‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 102 sur 291 · I. SOIJfS A PRK.VDIU AU OésUT d'vNB MALADIE · texte numérisé non relu

I. SOIJfS A PRK.VDIU AU OésUT d'vNB MALADIE

Les maladies sont presque aussi variables dans leur débat qoe dans leur forme ; cependant , quels que soient 1^ *igQes précurseurs et ceux qui accompagnent leurs périodes d'incobation ou d'invasion , rarement ils sont niéconiiQs par celui qui les éprouve , et , ches les enfants , P«r l'œil maternel. Sans indiquer ici les divers symptô-

mes qui signalent le* début des maladies , nous dirons seulement que l'mdividu ches qui ces sympfdmes se manifestent doit cesser tout travail et se mettre à une diète sévère. S'il y « fièvre ou courbature , le malade se tiendra au lit et boira une infusion légère de mauve ou de violette édulcorée , soit avec du sucre- ou du miel , soit avec de la racine de réglisse. Les trois on quatre premières tasses de tisane devront être chaudes, quelle que soit la saison , et on les boira coop sur coup , c'est-à-dire à huit ou dix minutes d'intervalle; c'est le moyen le plus prompt d'amener une transpiration salutaire. Il ne faut pas donner i la fois plus d'une demi-tasse à c|ifé on d'un demi-verre de tisane. Il vaut mieux , si le malade a trèssoif , lui donner à boire souvent que trop à la fois. Le malade sera modérément couvert, et, lorsque, pendant le frisson, il a été nécessaire d'enlasser couvertures et édredons sur ion lit , on doit , quand le frisson a cessé , ne lui laisser que ce qui convient pour entretenir la sueur que l'on a provoquée. Quand la sueur, étant bien établie , la chemise du malade en est imbibée , il faut la remplacer par une autre , qui devra être préalablement chauffée , soit devant la cheminée , soit au moyen d'une bassinoire autour de laquelle on la roule. Pour le malade qui , seul et sans secours , est obligé de se suffire à lui seul , il devra se munir d*une ou deux chemises qu'il placera sous son matelas , de manière que la chaleur du lit les pénètre sans cependant que la vapeur qui s'exhale de lui puisse les atteindre. On change ainsi le malade autant de fois que cela est nécessaire , et l'on ne doit pas oublier qu'une transpiration abondante amène souvent la résolution d'une maladie au début, surtout quand le mal tient à un refroidissement ou i un excès de fatigue.

Il vaut mieux que le malade ne remette paa le linge qu'il a trempé de sueur avant que ce linge ait été passé à l'eau ; cependant , en cas de dénûment ou d'impossibilité par antre cause , on peut se contenter de bien sécher le linge humide, puis le faire servir de nouveau.

Si le malade accuse sur un point quelconque une douleur fixe avec battements comme ceux du pouls , il faut appliquer sur ce point un cataplasme de farine de ' lin plus large que la région douloureuse. S*il y a mal de tête violent , agitation , délire , on appliquera aux cuisses d'abord, puis aux jambes, des cataplasmes saupoudrés de farine de moutarde dont on surveillera l'effet sur la peau. Ches les jeunes enfants la farine de moutarde agit quelquefois asses vite pour qn*il faille ne laisser les sinapismes en place que cinq à six minutes. Plus tard, dès

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rige de lept à huit au , ûUni, eo général , les laiiter en place un qnirt d'heure an moins. On peut encore , ches les enfants an berceau, se contenter d'envelopper les pieds de cataplasmes de farine de lin non sinapisés, qui forment autour de la jambe comme une bottine ; on Ice applique asseï chauds et on les laisse à demeure : ce moyen agit d'une manière permanente , à peu près comme un bain de pieds ; il a de plus l'avantage de ne pas exposer Tenfant aux effets de la farine de moutarde, qui demandent une grande surveillance.

Lorsqu'il survient des vomissements , on ne doit point chercher d'abord à les arrêter, surtout si l'estomac contient des aliments. Quand ce viscère est débarrassé , si les vomissements se prolongent , il faut donner au malade quelques cuillerées d'eau fraîche à laquelle on ajoute un peu d'eau de fleurs d'oranger, ou une infusion de feuilles d'oranger qui doit aussi être bue froide.

