à l’intégrité “et à l’inviolabilité de Notre Souveraineté Temporelle et de ce Saint “ Siége, et la soustraire au pouvoir d’une criminelle révolte. Dans sa “ lettre, après avoir rappelé un conseil qu’il Nous avait proposé peu de temps avant au sujet des provinces rebelles de Notre domination Pon- “ tificale, le très-haut Empereur Nous conseille de vouloir bien renoncer à la posesssion de ces provinces, attendu qu’il ne voit que ce moyen de “ remédier aux bouleversements actuels. ?”
Maintenant, N. T. C. F., Nous laissons tous ces faits que personne ne peut ignorer, puisqu'ils sont notoires et publièn, pour ce qu’ils sont devant Dieu et devant les hommes, sans vouloir scruter ni ie cœur ni les intentions de ce chef de l’Empire français. Nous ne les avons relatés ici que parce qu’ils appartiennent déjà à l’histoire ; et que pour bien connaître la question qui nous occupe, nous ne pouvons les ignorer. D’ailleurs, Nous tenions à vous donner tous les détails de cette lamentable affaire, afin que vous sachiez bien que ce n’est poir: : N. S. P. le Pape à porter la responsabilité des terribles événeme :: ‘at est menacée l’Europe, et peut-être le monde entier ; mais à tc:: eux qui prennent de si indignes moyens, pour commettre cette criaute et sacrilége spoliation.
Seulement, il Nous est assurément bien permis de déplorer le malheur d’un Prince qui, comblé de tant de bienfaits de la Divine Miséricorde, et au faîte de la prospérité, oublie qw’il doit tout à la Divine Providence, et sort malheureusement de la voie qui lui avait été tracée. Si, au lieu d’aller déchaîner la révolution en Italie, il eût, à l’exemple du bon et vaillant Henri IV, fait dire au Pape que l’épée de la France était au service du SI. Siége, l'Italie serait aujourd’hui en paix, et la France
p’aurait pas à tan. “urer sur les tombes de ses cent mille enfants qui sont tombés, en hén ans lés plaines de la Péninsule. :
Puisse cet Empereur reconnaître qu’il fait fausse route, depuis qu’il parle autrement qu’il ne pense, pour cacher son projet de dépouiller le Souverain Pontife de ses États ; depuis qu’il persécuie ceux qui défendent généreusement ce juste si injustement opprimé ; depuis, qu’il use de sa force matérielle, pour baillonner les journaux, qui sont les organes de la Religion! Il a vu Ronan la colossale puissance de son.oncle se briser aux pieds de l’humble Pontife Pie VII. Qui sait si la sienne ne se brisera pas quelque jour sur la tombe de l’Immortel Pie IX ?