‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 163 sur 291 · MAPPEMONDE · texte numérisé non relu

MAPPEMONDE

VoLEjWtîg^^

^ÔLE AVTAB^'^^^

fci;£ A^l»^^^'^

NOTIOSfS fiénrÉRALIS.

La (erre qae noos habitoni est oo point imperceptible an milieu de ce qu'on nomme Yuniver». Elle n'en est pas moins une des principales planètes qui , à des distances différentes , se meuvent autour du soleil et en reçoifent la lumière et la chaleur; mais elle tient parmi ses saurs une place fort modeste : à peine égalet-elle le quart du diamètre d'Uranus et le oniième de celai de Jupiter. Sa forme est celle d'un sphéroïde , et les montagnes qui accidentent sa surface n'allèrent pas cette figure globuleuse ; car les plus élevées n'atteignent pas en hauteur 8,771 mètres ; et, si l'on compare cette hauteur à la longueur du diamètre de la terre , qui est de 1271 myriamètres, on voit que le rapport de l'un à l'autre chiffre est insignifiant : c'est donc avec raison qu'on a comparé les inégalités qui hérissent l'extérieur de notre planète aux rugosités d'une écorce d'orange.

La terre tourne sur elle-même et autour du soleil : sur elle-même en 24 heures, ou, pour plus d'exactitude , en 23 heures 56 minutes 4 secondes ; autour du soleil en 365 jours 5 heures 48 minutes 45 secondes. De ces deux révolutions résultent, d'une part, le jour et la nuit, de l'antre Tannée. Le mouvement diurne s'exécute aotoar de Taxe terrestre, ligne imaginaire passant par le

centre du globe et dont les deux extrémités marquant la place des pilles arctique et antarctique.

Pour faciliter l'étude de la surface du globe teneitre et sa représentation graphique, les astronomes et les géographes l'ont divisé en cercles imaginaires. L'équateur et le méridien sont au nombre des grandi cercles, L'équateur ou la ligne iqmnoxiaU divise la terre , de l'E. i ro. , en deux parties égales : Tune , septentrionale , nonunée hémisphère boréal; l'autre , méridionale appelée hémisphère austral. Le méridien coupe perpendiculairement l'équateur en passant par les deux pôles , et partage également le globe en deux hémisphères, l'un oriental, l'antre occidental. A la différence de l'équateur , le méridien n'est pas unique : chaque ligne tirée de l'un i l'autre pôle, et coupant l'équateur i angles droits en un point quelconque, est un méridien. Les petUs cercles sont les tropiques et les cercles polaires. Les premiers sont situés parallèlement à l'équateur, >lont ils sont éloignés de 23 degrés 27 minutes 57 secondes. Le tropique du Cancer est au N. , le tropique du Capricorne au S. Les cerdea polaires , également parallèles à l'équateur et par conséquent aux tropiques , sont éloignés des pôles autant que les tropiques le sont de la ligne équinoxiale : l'un est le cercle polaire arctique , au N. ; l'autre , le cercU p<^ laire antarctigue , au S. Mais ces divisions ne sont pai>

les Mules qnon ait imaginéet pour m mieux reconnaitre dans la deicriptioa et l'examen da globe. On a partagé la circonférence de la terre en 360 parties ou degrés , chaipie degré en 60 subdivisions ou minutes., chaque minute en 60 autres subdivisions on secondes. Sur les cartes , le degré s'exprime par un petit léro placé à la droite et un peu au-dessus du chiffre indiquant le nombre qn on vent déterminer , la minute par ce signe ' placé de même, et la seconde par le même signe redoublé. Exemple : 20<> 9' 3" veut dire 20 degrés 9 minutes 3 secondes. — La latitude et la longitude ont été également inventées pour déterminer la position respective des points du globe. La latitude est la distance d'un point quelconque à Téquatenr ; elle est donc septentrional^ ou méridionale , suivant que le lieu dont il est question se trouve au Nord ou au Sud de la ligne équinoxiale. II y a 180 degrés de latitude ou bandes parallèles à Téquateur, 90 an N. et autant an S. Le degré de latitude se subdivise en 60 minutes, et la minute en 60 secondes. Les 360 parties dont nous parlions tout i l'heure , comptées i partir d'un premier méridien convenu, constituent les degrés de longitude : la longitude est donc la distance d*un lieu quelconque à un méridien donné. Chaque degré de latitude est d'environ 111 kilomètres; les degrés de longitude , se terminant en pointe vers les pôles , ont la même étendue seulement sous Fcquateur, et diminuent i mesure qu'ils approchent des extrémités de Taxe terrestre. En général chaque nation a son méridien de convention : les Français comptent les longitudes à partir du méridien de l'observatoire de Paris ; les Anglais, à partir de Greenwich , petite ville située non loin de Londres ; les Allemands^ à partir de l'fle de Fer , une des Canaries. II importe donc , en cherchant la position géographique d'un lieu sur une carte , de se fixer sur le méridien qui a servi à déterminer les longitudes.