Quand la moiteur ne s'établit pas , ou quand elle a cessé d'elle -même, si, depuis plusieurs jours , il n'y a pas eu de garde-robes , on donnera au malade un lavement simple , qu'on pourra renouveler six heures après si le premier n'a produit aucun effet

Lorsqu'au début d'une affection, le malade se plaint de coliques et qu'il a de la diarrhée , il Csut lui donner un lavement d'eau simple mêlée d'une certaine quantité de décoction de tête de pavot, depuis une ou deux cuillerées pour un enfant i la mamelle, jusqu'au quart, i la moitié , aux trois quarts de la quantité totale de liquide , suivant l'âge.

Si , au contraire , le malade souffre de constipation , on mêlera au lavement deux cuillerées à bouche d'huile on de miel commun.

H est euentiel tU ne pas donner de lavement pendant la moiteur.

On couvrira ensuite le ventre d'un large cataplasme qui sera renouvelé matin et soir en hiver, et une ou deux fois de plus en été.

C'est à peu près à cela que se bornent les premiers soins dans le cas d'affection fébrile. On doit se garder des conseils ou des idées qui peuvent survenir d'administrer un émétique et surtout un purgatif au malade , de Im appliquer des sangsues , de lui faire prendre un bain : l'opportunité de ces moyens à effets puissants ne peut être jugée que par le médecin , et ce ne serait pas sans risques pour le malade qu'on lui appliquerait à tout hasard des sangsues ou qu'on le purgerait au début d'une rougeole , qu'on lui donnerait un bain au début d'une pneumonie ou d'une pleurésie.

A plus forte raison doit-on se garder de prétendus remèdes dont les recettes courent dans les ateliers, dans les casernes. L'ouvrier , le soldat qui se sent du malaise , de l'oppression , de la toux, la tête lourde, les membres brisés , cède quelquefois au dangereux conseil de prendre un bol de vin chaud ou de punch , et aggrave ainsi une affection qui, prise à temps et combattue par des moyens rationnels , aurait pu céder facilement

Nous avons à donner quelques indications spéciales sur le début de certaines maladies qui s'observent principalement dans l'enfance. Telles sont les convulsions, le croup ou les affections qui s'en rapprochent , et les^vres iruptives^ comme la rougeole, la scarlatine , la miliaire, les diverses formes de la varicelle ou petite-vérole . volante , la variole. Le plus communément , dans les fièvres éruplives, l'éruption est précédée d'un ou de plusieurs jours de malaise , nous renvoyons , pour la conduite à tenir dans ce cas , à ce que nous avons dit plus haut; mais quelquefois les prodromes sont rais ou passent inaperçus , et l'éruption parait d'emblée. Il ne faut pas croire pour cela que les conseils du médecin ne soient plus nécessaires , et que la maladie soit terminée parce ^ue l'éruption a eu lien ; sans doute c ett un grand point ,

mais souvent le pins difficile est encore à venir. En attendant le médepn , on tiendra le malade i la chambre ; l'air y devra être renouvelé fréquemment , et mène une fenêtre sera ouverte si c'est le moment des grandes chaleurs. Le malade sera couvert chaudement sans être ni serré ni enveloppé de vêtements trop lourds. S'il n a pa» de fièvre et qu'il demande à manger, ce qui arrive quelquefois dans certaines rougeoles et variceUet , on ne lui donnera que le quart tout au plus de son alinseDtatioo ordinaire , et cela dans le cas sealement où le médecin devrait être attendu .cinq à six heures; en tmit antre étal de cause , on lui donnera à boire la tisane indiquée pla« haut , et qui devra être à la température de rapperlement pendant l'été , légèrement chauffée en hiver. Si le mdade a la tête lourde et enrie de dormir , s'il eet brûlant, on le mettra au lit et on l'y tiendra, à moins que. se trouvant mieux , il ne demande i être levé ; il faut surtout lui éviter les courants et les refroidisanments, tout en lui donnant à respirer un air pur.

Dans le cours de la vaccine il y a quelquefois un oo deux mauvais jours à passer , pendant Iceqneb les pustules, arrivant à leur maximum de développement, cassent une inflammation locale asseï vive et même un pea de fièvre par réaction sur l'économie. La seule chose a faire, c'est de placer sur les pustules vaccinales un cataplasme de fécule léger et tiède ; on peut auasi , quand ia démangeaison devient vive , bassiner les pustules avec it décoction fraîche de farine de lin ou de racine de ^imauve.

