‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 131 sur 291 · DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉPOQUE

JmiuM Brulms et Collatin^ premten contuU (509). — L'aatorité exercée josqa'alors par les rois passa entre les maioB de denx magistrats annuels , appelés consals , qui eotnieot en charge an I^ janirier et donnaient leur nom i luDée. Bmtus et Collatin furent les deux premiers coDsali; mais le nouveau gouvernement, dont ils étaient /es toleurs , n*avait rien changé au sort des plébéiens, .^ossi longtemps, que Tarquin vécut et parut menaçant poor Rome , Faristocratie les ménagea ; après sa mort , elle abasa tellement de ses privilèges, que le peuple poussé i bout sortit de Rome et se relira sur le mont Sacré dans l'intention de former une nouvelle cité. Ce fut dans cette occasion que Ménénius Agrippa, chargé par le sénat de transiger avec les rebelles , leur conta Tapologne des membres révoltés contre l'estomac. Il leur fit croire par là que les nobles , bien qu'ils ne parussent pas travailler comme le peuple, lui étaient aussi nécessaires que l'estomac l'est aux membres. Le peuple conlentit à rentrer, mais à condition qu*on lui donnerait des magistrats spéciaux pour le protéger (494).

Ces magistrats furent les tribuns du peuple , dont Tinititution suscita dans Rome une puissance jusqu'alors iocoonne. Us étaient inviolables et sacrés, et ils avaient >ntre autres droits celui d'opposer leur veto k tout acte {oi leur semblait inique ou funeste. En peu de temps U arrachèrent aux patriciens tous leurs privilèges et con- (oirent l'admission du peuple à toutes les charges sans m excepter le consulat. Le prestige de leur pouvoir était i grand que , même sous les empereurs , la puissance ribanitienne devint inséparable de la puissance impéiale, à cause de son inviolabilité.

L'exil de Coriolan fut le premier échec que les tribuns rent éprouver à l'aristocratie. Ni son génie , ni le soufoir de sas services ne purent prévaloir contre la force ont les conventions du mont Sacre avaient armé le pente. Il avait juré la ruine du tribunat : les tribuns le soralèrent de comparaître devant eux et le firent condamner un bannissement perpétuel. L'histoire de ce superbe itricien forme une des grandes pages des annales ro» aines. Vaincu mais implacable, et ne respirant qne la engeance, il s'était retiré chei les Volsques et leur avait it prendre les armes contre sa patrie. U était entré en enmi snr le territoire romain et répandait partent la teror. Déjà il était aux portes de Rome et s'apprêtait à ssiéger : la ville consternée lui envoie plusieurs ambasles poor loi demander la paix ; mais ni les sénateurs , les prêtres, qui vinrent le supplier, ne peuvent le fléfr. Dans cette extrémité , Vélurie , sa mère , et Volulie, son épouse, accompagnées de toutes les dames roiines, se présentent devant lui. Attendri par des larmes itre lesquelles le cœur de l'homme est sans force, Colan consent à lever le siège. U périt, dit-on, assassiné • les Volsques.

Cependant les Romains n*avaient point encore de lois ites. Les patriciens seuls décidaient les contestations îles : 1p8 plébéiens demandèrent un code. On choisit et effet des patriciens au nombre de dix (d'où leur n de décemvirs). On suspendit même en les créant tes les autres magistratures pour une année , et on r conféra un pouvoir absolu. Les décemvirs rédigè- ( d'abord leurs lois sous dix titres, et les firent graver dix tables d'airain. Mais ces lois étalent insuffisantes, pour les compléter, on élut encore l'année suivante noureaux décemvirs; ceux-ci ajoutèrent deux noues tables aux précédentes : ce qui fit appeler le code er loÎM deê Douze Tables. Mais pendant cette seconde ce ces magistrats abusèrent de l'autorité temporaire leur avait été confiée. Encouragés par l'audace d'At CfaadiiUi ils gardèrent même le pouvoir au delà du

terme prescrit. La liberté devait encore être payée du sang d*one femme. La mort tragique de la jeune Virginie, qne son père immola pour la soustraire a la passion brutale d' Appius Claudius , souleva le peuple et l'armée , le décemvirat fut aboli et l'ancien gouvernement rétabli (449).

U est presque inutile de faire remarquer qne sous les consuls , comme sons les rois , les Romains furent toujours en guerre avec leurs voisins. Leurs conquêtes dans le nord de l'Italie les mirent aux prises avec les Gaulois, qui, sous la conduite de Brennus, prirent et incendièrent Rome. Manlius Capitolinns et Camille furent les sauveurs de leur patrie dans celte conjoncture. Les Romains eurent surtout à soutenir contre les Samuites une lutte longue et acharnée : c'est l'époque héroïque de la république. Cette guerre, qui dura 75 ans, fut marquée par vingiquatre triomphes, et fit passer les Romains de la possession d'un territoire à peine plus étendu que celui des anciens rois d'Albe à la domination paisible de toute l'Italie du centre et du midi. De proche en proche , les Romains finirent par se rencontrer avec les Carthaginois et commencèrent cette longue lutte connue sous le nom guerres puniques.

