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Grecs n'(tiM%^S!lëV^Qi9<§l&îqne qa'.i.^
HISTOIRE ANCIENNE
VEçypU et la Libye, qai répond an pays de Barca. En Egjfpte, il faut connaître Alexandrie, fondée par Alexandre ; et en Libye , Cyrène , qui te gouverna en république jusqu'aux Ptolémées, successeurs d'Alexandre, qui conservèrent le dépôt des arts que les Grecs leur avaient transmis.
Traditionê hittoriques depuis le» temps les plus reculés jusqu'à la guerre de Troie, vers l'an 1200 avant J.'C, — Les habitants primitifs de la Grèce furent les Pilasges. C'est a eux qu'on attribue la fondation des Etats les plus anciens, entre autres de Sicyone, vers le 19*^ siècle avant J.-C Peu après apparurent les Hellènes, dont l'origine n'est pas plus connue que celle des Pclasges. Tl parait que, du 16* au 14* siècle, ce nouveau peuple substitua sa domination à celle de l'ancien, qui émigra en grande partie et alla fonder des colonies dans l'Europe occidentale. Les Hellènes se subdivisaient en plusieurs tribus dont une, celle des Grecs, donna son nom à tonte la contrée.
Au commencement les Pélasges et les Hellènes étaient sauvages. Ils erraient dans les bois et vivaient de la chasse. Les premiers moyens de civilisation furent des temples, des fêtes , des jeux, des solennités religieuses, à Dodone, à Delphes, à Olympie et près de Corinthe, et surtoot l'oracle de Delphes et le fameux coilseil des AmphictyoDS. Ce conseil était ane assemblée générale de la Grèce, composée de députés représentant les peuples confédérés de cette contrée. On en fait remonter la fondation à Amphictyon, qui régnait aux Thermopyles vers le 16' siècle. Le bnt de cette réunion était d'examiner les affaires générales de la Grèce, de prévenir les guerres, de juger toutes sortes de causes, principalement les attentats contre le droit des gens et la sainteté du temple de Delphes.
L'établissement des colonies qni /vinrent de pays étrangers s'établir dans la Grèce ne contribua pas moins à hâter les progrès de la civilisation. Cécrops , originaire d'Kg)'pte, arriva dans l'Altique vers 1600, y planta l'olifier, et fonda Athènes. Cadmus, sorti de la Phénicie, bâtit Tkèbes dans la Béotie , et introduisit dans la Grèce l'usage de l'écriture. Dana&s, autre Egyptien, s'établit vers la même époque dans l'Argolide, où, quelques siècles auparavant , le Phénicien Jnackus avait jeté les fondements d'Argos. Enfin , à la suite d'nne guerre qui avait éclaté entre Uns , roi de Phrygie , et Tantale , prince de Sipyle , ville située sur les confins de la Lydie et de la Phrygie , Pélops , fils de Tantale , contraint de s'expatrier , passa en Grèce avec une partie de ses sujets , et s'empara de la contrée qui porta depuis le nom de Péloponèse (lie de Pélops).
L'histoire de la Grèce , depuis l'établissement de ces colonies jusqu'au temps de la guerre de Troie, ne présente que des fables , c'est -à - dire des traditions altérées par le temps et grossies par l'imagination des peuples. Trois grands événements ont marqué cet âge primitif de la Grèce : l'expédition des Argonautes, la guerre de Thèbes et le siège de Troie. Quoique ces événements appartiennent plutôt à la fable qu'à l'histoire proprement dite , il est bon de s'y arrêter, parce que , dans l'histoire du peuple grec , les souvenirs des temps fabuleux sont indispensables pour comprendre et connaître les temps postérieurs.
Expédition des Argonautes. — La première entreprise nationale des Grecs fut l'expédition des Argonautes, c'està-dire des héros grecs qni, d'après la tradition mythologique , allèrent en Colchide conquérir la toison d'or. H est vraisemblable que cette prétendue toison d'or n'était autre chose que les trésors réels ou imaginaires que renfermait cette contrée de l'Asie , et qui avaient tenté la cupidité des Grecs. Suivant la fable et les poètes, Phryxus et Hellé , sa sœur, ne pouvant souffrii^ les mauvais trai-
tements d'Ino , leur belle - mère , femme d'Athamas , roi de Thèbes , résolurent de quitter leur pays. Ils montèrent sur on bélier dont la toison était d'or , afin de passer la mer. Hellé eut un vertige dans le passage , et se noya dans le détroit qni depuis fut nommé Hellespont. Quant à Phryxus , il acheva heureusement le voyage , et arriva en Colchide. Là il sacrifia son bélier sur l'autel de Mars, suspendit la dépouille dans un bois consacré à ce dieu , et le mit sous la garde d'un énorme dragon. Dans le même temps Jason , fils d'Eson , roi d'Iolchos , avait été dépouillé de l'héritage paternel par l'usurpateur Pélias. Celui-ci promit à ce jeune prince de lui rendre son trône s'il parvenait à reconquérir la toison d'or. Son intention était de le perdre ; cependant cette entreprise , quoique périlleuse, tenta le courage du jeune héros. Dès que la nouvelle de son aventureux projet fut répandue, l'élite de la Grèce voulut y prendre part, et s'embarqua avec Jason sur le navire Argo , ainsi nommé , soit d'Argus qui présida à sa construction , soit des Argiens qui s'y trouvaient en plus grand nombre, soit enfin du mot grec argos , qui signifie léger. Parmi les compagnons de Jason, on distinguait Hercule , Thésée, Orphée, qui devait charmer l'ennui du voyage par les chants et les sons do sa lyre ; le pilote Tiphys , Lyncée , qui avait la vue trèsperçante et qui était chargé de signaler les écueils ; Castor et Pollux, etc. Arrivé en Colchide, Jason parvint à se faire aimer de Médée , fille du roi et habile magicienne. Avec son secours il endormit et tua le dragon , et se rendit maître de la toison; puis il s'enfuit avec Médée et ses compagnons , et retourna en Grèce.
Guerre de Thèbes. ^— La seconde expédition , qui réunit dans une même pensée les divers peuples de la Grèce, eut pour cause la querelle des deux fils d' Œdipe, roi de Thèbes. Après la mort de lebr père , Etéocle et Polynice étaient convenus de régner chacun une année alternativement. Etéocle, qui était l'atné, régna le premier ; mais. Tannée révolue , il refusa de céder la couronne à son frère. Cette usurpation donna naissance à cette fameuse guerre tant célébrée par les poètes. Polynice alla implorer le secours d'Adraste , roi d'Argos , qui lui donna en mariage sa fille , Argie , et leva pour lui une puissante armée. Sept chefs intrépides commandaient cette armée : c'étaient Polynice , Adraste , Tydée , Capanée , le devin Amphiaraùs, Hippomédon et Parthénopée. Après une guerre sanglante et inutile, Etéocle et Polynice voulurent terminer leur différend par un combat singulier , et dans leur acharnement ils se tuèrent réciproquement.
Guerre de Troie. — Le siège de Troie et les événements qui s'y rapportent ont été chantés par les deux plus grands poètes de l'antiquité, Homère et Virgile. Ce siège mémorable termine l'histoire fabuleuse des Grecs.
Pdrify fils de Priam, roi de Troie, s'était rendu à Sparte, où la beauté d' Hélène ^ femme du roi Ménélas, attirait tous les regards. Au mépris des lois de l'hospitalité, il se fit aimer de cette princesse et l'enleva. Une ligue se forma pour venger l'affront fait à Ménélas , et, à la tête d'une armée formidable, les principaux chefs de la Grèce vinrent mettre le siège devant Troie.
Les plus célèbres furent : Agamemnon , roi de Mycènes et frère de Ménélas ; Ulysse , roi d'Ithaque ; Achille, fils de Thétis et de Pelée, roi de la Phthiotide ; et Patrocle, son ami ; Nestor, roi de Pylos, célèbre par sa sagesse et son éloquence ; Diomède, roi d'Ëlolie. fils de Tydée ; Ajax, roi de Salamine , fils de Télamon ; un autre Ajax, fils d'Oïlée, roi des Locriens ; Idoménée, roi de Crète ; Philoctèle, héritier des flèches d'Hercule, etc. Du côté des Troyens étaient Priam , roi de Troie ; Hector et Paris , ses deux fils ; Memnon , fils de l'Aurore ; Rhésus , roi de Thrace ; Enée , fils de Vénus et d'Anchise ; Sarpédon ; Penthésilée , reine des Amaxones.
