‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 162 sur 291 · DÉCOUVERTES IIARITIMES ET CONTINENTALES · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES IIARITIMES ET CONTINENTALES

liOS

Troif ans après son premier voyige, en 1767, Boagiiuville entreprit sa grande campagne de circumnavigation qui lai a valu une si brillante renommée. Après une station dans la fleuve de la Plata , il s'engagea dans le détroit de Magellan , o& il ne demeura pas moins de cinquante -deux jours. Après quoi, entrant enfin dans la mer da Sud , il découvrit les tles Pomotou, snxquelles il donna le nom à^Arekipel dmgfrrux. Puis O.aïli le reçut dans son port principal ; sei relations avec les habitants de la .VimvelU CiftÂère furent non-seulement pacifiques, mais amicales. Peu s*en fallut que cette tie ne devint une Capooe pour les équipages des deux navires français ( 1) , car les belles Taîtiennes essayèrent, non sans succès, le pouvoir de leurs charmes sur nos matelots. Rien de plus séduiiant que la description de Taïti et des mœurs de ses habitants par Fillustre navigateur.

L'expédition reprit sa route , visita les tles des Navigateurs ou Samoa, longea la Paponasie ou Nouvelle-Guinée, découvrit i l'E. de cette dernière un archipel qui fut appelé la Louisiade, plusieurs des tles de l'Amirauté , une autre île qui reçut le nom de Bougainville , et qui est située près de larchipel Salomon ; dans les mêmes parsges , les tles de la Trésorerie , ftle ChoisenI , vue probablement par TKspagnoI llendana; Simbou, l'Ile des Lépreux , Saint-Barthélemy , deux des Nouvelles Hébrides , et aperçnt les tles Vertes. Enfin , après avoir séjourné à l'extrémité de la Nouvelle- Irlande de Carteret, Bongainville arriva i Batavia , d'où il se rendit en Europe par le cap de Bonne-Espérance.

Cette campagne fit une grande sensation en France , et , en généra], dans le monde européen : non -seulement elle avait amené des découvertes assez importantes , mais encore elle avait été marquée par des épisodes intéressants , et elle fut racontée avec un esprit et un talent reouLiquables ; enfin elle inaugurait une nouvelle ère d'illustration pour noire pays.

Bougainville précéda de bien peu, dans la carrière des découvertes maritimes, le plus grand navigateur de l'époque moderne; nous voulons parler de James Cook. Son premier voyage eut pour but l'observation du passage de Vénus sur le disque do soleil, phénomène important pour l'astronomie , la navigation et la géographie. Le navire VEmdeavour fut placé sous le commandement du jeune lieutenant, qui déjà avait donné plus d'une preuve d'instruction et de courage.

VEndeavour quitta l'Angleterre le 26 aoât 1768, relâcha à Rio Janeiro, et se dirigea ensuite vers le détroit de Lemaire pour doubler le cap Horn. La Terre>de-Feu ne lui sembla pas aussi horrible qu'A Wallis ; les naturalistes de l'expédition y recueillirent quelques plantes et quelques animaux. Une de leurs excursions faillit leur être fatale : ayant voulu gravir une montagne dont ils désiraient étudier la végétation , ils furent surpris par la nuit et par un froid glacial ; le docteur Sofander fut an moment de périr, et ne dut la vie qu'à l'inlelligente obs> tinalion de ses camarades, qui l'empêchèrent de s'abandonner à un sommeil avant-coureur de la mort. .Après de longues heures d'angoisses, après avoir vu succomber deox de leurs domestiques , les imprudents explorateurs at(.-i<|oirent â grand' peine le rivage.

Après sa relâche dans la llagellanie, Cook se dirigea sur Taïti, où devaient se faire les obiervations astronojni f nés qui lui étaient confiées.

Les habitants de Taiti accueillirent l'expédition anglaise comme ils avaient accueilli Bougainville et son équipage , c'est-à-dire avec une hospitalière affabilité. Pendant les trois mois de leur résidence dans celte Ile, Cook et les savants de YEnJeavour firent ample moisson d'échantillons d'histoire naturelle et d'observations de mœurs. Les Anglais risitèrent ensuite plusieurs autres tles du (^ I > Cm dtH Mvirsi iUlént In Boudente et VKtoUe.

groupe de Taïti , et donnèrent à tout l'archipel le nom dlia de la SœièU , qui lui est resté. Bientôt ils reconnurent la Nouvelle-Zélande, dont les habitants leur montrèrent les dispositions les plus hostiles. Après avoir contourné cette grande Ile de TE. à 1*0. en passant par son extrémité septentrionale , ils constatèrent que la Nouvelle- Zélande n'était pas, comme on le croyait, une seule et même terre sans solution de continuité ; qu'elle était , au contraire , coupée en deux par un bras de mer. Le détroit qui marque la séparation a conservé le nom de Cook ; ce fut là une découverte importante. Quant à l'intérieur du pays , les Anglais ne purent le visiter. Il eût été par trop imprudent de s'aventurer au milieu d'une population anthropophage, dont les instincts barbares furent, dès l'abord, devinés par l'équipage de XEndeavour.

Cook quitta les rivages de la Nouvelle-Zélande le 3 1 mars 1770, et 80 jours après il aperçut ceux de la Nouvelle-Hollande, où il découvrit la baie Botanique {BoUmy bay). Peu après, et par 16^ de latitude S. , son bâtiment fit naufrage et fut sur le point d'être englouti liais, grâce à un hasard providentiel (1), VEndeawntr put se relever et gagner un petit havre où ou le mit en état de poursuivre sa navigation , qui ne fnt plus marquée par aucun incident important

Le deuxième voyage de Cook, entrepris en juillet 1 7 78, eut pour but la découverte de cette grande terre auttraU que, depuis si longtemps, les navigateurs et les géographes supposaient exister dans la partie méridionale du Grand Océan , et que Tasman avait cm apercevoir en abordant à la Nouvelle-Zélande. Deux b&liments , la Riiobuion et t Aventure , furent mis à la disposition de Cook.

L'expédition se dirigea tout d'abord vers le S. ; mais sous la latitude de 67^ 13', elle rencontra la banquise, c est-à-dire un banc de glaces compactes n'offrant aucune issue. On n'essaya pas de franchir cet obstacle, et l'on remit le cap an N. , dans la conviction que, si le continent austral existait , ce ne pouvait être qu'à une trèsgrande distance et dans le voisinage du p6le. Les deux navires , séparés dans les glaces , s'étaient donné rendezvous à la Nouvelle-Zélande , où ils se retrouvèrent en efTet Après d'inutiles recherches à TE. de cette grande tIe, jusque sous le 46<^ parallèle, Cook prit la route de l'archipel de la Société , où il relâcha pour rétablir la santé de ses équipsges.

Une seconde tentative pour trouver le continent austral amena bientôt les Anglais sons 7P de latitude; mais là encore la banqniie leur ferma le chemin , et les. obligea à retourner vers le N. Dans une exploration nouvelle des mers de l'Océanie , Cook retrouva Ttle de Pâques, que le commodore Byron, Carteret et Bongainville avaient vainement cherchée , découvrit quelques-unes des tles de l'archipel des Marquises , retourna à Taiti , visita de nouveau les tles Tonga-Tal>on on des Amis , où il découvrit l'île Sauvage , signala le premier l'tle Tortue on Batoa (archipel Vili), releva plusieurs points de la Nouvelle - Guinée, découvrit Immox, Tanna, Koro- Mango , Sandwich et plusieurs autres tles de l'archipel des Nouvelles-Hébrides , la Nouvelle-Calédonie et la petite tIe Norfolk.

La Nouvelle-Zélande devint encore le point de départ d'une troisième campagne dans les mers antarctiques. Cette fois, Cook voulait attaquer le pôle sous un méridien beaucoup plus oriental. Après avoir navigué sous la latitude de 55» 48', il cingla vers le cap Horn et continua sa marche à l'R. A peu près sous le 39^ degré de longitude à l'O. de Paris , et sous la latitude de la Terre-de-Feu , il découvrit une terre chargée de frimas , et qu'il nomma Georgie-du'Sud, A environ 8« à l'E.-S.-K. de cette der-

(I) Le fragatoi d* eorall tar leqa«l !• navin «vall échoa^. étant rcaté filé daiu tes flaoet aa ■om«Bt oè II §• rvlcta . boaeba la v«i« d>aa qu'il avait oecaflionaé, et emp^ha aluirXiiilmfMviir de conter baa.

isoa

IMSTRlîCTÏOK POUR LK PKIPLE.

niire , il trouva oo groupe d*tlet qu'il baptisa Terr^-de- Sandwich, Ici s'arrêta sa eoorse vers les régions circompolaires. 11 avait fait le tour do globe sons les hantesiatitudes mêridioiiales , et constaté qae le continent austral n'eiistait pas dans l'immense lone qu'il avait parcourue. L'fay* pothèse se trouvait donc reculée de plusieurs degrés vers le pÀle , et se dépouillait du prestige dont on s'était plu à parer celle terre problématique, si fertile, disait-on, et si richement dotée par la nature.

