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DUBOCHET, LECHEVALIER ir €•% 60, RUB RICHELIBU. —25 cintimu.
PARIS; MONUMENTS, INSTITUTIONS
On a dit avec raison : Il y a Iroii capitales dans le monde : Athènes , Rome et Paris ; Athènes et Rome poor le passé, Paris poar le présent et Tavenir. Depuis qne l'histoire existe , le monvement de la vie hnmaioe , Timpnlsion puissante de la civilisation , le rayonnement des idées s*est successivement concentré snr Tnn de ces trois points brillants de la vieille Europe. Dans quelque région de la terre qne naisse l'homme civilisé , CA qu'il apprend , ce qu'il voit , ce qu'il lit , depuis les bancs du collège jusqu'aux préoccupations sérieuses de la vie publique , ramène forcément sa pensée sur une de ces trois villes maîtresses, capitales intellectuelles du genre humain , qui semblent devenir chacune à leur tour le foyer qui anime le monde. Après la capitale de son pays natal , que l'amour - propre national élève nécessairement au premier rang , quelle est la ville dont le nom revient le plus souvent à sa mémoire , excite le plus souvent sa cnnosité , réveille ses désirs , émeut son imagination ? Vous n'avez pas besoin de le lui demander pour répondre que c'est Paris : rare et précieux privilège , noble suprématie qui fait de la capitale de la France une sorte de capitale cosmopolite par la propagation des idées et l'empire incontesté de l'opinion !
C'est en vain qu'on voudrait nier cette puissance , celte attraction irrésistible qui entraîne vers la France et vers Paris le mouvement général de la civilisation. Toutes les sociétés européennes gravitent autour de la société parisienne ; tout se plie , tout se façonne peu à peu à son image : les nationalités les plus rebelles subissent cette inévitable transformation. L'Europe tend à une générale uniformité, et cette uniformité, c'est nous qui en aurons donné le type. Partout les coutumes locales se modifient , les coalnmes nationaux même disparaissent pour revêtir le costume parisien. Avec les modes et le costume , les mœurs , les usages et la langue prennent droit de cité. Reine des beaux -arts et de la littérature, c'est dans la capitale de la France que les artistes de tontes les régions . ienncnt chercher la consécration de leur renommée , et lonner à leur talent cette dernière fleur de goût et d'éléfance qne la grande capitale peut seule leur offrir : les >eintres briguent l'honneur de figurer dans ses esposiions et tes musées, les musiciens d'être entendus sur ses héâtrrs , les savants d'être admis dans ses académies. — £t cette suzeraineté brillante n'est que l'éclat cl le luic
de la suzeraineté intellectuelle et politique. Les dogmes sacrés de notre émancipation démocratique , les nobles sentiments de notre dévouement patriotique à la cause de l'humanité, se répandent, s'infiltrent, gagnent de proche en proche : terreur pour les uns , espoir pour les autres ! Paris est le fanal sur lequel chacun tourne les yeux : les oppresseurs pour le redouter et le maudire , les opprimés pour le saluer avec joie comme l'annonce d'un nouveau jour. Vivifiantes comme le soleil , les idées françaises feront le tour du monde : liberté de conscience , égalité politique , fraternité civile , voilà l'Evangile parisien ; et il est annoncé maintenant i tonte la terre !
Cette influence qne Paris exerce sur l'Europe entière, à plus forte raison l'exerce-t-il sur la France. Paris dirige , gouverne , absorbe le pays tout entier : on peut dire qu'il le personnifie ; il en est la tête , il en est l'âme. C'est de son sein que part l'impulsion , c'est à lui que tout revient aboutir. De même que , dans un corps bien constitué, les nerfs et les muscles qui transmettent la sensibilité et le mouvement se réunissent au centre où réside la volonté , ainsi Paris est le siège de cette énergique centralisation qui répand son action uniforme et puissante sur tous les points du territohv , et distribue également jusqu'à l'extrémité des frontières les forces et la vitalité nationales. Réunissant à la fois dans ses murs la force du gouvernement légal et bien plus encore la force de l'opinion publique, Paris , on peut le dire , est l'expression de l'unité française , et le cœur où bat sans cesse la vie politique du pays.
Ce résultat n'a pas été obtenu sans peine ; il est l'œuvre de neuf siècles de luttes, d'efforts, de combats, de sacrifices , de triomphes de toute espèce. Si Paris représente si bien la France , s'il se l'est pour ainsi dire assimilée tout entière , c'est que la France est en quelque sorte la conquête de Paris. Tout le royaume a été conquis pied' à pied , ville par ville , province par province. L'unité française , renfermée d'abord sur les rives de la Seine , dans les murs de la rieille Lutèce , a rayonné peu à peu autour de cette étroite enceinte , jusqu'à ce qu'elle se soit étendue et consolidée , comme nous la voyons aujourd'hui , dans cette magnifique fraternité nationale qui fait notre gloire et notre force. C'est l'œuvre de Paris , et elle est trop belle pour ne pas commencer cette description de la grande capitale en esquissant les principaux traits de cette intéressante histoire.
L'empire de Charicnuigne, celte création d'un homme
dont le génie a^ait devancé sa nation et son siècle, venait •de s*écronler ; en secroolant, ses débris se rompaient en rojanmeSf qui se divisaient en provinces, qui s'éparpillaient encore en baronnies , en snierainetét indépendantes, en miettes féodales. Il j avait alors, an centre de ce cbaos, nne ville dont rien n'indiquait l'importance ni les destinées fotures. Son passé cependant n'était pas sans gloire : an temps de la Ganle , la ville des Parini avait lutté une des dernières contre l'invasion étrangère et résisté courageusement aux Romains; plus tard , sous ces nouveaux dominateurs , des empereurs avaient habité dans ses murs. Conquise par les Francs , elle avait été la capitale du fondateur de leur empire , de l'habile et sanguinaire Clovis; mais , pendant les discordes et les guerres de ses successeurs , elle avait perdu cette prépondérance. Le royaume de Paris avait succombé dans la lutte : anéanti par les grands conquérants austrasiens , il avait disparu dans la nouvelle monarchie , et sa capitale , négligée par Charlemagne , était déchue , oubliée. Tandis que d'autres villes françaises, tandis que Lyon, Arles, etc. , devenaient capitales de puissants royaumes, Paris restait sons la domination d'un simple comte , bien inférieur a ns redoutables voisins de Bourgogne , de Champagne , de Bretagne ou de Flandre ; mais ce comte , Robert le Fort , était un homme de talent et de courage. Soutenu par son peuple , qui dans les malheurs et l'abaissement de la nation avait conservé l'amour de l'indépendance et la haine de l'étranger, il lutta contre les barbares normands qui ravageaient la patrie , les vainquit , et mourat au milieu de sa gloire. Son fils , Eudes , fut digne de lui ; et lorsque les Normands voulurent détruire cette ville qui les bravait , Budes , dans un siège mémorable , apprit encore à la France que ces barbares qui l'épouvantaient n'étaient point invincibles. Aussi , quand les seigneurs , indignes , déposèrent le lâche successeur de Charlemagne , ce fut Eudes que les barons français jugèrent dignes de leur commander : Eudes fut roi ; Paris fut de nouveau capitale.
Mais cette souveraineté était bien précaire : une moitié de la France la reconnaissait à peine ; l'autre moitié la repoussa tout i fait et prit un autre chef, Charles le Simple. Après la mort d'Eudes, Robert, son fils, hérita de son comté, mais non de sa couronne : Charles- le-SimpIc resta seul roi.
Le comte fut bientôt plus puissant que le monarque. Tandis que la couronne passait de la tête de Charles captif à Péronne sur la tête du duc de Bourgogne , Paris augmentait ses forces en silence. Hugues , comte de Paris , abbé de Saint-Denis , duc de France , faisait et défaisait les rois. Son fils , Hugues Capet , se crut enfin assez fort pour prendre cette conronne dont son père avait disposé sans la porter, et Paris devint la capitale du royaume de France pour ne plus cesser de l'être.
Mais quelle capitale et quel royaume! La capitale se renfermait presque dans la Gté, et le royaume n'avait que quelques lieues d'étendue. Faut -il dire que le roi Louis VI luttait pendant tout son règne contre le sire de Montihéry, et regardait comme un de ses plus beaux triomphes d'avoir vaincu ce terrible adversaire? que les seigneurs de Corbeil, de Gournay, du Puiset et de Crécy guerroyaient sans cesse sur ses frontières? et que, dans un traité qui fut signé entre le roi saint Louis et Thibault de Champagne , comte de Brie , il fut interdit au comte de mettre pendant sept ans les pieds sur la terre de France , qui n'avait donc de ce c6té que six lieues de large à partir des murs de la capitale?
La puissance de ces anciens comtes de Paris, devenus rois de France, ne resta pas longtemps renfermée dans «es étroites limites. Une suite remarquable de princes, doués de qualités diverses et d'un incontestable talent, •ut arrondir ce mince héritage. Depuis Philippe-Auguste
et Louis IX jusqu'à Philippe-le-Bel et Charles V, depuis Louis XI et François I^ jusqu'à Henri IV et Louis XIV. par guerres, par traités, par achats, par alUanees, il» étendirent de proche en proche leur sceptre royal sur toutes les provinces, détruisirent nne à une les suaerainetés féodales , et s'avançant toujours , malgré d'inévitables revers bientôt réparés , conquirent enfin cette FraBfce que nous voyons aujourd'hui. Paris, capitale, régna de* puis les Alpes jusqu'aux Pyrénées , depuis la Méditerranée jusqu'à l'Océan.
Mais pendant que les rois, appuyés sur Paris, se servaient de sa richesse et de son courage poar recoostituer par la politique et par les armes cette bdie unitr française morcelée par la féodalité . le pe4|>!e de Paris ne faisait pas défaut à l'autre moitié de la tàdie. Les roi» rétablissaient la puissance, les boui^geoia reasaacitaieBl la liberté. Dès l'origine, la kMMse itê wuurekem^ sur frae, établie dans la maison aux Piliers de la Grève , berccaa de l'hôtel-de-ville , avait inauguré les franchiaes communales. A c6té du pouvoir royal , ils intronisèrent le po«voir du peuple ; et quand la lutte s'engagea la preakrc fois , elle fut longue et terrible. Qui ne connaît ces hardis prévôts des marchands, Hngues Anbriot, Robert Lecoq, Estienne Marcel, etc.? Fidèlea à ce senbmeiit instinctif, à cette sorte de prédestination qui porte le peuple parisien à l'avant-garde de la liberté poar toas les autres peuples , ces célèbres tribuns popalaires incirconscrivaient pas leur horison aux moraillcs de la dtr dont ils avaient été élus magistrata. Ils combattaient pov tons et se faisaient aux états-généraux les interprètes H les défenseurs de la nation entière. Donnant la main sat chaperons blancs des villes de Flandre , aox oompagnou de la Verte Tente , compatissant aux sonCTranoes de isrques Bonhomme , les terribles Bourguignons , les ■>gninaires cabochiens , les intrépides maillotiDs , rrpirsentaient , à travers les erreurs et les bmtaKtés de cf« temps malheureux , les principes iraprescripliUes de U souveraineté populaire et de l'égalité démocrmlH|iie. hhltus sous leurs propres excès , comprimés d'abord psr ! pouvoir royal, dont le triomphe était nécessaire tkri pour la constitution de l'unité nationale , ils plièrent sus rompre et sans abdiquer. Au milieu des guerres ôciei des aberrations de la Ligue , des saturnales de la frtmàf on entendit toujours gronder le volcan déoaocratiqat qui enfin, quand l'œuvre providentieUe de la loyaat fut achevée, éclata comme un tonnerre et emporta, pr nne dernière et formidable éruption , tontes les tirauar à la fois , brisant du même coup trône , autel et noUr» pour les rétablir ensuite à sa guise , et en msairant m le fronton du temple restauré : souveraineté da peapk liberté, égalité, fraternilé!
Telle a été l'œuvre de Paris ; c'est ainsi qn'îl a csastitué l'unité française , et cette grande et paissante entralisation conquise par tant d'efforts , de désoemaU et de victimes { et aujourd'hui inébranlable.
Mais en terminant cette œuvre immense , et pscr | mettre le dernier sceau , Paris s'est annulé. Son trirof^ a été celui du principe , celui du peuple , de la o^ > entière. U n'y a plus de provinces, il n'y a pins d»c«^ mune ni de bonne ville. Paris est devenu , nons ï»^-* dit , le cœur de la France. La nation tont entière y i y coule sans cesse comme le sang dans les artères. T**^ y entre et tout en sort C'est un tourbilltm imtc c'est une circulation continuelle de la frontâèrv an <«s-^ et du centre à la frontière ; c'est l'immense oflkif tionale , où tout s'apporte , se forge et se retivnipr . '- •** tout s'écoule et s'exporte. Il n'existe plus de ^viai^i il n'y-a plus que des Français ; et en consaaltant les rfj** tres de l'état civil , on voit , non sans aurpHse , ^ r- m qui natt à Paris n'y trouverait pas la nntsssnee dr « grand-père , et n'y i^rra pas probdUemcnt natee sœ i
PARIS; MONUMENTS, INSTITUTIONS
Paris , c*est la propriété fie toas , l'atelier commun , r hôtellerie de la nation : c'est le résumé de la France.
Maintenant que nous le oonnaissons ainsi , nous allons rétndier.
Quelques auteurs ont déjà fait remarquer que l'emplacement de Paris était celui qui convenait le mieux î la capitale de la France ; si bien que tous les efforts pour placer ailleurs le centre de l'État seraient inutiles, et que par une loi de nécessité , et pour ainsi dire par uue loi mécanique d'éqaiUbre , il tendrait toujours à revenir au point même ou il se trou? e placé aujourd'hui.
