‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 199 sur 291 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Telle est , dans son ensemble , ForganisatioB dm scrrA de la marine et des colonies.

Par ce rapide exposé , nous avons tâché de donner wsf idée générale de rétablissement naval , nécessaire et é^ complément de l'établissement militaire de la Pranec

Puisse la vigilante sollicitude du pays s'étendra e^ stamment anx frontières de terra et de 00*, ainsi qa* l'armée et à la flotte chargées de couvrir ces frantîèrr«!

Puisse un invariable concert tonjoun cûslcr m»* deux, forces si distinctes, mais réunies sous nn mèest drapeau dans le but commun de garantir rintéyil* es sol national!

Enfin , qu'elle les appelle à la servir snr terre aa sr mer , puisse la France tonjoun trouver dans sss eulun rhéroïque dévouement qu'elle a droit d'en attendra!

FaéDtaïc CHASStltlâr.

maître dei re^aêlei ta cobmU d'Etet , kittariagnpft» é» la mmrjt

fUM. -TfPOMânoi non ratais, asa m mmmams» M.

Paais. ^ DUBOCHET, LSCHKVALUBR n 0>, 60, RUE RICHELIEU. —25 cumms.

HISTOIRE MILITAIRE DES FRANÇAIS

Lortqoe les Romaint eurent pris possession des Gaa- • f ils trouvèrent chex les peuples de cette belliqueose »ntrée une grande aptitude à se former à leurs instituons militaires.

L'impétuosité des Barbares triompha de la tactique imaine, lorsque la discipline s'afTaiblil, lorsque la ^population des Gaules énerva le recrutement , lorsque i malencontreuses réformes dénaturèrent la légion.

Les Francs posèrent les premiers le pied sur les pronces ausqueiles ils devaient donner leur nom. Sous alérius et Gallien (253-268) , ils forcèrent le Rhin en tarnant les camps des légions, et portèrent leurs armes,

travers les Gaules et TEtpagne, jusqu'en Mauritanie.

La lutte, une fois engagée, ne cessa plus que par interilles jusqu'au règne d'Honorius , qui laissa les Francs, !S Visigoths, les Bourguignons, former, sur la rive gaube du Rhin et an pied des Alpes, des établissements les (395 i 420).

Bientôt un danger commun rallia toutes les nations origine germaine , qui se réunirent aux milices impéales de la Gaule occidentale pour arrêter les Huns induits par Attila.

La coalition des Francs , des Visigoths , des Bourguinons et des Gallo-Romains , commandée par le préfet itius, vainquit dans les plaines de Chilons le roi tartare t le força de repasser le Rhin (451).

liais le moment était venu oà les dernières traces de autorité impériale allaient être effacées.

INVâSIOSr DBS raANCS SâLIINS.

Les Visigoths étaient maîtres de la Gaule méridionale, ooins la Provence; les Bourguignons, des deux versants In Jnra; les Francs saliens et ripuaires, des provinces hénanes et des Pays-Bas, quand Syagrius, qui, sons le tire de patrice romain , commandait les troupes gallo-rotiaines des provinces du centre et de l'ouest , concentra suies ses forces à Soissons ; quels que fussent ses deseins il fut prévenu : un jeune chef franc salien, Clovis, ils de Childéric , dont la tribu habitait le Toumaisis , 'allia aux princesses voisins, rassembla 6 à 8,000 comlattants , marcha sur Soissons , vainquit Syagrius et le it périr (486). Les milices impériales dispersées, l'immrtante ville de Soissons prise, le centre de la Gaule lui itait ouvert ; mais , avant de s'étendre , il s'affermit sur es derrières et sur son flanc gauche. Il soumit les Ton- {riens (pays de Liège) (491) ; il courut aux Allemands, lui, à leur tour, passaient le Rhin, les battit à Tolbiac.

près Cologne (406), fit alliance avec les Francs ripuaires, reçut dans ses rangs une partie des vaincus et se trouva à la tcle de toute la confédération des Francs.

Jadis composée des vaillantes nations germaines , cantonnées entre le Bas-Rhin, le Weser et l'Océan, cette ligue si redoutée deê Romains s'était détendue depuis qu'une partie des confédérés avait pris pied au nord dt la Gaule belgiqne. Mais , païenne encore, elle avait conservé tout entières et dans leur intégrité , ses mœun , sa civilisation, ses passions primitives , et il ne fallait qu'on homme entreprenant et habile , comme Clovis , pour la ranimer et l'engager dans de communes entreprises.

L'armée et la nation étaient une seule et même chose. Le roi la commandait en personne avec une autorité absolue (sauf l'obligation de respecter le droit d'égalité dans le partage du butin ) en ce qui concernait la discipline, qu'il resserrait ou relâchait k son gré. Elu par rassemblée de la nation réunie en armes au champ de Mai , et chargé par elle de faire exécuter ses résolutions, ce chef, réputé le plus vaillant, était pris dans la caste privilégiée des Mérovingiens , qui se distinguait des autres familles par sa longue chevelure. Il avait pour cortège public les fendes ( fidèles ) , guerrien intrépides qui se vouaient à son service personnel , combattaient k cheval à set côtés, se jetaient au-devant des coups qui mena<;aioot de l'atteindre, et cherchaient la mort s'il venait à périr.

Le reste de la nation combattait à pied par bataillons rangés de coin , forme que prenait l'arma entière ; ses armes défensives et offensives étaient : le bouclier, le sayon (gilet serré) de cuir rembourré de laine, à l'épreuve du trait, Tare et la fronde pour quelques troupes légères , et pour le corps de bataille l'épée courte , le javelot , soit droit , soit à crochet , et surtout la francisque , hache à deux tranchants que les combattants lançaient sur les boucliers de leun adversaires d'une main si exercée , qu'ils brisaient les armures et rompaient les rangs. Une touffe de cheveux sur le sommet de la tête était la coiffure ; le roi seul avait un casque et une cuirasse.

Telles furent les ressources militaires que la victoire de Tolbiac mit entre les mains de Clovis. Sa convenion an catholicisme , son baptême , la joie que son orthodoxie donna au pape et an clergé gaulois le placèrent non moins inopinément à la tête des Gallo - Romains. Les Armoricains le reconnurent pour roi , soit forcément soit d'eux-mêmes (407) , et sa domination ent;JlC limites l'Océan, le Ithin, la Saône, le Rhône ^

iVi»

Loire. On évalue à 15,000 combatUnti la force de ion armée, qail tenait toajonra cantonnée chei lef habitante antour de la réf idence, qni fat d'abord Soiaiona, pais Parii.

Son mariage (403) avec Clotilde, nièce catholique de Gondeband , roi arien de la Bourgogne , lui donna prétexte d'attaquer ce prince et de le mettre mus m dépendance (500). Il se tourna ensnite contre Alaric II, roi arien des VistgoOis, le défit , et le tua à Voaglé , près Poitiers (507), et s'empara de tout le pays entre la Loire et les Pyrénées, moins la Septimanie (Languedoc), qni resta aux vaincns.

L'unité était son but : il fit périr cruellement tons les princes de sa race qui pouvaient lui disputer le pouvoir ; puis il porta la guerre ches les Armoricains de la péninsule (Bretagne) qui s'étaient donné un roi ; mais la mort< le surprit avant qu'il les eût domptés (511).

Ses quatre fils , Thierri (à Reims , puis i Meli), Clodomire (à Orléans), Childebert(à Paris) et-Clotaire (à Soissons) se partagèrent le domaine royal , le commandement et la royauté.

Ils continuèrent ses conquêtes : Thierri , après quelques échecs dans le Midi , s'empara de la Thnringe (53 1) ; son fils Tbéodebert reprit aux Visigotbs ce qu'ils avaient recouvré (533), aida Jnstinien à enlever l'Italie aux Ostrogoths, reçut de cet empereur la Provence (535 et suiv.), et mourut (547) en laissant le pouvoir iTfaéodebald , dont Clotaire recueillit l'héritage.

Les trois antres frères achevèrent de déposséder la dynastie boai*guignonne, de réduire les Bretons et de contenir les Visigotbs dans la Septimanie. Après des débats sanglants et des crimes atroces , le plus jeune , Clotaire , se trouva senl roi (560) et mettre d'un empire qni embrassait les Gaules , moins le Languedoc , et presque tonte la Ger-

A sa mort (563), ses fils , Sigebert (i Mets), Gontran (à Orléans), Chilpéric (à Soissons), Charibert (à Paris), lui suceédèrenL Le dernier lui survécut i peine , et ses trois frères morcelèrent entre eux son lot (566). Mais l'actirité conquérante des Francs ne s'était point partout conservée ; les mœurs s'étaient altérées et les institutions militaires n'étaient plus les mêmes. Les leudes , qui pour leur part de butin recevaient deê domaines amovibles dépendants du fisc , furent seuls tenus personnellement au serrice militaire. Les autres Francs devenus propriétaires , comme les Visigotbs , comme les Bourguignons , comme les Gaulois , se disperaèrent dans les provinces , se fondirent avec les anciens habitants et se trouvèrent, par rapport an recrutement , dans les mêmes conditions qu'eux. Les provinces, sans distinction, fournirent, dans les occasions de guerre, un certain contingent que les seigneurs, quelle que fAt leur origine, conduisirent i l'armée.

En Anstrasie ( Mets ) , où l'élément germanique prédominait, entretenu d'ailleurs par les posseisions outrerhénanes , la langue tudesque , les anciennes mœurs prévalurent Dans le reste de la Gaule franque, k laquelle on avait donné le nom de Neustrie ( Paris et Soissons) , les vainqueurs adoptèrent la langue , les usages des Gallo- Romains , et ne tardèrent pas , comme eux , à s'énerver : ici la monarchie , avec les traditions impériales , sédentaire, civilisatrice, tendant à l'unité; là une aristocratie militaire , turbulente , avide de conquêtes et de butin. Les leudes anstrasiens opposèrent aux empiétements de l'autorité royale un Maire du palais, représentant impérien de leurs idées et de leur force , qui ne tarda pas à mettre le roi en tutelle. Cette institution fut adoptée dans les trois royaumes ; mais elle n'eut toute sa réalité qu'en Anstrasie , et la rivalité entre les Anstrasiens et les Nenstriens n*eut qu'un aliment de pins.

La lutte entre des principes si tranchés ne pouvait le faire attendre ; elle éclaU. Après cinquante ans de guerres atroces , marquées par les crimes de Brunehaut ,

femme de Sigebert, et de Frédégonde, fenow et OA* péric , les Auitrasiens l'emportèrent, etletleodesniitcl sur le tr^e ( 613 ) Gotaire II , fils de Ckilpêrie . jfsB* homme de vingt-neuf ans , qui depuis sa nainaocr n^l en Neustrie , et sous le nom duquel gouveroèreot L*i4i maires du palais, en Anstrasie, en Kenslrie, eaBocr* gogne.