Le 13 juillet 1775 , Cook arriva i Porlsmouth , après une absence de plus de trois ans.

Dans l'intervalle de ces belles expéditions, d'antres voyages asseï remarquables avaient eu lieu dans les mers australes. Snrville , navigateur français , avait découvert en 1769 la terre des Arsacides à l'extrémité N.-O. de l'archipel Salomon et l'ile de la Première-Vue dans le même groupe. Deux autres Français , Uarion et Croiet , avaient trouvé , en 1772 , entre 4« et 41^ de latitude S. et entre 44 et 47 <> de longitude à l'K. de Paris , quatre Mes qui ont conservé leur nom. Enfin , la même année , un autre de nos compatriotes , Kerguéleo , avait découveH , par 48» 41' 15" de latitude australe et 60«> 42' de longitude orientale, une terre d'environ 40 lieues de longueur sur 120 de largeur. Cette tie, nommée Terre-de-KerguiUn sur les cartes françaises , est XîU de la Désolaiion dos géographes anglais.

âpendant l'infatigable Cook , loin de songer eu repos qu'il avait acheté par tant de glorieuses fatigues , rêvait de nouveaux dangers et de nouveaux succès. La recherche du passage au N.-O. lui paraissait une entreprise digne de couronner sa carrière de navigateur. Et ce fut pour essayer de résoudre ce problème , en passent par le détroit de Behring, qu'il quitta, pour la troisième fois, sa patrie, le 12 juillet 1776^ avec les navires la Bétoluiion et la Découverte.

Les ties Croset et la Terre-de-Kerguéleo furent d'abord visitées, après quoi , on se dirigea vers l'Océanie, où Ton relâcha à Ttle de Van-l)iémen et à la Nouvelle-Zélande. Peu après, les Angisis découvrirent le groupe Toubousi (Polynésie centrale) ; l'archipel Manaia (lies Harvey des missionnaires, 2 1» 55' lat. S. , lôO** 1 8' long. 0. ), rtle Watiou , à quelque distance de Honaia , enfin Fénoua-Iti, ou Oka->Toutaia, dans les mêmes parages. Faisant voile au N. de Taiti , ils arrivèrent aux Iles Sandwich , où le capitaine Cook fut pris pour un dieu et accueilli comme tel par les indigènes. Ce fut le 20 janvier . 1 778 qu'eut lieu la découverte de cet important archipel.

Cook commença alors à s'occuper du but principal de son voyage, c'est4-dire la recherche du passage au S. -de rÀmériqne. Il longea la cAle N.-O. du Nouveau-Monde jusqu'à une terre qu'il appela cap de» Glaee$, et qui esl située sons la latitude de 70^27' N. Li, une masse solide de 10 pieds d'épaisseur, ets'étendant jusqu'à la cèle d'Asie , lui opposa une barrière qu'iP ne put franchir. Il retourna aux lies Sandwich , où il périt sous le poignard d'un sauvage. Le capitaine Clarke , qui commandait la conserve , prit le commandement de l'expédition , et se dirigea de nouveau au N.-E. ; mais les mêmes obstacles l'obligèrent à rétrograder et à abandonner l'entreprise.

Essayer de signaler tous les progrès que le capitaine Cook fit faire à la géographie et à 1 hydrographie , serait vouloir dépasser de beaucoup les limites qui nous sont tracées dans ce traité. Les détails qu'on vient de lire suffiront pour donner une idée des résultats de ses trois mémorables voyages. Nous ajouterons seulement que la précision apportée par l'illustre navigateur à la détermination de la position des terres qu'il visita , permit de rectifier de nombreuses erreurs sur les cartes du 1 8^ siècle , et d'y marquer avec exactitude des points jusqu'alors trè»^aguement connus.

JiloDsc de prendre part à la moisson scieatifiqae qu'offrait le champ des découvertes maritimes , la Pnaee organisa en 1780 une nouvelle expédition , dont le conmandement fut confié à La Pérouse , officier anasi habile qu'intrépide. Les mers qui baignent la cMe N.-O. de l'Amérique, le littoral de la Tartarie et le Japon devaient être le théâtre principal des explorations de la petite escadre française.

La Bouêêok et VAurolabe jetèrent l'ancre devant l'ik de Pâques, puis devant lestles Sandirich, et atleignirenl lacàte N.-O. de l'Amérique par 59» de Utilnde. \m compatriotes relevèrent avec un soin minnUeax ane assn grande étendue de ce littoral. Durant leara opératioof . un funeste accident coûta la vie à 21 d'entre eox , qui sr noyèrent en voulant atterrir. Les travaux bydrojfraphiqoH une fois terminés, ils traversèrent le Grand Oeéon, fixèrent, chemin faisant, la position des îles des Larrons . et arrivèrent à Ifacao le 2 janvier 1787. An début des seconde campagne, La Pérouse prolongea la cote êf Corée et découvrit le cap Noto sur la c«Vt« O. du J«pou. Partout les officiers de l'expédition s*appliqutieot à déterminer exactement les lieux qu'ils visitaient l>r$ le milieu du mois de juin , on atteignit la rote deTsrtirie par 42» de latitude. Sous le 45<^ on. découvrit a port qu'on nomma haie de Temay. Le paya était dcsen. et nos compatriotes ayant voulu s'avancer dânsrinlériesr. la vue de serpents redoutables et la hautear des hei^ les forcèrent de rebrousser chemin. On découvrit easaite le détroit qui sépare l'Ile Jeso de l'Ile Tarraksi es Tchoka^^ détroit qui reçut le nom de La Péft>ase, qnM porte encore. Dès lors furent fixées les notions gràjrsphiqucs , encore si vagues , sur ces deux dépendance» d«! territoire mandchou et du Japon. L'expédition fil eoir voile pour le Kamtchatka, où elle trouva mic cordiiir hospitalité. Là, M. de Lesseps, qui avait aerompagif La Pérouse en qualité d'interprète des lances ms9t< . fut envoyé par terre en France. Chargé des jonmaoi <. des cartes du voyage, cet intrépide jeune faomoBC trateru l'ancien continent dans toute son étendue, de TR. s PO et arriva heureusement à Paris , avec dea obscnratifla^ précieuses sur les vastes contrées qu'il avait parvoarbet.

La Pérouse retourna dans l'Océanie , ov ralleodsieci de cruelles épreuves. A Haouna , une des fies des \angateurs, son compagnon de voyage, de Laogte, eottmandant de FAetrolahe , fut massacré par les natareN avec une vingtaine d'hommes de son éqaipagc. Lan non , naturaliste de l'expédition , périt diDS cette estastrophe. Après une relâche à Botany-Bay (\onvellc-lkîlande), le commandant français se prépara à sa troisièah' campagne. Il se proposait d'explorer les Hcs Toa^. la partie S. de la Nouvelle-Calédonie, la terre des âr* sacides de Surville, la Louisiade , la NonveUe-Goince . >• golfe de Carpentarie et enfin toute la eête de TAnstrair jusqu'à l'ile de Van-Diémen. Il quitta lea rivages^ la Nouvelle-Hollande plein d'espoir et de siJe. liais il y lui était pas donné d'accomplir la tâche qu'il s'était cocrageusement imposée. A partir de ce naontent. oo o>ttendit plus parler de lui , et Ton attendit vaiocisAt. pendant deux années, des nouvelles de ses deux noseaux. La Pérouse et ses compagnons étaient perdus poar la France!...

La cruelle incertitude qui régnait en France sertsort de l'expédition porta l'Assemblée nalsonale à rerdre, en février 1791, un décret par leqnel elle snpp!iale roi Louis XVI de s'entendre avec les antres sovremci de l'Europe pour faire prendre des renseigncmcais se La Pérouse. Ce décret ordonnait égalemeot ror||aRi«i' tion d'une expédition qui aurait la double missmn è> rechercher les traces de l'infortuné navi^enr e! ^ compléter les découvertes inachevées.