Pans occupe le milieu d'un vaste bassin qu'entourent, comme une quadruple enceinte de fortifications naturelles , des chaînes de collines abruptes largement espacées jusqu'à la frontière. La Seine, la Marne, l'Yonne, l'Oise viennent s'f réunir, à travers les provinces agricoles les plus riches, les plus fertiles du territoire, qui bordent la Loire et le Rhône , ces deux grandes artères du midi de la France. Tout amène et concentre la circulation nationale sur ce point feKilc et peuplé , si bien défendu contre les agressions do l'étranger.
Le sol sur lequel Paris est bâti est dans une situation salubre, quoique légèrement humide. L'élévation audessus du niveau de la mer est de 24 m. 50 c. La constitution géologique du sol est telle qu'on aurait pu la souhaiter. Tous les matériaux nécessaires à une grande lille s'y trouvent accumulés , et dans les dispositions les pins favorables. La base est formée de calcaire marin grossier ( pierre à bâtir ) , qui souvent affleure presque le sol y et dont les bancs énonues s'étendent sous toutes les communes environnantes, en pénétrant dans l'enceinte de Paris jusqu'à la rive gauche de la Seine. Sur les bords du fleuve se trouvent des dépôts de sable , des cailloux roulés , des teirains d'atterrissement et de transport , qui forment les plaines des Sablons et de Boulogne , tandis que du nord à l'est s'élèvent les collines de Monlmartre , de Bcllciille et de Ménilmontaut , entièrement composées de gypse, donnant le meilleur plâtre du monde. Des terrains d'eau douce d'une admirable fertilité , jardm potager de la grande capitale, forment les plaines de Saint- Di'nis et de Vincennes.
Le relief du terrain ainsi géologiquement composé est remarquable. Paris occupe une vallée presque circulaire, entourée par deux étages de collines : au nord, les hauleors de Belleville , de Ghaumont , de Montmartre , du mont Valérien, qui se relient avec les éminences de Paaay, de Ghaillot , de Mousseaux , des faubourgs Saint- Denis et Saint-Martin ; au sud et au couchant , celles de Meodon, Bagneux, Sceaux, Villejuif, qui s'abaissent poor former les plateaux de Bicétre, de Oenttlly, de Montrouge , et pénètrent dans l'enceinte de Paris pour former la montagne Sainte-Geneviève.
Ainsi , en planant au-dessus de la ville , et en embrassant d'an coup d'œil le paysage pittoresque qu'elle pré> •ente , nous la verrionë dé<îonpée sur les deux rives de la Seine en deux lones concentriques parallèles. Après One première ceinture de collines, au milieu d'une plaine unie et fertile, se dessinent les bastions aigus et les glacis gaxonncs de l'enceinte militaire ; au delà le sol s'élève pi-ooressivement , et sur la crête d'une seconde ligne de hauteurs se présente le mur d'octroi orné de ses 58 barrières monumentales. Puis le sol s'incline de nouveau sons les édifices qui le chargent, et vient des deux côtes border le cours paisible de la Seine. De légères ondulations rompent cependant çà et là cette pente uniforme; mais ce sont des accidents dus à la main de l*bomme; car, à l'exception des buttes du faubourg Saint-Denis et du faubourg Saint-Marfm , et de la mon» tiigne Sainte-Geneviève, qui appartiennent à la charpente
géologique , les antres éminences intérieures , telles que celles de Saint-Hyacinthe et de l'estrapade , sur la riva gauche , la butte des Moulins , de Bonne-Xouvelle , du Petit-Carreau , des Petits-Pères , etc. , sur la rive droite , n'ont été formées que de terres rapportées. Ce sont d'anciennes voiries , existant à une époque où Paris n'avait pas encore étendu jusque-là ses limites ; et elles doivent leur élévation aux gravois et aux décombres qu'on y apportait chaque jour.
Mais ces éminences s'affaissent et disparaissent aujourd'hui sous les travBui d'une administration intelligente qui lesécréte et les abaisse à chaque instant pour faciliter la circulation ; et bientôt le sol de la ville de Paris , perdant ces légers ressauts qui interrompent encore la tranquille- uniformité de son relief, s'élèvera par pente insensible depuis la Seine jusqu'à l'enceinte de ses bar^ rières , pour redescendre ensuite vers la ligne militaire des bastions.
Sur le sol ainsi disposé , le plan de la grande ville occupe les îles du fleuve , et s'étend à droite et à gauche de la Seine , qui la divise en deux parties à peu près égales. En y jetant un premier *coup d'oeil, on ne distingue d'abord qu'un réseau de lignes confuses , dirigées dans tous les sens, se coupant sous tons les angles; dédale inextricable où les rues longues on courtes, droites ou courbées, semblent éparpillées comme au hasard. Mais , après un moment d'attention , ce chaos apparent se régularise peu à peu ; l'œil saisit sans peine et suit dans leur développement les grandes lignes qui divisent comme-autant d'artères principales ce tissu de rues et de carrefours. On voit alors rayonner les routes qui répandent du cœur aux extrémités le mouvement de la vie parisienne.
Il n'en est point de Paris comme de ces villes modernes tracées au cordeau , créées d'un seul jet , et dont on a dessiné d'avance le plan symétrique sur le papier. Le vieux Paris s'est fait peu à peu , presque an hasard ; les sentiers, tracés dans les champs par le pied du voyageur ou du bourgeois en promenade, se sont successivement hordes de maisons , et la ville s'est agrandie en suivant ces voies irrégulières en apparence : mais, en cela, l'instinct du peuple parisien l'a encore admirablement servi. Un grand géomètre indiquait comme un modèle parCût, pour tracer les lignes de la plus courte distance du centre d'une circonférence à un peint quelconque pris dans l'intérieur de cette circonférence , la toile lég^e tissée entre deux rameaux par l'araignée des jardins. Eh bien , c'est le modèle qu'a suivi ou plutôt deviné le bourgeois parisien. Examines un plan de Paris : c'est la même forme elliptique, ce sont les mêmes grandes lignes droites rayonnant en éventail du centre à la circonférence ; ce sont les mêmes lignes brisées , concentriques , parallèles, coupées çà et là par de courtes diagonales pour abréger la circulation locale. Sur la rive droite, les grandes lignes rayonnant en éventail , Saint - Antoine , du Temple , Saint-Marlin , Saint-Denis, Poissonnière, Montmartre, Saint-Honoré et les quais. Sur la rive gauche , les quais également, Saint-Victor, Monffetard, Saint- Jacques , La Harpe, Dauphine, etc.
Ce plan, si régulier dans son irrégularité , s*est formé peu à peu. Pendant les deux premières races, Paris, renfermé dans la Cité, n'occupait sur la rive droite qu'une étroite langue de terrain depuis la place de l'Ecole jusqu'au Châtelet, et depuis le Châtelet jusqu'à l'Archet Saint-Merry ; sous Philippe-Auguste , une nouvelle enceinte fortifiée fut construite. Sur la rive droite elle s'appuyait contre la tour du Louvre , traversait la rue Saint- Honoré à la hauteur du portail de l'Oratoire , longeait la' halle au blé, coupait la rue Coquillière, la rue Montmartre à la rue du Jour , la rue Saint-Denis à l'impasse de la Porle-aux-Peintres , la rue Saint-Martin en face de-
la me Grenier-Siint-Laiare , la porte Saiot-Antoine visi-vif de l'égliie Saint-Paal , et revenait à la rivière à la me des Barres. Sar la rive ganche, elle prenait aa-detiot du pont de la Tonmelle, snivtit les met des Fossés- Saint-Beraard , Saint-Victor , Saint-Jacques , Monsienrle-Prince , Saint-Gennain-des-Prés , et finissait à la tonr de Nesie , située an pavillon de l'Institut.
Cette enceinte fut conservée longtemps , et on en voit encore aujourd'hui les débris ; ce fut elle qui , sur la rive gauche, reçut les assauts de Henri IV. Sur la rive droite, le Prévôt Estienne Marcel fit une troisième enceinte qui enfermait le Louvre, traversait le Palais-Royal et la place des Victoires , suivait la me des Fossés-Montmartre , la me Neuve-Saint-Denis, la rue des Touraelles et l'Arsenal. Une quatrième enceinte fut construite sur la rive droite sous Louis XIII , et suivait à peu près la ligne des boulevards intérieurs depuis la Madeleine jusqu'à la Bastille. Kn 1786 , on commença la constraction de l'enceinte actuelle du mur d'octroi; et cette enceinte contient 3,450 hectares.
Cest ce vaste enclos que la circulation a découpé ainsi que nous venons dl le voir. Avant de nous engager dans ce labyrinthe habité, pour visiter de plus près les monuments qui le décorent , les grandes institutions politiques, administratives ou sociales, qui y ont établi leur siège, disons que cet immense réseau de voies publiques -bordées d'environ 30,000 maisons, compte au moins 500,000 mètres de développement, c'est-à-dire 125 lieues. Ainsi, en supposant qu'on les mtt toutes au bout les unes des autres pour en former une seule me, l'extrémité de cette me irait se perdre en Suisse, en sorte qu'on pourrait aller à Genève en se promenant sur les trottoirs et en regardant les boutiques parisiennes.
Il fallait assainir , arroser , éclairer cet immense parcours. Pour y parvenir, on a construit 530,000 mètres de trottoirs, on a pavé 3,360,000 mètres carres de voies publiques, dont l'entretien absorbe près de 3,000,000 de pavés par an et 2,700,000 francs; on a creusé sous les chaussées 126,310 mètres, ou 32 lieues d'égouts; on a élevé l'eau de la Seine ; on a, par des aqueducs , des conduits souterrains, des canaux, amené à Paris les eaux de l'Onrcq , d'Arcueil, de Belleville, de Ménilmontant Ces eaux circulent sous le sol de Paris au moyen de 212,700 mètres de tuyaux qui alimentent 126 fontaines publiques, 15 fontaines marchandes et 1,799 bornes-fontaines, indépendamment des services spéciaux constitués pour les établissements publics et particuliers ; enfin , le puits artésien de Grenelle porte jusque sur les hauteurs de l'Estrapade les eaux chaudes attirées des entrailles de la terre.
L'éclairage public était fait autrefois au moyen de lanternes à Fhuile , qui ne projetaient qu'une douteuse lueur. On les a remplacées pour la plupart par l'éclairage au gax. Il a fallu 150 lieues de tuyaux de conduite avec leurs ramifications pour desservir les becs destinés à l'éclairage public et à celui des particuliers.
C'est dans cette gigantesque fourmilière, assainie par ces utiles et dispendieux travaux , que vit et s'agite une population de 1,100,000 âmes, affairée, active, industrieuse. Cest dans ces 2,214 voies publiques, encombrées par ces nombi^ux piétons, que courent jour et nuit près de 62,000 voitures de toute espèce ; 558 fiacres à un et deux chevaux, 42 coupés à deux chevaux, 506 coupés à un cheval, 733 cabnolets à deux et quatre roues, 197 voitures supplémentaires, 340 voitures de transport en commun ou omnibus, 69 cabriolets de l'extérieur ou coucous, 1 ,068 carrosses et cabriolets de remise et sous remise, 1,000 diligences de long cours des environs de Paris ou des chemins de fer, 6,000 cabriolets bourgeois et 15,000 équipages, landaws, beriines, calèches, coupés, etc. , 1 ,679 voitures à bras pour les porteurs d'eau,
et30,0(H)
641 voitures à cheval pour le i
voitures, charrettes, baquets, lombereaux, canioM.
fardiers, tapissières, etc., etc.
Ajoutes 140,000 chevaux, et pour tout compter enfis. près de 100,000 chiens. — Et vous oonprendret Frffrayante activité , l'effrayant tapage qui ébnnle chsqse jour et chaque nuit la grande cité.
Maintenant franchissons l'enceinte de la ville, et apm avoir pris cette idée sommaire de Pensemble , ohtenow les détails, admirons les monuments , et exauiiooDS Vorganisation administrative qui dirige et régnlarite le prodigieux mouvement de la capitale.
ni.
Pour apprécier dès le premier pas la splendeur bmismentale de Paris , pour comprendre dès l'abord ce qa'rst cl ce que doit être la capitale d'un pays comme la Frtscr. il est une entrée , majestueuse entre tontes , par laqaellc l'étranger doit passer.
A l'extrémité de la belle avenue de Neoilly, an milin d'une vaste place entourée d'arbres en amphithéâtre, il voit d'abord s'élever un arc de triomphe colossal , dktn
(Arc-de-trionpli* dé l'Etoile.)
de riches sculptures, paré d'une ceinture de victoires el portant, gravés sous ses arches gigantesques, les wm illustres des généraux qui ont bien mérité de li pttré- Au delà , descend encore une magnifique avenue tnmsaut une verdoyante promenade dont les massifs oodoleai s'ouvrent pour montrer aux yeux des jets d'eàu jailliittBl autour des statues, d'élégants édifices isolés au milieu de*
Maison de FnoroU I*^.
arbres ; il arrive ,' il s'arrête au milieu d'une dei plac** les plus vastes du monde : là s'élève l'obéhsqae cgjptio
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PARIS; MONUMENTS. INSTITUTIONS
entouré dé fonUinet monnmeDUlet , de colonnes doréei, de statnet noblement aifiiet ; paii, d*nn c6lé , Télégant et majeitueni Garde-meuble, dont les denx palais, séparés par nnê me mooomentale , laissent voir an delà le Ironton grec de la Madeleine, qui lui rappelle le Partbénon ; de l'antre , encore des palais , des jardins et Tédifice romain oà siègent les députés ; enfin , devant loi , la ligne royale des Toileries , à demi voilée par les superbes plantations de Le Nôtre , et qui regarde Tare de triomphe dont les imposantes proportions semblent encore, an bout de la longue avenue, dominer la ville et lui jeter le souvenir de sa gloire. C'est un grand et sublime spectacle dont la richesse Témerveille et le subjugue. S'il continue , s'il traverse les jardins , s'il suit cette immense galerie qui conduit au Louvre , s'il voit se succéder sur tes rives de la Seine cette série vraiment étonnante de palais qui les décorent , s'il s'arrête enfin de nouveau , distinguant autour de lui le Louvre , le palais d'Orsay, l'Institut, la Monnaie, et au fond, pour borner ce magnifique horizon, le Pont -Neuf, surmonté de la staloe équestre du grand Henri, et laissant entrevoir encore les tours de Notre-Dame , du Palais-de-Justice et de Saint-Jacques ; c'est alors que , comme autrefois Cynéas disait que le sénat romain était une assemblée de rois , il pourra dire que Paris est une ville de palais.