Le fils de Clotaire II, Dagobert, roi en Anstnsréi vivant de son père (622), puis de tout le roysame i>31 , tenta de réprimer les leudes et de rentrer dsos k« \m de la cirilisation romaine ; mais , ayant porté U fçatrt au delà du Rhin pour combattre Sam<», roi des Sivti, et rouvrir la conminnication avec l'Orient (633', I4 Anstrasiens lâchèrent prise et ne reprirent ridonesM^ ment les hoitilités que lorsqu'il leur eut donné pov ni son fils , Sigebert II. Dès lors il borna à la Neeitrie « plans de réforme : ainsi ses efforts dvilisatevn nÙ6z> rent qu'à réveiller la haine entre les deux partis el i r» dre nne nouvelle guerre inéritable. Elle dort àaquu ans encore , mêlée de ricissitudes , de troubles et de ni mes effroyables. Enfin Pépin d*Herstall, msire dn \é lais d' Anstrasie , leva une grande armée sur les deu ves du Rhin , et atteignit les Nenstriens à Tettrj, Saint-Quentin et Péronne ( 687 ). Sa victoire fst plète : il prit Paris; il fit prisonnier Thierri, snièrc-pO' tils-fils de Dagobert et quinxième roi de la rsce gienne ; il rendit la dignité de maire héréditaire Au» a fBmillo«et soumit tout le royaume aux idées anitiasosa

INVASION DBS ACSTRASIBNS OC PBANCS BPCIIBSS.

Pépin d'Herstall et ses trois premiers sacceoici eurent pour mission d'importer dans toute riBoeit Gaule le gouvernement aristocratique d'une hkrirci» militaire , dont le chef suprême fut d'abord le nu» à palais , et de reprendre , à l'extérieur, lea conque oterrompues à la mort de Qotaire I^.

Leurs ennemis intérieurs furent les Nenstrieni. <{■* débattirent encore ; les Aquitains ( entre Loire et fiironne) , qui pendant un siècle de troubles avaieetiffs une sorte d'indépendance , les Gascons et les BietML

Au dehors ils eurent pour adversaires : 1 • en Germui^ au nord , les Frisons, les Saxons, les Allemands (Sosak . les Slaves ; an sud, les Bavarois et les Avares oa H». 20 en Italie , les Lombards , seule nation bsrbsrr ^ depuis l'invasion eût , comme eux , gardé son indindsilité ; Z^ sur les deux versants des Pyrénées , les Samàa qni dépossédèrent en Rspagne les Visigotbs (71]-<U< et occupèrent temporairement une partie de la S«pti* manie.

Leurs moyens d'action furent l'énergie guerrièrr è» Francs , secondée par les ressources que leur doBBiKSt des provinces grandes et riches et par les arts notât. auxquels ils empruntèrent tout ce qni s'accommoêst t leur génie entreprenant.

Pépin opéra d'abord au delà du Rhin contre les Fréons et les Allemands, qu'il réduisit Sa mort (714) nn* promit tout II avait désigné pour lui succéder son f^filsThéodebald, encore enfant; Charles-Martel. •»& naturel, s'empara de vive force de l'autorité, écran ^ finitivement à Vincy, près de Cambrai , les Neiîstrias soulevés (717), se jeta sur les Saxons, les r^M^ dans leurs forêts , les fit suivre par d*inlrépides misswnaires et revint battre à Soissons (7 18) les Aquitains, qs: avaient pris les armes pour relever la Neustrie.

Cependant les Sarrasins débordaient des Pyréoén^ menaçaient tout le Midi. Eudes , duc d'Aquitaine, se bîu de traiter avec Charles et de courir à la défense de m Etats. Il s'engagea dans nne guerre et dans des aê^'ot tions ambiguës qni attirèrent sur lu' le lienteosat an califes d'Espagne , Abd-el-Rabman , à la tête de 100^000 hommes. C'en était fait de la Gaule sans 1

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\astrasiens. Charlet accoorat , rallia Eadei et livra aox nusalmans (octobre 732) la célèbre bataille de Poitien , >ù il remporta une complète victoire. Abd-el-Rahman »érit ; les f iens , aprèf nn grand carnage , le retirèrent m pied des Pyrénées.

Le reste de la vie da vainqueur s^éconla en exenrlions an nord et au midi; mais enfin les Neustriens Tétaient fondns avec les Austrasiens; les% provinces où 'esprit gallo-romain était profondément enraciné : TAqniaine , le Lyonnais , le Danpbiné , la Provence , étaient onmises ; le flot des musulmans se retirait sans retour ; ;iharles avait dignement préparé l'avènement de sa race. 1 mourut (741) laissant une autorité non contestée i es trois fils légitimes : Garloman , Pépin-le-Bref et Grifon sous le titre de dncs et prinoes des Français.

Les deux premiers dépouillèrent leur frère et vain- (airent tour à tour les ducs d'Aquitaine, de Souabe et le Bavière, tributaires du royaume i qui la mort de ce narteau, qui tombait à coups précipités sur tons ses ennenis à la fois , avait inspiré de nouveaux désirs d'indépendance. Carloman , peu après (746) , se fit moine ; rriffon crut en prendre occasion de revendiquer une lart de Thérflage paternel ; il chercha partout des ennenia à son frère. Pépin le battit ou le prévint en Saxe , m Sonabe , en Bavière (747-48-49) , et , de retour en es EtAts, il détrôna et enferma dans un monastère Childéic m , dernier Mérovingien, après quoi il se fit élire roi ; >n vertu d'un décret du pape , par l'assemblée générale lea Francs que les Austrasiens avaient fait revivre (751). Par deux fois Pépin passa les Alpes pour délivrer Rome [n'assiégeait Ataulfe , roi des Lombards. Ce prince, deux oia vaincu, se reconnut son tributaire (753 à 755). Cependant les Saxons abattus prêtèrent attention aux prédications des missionnaires , et le roi des Francs put [ispofer de ses forces pour prendre Narbonne , dernier ppui des musulmans , chasser ces derniers en Espagne t réduire encore la remuante Aquitaine , où Griffon avait ronvé un refuge (758 à 65).

A peine eut-il fermé les yeux que cette province se oaleva de nouveau. Charles , ou Charlemagne , son fils , qni étaient échues la Neustrie et la Bourgogne , la sub* ogua en deux ans , y fit bAtir une forteresse et s'empara nsaite sans coup férir de l'Austrasie , de la Septimanie t de la Provence , dévolues à sou jeune frère Carloman ; e prince venait de mourir laissant deux enfants dont Iharles ne respecta point les droits (758 à 71 ) et que >ar mère emmena ches Didier, successeur d'Ataulfe.

Didier était nn ennemi implacable , il entretenait Tesrit de rébellion de ses voisins les Bavarois , et l'attitude e ceux-ci agitait tonte la Germanie. D'un autre c6té , Espagne, en proie à des révolutions intérieures , semlait inviter k l'invasion.

Ces circonstances, le désir de mettre ses plans de éorganisation intérieure à l'abri de nouvelles atteintes e la barbarie , l'espoir de subjuguer l'Occident jusqu'aux onfins de l'empire grec , entraînèrent Charlemagne i aire la guerre sans relâche et i donner nn grand déve- 9ppement aux institutions militaires que la race anstraienne avait déjà améliorées.

A des hostilités sans cesse renaissantes , il opposa des rmées plus sédentaires que celles de ses devanciers ; il SB divisa en corps de 8 à 10,000 hommes; il mit k ear tête des rois , des dncs , des marquis et des comtes lont la mission fut permanente. Entre ces colonnes staionnaires, Charles, secondé par son fils atné et par son ncle Bernard, avec une colonne mobile d'environ 70,000 ommes , se portait tour à tour où le ramenait le péril.

Le recrutement , les levées d'hommes furent modifiés , égalarisés et réglementés. Les fiefs , primitivement conédés aux leudes , avaient été classés hiérarchiquement a fiefs et arrière-fiefs, exploités par des seigneurs et

par des feudataires ou vassaux et tenanciers ; il y avait en outre des terres libres.

Le roi , dès qu'une expédition était résolue , publiait son mandement ou ban , les seigneurs proclamaient leur mandement on hériban. Aussitôt , sous leurs drapeaux , lenrs feudataires étaient tenus de se ranger ; et ils conduisaient leurs troupes au souverain , qui les plaçait directement sons ses ordre» ou qui les confiait à de grands vassaux désignés arbitrairement k cause de leur rang , de lenrs richesses , de lenrs talents militaires.

Pendant 13 ans (772 i 785) Charlemagne fit huit campagnes centre les Saxons , une contre les Slaves.

Ces expéditions présentent un caractère uniforme : ce sont toujours des défaites essuyées par les barbares, d*alfreux massacres , des conversions forcées , des soulèvements quand le vainqueur s'éloigne et de cruelles vengeances i son retour. La soumission , le baptême de Vitikind (785), chef des Saxons et Time de leur résistance, mirent fin, de ce côté aux grandes opérations, quoique pendant vingt ans encore il y eût de graves insurrections des vaincus.

Les campagnes contre Didier (773), contre les Bavarois (787) , contre les Avares (791) méritent une attention plus particulière i cause de leurs rapports avec la science moderne.

Pour attaquer Didier, Charles marcha contre l'armée lombarde qni défendait les cols des Alpes depuis le pas de Snse jusqu'au Saint-Bernard ; cependant une grande colonne , se glissant à travers les glaciers du Valais, parut inopinément sur les derrières de Tennemi , qui lâcha pied et courut se renfermer dans les places de Parie et de Vérone, dont la prise mit fin à la domination des Lombards en Italie.

Pour attaquer les Bavarois , il forma deux armées qui, côtoyant les deux rives du Danube , attirèrent toutes les forces du pays sur la frontière occidentale. Mais une troisième armée, débouchant d'Italie par les défilés du Tyrol, pénétra au cœur de la Bavière et rendit tonte résistance impossible.

Pour attaquer les Avares (les Huns d'Attila) qui, derrière les Bavarois , occupaient toute la vaHée du Danube, ou ils avaient renfermé, dans de vastes camps retranchés, d'immenses richesses, Charles, comme dans les deux précédentes opérations , poHa par les rives du fleuve, un coup direct, pendant que de Tltalie, à travers les Alpes noriques, s'avança son fils Pépin , et que , du centre do la Germanie , descendit à travers les monts de la Bohême un corps de Saxons et de Slaves, attirée son alliance par Fespoir du pillage. Charles pénétra jusque au delà de Vienne ; mais une épixootie qui fit périr ses chevaux l'obligea de faire retraite. Ses lieutenants , six ans après , achevèrent ce qu'il avait commencé, réduisirent les Avares à l'impuissance et s'emparèrent de leurs trésors.

A ces expéditions capitales il faut ajouter : 1° quatre autres incursions en Italie qui affermirent sa conquête ; 2^ une incursion en Espagne qui le rendit maître de la vallée del*Ebre et qui fut signalée par l'échec de Roncevaux , célébré par les romanciers k cause de la mort de Roland (778).

Charlemagne , proclamé empereur d'Occident par le pape Léon (800) , avait ajouté à l'héritage paternel l'Italie jusqu'à Bénévent , la Germanie presque entière et le nord-est de l'Espagne. Cependant le but qu'il s'était proposé n'était pas atteint; il n'avait point mis l'Europe occidentale à l'abri des attaques des barbares du Nord, des Normands, comme on les appela plus tard.