Ce voyage eut lieu , en effet, mais sans aaccês. Il f*'

DKCOIVERTKS UARITIMES ET COXTIXFATALKS.

IIMUt

aéme pregqoe auui nulheiireox que celui de La Péoose : ramiral d'Entrecuteaiu , chef de reotreprite , Dooml à Java , et Hoon de Kermadec , commandant de a conserve , eut le même tort Ancnn vetlige y aacnne race de VAtirolahe et de la Boussole ne purent être déouvertes. Au point de vue scientifique, cette campagne tôt d*utilef rëfultals en ce qn'ejle fit connattre exacteaent de longues lignes de cdtes que d'Bntrecasleaux xÈii soigneusement longées pour recueillir des indices iu passage de La Péroose ; la Nouvelle-Hollande noamment , dont rexpëdition fit le tour, fut consciencieuement étudiée sur une grande étendue de son littoral.

On sait que le lieu du naufrage de La Pérouse ne fut lécouvert que bien longtemps après , en 1 827 , par le apitaine anglais Dillon. Ce marin parvint à savoir que e malheureux commandant et ses compagnons d*inforune avaient échoué sur les écueils de Ttle Vanikoro, me des tles Viti oo Fidji. Il s'y rendit avec une mission expresse du gouvernement français, et parvint à recueillir >lnsieurf objets qui avaient appartenu i La Pérouse ou [ai avaient fait partie du matériel de ses bâtiments, tels |ue des canons, une cloche, des barres de fer, quelques ragments d'instruments de physique, la poignée de 'épée du capitaine , etc. Le soin de compléter celte es-. ^ce d'exhumation était réservé à Dumont-d'Urvilie, qui, (ans sa première campagne de circumnavigation, rerouva une quantité d'autres débris du lamentable naurage, et érigea un monument funéraire i la mémoire de 'iliostre navigateur.

L'étrange voyage dé Blîgh, qui, par suite de la révolte le son équipage , fut obligé de traverser une immense Itendue de mer dans une barque découverte , amena , en (789, la connaissance de l'Ile Waîtou-Taki (archipel de llanaïa ou d'Harvey). Les surprenantes explorations da -apilaine Flinders et du chirurgien Bass, qui, dans un néchant canot , entreprirent le périple de la Nonvelleiollande , eurent pour résultat la découverte do détroit {ai sépare ce continent de la Tasmanie et qui a conservé e nom de Bass , puis le tracé d'une immense ligne de ;utes sur le continent même. Flinders surtout a droit à a reconnaissance des géographes pour la constance avec aqaelle il poursuivit, pendant plusieurs années, son œure difficile et périlleuse, presque toujours dans des harpes non pontées, frêles esquifs que la moindre tempête MUTait engloutir. On doit à cet officier anglais la dé- »nverte de l'tle des Kangourous , l'hydrographie de l'Ile le Van-Diémen , l'exploration des côtes méridionales et )rientales de la Nouvelle-Hollande , une fort belle étude In détroit de Torrès , enfin un magnifique travail sur le {olfe de Carpentarie.

Pendant ses audacieuses promenades maritimes, le ca- >itaine Flinders fut rencontré par une expédition française composée de deux navires , le Naluralisle et le Giojrapke , sous le commandement du capitaine Baudin. Vos compatriotes étaient chargés par le premier consul Teiplorer ces mêmes rivages avec lesquels l'intrépide Ingîais avait déjà fait ample connaissance. Cette entreprise, conduite par un homme peu propre à ce genre de travaux, et qui ne savait pas même tirer parti du zèle et les talents des savants qui l'accompagnaient , fut à peu près stérile au point de vue géographique , à part queli]ue8 reconnaissances de c6tes faites avec exactitude.

Le voysge de Vancouver, qui n'est pas sans célébrité, irait précédé celui de Baudin. Ce navigateur anglais déroDvrit le port dn Roi-Georges i l'extrémité occidentale des côtes S. de la Nouvelle - Hollande , et compléta à la N'onrelle-Zélande les travaux de Cook; tandis qui l'K. de cette dernière le capitaine Broughton , commandant de sa conserve , découvrait les Iles Chatham , il se dirigeait sor Taïti pour y faire les préparatifs de sa carapace sur la côte N.-O. de l'Amérique. Les travaux de

Vancouver sur ce littoral ne commencèrent qu'an mois d'avril 1798. Les Anglais découvrirent, de concert avec une expédition espagnole dont ils firent la rencontre , rtie qui porte les noms de Qoadra (1) et Vancouver; puis ils explorèrent le fleuve Colombia aussi loin qu'ils purent le remonter. Une relâche aux tles Sandwich et de nouvelles opérations sur les côtes américaines conduisirent Vancouver jusqu'à l'hiver de 1794, qu'il passa dans le même archipel. Knfin , après avoir, dans une nouvelle campagne hydrographique, relevé une antre partie dn littoral du Nouveau-Monde, y compris le golfe de Cook, les Anglais reprirent le chemin de leur patrie, oà ils rapportèrent un riche butin scientifique.

Cette région ne fut pas visitée sérieusement jusqu'au voyage de Kotsebue , qui eut lieu de 1815 à 1818. Ce navigateur russe découvrit au N. du détroit de de Behring, entre les 67 et 08'* de latitude et par 164« 14* 50" de longitude O. , une vaste baie à laquelle il donna son nom. Il devait s'occuper spécialement de la recherche du passage dans l'Atlantique et reconnaître préalablement si le cap des Glaces n'était pas une tle , comme on le présumait Cette partie des instructions de Kotsebue ne put être exécutée : le chef de l'expédition, étant tombé malade , fut obligé d'abandonner son «nvre à peine ébauchée. On lui doit la découverte de i^usieurs tles peu importantes de l'Océanie , notamment dans la partie orientale de l'archipel des Carolines.

Ce voyage nous ramène naturellement aux expéditions vers le N. et à la recherche du passago au N. - O. A mesure que celte route supposée vers l'Incie fuyait , pour ainsi dire , devant les navigateurs , on s'acbamait à la poursuivre dans toutes les directions. Le capitaine Phipps la chercha directement mi N. en 1773, et atteignit la latitude de 80® 37' ; Cook s'efforça de la trouver par rO; de l'Amérique , ainsi que nous l'avons déjà dit ; Pickersgill et Young ne réussirent pas mieux en suivant la voie de la baie de Baffin ; Lovonom, Kgèdeet Rothe, en 1780 et 1787, essayèrent vainement de visiter la côte orientale du Groenland, qu'on disait inabordable à cause de raccumulation des glaces depuis le commencement du 1 5^ siècle.

Des circonstances toutes particulières firent espérer aux Anglais qu'ils seraient plus Htoreux en 1618 qu'ils ne l'avaient été jusqu'alors; Ils organisèrent deux expéditions , ' dont une était destinée pour le N. - O. , tandis que l'autre se dirigerait au N. Le capitaine John Ross , chef de l'expédition du N. - 0. , partit dans les derniers jours d'avril 1818, accompagné du lieutenant Parry, qui commandait, sous ses ordres, le navire /'i4^«fidre. Entre 76o et 77» 40* de latitude N. , il découvrit un pays qu'il nomma Aretie higklands ou lunOes terres Arctiques. Cette contrée occupait un espace de 120 milles dans le coin N. -E. de la baie de Baffin. Le 30 août , il se trouva à l'entrée du détroit de Lancastre. Comme cette ouverture a plus de 50 milles de large, de la pointe S. à la pointe N. , et que le sondage accusait 750 brasses, les Anglais crurent avoir trouvé le passage au N. -O. ; mais ils furent désabusés en apercevant la terre après une marche de dix lieues dans le détroit. Vers 70<* de latitude, les deux bâtiments rétrogradèrent, visitèrent les côtes jusqu'au cap Walsingham , dans l'Ile Cumberland , et revinrent en Angleterre.