Sans doute celle splendeur a bien ses contrastes , cette brillante médaille a son revers , et le luxe de certains quartiers frappe les yeux à côté de la misère des autres. C'est la statue de l'Orient dont la tête était d'or et les pieds d'ai^ile. Dans le traité des Institutions de bien/ai- Èonee , nous pouvons voir le résultat de ce contraste. Maintenant , nous ne regarderons que la tote : c'est de la demeure royale que nous allons parler.
Cette demeure a changé souvent Sons la domination des empereurs romains , Constance Chlore , le père de Constantin, fit construire, dit-on, le palais des Thermes dont les débris existent encore rue de ta Harpe ; 1* empereur Julien y habita ; et , après la conquête des Francs , quelques-uns des rois de la première race y établirent leur séjonr. Bientôt cependant ils l'abandonnèrent et vinrent demeurer dans la Cité , sur l'emplacement du Palais-de- Justice. Ce palais était alors une redoutable forteresse, et après la chute des rois et des maires de Neustrie , lorsque les Carlovingiens tombèrent eoz-mémes en décardence, les comtes de Paris y logèrent. Lorsque les comtes de Paris devinrent rois , la forteresse du palais continua de leur servir de domicile. Louis le Gros , et Louis le Jeune y moururent Louis IX l'agrandit et l'embellit : il y éleva la Sainte-Chapelle , ce chef-d'œuvre de l'art gothique que l'on y admire encore aujourd'hui.
Déjà cependant Philippe-Auguste avait fait construire, sur l'emplacement d'un ancien château royal, la tour du Louvre , à laquelle ses successeurs ajoutèrent de nouveaux bâtiments. Hais jamais ils n'y établirent constamment leur . demeure. Ils lui préférèrent liientôt l'hôtel Saint-Paul , que Charles V avait fait élever. Cet hôtel , dont la principale entrée était quai des Célestins, fut vendu en 1516 par François I**" et entièrement détruit; il n'en reste plus aujourd'hui de vestiges. Plus tard, le château de la Bastille et enfin l'hôtel des Tournelles vinrent encore disputer au Louvre la demeure royale. Charles VII fit sa résidence aux Toumelles, Louia XII y mourut le ]*' janvier 1515 et Henri II le 15 juUlet 1550. Sa veuve, Catherine de Médicis, prit ce palais en horreur et l'abandonna : la démolition en Tut ordonnée en 1563. La place Royale a été construite ^nr une partie de ce terrain.
Ce fut alors que Catherine de Médicis fit commencer le palais des Tuileries sur l'emplacement d'un hôtel qui avait déjà servi d'habitation à Louise de Savoie , mère de François 1«'. Les premières constructions furent élevées
d*après les dessins de Philibert Delorme ; mais le palais n'était pas encore achevé que Catherine l'abandonnait et allait fixer sa demeure a l'hôtel de Soissons , dont il ne reste plus qu'une colonne appuyée contre la halle au blé.
Pendant ce temps les rois habitaient le Louvre. François I'^'' avait fait démolir les anciens bâtiments et les tourelles du château-fort , et , sous son règne , on y jeta les fondements du corps de bâtiment dit le Vieux -Louvre. Sous Henri II cette partie fut achevée d'après les dessins de Pierre Lescot et de Jean Goujon , qui en fit les admirables sculptures. Charles IK ajouta la portion de bâtiment en aile qui existe aujourd'hui sur le jardin de l'Infante, et, sur le quai, jusqu'au guichet du petit clocher. Les bâtiments qui forment l'entrée du Musée furent achevés par Henri IV , qui eut le premier la pensée de joindre le Louvre aux Tuileries ; sous Louis XIII on termina le pavillon de l'Horloge et la façade de ce côté. Enfin Louis XIV jeta, en 1665 , les fondements de la façade orientale, dite la Colonnade, terminée en 1670 snr les dessins de Claude Perrault. Cependant le Louvre , entrepris et abandonne tant de fois , restait inachevé : Louis XV fil continuer les travaux quelque temps sous la direction de Gabriel et de Soufflot ; puis ils furent complètement interrompus. Enfin, en 1804, Napoléon voulut achever le Louvre , et , par les travaux exécutés sous la direction de MM. Percier et Fontaine , le rendit tel qu'on le voit aujourd'hui. La galerie septentrionale qui doit le joindre aux Tuileries du côté de la rue de Rivoli n'est pas terminée : le Louvre reste encore inachevé.
Pendant qu'on travaillait au Louvre, le séjour de la royauté s'était encore déplacé. Sous le règne de Louis XIII , le cardinal Richelieu s'éUtt fait construire , d'après les dessins de Lemercier , un magnifique palais sur les débris de l'ancienne enceinte d'Estienne Marcel et sur remplacement des hôtels d'Armagnac et de Rambouillet. 11 fit donation à Louis XIII de cette superbe demeure, qu'on appelait alors le Palais -Cardinal; et, après la mort de ce roi , qui ne survécut que six mois à son ministre , la régente Anne d'Autriche et le jeune roi Louis XIV allèrent habiter cette nouvelle demeure , qu'on décora du nom do Palais - Royal , nom qui lui reste encore aujourd'hui , bien que la cour ne l'ait habitée que quelques années. Louis XIV, majeur, l'abandonna pour le Louvre et en fit donation à son frère , le duc d'Orléans, en février 1692. En 1781 , après l'incendie de l'Opéra , qui existait en cet endroit , on éleva la façade actuelle sur les dessins de Moreau; en 1786 le duc d'Orléans fit abattre la grande allée du jardin et construire les galeries de pierre qui l'entourent snr les dessins de l'architecte Louis ; en 1802 le tribunat y tint ses séances. Enfin , rentré entre les mains du duc d'Orléans , aujourd'hui Louis-Philippe, roi des Français, le palais fut terminé , tel que nous le voyons aujourd'hui , sur les dessins de M. Fontaine. La dépense de cette restauration peut être évaluée à 11,000,000 fr.
A cette époque la cour des Tuileries était encombrée
iîOS
de bAtimentfl de service élevéi snr un jardin qui avait été
(PtUiidetToileriet.)
planté en 1600 et qni, détruit en 1655, avait lervi d'emplacement aux somptueux earrouêêU donnés par Louis XIV. Napoléon fil abattre ces bâtiments, fermer par une grille monumentale la cour des Tuileries, et construire l'arc de triomphe de la place du Carrousel. Cet arc de triomphe, dédié à la gloire des armées française, a été commencé en 1806, sur les dessins de MH. Percier et Fontaine, et achevé en 1810. Il routa un million. Il était surmonté des célèbres chevaux de Corinlhe ; aujourd'hui on y voit un quadrige exécuté par M. Bosio. Les huit statues élevées sur l'entablement représentent les différents corps qui ont pris part à la bataille d'Ansterlitx.
Depuis la révolution , le siège du pouvoir exécutif est définitivement fixé aux Tuileries ; mais la royauté n'est plus seule aujourd'hui. La puissance nationale est partagée en trois pouvoirs, qui doivent tous les trois siéger dans la. capitale : le roi , pouvoir exécutif , habite aux Tuileries; et des deux pouvoirs législatifs , l'un, la chambre des pairs , siège au Luxembourg , l'antre , la chambre des députés , an palais Bourbon.
Les destinées du palais du Luxembourg ont été bien diverses. Construit, vers 1550, par Harlay de Sancy, acheté par le duc de Piney-Luxembourg , qui lui donna son nom , il passa , en 1 6 12 , entre les mains de la reine Marie de Médicis, pour le prix de 90,000 livres. La reine le fit démolir et reconstruire sur les dessins de Jacques de Brosse. Elle légua ce nqpveau palais à Gaston d'Orléans , son second fils ; mais ni le nom de Médicis , ni celui d'Orléans ne purent effacer celui de Luxembourg.
Le palais , resUnré par Chalgrin en 1 705 , fui agrandi en 1837 sous la direction de M. de Gisort.
Le palais de la Chambre des députés a sobi moiu de vicissitudek. Commencé par Girardini en 17M , poor la duchesse de Bourbon , agrandi successÎTemcnt par plusieurs architectes, les princes de Condé y réunirent ITiAlH de Lassay, situé sur le quai d'Orsay. Cette réonion de bâtimenU n'avait rien de monumental , lorsqne U Convention nationale y plaça, en 1793, la commiaaion drs travaux publics et divers services d'administration. U conseil des Cinq-Cents s'y établit ensuite dans une salle construite par Gisors. Kn 1807, on éleva, sur les dessins de M. Poyel, en face du pont de la Concorde, \t péristyle qu'on y voit aujourd'hui. La chambre des députés y siège depuis 1814. De nouveaux travaux d'agrandissement et de resUuration ont été exécutés sons la direction de M. de Joly, et le fronton du péristyle décore d'un bas-relief sculpté par M. Cortol.
(PaUii (la Lairinboarg.)
A la mort de Gaston , le palais , estimé un million , appartint à la duchesse de Montpensier, puis à la duchesse Elisabeth d'Alençon , puis à la duchesse de Brunsu'ick, puis i mademoiselle d'Orléans. Il rentra, à la mort de cette princesse, dans le domaine royal, et Louis \V1 le donna, en 1778, k Monsieur, depuis Louis XVllI. En 1 792 il fut converti en prison. En 1794 le Directoire s'y installa; ensuite le sénat conservateur en 1799, et enfin la chambre des pairs en 1814. Elle r- «A»:»»^, occupé depuis.
(PaUii de U chtmbre d«s dépoté*.)
Paris , comme capitale , renferme , outre les trois p<*»voirs, les institutions qui constituent le gouYcmcnieoi central. Ainsi, les ministres, agents du ponroir exécnûf. chargés du gouvernement responsable ; la Cour des cwaples , qui a pour mission d'en vérifier les dépenaes et àt s'assurer de leur régularité; le conseil d'État, cour «préme d'administration ; la Cour de cassation , irtboaal suprême de justice; l'université, directrice de renseignrment public ; l'Institut enfin , interprète constitné pw la loi de la littérature , des sciences et des b^nx-arts di pays, résident dans son sein. C'est encore à titre de capitale qu'il renferme les services généraux qui dépead»t de ces institutions fondamentales, et qui se groapent autour des ministères. Pour la politique extérieure, les ambassades étrangères ; pour la politique intérieure , t*«ri« les grandes directions administratives et finaacîèrvs q^ desservent la centralisation : les postes, les têlêgraf^n. la caisse d'amortissement, celle des dép6u et eoaôgB*tions, les domaines, les douanes, le timbre, les oonûirt supérieurs de l'armée , le conseil d'amirauté , la Légài»d'Honneur, les conseils généraux de l'industrie, du c^ merce et de l'agriculture , les ponts et chaaaaées et W» mines, le conseil des bâtimenU cirils, l'adaiinHtrmtMB des tabacs , etc. , etc.
Indépendamment de leur importance politique et go«vemementale , plusieurs de ces institutions occupent dw édifices qui , par leur grandeur ou leur dégmace , ceecourcnt à la richesse monumentale de Paris.
Ainsi , parmi les ministères , une des superbes îwcmèf^ de la place Vendôme abrite celui de la justice et èes cultes ; celui de la marine a pour demeure Tnn des »»- .gnifiques édifices dont l'architecte Gabriel m décore b place de la Concorde. Le ministère de l'inlêiieui. qw occupe le grand hôtel Conti, la Tour des lêêé^rap^. et le ministère de l'instruction publique, me de Grenclk. ont un aspect grandiose digne de leur destinalion foevernementale. Le ministère des affaires étran^res . actuellement éUbli dans l'hôtel Bertier. où résida qpei«|n*^ temps le premier consul , boulevard des Cnpucioes , *a
être transféré dans un édifice digne de son xan] — '
qu'on construit sur le jardin de l'ancien pakis
PARIS; MONUMENTS, INSTITUTIONS
Parmi les aalret terricei génënnx, plosienn habitent de véritables palais : la Cour de cassation siège au Palaisde-JusIioe , dans l'ancien logeaient de saint Louis et les salles de.cérémonie de Louis XII. Le conseil d'État occupe le monument du quai d'Orsay , commencé sous l'empire et destiné alors au service des affaires étrangères; la Légion-d'Honnenr un palais charmant, sur le mcme quai, construit en 1786, d'après les dessins de Rousseau, pour le prince de Salm ; la Cour des comptes un h6tel bâti , sous Louis XI , par Jean Joconde , reconstruit par Gabriel après l'incendie qui le consuma en 1737, et restauré aujourd'hui par MM. Duc et Dommey. Parmi ces seriices publics, celui de la Monnaie doit fixer l'attention, il occupe un remarquable monument , quai Conti , commencé en 1771 par l'architecte Anthoine, sur les terrains de l'hôtel Conti , qui avait été lui-mcme construit sur les ruines de l'hâtel de Nesle , appartenant autrefois à Phillppe-le-Bel.
D'autres services d'administration centrale , sans présenter autant de magnificence , ont cependant un aspect qui les signale i l'attention. Dans ce nombre on peut compter : les Postes, qui occupent, depuis 1757, l'hôtel d'Épernay et d'Armenonville , rue Jean-Jacques-Rousseau; les Archives du royaume et l'Imprimerie Royale, placées dans l'ancien hôtel SoubiSe ; la Caisse des dépôts et consignations , dans les bâtiments de l'Oratoire ; l'administration des tabacs , au Gros-Caillou ; la manutention des vivres, quai de Billy, etc.