Le globe terrestre est renflé i Téquatenr et aplati aux pôles. Cest à l'astronomie que l'on doit la connaissance de ce fait, longtemps ignoré. On lui doit aussi la détermination exacte des dimensions de la terre; ces dimensions sont les suivantes : circonférence, 21,600 milles géographiques, ou 400,000 kilomètres; superficie, 148,521,600 milles géographiques carrés, ou 275,040,000 kilomètres. La mer occupe environ les deux tiers de cette surface ; du reste, la quantité relative des terres et des eaux varie incessamment : sur certains points la mer empiète journellement sur la terre ferme , tandis que , sur certains antres , les flots se retirent et laissent à sec des étendues de sol plus ou moins vastes. La physionomie extérieure du globe subit donc de perpétaelles modi6cations , si bien que , en tenant compte des révolutions qui ont, à d'autres époques, bouleversé les contiaents et les lies, on peut afRrmer que, dans la succession des siècles, la terre a complètement changé d'aspect, aucun pointue ressemblant aujourd'hui à ce qu'il était autrefois.

La nature a répandn les races d'animaux et les familles des végétaux sur la terre , suivant la configuration du sol et la distribution des climats. Tantôt elle se platt i faire disparaître des espèces entières, ainsi que le constatent les débris fossiles trouvés dans certaine» couches de terrain ; tantôt elle fait émigrerdes tribus de l'un on l'autre règne, et les pousse vers des contrées plus propices à leur développement Hais, dans toutes ces évolutions, on aperçoit des prouves frappantes de cet ordre merveilleux, de celte sagesse suprême qui président à tous les jeux de la création.

Nous venons de parler de climats ; un mot à ce sujet ne sera point inutile. La température d'un lieu ne dépend pas seulement de sa position relativement au soleil ; en eautres termes elle ne tient pas uniquement à la latitude on distance de l'éqnateur k laquelle se trouve le lieu en question : elle dépend encore , et i un très -haut degré , de plusieurs circonstances particulières , dont les princi-

pales sont : la hauteur absolue du terrain ao-dcasns dn niveau de la mer, et la nature même de la lorfaoe solidr où liquide; de là des différences, parfois énormes, dans la température des deux parties de la surface terrestre situées exactement sous la même latitude , mais dans des conditions topographiques dissemblables. Les lignes indiquant sur le globe les températures égalée scat donc plus ou moins courbes ; c'est ce qu'on appelle les lignes isotherme»^ ou d'égale température. Les lignes ûocJ^nirne» , ou d'égale température kyéwtale . s'écartent encore plus que les lignes isothermes des parallèles terrestres. Les lignes igothères , ou d'égal été, suivent une direction cobtraire i celle des courbes isoiphymènes. On tnmve wnc égale température d'été 1 Moscou , an centre de la Rassie , et vers l'embouchure de la Loire , malgré une diffé^ rence de lloea^atitude.

Les anciens, dont les connaissances géographiqnM étaient très-bornées, ainsi que nous l'avons montré dam notre Introduction, divisaient le monde en trois portions : l'EuftOPi , l'Asii et l'AraïQUi , division essentiellement srbitraire, puisque ces trois régions font partie intégrante d'un même continent A la fin du 1 5^ siècle, il fallut afooter une quatrième division, l'AuiaiQCi; enfin rOcàJim. après de longues discussions entre les géographes, a conquis le titre de cinquième partie du globe.