Quant à l'expédition du N. , elle fut dirigée par le capitaine Buchan et le lieutenant Franklin. Ses résultats furent nuls , les Anglais ayant été obligés de rebrousser chemin à peu près à la hauteur du Spiliberg , heureux d'avoir échappé sains et saufs aux dangers formidables qui lesavaientassaillis au milieu des glaces flottantes. Néanmoins , certains points du Spitsberg forent déterminés avec précision et utilement étudiés. . ^. (I) Qundra était la nom do oomman j^nt M Htia^nti r

Le capitaine Édonard Parry fat chargé de cootinoer Toeavre commencée par le capitaine John Rois. Il n'atteignit pas le bat définitif qu'il t'élait propoté, mais il découvrit le canal dn Prince- Régent aa S. du détroit de Lancastre , le canal Wellington au N. , plus loin, dans le même détroit , les lies Cornwallis , Griffith , Bathurst , Byam Martin et Melville, toutes comprises sous la dénomination de Géorgie êeplentrionaU, enfin la terre de Banks sous les 7Â'* de latitude S. et 117<> de longitude 0. , et |^ Sommerset dn N. , qui forme la pointe N. -O. dn détroit dn Prince-Régent Les Anglais durent hiverner , de 18 1 9 à 1820, dans une baie de l'tle Mel ville, où, durant de longs mois, ils vécurent dans de continuelles ténèbres et sons une température glaciale.

Dans un deuxième vojsge exécuté en 1831-38, U. Parry découvrit la péninsule If elville au N. de l'tle Southampton , qui est située dans la partie septentrionale de la baie d'Hudson. Il traversa aussi un détroit auquel il donna le nom de les deux vaisseaux , la Furie et tfiieia, et qui sépare la presqu'tle llelville de l'tle Cockburn , placée au N. de cette dernière. En même temps Sooresby explorait une portion de la côte orientale dn Groenland, sans avoir pour mission de chercher ce fameux passage.

Une troisième tentative de sir Parry, en 1823, n'eut ni rheurense issne ni les importants résultats des deux précédentes : la Furie fit naufrage dans les Terres Arctiques et les Anglais durent retourner en Angleterre.

De 1823 à 1826 le lieutenant Beechey chercha le passage par ]«* détroit de Behring. Il pénétra jusqu'à la la^ litude de 7 10 23' et la longitude de 150« 23' , ne laissant qu'environ 150 milles de côtes à reconnaître entre ses découvertes et celles de Franklin , dont nous parlerons tout à l'heure.

Enfin l'infatigable capitaine Parry exécuta nne quatrième campagne i la recherche du passage à l'O. Cette fois ce fut vers le N. qu'il dirigea ses investigations ; mais celte entreprise échoua , comme avaient échoné les efforts des marins qui, avant Parry, avaient suivi la direction du pôle.

Parti , en 1820, sur le navire la Victoire , sir John Ross pénétra dans la baie de Baffin , franchit le détroit de Lancastre , entra dans le détroit du Prince-Régent , reconnut nne terre qu'il appela Bootkia Félix , du nom de l'armateur de son navire, et explora les côtes de ce pays , jusqu'à ce qu'il fut bloqué par les glaces et dans l'impossibilité d'aller plus loin ni do rétrograder. L'équipage de la Victoire resta prisonnier pendant quatre ans au milieu des glaces. On n'avait pas encore d'exemple d'une détention aussi longue dans ces contrées hyperboréennes. Ce temps fut employé à des excursions qui enrichirent la géographie et la météorologie d'observations nouvelles. Èotre autres résultats , le neveu du commandant. If. James Clarke Ross, découvrit le pôle magnétique boréal. L'intrépide capitaine et ses compagnons furent accueillis dans leur patrie comme des hommes ressuscites. Depuis longtemps, en effet, on les croyait morts. Indépendamment de l'istbme et de 1^ péninsule de Boothia-Felix, l'expédition découvrit la terre du Roi-Guillaume et fa mer occidentale qui fut désignée par ce dernier nom. Quant à la question du passage au N.-O. , elle prouva qu'il n'existe pas par le détroit du Prince-Régent ni au S. de la latitude de 7fl<>. Il s'en fallut de bien peu, du, reste, que sir John Ross ne découvrit un passage libre dans la mer Glaciale d'Amérique, â'oû il aurait peutêtre pénétré jusqu'au détroit de Behring; en effet, la langue de terre qui sépare le détroit du Prince-Régent de celte mer septentrionale, à l'endroit où les Anglais firent leurs principales recherches, est non-seulement fort étroite , msis encore occupée, en grande partie, par des lacs qui réduisent à trois milles l'espace solide existant entre les deux mers.

Depuis le voyage de John Ross , toenn effort sérieux n'a été tenté dans ces régions glacées. Ilaia raimée dernière , le capitaine Franklin est parti avec deux bâtiments , chaîné par le gouvernement anglais de recommencer la recherche de la communication entre les deux mers par le N. de l'Amérique.

D'autres voyages, non moins périlleux et pins péaiUn peut-être, avaient été effectués par terre an X. eu Nouveau-Monde, pour reconnaître les côtes de ce continent que baigne la mer Polaire , et aussi ponr aider à k découverte du passsge si ardemment cbercbé dcpnii des siècles. Samuel Heame, employé de U coapsgnie de la baie d'Hudson , partit en 1771 da fort éa Prince-de-Galles et découvrit la rivière de la Uine* de-Cuivre. Il assura avoir vu la mer à l'embonchuR àt ce cours d'eau. Franklin, en 1820 et 21 , suivit psr terre la côte de l'Amérique entre la rivière de Heame A le cap de Retour ou Turn again. Cette espéditîon bardîe, accomplie à travers mille dangers, parmi Icsqneb U famine n'était pas le moins redoutable, ne fut passai» résultats géographiques. Deux ans après, le mênie ofiOcirr fit un nouveau voyage an N. et explora l'espace comprn entre la rivière Mackensieet le cap Back. Son oompigads d'aventures , le docteur Richardson , reconnot la psrtk qui s'étend entre le Uackeniie et la rivière de la kline-éf> Cuivre. Quant au lieutenant Bcechy, nous avons dit qa il ne laissa qu'environ 150 milles de côtes à reconnaître t partir de ses découvertes jusqu'à celles de Franklin. U capitaine Back , et après lui , MU. Dease et Sinapson oai à peu près complété cette œuvre difficile (Texploratioa Si bien que le littoral nord de l'Amérique aeplentnoDsk est aujourd'hui bien connu géographiqnemeol.

Dans d'antres directions , des entreprises coiurageBs^ ment accomplies accrurent la somme des notions géD* graphiques sur les régions les plus dcsertei de r.^nKriqne du Nord. Lewis et Clarke remontèrent anx sovcfi du Missouri, dans les montagnes Rocheuses, et arriièrrot à l'Océan Pacifique en descendant le cours de la Colo»bia on Orégon. Pike chercha les sources du Uississippi, «( explora celles de l'Arkansas et de la Rivière^Rooge. Le major Long , James Peak , Cass et ScboolcrafI paroovBrent aussi cette vaste région , si merveillensement arresée , et dont l'Angleterre et les États-Unis se sont partage le territoire. Mackeniie , parti en 1780 de In ville csoadienne de Montréal, se dirigea vers le N.-O., deacestfo jusqu'à son embouchure la rivière qui porte son nom , ri qui , sortie du lac de l'Ksclave, va se jeter du» TOccsi Glacial arctique ; puis, franchissant la chaîne des moetignes Rocheuses , il atteignit le Grand Océan.

L'Amérique dn Sud offrait un champ illimité ans observations des voyageurs. M. Alexandre de Hnnib»^!: donna le signal des grandes explorations dans cette partie du Nouveau-Monde. L'illustre savant, accompagné é* M. Aimé Bonpland, botaniste distingué, visita la Colombie, étudiant partout les phénomènes de Tordre i^siqu. trsçsnt la géc^aphie dn pays, mesurant les sommets ér la Cordilière des Andes, portant un regard scmtaKv dans le cratère des volcans, dessinant et rectifijtKt sur Us cartes le cours des rivières , en un mot exsjuînant cette msgnifiqne contrée sous toutes ses faces. L'oe excarbvc sur le fleuve des Amaxones loi fournit le sajd de neatelles observations aussi curieuses qn importantes. Dj Pérou, Xî. de Humholdt se rendit au Mexique « on nul^ objets dignes de ses méditations devaient s'ofTrtr s a lastc intelligence. Pour résumer convenablement les travaux de ce célèbre voyageur, il faudrait poavoîr le ssiire pas à pas dans ses courses laborieuses, exptiqotr U portée de' toutes ses découvertes scienlifiqœs, donwr àfi échantillons de son style si substantiel et en mèaae lesife si plein de sentiment poétique. Mais il ne noas est pa» permis d'entrer dans de semblables détails ; 4|n*d hn^i

im

DECOIVERTËS MARITIMES ET G0XT1\Ë\ TALES.

uffise de rappeler que noi n*a fait faire plus de progrès i la pbysiqoe générale du globe , i la géographie et i oates les sciences qui s'y rattachent. La géographie boaniqoe notamment a été, on peut le dire, créée par J. de Humboldt. Si à tout cela on ajoute que Tanleur lei Tableaux de la nature étudia les contrées qu'il parcouut au point de vue économique et politique , on reconlattra en lui le voyageur le plui complet qui ait jamais lislc.