Mais tous ces édifices , qui concourent à donner i la grande cité ce caractère monumental qui la distingue , ont une destination d'utilité administrative et pratique se rattachant aux besoins généraux du gouvernement et du pays. 11 en est d'autres dont le but , plus élevé peut-être , eut étranger à ces intérêts positifs et matériels , et qui , simple décoration artistique, répondent en même temps aux sentiments poétiques de l'âme humaine. Ce sont les arcs de triomphe , les statues , les colonnes , qui doivent consacrer quelque grande gloire, quelque impérissable souvenir. Et c'est ici que le caractère éminemment national , éminemment centralisateur de la cité parisienne , se manifeste avec le plus d'éclat. II n'est pas de ville qui présente plus de ces témoignages de commémoration , de reconnaissance populaire : eh bien , vous n'en trouvères pas un seul qui se rattache à un intérêt égoïste , à un souvenir particulier à Paris. Parmi les statues élevées dans ses murs, il n'y a pas un seul Parisien ; un seul peutêtre, et c'est Molière. Lorsque les villes de province s'empressent avec un sèle louable de consacrer par un monument le souvenir des grands hommes nés dans leur sein , Paris néglige ses enfants , et ouvre ses places , consacre ses monuments à tontes les illustrations du pays. La nation appartient à la capitale comme la capitale appartient à la nation, et si Paris construit un arc de triomphe, c'est aux enfants de la patrie tout entière.
Nous avons déjà décrit l'arc de triomphe de l'Étoile et celui du Carrousel : outre ces deux trophées de la gloire nationale , nous voyons se dresser au milieu des magnifiques façades construites par Jules Hardouin Mansard sur l'emplacement de l'hôtel Vendôme , la colonne triomphale de bronse élevée, en 1806, sur le piédestal d'où la révolution avait renversé la statue de Louis XIV. Cette colonne , que surmonte la statue de Napoléon , immortalise les exploits de la grande armée nendant la campagne de 1805. Plus loin, sur les boulevards, nous trouvons la Porte-Saint-Denis. Ce monument, d'une rare «'•légance, construit par F. Blondel.en 1672, est consacré aux victoires de Louis XIV sur la Hollande et l'Allemagne coalisées. Au delà nous voyons encore la Porte- Saint-Martin, que Paris a érigée en 1674, sur les dessins de Bullet, pour célébrer la défaite des Espagnols et In réunion de la Franche-Comté à la France. De plus ,
lorsqu'on 1802, on démolit le fort do ChâteleC, qui, en 886 , avait sauvé la ville attaquée par les Normands, et que chaque siècle avait augmenté ou réparé , les Parisiens élevèrent , sur la vaste place que ses débris livraient à la circulation , une colonne triomphale de pierre sur laquelle plane une Victoire portant des palmes d'or. Ce Port» Sûut-DcnU. fut en l'honneur des armées d'Egypte et d'Italie. Il est \Tai que sur les débris de la Bastille , sur l'emplacement de cette autre forteresse rasée par la main révolutionnaire, on a élevé un monument parisien , la colonne de Juillet ! Mais c'est de même encore un monument national , et les noms de ces héroïques et obscures victimes , inscrits en lettres d'or depuis la base jusqu'au fatte , appartiennent à la France entière. Chaque ville , chaque département peut compter quelqu'un de ses enfants dans cette armée de combattants populaires ensevelis dans leur victoire, et Paris, leur champ de bataille, a pu revendiquer l'honneur de leur élever ce glorieux cercueil.
Si , en même temps , à l'autre extrémité du faubourg Saint-Antoine , il dresse les deux colonnes parallèles de la barrière du Trône et y place les statues royales de Philippe-Auguste et de saint Louis; s'il rétablit Henrile-Grand sur le cheval de bronse du pont Neuf, en face du buste modeste mais glorieux de Desaix sur la place Dauphine ; s'il relève la statue de Louis XIV sur la place des Victoires , où le duc de la Feuillade l'avait placée en 1686, an centre des riches façades dessinées par Mansard ; et sur la place Royale celle de Louis XIII , du roi qui eut le mérite de comprendre et de soutenir la haute et vaste politique d'un ministre tel que Richelieu; s'il honore ainsi les rois qui ont contribué plus que les autres à étendre, à constituer l'unité nationale dont il a été le promoteur et le soutien ; si , dans un autre ordre d'idées, il honore aussi le génie , en élevant des statues à Molière et i Cnvier, en plaçant l'effigie de L'Hospital et de Sully, de Daguesseau et de Colbert sur les gradins du palais où se réunissent les représentants de la nation , il ne borne pas à ces rares exceptions les témoignages de la gratitude nationale pour les illustrations du passé , témoignages qui sont aussi un encouragement pour les illustrationi du présent et de l'avenir ; il leur a consacré un temple ,
(Le Panthéon.) il leur a ouvert son Panthéon , en inscrivant sur le fronton rctli* sublime dédicart» :
AIX GaAXDS HOUin» U PATMB RBCOXNAI88ANTI.
Sur le point le ploi élevé du sol parisien surgit cette magnifique coupole. Depuis Tannée 1148, c'était une pieuse et modeste église où Ton invoquait la patronne de Paris, sainte Geneviève, qui s*y trouvait inhumée. Sur les débris de cette antique basilique , Soufflot éleva ce hardi monument qui y orné aujourd'hui des sculptures de David , domine la capitale et commande les regards. Cest toujours le temple de la patronne de Paris ; car sa patronne , c'est la gloire nationale , c'est la reconnaissance publique , c'est la puissance de la patrie.
Telle est la mission de Paris, et pour la compléter encore, il appelle les principales villes de France, les invite elles-mêmes à partager ces splendeurs ; il les personnifie, les réunit dans son sein; et pour symboliser cette union intime , il asseoit leurs statues allégoriques en imposante assemblée sur la place de la Concorde , entre l'arc de la gloire nationale , le palais de la royauté et le palais des députés de la nation.
C'est ainsi que Paris a compris son rôle de capitale monumentale , et c'est ainsi qu'il sait le remplir.
Par sa position dans la hiérarchie politique et administrative , Paris présente un triple caractère. Capitale du royaume , il renferme tous les pouvoirs , toutes les institutions gouvernementales qui régissent le pays tout entier. Ensuite, chef-lieu de division militaire, de cour royale , d'académie et de préfecture, il renferme les institutions administratives qui, dans chacune de ces attributions, étendent leur juridiction au delà de son enceinte sur une circonscription étendue du territoire; commune enfin, il s'administre Iui>méme. Nous venons de l'étudier comme capitale, il nous reste à l'envisager sous les autres aspects.
Chef-lieu de la première division , Paris est la résidence de l'autorité militaire qui administre et dirige les forces de sept départements; car la circonscription de cette division embrasse ceux de la Seine, de Seine-et-Oise , de l'Aisne , de la Maroe , de l'Oise , du Loiret et d'Eureet-Loir.
La garnison de Paris est nombreuse. Elle est habituellement évaluée à 40,000 hommes, infanterie et cavalerie ; mais une partie est casemée hors des mors : à Courbevoie, à Rueil , à Saint-Denis. L'artillerie est placée dans le fort de Vincennes , où se trouve l'école de tir. Les fortifications de Paris , qui consistent en une enceinte continue bastionnée, appuyée par des forts isolés à quelque distance , ne sout pas armées en guerre , et ne pourraient l'être qu'en vertu d'une loi. La garnison casernée à l'intérieur est répartie dans des bâtiments militaires dont plusieurs ont une grande importance, entre autres les casernes de l'Ave-Maria, des Célestins, du faubourg Poissonnière , de Babylone , de la Pépinière , du Foin-Saint- Jacques, de l'Ecole-Militaire , de Panthemont, du quai d'Orsay, etc.
Les troupes casemées dans la ville sont exercées soit au dehors des murs , soit dans le Champ^e-Mars , vaste esplanade qui sert aux revues , à toutes les fêtes militaires. Marais, livré encore à la culture potagère en 1770, le Champ-de-Mars servait vingt ans après à la fête patriotique de la fédération. Au fond se voit l'École militaire, vaste et bel édifice commencé en 1752 sur les dessins de Gabriel , et qui fut érigé pour servir d'école à 500 enfants nobles. Celte école n'existe plus, et les bâtiments servent aujourd'hui de caserne.
Non loin du Champ-de-Mars s'élève l'asile où les débris vivants de nos armées, les vétérans do notre gloire, trouvent enfin , au milieu de l'appareil belliqueux qui doit leur plaire, l'asile et le repos qu'ils ont si bien mérité. L'hôtel royal des Invalides, dont déjà Henri IV avait eu
l'idée, a été fondé par Louis XIV en 1670. Ct magnifique édifice , commencé snr lc« àtmia de Libéral Bruant , fnl achevé par J.-H. Mansard. auquel oo doit le dôme qui coûta trente années de travail et ne fat terrainr qu'en 1706.
C'est sons le dône, dans la crypte de Fegliie, que reposent \n restes de l'empereur Napoléon ; lea rieux soldats, qui l'ont saiii autrefois sur lei champs de bataille .
gardent aoioBrdrhsi ses cendres gloriesses, et les transmettront à ceux qui doi-
(Hôtel d« In%.lide,.) ^^^j j^^^ succèdcf
dans ce dernier asile de la gloire militaire.
Paris , chef-Iicu de Cour royale , est le centre du ressort qui embrasse sept départements : Seine , Seinr-«<- Oise, Eure-et-Loir, Aube, Marne, Yonne et Seine-et- Marne. La Cour juge les appels des tribunaux de première instance de ces départements , et ses conseillers en président les assises. Les chambres du tribunal de premier.' instance de Paris étendent leur ressort sur le départemest de la Seine tout entier.
Toute l'organisation judiciaire qui réside à Paris a mm siège au Palais^de- Justice , sauf la juridiction mihtaire des conseils de guerre, la juridiction civile des juge» et paix qui siègent dans chacun des doute arrondissements, la juridiction industrielle des prud'hommes , et la jundiction du tribunal de commerce , qui est établie dans le palais de la Bourse.
Nous avons déjà vu que le Palais-de- Justice avait seni longtemps de demeure aux rois ; mais , à cette époqse même , il était également consacré aux affaires de justicr. Sous Philippe-le-Bel , le ministre Enguerrand de Marigs) y fit exécuter des réparations considérables. A cette époque , la demeure du roi , située au fond de la coor, état parallèle à la me de la Karillerie. A droite , dn tMê et U Samte-Chapelle , logeaient les* officiers de la coaronnr : à gauche les salles destinées aux juges et aux plaidesr*. la grand'chambre , la grande salle, et les prisons ssdessous.
La grande \alle, construite par saint Louis , ornée par Enguerrand de Marigny des statues de tons les rob etpuis Pharamond jusqu'à Philippe-le-Bd ; la grande chaabre , restaurée et embellie par Louis XII , oà se tenaàrsi successivement les augustes assemblées du pArlement rt les facétieuses réunions de la basoche, où Ton voyait dut le local même où tiennent aujourd'hui les 2* et 3* cbasbres , la fameuse table de marbre du parlement , lueies
PARIS; MONUMENTS, INSTITUTIONS
618. La grande Mlle fut reconflrnite don par Jaeaet de Broese telle qo'oo la voit aojoard'bui. Eofio , a second inceodie ayant de nouveau conramé, en 1776, i partie du palais qui l'étend de la galerie des prisoniers Jusqu'à la Sainte-Chapelle , on éleva , quelques anéei après , la façade actuelle , sur les dessins de Ûoreau , oature , Antoine et Detmaisons , et la grille qui ferme i première cour.
Les bâtiments du palais , devenus insuffisants pour le 'rvice judiciaire , sont en ce moment agrandis et com- Ivlét au mofen de travaux considérables exécutés sous 1 direction de IIM. Duc et Dommey.
La célèbre prison de la Conciergerie , où sont détenus f accusés , est située dans une dos cours du Palais-deuslice.
Le nombre des prisons qui existent à Paris est de oaie , et comprend : le dépdt de la préfecture de police, u lallc Saint-Martin; la Conciergerie, les Madelonnettes, i grande et la petite Force , Saiot-Lasare , Saintc-Pélaie , Clichy, la Roquette , les Jeunes-Détenus , la prison PS conseils de guerre et l'Abbaye.
Paris est le chef-lieu de l'Académie , qni dirige l'inraction publique dans sept départements : Seine, Aube, un'-et-Loir, Marne, Scine-et-Oise , Seine-et-Marne, onne. Les traités spéciaux sur TUniveraité et Kenseinement classique entreront à ce sujet dans des détails lus étendus. Il nons suffira de dire ici que l'Acac^mic de aris compte cinq facultés : la faculté des lettres , celle es sciences et celle de théologie catholique sont placées an$ l'édifice de la Sorhonnc , auprès de radmiuistration rodémique ; la faculté de droit est installée place du 'anthéon , dans un bâtiment spécial , ouvrage de Soufot; et la Faculté de médecine est établie dans l'édifice onstroit par Gondouin, en 1768, pour l'ancienne Acaémie royale de médecine et chirurgie.
L'poseignement des lettres compte à Paris cinq col- 'ges royaux : Louis-le-Grand , Henri IV, Saint-Louis, ihariemagne et Bourbon ; un collège communal : Roi! in ; t une institution de plein exercice érigée en collège sous > nom de Stanislas.
Les bâtiments de ces collèges royaux appartiennent à i ville de Paris ; mais l'Université en a l'usufruit perétuel. Quant au collège communal, il est complètement i propriété de la ville de Paris.