La nappe liquide qui couvre toutes les portions da globe que n'occupent pas les terres visibles a été partagée en plusieurs océans, méditerranées et eaopiommes; It Grand-Océan, ou mer du Sud, ou océan Pacifique, a poer limites à l'E. l'Amérique, au N. l'Asie, à TO. la Xalaisie et la Nouvelle-Hollande , an S. les régions ciroompo» laires antarctiques. L'océan Atlantique sépare l'Earope ft l'Afrique du Nouveau-Monde; l'océan Glacial arctiqiK baigne les extrémités septentrionales du globe, et roeéai Glacial antarctique embrasse les froides eootrées lépandues autour du pôle sud ; l'océan Indien est compris eatre l'Afrique orientale , les côtes sud de l'Asie , les grasda lies de la Malaisie et l'Australie.

La mer Mé^itemnée, la mer Baltique, U mer Coloabienne, qui baigne les Antilles , la mer asiatico-orienlafe sont des portions d'océan unies à la mer générale par tm ou plusieurs issues ou détroits et désignées parle nom ér méditerranées. Les easpiennes sont, à propreoBcnt periv. des lacs, ou des mers intérieures qui n'ont pas de cook munication avec l'océan. La mer Rouge penl être daisM parmi les méditerranées, bien que les géograpbes la considèrent simplement comme un golfe de l'océan India.

Le peu d'espace dont nous pouvons disponer ne neoi permet pas de donner ici la nomenclature dt tontes let définitions géographiques. Nous devons nous borner s une esquisse générale des traits caractéristiques de la tem.

La forme, l'étendue et la direction des ooatioents prrsentent des contrastes qui n'ont pas échappé à Tobsenation des géologues et des géographes. D'abord Tétead» des terres émergées est beaucoup plus considérable daos l'hémisphère oriental que dans l'antre ; ensuite l'aacirB continent est dirigé en masse de l'O. i TK., on piaf exactement du S.-O. au N.-K. , tandis que le nomesa suit un méridien , et court dn S. au N. Des anafe^ non moins frappantea ont été remarquées : an N. les dcu continents sont coupés dans la direction du 70* éegre de latitude ; au S. , ils se terminent tous deux en poiob ou en pyramide, et ofTrent des prolongements soa*marins signalés au navigateur, en Amérique, par U Terre-de-Feu , en Afrique, par le banc dâ AigiuOe*. prolongement du cap de Bonne -Espérance, dans h Nouvelle-Hollande, par l'tle de Van-Diémen. L'illosftt M, de Humboldt, qui a savamment développé eesohseï^ vations dans son Coswuts, a poussé plus loin ses naai^ ques : • Notre océan Atlantique , dit-il , présola teeM les traces qui caractérisent La formatiott d*«ac vaBec.

Oo dirait qae le choc des einx s'eit dirigé d' abord ven le X.-E., poil vert le N.-O., paie encore vers le N.-E. Le paralléliiiiie des côies sitaées an N. dn 10* degré de lalilnde australe , les angles saillants et les angles rentrants des terres opposées, la convexité du Brésil tournée vers le golfe de Guinée , celle de l'Afrique opposée an golfe des Antilles , tout , en un mot, confirme ces vues , qui peuvent d'abord paraître téméraires. »

La direction des grandes chaînes de montagnes a aussi été judicieusement étudiée et a donné lieu à des théories ingénieuses sur la formation de Técorce terrestre. Mais nous ne voulons pas empiéter sur la géologie, notre tiche étant purement descriptive.

La hauteur des montagnes n'est pas nu simple objet de curiosité; elle constitue un point important de la science , car elle détermine les différences des climats , la distribution des végétaux et des animaux, la situation des neiges perpétuelles, etc. Voici , d'après II. Balhi, le tableau des plus hautes montagnea dn globe :

GEO RAPHIË GÉNÉRALE.

NOMS KT POSITION. ïu »e''é«'

U TcfaamMlari , tar lei liaitei do Bootea et do Thibet,

dan» l'Hiaalaia 8,673 ?