Après dix années de siège, la ville fut prise et ré-
duile eu cendres. Enée fat presque le lenl qui pîit échapper i la mort oa à Tesclavage. Après avoir erré longtemps de mers en mers , il se fixa en Italie , où il fonda une ville qui fut le berceau de Rome. Quant aux princes grecs, ils ne furent guère plus heureux que les vaincus : Agamemnoo trouva son trône occupé par un indigne usurpateur, et périt assassiné par Glytemnestre , son épouse ; Diomède perdit tous ses compagnons et ne put retourner dans sa patrie ; Ajax , fils d'Oîlée, fut tué de la foudre en pleine mer; Ulysse ne put retrouver qu'au bout de dix ans son tle d'Ithaque et sa fidèle Pénélope. Rien n'est plus intéressant que les aventures d'Ulysse, en qui Homère, auteur de YOdyssée^ a voulu donner un modèle de prudence, de courage, de patience et de fermeté.
TBUPS CERTAIX'S DB LBISTOIRB GBICQUB.
DepuÎÊ la 'guerre de Troie juêquau. eommeneemeta de la guerre avec le» Perse», dite guerre midique. — Dès les temps les plus anciens , les Grecs se divisaient en trois grandes tribus : les Dorien», les Koliens et les Ioniens. Ces noms leur venaient, dit-on , des enfants de Deucalion, qui régna en Thessalie. Deux de ses fils, Doms, Eolus et son petit fils Ion s'étant établis dans différentes contrées de la Grèce, les anciens habitants, civilisés par ces étrangers , adoptèrent leurs noms. Après la guerre de Troie, des révolutions intérieures donnèrent lien à de grandes migrations. Les Doriens vinrent de la Grèce septentrionale, et s'établirent en grande partie dans la Laconie , tandis que les autres se retirèrent, avec les Eoiiens, sur les côtes de l' Asie-Mineure. A la descente des Doriens dans le Péloponèse , les Ioniens , qui l'avaient habité jusque-là , émigrèrent les uns pour TAttique , les autres pour T Asie-If inenre. Le temps de ces migrations passé, les cités se consolidèrent peu à peu : des lois et une administration sage s'établirent, et les dernières traces de la barbarie des temps héroïques finirent par disparaître. Entre tous les états de la Grèce, Athènes et Sparte se distinguèrent, non-seulement par la supériorité de leur puissance , mais encore par leurs législations.
Sparte. — Sparte on Lacédémone, la ville guerrière par excellence, fut fondée dans le 19* siècle par un descendant d'Inachns. Seule de la Grèce , elle conserva la monarchie ; mais deux rois régnaient à la fois , dont plus tard le pouvoir fut encore restreint par vingt-huit sénateurs et cinq autres magistrats, nommés épkore». L'histoire de cette cité n'offre rien de remarquable jusqu'au temps de Lyeurgue, son législateur.
Etablir l'égalité entre tous les citoyens et en former des soldats aguerris : telle fut l'unique fin des lois de Lyeurgue. Les terres furent donc partagées en portions égales ; une loi interdisait l'aliénation , la diminution et l'augmentation des portions attribuées i chaque famille ; les monnaies d'or et d'argent furent remplacées par du fer; les enfants devaient cire élevés publiquement sous une même discipline; les repas même ne pouvaient avoir lieu qu'en commun.
En second lieu , l'éducation était toute martiale ; des exercices continuels développaient les forces et l'adresse des jeunes gens. Il était défendu de s'appliquer aux arts et aux métiers : tout cela était abandonné aux esclaves ou ilotes.
Quoique le courage et l'amour de la patrie soient des vertus qu'on ne saurait trop louer , il n'est plus permis, dans des temps chrétiens, d'exalter comme l'ont fait certains philosophes la prétendue sagesse des lois de Lyeurgue , si l'on considère quels étaient les moyens imaginés par ce législateur pour féconder ces vertus dans le canr des Spartiates. La liberté individuelle , les sentiments de la famille, la pitié et même la pudeur, étaient
sacrifiés an but austère qn il s'était proposé. L'eafsat qui naissait infirme ou mal constitué, devût être précipité du haut du mont Taygète. Pour former les sntrès au métier de la guerre, on les assujettissait de boime heure à des exercices qui révoltent la nature ; de teopi en temps , ils étaient contraints de se battre entre enx et de se massacrer les uns les autres. A la fête de Diaoe Orthia , on les flagellait jusqu'au sang devant l'anlel et la déesse. Les filles , comme les garçons , se livrsienl s tous les exercices propres à développer les forces corporelles. Habillées toujours très4égèrenient, elles lotlsient quelquefois nues dans les gymnases, en présence dei rois , des magistrats et de tous les citoyens sans exception d'Age. Enfin, pour que la mollesse ne pÂt s'insionfr dans les imes par'aucun endroit, les sciences et les arU étaient proscrits de l'éducation, excepté seulement la musique guerrière ; de sorte qu'aucun Spartiate ne savait lire : ce qui , d'ailleurs , était fort inotile , pai«]i» rien n'était écrit , pas même les lois de la républiqiif. Cependant Lyeurgue, s'il faut en croire ce qu'on en raconte , regardait ses lois comme le fruit de la plus profonde sagesse. Pour engager les Lacédémonieoi à l«s observer inviolablement, il leur fit promettre arec serment de n'y rien changer jusqu'à son retour et partit pour rtle de Crète , où il se pendit après avoir doosé ordre qu'on jetât ses os à la mer. Il craignit, sans doatr, que, si l'on rapportait son corps à Sparte, les Laeédémeniens ne se crussent déliés de leur serment.
Athènes. — Athènes , originairement gouvernée par des rois , se constitua en république après la mort et Codms (1133). L'administration fnt «fabord confiée i un archonte à vie , la durée du pouvoir de l' archonte fut ensuite réduite à dix ans ; elle fut enfin bornée i on an , mais le nombre des archontes fut élevé à neof. Ufdon, fils de Codms, fut le premier qui exerça cettr oagistrature.
Le premier législateur d'Athènes fnt Draeem (vm 624) ; mais ses lois, dont on a dit qu'elles étaient ccritef avec du sang, eurent le sort des choses violentes : ellet ne durèrent pas , et l'on fnt obligé de recoorir à Sdos
Deux partis divisaient alors Athènes : Fun qui roaiajl le gouvernement aristocratique; Fantre, le gouvera»ment populaire. Salon fut un homme de condliatioa H abolit les lois de Dracon, y substitua un code sage et bomain , et établit une constitution qui était un mclanfc habile de démocratie et d'aristocratie. Il s'apphqua lartout à rehausser l'autorité de raréo^Ni^e, dont l'existearr remontait, dit-on, à Cécrops, et en fit le tribunal le p^» respectable et le plus auguste de l'univers. Les ja^n qui le composaient n'étaient choisis que parmi reos qui avaient exercé de hautes magistratures, et leon fonctions étaient à vie. 11 était défendu aux défenseurs «Tcaployer aucun artifice oratoire pour émouvoir ou sttMdrir les juges : aussi l'aréopage jouit-il longtemps d'nnf grande réputation de sagesse.
Quoique les lois de Solon n'aient rien de fort profond rien qui passe les lumières et l'équité d'un homnr ardinaire, ce législateur fut mis à juste titre an nombre (b sept sages de la Grèce païenne. A l'exemple de Lycai^^ il quitta Athènes après avoir fait prêter serment à «^ concitoyens d'observer ses lois pendant cent ans. (Vidant l'absence de Solon, Pisisirate parvint, en flattant )<■ parti populaire, à s'emparer du pouvoir absolo. li B»io~ tint toutefois la constitution établie, et sa dominslioo fo* plus utile aux Athéniens que leur orageuse liberté. Pisistrate favorisa l'industrie et le commerce; il enM!'' Athènes de temples et de gymnases ; il fit recBfiHir W œuvres d'Homère , qui étaient encore peu conaoc* es» la Grèce continentale , et «entpUEavfhMnmes ssfsat»'' versés dans les lettft^^^^y^^^^S^
HISTOIRE ANCIENNE
Sei deox 61s, Hipparqui et NippioM, héritèrent de «m iDlorité , meis ils ne snrent pas l'exercer avec la même Dodération. Une voix unanime s'éleva eontre eux. Hip- >trqne fat assassiné par HarmoJ^u$ et ArittogUon; Hip- Mâs s'enfnit chei les Perses (510).