Les conoulsions' se présentent souvent pendant If» premières années de la vie. Leurs causes peuvent être for: différentes, mais elles indiquent toujours du e&té des centres nerveux un état anormal qui n'est jamais sans gravité. Ces accidents réclament des secours de différnir nature suivant qu'ils tiennent à une affection propre ao cerveau ou déterminée secondairement par un état morbide d'autres oi^ganes, par une maladie de l'encéphale os de teê enveloppes, ou par une fièvre éruptive, nne pneumonie, la présence de vers dans les voies digestiTes, etc. Les soins du médecin ne sauraient être difTérés sans péril quand des convulsions se manifestent ; et panni les moyens thérapeutiques , il en est qu'on ne murait employer indiff^mment en tout état île cause: comme lo évacuations sanguines, les réfrigérants, etc. On doit door s'abstenir d'employer ces moyens énei^ques en l'absence du médecin , mais il ne faut pas poor cela reifer inactif. Si, par exemple, les convulsions ont lien an debut et comme premier signe du mal , pour peu qn'oo doive attendre le médecin , on peut sans inconvénient donner à l'enfant 15 i 30 grammes, suivant son ige, de sirop d'ipécacuanha. Les vomissements qui en résnlteal déterminent une perturbation utile. On doit joindre à l'emploi de ce moyen celui de cataplasmes sinapisés oa d'un bain de pieds prolongé et donné à une température asses élevée. Il est essentiel, toutefois, que ni les smapismes, ni le pédiluve, ne déterminent à la pean de la douleur ; car l'excitation nerveuse pourrait être miors pha active que la dérivation sanguine.

Les autres moyens à employer ne peuvent être prescrits que par le médecin, selon les indications qn'O tirers de l'état du malade.

Le croup est la terreur des parents , et c'est avec raison qu'ils redoutent cette maladie si souvent funeste.

L'enfant atteint du croup se réveille en sursaut et «e. met brusquement sur son séant La cause de son réveil, c'est un accès de toux rauque, enrouée, avec on sifSemcnt particulier qui, dans certains cas, termine chêqme effort de toux. Cet accès de toux cède bientdl, pois tfM un intervalle plus ou moins long , Un antre snrrieut Entre les accès l'enfant est fort tranquille et doH même quelquefois.

PREMIERS SECOURS

Le médecin doit être prévenu snr-le-chemp. En l'aitenduit on fail prendre à Tenfent 30 grtmmes de lirop d'ipccecoaiilia ; on aide an fomitiement en lui donnant i iioire de l'ean tiède. Quand les vomittements ont cette, OD donne nne légère infntion de maure on de violette. Si les accès de tonz cronpale reviennent , et que le médecin doive être attendu longtempa; si , d'ailleurs , l'eufut a la tête brûlante, la figure anxieuie, la respiration de plus en plus gênée ; si les acoèt vont en augmentant de force, on peut donner 9 à 3> centigrammes de tartre itibié (émétique) dissous dans un demi -verre d*eau; pois au bout d'un quart d'heure , que l'enfant ait vomi on non, on donne toutes les demi-heures 5 centigrammes de calomel en pondre dans une cuillerée à café d'eau. On ne doit pas dépasser la dose de 90 centigrammes en tout ebei un eniant de moins de 4 ans. On peut aller jusqn a 40 centigrammes pour nn enfant de 7 ans, jusqu'à 50 centigrammes pour nn âge plus avancé.

A l'emploi de ces moyens on ironie l'application de eitsplumes sinapisét tur le devant de la poitrine, à partir de la naissance dn coa.

Les antres agents tbérapeotiques requièrent pour leur cmpAi feipérience et la main du médecin.

Lorsqn*une personne se trouve mal, comme on dit, c'(it-à*dire quand elle perd connaissance et tombe en »yneope, il iaut la coucher tout de son long par terre on rétendre sur le dos dans son lit, si elle y est déjà, en enletant oreillers et traversin, de manière que la tête soit •o même niveau que les pieds. On lui frotte ensuite les tempes avec dn vinaigre , de l'eau de Cologne ; on lui fait respirer du vinaigre on de rammoniaque, en même temps on lui aspeige la face avec de l'eau froide projetée avec force et par gouttelettes. Quand elle revient à elle, on la laisse quelque temps encore couchée la tête basse, car souvent le mouvement de relever la tête suffit poar renouveler la syncope.

Lorsqu'une personne pour qui Ton peut craindre y^popiesie devient tout à coup très-rooge , puis pâlit et tombe plus ou moins complètement en faiblesse , qu'un de ses bras on un côté du corps ne peut plus se mouvoir et est insensible quand on le pince, on que sa bouche est dériée et tirée d'un côté seulement, il faut à l'instant la déshabiller ; puis, si c'est peu après le repas, la tenir assise les jambes non étendues.