Le Uhavelagiri. nr lee Italtei do Thibel cl de Xépe),

eococe d«o» rUiawlere 8,666

Le \«ada-Dewi , daoa le Keoiaan (Ude anglaiie) , too-

joors daoi l'Himalaja 7.847

Le Ketede de SwaU, daaa la Boliiie (Amérique mé-

ridienaJe) 7.696

Le volcan d'Aeoncegsa , républiqae do Chili (Amérique

Bcridioeale} 7,895

( L« beeleer de ee f oleeii dépeaMnit de plofleora

ceatainee de (oiaei celle qe'aaraieat l'Klae , le Véiare

et i'Hecla saperpoaé» les qm aai aotrea. )

Le BOBt lloria, dan» l'Afriqoe portogaiae 5.067

LeouiBlBIeec. deoeleiAlpea 4.810

Le GoaBe«g>KMiUBbre, dena l'Ae de Sometn (lUIaiaie;. 4,670 •

Bn regard de ce tableau, nons plaçons quelques chiffres indiquant la surface des bassins et la longueur du cours des principaux fleuves du monde :

XOUS ET SITUATION DES BASSLVS. ^£1^^^,. i^ïtoT

L« Seine, en France 19,101 S70

L^ Rbin, en SoUte, daaa la Confédération ger-

iMBiqae. ea France, etc 22S.937 1,1 II

Le Oaaabe. ea Saiaee, Allenegae. Tarqvie. etc. 80:1.469 4.770 L'Oréaoqar . daaa la NoafcUe - Grenade et le

Véaéiaèla(AmériqaedaSad) ....... 973,937 i,604

L« Saiat-Laareot. daaa le Caaada M lee Etala-

laie (Aaiériqae da Nord) I.OiO,G76 3,333

L<e Gaoge. daaa linde 1,490,056 3,111

La Léoa, dant la Rosaie aaiatiqae 4,018,409 4.444

Le laag-Tae-Kiaag. ea Gkiae 9.97i.666 6.333

La PUU, dana la Boliiie, le» répoMiqaee de

rUragoaj, le Paragoay. la Confédération de

la PUta. le Breail (Amérique da Sad) . . . 8.039,780 3,666

L« Mieeiatipi, daaa lee ECata-Uaii 3.368,099 6,481

I^'AmaaMe, daaa lePéroa, laColoaibie, le

Bréail (AmériqocdaSod) 6,921.810 5.704

Ces chiffres ne sont qu'approximatifs, mais ils suffisent pour qu'on puisse établir des comparaisons et tirer des iodactions. Ceux à Taide desquels on peut indiquer la population des grahdes divisions dn globe ne sont pas moins problématiques, car l'Europe seule a sa statistique certaine. Nous les donnons tels que nons les fournissent les documents les moins suspects :

Europe 230,000,000

Asie 390,000,000

Afrique 60,000,000

Total pour l'ancien

inonde 680,000,000

Amérique 39,000,000

Océanie 20,300,000

Total pour ces deux parties du monde. 59,300,000

Total pour tout le globe 73iM0Ô7000^

Nous allons passer maintenant à la descnption particulière des cinq pûlies dn monde et des différents États qui les composent

KLROPE.

L'Europe est la plus petite des grandes divisions du globe terrestre, mais elle se distingue par le caractère de sa population, la grandeur et la magnificence de ses villes , ses sciences , ses arts , son industrie , son commerce, en un mot, par sa civilisation et son influence sur les autres parties du monde.

Elle est baignée de trois côtés par la mer, et un simple détroit la sépare de l'Afrique ; à l'E. elle se joint i l'Asie. Située dans la lone tempérée ^et dans la lone glaciale, entre 34^ et 81^ de latitude septentrionale, 13^ de longitude occidentale et 62» de longitude orientale, elle est soumise i une extrême variété Ge climats et comporte une multitude de productions qui caractérisent les natures extrêmes et intermédiaires. Ses limites sont , au N. l'océan Glacial arctique , à l'E. les monts Durais et la mer Caspienne , au S", la mer Noire, le Bosphore ou canal de Constanlinople, la mer de Marmara, la Méditerranée et le détroit de Gibraltar; à l'O. l'océan Atlantique. La plus grande largeur de l'Europe, depuis le cap Saint- Vincent en Portugal jusqu'à la chaîne de l'Oural , dans les environs d'Ekaterinbourg, est de 5,418 kilomètres; sa plus grande largeur, depuis les environs d'Hammersfest, en Norvège , jusqu'à la chaîne centrale du Caucase , de 3,033 kilomètres.