Carthage. — Carthage fut bâtie , vers le 9* siècle avant J. -C. , sur la côte orientale de la Barbarie actuelle, au fond d'un petit golfe auquel Tunis a depuis donné son nom. Elle devait sa naissance à une colonie de Phéniciens conduite par Didon , princesse de Tyr , que des malheurs domestiques avaient forcée de s'expatrier. Deux rois , nommés sujites^ et un sénat la gouvernaient Elle s'était enrichie de bonne heure par le commerce : ses hardis navigateurs avaient pénétré dans l'Océan par delà les colonnes d'Hercule jusqu'aux lies Fortunées (aujourd'hui les Canaries) vers l'ouest et jusque dans la mer d'Irlande vers le nord. En Afrique, elle avait conquis un vaste territoire dans les États actuels de Tunis et de Tri jk)Ii. La Corse, la Sardaigne, une grande partie de l'Espagne et de la Sicile lui étaient soumises. Elle était, en un mot, la maîtresse des mers au moment où Rome achevait la conquête de l'Italie.

La Sicile, si opulente et si voisine, ne pouvait man* quer d'exciter l'ambition des Romains. Une occasion se présenta bientôt d'y porter leurs armes. Les habitants de Messine étaient assiégés par les Carthaginois. Us appelèrent les Romains à leur^ secours : de là les guerres puniques.

Première guerre punique (264-241). — Les Romains furent maîtres d'abord dans nn combat qu'ils ne connaissaient pas , et le consul Duillius, qui donna la première bataille navale , la gagna. Les vainqueurs poursuivirent leurs avantages dans la nouvelle carrière qu'ils s'étaient ouverte. La soumission de presque tonte la Sicile carthaginoise, la conquête de la Corse et de la Sardaigne leur donnèrent l'idée de passer en Afrique. Souvent vaincus faute de marine, ils ne se lassèrent pas ; et, après 23 ans de guerre , Carthage épuisée demanda la paix. Elle ne l'obtint qu'en abandonnant toutes les ties situées entre l'Italie et l'Afrique, et en payant un tribut pendant 20 ans.

Deuribne guerre punique (2 1 8-203). — Les Carthaginois cherchèrent dans la conquête de l'Espagne nne compensation à leurs pertes. AÏinibal , à qui son père avait fait jurer, dès son enfance, une haine implacable aux Romains , ralluma la guerre avec eux en prenant et saccageant , au milieu de la paix et contre la foi des traités , la ville de Sagonte, leur alliée. Pensant qu'on ne pouvait vaincre les Romains «que dans Rome , il quitta l'Espagne , traversa les Gaules, franchit le Rhône et les Alpes et envahit l'Italie , où il marcha d'abord de succès en succès. Il remporta sur trois consuls les trois grandes victoires du Tésin, de la Trébie et de Trasimène, et, pénétrant

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joiqu'an foad de UPéniniale, batUi complètement lee Romains à la famenae bataille de Cannes. S'il eût marché droit à Rome après cette victoire , peut-être s'en fât-il rendn mattre; mais il se retira à Gapooe, attendant de Carthage de l'argent et des renforts qa'il n'obtenait qu'avec peine : ses délais laissèrent aux Romains le temps de reprendre courage. Pour l'arracher de l'Italie, Scipion porta la guerre en Afrique. Les deui grands capitaines se rencontrèrent aux champs de Zawui, Annibal fut vaincu , et sa défaite mit fin à la seconde guerre punique. Carthage demanda la paix , et ne la reçut qu'à des conditions qui présageaient sa ruine prochaine. La victoire de Zama valut à Scipion les honneurs du triomphe et le surnom d'Africain. Carthage vaincue , Rome était désormais la première^ puissance de l'univers.

Guerrei de Maeidoiru et d'Asie (2U). — Cependant les divers Etats qui s'étaient élevés dans la Grèce et dans l'Orient sur les débris du vaste empire d'Alexandre paraissaient encore éloignés du moment où ils devaient recevoir la loi des Romains ; mais la division qui les travaillait hâta leur ruine. Philippe, roi de Macédoine, s'était ligué avec Annibal, qui, depuis la bataille de Zama, cherchait partout des ennemis au nom romain; les Romains lui déclarèrent la guerre et le battirent à Cynoscéphale. La même année (196), Plamininus proclama , aux jeux isthmiqnes , la liberté de la Grèce. Cette déclaration perfide , qui inspira aux Grecs une stnpide joie , fit passer des rois de Macédoine aux Romains la domination de la Grèce. Les Romains , fidèles à la même politique, étendirent à l'Asie-Mineure la liberté apparente qu'ils avaient accordée aux Grecs. Antiochus-le- Grand , roi de Syrie , s'opposa à leurs projets et leur fit la guerre ; mais il ne suivit pas les conseils d* Annibal , qui Ty avait poussé. Battu sur terre et sur mer, il reçut la loi que lui imposèrent les vainqueurs. Annibal, réfugié ches Prusias , roi de Bithynie , échappa aux Romains par le poison. Cependant Persée , qui avait hérité de la haine de son père contre les Romains, essaya de rétablir l'ancienne influence de la Macédoine dans la Grèce. La guerre lui fut déclarée , et la victoire de Pydna , gagnée par Paul-Ennle , le livra lui et son royaume aux'Romains. Le reste de la Grèce éprouva bientêt le sort de la Macédoine. Mnmmius détruisit Corinlhe , et la Grèce devint une province romaine sous le nom d'Achaïe (146).