Ces hommes indomptables commencèrent dès ses dernières années à sillonner les mers ; et, après avoir si longtemps en , contre ses ennemis , l'initiative , il termina sa carrière en mettant en défense tout le littoral de son vaste empire.

13oS

INVâtlO.» DBS NOBHANDSf FéODALIT^, CROISADES.

Les guerres de Charlemagoe avaient épuisé le sang anstrasien ; les dissensions de Loois-le -Débonnaire avec ses fils t la guerre civile entre ces derniers , la sanglante bataille de Fontenaj (841) qui la couronna, achevèrent d*en tarir les sources.

La hiérarchie militaire fondée par les tendes était d*ailleurs dénaturée. Les ducs , les marquis , les comtes ne se bornaient plus à considérer les provinces où ils commandaient comme des bénéfices temporaires, ils aspiraient à s'en assurer l'hérédité ; la même ambition travaillait tous les titulaires d'arrière-fiefs.

A ces causes de décomposition du régime austrasien il faut joindre l'influence de l'Eglise qui couvrait le territoire de riches monastères, servis par des esclaves, et jetait dans la vie religieuse une foule d'honmies que leur rang destinait à porter les armes.

Après la bataille de Fontenay, les trois fils de Louis-le- Débonnaire se partagèrent par le traité de Verdun (843) les possessions de leur aïeul. Lotbaire eut , avec le litre d'empereur, l'Italie et les contrées comprises entre les Alpes , le Rhin , le Rhône , la Saône , la Meuse et l'Escaut ; Louis-le-Germanique eut toutes les provinces an nord des Alpes et à l'est du Rhin ; Charles-le-Chauve eut, sous le nom de France , tons les pays à l'ouest de la part de Lothaire. Mais Charles ne trouva pas des sujets soumis ; la Septimanie , les Bretons le forcèrent de reconnaître leur indépendance ; il batailla pendant vingt-cinq ans pour obtenir des Aquitains un hommage illusoire ; enfin partout les seigneurs se consolidèrent dans leurs domaines ; et, par le capitnlaire de Kiersj, il consacra en droit, ce qui était un fait irrésistilje , l'hérédité des fiefs et des comtés (877).

Son titre de roi , celui d'empereur qu'il obtint après la mort de Lothaire furent illusoires ; ni lui ni ses successeurs ne purent empêcher les seigneurs de hérisser leurs domaines de forteresses ; ils furent aussi impuissants à réprimer les hommes du Nord. Ceux-ci redoublèrent chaque jour d'audace ; ils pénétraient jusqu'au cœur du rof aume, pillaient les monastères , saccageaient les villes, répandaient partout la mort et la terreur. Les seuls obstacles qui les arrêtèrent furent l'épée de quelques vaillants seigneurs , parmi lesquels se signalèrent les comtes de Paris et ducs de France , et plus efficacement encore leurs propres établissements fîjies en Normandie , à Tours , à Blois, à Chartres et jusque dans les plaines de la Brie.

Cependant la famille carlovingienne ne régnait plus que de nom ; la France était disloquée en une multitude de principautés associées entre elles par le besoin de défense commune, et dont les seigneurs exerçaient, chacun ches eux, l'autorité souveraine dans toute sa plénitude.

Charles-le-Gros, sixième carloviogien, étant mort sans postérité (888) , Eudes, comte de Paris, fut élu roi. A partir de cette époque , les ducs de France et de Bourgogne eurent la réalité du pouvoir jusqu'à ce que Hugnes Capet , duc de France , reçût la couronne des mains des seigneurs du centre et commençât la troisième race (987). Les quatre premiers Capétiens n'auraient pu eu plus de puissance que les derniers Carlovingiens , s'ils n'eussent possédé de vastes domaines privés. Les seigneurs du Midi ne les reconnurent pas formellement , et ceux qui les avaient élevés au trône se gardèrent bien d'ajouter à leur autorité.

Tout était morcelé ; le royaume entier était couvert de ch&teaux , de tourelles d'où s'élançaient , au gré de leurs passions , des hommes bardés de fer, toujours prêts à engager de sanglantes querelles avec leurs plus proches voisins. Il n'y avait plus d'armées nationales , de recrutement subordonné à la couronne , chacun bataillait pour

son compte, et, dans les gnerres privées, U vdeur individuelle, la force physique, la trempe àeu annei. U vigueur du coursier décidaient la question. ' Plus d iafanterie ; les serfs , entraînés par les seigneurs , ne cooptent plus que comme instruments de transport ; 1« csor liers, armés de pied en cap , se forment en hnie et ea ow seule ligne , homme contre homme , la tance en arrêt : au signal donné, ils chargent avec fnrenr, et le parti ntorieux est celui qui a le plus désarçonné ifadvensim. Deux liens cependant rattachaient ces prindpanlés êpvses : lo la chevalerie, association religienae et nûljtsirf, vouée à la défense des prêtres , des femmes, de* biMci; composée d'abord de nobles i quatre quartiers, et, ém le moment de son plus vif éclat, comprenant tonle U es* dominante qui tint à honneur d'en faire partie ;

So Le pouvoir toujours croiasant de TEglisc, qoc b superstitions de l'époque vinrent encore fortifier. L'ofnion se répandit que l'an 1000 de l'ère cbr^ienBC éetn. être l'an dernier du monde; les pèlerinagea ans bcn sainU se multiplièrent , les égUses se remplirez; éM cour de Rome , enhardie par Thumililé de ces beaeM si redoutés qui se prosternaient devant elle , la eosr è Rome , réclama pour la papauté la snierainélé lempardi que les rois ne pouvaient faire reconnaître.

Quoique ces vastes desseins eussent soalevé trop it^ position pour obtenir un entier succès , Hildebrand , depuis Grégoire VII , acquit asses d'antorité morsle ftm disposer de la couronne d'Angleterre et la donner sa est de Normandie , Guillaume-le-Bâtard , qai , en une i^ bataUle livrée à Hastings (1066) , vaUda la doostisB.

Enfin, cette énergique impulsion prodnintlei aésades, qui mirent fin à l'état de morcelleinent, pearnmener à des idées d'intérêt commun et pour neUi« k force matérielle au service de la pensée.

Après l'an 1 OJO, quoique la crainte d'nne catarfrejée finale fût effacée, les pèlerins les pins fervenU esotisef rent i visiter le tombeau du Christ Mais la priie ée if^ rusalem par les Turcs rendit ce voyage d'abord fàikn> puis impossible.

Les esprits s'exaltèrent , un prêtre pieard, Pien» Tfrmite, arriva d'Orient et fit sur les cmaotéa des Tero et terribles réciU ; le pape Urbain II reomena an ceadr de Clermont, où futprêchée la croisade (109S).

Une multitude immense, enivrée par les psnles à l'ermite, prit la croix en s'écriant : DUm le eeitf, «t fstit sans ordre, sans discipline , pour périr aous ic 6at terre des musulmans (1096).

Cependant une expédition plus sérinae ae ptipn trois grandes arméea conduites par Godefroi de ^^'^ Hugues, frère de Philippe, roi de France, et Bajni» comte de Toulouse, se rasaemUèrent en Lonaiaecia France ; une nombreuse chevalerie et dea faalasnat • toutes les conditions s'y enrôlèrent. Ces masses «wn*» se façonnèrent à marcher militairement en eolennef . > camper, à combattre selon des régies antiques. ■* tombées en oubli , à se rallier an moyen des sf««* qu'inventèrent et qu'arborèrent les cbeCs, EU» «»** ensuite à enlever, puis à défendre les places de b^r* et de la Palestine ; elles apprirent la kalirtiqoc et èjfs^ rent à leurs armes l'arbalète.

La fondation du royaume de Jéni8alem(1099)H' vicissitudes des chrétiens d'Orient absorbèreat P«»** longtemps l'acliïité turbulente de la casi» guerrièrt- Upendant les classes inférieures sortirent de leur fc»^*" soupissement; quelques communes étaient d^ ««•*' chies; le nombre s'en accrut Philippe et sertoet •* successeur, Louis VI ou le Gros, favorisèrent ce ae»^ ment Louis délivra un grand nombre de <*«*« «* communes, qui mirent sur pied des milices ; riea^^ depuis si longtemps avilie, reprit du nerf. Les f^^ communes devinrent bientôt redootaUea; ilss'e— **•

HISTOIRE MILITAIRE DES FRANÇAIS

ivtc Tardenr que donne la liberté ; iU en vinrent , avee leurs flèches et lenrs contelat , à braver la chevalerie. La conroone avait trouvé un point d'appui ; Louis , après ivoir débloqué Paris que de simples châtelains tenaient en échec, guerroya avec son trop puissant vassal Henri I*'^, roi d'Angleterre et duc de Normandie. Il perdit la bataille de Brenneville (1119), mais les milices des comnanes continuèrent à ravager les possédions de son ripal, qui invoqua Taide de l'empereur Henri V. Aui premiers mouvements de l'empereur, Louis, en vertu de ion droit de suseraineté , fit appel aux grands vassaux et k U milice des villes principales. L'armée féodale, qui lui toarnit sans contestation des sujets naguère si insuhorlonnés, futasses nombreuse pour imposer aux impériaux, i|ai n'entrèrent pas en France (1^34).

Cet événement seul était une révolution, Louis en profita , il agrandit le domaine royal , il se fit l'arbitre des laerelles entre les seigneurs , il prit une véritable prépondérance. Le mariage de son fils Louis VII ( 1137 ) ivec Kléonore d'Aquitaine, héritière des plus belles prorioces du sud-ouest, semblait devoir restaurer l'unité de la nonarchie ; mais, le jeune roi , après une courte expédition en Champagne, se croisa (1145) , partit pour l'Orient ( 1 147 ) et n'y essuya que des échecs. U en revint [1149) brouillé avec Eléonore, qui divorça, et, par un lecond mariage, transporta sa riche dot à la maison d'An- |ieterre.

De nouvelles dissensions s'ensuivirent et profitèrent à a famille capétienne. Philippe II, fils de Louis VII, après rélre croisé (1188) avec Richard Cœur-de-Lion , roi l'Angleterre , pour recouvrer Jérusalem perdue par les :h réliens, après avoir contribué à la prise d'Acre (1191), aissa en Orient ce roi batailleur , et , au mépris d'une promesse solennelle, attaqua ses possessions continentales [1193).

La science des engins lui permit de réduire des places uaque-là imprenables, et les modifications qu'éprouvait 'organisation de la force publique lui permirent de mètre dans ses opérations plus d'ensemble , plus de conitaoce que n'en eussent comporté des troupes purement 'éodales.

Les populeuses communes de Flandre fournissaient iee aventuriers à pied et à cheval , connus sous le nom ie brabançons , cottereaux , routiers , qui vendaient leurs lervices aux princes.

L'infanterie se composait de sergents d'armes armés le pied en cap, d'archers, d'arbalétriers, de piquiers de tatëllites , de routiers et de ribauds.

Les premières hostilités n'eurent pas de grands résulats ; Richard, à son retour de la Palestine, avait été fait >rieonnier par le duc d'Autriche ; il acheta sa délivrance, kecourut , fit lever le siège de Rouen et signa des trêves ■oaipues et renouvelées jusqu'à sa mort (1194 à 1 199).