Les principales rivières qui arrosent l'Europe sont : L'Èbre, le Rhône, le Pô, qui se jettent dans la Méditerranée ; le Danube, le Dniepr et le Dniestr, qui se perdent dans la mer Noire; le Don, qui porte le tribut de ses eaux à la mer d'Acoff ; le Volga, qui alimente la mer Caspienne ; la Dvina , qui court vers l'océan Glacial ; la Duna , la Vistule et l'Oder, dont la Baltique reçoit les eaux ; l'Elbe , le Weser, le Rhin et la Tamise, qui ont leurs embouchures dans la mer du Nord ; la Seine , qui disparaît dans la Manche ; la Loire, la Garonne, le Duero, le.i'age , la Guadiana et le Gnadalquivir, tributaires de l'océan Atlantique. L'Europe possède de vastes lacs, moins grands cependant que* ceux de l'Amérique du Nord , mais dont quelques-uns sont renommés par les sites pittoresques qu'offrent leurs bords. Le plus considérable est le lac Ladoga , en Russie ; les plus célèbres sont le lac' de Constance et le lac Léman, en Suisse.

Une notable partie de l'Europe est occupée par dés montagnes, dans la région méridionale surtout. La contrée la plus élevée est la Suisse ; les plus basses et les plus unies sont la Hollande, le N. de l'Allemagne, le Danemark , la Russie et la Prusse. La Suisse et l'Italie sont sillonnées par la plus haute chaîne de montagnes , les Alpet, qui , de ces deux pays, se ramifient dans plusieurs directions , s'étendept 1 l'O. vers la France , et se réunissent, par les Cévennes, aux Pyrénées, limite naturelle entre notre pays et l'Espagne. Une branche des Alpes court vers l'E. à travers l'Italie, sous le nom d'/lpennins ; d'autres vont , en passant par le S. de l'Allemagne, se terminer dans les provinces turques. La chaîne du Jwra se dirige au N. et sépare la Suisse de la France. A l'E. de l'Europe , c'est-à-dire en Hongrie et en Transylvanie, s'élèvent les Carpathes, qui, d'un côté, se joignent aui monts Sudètes, de l'autre aux montagnes de la Turquie d'Europe. LesDofrines s'étendent en Norwége. La pins haute montagne de l'Europe appartient au système des Alpes; c'est le Mont-Blanc, dans le royaume sarde , entre la Savoie et la vallée d'Aoste ; nous avons déjà dit qu'il s'élevait à 4,810 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Plusieurs des montagnes de l'Europe sont des volcans ; tout le monde connaît l'Etna, le Vésuve et l'Hécla. Cest

im

ua fait digne d'observation qo'ancDn des monlt ignivomes de cette partie du monde ne se trouve dans les grandes chaînes de montagnes dont il vient d'être question. Le seul qui existe sur le continent est le Vésuve, et il est trop isolé pour qu'on puisse le considérer comme faisant partie des Apennins. L'Etna , situé en Sicile , est le plus considérable de tous les volcans européens. Les tlea Liparif autrefois nommées tles Éotieimes^ à quelques milles au N. de la Sicile , sont encore tourmentées par des feux souterrains. L'Islande est la contrée européenne (1) la mieux pourvue de volcans ; l'Hécla a de nombreux compagnons , qui , pour être moins célèbres , n'en sont pas moins redoutables.

Les principales îles d'Europe sont : L'Islande, dans la mer du Nord, presque sous le cercle polaire ; l'Angleterre, l'Irlande et les autres tles britanniques, dans l'océan Atlantique et la mer du Nord; Majorque, Minorque, la Sardaigne, la Sicile, la Corse, les tles Ioniennes, Malte, Candie, Nègrepont, Rhodes et Chypre, dans la Méditerranée. Les péninsules les plus remarquables sont an nombre de six, à savoir : La Scandinavie, le Jntland, la Crimée, l'Italie, l'Espagne et la Morée.