Athènes f après avoir recouvré sa liberté^ s'éleva bienot an premier rang des villes ioniennes , particulièrenent comme puissance maritime. Sparte fut la première les villes doriennes, et, comme puissance militaire coninentale. n'avait point de rivale en Grèce. Tel était l'état les choses an moment où éclatèrent les guerres médiqnes.
Députa Ut guerre» médigueê jusqu'au commencement de la guerre dm Piloponète. — Les colonies grecques de l'Alie-Uineure avaient été réunies an royaume de Lydie par ]résns ; ensuite elles étaient passées sous la domination les Perses. I/amour de la liberté leur fit prendre les irmes pour reconquérir leur indépendance. Athènes osa reoir à leur secours et ses troupes incendièrent la \ille le Sitrde» , captule de la Lydie (500). Telle fut l'occa- »oa de la guerre qui éclata entre les Perses et les Grecs, ?t dans laquelle ceux-ci firent des prodiges de valeur. Ouriuâ , irrité de cette révolte et excité par Hippias , ré- «lut de se venger des Athéniens ; cependant, avant que l'en venir à une rupture ouverte , il envoya dans tonte fe 'Grèce des hérauts pour demander en son nom la terre *r l'eau. C'est la formule que les Perses employaient MUT exiger l'hommage des nations. La plupart des cités precques se rendirent sane hésiter : les Athéniens et les jscédémoniens, non-seulement s'y refusèrent, mais, par me violation manifeste du droit des gens , ils jetèrent lans une fosse profonde les ambassadeura du grand roi. /indignation de Darius fut à son comble. Il envoya luuilôt une puissante armée et une flotte contre Athènes ; nais il ne savait pas encore ce que pouvait produire ches es Grecs l'amour de la liberté. Un Miliiade, un Ariêtide, iQ Thèmiâioele valaient alors aux Athéniens de grandes irmées. Mdtiade, qui commandait les troupes des Grecs, lint à la tête d'une poignée de soldats an-devant des Perses campés dans les plaines de Marathon sur les mrds de la mer à quelques lieues d'Athènes. Il attaqua 'armée nombreuse des ennemis , et gagna sur eux la ictoire la plus signalée qui fut jamais. Leur camp fut Mlle, et one partie de leurs vaisseaux fut brûlée. Cette némorable victoire fut remportée l'an 490 avant J.-C. 29 septembre). Le combat finissait à peine : un soldat Mcédé de fatigue forme , dit-on , le projet de porter le )remier la nouvelle d'un si merveilleux succès aux mapstrats d'Athènes ; et , sans quitter ses armes , il court, •oie, arrive , annonce la victoire, et tombe mort à leurs )ieds.
Darius se préparait à une seconde expédition : sa sort l'empêcha de l'exécuter. Mais Xerxès, son fils et son inccesseur, reprit ses projets de vengeance avec une 'ongae qui tenait du délire. Après avoir fait pendant {aalre ans des préparatifs immenses , il franchit l'Hellesiwot à la tête d'une armée innombrable, traverse la fbrace, la Macédoine, la Thessalie , et arrive aux Thernopyies , fameux défilé à l'entrée de la Phocide , situé ■ntre la mer et le mont OEta, et l'unique endroit par où es Perses pussent pénétrer dans le ccenr de la Grèce. '^ett là que le roi Léonidas et ses 300 Spartiates s'acfuirent une gloire immortelle en disputant le passage à armée de Xerxès. Ils moururent tous, ne laissant après (Qx que cette inscription gravée sur un rocher : • Paslaat, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour »béir à ses saintes lois. • Cependant Xerxès, après avoir irùlé toutes les villes de la Phocide, arrive devant .Athènes, ou il ne trouve que quelques vieillards ; le reste des babilanta , par le conseil de Thémistocle , s'était retiré lur les vaisseaux de la république. Le roi de Perse entre dans la ville; il la pille et l'incendie. La flotte de ce
prinee avait toujours e6toyé son armée de terre ; elle arriva auprès de l'tle de SaUmine , à quelque distance des c6tn de l'Attiqoe : c'était là que les Grecs l'attendaient Leur flotte, commandée par Eurgbiade , Lacédémonien , et par TkémistoeU, livre le combat , met en déroute celle des ennemis et la poursuit jusqu'au milieu de la mer Egée (480). Xerxès, contraint de se retirer dans ses états, repassa précipitamment l'Hellespont. Mardonius, qu'il avait laissé en Grèce avec une armée de plus de 300,000 hommes pour y continuer la guerre , fut défait entièrement l'année suivante par les Grecs , sous les ordres de Pauêunias, Lacédémonien, et d'Aristide, auprès de la petite ville de Platée. Le même jour la flotte des Grecs acheva de détruire ce qui restait de celle des Perses , qui s'était retirée auprès du promontoire de Mgcale, C'est ainsi qu'en moins de deux ans toutes les forces de r.Asie vinrent se briser contre une poignée de guerriers qu'animait l'amour de la patrie. L'invasion de la Grèce était à jamais terminée ; à l'avenir les Grecs furent les agresseurs. Les .'llhéniens poursuivirent leurs succès et portèrent la guerre jusqu'au sein de la Perse sous le commandement de Cimùn , fils de Miitiade. Les Grecs , sous la conduite de Ci mon , firent trembler les Perses à leur tour pour leurs propres foyers. Enfin, après 51 ans de combats (457), le grand roi, craignant pour son trùne, se vit réduit à signer ce traité par lequel il reconnaissait définitivement l'indépendance des villes grecques de r.\sie-Mineure et la suprématie du nom grec.
Guerre du Pélopanise, — Périeles, — Aleibiade. — Mais an sein de la victoire était née la discorde qui devait déchirer la Grèce. La rivalité d'.'lthènes et de Sparte , les deux cités dominantes, ne pouvait manquer d'amener une rupture , et l'on vit commencer la guerre dite du Pélo^ ponèse. Cette guerre, qui dora 27 ans (431-404), se termina par la bataille d'^gos-Potamos , où le général lacédémonien Lyaandre triompha des Athéniens. Par celte victoire Sparte obtint la suprématie en Grèce. Mais, avant de passer aux événements qui en furent la suite , l'attention doit se fixer sur deux hommes célèbres qui dominent cette époque de l'histoire d'Athènes : nous voulons parler de PirieUs et é*AUibiade. Péridès, né vers 494 , acquit de bonne heure du renom et de la popularité par son éloquence, et se montra en même temps grand capitaine et habile politique. Il devint vers 459 le chef du parti démocratique opposé à Cimon, fut quelque temps banni , mais resta enfin seul maître de la direction des affaires. Jamais Athènes ne fut plus florissante que sous son administration. Les magnifiques monuments de toute espèce dont il l'embellit, le nombre immense de statues dont il la décora, en firent une ville superbe et la plus imposante de toute la Grèce. Tous les arts, tous les grands hommes y fleurirent à la fois. Comme administrateur, la politique de Péridès était d'éviter les entreprises lointaines, hasardeuses, et d'asseoir pacifiquement la puissance d'Athènes comme cité dominante de la Grèce. Il ne put cependant conjurer la rupture qui devait donner naissance à la guerre du Péloponèse. Il n'en vit que les premiers événements; en 429, c'est-à-dire deux ans après le commencement de cette guerre, il mourut de la peste qui désolait l'Attique, et dont l'historien Thucydide nous a laissé une description si tragique. Le nom de Péridès rappelle celui d'Aspasie. Cette femme , célèbre par sa beauté et son esprit , était venue de Milet se fixer à Athènes, où sa maison fut bientôt le rendes-vous des hommes les plus distingués de la Grèce : il se tenait ches elle des conférences où se traitaient les plus hautes questions de philosophie, de politique et de liltérature. Péridès conçut pour elle une si vive passion qu'il répudia sa femme pour l'épouser. Aspasie prit sur lui un grand ascendant et eut ainsi beaucoup de part aux affaires de la Grèce. Amie de tout ce
qui était noble et beau , elle contribua de tout son pouvoir à inspirer aux Athéniens le goût des arts : on lui attribuait en grande partie l'éloquence de son mari. Après la mort de Périclès, Alcibiade, son neveu, conçût le projet de lui succéder dans le gouvernement de la ré> publique. Pendant la guerre du Péloponèse il conseilla aux Athéniens d'entreprendre la conquête de la Sicile et se Gt charger, en 416, de cette expédition, qui fut si funeste à sa patrie. Accusé de sacrilège pendant son absence , et condamné à mort par contumace , il se retira d'abord à Sparte, puis en Perse, auprès du satrape Tissapherne , suscitant partout des ennemis aux Athéniens. Rappelé en 407 par ce peuple léger et inconstant , il lui fit reprendre momentanément l'avantage sur les Spartiates ; mais , ayant de nouveau encouru la disgrâce de ses concitoyens , il se retira auprès de Pharnabaie , satrape persan, qui lui avait offert un asile. Cependant Lysandre ayant prié le satrape de se défaire d'un génie aussi supérieur que dangereux, le Persan eut la lâche cruauté de le faire tuer à coups de flèches (404). Alcibiade montra alternativement toutes les vertus et tous les vices. 11 suivit d'abord les leçons du philosophe Socrate , puis il se livra à tous les excès. La souplesse de son caractère ne l'a pas rendu moins célèbre que sa beauté : philosophe, voluptueux, guerrier, débauché à Athènes, sobre à Sparte , fastueux à la cour de Tissapberne, héros i la tcte des armées : sa nature versatile se pliait i tout
Etat de la Grèce aprèi la guerre du Piloponète. — Retraite des dix mille. — Traité d' Antaleida*. — Guerre de Thèbeê et de Sparte. — Après la victoire d'/Egos- Potamos, Lysandre avait établi à Athènes trente magistrats, connos sous le nom des trente tyranty qui se souillèrent par tontes sortes d'excès. Tkreuybule les renversa et rétablit la constitution de Solon (403).
