‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 119 sur 291 · PERSES · texte numérisé non relu

PERSES

Histoire des Perses jusqu'au commencement delà guerre de Darius contre les Grecs. L'histoire de la Perse ne commence réellement qu'à Cyrus. Avant cette époque , les auteurs de l'antiquité ne nous apprennent rien de positif sur ce pays. Jusqu'alors obscure et presque inconnue, tour i tour tributaire des Assyriens et des llèdes, la Perse sortit tout d'un coup des ténèbres et, dans l'espace d'un seul règne, devint la maîtresse de la plus grande partie de l'Asie. Cyrus, fils de Cambyse, roi des Perses, et de Mandane, fille d'Astyage, roi des Mèdes, fut l'auteur de cette grande révolution.

Ce prince, destiné à jouer un si grand rôle dans l'Orient, naquit vers l'an 599 avant J.-Ç. Elevé avec le plus grand soin à la cour d'Astyage , il y resta jusqu'à l'âge de 16 ans. Il retourna ensuite en Perse, oà il acheva de se perfectionner, sous son père, dans l'art du gouvernement et dans la science militaire. Astyage et Cyaxare, son fils , ayant résolu de se soustraire à la domination des Assyriens, demandèrent du secours au roi de Perse, qui leur envoya 30,000 hommes sous la conduite de Cyrus. Ce jeune prince marcha contre les Assyriens, les mit en déroute, tua Nériglissor, leur roi, et fit un butin immense. Au nombre des prisonniers se trouvait une princesse d'une rare beauté : sur la peinture qu'on en fit à Cyrus, il refusa de la voir, redoutant le pouvoir de ses charmes , et ordonna qu'on eât pour elle autant d'attention que de respect. Penthée (c'était le nom de cette femme ) fit part de cette noble action à Abradate , son mari , qui , touché de la grandeur d'âme de Cyrus, vint, a la tête de 2,000 hommes, lui' offrir son épée , ses services et sa vie. Cependant Cyrus , qui aspirait à se rendre mattre de Babylone , s'avança jusqu'aux portes de cette ville, et fit proposer an successeur de Nériglissor de terminer leur querelle par un combat singulier. Mais son défi n'ayant pas été accepté, il reprit le chemin de la Médie. On faisait des préparatifs immenses de part et d'autre. Les Assyriens avaient appelé à leur secours tous les rois tributaires de l'empire et rassemblé une armée formidaie, dont la conduite avait été confiée à Crésus , roi de Lydie. Cyrus le vain** qnit à la journée de Thymbrée ( 548 ) , une des plus considérables de l'antiquité, et la première bataille rau-

g^ dont on ait le déUil avec qaelqne étendae. Après cette victoire , Cyrus Boumit en peu de temps presqae toute l'Asie-Mineure , puis vint mettre le siège devant Babylone, où régnait Labynit, le Balthasar de TEcrilure. II prit cette snperl>e ville pendant une de ces fêtes que la cour et le peuple célébraient ordinairement au milieu des orgies. N'ayant pu s'en emparer d'assaut , il mit à profit l'imprudence de ses ennemis : il détourna le fleuve de l'Euphrate, qui traversait Babylone, et, parle ,Iit du fleuve, fit pénétrer «es soldats dans l'intérieur de la ville et parvint ainsi à s'en rendre mattre (538). Labpit fut tué, et avec lui finit le aeeond empire assyrien. Deux ans après la prise de Babylone, Cyaxare, successeur d'Aslyage, mourut prématurément et laissa son trône à Cyrus, qui se vit ainsi seul maître de l'Orient. Ce fut pendant Tannée de son avènement qu'il rendit le célèbre édit qui permettait aux Juifs de retourner à Jérusalem et d'y rebâtir leur temple.

Les historiens ne sont pas d'accord sur les dernières années de la vie de cet illustre conquérant Suivant Hérodote , il fit une fin tragique. Ayant tourné ses armes contre les Scythes, il tomba entre les mains de Thomyris, leur reine , qui le fil mettre à mort et plongea sa tête dans un vase rempli de sang , en disant : •• Monstre, abreuve-toi de ce sang dont tu as été toujours si altéré. > Xénophon , au contraire , le fait mourir dans son lit et entre les bras de ses enfants. Au rapport de cet historien, qui nous a laissé une biographie de Cyrus sous le titre de Cyropédie, lorsqu'il vit sa fin approcher, il remercia les dieux de toutes leurs faveurs; puis, s'adressant à ses fils, il leur parla de l'immortalité de rime , leur représenta que toutes leurs actions se passeraient sur un grand théâtre, à la vue de tout l'univers ; enfin il leur recommanda de craindre le jugement des dieux et celui de la postérité. Quoi qu'il en soit de ces deux récits, Cyrus doit ^U*e regardé comme un des plus grands et des plus sages princes de l'antiquité. On s'accorde à placer sa mort à la fin de l'an 530 av. J.-C.