Bien que soumise, dans une partie de sa xone septentrionale , à une température hivernale très-froide , l'Europe jouit pourtant d'un climat doux et tempéré. Si l'on ne considérait que sa position géographique par rapport à l'Asie, c'est-à-dire les latitudes respectives de ces deux parties du globe , on serait surpris de la différence de climat qu'on y remarque. Mais ce contraste s'explique aisément : l'Europe , prolongement péninsulaire de l'Asie, reçoit, la majeure partie du temps , des vents d'O. , c'est-à-dire des vents qui ont passé sur une masse d'eau dont la température, à la surface, ne s'abaisse pas, même en janvier, au-dessous de 10o,7 et 9» centigrades, sons les parallèles de 45*) et 50*' N. L'Europe reçoit aussi les vents brûlants qui ont soufflé sur le continent africain avant de traverser la Méditerranée. On doit encore tenir compte de son développement moindre et inégal vers le N. , de sa forme oblique, de la direction qu'aie affecte du S.-O. au N.-E. Enfin l'Europe a l'avantage de recevoir l'influence bienfaisante de ce vaste courant d'eau chaude qui, sous le nom de GulfStream^ traverse l'océan Atlantique d'abord du S. -S.-O. au N.-N.-E., puis de l'O. à l'E. , et longe les côtes de la Norwége ; elle se trouve ainsi séparée de la ceinture des glaces polaires par une mer libre , circonstance d'un grand poids dans la question climatérique.

Quelle différence de position pour le continent asiatique ! Celui-ci se développe de l'E. à l'O. , et il atteint jusqu'à 75^ de latitude N. Ses cdtet septentrionales touchent sur tous leurs points la limite hivernale des glaces polaires; quelques points même sont constamment en contact avec leur limite estivale. En ontre , les vents du N. , dont aucune chatne de montagnes ne modère la violence, arrivent sur la surface de l'Asie après avoir traversé une immense étendue de glaces couvertes de neige. D'un autre côté , le continent aiiatique n'a qu'une petite portion de sa surface placée sons la lone torride, ce qui fait que la partie située sous la xone tempérée jouit infiniment moins de oette action des vents éqnatoriaux qui viennent échauffer l'Europe en passant sur les sables ardents de l'Afrique.

Telles sont les causes du froid excessif qui se fait sentir sur le continent asiatique, comparativement à la température modérée et plus égale de nos régions.

Voici en quoi consistent les divisions politiques de l'Europe : trois empires, savoir : Russie (compris la Po-

(1) Qaelqart géographe» , entN aotni H. Baibi , rattteheol l'Is- Itnda i l'Aaériqoe ; maii rien de léricas ne noat paraiuaot oiotiver eetta opialoa, aona adoptona l'atia dei éerlvaina qui font de eeUe con- Iréa soc île caropéeane.

LOGMi), Tdbquii et Autricbr; seise royaumea despotiques ou constitutionnels : FaAKCi, EspâGVi, Poitdcal, Ami- TiRBB, HoLLANDB, BiLGiQCi, DAsniiAic, Soioi (y coDpris la NorvAgi), Sardaignb, Diux-Sicilbs , Gbâcb, Picssi, Bavièri , Ssxi , HAMovas et WcaniiBiafi ; on royaaaw ecclésiastique formé des États pontipicacx; huit répubbques: Suissb, ilis Ioniebtkbs , SAnrr-MAinr, AsDoaii, Haubocrg , LuBBCK , BrAiib et Frakifort ; nn électorat : la Hbssb; six grands-duchés: Badb, HBsSB-DAiMSTiiDT.

SaXB-WrVUAB, MxCKLBHBOURG-ScBWiBDr, MBCKLSUBOi'Bfi-

StbéliVz et ToscAnn ; douxe duchés : OLDamouRG, Gonu, Mbiningin, Altbnbocrg, BacNSviCK, Nassac, Ihs»iE, Birnbourg, Cobtbbn, MoDàxB, pABiaet Lucf^ois; nn landgraviat : Hbssx-Houbourg ; douze principautés : Hord-

ZOLLBRN-HbCHINGXN, HOHBKXOtLBRM-SlGMARISGKC, SCBVIMS- BOURG-RuDOLSTAOT , SCHVARZBODRG-SOMDBRSBACSBX , U'AI/- DBCK , LiPPB-DbTUOLD , ScHACHBOCRG-LiPPI , LlCBTX!k«TBXX ,

Rbuss-Grbiz , Rbuss-Sgblbiz , Ricss-LoBsssTinr et Rksi- Ebbrsdortf. L'Autriche, la Prusse, la Bavière, la Saie, le Hanovre, le Wurtemberg, Hambourg, Lubeck, Brcoe, Frankfort, la Hesse, ainsi que les grands-dncfaés et duchés ci-dessus mentionnés composent ce qu'on appelle V Allemagne,