Troitièmt guerre punique (H9). — De son eôté , Carthage ne survécut pas longtemps À Annibal. Caton le censeur, qui ne prononçait aucun discours sans ajouter en terminant : De plut^ je pente qu'il faut détruire Car^ ikage; Calon l'emporta à la fin dans le sénat, et les Romains , sous le prétexte le plus frivole , commencèrent la troisième et dernière guerre punique.

Les Carthaginois, voyant qu'ils n'avaient plus rien À espérer de leurs ennemis , résolurent de s'ensevelir sous les ruines de leur ville. Avant d'en former le siège , les consuls romains eurent recours à deux cérémonies formidables : l'évocation des divinités tutélaires de cette ville et le dévouement de la patrie d' Annibal aux dieux infernaux.

• Dieu ou déesse , qui protèges le peuple et la république de Carthage ; génie À qui la défense de cette ville est confiée : abandonnes vos anciennes demeures ; venes habiter nos temples. Puissent Rome et nos sacrifices vous être plus agréables que la ville et les sacrifices des Carthaginois! *

Passant ensuite è la formule de dévouement : o Dieu Pluton, Jupiter malfaisant, dieux mânes, frappes de terreur la ville de Carthage ; entraînes ses habitants aux enfers. Je vous dévoue la tête des ennemis , leurs biens, leurs villes, leurs campagnes : remplisses mes vœux, et je vous immolerai trois brebis noires. Terre, "^re des hommes, et vous, Jupiter, je vous atteste. •

Cependant les Romains forent d'abord vigueur. Le génie d'Annibal s'était réveillé dans la vifie assiégée. Los femmes coupèrent leurs cheveux ; elles m firent des cordes pour les arcs et pour les nadÛMi et guerre. Trois fois Tannée romaine courut risque d'Mit exterminée. Mais le nom de Scipion devait être une wtcoude fois fatal à Carthage. Le fils de Pad-Kmik, Scipion K milieu, qu'avait adopté un fils de TAfriesiD, fst nommé consul et chargé de conlinner le siègt. Aprci su résistance désespérée, les Carthaginois mirent le fcit leur ville et se précipitèrent an milieu des flam». L'embrasement dura dix-sept jonrs entien. A la vue ée cette épouvantable catastrophe, Scipion Ini-méaie ne fû s'empêcher de verser des pleurs ; il aongsa aux vicintndes des empires, et prononça oes vers d'Homère n la appliquant aux deslinèBS futures de Rome : « Un teept viendra où l'on verra périr , et les sacrés murs d^Ilise , d le belliqueux Priam , et tout son peuple. • Le nxu« de teeond Africain fut la récompense du vainqueur.

Ruine de Numanee, — Vint ensuite le loor de fEsp gne. Depuis plus de 60 ans que les Romains en atiiist chassé les Carthaginois , ils n'en étaient pus pour ecbis maîtres paisibles. Scipion Kmilien fut chargé de détniiv Numanee après Carthage , et la ruine de cette viQe (lU) soumit aux Romains toute l'Espagne , i TexccptioB te Vascons et des Astnres , qui ne subirent le jong qieMi Auguste.

Commencement de» troublée eivib. — Ainsi Rome chait À la conquête du monde entier; mais tonte p«sance porte en soi le principe de sa des traction , et cdi même Rome , si puissante au ddiors , était au deto divisée contre elle-même : la lutte des plébéieni e( ài patriciens s'était ranimée avec plus de foreur qos ji^ mais. Les plébéiens étaient parvenus, il est vrai, i pi> tager avec les patriciens Ions les droits civils et fdSk' ques ; mais une autre aristocTitie avait remplacé le pitriciat ancien : c'était Taristoeratie des ricbeasn. lu nobles , en effet, s'étaient emparés de toates lei lemi conquises, qui successivement avaient été réunies sa 4»> maine public. Ils les possédaient , non comme pnpnàr j)rivée, mais par simple concession et à conditioe d*! redevance. Cette redevance était bien faible relatinairi aux fruits qu'ils en tiraient ; et de cette munîère ili i^ taient rendus les maîtres de toutes les richesses de li iv publique. Si l'on ajoute à cela qu'ils faisaient cakiiu leurs terres, non par des hommes libres mab par d» » claves, on aura une idée du sort des plébéiens à Téfiofi où nous sommes arrivés. Cet état de choaea était niait rable et suscita ces discordes sanglantes q«i ne isâm qu'avec la république, et dans lesqnelies Tibériss Gw chus et son frère Cams succombèrent et perdirent It ni (133-122).