Peu de temps après , les Spartiates firent alliance avec Cyrus le Jeune , gouverneur de l' Asie-Mineure, qui disputait le trône à Artaxerxès Mnémon, son frère, roi de Perse. Ils lui envoyèrent une armée sous la conduite de Cléarque. Celui-ci pénétra avec Cyrus jusqu'en Babylonie , et gagna la bataille de Cunaxa (400) , que la mort de Cyrus rendit inutile. Alors il commença la célèbre retraite des dix mille ; mais il périt assassiné dans une entrevue avec le roi de Perse. Xinophon , qui faisait partie des auxiliaires grecs, remplaça Cléarque et acheva cette retraite célèbre , dont il nous a laissé le récit.
Le retour inespéré des dix mille exalta le courage des Spartiates , qui résolurent de rendre la liberté aux colonies grecques de l'Asie , que les rois de Perse avaient assujetties de nouveau. Agésiloê , roi de Sparte , défit les gouverneurs de la Perse et leur enleva des satrapies tout entières. 11 conçut même le projet de renverser le grand roi ; mais Thèbes , Athènes , Argos et Corinthe s'étant liguées contre Sparte, on rappela Agésilas de l'Asie. Celui-ci rencontra et vainquit les alliés a Coronée en Béotie (394) ; mais , dans le même temps, leur défaite près de Gnide , par Conon , qui avait obtenu le commandement des flottes persane et athénienne, rendit à Athènes sa supériorité sur mer. Sparte se vengea bassement des Athéniens : elle envoya Antalcidas à Sarde pour négocier avec le satrape Théribaie aux dépens de la liberté des villes ioniennes.
Les Perses dictèrent en maîtres les conditions du traité d' Antalcidas (388) , lequel donnait au roi les villes grecques de l'Asie ; aux Athéniens Lemnos , Imbros et Scyros , et à . toute autre tie ou cité l'indépendance. Sparte garda néanmoins sa supériorité au moyen de l'article du traité qui la chargeait d'en faire exécuter les conditions.
Thèbeê fut le seul de tous les Etats grecs qui refusa d'accéder an traité d' Antalcidas. Les Spartiates s'emparèrent de sa citadelle , la Cadmée , et établirent un autre
gouvernement , qui fit mettre à mort on exiler les principaux citoyens. Pélopidoi, homme doué du plus gnoii courage et du plus ardent amour de la patrie, se miti la tête des fugitifs. Il rentra dans Thèbes avec dintres conjurés , et força la garnison lacédémonieone à capitolfr et à se retirer. Alors commença la grande guerre de Thèbes et de Sparte. Les batailles de Leuetree (371) et de Mautinée (363), gagnées par Spaminonda», arrachèrent aux Spartiates l'empire de la Grèce ; mois après U mort de ce grand homme, Thèbes retomba dons ToImcurité.
Macédoine. — Philippe. — Alexandre. — Le» dcstiwf» de la Grèce républicaine étaient accomplies , et ce q» ni Athènes, ni Sparte, ni Thèbes n'avaient pu foire, u peuple inculte et gouverné par des rois allait l'operrr. La Macédoine, habitée primitivement par une Iribo df Pélasges, avait reçu plus tard Caranns, descendu! d'Hercule , qui , à la tête d'une colonie grecque, y îuoài sa dynastie. Ce royaume resta presque étranger ao me de la Grèce jusqu'au temps de Philippe , père d'Alexasdre-Ie-Grand (360). Ce fut ce prince qui tira la Vactdoine de son obscurité. Philippe joignait à un génie pt* nétrant une politique qui approchait quelquefois de b fourberie. On a dit de lui qu'il combattait platôt na l'or qu'avec le fer. C'était , en un mot , l'homme le pies capable de profiter de l'afTaiblissement de la Grtce, eli' y réussit. 11 leva des troupes et forma la pkaha^t oscédonienne , si redoutable dans les combats. Sod ifll<'rct , beaucoup plus que celui d'Apollon , l'engagei à i« déclarer pour les Thébains contre les PbocidieDi.<;B avaient allumé contre eux la guerre sacrée en violiut ic territoire du temple de Delphes (356). Les Atliesiesi prirent ombrage de sa puissance , mais en vain. 0 »: les amuser par des promesses trompeuses. Malgré I' lèle et l'éloquence de l'orateur Démotthène , »d pi» grand adversaire, il ruina les colonies d'Alhènei.p* Olynthe , s'empara des Thermopyles, entra dans la V^ cide et se fit admettre dans le conseil afflphiclfooi<{8^ Une nouvelle guerre sacrée contre les Locneni, doit b direction lui avait été confiée , lui ouvrit l'entrée de h Béotie et de l'Attique. Ne pouvant plus s'aveugler dëK*f mais sur ses projets ambitieux , les Athéniens et les TV bains oublient leur rivalité pour ne s'occuper qse eu danger commun. Leur armée confédérée, commaodii par des généraux inhabiles ou corrompus par l'or de PKlippe , livre bataille aux Macédoniens , et essaie ooe i!froute complète dans les plaines de Chéronée (338). CeCf victoire rendit Philippe l'arbitre de la Grèce ; cepewiaes il n'abusa pas de sa supériorité sur ses faibles enoeiBis et retourna en Macédoine pour préparer une grande esprdition contre les Perses ; mais , an moment de partir. ^ mourut assassiné , en 336, parPansanîas, seigneur si* cédonien , qui lui reprochait , dit-on , un déni de ']9f^ Alexandre , son fils , hérita de sa couronne , et plat ($' core de son ambition.
Alexandre annonça de bonne heure ce qu'il devait fjt un jour. 11 n'avait que vingt ans lorsqu'il succéda à «* père. A la nouvelle de la mort de Philippe , les Grecs, ft surtout les Athéniens , crurent l'occasbn CsvoiaMe yt-ts secouer le joug de la Macédoine ; mais la mine de Ihr^ ne tarda pas à les désabuser. On passa subitesBeal de '' joie à la terreur, et on se bâta de conclure la paix isi conditions qu'il plut à Alexandre d'imposer. To«t h trouvant ainsi pacifié , le jeune prince songea à récitff^ les projets de son père. Il assembla à Corinthe les députés de tontes les républiques, et se fil nommer cfaefb l'expédition contre les Perses. Il confia le gouvernes»^ de. la Macédome et la surveillance de la GrèceàAfit»pater, qui jouissait de toute sa confiance, et partit p^ la conquête du plus vaste empire de l'aBiTen <«^ 30,000 hommes d'infanterie et 5,000 de caialff*
HISTOIRE ANCIENNE
\raot de ptaser en Asie , il avait distribué tous ses biens i ses sinis ; et Perdiccas lui demandant ce qa il gardait jnar lui , il répondit : L' espérance.