Aux prises avec Jean-sans-Terre (1199 à 1208), Phiippe lui enleva la Normandie, qui fut réunie sans retour i la couronne ; il avait déjà pris possession de l'Auverpe. Le Poitou , l'Anjou , le Maine se soumirent sans resriction , et le vainqueur fit sanctionner ses confiscations >ar les grands vassaux réunis en cour des pairs.

Cependant les croisades continuaient La quatrième, rondnite (1203) par Baudouin, comte de Flandre, dé- KMséda l'empereur schismatique de Constantinople et onda l'empire éphémère des Latins. L'ambition domilatrice du pape s'en accrut au point qu'il provoqua, loas prétexte d'orthodoxie (1209), une croisade contre es seigneurs du midi de la France, trop indépendants de a cour de Rome et protecteurs tolérants des hérétiques fo'on appelait Vaudois on Albigeois. Raymond VI, comte le Toulouse , était le plus puissant de ces grands fendataires. Malgré le secours du roi don Pèdre d'Aragon , le parti albigeois fut écrasé à la bataille de Muret (1213),

et les vaincus, après avoir subi d'abominables cmaulés, eurent recours à la merci du pape.

Philippe resta spectateur en apparence indifCérent de cette guerre, dont il pressentait qu'il recueillerait le fruit; d'sâleurs il convoitait l'Angleterre. Les grands vassaux du Nord, l'empereur , se liguèrent contre lui avec Jean-sans-Terre. Mais , dans la seconde campagne , la victoire signalée de Boovines, en Flandre, où 150,000 impériaux se heurtèrent contre 50,000 Français, dénoua la coalition et affermit la monarchie féodale (1214).

Les grands fiefs étaient déclarés oonfiscables , les guerres privées étaient interdites ; les tourelles seigneuriales s'écroulaient sous les coups des balistes. Les successeurs de Philippe, et surtout Louis VIll , Louis IX , Philippe-le-Bel , complétèrent son œuvre matérielle en prenant possession du comté de Toulouse , du comté de Champagne , du Quercy , en séquestrant la Gnienne , en réprimant partout les vassaux et les efforts réactionnaires des Anglais ; ils complétèrent son œuvre civilisatrice en combattant à la fois l'Eglise et les feudataires, en substituant le droit romain au droit canonique , en opposant aux justices seigneuriales la justice royale , en instituant les parlements et les Etats-généraux.

Les croisades de saint Louis ( les dernières croisades : 1248-1270) , les débats de son fils avec l'Aragon ne furent que des épisodes qui n'eurent point d'influence sur l'agrandissement du pouvoir monarchique.

GCBRaBS AVBG LANGLBTBRRB.

La famille capétienne s'éteignit et la loi saliqne interprêtée par les Etats-généraux appela an trône Philippe VI / ( de Valois ) , neveu de Philippe-le-Bel , an préjudice d'Edouard 111, roi d'Angleterre, son petit-fils par sa mère Isabelle (1328).

De là naquit la rivalité entre la France et FAnglelerre, qui eut d'ailleurs d'autres causes dont il est important de se pénétrer. Le temps avait dissous la confédération féodale devant laquelle les quatre premiers Capétiens s'étaient effacés. Il ne restait plus que quatre grands vassaux. L'un d'eux, le duc de Bourgogne, descendait dn frère de Hugues-Capet et était fidèlement attaché à la couronne ; les trois autres seuls balançaient encore l'autorité royale. C'étaient : 1° le roi d'Angleterre , à cause de la Gnienne, dont le séquestre était levé; 2» le duc de Bretagne, qui n'avait point d'enfant, et dont la succession devait être un sujet de litige; 3o le comte de Flandre.

Philippe-le-Bel avait confisqué les riches provinces de ce dernier feudataire ; mais l'imprudence de son administration les avait soulevées, et les bourgeois flamands avaient fait essuyer à la chevalerie française , non loin de Conrtrai, la plus sanglante défaite (1302). Philippe s'é- Uit vengé à la bataille de Mons en Puelle (1304) ; mais il avait rendu aux Flamands leur souverain et n'avait conservé qu'une partie de la Flandre française.

Le comte actuel, Louis 1«', élevé à la cour de France, tourmentait ses sujets par ses exactions. U les poussa à la révolte à laquelle les encourageait l'Angleterre ; Valois prit parti pour lui et marcha sur la Flandre à la tête d'une armée formidable , il écrasa les insurgés à Cassel (1328) et rétablit l'autorité du comte, mais sans pacifier les esprits, dont l'agitation secondait les desseins secrets d'Edouard. Celui-ci, aussitôt que l'éUt de ses affaires intérieures et de ses négociations le lui permit, revendiqua son droit à la couronne de France et débarqua en Flandre (1338). Les hostilités s'engagèrent an nord, en Bretagne et sur mer ; elles durèrent huit ans sans antre résultat saillant que la destruction de la flotte française dans le port de l'Ecluse (1340).

Philippe leur donna plus d'activité en soulevant contre lui , par un acte déloyal , son propre parti en Bretagne; cette province se déclsra tout entière pour l'Anglais :

lion Edouard fit entrer dans la Gironde nne armée qui le mit en campagne avec snccèa et t*enipara d'Angooléme (1345). Le fila du roi, Jean, le rendit à Toolonie, y concentra 100,000 hommes (1346) et reaaerra les Anglais sur la Garonne. Edouard partit en personne pour les renforcer avec 800 voiles et 32,000 honunes la plupart d'infanterie, archers saions, irlandais et gallois. Les vents contraires le poussèrent en Normandie : il s'empara, l'épée à la main , de Caen , et, en s'appnjant sur ses partisans , il manœuvra jusqu'aux portes de Paris ; mais la promptitude avec laquelle Philippe leva nne armée le força de battre rapidement en retraite vers le Nord. Le roi, à la tête de 68,000 hommes, le poursuivit à outrance ; mais les gués de la Somme lui furent livrés, et il fit halte à Crécj , sur une hauteur où ses troupes prirent nne bonne position (26 août).

L'impétuosité de la chevalerie échoua contre une infanterie bien disciplinée ; quatre petites bombardes, employée pour la première fois en rase campagne , mirent le comble an désordre. L*armée 'royale fut détruite ou dispersée ; Edouard continua sa retraite et ■ s'empara de Calais (1347). L'année suivante, la peste noire suspendit la guerre ; Philippe mourut avant que la trêve fût expirée.

Jean recommença la guerre en Normandie; après quoi, ' i la tête de 30,000 hommes , il passa la Loire pour déborder le prince de Galles , fils d'Edourd , qui , sorti 4e Bordeaux avec 12,800 hoanes, s'était avancé obliquement jusqu'à Vierson. Les deux armées se heurtèrent k Haupertuis , à deux lieues de Poitiers : comme à Grécy , la discipline triompha du nombre et de l'ardeur chevaleresque ; en un moment l'armée française ne fut qu'une immense cohue ; le roi , son plus jeune fils, furent faits prisonniers (1356).

Sa captivité fut le signal de calamités terribles : les bourgeois des grandes villes et surtout de Paris tentèrent de s'emparer du pouvoir ; en Picardie , les paysans , sous le nom de Jacquerie, se soulevèrent; les aventuriers licenciés pillèrent partout le royaume ; enfin les Etats-généraux , dans ces droonstances graves , se montrèrent trop avares de subsides. Le dauphin , depuis Charies V, sortit victorieux de toutes ces difficultés , et il arrêta nne nouvelle invasion d'Edouard par le traité de Brétigny, qui cédait à l'Angleterre , à titre de sowreraineté indépendante , toute l'ancienne Aquitaine et un territoire de peu d*étendne autour de Calais. La mort de Jean le mit sur le tr6ne ; sa principale préoccupation était de revenir sur des conventions trop désastreuses. Les déroutes de Crécy et de Maupertuis, l'emploi de cette arme nouvelle que les Anglais avaient fait avec tant d'à-propos, lui avaient appris que le temps de la chevalerie était passé , et que la politique , la discipline , la tactique devaient désormais décider des résultats si longtemps soumis à une aveugle impétuosité.

II commença, pour se ménager une forte alliance au dehors , par envoyer les grandes bandes avec le plus cé« lèbre des chefs d'aventuriers, Du Gnesclin, faire une révolution et changer la dynastie en Cutille (1366). Les Anglais s'épuisèrent à contrecarrer ce dessein , qui réussit (1 369). Alors il recommença la guerre et mit en mouvement trois armées • Point de batailles ! > dit-il & ses généraux ; ce fut toute sa stratégie. Le prince de Galles au midi , Robert KnoUes au nord , sillonnèrent le pays sans combattre ; mais , de tontes les places dont ils approchaient, sortaient des détachements qui les harcelaient, leur coupaient les vivres, et les minaient plus que ne l'eussent fait des défaites. Quand KnoHes fut ar- . rivé haletant aux confins de la Bretagne , Du Gnesclin tomba, près de Pont-Vallain , sur ses bandes exténuées , et les déconfit (1370).

Edouard envoya une autre armée sons Pembroke , et lui-même, avec 20,000 hommes, mit à la voile pour inter-

venir et ramener la fortune : la flotte castiflaDe, avait La Rochelle, détruisit les vaisseaux de Pemhrake(U72', les tempêtes rejetèrent les siens sur les cèlei hritasn^ea II fit alors débarquer à Calais une dernôe vm» f^ n'eut pas un meilleur sort ; elle traversa tout Icroput et airiva à Bordeaux tellement réduite , qu'elle pntHasisitât pour l'Angleterre (1574). Cependant les trèc^ royales reprirent tout aux Anglais et ne leur ÏÙÊon plus que Bayonne , Bordeaux et Calais

Le prince de Galles mourut ; son père loi iiin«aiit peine, et les hostilités, interrompues par nne tim, rs prirent sur le même plan; mais la mort de Ckartesl termina cette période de la guerre (1380).

Sa fin prématurée fut le signal d'une résfdin à ii bourgeoisie, qu'il avait comprimée; Gand lusirfd Paris , Rouen s'émurent Le comte de Flandre, hOu i Bruges, invoqua l'appui du jeune Charies VI; ()0.>j'« hommes se levèrent spontanément : les Flmusés ism. écrasés à Rosebeeque , près de Courtrai (27. mté» 1382) ; 26,000 des leurs périrent, et le roi, en netrv à Paris la lanee au poing, désarma la bon^jeoise.

Mais sa démenée ranima tontes les factionf etnam les Anglais en France; leur roi, Henri V, àâir» en Normandie : il est bient^ menacé par ni» !':« de tonte la noblesse ; il se hâte de battre eo retni» fr Calais ; il est atteint , entouré par des forea fwhpies ; il parle de traiter ; on reponsae ronicrtnre ht c» nétable d'Atbret le fait attaquer à Anncoort, près è Saint -Pol, dans un terrain fangeux, où ks àifui s'embarrassent et restent immobiles ; les srcben taflii tnent à bout portant des hommes sans défcme (joi w obligés décrier merci (25 octobre 1415).