Les Graeques, — Les Gracqnes, ainsi qu'on appdk ces deux célèbres tribuns, essayèrent de reuîédier i Tisà galité des fortunes en proposant la Im ofrmrt. Il s'agissait que d'accorder anx citoyens pauvres use |ff dans les terres conquises , et non de diviser égileais entre tons les citoyens le tenritoire entier , tomm I voudraient quelques novateurs modenies. Cette loi, f était juste et raisonnable, rencontra néanmoins une iv lente opposition dans les patriciens.

Tibérius et Caîus périrent victimes de leur sèU p^ la cause populaire , et pour la première fois la gwn civile ensanglanta Rome. Ces deux tribnns furent k hommes les plus purs du parti démocratiqne. Après #< la cause du peuple ne fut plus qu'un prétexte csbv ^ mains des ambitieux qui disputaient le pouvoir aa «si et aux patriciens De ce dombre fut Cttns Msrius, se signala d'abord dans la guerre eimtre Jqgnths.

Guerre contre Jugurtha (111). — Midpsa, roi é Nnmidie et allié des Romains, avait knasé en msaru

HISTOIRE ROMAINE

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leui fils , Hiempial et Adherbal , mus la (ulelle de son lefeo Jngortha. Celui-ci ustssina Hiempsal, et Adherbal l'adressa en vain à Rome poor demander justice. Bien- 6( il périt lui-même comme son frère ; et Rome déclara tofin une guerre tardive à Jugurtha. Mais l'or du roi de (omidie désarmait presque tous les généranx romains pi'on envoyait contre lui. Le consul Métellns fut le seul [ue la corruption ne put atteindre. Après deux années de iombats, il allait terminer la conquête de toute la Nu- DÎdie, lorsqu'il se vit supplanté dans le commandement w ton lieutenant C. Marins , que la faction populaire enait d'élever an consulat Né à Arpinnm , de parents ttavres, Marius avait fait ses preyiières armes sous Sci- )iûD Emilien. Nommé tribun , il s'était rendu populaire Mr sa haine contre l'aristocratie. Lieutenant de Mélelos , c'était en décriant son général qu'il s'était fait des Mrtisans dans l'armée, et sa popularité lui avait conquis ei f affrages dans Rome. Son élévation au consulat abatil la puissance de l'aristocratie et fut presque nue révo- Hlion. D'abord c'était la première fois qu'un homme fuoe aussi basse extraction se frayait un chemin À la dipiité consulaire; en second lieu, la manière inusitée dont llarius se composa une armée, en enrôlant uniquement des lommes dn peuple , porta un coup terrible à la constitnioD aristocratique de l'Etat, «fondée, dit Montesquieu, sur le principe que œux-li seuls devaient être soldats qui valent asses de bien pour répondre de leur conduite k I république. • Toutefois, si Marius avait montré le aractère le plus odieux A l'égard de Métellns, il déploya ootre Jngortha les talents d'un grand capitaine. Habileneot secondé par son questeur Lucius Cornélius Sylla , I remporta de grands avantages sur le roi de Numidie. «a guerre néanmoins ne finit que par trahison. Négociaeor adroit, Sylla sut détacher de l'alliance de Jugurtha , iocchus, rbi de Mauritanie et gendre de ce prince. Bochoi livra son beau-père , et ce fut ainsi que Sylla ravit adireclement & Marius la gloire d'achever la guerre de liomidie. De \k naquit la haine qui éclata entre ces deux lommes , dont le souvenir est demeuré terrible.

Les Cimbr€i et Us Teutons, — Bientôt une guerre louvelle et deux grandes victoires rehaussèrent l'éclat du tom de Marius. Les Cimbres et les Teutons , peuples [ermaniqnea des bords de la Baltique et précurseurs de «s grandes invasions qui devaient un jour changer la ace du monde romain , avaient quitté leurs foyers. Ils 'étaient jetés sur la Gaule, et, après avoir repoussé plu- Jean légions romaines, ils s'étaient séparés. Les Cimbres tvaieot pris le chemin de l'Helvétie pour passer en I taie; les Tenions se proposaient de franchir les Alpes oaritimes. Marins les défit successivement dans deux [raodes batailles , les Tentons près d'Aix en Provence , es Cimbres à Verceil près dn Pô. La république, sauvée la plus pressant danger qu'elle eût couru depuis longemps , honora son libérateur du titre de troisième fouiatenr de Rome. Camille, le vainqueur des Gaulois, ivait déjà mérité ce surnom.

Cependant le patricien Sylla grandissait de plus en (lus À côté de Marins. Il blessait depuis longtemps l'or- [ueil dn farouche plébéien en s'attribnant exclusivement a prise de Jugurtha et l'honneur d'avoir terminé la guerre le Numidie. L'anneau qui servait de cachet i Sylla était nrmonté d'une pierre qui représentait le prince numide Qcbainé et livré entre ses mains par le roi de Mauritanie, locchns aigrit surtout le courroux de Marius en envoyant • Rome, pour le temple de Jupiter, un groupe d'images l'or qui consacraient cet événement. Dès cet instant Mains , fnrieux , rompit ouvertement avec Sylla et jura sa «rte. La guerre sociale retarda un instant les effets l'une haine qui devait plonger la république dans toutes es borrenra de la guerre civile et de la tyrannie.