Darius Codoman occupait alors le trône de Perse. Ce piince était bon et juste ; il ne manquait pas de bravoure ; nais depuis longtemps T empire des Perses menaçait oioe. Son excessive étendue, les vices de son gouvericment, l'esclavage des peuples, la corruption des irands devaient faciliter sa destruction. Tout favorisait iooc l'aventureuse expédition d'Alexandre.
Arrivé en Phrygie après avoir traversé THellespont ani difficulté , il dJfit d'abord Tarmée de Darius sur es bords du Granique , et soumit avec rapidité toute 'Asie- Mineure. Une maladie dangereuse l'arrêta quel- |ue temps i Tarse ; mais , à peine rétabli , il vainquit le nouveau Darius à Isnu, en Cilicie (333). Dans cette utaille , il s'empara de ses trésors et 6t prisonniers sa Dêre, sa femme et ses enfants , qu'il traita avec la plus [rsnde générosité. La victoire d'Issus fut suivie de la toumisiion de plusieurs villes , et surtout de Tyr, qui ai résista pendant quelque temps. Il tourna ensuite ses trmes vers l'Egypte, ou il n'eut qu'à le montrer pour « voir maître absolu de toute la contrée. C'est là qu'en Mssant il jeta les fondements d'Alexandrie , qu'il destilait à être le centre du commerce de tontes les nations. 1 pénétra jusqu'en Libye, où il se fit déclarer fils de lupiter par les prêtres du temple d'.Ammon. D'Egypte I rentra en Asie, et se remit à la poursuite de Darius. Il atteignit enfin au delà du Tigre, dans les plaines à'Ar- *tlUi, et le défit encore une fois. Cette troisième vieoire mit à ses pieds ce puissant empire des Perses fondé tcDi siècles auparavant par Cyrus. Ne bornant pas là es conquêtes, il entra dans l'Inde et s'avança jusqu'à Hyphase. Ses soldats ayant refusé de le suivre plus oin, il revînt à Babylone, mais pour y mourir au milieu l'ane orgie, à l'âge de 33 ans.
On a dit, dans tous les temps, beaucoup de bien et «aucoup de mal d'Alexandre. Si on ne regarde Alexan- Ire que comme un ambitieux qui a fait tuer un grand tombre d'hommes, il doit être odieux, ainsi que tous es conquérants. Hais si l'on considère les choses de Jas haut ; si on l'étudié lui-même, non-seulement dans es vastes desseins , mais encore dans les plus petites 'articulantes de sa vie , il est impossible de ne pas reonnaître en lui un de ces hommes appelés par la Provi- !ence à opérer nue de ces grandes révolutions sociales |ui ouvrent de nouvelles voies à la civilisation, à la ommunanté des peuples et à la fraternité humaine.
La mort d'Alexandre fut le signal d'une longue guerre ntre ses capitaines, qui ne se termina qu'en 301, à la •aUilIe d'Ipnu. L'histoire obscure et confuse de cette utte d'ambitions rivales offre peu d'intérêt
Il suffit de savoir que la bataille d'ipsus eut pour ésaltat le démembrement de son empire en trois grandes tominalions : le royaume de Macédoine avec la Grèce , e royaimu de Syrie et le royaume d' Egypte,
Macédoine el Grèce. — Antipater, général macédonien, fait été chargé par Alexandre du gouvernement de la lacédoine et de la Grèce pendant qu'il faisait ses cnn- |uêtes en Asie. Après la mort d'Alexandre, il eut à aouenir une guerre fort vive contre les Athéniens , qui rclamaient leur liberté. Il les fit rentrer dans la soumision, et mourut en 320. Cassandre, son fils, gouverna la lacédoine après lui, et s'en fit proclamer roi en 31 1. La ictoire d'ipsns lui confirma ce titre. Le règne de ses uccesseurt ne fut qu'une suite continuelle de gucrrcsjus- \ui Antiçone Gonatas, petit-fils d'un des principaux capiaines d'Alexandre, qui parvînt à s'emparer du trône n 278. Il régna paisiblement jusqu'à sa mort, et laissa a couronne à sa famille , qui en conserva la possession
jusqu'à l'extinction du royaume de Macédome, c'est-àdire jusqu'à la conquête romaine (148).
Cependant le vieil amour de la liberté n'avait point cessé d'agiter les différentes cités de la Grèce proprement dite. Depuis la mort d'Alexandre jusqu'à l'invasion des Romains, elles furent perpétuellement en lutte avec la Macédoine. Antigone les attaqua successivement et même avec le secours des Grecs. Les Etoliens , en effet, qui s'étaient toujours maintenus dans une asses grande indépendance, avaient formé une ligne, dite la /i^ie étolienne, mais toute personnelle, et qui n'avait point pour but l'affranchissement de la Grèce entière : de sorte qu'il Ait facile à Antigone de faire alliance avec eux et même de s'en servir contre le reste des Grecs. Une autre ligue , la ligue aehéenne , ainsi appelée parce qu'elle se composait de la plupart des villes du Péloponèse, s'était formée presque dans le même temps , mais sous une inspiration plus généreuse. Aratus et Pkilopa' men, surnommé le dernier des Grecs , ont rendu célèbre le nom de cette ligue, qui fut le dernier effort de la ' liberté hellénique. Les Romains parurent , et feignirent d'abord de prendre le parti des Grecs contre les Macédoniens, afin de pouvoir les soumettre plus facilement les uns après les autres. La Macédoine succomba la première, et Persée j son dernier roi, vaincu par Paul^ Emile (148), fut conduit à Rome pour servir d'ornement au triomphe du vainqueur. La Grèce était destinée à partager bientôt le même sort. Corintke, qui était devenue le centre de la résistance de la ligue aehéenne, fut prise et saccagée par le consul Mummius (146), et cette célèbre contrée fut réduile en province romaine sous le nom d\4chaie.
Royaume de Syrie. — La bataille d'ipsns assura à Si' leucus la possession de l'Asie. 11 s'était d'abord fixé à Babylone, mais il reconnut qu'il lui importait de se rapprocher de l'Occident, et fonda sur les bords de l'Oronte en Syrie la ville d'Aniioche , qui devint dès lors sa résidence et la capitale de tout l'Orient. C'est ce qui a fait donner le nom de royaume de Syrie à son empire, dont cette contrée n'était gcographiquement qu'une faible partie. Séleucus fut le seul grand prince de sa dynastie. Dès le règne de son fils, Antiochus Soter, la décadence commença. Les rois de Syrie laissèrent échapper l'une après l'autre des portions plus ou moins vastes de leur empire , qui s'érigèrent en principautés indépendantes. C'est de ce morcellement que sortirent les royaumes de Bactriane , des Parthes , de Pergame , de Pont , de Cappadoce, de Paphiagonie, de BitJiynie, d'Arménie, etc., de sorte qu'en moins d'un siècle la domination des Séleucides fut réduite à la Syrie proprement dite et à la Phénicie. A partir d'Antiochus-le-Grand , l'histoire du royaume de Syrie n'offre guère d'autres scènes que des guerres du famille , des crimes atroces , des complots et des désoi lires de toute espèce. Antiochus Épiphane (174- 164) ne so rendit célèbre que par sa persécution contre les Juifs. Enfin , comme la plupart des autres états de l'Asie , la Syrie tomba au pouvoir des Romains , qui la réduisiiLat en province romaine (64).
Eoyanir -. d'Egypte. —- Le royaume d'Egypte, sorti du démembrement de l'empire d'Alexandre , éprouva à peu près les mêmes vicissitudes que celui de Syrie. Son fondateur, Piolémée Lagus , fut , comme le chef de la dynastie des Sclcucides , le plus considérable des rois qui occupèrent le trône d'Egypte jusqu'au temps de la domination romaine. Mais ce qu'il importe de remarquer pour l'histoire de la civilisation , c'est le rôle que joua Alexandrie comme ville savante et commerciale. Alexandrie succéda à Athènes dans la science et la littérature : c'est là que le génie grec brilla d'un dernier éclat La plupart des successeurs de Ptoléméc portèrent le même nom, et l'histoire politique de cette dynastie ne présente
en général qu'un tissu de querelles domestiques, de séditions populaires et de guerres sans résultat avec les rois de Syrie. Enfin, Tan 30 avant Jéaus-Christ, rÊgypte fut réduite à son tour en province romaine par Auguste, vainqueur d'Antoine et de Cléopâtre si célèbre par sa beauté et par ses crimes.