Les voyages de La Condamine dins le Pérou et sur Amazone, dans le 18*' siècle; de Smith et de Maw sur i même fleuve ; de U\T. Spix, Marlius , Auguste Saintlilaire , dans le Brésil ; de don Félix Axara, dans le Paagaay ; des capitaines Parker-King et Fils Roy, dans la 'atagonie et la Terre-de-Feu ; de M. Stevenson dans le ibili et le Pérou ; de II. Gay au Chili ; de M. Schomberg ans la Guyane, ont achevé de faire connaître les grands -aits géographiques, les productions , la géologie .et les opnlalions de l'Amérique du Sud. Parmi ces voyageurs lodemes, dont la plupart sont nos contemporains, il en it un dont le nom doit être mentionnée part : c'est M. Alide d'Orbigny. Ce savant géologue , parti de France en lin 1826, après un séjour de quelques mois i Montéideo et i Buenos- Ayres , remonta le Parana jusqu'à 50 lieues de son embouchure, parcourut les provinces e Corrientès et des Missions, pénétra au milieu des ordes sauvages qui peuplent le Grand-Chaco , et revint ir le terrain de la civilisation en passant par les prorovinces d*Kntre-Rios et de Santa«Fé. Il se rendit enlite en Patagonie en remontant le Rio-Negro , et y sé- >ama huit mois, au milieu des géants dont Pigafetta , •rake, Sarmiento, Lemaire, Byron, Boogainville et tant autres navigateurs avaient décrit avec quelque exagéitioQ les formes herculéennes. L'intrépide naturaliste usa ensuite au Chili en doublant le cap Hom, et gagna i Bolivie (ancien Haut-Pérou), dont il étudia d'abord la irtie occidentale, si remarquable par les travaux des iciens Quichuas. Il gravit le sommet des Andes et put, 1 arrivant sur le versant opposé, contempler un magni- :(ne panorama de pics neigeux et d'immenses chaînes e montagnes. Il atteignit enfin le vaste plateau sur ienel est situé le lac de Titicaca, que le temple du Soleil, instruit par les Incas dans une de ses Iles , a rendu si 'lèbre. Puis il visita successivement les villes de Gochaimba et de Santa-Crus de la Sierra, pénétra hardiment los la province de Chiquitos, qu'il sillonna dans tons les •ns jusqu'à la rivière du Paraguay et à la ville brésilienne i Uato- Grosso, étudia les mœurs des Gnarayos, tribu entre tout à fait sauvage , parcourut la province de Mozos, 1 N. - E. du Haut - Pérou , vécut au milieu des forêts l'habitent les Indiens Yuracarès , reconnut le point de irlage du grand versant du Rio-Béni et du Rio-Maoré, revint à Santa-Cms, visita Potosi, la ville aux iioes inépuisables , et enfin s'embarqua pour la France ir la côte du Pérou, Ce beau voyage n'avait pas duré loins de huit ans. Il eut pour la géc^raphie, pour l'his- •ire natnrelle, et surtout pour la géologie, des résultats récieuT.

De l'extrémité de l'Amérique méridionale passons aux tgions qui environnent le p6Ie antarctique ; nous verms des navigateurs de toutes nations, affrontant les mpétes et les glaces formidables de ces mers couvertes étemels brouillards, enrichir la géographie de découfrles et d'observations importantes. Après le glorieux om de Cook, il faut mentionner ceux de William Smitli 1818), du lieutenant Bamsfield, des officiers russes ellinghausen et Lasarcff ( 1 8 1 9 ) , de Botuell ( 1 820 ) , p Weddell (1822), de Palmer (même époque), de iscœ (1830), de Balleny (1839). Cest à ces marins, s nns commisaionnés par leur gouvernement, les antres mplei b«Ietni«ri ou pêcheurs de phoques, que Ton doit

les découvertes successives des Shetland du Sud, des Orcades du Sud, des Terres de Palmer et de la Trinité, des Iles Pierre I*"" et Alexandre !*«", de la Terre d'Knderby, de l'Ile Adélaïde, de la Terre de Graham, des Iles Biscoe et Balleny.

Trois voyages dans ces mers circompolaires du Sud ont acquis une célébrité qui nous oblige à leur réserver ici une mention particulière ; ce sont les voyages de Dumont - d'Unille , du capitaine James Clarke Ross et d j lieutenant américain Wilkes. Ce dernier a prétendu avoir découvert le continent antarctique le même jour que d'Urville ; mais un procès plaidé devant les tribunaux des États-Unis et le témoignage même des officiers de l'expédition américaine ont démontré que le lieutenant Wilkes s'était trompé en affirmant cette grande découverte. Restent donc les deux antres voyages. L'expédition française commandée par le capitaine Dnmontd'Urville, après une soigneuse exploration du détroit de Magellan, s'avança, en 1838, vers la région des glaces, et fat arrêtée par la banquise sous le 64*^ degré de latitude. Les deux corvettes ayant voulu franchir l'obstacle qui s'opposait à leur marche, furent bloquées par les glaces pendant cinq jours consécutifs. Elles ne durent leur salut qu'à un coup de vent du S. et aux efforts de leurs équipages, qui leur frayèrent un chemin à travers les blocs immobiles. Une excursion dans une direction différente amena la découverte des ferres de Louis - Philippe. Retournant au N. , d'Urville visita, conformément à ses instructions, les Iles Juan-Femandex, Marquises, Taîti, Samoa, Vavao, Hapaï et Viti. Après avoir parcouru les Iles Bancks, Vanikoro, Salomon, Abgarris, Carolines, il arriva au port hospitalier de Guam. Enfin il entra dans le grand archipel d'Asie , puis explora les rivages da la Nouvelle-Guinée, de l'Australie, des Iles de la Sonde, fit le tour de Bornéo, et alla faire un court séjour à Hobart-Toxi/n , dans la Tasmanie. Les fièvres et la dyssenterie avaient déjà tué quatre officiers et trente matelots des deux équipages. En janvier 1840, tAetro^ lobe et la Zélée (1) cinglèrent de nouveau vers les glaces, nuis en se dirigeant sur cet espace immense compris entra 120 et 170° de longitude, q<i aucun navigateur n'avait encore exploré. Le 19 du iLâma mois on découvrit la terre Adélie, et peu après la côte Clarie, qui, suivant toute probabilité, font partie du continent austral. A leur retour vers le N. , nos compatriotes .étudièrent avec soin les cdtes de la Nouvelle- Zélande , des Iles Loyalty, de la Louisiade , de la Nouvelle-Guinée, enfin les dangereux récifs du détroit de Torrèa.

Quant au capitaine Ross , sa mission n'était point aussi vaste ; elle se bornait à la recherche de la grande terre antarctique dont d'Urville avait découvert une partie. Lca deux navires placés sous les ordres de cet habile officier étaient CErèbe et la Terreur.' Dans une première campagne commencée dans les premiers mois de 1 840 , on signala une terre par 70« 47' laL et 172^ 36' long. E. Cétait un assemblage de montagnes à pic, hantes de 9 à 12,000 pieds anglais (2), couvertes de neige et flanquées d'immenses glaciers qui s'avançaient dans l'Océan comme de vastes promontoires. Une Ile aperçue dans le voisinage reçut le nom de la reine d'Angleterre. Par 76° 8' de lat. et 168o 12' long. E. , les Anglais abordèrent à une autre Ile. Le lendemain on vit une montagne haute de 12,400 pieds et qui lançait à une élévation prodigieuse des flammes et de la fumée : ce volcan fut nommé mont Erèbe. Après avoir atteint le 78« degré 4' de latitude , point le pins élevé auquel on soit jamais parvenu dans ces mers, l'expédition rétrograda, en côtoyant toujours la grande terre reconnue tout d'abord, et sur la-

(1) CêU* oorvctlc était conatadée par U eqpiltlaa ite^iaJ.lC (i) L« pied tBgUU «gais S-dédaétni tt w patitt ttuli^

IXSTRICTIOX POLR LE PEtPLE.

aii

quelle il iîit impossible de débarquer, à ctiite des glaces qni reolouraieot Oo constata qae celle terre s'étendait au S. , presque depuis le 70« degré jusqu'au 79' de latitude : elle fut appelée lart de Victoria, La deuxième 'oi.nagne du commandant Ross fut sans succès. La troisième eut pour résultat la découverte, par 64** 12* laL et 56^ 49' long. O., d'une petite Ile volcanique. De nouvelles tentatives faites pour pénétrer dans les parages voisins du pôle restèrent infructueuses.