Gurrre sociale ou des alliés (01 ). — Lps Romains n'a-

vaient que très-rarement accordé, en tout on en partie, le droit de cité aux Italiens , qui , sans jouir par conséquent des privilèges des citojens romains , étaient cependant tenus aux mêmes charges en qualité d'alliés. Ceuxci , pnofitant des dissensions intérieures de la république et se fondant sur les promesses des Gracques , envoyèrent au sénat une députation chargée de revendiquer l'exécution de ces promesses. Leur demande fut rejetée avec mépris , et même le tribun Drusus , qui avait soutenu leurs prétentions , fut auassiné publiquement par les patriciens. Alors les Italiens, poussés à bout, prirent les armes. Rome éprouva de nombreux revers , et transigea avec ses alliés après deux années de guerre, en accordant le droit de cité, d'abord à tons ceux qui n'avaient pas pris part à l'insurrection , ensuite peu à peu à tous les autres.

Rivalité ds Marius et ds Sylla. — Pendant la guerx« sociale , la haine que se portaient Marius et Sylla avait pris un accroissement d'autant plus grand que ce dernier avait acquis durant cette lutte un nouveau degré de considération ; il ne fallait qu'une occasion pour allumer entre eux la guerre civile, et cette occasion naquit de la guerre contre Milhridate, roi de Pont. Ce prince, l'en» nemi le plus irréconciliable que la république ait eu de* puis Annibal , s'était emparé des conquêtes des Romains dans l'Asie-Minenre, et avait envoyé une armée en Grèce. Le sénat lui opposa Sylla; Marius, jaloux de la préfé* rence accordée k son rival , se fit déférer le commandement par le peuple. Sylla m vit contraint de chercher un refuge auprès de son armée ; mais bientôt il revint i Rome, et proscrivit Marius et tous ses partisans. Le vainqueur des Cimbres et des Tentons , réduit k fuir et poursuivi par les soldats de Sylla , fut obligé de se cacher dans les marais de Minturnes. Découvert dans sa retraite, il fut jeté dans les prisons de la ville. Un esdave cimbre avait été envoyé pour le tuer ; Marins, le voyant approcher, lui cria : « Oseras-tu bien tuer Caîns Marins? « A ces mots , accompagnés d'un regard terrible , l'esclave , effrayé, laissa tomber son glaive et s'enfuit Marius, rendu à la liberté , passa en Afrique , où il erra quelque temps dans les environs du lieu oii fut Carthage. Là il reçnt quelques consolations à la vue des ruines d'une ville autrefois si redoutée , qui avait éprouvé comme lui les plus cruelles vicissitudes de la fortune ; mais bientôt il fut encore contraint de quitter cette triste retraite. Le messager qui lui en apporta l'ordre lui ayant demandé une réponse : • Tu répondras , lui dit-il , a celui qui l'a envoyé que tu as vu Caïus Marius , banni et fugitif , auis sur les ruines de Carthage. - II se retira dans une ile voisine de la côte , attendant tout du temps et de sa fortune.

Cependant Sylla , pressé d'aller combattre Mithridate , avait quitté Rome. A peine est-il parti , que le parti populaire reprend le dessus et rappelle Marius. Celui - ci rentra dans Rome comme dans une ville prise d'assaut : des ruisseaux de sang coulèrent autour de lui ; on tua sans pitié tons cenx qui venaient le saluer et à qui il ne rendait pas le salut Tel était le signal dont il éUit convenu. Il fut nommé consul pour la septième fois ; mais il ne jouit pas longtemps de cet honneur : au bout de quinse ou seize jours , il mourut d'un excès de vin , quoiqu'il fût ordinairement sobre. Mais alors' il cherchait sans doute à s'étourdir sur les inquiétudes que lui causait la crainte dn retour de Sylla , dont la vengeance ne pouvait être que terrible.

Sylla, en effet, après forcé Mithridate à demander la paix, laissa incomplète la mine de ce prince, afin d'aller à Rome se venger de ses ennemis. Il y surpassa les cruautés de Marius. Il noya l'Italie dans le sang, et, sous le titre de dictateur perpétuel, exerça un pouvoir absolu. Comme chef du parti aristocratique , il affaiblit la démocratie par tous les moyens ; puis , lorsqu'il ne vit plus