Si depuis le repas il s'est écoulé deux heures et demie ou trois heures , mettre au malade les pieds dans l'eau chaude mêlée de farine de moutarde, lui donner un lavement dans lequel on fait dissoudre une poignée de sel de cuisine ; et pour peu que le médecin tarde à venir, appliquer à l'anus 90 sangsues. Après la chute dti sangsues, mettre le malade dans nn bain de tiége modérément chaud et l'y laitser jusqu'à ce que l'eau soit d'un rouge foncé. Un individu frappé d'apopleiie ne doit pas être couché la tête basse.

Lorsqu'un individu se trouve atteint d'un accès d'dpiUpne, sur la voie publique ou dans une maison où ce mal est inconnu, la première chose à faire c'est de l'éloigner de toute cause de lésion, comme dn feu, des meubles. On doit veiller à ce qu'il ne puisse, dans les mouvements involontaires qu'il exécute quelquefois» se heurter la tête contre le sol ou contre les murs. Il faut déboutonner ou délacer ses vêtements, détacher sa cravate, ses jarretières , tout ce qui peut comprimer une partie quelconque. Dans le cas où la langue est serrée contre les dents , on peut «isayer de séparer les mâchoires, en agissant avec prudence, au moyen d'un manche de cuiller d'argent ; mais presque toujours la langue , après avoir été rentrée de force, vient bientôt se replacer entre les dents , et dans l'effort que l'on fait on risque d'ailleurs de briser ces dernières. Il vaut mieux se contenter de laver les tempes du malade avec de l'eau fraîche vi-

naigrée , et attendre ainsi patiemment la fin de l'accès. Les efforts qu'on peut faire pour forcer un épileptique à boire pendant l'accès, le sel qu'on lui met dans la bouche , et d'autres manœuvres au moins inutiles , ne sont guère plus raisonnables que les exorcismes dont on accablait les pauvres épileptiques lorsqu'on les prenait pour des possédés.

Il nous reste à parler d'une dernière affection, la plus terrible de tontes peut-être , et dans laquelle de sages précautions prises dès l'apparition des premiers symptômes sont presque toujours le seul moyen d'ériter au malade , et surtout à sa famille , d'affreux chagrins : c'est Yaliématiim mnUaU. Une des formes les plus fréquentes sons lesquelles se présente cette terrible maladie, c'est la tristesse avec persuasion, de la part du malade, qu'il est en butte à des moqueries , à des persécutions. Presque toujours après un certain temps, souvent même avant que les premiers signes du mal aient été reconnus , des idées de suicide ou d'homicide surviennent, et la famille n'apprend son malheur que quand il est consommé, ou, plus fréquemment, on hésite à prendre un parti, on espère que le calme renaîtra ; si l'on consulte un médecin, les craintes qu'il manifeste paraissent exagérées, jusqu'à ce qu'un grand malheur vienne leur donner une sanction déplorable.

Il est peu de médecins qui n'aient vu quelque exemple de ce genre. Ceux qui s'occupent spécialement de maladies mentales recueillent chaque jour de tristes observations , qu'ils invoquent inutilement pour déterminer les familles à prendre à temps un sage parti.

Dès qu'une personne donne des signes d'aliénation et qu'un médecin consulté reconnaît le début de cette maladie , il faut , sans perdre un moment , transporter le malade dans une maison de santé.

Là toutes les précautions sont prises pour prévenir nn malheur, de plus l'isolement calculé , la séparation de tout ce qui l'entoure habiloellement sont pour le malade des conditions essentielles, indispensables de guérison , et surtout, qu'on le sache bien , les chances de guérison sont grandes an début d'une maladie mentale , elles diminuent singulièrement et deviennent presque nulles quand le médecin ne peut plus agir que sur une intelligence dès longtemps pliée à dti idées erronées.

PREMIIBS SOINS A DONNIB KN GM D IMPOISOimBlIlMT.

Sous ce terme empoitanHemeM nous comprenons tons les accidents d'intoxication par nn virus, par une substance nuisible quelle qu'elle soit et de quelque manière qu'elle pénètre dans l'économie. Nous nous occuperons l» des empoisonnements par inoculation , 9® des empoisonnements par ingestion.

EupoisoNNBiiEirr paa inoculstion. — L'inoculation d'une substance nuisible peut avoir lieu soit par simple contact à la surface de la peau ou des muqueuses aux ouvertures naturelles du corps, soit par une introduction dans une plaie existant extérieurement ou produite pendant le contacL

Certaines substances à l'état gaienx peuvent être absorbées par la peau. Mais, comme il y a presque toujours alors inspiration des gai nuisibles, nous avons cru devoir, pour éviter les redites, rattacher cette forme d'empoisonnement à l'asphyxie par les gaz délétères.