La défaite d'Atincourt fut snirie d'une hofriUe coésîon : les partis s'entr'égorgèrent ; la Normandie fis elevée par le roi anglais, et celui -ci reconon bérit» a la couronne conamc gendre de Charles VI.

La guerre s'engagea partout avec la forevr et )r è»'dre des guerres ciriles ; les partisans du dauphin, njds au delà de la Loire, malgré quelques succès pvtk'i étaient aux abois , et il ne fallait plus que ieir esiffir Orléans pour leur porter un coup décbif.

Les Anglais (1428) rassemblèrent une giude ssa et assiégèrent cette ville ; lorsqu'une pauvre jeune SIkè dix-huit ans, née à Domremy, en Champagne, mt ^^ mander une épée et promit de délivrer ks teuèfi : c^ tait Jeanne d'Arc , la Pocelle d'OHétns. Sa ^rtmt» s'accomplirent : après des prodiges de valeur, les Fnsçais firent lever le siège ( 1429 ) , conduifircot i Iss Charles VII devenu roi, le firent sacrer, 9*efflpv««^ d'une foule de places , et assiégèrent Paris.

Jeanne , livrée aux Anglais , fut brâlée fise t^^ sorcière (1 431 ) ; mais cet horrible crime ne réUbfit pas* leurs affaires, qui ne cessèrent de décliner jncqs'iBS^ ment où , par le traité d'Ama, Charles VIlMn(«eà avec la maison de Bourgogne (1435). Bèi Ion il P^ rentrer i Paris , et , en vingt ans de siège, il akntt»^ les places qui tenaient pour les Anglais, Hsf Cilais. ^ leur resta encore.

Charles n'eut plus à lutter que contre Is Prtf^- ^ gne des seigneurs contre ses réformes , lijoe qs'ii u*^' en une seule campagne (1440).

Ce prince , aussitôt en possession du trêWt ^^P^ plans administratifs de son aïeul et sanctionas i^ /"t* fications que le temps avait apportées à la cooftitsû»^ armées. Selon les mœurs féodales, les seigneon^ les chefs naturels de troupes qui leur ippirtes»fii|dont le roi avait le commandement soprème ; tf^ roi , le graod-sénéchal conmiandait de droit, H n^ gnité était héréditaire dans la maison d'Anjoo. Kb^ ce droit était tombé en désuétude : le Uententst « "^ fut alors le connétable , qui eut pour lieotensnU »^

êchau ; mût ce poite éminent fut toajoort conféré à i 0 homme dn rang le plus éle? é. Gharlei V, le premiei:, ; décenit ta plni viillant, et en investit Bertrand Du 1 îuesclln , fimple gentilhomme. Cet exemple devint nne ègle qui l'étendit aux promotion! des maréchaux. Mais Ibarlei , en instituant une force publique permanente et oldée , dépouilla d*une manière plus générale la noblesse [u privilège d*étre à elle seule l'armée , dont elle occutait hiérarchiquement tous les grades.

Il composa la cavalerie ou la gendarmerie de 15 com- Mgnies d'ordonnance comptant chacune 100 hommes Tarmes , ayant chacun sous ses ordres cinq personnes , avoir : trois archers, un coutillier (armé d*nn coutelas) it un page.

Quant k l'infanterie , elle eut pour noyau un archer l'élite par paroisse, homme toujours prêt à. partir et (xempt d'impôt L'artillerie fut pourvue de parcs nomireux: elle eut un grand -mattre spécial, et elle rendit les iervi(ïte immenses pour enlever les places des Anglais. >our délivrer le royaume du reste des compagnies ou Mmdes, Charles, sous prétexte de secourir la maison TAutriche contre les Suisses , les envoya en Alsace sous es ordres du dauphin , qui livra , à Saint-Jacques , une errible bataille où, dit -on, toute l'armée suisse périt [96 août 1444).

Les dernières années de ce règne s*éeonlèrent paisiblenent; Louis XI fut pacifique. Après avoir lutté contre es seigneurs et livré la bataille sanglante de Montihéry ' 1 465 ) , il déjoua cette nouvelle ligue à force de sou- »Iesse et de ruse. Il acheta de l'Anglais des trêves touoars renouvelées , et il eut la joie de voir son plus relonté rival , Charles*le-Téméraire , s'user et se perdre en illemagne, en Suisse, en Lorraine.

Alors il saisit la Bourgogne, la Franche-Comté et 'Artois (1477) ; mais, par sa conduite ambiguë avec les 'Jamands, il laissa les riches provinces des Pays-Bas wsser par un mariage à la maison d'Autriche ; Marie de Sonrgogne épousa l'archiduc Maxin|ilien.

Cette alliance et la -mort du roi de Provence, qui légua es Etats à la couronne, préparèrent les grandei guerros les règnes suivants. Louis en personne n'eut d'abord à •atailler que contn Maximilien, qui tenta de ressaisir l'Arois. Le seul événement qui en résulta fut la bataille iniécise de Guinegate (1479). Louis XI mourut après avoir nbstitué aux francs archers un corpi de Suisses , persetionné l'artillerie et fait de son royaume l'état le pins Aste, le plus compacte de l'époque (1483).

Son jeune fils , à la suite d'une courte guerre féodale srminée par la bataille de Saint -Aubin -du -Cormier 1488), épousa l'héritièro de Bretagne et compléta par ette alliance la réunion à la couronne de tous les anciens rends fiefs , sauf la Flandre , qui était désormais raje- §e hors des frontières du royaume.

6UIRHB8 d'iTALIB.

Le dernier roi de Provence , comme héritier de la latson d'Anjou, avait laissé à Louis XI des droits yri contestables sur la couronne des Deux-Siciles. Iiarles VIII résolut de les réclamer l'épée i la main, près avoir donné à Ferdinand , roi d'Aragon , le Rousillon, et à Maximilien l'Artois et la Franche-Comté pour rix de leur assentiment , il réunit nne brillante armée 'au moins 60,000 hommes qui tirait sa foree principale e la gendarmerie organisée par Charles VII , de l'artilirie organisée par Louis XI et de l'infanterie suisse mise •ar lui à la solde de la France.

Naples était au pouvoir d'une branche bâtarde de la imille d'Aragon ; sa force publique consistait en condotcri ou capitaines d'aventuriers comparables aux grandes andes qu'en France on avait régularisées.

Charles conquit Naples en courant (1494, 1495) ; lei

HISTOIRE MILITAIRE «ES FRANÇAIS

condottieri passeront à son service , les princes artgonais se retireront en Sicile. Cependsnt Venise fit appal à tons les intérêts , à tons les rossentiments et noua une ligue dont le but était de détruira l'armée conquérante et de réprimer l'ambition de la France par nne attaque sur toutes ses frontières.

Charles fut obligé de battre en retraite , après avoir laissé i Naples, comme vice-roi, le duc de Montpeosier et comme connétable, d'Aubigny avec 5, 000 fantassins et 800 lances. Arrivé sur le Tara et an bourg de Fornovo, à cinq lieues de Parme, avec environ 10,000 hommes, il trouva la route barrée par 40,000 coalisés commandés par le duc de Mantoue (5 juillet). Il leur pMsa bravement sur le ventre, il rentra en France victorieux ; mais son armée de Naples , malgré ses premien succès , capitula en détail et il mourut n'ayant rien laissé de l'Italie à son successeur que de funestes illusions sur la facilité de s'en rendre maître (1498).

Louis XII en effet prit, perdit et reprit encore le Milanais sans combattre (1499-1500).

Ensuite il stipula avec Ferdinand d'Aragon le partage du royaume de Naples. .

Les deux spoliateun ne purent s'entendra sur les limites. La bataille de Cérignole décida du sort dn royaume et le fit tomber au pouvoir des Espagnols (1502).

Les efforts de Louis co*tre le perfide Ferdinand, sur mer, au pied des Pyrénées c^ dans le royaume des I)enx« Siciles même, n'eurent que des résultats désastreux; à Naples l'armée presque entière périt (1503).

Mais le Milanais lui resta : il résolut de e'agrandir de ce cêté, et il coalisa, par la ligue de Cambrai, l'Autriche, l'Aragou , toute l'Italie dans l'intérêt commun de dépouiller Venise de ses provinces continentales (1508). Cette combinaison ne lui réunit pas mieux que la préeédente. Il détruisit l'armée vénitienne. Mais la ligue se tonmt toute entière contre lui. Ses troupes battirent l'armée papale à Ferrare, à Bologne (151 1) ; elles écrasèrent i Ravenne l'armée arregonaise (1 1 avril 1512). Puis eu un clin d'œil, tout lui échappe : les troupes allemandes quittèrent ses drapeaux , les Suisses entrèrent en ligne , les Milanais accueillirent Maximilien Sforse.. Gênes se donna un doge , Jules II s'empara de la Romague et mourut avec la joie d'avoir chassé les Français d'Italie.

Dans le même temps 6,000 Anglais intervinrent et débarquèrent en Biscaye ; mais Ferdinand , au lieu de les aider à conquérir la Guyenne , prit pour son compte la Navarre. Il en résulta de nouvelles alliances qui attirèrent encore nne armée française an delà des monts. La Trémonille , qui la commandait , après avoir heureus»> ment débuté , fut vaincu d'une manière décisive i NO" varre et chassé de Tltalie (1513). Ce désastre fut le signal d'une coalition qui attaqua la France sur toutes ses frontières , mais qui avorta. La défaite de Guinegate (10 août], la prise de Térouanne furent les seuls faits d'armes saillants. La paix se fit et Louis mourut peu après (1514-1515).

A peine couronné, son successeur, François I^, renouvela la guerre. Il s'assura de la neutralité de Henri VIII, dn jeune comte de Flandre (depuis Charles-Quint, petitfils de Msximilien d'Autriche et fils de Jeanne héritière des Espagnes). U renouvela ralliance avec les Vénitiens, il fit reconnaître à Gênes l'autorité de France et leva une belle armée (1515), dans laquelle figuraient 20,000 fantassins , dont le plus grand nombre était Français ; car le roi s'appliquait k former une infanterie nationale.

Dans les précédentes expéditions on avait eu l'entrée dn Piémont, grêce k la possession de Saluées et du Montferrat , fiefs du Dauphiné. Mais , depuis les demiera désastres de Louis XII, les portes des Alpes étaient fermées i la France, et il fallut les forcer^ized by V^

La coalition se composait du pape , des Aragonais, de

INSTRUGTrOkJ POUR LE PEUPLE.

Sfone et des Saiitei ; les prtmien compèreot toni PUifluice; let deroJera, ao nombre de 20,000, commandés par Prof per Colonne , m rangèrent au pied dee monts.

Les Alpes furent franchies avec une habileté^ une audace dignes des plus beaux temps de notre histoire ()5aoât) ; Colonne surpris fut fait prisonnier, et les Suisses, frappés de stupeur, s'enfuirent près de Ifilan. François les poursuivit, les atteignit, acheta leur retraite et prit position entre eux et leurs alliés, en avant de Ifarignao. Us allaient partir, 10,000 des leurs survinrent, et tons furent excités à prendre les armes. Ils débouchèrent au nombre de 30,000 en colonne serrée, par la chaussée de Milan k Lodi , et se ruèrent au milieu du camp français (13 septembre). La bataille dura deux jours et Téclatante victoire du jeune roi , en lui livrant le Milanais , amena une pacification générale, perpétuelle et fidèlement conservée depuis à l'égard de la Suisse (1516).

