‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 130 sur 291 · PREMIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPOQUE

L'Italie, suivant les traditions romaines, fut d*abord ippelée Saiwmie , en mémoire de Saturne , qui , chassé de jt^le par son fils Jupiter , avait trouvé un asile auprès le Janus , roi do Latium. Plus tard , 400 ans environ ivant la guerre de Troie , une colonie d'Arcadiens vint le la Grèce s'établir dans la même contrée sous la con- Inite d'OEnotrus , de qui le pays prit le nom d*OBnotrie, p'il perdit encore pour celui d'Italie , que lui donna Itatis , UD des successeurs d'OEnotrus. A une époque plus approchée du siège de Troie, Evandre , prince arcadien , mena sur les bords du Tibre nue nouvelle colonie de îrecs, et bâtit la petite ville de Pallantée au pied du lont Palatin. Enfin , peu de temps après l'établissement 'Evandre , Enée, i la tele d'une troupe de Troyens qui vaient échappé à la fureur des Grecs, aborda à son tour n Italie , où il épousa Lavinie , fille du roi Latinns , et âtit Laviniwn. Ascagne , fils d'Enée et de Creuse , prelière femme de ce prince , fonda Albe-la-Longue. Après li , douze princes régnèrent sur cetle antique métropole u Latium. Procas , le dernier, avait laissé deux fils : unitor, l'aîné, fut délrôné par Amulios, qui força en léme tempe Ilia ou Rhéa Sylria, fille de son frère , i se >nsacrer au culte de Vesta ; mais Rhéa , qui , en faisant oeu de virginité , n'avait cédé qu'à la force , trompa l'atnte de son persécuteur, et mit au monde deux enfants la fois : BomnUu et Rémut, qu'elle avait eus, dit-on, du ieu Mars. Le cruel Amnlins , son oncle , la fit enterrer

vive, selon l'usage, et fit exposer les deux jnmesux parmi les roseaux du Tibre ; mais le fleuve les laissa à sec , et une louve vint les allaiter. Fanslulus , berger du roi , les ayant découverts , les emporta dans sa cabane et les fit nourrir par Acca Laurentia , sa femme. Romulus et Rémus grandirent parmi les bergers. Instruit du secret de sa naissance, Romulus tuaAmulius, et rétablit Numitor; puis alla jeter les fondements de Rome au lieu même où il avait été exposé (753 av. J.-C).

D'après ces traditions , le premier roi de Rome descendait d'un prince troyen ; mais la religion , les mœurs , les lois , les coutumes des Romains n'avaient pas la même origine. A l'époque où Rome fut fondée , l'Italie était divisée en plusieurs nations indépendantes les unes des autres. Les plus importantes étaient les Etrusques , les Latins et les Sabins. D'où venaient ces peuples? on est réduit sur ce point à des conjectures. Ce qui est certain , c'est que l'Etrurie , aujourd'hui la Toscane , fut , à une époque fort reculée, le siège d'une civilisation fort avancée. Des antiquités précieuses , de nombreux monuments, et surtout les vases connus sous le nom de vtuet itrut" quei , prouvent que les beaux-arts et l'industrie y étaient portés très-loin. Les prêtres de cette nation mystérieuse avaient une haute réputation de science , et tout porte à croire que c'est principalement des Etrusques que les Romains empruntèrent leur religion et les cérémonies de leur culte.

Le peuple de Romulus se composa donc originairement de plusieurs races diverses , dont l'origine est enveloppée de grandes obscurités. Rome , fondée dans le Latium , au pied du mont Palatin , ne fut d'abord qu'un asile ouvert aux esclaves fugitifs et aux vagabonds. Ces aventuriers manquaient de femmes ; Romulus leur en donna en enlevant les Sabines. Ce rapt fut le signal de guerres nombreuses , d'oà le peuple nouveau sortit vainqueur : les conquérants de l'univers étaient nés.