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autoor de lui qoe des esclavM coorbés loat la terreur, il abdiqua la dictature (79) et rentra dans la vie privée •ans que peftonoe otat lui demander compte de tout le . sang quil avait verte. 11 se retira dans une maison de campagne i Poosioles, où tonte sa compagnie se composait d'ivrognes et de courtisanes. Les excès auxquefs il se livra Ini causèrent bientôt une maladie qui précipita ses jours. Il se forma dans ses entrailles un abcès d'où s'exhalait une puanteur horrible ; il naissait de ses chairs une si grande quantité de vermine qu il ne fut pas possible de le défendre contre les insectes qui le dévoraient : on eût dit autant de bourreaux qui vengeaient la mort d'un nombre presque infini d'hommes, tant citoyens qu'étrangers, qu'il avait fait périr de la manière la plus cruelle. Il mourut l'an 78 av. J.-C, à l'âge de 60 ans, an milieu des douleurs les plus affreuses. « Il fnt, dit Cicéron, un maître consommé dans trois vices : la débaucbe, l'avidité et la cruauté. • Sylla avait réussi dans toutes ses entreprises : aussi avait-il pris lui-même le surnom d'heureux, La grande pensée de sa vie avait été d'anéantir le pouvoir du peuple et de rétablir l'aristocratie dans ses anciens droits ; mais son ouvrage lui survécut peu.

SertoriuM. '-^Spartoeue. — Pompée. — Tous les partisans de la démocratie n'avaient pas succombé dans les proscriptions de Sylla. Sertorius , ancien compagnon de Marins, s'était retiré en Espagne, on il s'était rendu indépendant et avait réuni à son parti les peuples de la Péninsule, surtout les Lusitaniens. Il avait formé autour de lui comme une nouvelle Rome. Pompée , dont la renommée était déjà grande , f«t envoyé contre Sertorius , mais ses succès ne répondirent pas à ce qu'on attendait de Ini ; et , sans l'assassinat du général plébéien , dont il n'avait pas en honte de mettre la tête à prix , de rudes combats menaçaient les armées du sénat.

Presque vers la même époque , l'Italie était devenue le théâtre d'une lutte sanglante : la guerre des eeelavet. C'était pour la troisième fois qu'ils se soulevaient Un sentiment confus des droits naturels de l'homme avait poussé ces malheureux & la révolte. Spartacns , esclave lui-même et fameux gladiateur, s'était mis à leur tête. II défit À plusieurs reprises les légions romaines. Pour donner une leçon à ses anciens matlres, il forçait les prisonniers romains à combattre devant lui comme gladiateurs. Il leur apprenait ainsi que s'ils se jouaient du sang des hommes, ils pouvaient être exposés À leur tour à un semblable traitement Cependant Crassus , plus heureux que ses prédécesseurs, finit par vaincre Spartacns, qui périt comme il avait vécu, c'est-À-dire avec un courage digne d'un meilleur sort Pompée acheva l'œuvre de Crassus en écrasant les restes de l'armée de Spartacns , et recueillit toute la gloire de cette guerre.

L'ambition de ce capitaine grandissait avec sa renommée ; et comme il sentait qn'on ne peut arriver au pouvoir sans être soulevé par le flot populaire , il abandonna le parti du sénat et se fit l'homme du peuple. Nommé consul, il abolit la plupart des lois de Sylla et rendit aux tribuns leur ancien pouvoir. Devenu ainsi l'idole des plébéiens, il fut revêtu d'un pouvoir presque dictatorial. De nouveaux triomphes vinrent encore augmenter le prestige de son nom. Des milliers de pirates infestaient les mers et enlevaient tont^ sécurité au commerce : Pompée les défit en quarante jours. Chargé ensuite de remplacer Lucullus et d'en finir avec Mithridate , il délivra les Romains de ce redoutable ennemi. Dans cette expédition , il réduisit la Syrie et une grande partie de l'Asie en provinces romaines. De retour À Rome, il triompha pendant trois jours avec une magnificence qui le flatta moins pourtant que les acclamations de la multitude. Ce fut là le piège où tomba son ambition. Cette popularité sur laquelle il croyait pouvoir faire fond, devait bientôt tourner à sa perle. César, de son côté, commençait aussi à flatter

la multitude, et c'est ce qui explique ponrqooi ee mèoe Pompée se retrouve plus tard à la tête du parti du kdiI et succombe dans les rangs des patriciens dans sa lotte contre son rival.

Catilina. — Cicéron. — Dans le même temps que Rooe portait ses armes victorieuses jusqu'aux extrémité» éa monde , elle était menacée dans ses propres murs in ennemi plus dangereux que ceux qu'elle avait en i coabattre au dehors. Un patricien , Catilina , homme duo esprit supérieur, mais qui avait mené une vie aussi io.morale que celle de tous les jeunes Romains de cette époque, forma le projet de tout renverser. Son parti avait en apparence un but populaire. Un plébei«n ^ naissance, mais aristcfcrate de génie, Cicéron, déccavrit la conspiration de Catilina (63). Rome dut son alut au lèle et à l'éloquence de ce grand homme ; elle le. décerna les titres les plus glorieux , ceux de père et de sauveur de la patrie. Quoique Cicéron fût extrémemect sensible k la gloire , il ne voulait la mériter que pr U vertu. Il appartenait; comme Caton d'Utique, à ce pir;. qui ne triomphe jamais dans les révolutions, parce qvi) s'arrête devant le crime. Les adorateurs du succès, {ut de comprendre le noble embarras de ces hommes, les accusent de versatilité , d'indécision ou de lâcheté . tudis qu'ils devraient au contraire les regarder comme Iti plus conséquents, les pins fermes et les plus coon$(eaL