Le voyage de Dumont-d'Ur ville, indépendamment des découvertes dont il fut l'occasion dans les régions antarctiques, a des titre^sérieux à rattention du monde savant Grâce à nos compatriotes, la connaissance de 12,000 lieues de côtes, principalement dans l'Océanie , fut acquise i l'hydrographie. Du reste , les dernières circumnavigations avaient bien perfectionné la géographie de cette partie du globe. Eu 1804-1805, l'amiral russe Krusenstem y exécuta un grand voyage qui ne fut pas sans fruit au point de vue hydrographique. En 1819, Bellinghausen, dont nous avons parlé plus haut, sévit une partie de l'archipel Pomotou, y découvrit l'île Lasareff^en signala une autre nouvelle dans l'archipel Viti, et ajouta son contingent d'observations à celles que l'on possédait déjà. A la même époque, le capitaine français Freycinet découvrit l'tle Rose dans l'archipel Samea, visita les Carolines , l'tle Wegiou , et résolut d'intéressantes questions concernant divers points de ces mers lointaines. En 1823 et 1824, le capitaine Duperré donna de nouvelles notions sur les Carolines, découvrit Ttle Bigali , explora le groupe de Ralik, et exécuta de précieux travaux dans la Papouasie et i la Nouvelle-Zélande. Dumont-d'Urville, dans sa première campagne autour du monde (1826-28), explora, dans une trèfr^rande étendue , les côtes de la Nouvelle-Zélande , de l'archipel Viti, des Iles Loyalty, toute la partie S. de la Nouvelle - Bretagne, la partie N. de la Nouvelle -Guinée, les lies Vanikoro, Hogoleu et Peliou. Le capitaine Liitke , de la marine impériale russe, qui sillonna l'Océanie en 1828, découvrit les ties Nomoulouk (archipel des Carolines) et les Iles Olimiran. Dans cej dernières années le commandant Laplarc , sur la frégate tArtimiu , et le capitaine Du Petit-lhouars, sur la Vénns^ ont parcouru le même Océan , mais dans des directions différentes. Le premier a poussé ses excursions jusque sur la côte d'Arabie ; le second a visité, entre autres contrées, le Kamtchatka, la Californie et l'Australie.

Après La Pérouse et Broughton, compagnon de voyage de Vancouver, l'amiral russe Krusenstem avait rendu beaucoup plus parfaite la géographie de l'archipel des Kouriles, des côtes du Japon et de la mer d'Okhotsk. Le capitaine Maxaell, conmiandant du vaisseau de guerre qui portait lord Amherst, ambassadeur anglais en Chine, compléta les travaux de ses prédécesseurs dans ces parages peu connus. L'excursion de l'escadrille anglaise dans la mer Jaune eut pour résultats de véritables découvertes, entre antres celle de plusieurs fies qui furent appelées iUs de êir James Hall. En somme , cette expédition démontra que la côte O. de la presqu'île de Corée avait été placée sur les caries beaucoup trop à l'occident de sa position réelle. Elle fit aussi connaître un vaste archipel que nul Européen n'avait encore abordé. Le capitaine ïfaxwell visita Lieou-Tchieon , où il ne ' put se faire accueillir qu'en simulant un naufrage et en demandant secours aux habitants de l'tle. I

Les côtes septentrionales de l'Asie , quoique visitées à plusieurs reprises par les Russes et par quelques Anglais depuis la fin du 15« siècle, étaient encore très-imparfaitement connues en 1820. Le Commodore Billings, chargé, en 1785, par Catherine II d'explorer cette ligne immense du littoral maritime , ne put s'avancer par mer le long des côtes , ni à TE. à partir de l'embouchure de la Kolyma ,

ni à ro. au sortir du détroit de Behring. En 1808. II. Gedenchtrom, à qui avait été confiée une missoo dr même nature , se borna a explorer les ties nouTellenMnt découvertes dans la mer Glaciale et i relever quelque» points de la côte continentale. Le lieutenant Wrangell, aujourd'hui amiral, fut chargé de combler les lacana qui existaient encore dans les cartes de la Sibérie , et m rendit sous les latitudes les plus septentrionales de c«i régions désolées. Il s'agissait d'étudier tout le riisge compris entre le cap Chélagsk et le cap Xord de Gook. et de constater s'il existait dans les environs du preaie de ces promontoires un isthme unissant FiVsie a IWinrrique.

Ce périlleux voyage, commencé en 1820, ne se termina qu'au milieu de 1824. Les instructions de IL de Wrangell furent fidèlement suivies. Outre le cap Cbelagsk , il étudia le cap Baranoff-Kamène et relen In côtes de TOcéan, de l'embouchure de la Kolyma à ce pn>montoire. Il constata que l'hypothèse de l'existence ivu terre voisine des côtes était mal fondée. En outre, i rectifia et compléta la géographie de tonte cette ptrik du continent asiatique.

En 1843, II. lliddendorfT a exploré avec succès, ri au milieu de mille dangers , les côtes de la aier Glaciilr entre Truroukansk , les sources de la Khatoonga rt k cap Taimoura. Puis , traversant toute la Sibérie du \ • O. au S. - 0. , il alla visiter les borda de la mir d'Okhotsk, les lies Chantar et une partio de la Huà^ chourie.

Les voyages dans l'intérieur de l'Asie , sans atoîr ru pour but des découvertes, dans le sens réel de ce mot. ont , depuis le temps de Marco-Polo et de ses sncceisruv immédiats, éclairé d'un jour éclatant la géograpk;r J cette partie de l'ancien monde. Pour la Chine , ob di/t: beaucoup aux missionnaires de l'ordre des Jésuites; poLr les frontières septentrionales de cet empire à KUprotÎ! à Timkowsky, à II. de Humboldt, à M. Pierre de Tcb hatchefT; pour le Thibel , à Turner; poar la chaîna l l'Himmalaya et les contrées adjacentes, au lieatroAA: Webb et au capitaine Râper, à Moorcraft, au cûltHM*. Cravford, à II. Fraser et à notre compatriote Ijci^r Jacquemont ; ce dernier parcourut les Indes anglaise» a savant infatigable et a laissé des matérianx preccmi qui , réunis à ceux du célèbre major Reouell et d'or foule d'autres écrivains spéciaux, ont permis de dm«> une carte exacte et complète des royaumes tndiesi^ M. Henry Pottinger a fait connaître le Belootcfaistan << le Scindy ; Eiphinstone et Alexandre Bnmea, TAfghsiii»tan ; Bûmes poussa ses explorations jusqu'à Bonkhan que M. de Meyendorff visita également M. Uoursvirf rapporta de précieuses notions de son voyage dans la Turcomanie et le royaume de Khiva. La Perse a éié a^ lonnée à différentes époques et pour ainsi dire rett\^ k l'Europe par une foule d'observateurs an nombre desquels il faut citer eu première ligne Tavemicr. Chardit , If. Amédée Jaubert , Hoorcraft, Ifoner, Fraser, ktr- Porter, Alexander, et en dernier lien Mil. Coste et E«gène Flandin. Niebuhr, Burkhardt, Rûppd ont pa r^ cueillir dans leurs pénibles pérégrinations de préoKx renseignements sur l'Arabie.

II est temps de parler des découvertes efTectnees »' le continent africain. C'est par là que noos tcrmîMrac^ cette introdudion.