Romulus partagea l'administration avec un sénat , qui -lui-même partageait avec le peuple la puissance législative et le droit de suffrage pour l'élection du roi et des magistrats. Il institua l'ordre des patriciens, noblesse héréditaire. Trois cents hommes à cheval , qni formaient sa garde , composèrent un corps à part qui devint plus tard l'ordre des Chevaliers , ordre intermédiaire entre les patriciens et les plébéiens. Après 33 ans de règne , Romulus , suivant la légende , disparut de la terre au milieu d'un oratfe. Il fut mis au rang des dieui, eV lenomde(?t..n«i*f.. Sigitized by"^

Tel fat le berceta de l'empire ronuin. La guerre Taf ait fondé, la goerra devait le maintenir et l'étendre jofqn'aox extrémité! de la terre. Cependant an roi guerrier iuccéda Xuma Pompilius, le roi pacifique. Il était Sabin d'origine , et très-verfé dans la connaissance des choses divines et humaines. Il avait atteint déjà l'âge de iO ans, et vivait obscur et retiré lorsque les Romains l'appelèrent an tràne. Persuadé de cette vérité si importante, dont le sage Plnlarqne fit depuis sa maxime favorite : • qu'il serait plus facile de balir une maison en l'air que de fonder une société sans religion , > il tourna tontes ses pensées vers le culte des dieux. Pour donner plus d'autorité i •es institutions , il feignit d'avoir des entretiens secrets avec une nymphe, nommée Egérie , qu'il allait consulter dans un bois solitaire , an bord d'une fontaine.

Pour rendre les promesses sacrées, le pieux roi érigea no anfel à la Bonne -Foi. Il institua aussi les fêtes du dieu Terme , protecteur des limites. Mais, de tontes les institutions religieuses que les Romains attribuaient à Numa , la plus célèbre fut celle des vestales , qui existait déjà ches les Sabins , et qu'il importa dans Rome. Les vestales étaient des vierges chargées d'entretenir le feu sacré sur l'autel de Vesta. Biles faisaient vœu de chasteté, et celle qui était convaincue d'infidélité, ou qui laissait éteindre le feu de la déesse , était enterrée vive. Ces prétresses, en revanche, avaient de grands privilèges. On les respectait infiniment ; leur présence seule suffisait pour sauver la vie au criminel qu'elles rencontraient par hasard sur le chemin du supplice. L'ordre des vestales subsista jusqu'aux derniers temps du paganisme.

Nunu fonda encore le temple de Janns, dont les portes redoutables devaient être ouvertes pendant la guerre et fermées pendant la paix. Ces portes ne roulèrent pas souvent sur leurs gonds , car le temple ne fut fermé qne deux fois dans l'espace de donxe siècles. La durée de l'année, fixée par Romains , était seulement de dix mois ; Numa y substitua l'année lunaire de douse mois : division encore imparfaite, qui fut en osage jusqu'à la réforme introduite par J. César (l'an 46 av. J.-C), laquelle à son tour fut remplacée définitivement en 1582 par le calendrier grégorien.

Le famenx combat des trois Horaces et des trois Cnriaces marqua le règne de TuUus Hostilius , successeur de Numa. La destruction d'Albe en fut le résultat Par la ruine de cette ville , Tnllns Hostilius jeta les fondements de la domination de Rome sur le Latium ; car jusqu'alors Albe avait été regardée conune la métropole des cités latines.

Ancus Martius, quatrième roi de Rome, fit avec succès la guerre aux peuples du Latium et recula jusqu'à la mer les bornes de ses États. Il agrandit et embellit Rome, et creusa le port d'Ostie.

Tarquin , surnommé l'Ancien , se fit élire roi , an préjudice des enfuits d' Ancus. De grandes constructions se rattachent au nom de ce prince. Les Romains lui attribuaient, entre autres, ces égouts gigantesques qui subsistent encore aujourd'hui. Il jeta les fondements du Capitole sur le mont Tarpéien. Ce temple , dédié à Jupiter et dont le nom est demeuré si célèbre , fut ainsi nommé , ditH>n, d'une tête sanglante (eaput) qu'on trouva en crensant la colline. Tarquin passait aussi pour avoir le premier fait mareher devant lui des gardes appelés lieiemn, qui portaient sur l'épaale des faisceaux de verges du milieu desquels sortait une hache : symbole de l'union et de la force.

Ce prince, d'origine étrusque, introduisit dans Rome l'ordre sacerdotal des augura , dont fa fonction était de prédire l'avenir d'après le vol , le chant on l'appétit des oiseanx. Ces prêtres formaient un collège qui jouit longtemps d'une grande considération, et dans lequel on

n'admettait qne les premiers personnages de FEtaL Vcn la fin de la république, ce genre de divination tomht utnrellement dans le discrédit Geéron ne ooncevtit psi comment deux augures pouvaient se regarder sans rire.