Pendantla paix l'Europe changea de face. Charles-Quint, mattré de son chef des Pays-Bas, hérita des Kspagnes , des Deux-Siciles et fut élu empereur. Pour étreindre la France de toutes parts il ne lui fallait que la domination de la haute Italie, ^'un autre câté , Luther parut et commença la réformation religieuse, qui eut pour résultat politique de resserrer en une formidable confédération le grand corps germanique et les puissances du Nord , si longtemps , dans leur ensemble , en dehors des questions européennes.

La guerre élait inévitable entre deux rivaux, jeunes , ambitieux , impatients et tous deux si intéressés à s'entre-détruire. -Elle fut de longue durée et embrassa tout le monde. Mais quoiqu'elle éclatât d'abord sur toutes les frontières , quoique de remarquables épisodes, telles que l'invasion de la Picardie par les Anglais (1524), le siège de Mésières (1521), au nord , ville héroïquement défendue par Bayard , et celui de Fontarabie , que prit et perdit Bonnivet , au midi , fissent quelque diversion, son intérêt capital fut la possession du Milanais.

Lantrec en était gouverneur, vaincu à la Bicocqne , il fut refoulé en France (1522).

Cependant le cabinet de Madrid forma nue coalition générale et séduisit le connétable de Bonrbon qui promit de soulever une partie de la France (1523).

Le complot fut découvert i temps ; Bourbon s'enfuit en Italie , et l'on n'eut que les chances de la guerre ; elles furent désastreuses. Bonivet passa le mont Cenis à la tête de 30,000 fantassins et 1,800 lances; mais forcé dans son camp de Biagrosse abandonnée par les Suisses , il commanda la retraite, qui fut un combat continuel pendant lequel Bayard reçut une blessure mortelle, et qui ne s'anîftta que sur le territoire français (1524).

Les impériaux envahirent aussitôt la Provence et assiégèrent Marseille , où ils perdirent un temps précieux et une partie de leur armée. François accourait avec 35,000 fantassins et 8,000 chevaux; ils se hâtèrent de lever le siège et furent menés battant jusqu'à Gènes par Lapalice , qui acheva de les disloquer (septembre).

François saisit le moment , il passe le mont Cenis et parvient sans obstacle au cœur du Milanais ; mais il commet la même faute que aes adversaires : an lieu de se rendre mattre de la campagne ; il investit Pavie ( 28 octobre) et leur donne le temps de se réorganiser. Us snr^ viennent, engagent la bataille, la gagnent et font le roi prisonnier (24 février 1525). Ce fut un coup de fondre pour ritalie , qui comprit que c'en était fait de son indépendance si la France succombait

Aussitôt que le roi captif eut recouvré sa liberté, i des conditions qu'il avait résolu de ne point tenir (1526), la guerre se ranima sur de nouvelles combinaisons. Sforse, Venise armèrent pour lui ; mais il ne seconda point leurs efTorts , malgré l'iovasion de la Hongrie par Soliman et la terreur de l'Autriche. Bourbon réduisit Sfone (1526),

entra d*assaut i Rome (mai 1527) et y fat tac. ns troupes, la plupart luthériennes, y restèrent près <fiis an , se livrèrent k tous les excès et firent éclater la peste. François se décida enfin à envoyer contre elles 25,001 1 hommes commandés par Lantrec (1528). Lethnpérini se retirèrent sur Naples ; on les poursuivit, on investit b ville, on la réduisit aux dernières extrémités de la famise, quand le génois Doria , qui bloquait le port, se décliTt | pour l'empereur et vint soulever sa patrie.

Les assiégeants ravitaillés reprirent l'attaqne. Laotm mourut; ses troupes capitulèrent (16 aoât). Des renforti que le comte de Saint- Pol lui conduisait, arrêtés loof- . temps au pied des monts, furent battns i Landria» (juin 1 529) , et cette expédition décida François à âgier le traité de Cambrai , aux termes duquel il laissa todt l'Italie à l'empereur. Charies parut enfin en pcnooM sur la scène; il débarqua i la tête de 30,000 boDun», vit tomber k ses pieds tons les princes de la péniank et se fit couronner à Bologne empereor et roi d*ltalic

GUXRRBS COMTaa LA MAI80M D'ADTUCn. |

Il semblaitqne, poor rétablir rempiredeCharicnç», Charles - Quint n'eut pins que la Franee à abattre. Vu les événements se compliquèrent ; il porta on décret ii peine de mort contre tous ceux qui s'écarteraient de forthodoxie, et cette résolution extrême nooa la ligaeê' Smalkade , confédération des princes prolestaots dis oori de l'Allemagne , que François aussitôt toatint de la pitv tection et de ses subsides , en même temps qu'il nÀetcha l'alliance de Soliman.

C'est de ces combinaisons que sont nés la grandesr ér la France et l'établissement d'un système enropécn. Mi.tairement elles eurent d'abord peu de conaëqneDccs. StLman entra en Hongrie, à la tête de 200,000 heoBn. l'empereur se hâta de concéder aux prolcatanti toai et qu'ils demandaient ; ils le secondèrent , et avec 150.00t* hommes il contint les musulmans sana livrer bati^ir (1535). Il fit ensuite l'expédition de Tunis, pendant bquelle le cri de la chrétienté empêcha François d'«atm en opération. Il 'revint en Sicile vainqaa«r, miîs mf et n'ayant plus d'armée en Italie.

François alors rompit ouvertement ; «on învaaiee a Piémont, celle de Charles lui-même en Provence, sa 1 assiégea Marseille, celle des lieutenants impériaax m Picardie , oà ils assiégèrent Péronne (1536) n'occssietnèrent que des désastres réciproques. Des incorsîom m Artois et en Piémont signalèrent l'année suivante et étotirent à une trêve de dix ans , que ménagce la médialisa du pape. Soliman cependant, qui avait mis wêt f^i 100,000 hommes, acheva la conquête de la Hes^rie. Ptf représailles, Charles entreprit celle d'Alger; il debsrqai en Afrique , mais de violentes tempêtes boalevenàcBi son camp et submergèrent sa flotte ; il rentra pmqar seul en Espagne (1541).

François, dès le printemps (1542), leva cinq trmm et commença la guerre sur toutes les frontières. Lau» bourg fut pris et repris , et Perpignan vaineuMatascic^- Une seconde campagne (1543) fut pins efBcace : fârtois , le Hainant méridional , Luxembonr^g tembàft « pouvoir de l'armée royale, et quand Charlca, à la lAf de 120,000 hommes, voulut reprendre Landradcs («tobre) , il échoua , non sans perte. A Tapprocbe et François, il leva le siège et s'empara de la ville lihtvée Cambrai.

L'alliance de Henri VIII lui rendit Finitiative ftasM suivante ; sans se troubler d'une sanglante défattr q« le jeune duc d'Enghien fit essuyer sons les mnn et Cfrisoles, en Piémont, à son lieutenant Duguast (a^^. 1^^^ pendant que l'Anglais assiégeait les pisces du litlonl. * enleva Luxembourg et investit Saint-Disier. Celte pla^

HISTOIRE MILITAIRE DES FRANÇAIS

capitnlt ; mait il avait fait d'énormes pertei , et qoand il l'avança en .Champagne « côtoyé par Tarmée du dauphin , ce fut en héiitant Le traité de Crespj mit fin à celte première période de la guerre : les deux souverains se rendirent réciproquement leurs conquêtes. François 1*' mourut ; la ligue protestante d'abord abattue, puis ranimée, fit alliance avec Henri II , et celui-ci renouvela les traités avec les Suisses et les Turcs. La succession de Parme loi donna prétexte d'intervenir en Italie , et le soulèvement des protestants força Charles-Quint de, fuir de l'Allemagne. Cependant Henri avait assemblé 8,000 chevaux et 30,000 fantassins, forts de toutes les améliorations préparées sous le précédent règne. Il séquestra la Lorraine ; il prit et réunit à la France les trois évéchés de Mets , Tonl et Verdun ; enfin il se cantonna en Alsace et pensa surprendre Strasbourg (1S52).

Charles résolut de faire tomber sur lui toute sa colère ; il transigea avec les protestants par la paix de Passau ; il leva 100,000 hommes et investit Ifets, où le duc de Guise s'était enfermé pendant que l'armée royale battait en retraite sur la Picardie.

Le siège de Mets ruina la grande armée impériale : 30,000 hommes périrent , et Charles eut la douleur de s'éloigner (janv. 1553) abandonnant ses équipages; ses débris se débandèrent. An printemps il tira vengeance de cet affront en détruisant Térouanne ; mais les mouvements de l'armée royale l'arrêtèrent , et de part et d'autre on se livra longtemps à des opérations d'un ordre secondaire que terminèrent le combat de Renty en Artois et la perte de Hesdin. Charles abdiqua après cette campagne et commit à l'inflexible Philippe II le soin d'écraser la France (1555).

Après une trêve pendant laquelle le duc de Guise (1556-1557) essaya sans succès de s'emparer pour son compte du royaume de Naples, l'armée royale,, sons les ordres du connétable Montmorency, recommença les hostilités en Flandre. Philippe lui opposa 60,000 hommes commandés par le duc de Savoie. Celni-ci investit Saint-Quentin ; le connétable accourt et ravitaille la place ; comme il veut se retirer, il voit que les ennemis le cernent, il se serre en masse et s'ébranle, mais la cavalerie ennemie, pour la première fois, charge par escadrons et non en haie, selon la vieille tactique ; elle disperse la cavalerie française , elle entame l'infanterie, qui met bas les armes ; le connétable est prisonnier (10 août).

Les vainqueurs s'obstinèrent an siège de Saint-Quentin et donnèrent an roi le temps de réunir tontes ses ressources ; Guise arriva d'Italie et fut nommé lieutenantgénéral du royaume ; il rassembla l'armée, et ,. saisissant le moment où les Espagnols étaient en quartier d'hiver, il marcha sur Calais ; en huit jours il enleva cette ville , dont les Anglais se servaient depuis pins de 300 ans pour assaillir et rançonner la France (1558).

Guise mit le comble à sa gloire en prenant peu après Thionville; mais les Espagnols gagnèrent, contre le maréchal de Thermes, la bataille de Gravelines ; et les deux ■ouverains . l'un en Artois , l'antre en Picardie , s'observèrent et ouvrirent des négociations que conclurent la paix de Cateau-Cambresis (1559).

L'offensive contre la maison d'Autriche fut plus longtemps et plus sérieusement interrompue par les guerres civiles et religieuses (1 559 et 1594), au début desquelles la hante noblesse , enhardie par le succès des princes du nord de l'Allemagne, et effrayée par l'ascendant des Guise , chercha à faire revivre son indépendance féodale. De hauts faits d'armes, des journées glorieuses, telles que les batailles de Jamac, de Montcontour, de Contras, d'Arqués, d'Ivry, illustrèrent tour à tour les chefs de parti ; mais ce fut surtout le sang français qui coula , et le développement extérieur du royaume fut retardé de près d'un siècle.