En outre , le haut enseignement scientifique et littélire compte à Paris un grand nombre de chaires spéciales t d'établissements de l'ordre le plus élevé : le collège le France, l'école normale, l'école polytechnique, raude institution due à la Convention nationale sous inspiration de Carnot , Prieur et If onge , placée , dcuis 1830, sous la direction du ministre de la guerre; école d'application d'èlat-major , sous la direction du linistre de la guerre ; celle des ponts et chaussées, sons 1 direction du ministre des travaux publics; l'école entrale des ai*ts et manufactures, dans les attributions u ministre du commerce, etc. Nous devons encore menlonner , pour compléter cette rapide revue de l'enseincmcnt supérieur et de l'enseignement spécial , l'école es chartes, l'école de pharmacie, l'école royale de desin et de géométrie, fondée en 1766 ; l'école des beauxrts , fondée en 1811, dont les lauréats vont séjourner
l'Académie de Rome avec une pension du gouvernelent. L'édifice où est installée l'école, commencé, sur 'i plans de M. Debret, a été continué par M. Duban, t mérite , par la richesse de ses ornements , le nom de
alais des Beaux-Arts qui lui a été donné.
l'ne autre branche de l'enseignement artistique , celle 'e la musique instrumentale et vocale , et de l'art dramatique, est donnée dans l'établissement qui porte le
001 de Conservatoire, créé en 1784 sur la propo-
sition de M. de Breteuil , et définitivement installé sous l'empire dans les bâtiments des Menus-Plaisin.
Des coura publics, littéraires ou scientifiques sont faits en outre dans le Conservatoire des arts et métien, la Bibliothèque royale, le Jardin des Plantes , etc. ; vaates élablissements d'instruction et d'agrément, richesse de Paris dont nous aurons encore à nous occuper bientôt
Une autre richesse artistique consiste dans les nombreuses églises qui s'élèvent sur tous les points de la capitale. Siège d'archevêché , Paris a pour suffragants , Chartres, If eaux, Orléans, Bloiset Versailles. Il renferme le chapitre et le séminaire diocésain , et une école secondaire ecclésiastique. Il compte dans son enceinte trenteneuf paroisses. Auprès de chaque paroisse est établi un conseil de fabrique qui en administre les revenus , en approuve les recettes et les dépenses, et s'adresse, s'il est nécessaire, au conseil municipal pour en obtenir les améliorations dont les églises peuvent avoir besoin, ou la subvention pour payer les frais de culte, en cas d'insuffisance des revenus.
Avant la Révolution , le nombre d'églises , chapelles , couvents, qui couvraient le sol de Paris, était immense ; la piété des premien temps , la ferveur religieuse du moyen âge avaient multiplié outre mesure ces saints édifices. Réunis au domaine national , en 1 790 , et aliénés pour la plupart, plusieun furent démolis. Si l'art et rarcfaéologie purent y perdre , la circulation et la richesse de Paris y gagnèrent beaucoup. Lorsque le culte fut réorganisé par le concordat de l'an X , celles de ces églises qui avaient été conservées et qui parurent convenablement placées pour l'exercice du. culte dans chaque arrondissement furent rendues à la fréquentation religieuse.
L'église de Notre-Dame, église métropolitaine, remonte aux premien âges du christianisme, et elle a été édifiée sur les débris d'un temple païen. La première église était érigée sous l'invocation de saint Etienne, martyr. La reconstruction de cette église fut commencée par Maurice Sully, en 1 163, et la première pierre fut posée par le pape Alexandre III ; Jean de Chelles, maître des ouvres , entreprit le portail méridional en 1 257 ; le portail septentrional fut construit, en 1312 , avec lej biens enlevés auxtemplien. En 1447, Charles V donna des sommes considérables pour l'achèvement de la cathédrale. La première pierre du grand autel fut posée , en 1699, par le cardinal de Noailles, et le chcsur fut commencé sur les dessins de Mansard ; il ne fut terminé qu*en 1714.
( KgliM Nolre-D«m«. )
Le célèbre bourdon de Notre-Dame, la plus grosse cloche
de France , * m trouve dam la tour méridionale ; cette énorme cloche fut fondue en 1685 et baptisée par LouifXIV.
Chacun des douie arrondiuements de Paris est doté d'une paroisse et d'une ou plusieurs succursales, suivant son étendue.
Le premier arrondissement a pour église paroissiale la Madeleine. C'était autrefois une chapelle fondée par Charles VIII, rebâtie en 1660 et située à l'angle des rues de la Madeleine et de la Ville-Levéque. Klle fut jugée insuffisante en 1763 , et l'on s'occupa de sa reconstruction sur l'emplacement qu elle occupe aujourd'hui. Les architectes Contant et Couture en furent successivement chargés. Pendant ce temps , la paroisse oc4:upa l'église de l'Assomption , chapelle d'une communauté religieuse de femmes établie en 1632 par le cardinal de la Rochefoucauld et construite par l'architecte Érard. La nouvelle église de la Madeleine fut abandonnée, lors de la Révolution , avant d'être achevée , et Napoléon , par un décret daté de Posen , le 2 décembre 1 806 , voulut en faire le temple de la Gloire. Le plan présenté pour cet édifice par Pierre Vignou fut adopté et mis à eiérution. Sous la Restauration , le temple fut de nouveau transformé en
( Kglîie de la Midttwot.)
église ; et le monument fut achevé par M. Huvé pour cette dernière destination, qu'il ne remplit que fort imparfaitement malgré sa magnificence extérieure , les do-, rures , les sculptures et les peintures dont il est orné.
Les succursales de la Madeleine sont : Saint^Lonis d'Antin , . Saint- Philippe du Roule et Saint-Pierre de Chiillot
Le 2* arrondissement a pour église paroissiale Saint- Roch , qui a remplacé la petite chapelle de Sainte-Sulanne et celle de Gaillon construites en 1521. Elle a été commencée sur l'emplacement de l'hôtel Gaillon, en 1653 , par Jacques Lemercier. Le portail a été construit en 1736 par Robert de Cotte.
Cette paroisse a pour succursale l'église Notre-Damede-Lorette; cette succursale était autrefois placée faubourg Montmartre , dans l'ancienne chapelle des Porcherons ; l'église actuelle a été commencée en 1823 sur les dessins de M. Lebas , et terminée en 1 836. Petite et frivole , dorée , peinte , sculptée et pomponnée plus encore que la Madeleine , l'église Notre-Dame-de-Lorette est célèbre et mérite de l'être , mais il est difficile d'f voir une église.
Le 3* arrondissement a pour église paroissiale Saint- Enstache. En 1214, c'était une petite chapelle sous le vocable de Sainte-Agnès , et elle ne s'appela Saint-Bustache qu'en '1223. Son voisinage des halles rendit toujours cette église populaire ; les pastoureaux s'f réunirent, et les cabocbiens bourguignons s'y couronnèrent de roses avant d'aller massacrer les Armagnacs. L'église actuelle , commencée le 19 août 1532, par Jean de la Barre, comte d'Rtampes, ne fut finie qu'en 1642. Le portail actuel est malheureusement d'une époque plus récente et d'un
tout antre style que Tintérienr de cet imposant et magnifique édifice : commencé en 1 752 sur les detaiiu de Ma»sard de Jouf , ce malheureux portail fut reprit en 1 772 et continué par Moreau jusqu'en 1788.
L'église Saint-Eustache a pour snccnriales Notre-Daoïfdes- Victoires, dite des Petits-Pères parce qa elle servait àt chapelle au couvent des augustins déchaniséa, cl Kotn- Dame-de-Bonne-Nouvelle, construite de 1823 à 1828.
Le 4* arrondissement a pour paroisse Saint-Gcsvai»l'Auxerrois , l'une des plus anciennes églises de Paris : construite par Chilpéric I"' , puis rebâtie par le roi Robert-le-Pieux , puis restaurée et complétée par Ptiilippele-Bel, qui fil élever le portail, et par Charles VU., q&i édifia le porche on vestibule qui le précède. Cette égiisp a été récemment restaurée dans le style archaique . ptr M. Lassus.
Saint-Germain-l'Anxerrois n'a pas de succursale. Le y arrondissement a pour paroisse l'église Saint- Laurent , qui existait déjà au 6< siècle ; elle fut rt^àUf en 1429 , et augmentée en 1548. On dut la reconstraire presque entièrement en 1595. Le portail actad ne dsk que de 1622.
EUe a pour succursale Saint-V ineent-de-Paiil. D'abord établie dans l'ancienne chapelle Saint-Lasare , elle fut essuite transportée dans uu local tenu à bail roe Moolhe- Ion. L'église actuelle vient d'être terminée par MM. Lepère et Hittorf.
Le 6^ arrondissement a pour paroisse Saint-NicoU»des-Champs. C'était, ven 1119, une chapelle soef W vocable de saint Nicolas; elle fut rebâtie en 1420 «i agrandie en 1575. Le portail le plus ancien se trecnr sur la rue Saint-Martin ; l'autre sur la me Annsaire an de 1576.
Cette paroisse a pour succursales l'église Saint-Lca ft Saint-Gilles et l'église Sainte-Elisabeth.
Le 7* arrondissement a pour paroisse Téglise Sa^ Méderic ou Saint-Merry , bâtie sur l'emplacement d'à» ancienne chapelle dédiée à saint Pierre , vers Fan 70«. Cette église, placée près de la Porte-de-Paris, qmi ea rrcat le nom d'Archet-Saint-Merry, fut rebâtie vers 936 a» frais d'Odon-le-Fauconnier , puis agrandie soos Fruçois I«r , en 1 520. Toutefois , l'église tont eotim i^ d'un style gothique fort gracieux. La façade a été rtcfment restaurée avec goût.
Saint-Merry a pour auccursales Téglise des Elaso- Manteaux, Saint-François-d' Assise et Sainl-Deats-^ Saint-Sacrement, bâtie en 1822.
Le 8*^ arrondissement a pour paroisse Têglise Saistr- Margnerite. C'était d'abord une petite diapeUe édtfef n 1625; en 1634 on construisit l'église, on ragrandHfr 1713 et 1765. Elle a pour succursales : l'église Satai- Ambroise, ancienne chapelle des religieuses anso«cia^ et la Chapelle des Quinze-Vingts, qui fut antrefoîs c^&des Mousquetaires-Noirs. La ville de Paris la tient n location; mais elle s'occupe de faire constmire as* église dans ce quartier.
Le 9^ arrondissement a pour paroisse XoIre-DsBf église métropolitaine. Les succursales sont : Saint-L^ en-l'Ile, petite chapelle construite par un maître luaiita nommé Nicolas , sous le vocable de Notre-Dame , f<^ l'année 1616 , lorsque Ttle était encore presque désertr- Ellefut rebâtie en 1654 et terminée en 172€, sv le dessins de Levau et Leduc ; Saint-Gervats , Fone desp<s anciennes églises de Paris , et qui existait dès le 6* n«dr Elle fut reconstruite en 1212 et terminée en 1420 Sm architecture intérieure est remarquable. Le portaâ . if style tout différent , oeuvre célèbre de Jacipies Dthrmst . fut exécuté en 1616 ; enfin , Saint-Lonis-Saiot-Paai . s»^ cienne chapelle des jésuites.
Le 10* arrondissement a pour paraisse Sainl-TWroas-d'Aquin. Cette église était la chapelle d'an <
PARIS; MONUMENTS, INSTITUTIONS
laot
jacobins fondé en 1632. Bile a éU bâUe en 1682 T Pierre Ballet , et compte pour tnccortalet : Tégliie linl-Pierre, Groe-Cailloa, et Saint-Loois, d^e dei validée , dont nom a¥00f déjà parlé ; entuile Téglife I r Abbay e-aox-Boii , l'église des )f issions et Féglise de inte-Valère , tenues toutes trois à bail par la ville de iris. L'administration fait élever en ce moment , place ^llecbasse, une église dans le style gothique, sous Tinteation de sainte Clotilde , pour remplacer ces locams provisoires.
Le 1 i« arrondissement a pour paroisse l'église Saintilpice. Dès le commencement du 13* siècle, il existait cet endroit une petite chapelle sous cette invocation ; le fat rebâtie et agrandie sons François I*'. Knfin l'êise actuelle fut commencée en 1646. Les travaux fuiut successivement dirigés par les architectes Gamart , fveàu, Gitlard, Oppenord et Servandoni, qui construit le portail en 1 745 ; mais il ne termina pas les touri. I tour méridionale est de Maclaurin, et la tour seplenionale de Chalgrin, en 1777. L'intérieur de cette église it remarquable ; la chapelle de la Vierge, exécutée sur s dessins de Leveau, est célèbre.
Cette église a pour succursales deux des plus ancienn églises de Paris : Saint-Gormain-des-Prés et Saintererin.
L'abbaye de Saint - Vincent , depuis Saint- Germain- P8-Prcs, fut fondée par Childehert I*^', vers 543, sur s débris d'un ancien temple d'Isis. Cette église , dévasc par les Normands, fut rebâtie vers l'an 1000 par ibbé Morard. Toutefois on peut croire que la tour apiKieot à l'ancien édifice de Childehert , ainsi que les iliers de la nef. Deux clochers existant sur chacun des SlvÈ de la croisée ont été abattus en ISil.
On a également attribué la fondation de Saint-Severin Childehert; d'autres la font remonter au temps de dois : au reste l'église existait pendant les invasions dv9 ormands , qui la saccagèrent. Elle fut reconstruite en 347 et agrandie en 1489. C'est dans sa tour, surmone d'nne flèche et de huit elochetons dentelés , que sonlil le couvre -feu pour le quartier de l'inivcrsité. — sint-Severin est une des premières églises qui aient pos- 'dé des orgues ; mattre Regnoult de Douf , écolier en téologie, loi en fit présent en 1358.
On a récemment adapte à Saint-Severin le joli portail p l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs démolie par le périment de la rue d* Aréole , en la Cité.