Inoeuhition par eonùut. — Plusieurs maladies peuvent se communiquer ainsi de l'homme malade à l'homme sain on des animaux à l'homme. Ce sont les affections proprement parler contagieuses. Les principales et celles dans lesquelles cette propriété paraît hors de doute sont : la variole, on petite vérole, et les différentes espèces de varicelle, la rougeole, la scarlatine, la miliaire, la gale, la teigne favense ou fatnu , la mentagre ou syeosis menti I qui parait se commtmiquer dans certain cas par les ra^

•oirs, la putnle maligne on charbon, la moiTe et la ty* philii. Noof ne MToni si Ton a obeervé dea eiemplet de nge cpmmaniqnée par le lenl contaet de la salive d*un animai enragé avec la peau on les muqueuses ; mais, comme ce résolut semble probable àptiori, nous croyons qu'il convient de prendre dans ce cas les mêmes précautions que pour les plus graves des affections précédentes. La roogeole, la scarlatine et la miliaire semblent •e propager an moyen de Tair infecté par les malades, et absorbé par d'autres , plutôt que par contact Du moins il n'est pas bien établi que l'on puisse arriver à reproduire ces affections par inoculation. Le bain , en cas de contact sur une surface étendue, et des lotions, pour les mains et le visage, sont tout ce qu'il est permis d'opposer 4 la crainte de ces maladies. Si l'on vit dans le commerce habituel des malades, comme un père on une mère avec ses enfants , par exemple , toute précaution devient inutile; il faut alors savoir attendre et braver le péril. C'est le cas de faire preuve d'un peu de philosophie. Lorsqu'un point quelconque de la peau ou des mu* queuses accessibles s'est trouvé en contact avec une surface malade ou avec de la salive , dn pus , etc. , pouvant servir de véhicule à un virus, il faut immédiatement laver 4 plusieurs reprises le point contaminé avec de l'eau chlorurée ou tout au moins de l'eau de savon. Il ne suffit pas d*utte lotion simple, il faut frictionner, an moyen d'une éponge ou d'un linge, tous les points suspects ; dût-on y déterminer un peu d'irritation, dont les conséquences ne sont rien an prix de ce qu'il s'agit d'éviter. L'œil même , dans le cas où il aurait été exposé 4 un contact dangereux, 4 du pns jaillissant d'un bubon, etc., l'œil doit être lavé avec de l'eau chlorurée ou une solution léaère de nitrate d'aryent cristallisé (0 gr. 15 par SO gr. d eau distillée). La douleur qui résplte de cette lotion caustique ne doit pu arrêter un instant , et mieux vaut sans doute courir le risque d'une ophthalmie que celui de la vie ou tout au moins de la santé.

Si malgré ces précautions on voit survenir sur quelque point du corps un bouton, une enOnre, une rougeur, avec ou sans douleur, mais qui succède 4 un contact suspect, il faut sans délai consulter le médecin ; car, s'il n*y a rien 4 craindre , il rassure le malade en le lui déclarant, et, d'antre part, s'il reconnaît quelque symptôme de syphilis , de pustule maligne , etc. 11 pourra , par un traitement convenable, enrayer le mal au début et sauver au malade la vie ou la santé qui , quelques heures plus tard, seraient gravement compromises.

A-t-on touché la main ou les effets d'un gaUux^ reconnatt-on qu'on a revêtu ses habits ou couché dans des draps suspects, on doit aussitôt se laver soigneusement les mains, si les mains seules sont compromises, avec de l'eau de savon ou de l'eau de Baréges ; un bain d'eau de Baréges est le meilleur moyen de prévenir toute conséquence ncbeuse en eu de contact plus étendu.

Inoculation à la êur/aee d'une plaie, — Si, sur les points qui ont été exposés an contact, il existe une solution de continuité 4 la peau ou 4 la muqueuse, ne fut-ce qu'une gerçure, une éraillure imperceptible, elle doit être cautérisée aussitôt qu'on la reconnatt, soit qu'elle existât avant le conctact, soit quelle ait une origine plus récente. C'est avec le nitrate d'argent fondu et taillé en crayon ( pierre infernale ) que l'on cautérise ces plaies supo^cielles, et ce caustique suffit ; mais il faut avoir soin de paner plusieurs fois le crayon de nitrate sur la plaie , de Yintroduire dans Us an/raeiuosités qu'elle peut présenter, et de cautériser profondément sans s'inquiéter de la douleur que l'on cause. A défaut de nitrate d'argent, un acide concentré, du chlorure d'antimoine, de l'ammoniaqne Hquide peuvent être employés ; mais leur usage demande une main exercée pour que le bot soit atteint.