Henri IV, monté sur le trdne , déclara la guerre k l'Espagne , mais plutôt pour obtenir qu'on le reconnût que pour rentrer dans les plans d'agrandissement et de rectification des frontières au nord, indiqués par les précédents règnes. Quelques combats , la prise et la reprise d'Amiens (1598), précédèrent la paix de Vervins, qui remit les choses sur le pied où elles se trouvaient à la mort de Henri II. Après douie ans de repos , Henri IV avait épargné plusieurs millions, il avait rassemblé 15,000 chevaux et 40,000 fantassins bien armés , enrégimentés et commandés par des officiers vieillis dans les gnerres civiles. Il voulait marcher au nord et abaisser la maison d'Autriche, partagée, depuis l'abdication de Charles-Quint , en deux branches : espagnole et impériale. La Hollande , démembrement des Pays-Bas espagnols, né des guerres religieuses, Venise, le duc de Savoie entrèrent dans la ligue.

La mort violente dn roi la dénoua et livra la France aux orages d'une minorité. Deux partis s'agitèrent : les grands seigneurs et les protestants , les nus comme les autres dans un but de morcellement , d'insubordination féodale. Richelieu, devenu ministre de Louis XIII, fit triompher l'unité. Par la prise de La Rochelle (1628), il détruisit les protestants comme parti politique; par la victoire de Casteinaudary (1632), il abattit la faction des grands. Cependant il s'opposa à ce que les impériaux , vainqueurs eu Allemagne des deux premières coalitions de la guerre de Trente Ans , s'établissent dans la Valteline, par où ils eussent menacé l'Italie ; il envahit le Pié^ mont pour favoriser les prétentions du duc de Nevers à la succession de Mantoue ; il attira en Allemagne Gustave-Adolphe, roi de Suède, qui, par les victoires de Leipiig et de Lutien, releva le parti protestant

Lorsque le cardinal eût maîtrisé toute résistance à l'intérieur , il prit hardiment la direction des affaires de l'Europe et arma contre l'Autriche une coalition nouvelle.

En huit campagnes (1635 à 1643) d'un éclat médiocre et qui consistèrent surtout en opérations de siège , Richelieu, secondé par Tes diversions des Suédois, en Allemagne , mit la France en possession dn Roosaillon , d'une partie du Hainaut , de l'Artois , des forteresses du Piémont, de celles de la Lorraine, de l'Alsace presque entière , du Montferrat et d'une partie de la Catalogne.

Sa mort fut le signal d'un élan général de la maison d'Autriche, mais c'est alors que brillèrent les armées nationales et les généraux formés à l'école suédoise.

On se prit corps à corps en Italie , en Catalogne , en' Alsace ; mais l'attaque principale fut dirigée sur la frontière de Champagne. François de Mello avec 25,000 hommes assiégea Rocroy. Le jeune duc d'finghien (le grand Coudé) marche au secours de la place à la tête de 22,000 combattants et détruit l'armée espagnole.

Les victorieux se portent sur Bruxelles ; mais la nécessité de secourir Guébriant, qui défend péniblement l'Alsace, les rappelle à l'esL Condé prend Thionville (août) ; il détache 7,000 hommes qui rendent l'offensive aux Français. Guébriant pMse le Rhin, est tué et remplacé par Rantiau, qui est vaincb à Tnttlingen; Turenne est envoyé pour réorganiser son armée (nov. ); Condé le renforce ; ils gagnent ensemble sur le comte de Merci la bataille de Freybourg , s'emparent de Philipsbonrg et de toutes les forteresses entre Rhin et Moselle (1644).

Les succès des Suédois appelèrent (1645) en Allemagne Turenne, qui fut surpris et battu par Merci à Marienthal et ramené sons Philipsbourg (5 mai). Condé accourt encore , ils débouchent ensemble , se rendent dans la vallée du Danube, et écrasent à Nordlingen l'armée impériale (3 août).

Des renforts que reçoit l'ennemi leur font perdre le prix de la victoire , mais Turenne , en se rabattant en deçÀ du Rhin, s'empare de l'électoral de Trêves (1646).

Bn Flandre, en Italie, en Catalogne , on fait dea négts , on prend dei places, maii c'eit du côté où les denx grands hommes de guerre du siècle ont donné l'impulsion que se portent les coups décisifs. Eo deux campagnes (1547-1648) Tureone, partout vainqueur, pénètre au cœur de la Bavière et fait flotter le drapeau français sur les rives de Tlnn. Ces grands succès hâtèrent la paix de Westphalie, paix glorieuse qui, au lieu de la théocratie on de la monarchie universelles rêvées par le pape Grégoire VU et par Tempereur Charles-Quint , fit de l'Europe une vaste confédération d'Etats libres , dont l'indépendance fut mise sous la garantie commune. La France eut les trois évéchés, l'Alsace moins Strasbourg, Brisach et le droit de tenir garnison dans Philipsbourg ; en d'autres termes, l'arbitrage de l'Allemagne. L'Italie fut comprise dans la pacification , mais la guerre continua avec la branche espagnole de la maison d'Autriche. Son armée presque anéantie à Lens (3 août) par Coudé, elle eût , sans doute, dès lors traité sans les troubles qui éclatèrent en France.

Pendant que Maiarin, digne successeur de Richelieu, scellait son «uvre , deux partis formidables se formèrent contre lui : l'un , véritable conlre-coup de la révolution anglaise, prit pour centre d'action le parlement de Paris et eut pour mobile le désir d'opposer des limites au pouvoir absolu ; l'autre fut le dernier effort de la féodalité si violemment comprimée par l'impérieux ministre de Louis XIII (1648 à 1652).

La guerre confuse qui s'ensuivit sauva les Pays-Bas espagnols et jeta dans les rangs des vaincus de Lens le prince qui les eût dépossédés.

Lorsque Paris calmé eut ouvert ses portes à Louis XIV, l'armée espagnole commandée par l'archiduc Léopold, et en second par Coudé (30,000), fut bientôt aux prises avec les Français sous Turenne (16,000 , dont 10,000 cavaliers).

Turenne usa les coalisés par des marches habiles (1653); lorsqne échappant enfin à sa surveillance, ils eurent investi Arras (1654) , il les attaqua dans leur ligne , les vainquit et reprit ses mouvements méthodiques, mais offensivemenL Les petites places du Hainaut se rendirent une à une, et, quand il fut maître des avenues de Valenciennes , il crut pouvoir tenter le siège de cette grande forteresse (1656). Forcé dans ses lignes, il se rallie sons Landrecies et échoue encore en voulant prendre Cambrai. Néanmoins, en Artois (1657), il conserve l'initiative.

Mais l'intervention d'un corps anglais (1658) le mit en mesure d'investir Dunkerque , de se retrancher dans les dunes , de battre d'une manière décisive l'armée de secours (14 juin) et de faire capituler la place.

Le traité deé Pyrénées , complétant celui de Munster (Westphalie) mit fin à la guerre ; il sanctionna la prise de possession , par la France, de l'Artois , du Roussillon, d'une partie de la Flandre, du Hainaut et du Luxembourg , et enfin de la Cerdagne. La Catalogne fut restituée à l'Espagne, et l'infante Marie -Thérèse épousa Louis XIV.

A la mort de Philippe IV , père de cette princesse , Louis prétendit que les Pays-Bas devaient constituer son héritage. Il ébranla en Flandre 55,000 hommes sous Turenne , Créqui et d' Aumont , tandis que Coudé envahissait la Franche-Comté (1667).

Rien ne s'opposa i ses conquêtes , mais l'Europe et surtout la Hollande s'émurent ; il s'arrêta de lui-même et consentit au traité d'Aix-la-Chapelle, aux termes duquel il ne garda que la Flandre française, outre quelques , places du Hainaut.

GUBBBBS DIVBBSB8 DB Là HONABCBIB.

Louis XIV , après la mort de Mazarin , n'eut plus de

prindpal ministre. Colbert prit la sarintenda&ee des finances et Louvois l'administration ^e la gnetre. Le premier créa d'immenses ressources que le secood mit a profit pour augmenter les armées, recruter use formidable infanterie , accumuler un riche matériel. Le roi se réserva la direction suprême , l'emploi de oes pniasantB moyens d'exécution.

Renonçant aux alliances et à l'arbitrage que le traité de Westphalie semblait avoir donnés pour loojoovs i la France , il se ligua avec l'Angleterre et les évéqnes de Munster et de Cologne contre la république hoHandaisf (1672).

Cent vaisseaux anglo-français firent voile poor la Lilande, et 110,000 hommes commandés par Turenne, Coudé, Luxembourg, marchèrent sur le Baa-Rhin, s'emparèrent des petites places qui commandent son cours . pMsèreut le bras principal et parvinrent sur la froatàèn orientale des Provinces-Unies, qui n'est protégée que par une dérivation du fleuve en partie guéable.

L'armée hollandaise (25,000) sous le prince d'Orange avait été attirée sur le bas Yssei par des démoiMtraftieQs dirigées de Munster ; le gros des forces françaises franchit donc le Rhin presque sans coup férir , et se trouva transportée au cœur des Provinces-Unies ; toutes les forteresses étaient tournées , 50 places se reodirent , et le roi fit son entrée à Utrecht La Hollande était à dm doigts de sa ruine ; une résolution héroïque la sanva : elle rompit les digues qui la défendent de l'irniption des flots; l'inondation tendue paralysa les vainqueurs. Cependant la flotte, par le combat de Solebay (16 juin), préservait la Zélande, et toute FEurope armait contre h France.

Louis n'en fut point troublé ; au corps genDSiûqiie 3 opposa Condé et Turenne. Le premier présiérva l'Alsace: le second ruina l'armée combinée que commandait Frédéric-Guillaume, le grand -électeur de Brandcbovf: il poursuivit ce prince jusqu'à l'Elbe et le força de dtmsjider la paix (1673). Cependant Luxeoiboiii^ et h roi en personne continuèrent i conserver rstseenda&t en Hollande et dans les Pays-Bas espagnols. Ifneatrkhi est la clef de toutes ces provinces. Secondé par Vauben. qui poussa jusqu'à la perfection l'art de prendre et et défendre les places , Louis s'en empara (20 juin) ; bbbii ce fut le signal d'un redoublement d'efforts de la pari des alliés. Les impériaux réussirant i passer le Rliia. ib firent leur jonction avec le prince d'Orange (nomme Stathouder en Hollande). Ils reportèrent la gncrre dam l'électorat de Cologne, prirent Bonn (7 nov.) , et ramenèrent à leur parti tous les princes qui anaîent dépose les armes on qiii hésitaient à les prendre.

Louis , accompagné de Vanban , se bâts d'cnralBr h Franche-Comté à la tête de 25,000 hommes (1674). Es six semaines il enleva cette province et déjoua par a possession les tentatives de la coalition pour s'adjoiadiv la Suisse. Condé avait repris le commandemAul de Fsrmée de Hollande (40,000) ; il Tévacua, fut aarri jaaqa'a la Sambre par le stathouder (60,000) , le contint par la bataille sanglante et indécise de Seneff, le prévint es Flandre et le réduisit à borner ses opéralioos an long siège de Grave , où il mina son armée.