On a vu quel était Tétat des connaissance* gcogr^^ qnes sur l'Afrique au moyen ^e et m^me après ks ctutbres navigations des Portugais le long de ses côtes àm» les 15« et 16'' siècles. A la fin du 18*, Tintérienr de crtv partie du monde était encore ignoré. On vofait sor f* cartes quelques lignes indiquant le littoral ; mais le rtstre , à une faible distance de la mer, était laissé en h\aDC Le cours du Niger n'avait jamais été délemioc: la

DËCOLVKRTES MARITIMES ET COXTIXEXTALES.

soarce de ce grand fleuve n'était pas plot cooQue qae le lieu où il te perd. Depuis de La Brue, qui écrivit eu 1697 , et Moore , qui voyagea en 1730 , un demi-iiècle s'était écoulé sans qu on eut remonté le Sénégal au delà des cataractes de Felu , ni la Gambie au delà de celle de Baraconda.

Peu à peu , mais tardivement , la lumière se fiL Le savant docteur Sporrmann parcourut l'extrémité méridionale de l'Afrique ou le pays des Hottentots. Les régences barbaresques furent étudiées nar Shaw et quelques autres voyageurs. Norden visita l'Egypte et la Nubie. Bruce pénétra dans TAbyssinie , et , malgré Finexactitude d'un grand nombre de ses assertions , rendit quelques services à la science. Le Vaillant, dont le nom acquit une lérilable illustration, se rendit ches les Hottentots et fit connaître las mœurs de quelques tribus cafres , ainsi que le cours de quelques rivières qui arrosent leurs domaines. Le récit de ce naturaliste , empreint d'une exagération puérile et semé de fables destinées à eharwur les cœur» sensibUi , a pourtant été reconnu vrai dans presque tous ses détails positifs.

Nous devons nous borner ici à indiquer les voyages les plus importants, et particulièrement ceux qui ont fait faire le plus de prognb à la géographie. Au premier rnng de cette catégorie, il faut placer les voyages de Ulungo-Park.

Mungo-Park était Écossais et avait étudié la médecine. Sn passion pour les aventures le décida à accepter les propositions de la Société Africaine de Londres, qui l'engageait à aller explorer les régions que baigne le Niger. Il arriva en juin 1795 à Jillifrey, sur la rive nord de la Gambie. Il remonta cette rivière jusqu'à lonkakonda, résida à Pisania , l'un des derniers établissements anglais sur la Gambie , puis traversa les forêts qui séparent cette rivière du Sénégal, et, franchissant le Bambouk et le Ludamar, atteignit Sego, capitale du Bambara. Là, le Niger, ou Djoliba, se montra à ses yeux fatigués. 11 coulait de rO. à TK. , et sa largeur était celle de la Tamise à Londres. Notre voyageur le suivit jusqu'à Silla. Mallieureusement il sentit bientôt ses forces épuisées. Amaigri par les privations , couvert de baillons , presque nu , dénué des premières ressources , il n'eut pas le courage de continuer sa marche vers Tembouctou , dont il se ju- ^jeait encore très-éloigné. En conséquence , il rétrograda , et , reprenant la même roule , termina son voyage au point où il ritait entrepris.

Malgré les critiques dont les travaux de Mungo-Park ont été l'objet, il est certain que celte exploration jeta une vive lumière sur les contrées intérieures de l'Afrique sitaées entre l'Atlantique et le Niger. Mais le but principal de la mission du voyageur ne fut pas atteint : c'était de déterminer la direction générale du Djoliba.

Un antre Anglais cherchait, à la même époque, à pénétrer au centre du continent sur un autre point Browneosa s'enfoncer seul, et presque au hasard, dans les régions méridionales situées par delà l'Egypte et la Nubie. Parti de Syout le 23 mai 1793 , il se fit admettre dans la caravane du Soudan, traversa la grande Oasis et arriva dans le Dar-Four. Malheureusement, à peine avait-il commencé ses observations sur ce pays , tout à fait vierge pour la science, qu'il fut privé de sa liberté. Son retour en Egypte neut lien qu'en 1798. Malgré sa captivité presque continnelle , Browne put faire eonnattre le Dar-Four à l'Europe, au moins quant à ses principaai traits géographiques et à ses plus remarquables prodnctioDS. 11 indiqua les limites de ce royaume , et apprit aox géographes que les fleuves de la Nigritie orientale se dirigent du N. an S. coulant à peu près parallèlement an nil et descendant des plateau du Dar - Four et de Rounga. Depuis Browne, aucun Européen n'a visité cette contrée , et les seuls renseignements qu'on en ait eus sont

dus au cheikh Mohammed-el-Tounsy , qui , au commen- ' cément de ce siècle , a résidé plusieurs années auprès du ' sultan forien.

En 1797-96, Hornemann, grâce à la réputation de xélé musulman qu'il avait su se faire parmi ses compagnons de voyage, put franchir, en compagnie d'une caravane, la distance qui sépare l'Egypte de Moursonk, capitale du Fetxan. On lui doit, entre autres choses , une curieuse description des oasis de Siouah et d'Aujelah , et des notions nouvelles sur le désert qu'il avait traversé. L'infortuné jeune homme mourut à Nyffé , dans le centre de l'Afrique.

Une seconde expédition de Mungo Park eut encore pour objet de découvrir la véritable direction du Niger ; elle fut moins heureuse que la première : Mungo- Park trouva la mort dans les eaux du fleuve dont il voulait étudier le cours. Parmi les résultats géographiques de ce funeste voyage , il faut signaler la constatation du lac Dibbie et des rivières qui en sortent ou qui s'y rendent

Citons , pour mémoire seulement , le récit que le matelot Robert Adams , jeté par une tempête sur les côtes d'Afrique, fit de son voyage forcé à Tembouctou.

L'idée que l'écoulement du Niger dans l'Atlantique avait lien par le fleuve du Congo, ou Zaïre, était dominante en Angleterre dans les premières années du siècle actuel , et détermina l'expédition du capitaine anglais Tuckey. Le résultat de cette entreprise, tentée en 1816, fut une reconnaissance exacte de l'embouchure du Zaïre. Tuckey et vingt et un de ses compagnons succombèrent aux atteintes de la fièvre.

Le voyage de Gray et Dochard ne produisit que quelques notions nouvelles sur le Bondou. Celui de Bowdich dans l'Achantie fut beaucoup plus fructueux. Boudicb avait la qualité d'ambassadeur, et, pendant plusieurs mois de séjour à la cour du souverain des Achantes , il put observer tout à son aise les mœurs étranges de la population qui l'entourait Rien de plus mtéressant , de plus original que sa relation. Au point de vue géographique elle est moins importante , car le savant Anglais ne s'avança pas au delà de Coumassie , à dix journées de l'Océan. Mais un asses grand nombre de renseignements recueillis par lui sur l'intérieur du continent furent considérés comme pouvant faciliter la solution des questions qui préoccupaient le monde savant

La France peut revendiquer sa part de gloire dans l'exploration de l'Afrique au 1 9« siècle. A vrai dire elle ne fit que suivre, à cette époque, les exemples et les traditions de ses voysgeurs du siècle précédent En 1818 , M. Mol lien , échappé au naufrage de la Méduse , se proposa d'arriver aux bords du Djoliba et de chercher les sources des grands cours d'eau qui sillonnent la Sénégambie. 11 traversa le Fouta - Toro , le Bondou , le désert qui sépare ce dernier royaume du Fonta-Djallon , et enfin le Kabou dans la direction du S. an N. La maladie , l'extrême fatigue et l'épuisement de ses forces empêchèrent notre courageux compatriote de franchir les hautes montagnes qui séparent le bassin du Sénégal de celui du Niger. Néanmoins, et malgré ses souffrances, il sut rendre son voyage utile à la science en la mettant sur la voie de la véritable position des sources du grand fleuve de la Nigritie , en faisant connaître le Soulimana et le Kourauko, royaumes qui ne se trouv^eut jusqu'alors indiqués sur aucune carte, enfin en donnant des informations détaillées sur la topographie de certaines régions de la Sénégambie. M. Mollien affirma avoir découvert les sources du Rio-Grande , de la Falémé , de la Gambie et du Sénégal, ce qui a été contesté, l'honorable voyageur n'ayant pas suivi ces cours d*ean de façon à s'assurer positivement si les sources que les indigèn^liû indmaè* rent étaient bien celles qu'il cherchait. OVJ^lv^

iil6

Quatre ani plus lard , le major Laing donna la descriplioa du Timanni , da Konraoko e( du Sonlimana , traça le cours de la Rokelle , du Scarciea , de la Kalaba , et découvrit la source du Niger à peu près à Kendroit où U. Mollien Favait signalée.