Il est un point sur lequel nous devons insister d'une

manière toute spéciale , c est celui de riaoealatioB psr morsure du virus de la ra^f et du vMtn de eerlmims reptila. Lorsqu'une personne a été mordne par on chien ou par on chat, il faut aussitôt demander les secours d'un médecin , et en son absence voici ce que Ton doit faire : 1* li«r fortement avec nue corde on un mouchoir le doigt on le membre mordu; entre le point on siège la plaie et Ir corps ; la ligature devra être placée aussi prés que posable de la morsure ; la ligature ne doit cepenidant rin serrée que ce qu'il faut pour suspendre la drculatioa sans meurtrir les tissus. 2« Faire saigner autant qu'il sera possible les plaies et les laver 4 grande eao. 3« Si le médecin tarde 4 venir, écarter les bords de la plaie oa des plaies avec une tige mousse, comme par exemple one aiguille 4 tricoter, puis verser dans chaque plaie une quantité suffisante pour la remplir d'acide nitrique oo sulfurique concentré, ou de chlorure d*antiiiioiBe. Ce dernier caustique , qui se conserve longtemps , est celai qui se manie le plus facilement On fait pénétrer le eautiqne jusqu'au fond de la plate 4 l'aide dn atyl«( monsie qui en tient les bords écartés ; an bout d'une minute eaviron, on lave la plaie 4 grande eau, puis on y intradait une nouvelle dose de caustique , si rabondanoe du saa^ ou quelque autre cause peut faire croire que la première n a pu suffisamment agi. L'acide chlorfaydriqne, l'asmoniaqne liquide très-concentrée peuvent encore ssrrir comme caustiques. Dans ce eu, 4 défaut d'acides codcentrés, si la plaie ne siège pu an voiain«go de qndqie région délicate, comme Tceil, le col, etc., il fant avoir recours an moyen suivant : on choisit une tige de fer ou de enivre, d'une dimension telle qu'elle puisse facilemeat pénétrer dans les plaiu ; elle doit en cooaéqvenoe être fnsiforme ou plutôt conique, avec la pointe mouae. n faut aussi qu'elle soit, dans une partie de sa longnev, aises forte pour conserver quelque temps le caloriqaeqoud elle sort du feu. On fait rougir à blmue celte tige , qu'en chirurgie on nomme cautère actuel, et on l'introduit dus lu plaiu, en ayant soin d'en parcourir toute la surface. Il est Muntiel que le cautère soit chauffé à hUme . la douleur qu'il cause ut alors moins vive et son effet eA buucoop plus certain. Il faut donc, pour peu que les plaies soient grandu, chauffer autant de cantèru qn'il y a de plaies.

Après la cautérisation, si on peut la considérer eoame bien faite et suffisante, on enlève lu ligatnru placm antérieurement pour entraver la dreuiation entre lu poinb maladu et le rute du corps.

Tout ce qui ut cautérisation , soit avec un produit chimique, soit avec le cautère actuel, doit être fait par le médecin; une personne étrangère 4 la médecine s'expoM dans certains eu 4 déterminer lu accidents lu plus graves, la mort même, en employaat eu moyens dont la violence demande une main exercée. Cependant comme , en eu de morsure posvant coœmnniquer la rage , attendre une heure seulement le médecin eut s'uposer 4 contracter une auladie terriUc et mortelle , nous avons cm devoir donner lu indicaiioM que toute personne ferme et de ung-froid , que tout vétérinaire on maréchal de rillage un peu admît, pcnl mettre en pratique : non sans risquu il ut vrai ; miîs s'arrêter en pareil eu devant lu risquu, oa serait fohe.

Parmi lu reptilu, il en est qnelquu-una dont la mor sure s'accompagne de l'instillation d'un venin qui coule par lu crochets on dents caractéristiqnu du scrpeali venimeux. £n Europe , le seul reptile venimeux est Is vipère ; en Amérique , lu crotalu et lu trigonocéphales : en Asie , certainu upècu rattachéu 4 celle de la vipère . ont un venin bien plus redoutable encore que noire iipère d'Europe.

La cautérisation an -moyen de rammoniaqne liquide suffit pour arrêter l'effet de la morsure de la vipèiv.