Servius TuUius, fils d'une esclave, plut à Taaaqail. femme de Tarqnin-l' Ancien , et , par les soins de cette princesse , devint le gendre , puis le succeaseor de ce prince. Il donna un coin à la monnaie de Rome , qti porta d'abord l'image d'une brebis ; d'où loi vint le non de peeunia : de peeui , bétail.

Ce prince avait, pour son malheur, donné n fille Tullie en mariage à Tarquin-le-Snperbe , petil-fiU de Tarqnin-l* Ancien. Le jeune Tarquin, impatient de régner, fit assassiner son beau-père , et lui succéda. De son côte. Tullie, loin d'être révoltée d*an attentat si horrible, lit passer son char sur le corps de son père encore saogiaat et étendu dans la me : c'était la nu C^/priauu^ qui porta jusqu'au temps des empereun le nom de rmt SeéUnu,

Tarquin -le-Superbe , comme l'indique son nom, goeverna despotiquement et se rendit également redoalablr aux patriciens et aux plébéiens. Il fut , du reste , gacrrier actif et politique habile. Il acheva le Capitole, et y déposa ces fameux /trrea iibfflUmt, dont le mystère n'a pu encore été éclairei. Une femme (c'était, dit-on, lasbylle de Cumes ) se présenta on jour devant Tarqnio af ac neuf volumes dont elle demandait une grosse «mat d'argent Sur le refus du roi de les payer si cher, eSe en brûla trois et demanda ponr les six antres le prix qn'efl^ avait demandé ponr les neuf. Tarqnin refuse, elle es hnk encore trois et demande tonjonn le même prix. Frappe de Tinaiatance de cette femme , le roi céda : «près quoi ék disparut Tarqnin déposa donc ces-livres mystérirâi êiai le temple de Jupiter, et en confia la garde à deux prftrei. nommés dmimvirt , dont le nombre fut depuis porte i quinte (quùuUeemmrt), On les consultait dans lesoccisions importantes , et on y trouvait toujours, dit-oo , d'stiles révélations. Ces livres périrent dans un inceoêie di Capitole au temps de Sylla ; mais le sénat , qui y teatit. envoya aussitôt dans les villes de l'Italie et de la Gn» ponr recueillir les prédictions des sibylles qu'on poomii y trouver , et on en fit un nouveau recueil , qui ht Mit en 399 par Stilicon , général d'Honorina.

La puiasance de Tarqnin semblait solidement affenue un seul jour, un moment suffit pour le précipiter di trône et exterminer pour jamais de Rome lui , » race et la royauté. Le jeune Sextus, son fils, avait conçu lar passion riolente ponr une dame romaine , nomiii^ ^*crèee , femme de Collatin , parent du roi. Bfapot pa triompher de sa vertu par la séduction , il est ntaan ■ la violence. Il s'introduisit donc furtivement dans Iseb» bre de Lucrèce, et la menaça de la tuer, et aiac f^ Teaclave qui le auivait, lui faisant entendre que le tr davre de ce malheureux , placé auprès dn sien daaf ' même lit , ferait croire que leur mort commune arait i» le châtiment de leur adultère. Lucrèce sacrifia sa pedeff à sa renommée, et Sextna, après avoir satisfait as» éeàn, la laissa dans l'amertume de la pins vive douleur. Locrio raconta son outrage à son mari, à aa Camille et à tes aw« et, après leur avoir fait promettre de tirer i

cet attentat à la sainteté du mariage , elle s'enfoeça ni poignard dans le cœur. Mareus Jnnios Brmtut , doot W père et le frère avaient été assassinés par Tarqaia-I^^*' perbe , et qui jusque-là avait contrefait Tiiisefise pes' échapper à l'humeur ombrsgense du tyran , amchi ^ poignard dn aein de Lucrèce , et jura sur colle ar« sanglante une haine éternelle à la royauté. Les aasiit»^* le sénat, le peuple , suivirent son exemple. On peMOir^ Tarquin et sa postérité ; on dévoua aax dienx ioferaffi quiconque tenterait de rétablir les D'is, et legoiveroement républicain fut snbstitoé an i ^^

chique. La royauté avait duré S44 a

HISTOIRE ROMAINE

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