Premier triumvirat. — Guerre civile. — B^tmiiUdf Phareale. — Trois hommes se disputaient alors U pcfc larité : Pompée , César et le riche Crassus. Attol ^ s'entre-détruire , ils se partagèrent la puissance et fermèrent ce qu'on appelle U premier triumvirat Toos l'^ trois jurèrent de se servir mutuellement Julie , fille de César, que Pompée épousa , fnt le lien de cette uain'. César eut le commandement des Ganles ; Crassas ounfi en Syrie contre les Parthes, mais il y fnt tué ; Pompet resta à Rome et fut entièrement maître dn sénat Cehici, après la mort de Crassus et surtout de sa femme Jobe ne tarda pas à s'apercevoir qu'il s'était donné un m^'^ dans la personne de César. C'est alors qu'il opéra u nconciliation avec le^ sénat. Appuyé sur les patricien*, m Caton, sur Cicéron , il exerçait un pouvoir presque ésoin à Rome ; et il sentait que pour se maintenir sa pRmier rang, il fallait qu'il se débarrassât à tout prix de k? concurrent, qui venait de terminer la guerre des Gaalei Il s'opposa donc à ce que César fût continué pi» lor.:temps dans son gouvernement et fit rendre un décret fle forçait à se démettre de son commandement Anloisr alors tribun du peuple, s'enfuit après avoir forme opf^ sition à ce décret César, qui connaissait la poissecr des mots sur la multitude , commença la guerre sooi >* spécieux prétexte de venger les droits dn tnbnnat, vbb dans la personne d'Antoine. On dit cependant qntrrM aux bords du Rubicon , limite de son gouvememeoi. ^ hésita un instant ; mais l'ambition l'emporta et k fie.ie fut franchi.

Rien n'était prêt pourtant contre un ennemi si ariif *'» si redoutable. Pompée et le sénat s'enfuirent et passem^ en Grèce pour y former une armée. César se rend taii^ de l'Italie en 60 jours , puis il court en Espagne fcamettre une armée pompéienne ; il revient en Ital« . ^ fait nommer dictateur à Rome , et poursuit Pompée a Grèce. Celui-ci avait tout l'avantage, mais la fortaoe U fut contraire. Son armée fut entièremeot mise ea etroute dans les plaines de Pharsale , l'ao 48 at. S-(- Une circonstance, bien légère en apparence, dtôà» icette fameuse bataille, qui, en soumettant la républx)^romaine A César, le rendit maître dn monde entier : rr fnt l'attention qu'il eut de recommander à ees soldaîi è* frapper directement an visage les cavaliers de P(i«(^ qui devaient entamer l'action. Ces jeanet gens , j»!^»» de la beauté de leurs figures, toumkent bride beuiw»

HISTOIRE ROMAINK.

meot Le grand Pompée, alors Ttincu, fugitif, errant an huard, prit enfin le chemin de l'Bgypte , où il espérait trou¥er on asile. Hais les malhenrenz n'ont point d*amii parmi ceux dont ils étaient les égaux on les snpérienrs : il fnt assassiné lâchement par ordre do roi Plolémée, qoi espérait par là se rendre agréable an vainqoeur. César, loin d*applaudir à ce meurtre, pleura sur le sort de son ennemi et lui fit élever un tombeau magnifique. II força Plolémée à se noyer et donna le royaume d'Egypte i la fameuse Cléopâtre , sœur de ce prince , dont les charmes l'avaient séduit II marcha ensuite contre Phamace , fils de If ithridate , qui s*était révolté. Celte victoire lui coula peu. La guerre fut commencée et finie en un jour. C'est ce qu'il exprima par ces trois mots : ^«11, vidi, vici (Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu).

Mort de Coton d'Utique. — Pendant son séjour en Egypte , où on amour imprudent lui avait fait négliger les intérêts , les fils de Pompée, Caton et d'autres républicains avaient ramassé des forces en Afrique , où ils se préparaient à une vigoureuse résistance. César passa la mer et gagna coup sur coup trois batailles. Ce fut alors qoe Caton se donna la mort La liberté de Rome expira en quelque sorte avec ce grand homme , aux pieds de Carthage détruite. Marcus-Porcins Caton, arrière-petitfils de Caton le Censeur, fut sans contredit l'homme le pins vertueux de l'antiquité. II possédait la vertu qui est le fondement de toutes les autres, la haine de l'égoisme. S'il prit parti pour Pompée contre César, c'est qu'il fallait opter et que la victoire de Pompée eût été moins irrémédiable que celle de son rival. Après la bataille de Pbarsale et la campagne d'Afrique, ayant vu l'inutilité de la résistance , il sentit qu'il n'avait plus qu'à mourir. Il s'était enfermé dans l/tique^ qui, depuis la ruine de Carthage, était devenue la capitale de la province d'Afrique. Il apprend que César approche et juge que les dieux se sont retirés. 11 demande son épée, un enfant la lui apporte ; l'intrépide Romain la tire du fourreau , en touche la pointe et dit : • Je suis mon maître ! - 11 aima mieux mourir pour une cause sainte que de vivre sous un homme qui , tout grand qu'il était , avait proclamé en plein sénat qu'après la mort, le crime et la vertu ont une méoie destinée : le néant