Le 1 S** arrondissement a pour paroisse Saint-Etienne- D-Mont. Cette église existait sons cette invocation en
(IKgtUe d« S«int-^:tienDe-da-Moot.) 321. Elle fut reconstruite vers 1517 ; l'aile et les cha-
pelles méridionales ne furent cependant élevées qu'en 1 588. Enfin les parties occidentales ne furent achevées que sous Charles IX. La chapelle de la Conminnion est de 1606, et ce fut Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, qui posa la première pierre du portail. Ces circonstances expliquent le mélange du style^ gothique et de la Renaissance qu'on remarque dans cette église. Saint-Etianna-du-Mont est d'ailleurs la seule église de Paris qui offre un jubé; elle est, en outre, décorée de vitraux remarquables dus à Pinaigrier, célèbre artiste du 1 6' siècle.
Cette paroisse a pour succursales Saint^Jacques-du- Haut-Pas, Saint-Nicolas-du-Chardonnet , et Saint-Médard , célèbre surtout par les extravagances de la secte fanatique des convulsionnaires , qui se réunissaient auprès de la tombe du diacre Paris , enterré dans le cimetière attenant â cette église.
En outre il existe un certain nombre de chapelles et d'oratoires particuliers , dont quelques-uns sont ouverts au public. Entre autres nous citerons : l'église du Val-de- Grâce , chapelle de l'hâpital militaire établi dans les bâtiments de l'ancienne abbaye du Val-de-Grâce , fondée par Anne d'Autriche en 1621 ; — l'oratoire du Temple , construit sur l'hôtel du grand -prieur des Templiers et qui sert de chapelle aux dames bénédictines du Saint-Sacrement ; — la chapelle expiatoire de la rue de l'Arcade, élevée aux mânes de Louis XVI et de Marie-Antoinette sur les dessins de H. Fontaine, etc. D'autres églises, qni n'ont point été rendues au culte ou qui ont été démolies en partie , offrent encore des monuments remarquables. Nous citerons la tour Sainl-Jacques-la-Boucherie, débris de l'ancienne église, construite par Nicolas Flamel, démolie pendant la Révolution ; — l'église des Bamabites, bâtie sur l'emplacement d'un couvent fondé par le célèbre saint Eloi ; — la tour Sainte-Geneviève dans le collège Henri IV ; — l'ancien prieuré de Saint-Martin-des- Champs, etc.
Tous les cultes reconnus par l'Elat ont , en outre , à Paris , des temples qui leur sont consacrés. Ils sont administrés par des consistoires. Le consistoire de la communion évangélique réformée ne relève d'aucune autorité religieuse supérieure; mais celui de la confession d'Augsbourg est subordonné au directoire général de la même communion établi à Strasbourg , et le consistoire Israélite est soumis au consistoire central du même culte, dont l'autorité s'étend sur toutes les synagogues de France et qui siège également à Paris.
Le culte évangélique réformé compte à Paris trois églises : !<> L'Oratoire Samt-Honoré , ancienne chapelle des Pères de l'Oratoire, organisés par M. de BéruUe en 1 6 1 1 .
2® L'église Sainte-Marie-Saint-Antoine, chapelle du couvent de la Visitation des filles Sainte - Marie , bâtie sur l'hâtel de Cossé , en 1 632 , d'après les dessins de Fr. Mansard , qui imita Sainte-Marie de la Rotonde , à Rome;
30 L'église de Panthemont , chapelle de l'abbaye des religieuses augustines du Saint-Sacrement , établie sur ce point en 1 644. Cette église , qui servait de magasin militaire , vient seulement d'être réparée et livrée cette année à l'exercice du culte.
Le culte protestant de la confession d*Augsbonrg est célébré dans deux églises : 1*^ Les Billettes , ancienne église rebâtie en 1754, sur les déteins du P. Claude , dominicain ; 2® la Rédemption, église construite en 1843.
La synagogue des juifs, située rue Notre-Dame-de- Nasareth , a été bâtie il y a seulement quelques années.
D'antres rommunions dissidentes se sont éle¥é des édifices où elles exercent leur culte ; ainsi le culte anglican possède deux chapelles : un joli édifice gothique, construit par M. de Gisors , rue du Marché-d' Aguesseau , et une antre chapelle élégante , élevée récemment sur les dessins
im
de II. Thierry, rue llarbeof. Let métliodiilet le réunissent rue de Provence ; les vesleyenSf place de la Madeleine , les Frères moraves, rue de La Bruyère, etc. La liberté de conscience règne à Paris dans toute son étendue , et cette précieuse conquête de la raison , qu'il faut fe garder de confondre avec l'indifférence, dé6niti¥enient acquise aujourd'hui , s'exerce sans omhrage , sous la sau-^ vegarde des mœurs publiques et la surveillance éclairée de l'administration parisienne.
Celte administration si vaste , si compliquée , demande nécessairement quelques détails.
Chef-lieu de préfecture , Paris est le siège du préfet , du directeur des domaines et de l'enregistrement, des contributions directes, des contributions indirectes, de l'état-major de la garde nationale du département de la Seine, etc. En outre Paris doit être considéré sous le rapport municipal. L'organisation, l'administration, l'hictoire de cette puissante commune présentent le plus haut intérêt
Paris porte un vaisseau dans ses armes. Ce symbole , asseï bisarre au premier abord, indique cependant, d'une manière positive, le fondement historique de sa grandeur. Déjà , sous la domination romaine, les bateliers parisienj on nautœ formaient une corporation puissante qui survécut à la chute de l'Empire. Sous le nom de Hanse parisienne, leur influence s'accrut ainsi que leurs richesses, et l'acte par lequel Louis-le-Jeune confirma leurs privilèges, en 1170, montre combien 'ils étaient étendus. Ils s'étaient attribué le monopole de la navigation jusqu'au pont de liantes , et concentraient ainsi entre leurs mains le monopole du commerce dans tout le bassin de la Seine. Le chef de cette puissante corporation de la hanse , ou , comme on le disait aussi , de la marchandise de l'eau , devint nécessairement le chef de la commune. Sous le titre de prévdt des marchands , il ajouta i sei privilèges l'administration des rentes constituées sur rhôlel-de-ville , l'ordonnance des cérémonies publiques, l'entretien et la construction des ponts, quais, rues et monuments ; enfin, il commandait la garde bourgeoise , concurremment avec le prévdt de Paris qui était l'homme du roi, et présidait le bureau de la ville, composé de 4 échevins et 26 conseillers élus. La hanse parisienne faisait la richesse de Paris qui faisait la force du roi. Les deux pouvoirs vécurent d'abord en bonne intelligence. La rupture éclata vers le milieu du 16' siècle sous le règne malheureux de Jean I'^ Nous avons déjà parlé de cette lutte terrible. La prévale des marchands succomba. Charles VI l'abolit, par un édit du 27 janvier 1382, en l'attribuant à son propre prévôt Mais il fut contraint de la rétablir par un second édit du 27 janvier 141 1 ; et depuis cette victoire, les bourgeois de Paris continuèrent de s'administrer suivant l'ancien usage jusqu'en 1780. Le dernier prévôt des marchands , roessire de Flesselle, partisan de la cour, fut tué dans l'émeute qui accompagna la prise de la Bastille. Après' quelques essais paasagers d'administration municipale , la redoutable commune parisienne , l'agent le plus actif et le plus terrible de la grande Révolution , se constitua, et dirigea Paris jusqu'à la journée du 0 thermidor, où elle fut remplacée par un régime transitoire, remplacé à son tour par l'organisation de la loi du 28 pluviôse an VIII.
Cette organisation complétée et successivement interprétée par l'arrêté du 25 vendémiaire an IX , le décret du 4 juin 1806, l'ordonnance du 8 août 1821 et la loi du 20 avril 1834, régit encore aujourd'hui la commune de Paris. Klle constitue une situation exceptionnelle qui met la grande ville en dehors de la loi générale, et elle attend encore la loi particulière , souvent promise , qui doit enfin la régulariser.
En effet, Paris compte deux préfets, et na pas de maire. Le préfet de la Seine et le préfet de police se
partagent les attributions municipalet. Qaelqoes fane* lions sont déléguées à 12 maires et à leurs adfjoiiils préposés aux 12 arrondissements de la ville.
Cependant , l'administratbn départementale eomem quelques institutions dont le siège est à Paris, et dont les attributions sont indépendautes des intérêts mnnîâpaux.
En première ligne, il faut signaler le cciaaeil grs^ rai du département, qui compte 44 membres, doel 8 seulement représentent les arrondissements exlnmuros: les 36 autres sont élus par les 19 arronduscments de Paris et siègent déjà comme conseillers moa»cipaux ; et le conseil de préfecture, tribunal admioistniir qui juge en premier ressort, dans la Itinîte de sa nmpétenoe, les discussions conlentieuses soulevées eatn> l'administration et les particuliers.
Un prochain traité expliquera les attribvtions de m deux conseils ainsi que les autres fonctions de radosnistration départementale et municipale.
A Paris, le préfet de la Seine exerce tontes cellei qv sont attribuées aux préfets des départeincols. Il eU chargé de tout ce qui concerne la grande voirie, à fei* ception de la navigation et du roulage. Il possèdf n conséquence, dans ses attributions , les chemins dr îtr, les pools, les travaux de navigation , quais, ports, ègues, chemins de halage , bacs et passages d'eau. Dasi Paris, il est également chargé de cette partie de b teirie urbaine qui y est considérée comme grande voir r . c'est-à-dire de l'alignement et de la hantenr des coestrucUons, du pavage, des égouts, des pInatatioDS. é* nivellement, etc. Il fait en outre exécnter les Iravaoi àt^ édifices et bâtiments communaux. C'est hû qui casvoque le conseil municipal , et il lui somnet les ^' lions qui concernent son admtnistralion.
Le préfet de police a dans ses attributions nae part' de la grande voirie, la police de la navigation, le scnirdes approvisionnements par eau et le roulatge, la ptti^ voirie , la liberté et la sûreté de la voie publique, ti^. que la salubrité dans Paris, la police des prisons, la <erveillance des monuments.
Ces atlribntions générales se subdivisent en de bdobreux services particuliers qui mettent son admiuîsirtlion en contact journalier avec la population.
Il est en outre investi pour rextindion 6e la bms^»cité, la poursuite et l'arrestation des malfaitearf. H enfin, sous le rapport de la police municipale, de îm^ les attributions conférées aux pouvoirs mnridpani. La agents de sûreté sont sons ses ordres, ainsi que \» sapeurs-pompiers et la garde municipale , corps êVÎ* chargé du service de l'ordre public dans Paris^
Le préfet de police peut assister anx aéances do esa> seil municipal, où il a voix consultative.
Le conseil municipal, produit de TéleeCinn , èi&etf sur la formation du budget de la ville, en approuve <^ recetles et les dépenses, et vote en onire les crédib <p peuvent être jugés nécessaires dans le coon de Tasarf Il fixe les tarifs et règlements de perception de loai ir« revenus communaux ; il autorise les acqnbilàons . «18* nations, échanges des propriétés eommnnales, Irur affectation aux différents ser%ices publics et tout ce qa intéresse leur conservation ou leur aoaélionitiùn : il ^ prouve les projets de construction, de réparatitaH d'amélioration des édifices communaux , ronwHwt i** rues et place», lalignement des voies pnbiiqnes , les tf*vaux de pavage, plantations, nivellcaient, égouts, «<r il autorise les actions judiciaires et transactioaM^ âtcrr^ les legs et donationa faits aux étaMisuaininU ■ae«' paux, etc.
Lea votea du conaeil , provoqués par le prtfrt <k >>
Seine , août exécutés par lea aoina des bnwanA pbrvi <
I l'Hôtel-de-Ville, et qui forment radmimstratÎM ccatnir
PARIS; MOPJUMEMTS, INSTltUtlONS.
idotf
Leg bâtiments de riiolel -de-Ville ont lubi autant de ransformationf que son administration. Le liége de la tanse paritienne était primitivement gar le bord de la )eine dans la maison de la marcbandige mit l'Iaue , aoourd'bai quai de la Mégisserie; elle s'ingtalla ensuite iant une maigon dite Parloner aux bourgeois , entre le irand-Chàtelet et la chapelle de Sainl-Leufroy, puis se rantporla près de la place Saint-Michel au coin de la oe Saint^Jacques. Knfin la ville de Paris acheta, en 1357, la maison de la place de Grève, dite Maison aux liliers ou bien encore Maison aux dauphins, parce qu'elle ivait été possédée par les deux derniers dauphins de aennois.
Au commencement du 16^ siècle, cette maison était levcnne insuffisante; on la reconstruisit en 1553 sur les lessins de Dominique Boccador , dit Cortone ; mais elle le Tnt terminée qu'en 1606 sous la direction d'André du >rreau qui modifia les plans de Boccador. On y réunit lepuis la chapelle de l'église Saint^Jean et remplacement le l'hôpital du Saint-Esprit , sur lequel on construisit' hôtel du préfet de la Seine.
Tous ces bâtiments étaient trop restreints pour l'imlortance de l'administration qu'ils renfermaient Un proet d'agrandissement dressé par MM. Godde et Lesueur ut adopté en 1836, et mis aussitôt en cours d'exécution. 1 est aujourd'hui presqu'entièrement terminé.
(Uô«d-d«-vilt«.)
L'Hôiel-de-Ville ainsi agrandi et restauré comprendra : » salles des fêtes et réunions municipales ; les apparleleiils du préfet , ses salles de réception ; les salles du onseil municipal ; les archives et la bibliothèque de la ille ; les bureaux de l'administration municipale et déarteosenlale. Il occupe une superficie de 8,850 mètres. 'Hôtel-de-Ville est le centre de toute l'organisation mnicipalc et départementale. A cette administration, qu'on ppelle avec raison administration centrale, se rattachent 'autres administrations spéciales , sous le titre de sériées extérieurs ; placés les uns dans des bâtiments partinliers propres à leur destination, les antres groupés dans >s dépendances mêmes de l'Hôtel-de-Ville.