Les tentatives qui avaient pour point de départ la cale occidental/e n'ayant pas en tout le succès qu'on en avait attendu, les géographes , les sociétés savantes et les gouvernements européens reportèrent leurs regards vers le S. Kfl 1819, deni Anglais, MM. Ritchie et Lyon, partirent de Tripoli , se dirigeant vers rintérieur. Après la mort du premier à Mounouk, Lyon explora les parties méridionales du Feixan , sur lesquelles il a laissé de précieux renseignements. La détermination de la position géographique de Gatrone, de Tegherry et de Mounouk ; la révélation de la ville de Gbraat , entrepôt d*un commerce actif; la description exacte du Fexsan, désormais assimilé à un désert sablonneux et stérile ; enfin une foule d'indications sur la lone centrale du continent , indications qui devaient ouvrir la voie aux explorateurs futurs, tels furent, en résumé, les fruits de cette entreprise, qui fit grand honneur au capitaine Lyon.

La route, ainsi jalonnée par cet officier, ne tarda pas i être suivie par trois de ses compatriotes : le lieutenant , plus lard major Denham , le Keutenant de marine Clapperlon et le docteur Oudney. Noos regrettons que le manque d'espace nous empêche de raconter en détail ce voyage, un des plus beatix, des plus fructueux, des plus dramatiques parmi ceux qui ont eu l'Afrique pour théâtre. Les trois voyageurs partent de Mourxouk en novembre 1822, passent par Tegherry et Dilma, traversent les sables brûlants du désert pour atteindre Agades, et arrivent enfin dans le royaume de Bornou. Là le lac Tchad étale i leurs regards charmés ses tles verdoyantes , ses rives chargées d'une végétation vigoureuse. Dans une expédition guerrière à laquelle il s'adjoint, Denham pénètre jusqu'au 9<' degré de latitude N. , à 450 milles du vieux Catabar, sur la cdie de Guinée. Clipperton et Oudney traversent les mines du vieux Rirnie, s'arrêtent à Bally, i 120 milles de Kano. En revenant i Kouka, la mort frappe l'un d'enfre eux , le docteur Oudney, qui expire à Mourmonr le 1 2 janvier 1 82 1. Continuant sa roule, Clapperlon arrive i Sakkafou, sur les rives du Yeou, ou Quolia. La il apprend que le grand fleuve qui passe à Tembouctou , après de grands circuits à ro. et à i'K. , coule au S.-E. et au S. jusqu'au golfe de Bénin ; puis il rejoint son ami , le major Denham , qui , lui aussi , a vu mourir entre ses bras nu compagnon de voyage, le jeune Toole , récemment arrivé de Tripoli pour partager ses périls et sa gloire. Denham avait fait d'importantes excursions avec le nouveau -venu ; il avait descendu le cours du Chowey jusqu'au lac Tchad , visité le pays de Loggoum et Koumook, sa capitale (1 1 <> 7" lat. ). Ce fut i Angola que le malheureux Toole succomba à ses fatigues. De nouvelles promenades militaires, faites en compagnie du prince du pays, permirent i Denham d'explorer une grande partie du Tchad. Après sa jonction avec Clapperton , il reprit la roule de llourzouk et de Tripoli, où une réception vraiment triomphale y attendait les intrépides officiers.

Ce simple résumé peut donner une idée des magnifiques résultats de ce voyage. Qu'on jette les yeux sur une carte moderne d'Afrique : toutes les positions géographiques qu'on verra indiquées dans le Bornou , autour du lac Tchad , celle de ce lac lui-même , la direction des cours d'eau de celte région , la rectification du tracé du Niger , enfin les détails topographiques , tels que la direction des montagnes , sont dus i Denham et à Clap- ' perton.

Il était réservé k ce dernier de couronner sa carrière de voyageur par un succès non moins éclaUnt. Cette fois, il

s'agissait de te rendre directement à Konka^ dans le entre , en partant du golfe de Bénin. OUigé presqoe u début de quitter les rives empestées du fleuve , Clapperton atteignit néanmoins Sakkatou , ou il avait déjà wjoumé dans son premier voyage ; mais il élsit coodimo' à ne pas aller plus loin : il mourut en avril 18i€ , taiisaut son œuvre imparfaite, mais avec la gloire d'avoir complété l'itinéraire de Tripoli i Bénin et enrichi U géographie d'une foule de dannées exactes et nouvelles.

Tandis que Clapperlon payait de sa vie son inlrnl amour pour la science et sa passion pour les déconTcrtn. le major Laing traversait les déserfs de Tripoli pos' gagner Tembouctou. On a dit qu'il avait touché le bot quelques jours avant sa mort (septembre 1826).

Ce que n'avaient pn faire tant d'hommes dislingwi par leurs lumières et leur courage , nu Français , d'ssf instruction médiocre, mais doué d'une rare énerjir. l'anoomplit avec un admirable bonheur. Catilié, pirti des cAtesde la Sénégambie, arriva le 30 avril 1828 à Todboucton , où il séjourna tout un mois, et opéra son rrtosr par le Maroc. L'aspect de cette ville si renommée ne npondit pas à son attente. -Suivant lui , elle ne compte qor 10 ou 12 mille habitanU.

En 4 830 , deux Anglais , Richard et John Lander. ir premier, ancien domestique de Clapperton , entreprimi de résoudre le problème de la direction du Niger sa poin où la question avait été laissée par llnngo-Park et C3«pperton. Ils se proposaient de descendre le fleuve i putr de Boussa , où son passage avait été constaté , et de smvre son cours jusqu'à l'Océan , pour s'assurer de li tn** situation de son embouchure.

Les frères Lander remontèrent an deli de Boa$M. c'est-i-dire jusqu'à Yaouri , et ce fut de ce poial ^oVi commencèrent leur descente. Après mille daogen. h arrivèrent à la mer par la branche centrale ou priBcipd^. qui n'est autre que la rivière de Noun. Ainsi , la taan* du fleuve avait été déterminée par Laing mus la ialito^ de 9» 25' N. et la longitude de 1 2o 5' à KO. du ménd. it Paris , au pied du mont Loma , entre le Soulimana H I' Sangara. Depuis ce point jusqu'à Tembouctou , wncovi était connu ; mais à partir de cette ville jusqu'à Yt««i il est resté problématique. Les frères Lander k fins: connaître de cette ville jusqu'à l'Océan, et doDnèreol.(-** là , une partie de la solution si longtemps cherchée.

Depuis quelques années, l'attention de rKurope. rt surtout celle de la France , s'est dirigée tur^noe partie ii continent africain , non moins intcressaole à étodief ipoint de vue géographique que sous le rapport des nMrt.'s des productions et du commerce : noos voulons ptner de I Abyssinie. De courageux et savante voysj^n. IfU. Rnppell, Antoine d'Abbadie, Lefebvre, Petit, K^ chet d'Hériconrt, Bekke, Harris, Galiaier, Ferrri.oii exploré dans tons les sens les provinces de ce beau roysM' Il est résulté de cet ensemble d'efforta une amuikaKt toute nouvelle et très-tatisfaisante , sinon complète, dr ce pays. Entre autres conséquences de œs iutelIijeB^^ investigations , la géographie aura sans doute bico(«i i enregistrer la découverte des sources du Nil. 11. d'.^Utdie a déjà fait faire un grand pas à la question : 'i « lui manque plus que d'aller vérifier sur 1^ lieux rexvLtude des renseignements qui lui ont appris que le ^f^ révéré par les Egyptiens avait ton origine par 7> fâ'è latitude N. et 80<> de longitude, estimée à PO. de Sa^ Nous terminerons en signalant les immenses et np*d0 progrès qu'a faits la géographie des Étals-Barliar»^on depuis 1830. La France n'a pas seulement fait lacofl<|af^ d'une partie do l'Afrique septentrionale; on pest dirr sans hyperbole, qu'elle en a aussi fait la ékooît^' géographiqoement parlant.

^ L. REYBAID et F. LACROIX.

Digitizea

pAKis. — TtrocMPiii PLoa itiars. ne w vtcciu» 31

Paus. —

DUBOCHBT,n.KCHEVALIER it C'V 60, RUE RICHELIEU. —25 curTuuts.

GEOGRAPHIE GENERALE

jPàl^£A*CT/f,t'^

Page 1