PREMIERS SECOURS

qoaod U caulîqne Mt appKqné nir-le-cbBinii. Si Ton D*a pu de canstiqne loat It main , U fanl comprimer la partie mordue an moyen d*ane Kgature, comme dani le eu de morrare par no animal raepect de rage. Nona avone déjà dit qne cette ligature ne doit pas éire trop serrée. On doit ensuite avoir le plus tôt possible recours à la cantérisation. Dans le cas où elle qe pourrait être faite à tempi et où les accidents d'intoxication se manifesteraient , on peut , en attendant le médecin , frictionner le - membre atec de Thuile modérément cbaude , et faire boire su malade de Teau à laquelle on ajoute quelques gouttes d'ammoniaque liquide.

La cautérisation serait sans doute le meilleur moyen à opposer aux morsures si rapidement mortelles des serpents venimeux des pays cbauds. A défaut de caustique, Tampotation immédiate de la partie mordue paraît être dans ce cas le seul moyen de sauver la. vie.

Au sujet que nous venons de traiter se rattachent les piqûres venimeuses de. quelques insectes, comme le scorpion et d'antres arachnides , l'abeille, la guêpe, certaines fourmis, le cousin, etc. Pour la piqûre du scorpion , la plus grave de tontes , on doit agir comme dans le cas d'une morsure de vipère. L*ammoniaque en lotion sur le point blessé est encore le meilleur remède à employer contre les donleurs très-vives que causent les autres animaux que nous venons d'énumérer. Les applications de terre humide et d'eau froide calment aussi les douleurs.

2» Eifpoiso^iyiUBXT pas ixgistion. — Les poisons peuvent encore être introduits dans l'économie par ingestion dans les voies digestives , bu par injection dans les vaisseaux. Cest de l'ingestion dans les voies digestives que nous avons seulement à nous occuper ici.

Lorsqu'une substance vénéneuse a été avalée depuis peu de temps, et que par conséquent elle se trouve encore dans le canal digestif, le jtremier toin doit être de TexpuUer par la bouche ou par l'anus , en administrant au malad«smt un vomitif, soit un purgatif, suivant *1e point où le poison paratt être arrivé. Lorsqu'il s'agit d'un poison qui détruit rapidement, tout ce qu'il touche, comme un acide, un alcali concentré, il faut, à 'défaut du conlro-poison indiqué, et aussi promptement que possible, chercher à l'envelopper de substances qui préserveront d'abord les parois de l'qptomac , et seront ensuite expulsées, à l'aide d'un vomitif, avec le pobon qui s'y trouvera mêlé.

Les légumes herbacés ou féculents, tels que les choux , les épinards , la chicorée , les pommes de terre , les haricots, sont ce qui convient le mieux dans ce cas ; il faut en bourrer le malade en attendant qu'on puisse se procurer les médicaments nécessaires : soit comme émétiques , soit comme contre-poisons.

Le mifaU de cuivre (0 gr. 1 5), Yipéeaeuttnka en poudre (0 g. 25) dans un verre d'eau tiède, sont les vomitifs les pins prompts et les plus sûrs. Le tarire aiibié, vulgairement connu sous le nom à'imkique^ peut aussi s'employer de même à la dose de 0 gr. 05 à 0 gr. 10 ; mais il fait vomir moins vite et moins sûrement On répète la dose de dix en dix minutes, et l'on facilite le vomissement en faisant boire de l'eau tiède.

En attendant qu'on ait pu se procurer un vomitif, comme aussi dans le cas où il larderait trop à agir, il faut provoquer le vomissement en faisant boire de l'eau tiède et en chatouillant l'arrière-bouche avec les barbes d'une plamet>u avec le doigt : c'est à faire vomir le malade que doivent se borner les soins des personnes étrangères à U médecine quand elles ignorent la nature du poison ingéré.

Vhmie de rieim à la dose de 40 à 50 grammes, la gomwu gmlte à la dose de 0 gr. 20, le jahip ( 1 gramme ) sont les purgatifs qui conviennent le mieux lorsque cette médicatioD est indiquée. La plupart du temps , au reste,

c'est au médecin qu*il conviendra d'en fixer Temploi comme celui de la saignée et de quelques antres moyens dont lui seul peut juger l'opportunité.

Lorsque la nature du poison est connue, voici les contre-poisons que l'on peut faire prendre et les autres secours à donner en attendant le médecin ; nous les avons rangés par ordre d'importance , et nous avons cherché à n'en omettre aucun : car, à défaut d'un remède plus puissant , mieux vaut en donner un moins actif que de laisser le malade sans secours.