Ainsi le service de l'instruction primaire a une orgaisation spéciale. Un comité central est installé à l'Hôtele-Ville , et contrôle l'avis des comités inférieurs , qui, )ns le tilre de comités locaux, siègent dans chacune des lairies des 12 arrondissements.
Depuis la loi du 28 juin 1633, Tinstruction primaire pris entre les mains de l'administration municipale un éveloppcmeot considérable. Ainsi il existe à Paris 25 illes d'asile communales entièrement gratuites ; 26 écoles lutuelles de garçons ; 27 écoles simultanées dirigées par s frères de Saint- Yon ; 30 écoles mutueîles de jeunes Iles ; les écoles dirigées par les sœurs sont au nombre c 28 ; en outre deux écoles supérieures de garçons, dont une, l'école François f , reçoit des internes ; une école rimaire supérieure pour les jeunes filles; un certain ombre d*ouvroirs ; des cours spéciaux pour les adultes lettres ; des écoles de dessie pour la classe ouvrière , lenneot compléter cet ensemble d'établissements d'in-
struction primaire dont l'entretien coûte à la ville de Paris plus d'un million chaque année.
L'instruction secondaire des filles relève également de l'Hôtel-de-Ville. Il y siège une commission instituée par le ministre de l'instruction publique et présidée par un membre du conseil municipal pour la délivrance des diplômes de maîtresse de pension et d'institution. L'administration centrale veille à l'autorisation et à la direction des maisons d'éducation de jeunes personnes par l'intermédiaire d'inspectrices déléguées et des comités d'inspection établis dans chaque arrondissement.
Chacun des douse arrondissements possède en effet une mairie, ou, ainsi que nous l'avons déjà dit, sont groupés des services locaux sous la direction du maire et des adjoints. Les principaux sont les actes de l'état civil , les services des bureaux de bienfaisance , d'instruction primaire , de garde nationale , les opérations préparatoires du recrutement militaire , les renseignements et enquêtes, etc. Kn outre, dans chaque arrondissement, siège un tribunal de paix , premier degré de juridiction civile ; quatre commissariats de police, chargés des attributions et des délégations judiciaires et administratives, ressortent de la police municipale , etc.
L'industrie et le commerce ont aussi une organisation officielle et spéciale ,* conformément à la législation qui sera développée dans un des prochains traités (n > 52). Paris possède donc un corps constitué de notables commerçants, dont la liste est dressée annuellement par le préfet, un conseil de prud'hommes, un tribunal , une chambre et une bourse de commerce. Ces trois dernières institutions sont placées dans un monument spécial.
Autrefois elles étaient séparées. Les juges consuls , créés en 1 563 , tinrent leurs séances à l'auditoire Saint- Maglbirc jusqu'en 1570. Depuis cette époque, ils jugeaient dans le cloître Saiot-Merry. Quant à la Bourse , die fut établie en 1724 dans l'ancien palais Mazarin, rue Vivienne; au commencement de la Ré\'olution on la trans- |>orta dans l'église des Petiis-Pères , eï enfin au Palais- Royal , galerie Virginie , dans l'ancien magasin des décors de l'Opéra. Un décret impérial du 1 6 mars 1 808 ordonna la construction du palais qui devait les réunir sur l'emplacement de l'ancien couvent des Filles-Saint- Thomas , édifié en 1 642. Le monument de la Bourse fut commencé sur les dessins de Brongniart et continué par M. Labarre. Ces deux architectes moururent pendant la durée des travaux qui ne furent terminés qu'en 1827.
(PaUit dp U BooTM.)
On admire les peintures en grisailles de la grande salle et U décoration du monument , dont d'ailleurs l'aspect annonce peu la destination. Ce palais, exécuté à frais communs par l'État , la ville de Paris, et le commerce au moyen d'une imposition spéciale sur les patentes, a coûté 8,U9,192fr.
Le commerce et l'industrie de Paris ont pris un essor immense ; le chiffre seul de ses exportations atteint 170,000,000 fr. par année. On conçoit à quel mouvement de fonds doit donner lien une pareille masts de
^'^'^ . o DjgitizpdtoSApC
L« Mnqne de Frtace, qui eiiiUit dabora eonune
éUblÎMeinenl privé et qui avait absorbé la caiise des comptes courants établie eo 1796 et la caisse d'escomptes du commerce en 1708, fut consacrée officiellement comme établissement public et privilégié par la loi du 14 germinal an IX, la loi dn 22 avril 1806 , le décret da 16 janvier 1808 et la loi dn 30 juin 1840. L'hôtel occupé depuis 1812 par cet établissement qui était auparavant installé à l'hôtel Massiac , place des Victoires, fut bâti en 1620 par Fr. Hansart, pour le secrétaire d'Ktat Phelipeaux de la Vrillière. Le comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV, Tacheta en 1713. Devenu propriété nationale, il fut acheté par la Banque 2,000,000 fr. payés au domaine.
La Caisse d'épargne était autrefois établie dans une dépendance des bâtiments de la Banque; elle a récemment acquis , rue Coq-Héron , l'ancien hôtel de Labriffe, qui appartenait à M. Dnpin aîné , et a su l'approprier à cette destination avec autant de bon goût que d'intelligence. Une succursale de ce grand établissement est établie en outre dans chacune des 12 mairies.
D'autres services qui. touchent aux attributions municipales sont dirigés par des administrations particulières qui fonctionnent sons la surveillance de l'administration centrale. Nous indiquerons seulement ici l'administfmtion des hôpitaux et hospices civils dé Paris, dont il est parlé avec tous les développements nécessaires dans le Traité des institutions de bienfaisance (n*^ 53). Kn première ligne se présente l'administration de l'octroi , qui gère une des branches les plus productives du revenu parisien , et dont dépend eu conséquence le service des barrières. Depuis la démolition , sous Louis XIV, de l'enceinte baslionnée de Louis XIII sur la rive droite et de celle construite par Philippe-Auguste sur la rive gauche , la capitale n'avait pour limites que de grossiers milrs de clôture ou môme de simples palissades eu mauvais état. Pour arrêter la contrebande , les fermiers-généraux conçurent le projet du mur d'enceinte actuel et des barrières. On les commença immédiatement sous la direction de l'architecte Ledoux , qui , chargé de construire 60 monuments pour servir de portes à la capitale, s'acquitta de celte tâche énorme avec un talent réel quoique bisarre. Les travaux marchèrent avec une telle rapidité qu'en trois années l'enceinte était déjà presque achevée , et on avait déjà dépensé 25 millions. Kn 1787, le ministre Loménie de Brienne, effrayé de cette prodigalité, fit suspendre les travaux, et le 1^^ m^i 1791 jfes droits d'entrée étaient abolis. Les barrières devenaient inutiles. Mais la loi du 27 fructidor an VI établit l'octroi municipal et rendit leur emploi aux barrières , qui furent cédées à la ville de Paris par la loi dn 29 ventôse an XII.
Les édifices qui décorent ces barrières ne sont pas terminés. Tous ont un véritable cachet d'originalité qui leur donne un caractère désormais approprié à cette destination ; quelques-uns sont des monuments remarquables : sans parler de la barrière de l'Étoile , que l'arc de triomphe met hors ligne , les barrières de Fontainebleau et de Passy, celle du Trône, la Rotonde de la Villette, etc. , méritent de fixer l'attention.
Au reste , on peut se faire une idée de l'imporiance que prend l'administration de l'octroi , quand on saura que la perception des droits aux barrières a produit en 1845 une somme de 34,164,942 fr. 97 c.
Indépendamment de la perception des droits attx barrières, l'administration de l'octroi est chargée de la vente de l'eau aux fotitaines marchandes. La vente de Teau a produit- à la ville de Paris 1,037,852 fr. 81 c. en 1845.
D*aatrei recettes de la ville de Paris , sans atteindre la même importance que les recettes de l'octroi , exigent aussi les soins d'une administration spéciale. Les services
do poids public , des halles et marchés , des abatloin . des entrepôts , de la caisse de Poûsy , des loealioos dtverses, etc., ont produit en 1845 un reve&n total de 6,699,162 francs.
Mais l'importance de ce service ne réaide pas sralement dans les recettes qu'il procure ; sur loi repose Is «^ curité de l'approvisionnement et de la coosommalioa parisienne. De nombreux établissements loi aont affectes «i témoignent de la prévoyance et de l'activité manidps)& L'approvisionnement des céréales compte la hafle as blé , les greniers de réserve , l'organisalKisi de la bsslaugerie , etc. ; celle des viandes, la coÎMe de Peissy , ki abattoira , la halle à la volaille , la halle à U râade, etc. les marchés au poisson , ao beurre , à la verdoie , etc. . complètent cet ensemble.
La halle aa blé a été constroite sur Templaceflieat et l'hôtel de Soisaons, en vertu des lettres patentes de 17(2 et terminée en 1 767 sous la direction de Gamos de Hrsières. La charpente du comble ayant été déimifte dat* un incendie, fut remplacée en 1811 par une charpat' en fer recouverte de cuivre étamé.
La halle au blé n'est qu'on lien de commerce fMr les céréales, et n'assure en rien rapproviaionneoicnt d Paris. Pour y pourvoir , Napoléon avait conço le |nff d'immenses greniers de réserve à sept étages, qui &tmm contenir 250,000 quintaux méiriquea de grain; ks nrnements politiques en arrêtèrent la constmctioa ao p^-a* où ils sont encore aujourd'hui.
Le système de réserve, d'abord préconisé, puis ak» donné , est enfin en partie réalisé par l'enunagasiBeani' dans ces greniers, et dans l'ancien magasin à fown^fr,^' la réserve en farine imposée au corps de la boolanjo* Cet approvisionnement peut s'élever à plui d'an B«a 4' la consommation parisienne en céréales.
La consommation de la viande exige plus d'étahhOTments publics. Les marchés aux bestiaux sont situés, p^ la plus grande partie , hors de la capitale , à Pais^ . • Sceaux , à Xanterre , à Saint-Germain , excepté le msrrk aux veaux et aux vaches grasses , placé «Uns riaterirr de l'enceinte. Sur ces marchés se présente l'actioB d# < caisse de Poissy , établissement financier qmi aert fiHH^ médiaire entre l'éleveur et l'acheteur ; aorte de bae>r. ooverte â la boucherie parisienne. Puis les aninuaxackv^ sont conduits aux abattoirs publics.
Autrefois, chaque boucher tuait dans oon dooiinl« Il en résultait des accidents , des inconvénients de m espèce. A différentes époques , surtout aooa le rrj|W •> Louis XV , des tentatives avaient été fsûtes pour U"^ cesser ces abus. Les abattoirs furent enfin décnirt p Napoléon le 9 février 1810. Us sont au oonubre éenm et sont situés dans les quartiers exceatriqaes. On le ifpelle , d'après leur position , les abattoirs dn ReaW . -- Montmartre, de Ménilmontant, de Villcjvif ri de lir" nellc , contenant en tout 140 échaudoirs on toerirs, «^ bergeries et bouveries, embrassant 156, 5M mètres arr * Ils ont coôté environ 20,000,000 de francs, et les fraV nuels d'entretien sont de 170,000 franco. Ces noi^^ qnes établissements , digqes de Paris , et ptsagist oai^* dans le monde, ont été terminés eal818:ilaoBtrar porté 1 , 1 70,573 francs de revenu en 1845.
Indépendamment des bœufs qui y sont abalins . Pv« consomme une notable partie de eeu ^ sont tacs ^i* les Communes rurales , et qu'on introdnit tout éeff^ sous le nom administratif de eiaads à U wmîm. Ce èAt de viande de qualité inférienre a lien |s im inalwmt «cles étaux des halles.
Les halles du centre servent également à la vcnif «gros et en détail du poisson , dn beurre, du «nds. d* légumes , des fruits , etc. , c'est le grand gatiepôt ér a consommation parisienne. D'aboid étaUies près d« 5i0^ tiermain-le-Viel , au marché Palo , pnis a«x Qwofcs^^
PARIS; MOXUMËNTS, INSTITUTIONS.
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irès de Saintc-Opportuoe , sous Philippe- Augnste , au iea où elles se trouvent aujourd'hui , elles furent agrauiics sous saint Louis et reconstruites en 1551 et 1553. Uais envahies par les constructions privées installées à lifférentes époques et circonscrites dans des limites irré- (ulières, les halles actuelles, bien que préférables à la ilupart de celles qui existent dans les autres capitales le l'Europe , ont été jugées par l'administration municipale insuffisantes et incommodes. Un vaste projet de re- 'onstmction sur un plan uniforme et régulier est anjour^ i'hui à l'étude.
D'autres marchés disséminés dans les différents quariers de la capitale suppléent à l'insuffisance des halles 'entrales. Les plus importants sont : le marché Saintjermain construit sur une partie de l'emplacement occupé par l'ancienne et célèbre foire de ce nom ; — le mar- :hé Saint-Honoré décrété par la loi du 28 floréal an III tur l'emplacement du couvent , devenu célèbre , des Jacobins, et terminé en 1810 ; le marché des Blancs-Man- «aux construit, en vertu d*un décret de 1813, sur 'emplacement du couvent occupe par les religieuses lospitalières de Saint-Gervais ; — la halle à la volaille, mtrepôt général de la volaille et du gibier, élevée sur les mines du couvent des Grands - Augustins en vertu d'un Jécretde 1807, et terminée en 1813; — le marché delà Madeleine , etc. , etc.
La vente en gros des chasselas de Fontainebleau et des Tuils de la Haute-Seine a lieu sur le port appelé marché du tfail.
La vente en gros des vins et alcools se trouve courentrée, soit à l'extérieur de Paris sur le port de Bercy, (oit à l'intérieur dans l'entrepôt des liquides , vaste éta- !»lis8cment municipal construit sur les débris de l'ancienne ;t célèbre abbaye Saint-Victor, et qui occupe 134,000 nètrcs de superficie. Il peut contenir un million d'hec- «litres devin et 160,000 hectolitres d'eau-dc-vic. Il a .•oùté 30,000,000 fr. à la ville de Paris.