Artt et âeienceê ehei Ut Grec: — Toutes les sciences . tous les arts furent cultivés chei les Grecs avec un égal succès. Ce qui caraclérise surtout cette nation privilégiée, c'est un sentiment exquis du beau , qu'on ne retrouve chei aucun autre peuple ui même degré. Il n'est point de genre où ils n'aient laissé des modèles inimitables. Quel poète a jamais surpassé Homère? Qui a été plus éloquent que Démostbène? Veut-on désigner un historien, un sculpteur, un peintre supérieur, on dit de lui qu'il est un Hérodote ou un Thucydide , un Phidias , un Âpelle. Nous ne pouvons guère que rappeler les noms des principaux écrivains ou artistes qui ont immortalisé cette nation ; mais ces noms suffisent pour réveiller de grands souvenirs. Commençons par la poitie , qui ches tous les peuples a toujours précédé la prose.
C*est dans la Tkraee , au nord de la Grèce , que naquit, avec les mystères, la poésie des Grecs. Ces mystères , communs à toute l'antiquité païenne , étaient des cérémonies secrètes qui se pratiquaient dans les temples en l'honneur de certaines divinités , et auxquelles on n'était admis qu'après de longues et pénibles épreuves. Ce fut le premier ftge de la poésie , exclusivement consacrée aux dieux. Les poètes de ces temps religieux réunissaient le triple caractère de chantres , de théologiens et de prophètes. Ils chantaient sur la lyre les louanges des dieux, et enseignaient la sagesse en vers. Un des plus anciens poètes de cet ftge primitif est Liniu , de Chalcis , qui passait pour fils d'Apollon et d'une Muse. Après lui, vint Orphie, qui jouait si bien de la lyre , que les bétes féroces s'attroupaient, dit -on , autour de lui, et que les arbres descendaient des montagnes et les fleuves suspendaient leur cours. La fable nous fait entendre par là qu'il fut un des premiers sages qui, par la douceur de leurs paroles et de leurs chants , ont contribué à civiliser les hommes encore sauvages et à les appeler des forets dans le sein des villes. Orphée florissait dans le 14* siècle avant J.-C.
A la poésie sacrée succéda la poésie héroïque , c*est-Àdire qu'après les dieux on chanta les héros qui , par leurs exploits et leurs grandes actions, avaient bien mérité du genre humain ou excité Tadmiration des peuples. Le nom à' Homère %, immortalisé cette seconde époque de la poésie grecque. Le grand événement qui termine les tenjps fabuleux est le sujet de ses deux poèmes : dans X Iliade il chante les combats devant Ilion ; dans YOdyuée, les voyages et les aventures d'Ulysse , qui , après la prise de cette ville , erra pendant dix ans sur les mers avant de pouvoir rentrer dans sa ptflrie. Homère a été surnommé & juste titre le prince des poètes. Les anciens le comparaient à un grand fleuve où tous les autres fleuves venaient emplir leur urne. On no sait rien de certain sur sa personne ni sur le lieu de sa naissance. Sept villes se disputaient l'honneur de lui avoir donné le jour ; tout porte à croire qu'il naquit dans une des iles de l' Asie-Mineure, vers le 10* siècle avant J.-C.
Dans l'intervalle qui sépare l'époque où florissait Homère du siècle le plus brillant de la Grèce , et auquel Périclès a attaché son nom , on rencontre les noms d'.4rehiloque , d^AIcie , de Sapho , de Simonide , et d'autres poètes lyriques, dont le plus célèbre est Pindare. La poésie dramatique brilla aussi d'un grand éclat et fit la gloire d'Athènes. Eukyle perfectionna la tragédie , que Thespis avait inventée. Après lui vinrent Sophocle et Euripide, Sophocle est généralement regardé comme le plus parfait des trois , à cause de cette heureuse alliance du génie et du goût , qui est un don si rare dans tous les temps et
ches tous les peuples. La comédie eut son Molière éiai Arittophame , le contemporain d'Karipide tt da {è:W phe Socrale. On regrette la perte des ouvrages d'os latre poète comique, de Mhumdre, que les andciii a atfmiriient pas moins qu'Aristophane, et qui puié' ^ toutes ses qualités sans avoir ses délauti.
Vhiêtoire ne parut que plusieurs sièdes après la f«sie. Le plus ancien historien dont les écrits nous «ami parvenus est Hérodote, né à Ualicaniasse 4S4 avant J.-C Son ouvrage , écrit dans le dialecte ionicB , conprcal 120 ans environ : il commence à Cyn» d finit • ù )»taille de Mycaie. La forme épique dont il se§i seni là que son histoire embrasse presque tous les temps d les peuples. Les Grecs , dans leur admiration , doasaMi le nom de chacune des muses aux neuf livres qui coa^ sent son histoire. Après lui vint Tkuc^Sde . né i r.'\ttique en 47 1. Inférieur à Hérodote pour la giirr naïveté , l'abondance , il l'emporte sur loi par l'ean^ et la gravité. Son livre renferme rhistiûre des vi^. une premières années de la guerre du Pél^earsb Xinophûn, disciple de Socrate, continua Hiistoirc érIW cydide , a laquelle il ajouta sept livres. On le sutdcn Y Abeille aUique, pour désigner la douceur de ses tà^h Il commandait dans la mémorable retraite des dix i&&« et en écrivit l'histoire : il fut , comme César, rhisterietil ses propres exploits,
Véloquence ne pouvait manquer d*étre cnlliiée n* succès dans un pays libre , où la puissance de b ^ank était le principal instrument de la politique » Xi fe> v semblées du peuple, dit M. Ott, ni le sénat, ni les bip gistrats, ni l'aréopage n'étaient le pouvoir réel à Albrcs: hnitiative appartenait aux orateurs. Lorsi]a'nne Isi mise en discussion, chacun pouvait prendre la psrok, i les orateurs étaient le véritable pouvoir dirigeant l^m qu'ils pariaient au nom du lentiraeot oatiooaJ , iorfqi'i exaltaient la gloire et la puissance d'Athènes, Isrqal proposaient une conquête ou rabaissement d'un \o^ dangereux , ils étaient sûrs d'être écoutés par erite p^ lation passionnée. Longtemps ils représentèrent le birté la nation , et ce furent eux qui , dans la guerre casai dans les sciences et les arts, élevèrent n haut la cite tÈt nienne. < Nul doute que Pisislrate , Tbéoitstocle. (lœoai Périclès, Alcibiade, n'aient été les premiers oralean i leur siècle ; mais l'éloquence n'était pour eux qu'un ta^^y d'arriver au pouvoir et de s'y maintenir : ils ne la rci^ vaient point comme un art dont ils fissent profes^t. L'orateur proprement dît, c'était le simple citoyen d')Â*> nés, c'était Dèmoethène , dont l'éloquence n a jamais surpassée. « Démostbène, dit M. Lamennais, semble' <(«« posé dans la Grèce , encore libre , les bornes de fart ta n'est pas que d'antres n'aient en les qualités qui loi i quaient , mais les plus éminentes , il les possédait lo&t!^ et toutes à un degré qu'on n'a point égalé. Quel qœ son sujet , il l'agrandit naturellement et sans efTan mesure qu'il se dessine , vous y voyei l'empreinte éf\ puissance extraordinaire : on dirait le torse d'Hen-stf. Dans tous les membres de ce corps on sent codIct vie énergique; ses muscles tendus se gonflent ri p«{» tent : un souffle plus qu'humain bruit profondeœ^ dans sa large poitrine. Le colosse se ment , lève le bnt. et, avant même qu'il ait frappé , nul ne doute ua iasta^ que la victoire puisse être indécise. Ce qui domine dsa Démostbène , c'est une logique sévère , une dialeri»|«i vigoureuse , serrée , un étroit encbstnemeat d'où résiiàt un tout compacte et indissoluble. Ne cbereliex point ^ lui la souplesse éléganle , la grâce flexible et molle, 1»sinualion craintive , la ruse qui s*enveloppe et fait pom revenir ; il fa droit à son but , renversant , brissnl de ses seul poids tous les obstacles. Sa diction est nerrenie. (X>ncise et Cependant périodique. Pas nue phrase «seote dans le discours ; pas un mot oiaeui dans la pèiw. I'