César maître de la république, — Sa mort. — Après iToir achevé d'anéantir le parti pompéien en Espagne À a bataille de Mnnda, César revint à Rome et se fit déïemer la dictature perpétuelle avec le titre d'imperator empereur) , qu'on n'accordait qu'aux généraux triom- )b«nts. Mais toute force s'éteint on s'affaisse après l'ac- «mplissementde son œuvre, et César sentait confusément pi'il avait été appelé à détruire et non i réédifier. Il ippartenait, mais sans le comprendre , à l'esprit nourean qui allait renouveler la face du monde. Cependant I était trop grand pour vivre de l'adoration d'un peuple ivili. De grands projets roulaient dans sa tête : il vouait renouveler les conquêtes d'Alexandre et porter ses rmea dans la Haute-Asie ; nuûs il fut arrêté par la mort •ee républicains, qui l'accusaient de vouloir se faire oi, formèrent contre lui une conspiration. Cassius et (ru tas en étaient les chefs : Cassius , qu'un ressentiment art iculier animait contre César; Brutus, stoïcien riide , neveu et gendre de Caton d'Utique. César fut as- 1081 né, en plein sénat, le 15 mars de l'an AA av. J.-G. lais la république ne pouvait plus se rétablir : il fallait D homme qui gouvernât pour tous. La guerre civile alût renaître pour aboutir au même résultat

Secimd triumvirat. — Bataillet de Philippe* et iâc- «se. — Dès que César fnt tombé sans vie aux pieds de i stAtnede Pompée, les meurtrien parcoumrant la file le poignard à la main ; mais le peuple ne témoigna ae de la consternation. Antoine n'eut pas de peine à le ynlever contre eux en lui montrant la robe ensanglantée

du dictateur. Brutoa et Cassius furent obligés de sortir de Rome et se réfugièrent en Grèce.

C'est alon que parut sur la scène un jeune homme de 18 ans. Octave, petit-fils de Julie, sœur de César. Celui-ci l'avait adopté et institué son héritier. Pour réussir, c'est-à-dire pour s'emparer du pouvoir, le rôle d'Octave était de tromper les patriciens et de prévaloir contre Antoine. Il 'flatta donc Cicéron et s'assura d'abord par lui de la majorité du sénat Cependant , comme il s'aperçut bientôt que Cicéron et le sénat voulaient les perdre l'un par Fantre , il se réconcilia avec Antoine , lui donna sa sœur Octavie en mariage, et forma avec loi et Lépide, qui commandait alors dans les Gaules une armée césarienne, ce second triumvirat dont les proscriptions devaient effacer celles de Marius et de Sylla. Cicéron fut du nombre des victimes ; il périt avec l'élite du parti sénatorial , et les triumvirs n'eurent plus d'autres ennemis que Brutus et Cassius.

Ces deux demien représelitants du parti républicain étaient parvenus à rassembler une puissante armée en Grèce. Octave et Antoine , laissant Lépide à Rome pour gouverner, marchèrent contre eux. On en vint aux mains dans les plaines de Philippes en Macédoine (<i8). Brutus et Cassius furent vaincus et se donnèrent la mort Après la victoire les triumvirs se partagèrent le gouvernement de l'empire. Lépide , qui était de sa nature un homme insignifiant , obtint les provinces peu importantes : l'Espagne et la Gaule méridionale ; mais Antoine prit pour lui l'Orient et Octave l'Occident

L'intérêt qui avait uni ces ambitieux ne devait pas tarder à les désunir. Fasciné, comme César, par la beauté de Cléopâtre, reine d'Egypte , Antoine oublia tout pour elle. Cette princesse l'enivra de plaisin, et, dans les délices où elle le plongea , elle obtint de lui ce qu'elle fonlut Octave accusa Antoine de démembrer Fempire au profit d'une étrangère. La guerre était imminente. Antoine lui-même fournit à son rival une occasion de la faire éclater. A l'instigation de Cléopâtre , il avait ren« voyé brutalement sa femme Octavie , sœur de son collègue, qui était venue en conciliatrice ; et bientôt la bataille navale d'Actinm décida du sort du monde (31). Antoine fut vaincu et forcé de fuir avec Cléopâtre. Il s'enferma dans Alexandrie, mais se voyant près de tomber entre les mains de son ennemi, il se donna la mort. Cléopâtre avait un moment conçu l'espoir de faire la conquête d'Octave ; mais , après un essai inutile de ses channes, et pour éviter la honte d'être conduite en triomphe à Rome, elle se fit piquer le sein d'un aspic et mourut Fan 30 av. J.-C. L'Egypte fut réduite en province romaine , et Octave revint à Rome tout-puissant

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