Au reste , pour donner une idée de ce que doit être 'rnscmble de ces vastes établissements destinés à la con- (ommation parisienne , il suffira d'apprécier ici ce que »aul cette consommation.
Kn 1845, Paris a dévoré 2,679,000 hectolitres de éréales, 77,567 bœufs, 20,90i vaches, 83,3i7 veaux, 159,598 moutons, 96,887 porcs, 3,668,062 kilogr. le viande à la main, 1,337,944 kilogr. de charcuterie, 1,685,185 kilogr. d'abats, 370,192 kilogr. de p&tes, errines, etc. ; en outre, pour 710,368 fr. de poissons l'eau douce, 1,859,868 fr. d'huitrcs, 6,620,142 fr. le marée, 9,417,771 fr. de volaille, 1,300,000 fr. de leurre, 6,200,000 fr. d'œufs, etc. La dépense d'une leule journée de consommation peut être évaluée à l ,200,000 fr. , près d'un demi-milliard par an , et cette omme colossale fait i peine nn peu plus d'un franc par labitanL
Après tant de soins accordés à la nourriture du corps, 'arU n'est pas moins riche , n'est pas moins prodigue tour la nourrUore de l'esprit Les bibliothèques où l'érulitîon s'enrichit, les musées où l'art se développe, y ont dotés avec une rare munificence , et livrés chaque car à la curiosité, à Tadmiration publiques.
La Bibliothèque royale, la plus vaste de toutes, trouve a modeste origine dans l'humble collection du roi Jean, riii te composait de 10 volumes, et qui, placée par tharles V dans la tour de la librairie au LÔUvre, s'accrut usqn'aa nombre de 900 manuscrits estimés 2^323 liv. ^tte collection disparut pendant le séjour des Anglais i Paris. Le véritable fondateur en est doué Louis XI, qui 'installa dans son château de Blois. Sons Louis XH , on j comptait 1,890 volumes. François I'^' l'accrut d'un nillier de volumes environ ; mais les guerres civiles et es déprédations de la Ligue en arrêtèrent le développe-
ment. Elle ne s'enrichit réellement que sous Louis XUI, où elle atteignit le chiffre , énorme alors, de 16,700 volumes. Ce fut sons Louis XIV seulement qu'elle fut rendue publique, et Colbert la plaçA rue Vivienne , puis rue Richelieu dans l'ancien palais Maiarin. Dès ce moment la Bibliothèque s'enrichit rapidement Elle comptait environ 200,000 volumes en 1790. On évalue maintenant le nombre des volumes imprimés à 800,000 , et 700,000 pièces déUchées, 80,000 mannscriU, 80,000 médailles, etc. , et elle s'accrott tons les jours. Des cours littéraires et scientifiques sont faits par des professeurs attachés à la Bibliothèque royale.
La bibliothèque Masarine, celle de Sainte-Geneviève et celle de l'Arsenal , la bibliothèque de la ville de Paris , l'Hôtel-de-Vilie sont les plus considérables après celle-ci. Ensuite celles de la Sorbonne, du Conservatoire des arts et métiers, de l'École de médecine, du Conservatoire de musique , etc. Toutes ces bibliothèques sont publiques. En outre les grands établissements publics , le cabinet du roi , les deux chambres, les ministères , l'Institut , le conseil d'Etat, la Cour de cassation, l'ordre des avocats, les Invalides , la Bourse , l'Observatoire , les écoles spéciales , etc. , ont leurs bibliothèques particulières que les membres de ces différents corps peuvent consulter, et qui d'ailleurs sont gracieusement ouvertes aux savants et aux littérateurs de tous les pays.
Il en est de même des grands établissements scientifiques. Le premier de tous , par son origine et l'éclat qui l'accompagne , c'est l'Institut Son organisation actuelle date de la constitution de l'an III , qui rattachait ainsi son existence à la loi fondamentale du pays. Elle fut fixée par la loi du 1*^''' vendémiaire an IV, modifiée par le décret impérial de 1 806 et les ordonnances royales dr 1825 et de 1833. U comprend aujourd'hui cinq classes : l'Académie des sciences , établie par Colbert et constituée en 1699, où elle fut placée au Louvre; l'Académie française , la plus ancienne et la plus célèbre de toutes, instituée par Richelieu en 1635 ; f Académie des Inscrip^ tions et belles-lettres, fondée en 1663, qui tint d'abord ses séances dans la Bibliothèque , rue Vivienne ; l'Académie des beaux -arts, peinture et sculpture, instituée également par Colbert , et à laquelle se réunit l'Académie d'architet:ture projetée par ce ministre en 1671 , et qui fut régulièrement établie et logée au Louvre en 1717; enfin l'Académie des sciences morales et politiques, créée par la Convention , supprimée par la Restauration , et rétablie par l'ordonnance 'de 1833.
L'Institnt réorganisé avait d'abord tenu ses séances au Louvre ; il fut placé dans le palais des Quatre-Nalions par décret impérial du \^^ mai 1806.
(Palai* de rinititat.)
Le collège des Quatre-Nations avait été fondé en 1661 par Maxarin pour 60 écoliers et 15 académistes; il y était joint une bibliothèque publique. Le plan des bâtiments fut dressé en 1665 par Louis Levau ; il fut achevé par Lambert Dorbay.
De même que l'Académie des sdenccs, la fondation de l'Observatoire remonte à Louis XI V et à Colbert Les dessins de cet édifice furent donnés par Claude Perrault ; mais , malgré les observations de Cassini , les dispositions
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II^STRUCTION POUR LE PËUPLË.
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adoptces ptr rarchiteclc étaient Tort défavorables à la science f et dea améliorations sucressives, dont les pins importantes ont eu lieu en 1834, l'ont seules rendu véritablement propre ahx observations astronomiques. Le Bureau des longitudes tient ses séances dans cet édiRce.
Les sciences naturelles ont é<][alement leur palais dans le Jardin - des - Plantes. Fondé sous Louis XIII par les médecins Bouvard et Guy-Labrosse, dirigé ensuite par Fagon, Toumefort et Jussieu, ce furent surtout Buffon et Daubenlon qui donnèrent au Jardin-des-Plantes , et surtout au Cabinet d'histoire naturelle une nouvelle impulsion. Knfin la Convention l'organisa en 1793 sur les bases les plus larges ; on y créa douse cbaires pour renseignement des sciences naturelles. Des embellissements , des agrandissements de toute nature ont depuis porté ce magnifique établissement au point de prospérité où il se trouve aujourd'hui.
Ce que le Jardin-des-Plantes et le Muséum sont pour les sciences naturelles , le Conservatoire des arts et métiers Test pour les sciences mécaniques. Fondé par la Convention , renfermant un véritable musée de machines et de modèles , il a été placé dans l'ancien prieuré de Saint- Marlin-des-Champs , dont l'origine remonte à 586 ; des cours gratuits de sciences industrielles y sont professés pour les ouvriers.
C'est ici que nous abandonnerons le domaine des sciences ponr entrer dans celui des arts ; et il est presque tout entier renfermé dans le Louvre : la peinture et la sculpture y entassent leurs chefs-d'œuvre, et ce palais immense leur est consacré. Le luxe de cette superbe galerie , celle étonnante accumulation des trésors de l'art frappent l'âme et les regards d'une involontaire admiration : on est ébloui par ces merveilles qui se succèdent sans s'éclipser , qui étonnent et qui émeuvent en même temps. C'est encore une des belles, une des puissahtes créations du génie révolutionnaire; c'est à la Convention qu'on doit les musées qui embellissent et qui honorent la capitale : par décret du 27 juillet 1793 elle ordonna l'établissement du musée national , qui s'ouvrit au Louvre le 10 août suivant; le musée des dessins fut formé en 1797 ; le musée des sculptures antiques fut ouvert en 1 800 , le musée égyptien en 1827 ; le musée du moyen âge et de la renaissance , le musée espagnol , etc. , depuis 1 830.
D'autres musées spéciaux existent dans d'antres palais : celui du Luxembourg expose les tableaux acquis par le gouvernement à des peintres encore vivants; le musée naval , au Louvre ; le musée d'artillerie , le musée anatomique ; le musée d'antiquités nationales , fondé dans l'ancien palais des Thermes et dans l'hdtel Cluny, réunissent des collections précieuses et offrent un utile aliment à l'étude et un puissant attrait à la curiosité.
Si nous quittons les bibliothèques et les musées ponr chercher à Paris d'autres délassements moins sérieux, d'autres distractions d'un ordre moins élevé peut-^tre, les théâtres s'ouvrent en foule pour nous offrir les amusements que nous venons leur demander. — Au premier rang se présente l'Académie royale de musique, qui, fondée par Louis XIV en 1672, a traversé les révolutions en conservant le luxe de sa mise en scène , l'attrait de sa musique et la magie de ses décors ; le Théâtre-Français, héritier direct de la troupe de Molière, des comédiens de l'hdtel de Bourgogne , et qui est resté en possession d'interpréter les chefs-d'œuvre de notre scène tragique ; la Théâtre-Italien, qui nous fait entendre les cbefsni'œnvre joués au delà des Alpes ; l'Opéra-Comique, qui seconde l'Académie royale de mnsiqne mieux que l'Odéon ne remplace les Français ; puis les théâtres du drame et du vaudeville : les uns gais, riant et chantant sans cesse; les autres voulant attendrir, effrayer toujours ; le Gymnase, le Vaudeville, les Variétés et le Palais-Royal, la Porte- Saint-Martin , l'Ambigu , la Galté. .. et pour terminer ce
long dénombrement , le Théâtre-Historique brochant sar I le tout, sans compter cette nuée de pdils théâtres qui commencent aux Folies-Dramatiques pour passer par ks Délassements-Comiques, etc. , etc. , en finissant à BobifM>.
Si le spectacle nous lasse , n'avons-nons pas ces cafn splendides, ces cercles joyeux où la mode oona appel)< , ces salles brillantes dé concerts, et même encore ces rcsnions gaies, trop gaies peut-être, ces bals animés, trop animés sans doute, où nous pouvons aller perd» a riant les dernières heures d'une journée bieo occupée.
Mais ce n'est pas sur ces riantes pensées , sur Cfs Ubleaux sensuels de joyeuses soirées et de folles nnits qot nous voulons nous arrêter. Sans doute , Paris est la li'if des plaisii-s comme la ville des affaires; la fée des érewments mondains , comme la reine des granda dévoaements et des grandes pensées ; mais le peintre ne doit p j5 oublier k son portrait le dernier coup de pîneeso , et dernier trait par lequel tout finit
Voyes-vons , sur les bords de la Seine , ce petit édë^sombre, simple, étroit, revêtu d'une pierre tomaU^T comme un sarcophage antique? c'est la Mobsob. C'est li que chaque jour on dépose un cadavre de pins , on cadavre sans nom , victime inconnue qui vient à son ^* compléter ce nombre moyen de 365 cadavres demaadaat chaque année l'bospitalité à ces froides dalles de piem une des victimes que frappent dans les mea de PirH les 1,089 accidents dont elles sont annaelIcmeDt l-* théâtra
Kt puis, tout autour de la grande dté, an nord, à Tt^ au sud , se développent comme une ceinture fanèbrr N tristes cimetières, %'astes nécropoles , dont les croii bk"numentales la dominent; villes de morts qni dorar« auprès de la ville des vivants : s'agilant sans fin et m» cesse dans ce tourbillon dévorant de la capitale , im)» aux pieds avec insouciance les os mêmes de lears f^f^ qui , enfouis dans les cavités silencieuses des catan^i^ jusqu'au centre de la ville , reposent au-dessous do hrf et des passions humaines ; ils attendent dans Tombrr ' . l'oubli de ces cavernes chaque génération qui tteA uc À tour les rejoindre , et qui passe an-dessus d*cax ■■! f aonger !
En terminant , nous dirions : td est Paris ! si Fespii resserré que nous pouvions lui consacrer , » ce r«^ trop étroit nous avait permis de donner à un si iv: tableau de justes proportions. Mais, an moins « ce41er^ pide revue de l'histoire, des institutions, des mtmmf^ et de l'administration de la capitale, n'aura pas été. sAf l'espérons, sans quelque intérêt ni quelque utilité. EDe w.. servi à montrer et faire mieux comprendre peut-^lrc Ir à" veloppement inévitable et graduel, Tinfluence cxoissi^' l'importance sociale de cette grande cité; on aurs i comment , sur quelques hectares carrés de sopcric' dans une situation prédestinée , au centre de toalï^ 1-* voies de communication , se trouve agglomérée une ïk*pulation active, industrieuse, brave et déTovre; clément s'est formée cette ville de palaia et de motamf^ où l'histoire et les révolutions ont laissé à cbaqae fm '- ' traces grandioses et ineffaçables ; où les arts, W isw l'industrie , le commerce ont entassé depuis des un des richesses incalculables; où, derrière de fovnjdj> remparts enfermant plus de 1,800,000 âmes, se trm^ massée une armée de âO,000 soldats d'élite sduIa» par 50,000 baïonnettes de milices organisées, exercf^ toujours prêtes et debout; où une admtntstralioa édar< nombreuse et populaire, dirige ces forces cttaycnfi«*« administre publiquement un revenu qui a'eal ikvi er 1845 à 62,000,000 fr.
On nous comprendra mieux alors, quand nausàrv que Paris , à lui seul , représente dans la iiaitnc» ecrp> péenne une puissance de second ordre.
CTgitizea j^ pju,„ 0-0I.U1T.
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INSTRUCTION POUR LE PEUPLE. — CENT TRAITÉS. pAui. — DUBOCHET, LECHE VALIKR ir G", «0, RUE RICHELIEU. —25 cintimu.