HISTOIRE ANCIENNE
orce la coaiiction , il eobraine à i* suite l'auditear malrisé, et, s'il hésite, ODvnnt ane sondaioe issue à la empète qu'il retenait en soi, il l'emporte comme les rents emportent une feuille sèche. » Ce fut l'ambition de Philippe , roi de Macédoine , qui suscita l'éloquence de }émo8lhène : tant il est vrai qu'il n'y a qu'une forte con> riclioD ou l'intérêt d'une noble cause qui puisse créer un rentable artiste en quelque genre que ce soit. Démosbèoe a pleinement justifié le mot du plus célèbre des 'béteors latins , de Quintilien : L'iloquenee vient du cœur. Lt Grèce avait reçu de l'Asie , et particulièrement de 'Egypte , les principes de ses croyances , de ses arts et le ses institutions ; mais elle fut véritablement le berceau le hphibiophie. Thaïes, de Milet, né vers 640 av. J.-C , » jeta les fondements et donna naissance à la première teoie philosophique , dite YéeoU ionique, Pythagore , de Mmos, né vers l'an 584, fonda ïéeole italique, ainsi wmmée parce qu'il s'était établi à Crotone, dans ce qu'on ippelait la Grande-Grèce , c'est-à-dire au milieu des coooies grecques , au sud de l'Italie. Mais ces philosophes l'occapaient plus de physique que de morale , et , lors- |o'à force d'investigations plus ou moins subtiles la cniosité humaine eut abouti à la confusion et au sophisme, ^ttte parut , qui ramena la philosophie à la morale et à 'élude de l'homme. Il remit en vigueur cette maxime à amtia célèbre : Connait^oi toi-même. Socrate fait époque laos l'histoire de l'esprit humain. Né en 469 d'un scuipeor nommé Sophronisqne, il exerça d'abord la profession le son père , mais la quitta de bonne heure pour se livrer iDx sciences. Il crut avoir reçu la mission spéciale de éformer ses compatriotes. Il eut beaucoup de disciples , nais en même temps beaucoup d'ennemis. Accusé d'im- Hété devant l'aréopage , il refosa de se défendre , et fut , nalgré son innocence, condamné à boire la ciguë. Il «Qrait pu se soustraire à la mort; toute facilité lui était tHerle pour cela : mais il refusa de fuir, et n'hésita pas à tonner, aux dépens de sa vie , un exemple du respect [a'on doit aux lois de son pays , même quand elles sont ppiiquées d'une manière injuste. Il subit la mort avec on curage et une résignation admirables l'an 400 av. J. -C. )è9 ce moment la philosophie fut fondée : la véritable •failosophie , celle qui s'occupe de ce qui est bien , de ce [oi eil mal ; qui règle la vie humaine et la morale. Soratc eut , au milieu des ténèbres du paganisme , de sublines pressentiments sur l'unité de Dieu et l'immortalité de âme. Il combattit surtout les sophistes qui discouraient Dr toutes choses et prétendaient ne rien ignorer : il dilit qae, pour lui , tout ce qu'il savait , c'est qu'il ne savait
Socrate n'a rien écrit ; mais sa doctrine lui a survécu , t fit naître trois grandes écoles qui en peuvent être retardées comme les branches principales : Y Académie , i Lycée cl le Portique,
L'Académie, fondée dans Athènes par/'/o/oii, le plus éièbre des disciples de Socrate , tirait son nom d'un jariin qni avait appartenu originairement à un certain Acaiéffiiu, et dans lequel Platon donnait ses leçons.
Avant de servir à désigner une secte de philosophie , c lycée était une promenade d'Athènes sur les bords ie riliisus , où Aristote, disciple de Platon et précepteur TAlexandre, donnait ses leçons en se promenant avec ses lisciples : de là le nom de lycée donné à son école et à K doctrine ; ses sectateurs étaient appelés aussi péripatéiciens , c'est-à-dire promeneurs.
Le nom de Portique fut donné à l'école de Zenon , fonlatenr du stoïcisme , parce que les disciples de ce philoophe se réunissaient an Pœcile , célèbre portique d'Atliè- '«s : stoïcien veut dire , en grec , disciple du portique,
A ces trois grandes écoles on peut joindre celle à^Épicure, laton représente plus particulièrement le spiritualisme t l'idéal ; Aristote s'appuie davantage sur l'expérience et
le sens commun ; le sentiment du devoir et rauslérité des mœurs caractérise la doctrine de Zenon : Epicnre , au rebours de Zenon , ruina la base du devoir et de toute morale en enseignant que la . philosophie n'était autre chose que Tart de jouir de la vie.
C'est surtout dans les beaux - arts , tels que Xarehitee^ ture , la sculpture et la peinture , que les Grecs ont déployé ce sentiment du beau qui en a fait une nation à part Leurs monuments les plus célèbres étaient le Temple de Diane, à Ephèse , construit par Ctésiphon , et le Panthéon , à Athènes , dont on admire encore les ruines. La sculpture fut portée au plus haut point de perfection par les Phidias , les Lysippe et les Praxitèle,
Phidias, le plus célèbre de tous, naquit à Athènes vers le milieu du 5* siècle av. J.-C. La statue de Minerve, dans le Parthénon d'Athènes, et celle de Jupiter, à Olympie, sont les phis célèbres de ses ouvrages. Lysippe, de Sicyone, mérita, par sa renommée et l'excellence de ses talents , d'être compris dans cet édit célèbre par lequel Alexandre-le-Grand confiait an seul Apelle le droit de peindre sou image ; an seul Pyrgotèle, celui de le graver sur les pierres précieuses ; et au seul Lysippe , celui de l'exécuter sur le bronse. On lui a attribué , mais sans preuve , ces fameux chevaux de Venise qni décorèrent pendant quelques années l'arc-de-triomphe de la place du Carrousel. • II n'est personne, disait un célèbre écrivain latin , qui ne connaisse Praxitèle, - Cet artiste , né, selon l'opinion commune, à Athènes, florissait vers l'an 330 av. J.-C. La Vénus de Gnide fut son chef-d'œuvre et l'admiration de toute l'antiquité ; celte statue était nue , et Praxitèle avait pris pour modèle la fameuse courtisane Phryné.
Quoique le temps ait détruit tous les monuments de la peinture grecque , on ne peut douter qu'elle n'ait égalé la sculpture et l'architecture. Les noms à' Apelle et de ZeuxiSy entre autres , n'étaient pas moins célèbres chei les anciens que ceux de Phidias et de Praxitèle.
Apelle^ surnommé le Prince des peintres, fiorissait vers l'an 333. Ses chefs-d'œuvre décorèrent les villes de la Grèce, de l'Archipel, de l'Asie et de l'Egypte. Alexandre le combla de faveurs et ne voulut être peint que par lui. Après la mort de ce prince il se rendit à Alexandrie , à la cour des Ptolémces. Faussement accusé d'avoir trempé dans une conspiration , il vit ses jours menacés , et fut chargé de fers ; mais un des coupables le justifia. De retour dans sa patrie il peignit , en mémoire de cet événemcht, son fameux tableau de la Calomnie, Avant lui Zeuxis avait laissé un nom presque aussi célèbre. Les anciens ne parlaient qu'avec enthousiasme de sa figure d'Hélène. « Il peignait , disaient-ils , inspiré par un esprit divin. ^
II semble qu'il ait été donné au génie grec de tout perfectionner. Hippocrate, père de la médecine, était Grec. Originaire de l'Egypte, où les prêtres l'exerçaient comme une science secrète , la médecine passa de là en Grèce , et y devint la propriété héréditaire des Asclépiades , ou descendants d'Esculape ; c'est de celte famille qu'était Hippocrale. II fit de la médecine une science d'observation, une science libre , et à ce litre il en fut le véritable fon" dateur. Né l'an 460 avant J.-C. dans l'tle de Cos, il mou» rut àLarisse dans un Âge très -avancé, à quatre-vingts ans selon les uns , à cent ans selon les autres.