Acmis en général. — Contre-poisons : wtagniêie ealei" née^ délayée dans de l'eau et administrée en grande quantité ; eau de tavon.

AciDs HYDROsuLPtraïQui. — Contre-poison : ehhre,

AciDi BVDaocvamQDB. —r Contre-poison : chlore. Pratiquer aussi des irrigations d'eau froide le long de la colonne vertébrale.

Alcalis. — Contre-poison : eau fortew^eui vmaip^éet On peut aussi mêler à l'eau d'autres acides que le rinaigre ; mais il ne faut pas oublier que certains acides sont vénéneux, même lorsqu'ik sont étendus d'eau.

Babvtb et SBLS DB BABVTB soLDBLis. — Coutre-poisous : ndfaie de ioude , de potaste ou de mofuieie ; eemx de Sed^ Utz, dEpêom, d'Égra; eau de puits ou de sources impropres à cuire les légumes.

Alcaus véfi^Aux. — Contre-poisons : décoction de noix de galle étendue d'eau ; décoction de quinquinet,

Sbls d'arsbxic, vbrt db Sghsblb, vkrt Di ScBwmr- FURT, uobt aux hoocbbs, ctc. — Coutre-poisous : wutgné' iie délayée dans l'eau (lait magnéeien)^ une tasse à café de dix en dix minutes; tritoxyde de fer kgdraté; eau de chaux,

Sbls db sinc. — Contre-poisons : lait; bicarbonate de eoude en solution.

Sbls d'étaix. — Contre-poisons : lait; décoction de noix de galle; bicarbonate de êoude.

Sbls d'antiuoinb, teiriQtiB, etc. — Contre-poisons: décoction de noix de galle ou de quinquina ; eaux minéralee eul/t

Sbls db ploub, cliacsB, lithabob, bxtbait db Sa- TURXB, etc. — Contre-poisons : limonade eul/urique, tuifates de eoude et de potaste; eaux de SeMitt, d'Speom, d'Égra; eau albumineuee ( œufs battus dans l'eau ) ; lait; eau de puits,

Sbls db ccivbb, vbbt-db-obis, etc. — Contre-poisons: eau albumineuee; gluten associé au savon noir; lait; dé^ . coction de noix de galle.

Sbls db iibrcdrb , svBuui cobbosip. — Contre-poisons : eau albumineuee; lait; gluten et savon noir; décoction de quinquina, de noix de galle, U. Bussy, qui a signalé les avantages de la magnésie dans l'empoisonnement par l'arsenic , pense que le lait magnésien est aussi un contrepoison des sels de cuivre et de mercure.

Sbls d'abgbnt, pibbbb infbbvalb , etc.— Contre-poison : eau fortement salée,

CblOBX LIQriDB, CBLOBl'BBS ALCALI!V8 , BAC DB JAVBLLB.^

Contre-poison : eau albuwUneute, .

Nabcotiqobs, opium, sbls db uorpbinb, etc. ; jcsquiaub, BBLLADONB, STBAUoiNX, ctc. — Tenir le malade éveillé de force , et lui faire prendre coup sur coup trois ou quatre tasses de café à Veau; on devra, jusqu'à la cessation du narcotisme , donner une tasse de café de cinq en cinq minutes.

Cbaupignoks vlviNBUX. — Contre-poisons : éth^r tuU furique^ 8 grammes pour 125 grammes d'eau de fleurs d'oranger ou d'eau commune, à prendre par cuillerées de cinq en cinq minutes , après qu'on a fait vomir, s'il en est temps encore , et qu'on a purgé le malade ; eau for" tement acidulée avec du vinaigre ou du jus de dtron.

IfoULBS , POISSON ou VIAWDB AVANT *8UBI UN COiniBNCBMBNT

DB DécouposmoN. — Coutre-poisotts : quelques gouttes

â^àkêr, Umomaât Ufkrt , «prit qa*OD a fait tomir «t purgé le malade.

CA!<rniARiDia. — Qaaad on ne peut expulser, an moyen d*nn Tomilif, la inbitanoe vénéneuie, avant qne lee lymptômef généraux d*intoxication m loient prodnîU , la plupart dei toxicologistet français conseillent le camphre comme contre-poison. Les médecios.de l'école italienne, an contraire, prescrivent l'usage en boisson de l'eau mêlée de vin , de rhum on d'eau-de-vie , on même de ces alcooliques purs. Dans les cas très-graves , ils veulent qne l'on donne nue potion opiacée dont l'eau de cannelle serait l'excipient

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