On évalue la population de l'Europe entière à 2)0 millions d'habitants, divisés en plusieurs races, parlaot des langues distinctes. Les sondies anxqaeUes se rattachent les idiomes principaux sont : la langue teatomqoe, qui est la mère de l'allemand , du hollandais , de Tibglais, du suédois et du danois ; la langue latine, ori^ de l'italien , du français , de l'espagnol , da portugais ci du valaque ; la langue slave, d'oà dériveot le russe, k polonais , l'idiome bohème , le bulgare , le vandale et le servien on l'illyrien. Il y a, en outre, le grec moden». le tnrc, le finnois et le hongrois ; le celte, dans leroyaone de Galles , la Bretagne- et l'Irlande ; le baïqne , dias lef Pyrénées.

La religion dominante est le christianisme , qui cosiprend plusieurs cultes, à savoir : le catholicisme, le plai nombreux de tous ; le protestantisme, di\ia^ en lotb^nisme , calvinisme et religion anglicane , et snbdiviié «■ plusieurs sectes, telles que anabaptistes, niennoaftn. qnakers, unitaires, méthodistes et moraves ; TÉglisegReque on orientale, souveraine dans l'empire rnsse, est une forme du protestantisme. Le judaïsme est réptaés dans toutes les parties de l'Europe , mais k Tétat de petites églises isolées ; l'islamisme, ou religicm de MabosBct. prédomine en Turquie. Le lamisme est professé par 1» hordes kalmonkes qui parcourent certaines parties ^ la Russie d'Europe; les Samoîèdes et quelques s&tm peuples du Nord se livrent aux pratiques de l'idoUtrit.

L'Europe, avons-nous dit en commençant ee cbspitrr. marche à la tête des cinq parties du globe par sa cmlisation , sa supériorité intellectuelle et sa richesse. La nature a départi à chaque peuple sa missiim spèdit^ dans l'œuvre commune : à la France l'esprit miÛlAire. la faculté d'expansion, le premier pas dans les lettres & les sciences exactes ; à l'Angleterre le génie indastiîel rt commercial ; à l'Allemagne le travail intellectuel abstrait les instincts philosophiques ; à l'Italie les ~

Située dans l'hémisphère boréal, à l'occident de Tascien continent , la France est comprise entre 43^ î^' ^ 5 1 o 5' de latitude , et en longitude entre 7« 9' à l'encil de Paris et 6o à l'est Ses limites sont an X-O. ^ Manche ; au N. le Pas-de-Calais, la Belgique et la ^s^ néerlandaise du duché de Luxembourg; au K.-K^ ^ États prussiens et l'Allemagne proprement dite ; a fE. le Rhin, la Suisse, dont le Doubs et le mont Jura la »* parent , les Alpes et le Var, qui lui serrent de froflWrt

da côté de l'Italie; an S. la lléditerran^ et les Pyrénées ; i l'O. r Océan Atlantique.

Un aaiei grand nombre d'tles entourent le littoral de la France. Voici les noms des principales par ordre de grandeur: la Corse, la Camargue, Oléron (Charente- Inférieure), Belle-Ile (Morbihan), l'tte de Ré (Charente- Inférieure), rile-Dieu, l'Ile de Noirmoutier et Ttle de Rouin (Vendée), Ttle de Groix (Morbihan), l'Ile d'Ouessant (Finistère), PorqueroHe, l'tle du Levant et Portcros aux ties d'Hyères. Ces Iles et les 86 départements qui forment le territoire de la France ocoapenl une super« ficie de 527,683 kilomètres carrés, contenant une population d*un peu plus de 34 millions d'âmes.

Les 86 départements dont on vient de parler forment autant de préfectures , lesquelles sont subdivisées en 366 sous-préfectures ou arrondissements, ceux-ci en 9,846 eanUms, et les cantons en 38,623 eommmu$. Sons le rapport militaire, le royaume est partagé en 21 diviiioHi.

An nombre de ses rivières, la France compte 21 fleuves principaux , dont les plus importants sont le Rhin , la Meuse, la Seine, la Loire, la Garonne et le Rh^ne. Voici le tableau des longueurs des cours d'eau les plus considérables (I) :

GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE

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