Jeux et combats des Grecs. — Les jeux et les combats faisaient , chex les Grecs , partie de la rerigion , et Keur institulion remontait aux temps héroïques. Les plus grands poètes mettaient leur gloire à chanter la victoire de ceux qui avaient remporté le prix dans les jeux. Les Grecs regardaient ces exercices comme un apprentissage de la guerre , en ce qu'ils rendaient les jeunes gens plu^lë goureux et plus propres au métier des armes.
Les jeux solenaels étaient les olympique* , les pytki' qws , les némien» et les islhmique*.
Lesjeuxo/yinpi^ef étaient les plus célèbres : originairement établis par Hercule, souvent interrompus depuis, ils reçurent une constitution définitive en 776 , et fournirent à la Grèce , à compter de celte dernière époque , un point de départ pour supputer les années. Ces jeux, qui revenaient tous les quatre ans , avaient lieu , à Olympie , en F honneur de Jupiter Olympien , au solstice d'été , et duraient cmq jours.
La eoune tenait le premier rang parmi les exercices des jeux olympiques. 11 y avait la course à pied et la course de chars. Dans la course à pied les coureurs étaient rangés sur une même ligne , et , dès que le signal était donné , ils s'élançaient en même temps dans le stade ou la carrière ; celui qui arrivait le premier au but était déclaré vainqueur : c'était là la simple course. Il y en avait une seconde dans laquelle , après avoir atteint le but, on revenait à la barrière ; et une troisième , qui était la plus longue , car il fallait tourner douze fois autour du but. Mais la course des chars était la plus renommée , parce que, dans les temps primitifs, c'était la coutume des princes et des héros de combattre du haut d'un char, et que ceux qui se présentaient aux jeux olympiques pour ces sortes de courses étaient d'une grande naissance ou célèbres par leurs exploits. Gélon et Hiéron , rois de Syracuse, Philippe, roi de Macédoine, se trouvèrent flattés d*y avoir remporté la victoire. Les chars étaient attelés de deux ou de quatre chevaux rangés de fro^t Us partaient de la barrière à un certain signal. La place de chacun était réglée par le soft : ceux qui avaient la gauche étaient plus près de la borne autour de laquelle il fallait tourner ; et ceux qui étaient à droite avaient un plus grand cercle à parcourir. Pour remporter le prix il n'était pas nécessaire de conduire le char en personne : il suffisait d'être présent ou d'envoyer ses chevaux.
Le vainqueur recevait une couronne d'olivier et une branche de palmier. Ensuite le héraut le conduisait, à son de trompe, autour du stade et le proclamait à hante voix. Les spectateurs répondaient par des applaudissements. A son retour dans sa ville natale il y entrait sur un char k quatre chevaux par une brèche que l'on faisait aux murailles , et tous ses concitoyens allaient au-devant de lui.
Les autres exercices des jeux olympiques étaient des combats d'athlètes , et consistaient dans la lutte , le pugilat , le pancrace et le disque :
lo La luUe : cet exercice se bornait i lutter l'un contre l'autre et à tacher, par l'adresse mélc« à la force, de terrasser son adversaire; si l'athlète terrassé entraînait l'autre dans sa chute , le combat recommençait
2« Le pugilat : c'était un combat à coups de poings. Les combattants étaient armés de cestes , espèce de gantelets composés de plusieurs courroies , et revêtus de plaques de fer. Le plus souvent le vaincu se retirait défiguré , un œil hors de la tête et la mâchoire brisée ; quelquefois il tombait mort ou mourant sur l'arène.
3» Le pancrace était un combat à outrance : on y employait la lutte et le pugilat ; on pouvait même y faire usage des pieds , des dents et des ongles.
A° Le disque était un jeu qui consistait seulement à lancer le plus loin qu'on pouvait une espèce de palet de pierre ou de plomb , de figure ronde , et qui était d'une telle pesanteur qu'on avait peine à le soulever.
Les jeux p'ythiques se célébraient à Delphes tous les quatre ans en l'honneur d'Apollon , vainqueur du serpent Python. Le vamqueur était couronné de laurier ; on j disputait les mêmes prix qu'à Olympie , et de plus le prix de musique.
Les jeux néméens avaient lieu tons les deux ans dans les plaines de Némée , ville du Péloponcse , en l'hon-
neur d'Hercule , qui avait tué le lion de la forêt de Xtmée ; la couronne était d'ache verte.
Enfin les jeux isthmiques se célébraient toos les qnitrc ans dans l'isthme de Corinthe en rhonneor de XepUuM; la couronne était d'ache sèche.
Le plus fameux athlète de l'antiquité fui Milon d» Ootone. Il était d'une force et d'une stature prodigi«QM.:l fut sept fois vainqueur. aux jeux olympiques. On ncosU de lui des traits qui doivent nous paraître incroyabiei. l o jour, dit- on, il parcourut un stade en portant lurM» épaules un bœuf de quatre ans , qu'il assomma eoioii; d'un coup de poing et qu'il mangea tout entier i U f sr des spectateurs. Dans sa vieillesK, ayant vodo fradrr avec ses mains , au milieu d'une forêt , un arbre déjà eetr'ouvert , les deux parties du tronc le resscrrèreot et :e retinrent. 11 fut, dans cette attitude, dévoré par an loups qui vinrent à passer par là.
Fêtes religieuses. — Les principales fêtes des Grecs èUiesi les Panathénées, les grandes Dionysiaques et les EUuùsm. Les premières tombaient au premier mois, qui commeiKiil au solstice d'été : instituées en l'honneur de Mberve. din revenaient tous les ans ; mais , dans la cinquième uioee. elles se célébraient avec plus d'éclat et de solennité : c'étaient des courses de chevaux sur les bords de Mlissaf. des luttes et divers exercices de corps ; puis veoaieol ^ troupes de jeunes filles portant sur leurs têtes des corbeilles qui renfermaient des instruments sacrés, dei<[iteaux, et tout ce qui devait servir aiix sacrifices. Oa \o\i^ ensuite paraître un vaisseau qui semblait glisser w li terre au gré des vents et des rameurs , mais qui le sauvait par l'effort de machines invisibles : sur le fiiaoi flottait le voile de Minerve , dont la broderie repràtsjii la victoire de la déesse sur les Titana Quand la procti^ts était parvenue au temple d'Apollon Pythien , on delartu* le voile suspendu an navire , et l'on se rendait i la o delle , où il était déposé dans le temple de la cbssle £ i' de Jupiter. La nuit avait aussi ses jeux et ses plaisin U plus piquant, pour la multitude, était la coortf'^ JjUmbeoMix, exécutée par plusieurs jeunes gens plaoéf ^ la carrière à distances égales : le premier, an sijiul rotvenu , allumait un flambeau au feu d'un autel et le pwir: en courant à un second, qui le transmettait à un \ïws»^ et ainsi successivement Enfin l'on distribuait ao pei*^ la chair des victimes inmiolées, et la fête se Vtrma»^ par un grand repas.
Les grandes Dionysiaques étaient des (êtes constcirAt Bacchus, qui, en grec, se nommait Dionysio*. 0^] voyait des troupes ivres d'hommes et de femmes cooiv<< hurler dans les rues, tandis que d'autres acteun , cr'"' tés sur des ânes et portant des images obscènes, à»:taient en l'honneur du dieu des hymnes qui utl'fi*^ pas moins. Au milieu de ces faunes, de ces silèo(>s tl ùt ces bacchantes échevelécs et nues, s'avançait, daai so be, ordre, un chœur de jeunes vie^geâ chargées des coHk il« sacrées. La pompe défilait la nuit ; les toits élaif oi i ^ minés et couverts de spectateurs.
Les Sleusinies tiraient leur nom de la ville d'Kl***' où Gérés avait un temple magnifique, constroil pv soins de Périclès. Ces fêles se célébraient tous Ici <£■ elles duraient neuf jours, et consistaient surtout m p'-' cessions dont les divers détails retraçaient les coarks II Gérés à la recherche de sa fille.
Il y avait , outre les Panathénées , les Dionysiaq»^ ^ les Eleusinies , des fêles en l'honneur des autres àtv et des grands hommes qui avaient bien acritr àt * patrie ; chaque ville , chaque famille avait les utnati
Pour connaître en détail tout ce qui regarde \es n.*'i^\ et les institutions religieuses des Grecs, le meilicar \»^'\ consulter est le Voyage du jeune Anackarsis « Cr^; ^ ' lequel l'auteur a su mêler heureusement l'agréable a< bûm>