A Cyrus succéda son fils Cambyse , qui hérita de sa puissance, mais non pas de ses vertus. Sous ce nouveau prince , la monarchie persane s'accrut encore de l'Egypte. On raconte que ne pouvant se rendre mattre de Péluse, ville qiii était, pour ainsi dire, la clef de l'Egypte, il eut recours à un stratagème dont la superstition du peuple assura le succès. Il s'avisa de placer, dans un dernier assaut, au premier rang de son armée, des chiens, des chats et d'autres animaux que les Egyptiens regardaient comme sacrés , de sorte que les assiégés rendirent la place plutôt que de s'exposer à un sacrilège. Vainqueur de l'Egypte , Cambyse tourna ses armes contre la Libye, et détacha 50,000 hommes de son armée pour détruire, on ne sait pourquoi, le fameux temple de Jupiter Ammon ; mais tous périrent ensevelis dans les sables du désert II ne fut pas plus heureux dans une expédition contre l'Ethiopie : une horrible famine réduisit ses soldats à se dévorer les uns les autres. Forcé de retourner sur ses pas, il ,se rendit à Memphis, fit massacrer les prêtres du bœuf Apis, et tua lui-même le dieu d'un coup de poignard. Ce prince est représenté par tous les historiens comme un tyran furieux. Il tua son frère Sroerdis dans un accès de frénésie , et , d'un coup de pied dans le ventre, Méroé, sa sœur, qu'il avait épousée, suivant un usage commun à la Perse et a l'Egypte, et qui était alors enceinte. Ayant appris qu'un mage, qui avait beaucoup de ressemblance avec son frère, s'était fait proclamer roi pendant son absence, il hâta son retour en Perse ; mais il mourut presque en arrivant d'une blessure à la cuisse que lui fit son épée au moment où il montait à cheval (522).

Cependant le faux Smerdis , soutenu par les mages et les Mèdes , fut reconnu d'abord pour successeur de Cam-

byse ; mais il se forma au bout de quèlqnet mois un complot de sept principaux seigneurs , qui mit Bu an règne et à la vie de cet usurpateur. Darius , fils d'Hystaspe , de la race des Achéménides ( nom de randennc dynastie persane dont Cyrus était sorti), fut élu à la place de Smerdis. On dit que , les sept compétitenn qui avaient renversé la puissance des mages ne pouvant s'accorder entre eux , ils convinreut de reconnaitre ponr roi celui dont le cheval hennirait le premier an lever de l'aurore , et que Darius obtint la eouronne par l'artifice de son écuyer qui avait amené une cavale an lien du rendes-vous.

Sous le règne de ce prince , la puissance persane arriva à son apogée. C'est ce même Darius que nous retrouverons plus loin en guerre avec les Grecs.

Coutumes, mœurs, gouvernement et reUgiom de» Pertes. — Au temps de Cyrus , les Perses se faisaient remarquer parleur austérité et leur courage qui étaient passés ea proverbe en Orient Mais la puissance ne tarda pas s corrompre les princes et la nation. Le grand roi ( c'est ainsi qu'on appelait le roi des Perses) était honoré à l'égal des dieux. Sa personne sacrée ne pouvait être nourrie que des aliments les plus purs, vêtue que des étorTef les plus magnifiques. Une cour innombrable, une armfe entière pour sa garde , le suivaient partout , et partageaient le luxe et les délices qui l'environnaient ; des femmes et des eunuques gouvernaient le palais.

Comme ches toutes les nations anciennes, le père rr* présentait ^eul la famille. Il avait droit de vie et de mort sur ses enfants. La femme était assearie au mari. Tous les matins , prosternée devant lui , elle devait lui faire m prière , et il ne lui était pas permis d'adorer une aotrv divinité. Le mariage entre frère et sœur était cbosp licite.

Ils tenaient leur religion d*un sage , nommé Zoro^uirt, qui vint de Médie en Perse à une époque sur laquelle les savants ne sont pas d'accord. Le dogme fondamental de cette religion était l'existence de deux principes : l'un, ^auteur du bien, et représenté par la lumière; l'autre , auteur du mal , et ayant les ténèbres pour symbole. Le premier s'appelait Oromaxe , et le second Ahnman. Cependant, au-dessus de ces deux principes, îli reconnaissaient un Dieu suprême , étemel , eûstant par lui-même, nommé Mithra, créateur et conservateur de tout ce qui n'est pas lui. Ils ne croyaient pas , comiue les Grecs , que les dieux eussent des formes humaines : ils ne leur élevaient ni temples , ni statues , ni autel» . seulement ils leur faisaient des sacrifices sur le sumraei des plus hautes montagnes. Ils adoraient le fen comme symbole et représentation d'Oromase ; le soleil eomcK l'image de Mithra. Quant à la morale , Zoroastre recommandait d'observer la chasteté et l'équité, de consacnr chaque jour ses premières pensées à Dieu , de Taimer et de le prier souvent, en se tournant vers le soleil dorant le jour , et vers la lune pendant la nuit

Les prêtres de la religion de Zoroastre s'appelaient mages : ils étaient les savants , les saget , les philosophes de la nation. Us cultivaient surtout TastronoiDie. l'astrologie et d'autres sciences occultes , ce qui leur faisait attribuer une puissance surnaturelle dont le souienir se conserve encore parmi nous dans notre mot UÊugif. Ils étaient principalement chargés d'entretenir le fes sacré.

L'adoration du feu, enseignée par Zoroastre « n'a pas entièrement disparu de la terre depuis tant de aièdes. Il existe encore dans la Perse actuelle et dans l'Iode éet descendants des anciens Perses en qui s'est perpétaé le magisme. Ce sont les Guèbres on Pania. Ils ont ■ar telle «énéntion poor^l|^ ^«^^^tjlçyw ((« teig""» P« même dans un incendie. O

HISTOIRE ANCIENNE

GRBCS.

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