Turenne (16,000), resté seul en Alsace, passa le Kka, battit les Allemands i Sintsheim ( 16 juin ) , dévasta le Palatinat et fut rappelé sur la rive gauche par Tappradie de 25,000 impériaux sous Beumooville, anxqiieb le grand-électeur amenait encore 25,000 bominee de nafori Trahi par les bourgeois de la ville libre de Stnsboui^ , il lutta péniblement contre BeumonviUe. Poe prévenir sa jonction avec le grand électeur, il le combattit à Entzheim ; mais sa victoire ne fut pas asseï décisif e pour qu'il remplît son but. Lorsque les denx armées dlemandes furent réunies , il battit en retraite «a nord ée

HISTOIRE MIL TAIRE DES FRANÇAIS

TAliace , repafsa les VMgM et sembla renoncer à cette récente et glorieuse acquisition des Fnnçais. Les coalisés, se croyant vainqueurs , entrèrent en quartiers d'hiier ; mais la campagne n'iétait pas terminée. Turenne, à peine en deçà des Vosges, tourne à gauche, se divise en petits détachements , et à travers les défilés des montagnes se transporte dn nord au midi de PAlsace. il débouche inopinément à Belfort, se concentre, tombe snr des cantonnements épars , bat i Turckheim (S janv. 1675)' ce qui peot se rallier, et rejette au delà du Rhin, après Tavoir réduite de moitié, cette grande armée qui avait fait trembler tout Test de la France. Le grand électeur retourna dans ses Etats, que menaçait la Suède. Turenne n'ent plus à lutter ( 1675) que contre IfontécucuUi i la tête des impériaux ( 25,000 ). Il Tavait enlacé dans Les défilés des Alpes de Souabe et se préparait k l'anéantir , quand un boulet lui donna la mort (37 juillet). Ce grand capitaine tenait seul en échec tontes les forces de Teropire, sa mort leur rendit Tascendant Quoique vaincus i Alteoheim , ils inondèrent de nouveau l'Alsace , et le duc de Lorraine battit à Consarbruok et prit dans Trêves le maréchal de Gréqui (11 août). L'armée des Pays-Bas se tint snr la défensive et détacha Condé avec des renforts. Ce prince rétablit les affaires à l'est ; mais la campagne entière s*écoula saus autre résultat que de préserver le territoire.

Les campagnes suivantes furent moins infructueuses : l'armée royale prit Condé, Bouchain (1676) , Valenciennés , Cambrai ( 1677) ; le duc d'Orléans assiégea Saint- Omer, battit à Cassel (II avril) l'armée de secours amenée par le statbouder et reçut les clefs de la place Investie. Gréqni , par d*habiles marches , fit lever le siège de Charleroi et mina l'armée dn duc de Lorraine. Le roi ensuite tint en suspens la coalition par de savantes manœuvres

(1678) qui aboutirent à une marche rapide sur Gand, qni fut enlevé. Ce coup décisif, les succès de Créqui en Souabe, la défaite dn statbouder à Saint -Denis -souillons , les échecs des impériaux à l'est et des Espagnols en Catalogne précipitèrent l'exécution dn traité de Nimègne , qui laissa à la France la Franche-Comté et les places dn Hainaut récemment prises.

Pendant la paix, Lonie XIV s'empara de Strasbourg

(1679) et fit élever la triple ligne de forteresses qni défend encore la France. Ces mesures' étaient indispensables. L'expulsion des Stnarts dn trône d'Angleterre Tentratua bientôt dans une nouvelle guerre , où il eut encore contre lui toute l'Europe lignée i Angsbourg. 11 mit snr pied 350,000 hommes; ce grand accroissement des armées portait principalement snr l'infanterie , dont l'organisation se rapprochait de celle qu'elle a encore.

Ces grandes armées étaient difficiles à mouvoir , et les généraux en étaient embarrassés. La science dn commandement en chef était alors è créer. Toute cette guerre fut très -meurtrière, sans donner de résultats saillants : il y eut plus de grandes batailles que dans les campagnes précédentes ; elles produisirent moins de fruit.

Luxembourg fut le général le plus brillant de cette période ; il commanda en Flandre , où se firent les mouvements principaux. En Espagne , sur le Rhin , il y ent des sièges et de courtes incnnions , mais rien de décisif. En Italie, Catinat remporta snr le duc de Savoie les brillantes victoires de SUfrarde(I690) et de la Ifarsaille (1693); mais ce ne furent que des succès épisodiques.

Luxembourg frappa les grands coups :'la victoire de Flenrus (1690), la prise de Mous (1691), le combat de Lense, la prise de Namur (1692) ; les victoires de Steinkerqne, deNeervinden(1693) ; la reddition de Charleroi, de Conrtrai , de savantes marches au nord de la Sambre (1694) eurent pour conséquences de le faire vivre toujours sur le territoire ennemi et d*épuiser les coalisés ; mais Luxembourg mourut ;> Villeroi, son successeur,

laissa le statbouder (100,000) investir Namur et i dre cette place (1696).

Bèg lors la fierté de Louis fléchit; il renonça à la lutte et consentit au traité de Ryswick (1697), qui, sans étendre ses frontières, loi enleva Philipsbonrg , Brisach et Freybourg , en compensation de Strasbourg , qu'il conserva. Il reconnut Guillaume 111 comme roi d'Angleterre et concéda i la Hollande le droit de tenir garnison dans les places des Pays-Bas espagnoU.

La mort prochaine de Charles H , roi d'Espagne , fut une dès causes qui firent conclure une paix qni ne donnait complètement satisfaction à personne. Depuis longtemps on négociait en Europe le partage des Etats de ce prince, qui n'avait poitit d'enfant ; l'orgueil castillan s'indigna de ces transactions , qni tendaient an démembrement de la monarchie de Charles-Quint Vopinion générale dicta an roi mourant un testament par lequel il légua an duc d'Anjou, second fils du dauphin , les Espagnes, l'Amérique , les Pays-Bas , les Denx-Siciles et le Milanais. Après quelques hésitations, Louis, an nom de son petit -fils, accepta toutes ces couronnes : Philippe V fut accueilli i Madrid avec ivresse ; l'Angleterre , le Portugal , la Hollande, l'Italie, TAlIemagne le reconnurent; l'empereur seul protesta et se prépara secrètement à la guerre.

Les hostilités commencèrent en Italie et ne tardèrent pas à devenir générales : Guillaume III, les Prorinces-Unies, l'électeur de Hanovre, l'électeur de Brandebourg (déjà roi de Prusse), l'électeur Palatin , se liguèrent avec l'empereur. Louis eut pour alliés l'électeur de Bavière, celui de Cologne et le duc de Savoie ; jamais la France n'avait eu de chances aussi favorables : on était maître des Pays- Bas , du passage de la Meuse, de ceux du Rhin ; on pouvait attaquer l'Autriche à la fois snr l'inn et sur l'Adige.

Mais Louis XIV plus que jamais gouvernait seul , et il était gouverné par madame de Maintenon, que depnis qninie ans il avait épousée secrètement ; ses habiles ministres , ses grands généraux n'avaient point laissé de successeurs : ceux qui commandaient, ou ne devaient leur grade qu'à la faveur , ou étaient trop inquiets des jugements d'une cour ombrageuse pour se livrer à leurs inspirations.

L'initiative des opérations de la grande guerre appartint à la Ligne, qui ent des généraux éminents , tels que le prince Eugène de Savoie , le duc de Mariborough et le prince Louis de Bade.

En Italie, Catinat (40,000) eut à lutter contre Eugène (35,000) ; celui-ci, au lieu de l'attaquer sur l'Adige, tourna le cours inférieur de ce fleuve (1701 ) , investit Mantone et reporta la guerre sur l'Oglio. Villeroi remplaça Catinat, attaqua les impériaux, se fit battre à Chiari ( 1*^ septembre) , recula jusqu'à l'Adda , et fut enlevé dans Crémone , surprise et toutefois sanvée par la valeur des troupes (1702).

Vendôme lui succéda dans le commandement, fit sa jonction avec Philippe V, se vit à la tète de 50,000 hommes, reprit l'offensive, débloqua Mantone, remporta la victoire de Lnisara (1 5 août) et rentra dans les positions primitives.

Eugène quitta l'armée impériale , laquelle évacua l'Italie ; mais le duc de Savoie , qni négociait avec l'empereur, divulgua sa défection (1703). Vendôme, après quelques pas dans le Tyrol , revint en Piémont , désarma les troupes du duc , et , malgré l'intervention des impériaux (1703-1704) , lui prit ses places une à une , sauf Tnrin ; battit à Cassano une armée de secours qu'Eugène commandait , lui fit perdre 3,000 hommes, et la refoula à Roveredo , à l'entrée du Tyrol (1705).

Il eut le malheur de lui laisser le temps de se réorganiser et ne tarda pas à être rappelé en Flandre. Eugène alors sortit de son camp, tourna encore une fois le bas Adige et marcha résolument par la rive droite dn Pô an

Meoart de Tarin aniégé. L'inné frmçaiM , Mm le dnc d*Oriétns , ne? eu da roi , cdloyt iod mouvement , et toatef let forcet odvenet te Ironvèrent en préeence aatoar des lignes de Tarin ( 1706). Eogène tttâqat vivement ( 5 septembre ) , remporta noe victoire sigoiJëe , et jeta les vaincus dans un tel désordre qu'ils évacuèrent en toute hâte l'Italie , laissant dans le Manlonan , à la télé de 20,000 hommes , le comte de Ifédavy , qui , malgré une belle victoire à Casliglione , fot réduit à capituler (1707). Les victorieux détachèrent 10,000 hommes, qui saisirent sans combat Naples et les Deux -Siciles. Ils tentèrent d*envahir la France ; mais ils échouèrent devant Toulon, et, jusqu'à la paix, il n'y eut pins d'opération capitale an pied des Alpes.

En Allemague (1702), les désastres ne furent pas moindres. Deux armées couvraient le cours du Rhin : Tallard , et peu après Catinat (45,000) en Alsace ; Boutfiers (40,000) , dans Télectorat de Cologne, flanqué à gauche par d'immenses retranchements qui le reliaient à Anvers. Ce dernier , d'abord heureux contre les Holhwdais , fut tourné , harcelé par l'armée anglaise de Ifarlborough (40,000) et refoulé dans les Pays-Bas. Catinat, découvert à gauche, affaibli par la nécessité de tenir garnison dans les places de la Lorraine , se vit enlever par le prince Lonis de Bade (30,000) tontes les forteresses du nord de l'Alsace, mais, l'électeur de Bavière, manœuvrant victorieusement pour faire sa jonction avec la droite des Français , Louis de Bade lâcha prise , passa le Rhin , et se posta entre l'électeur et Catinat ; vaincu à Friedlingen (14 octobre) par Villars, lieutenant du général français et bienlât lui-même général en chef, il ne put empêcher la réunion des deux armées , qui 6rent irruption en Allemagne (1703) et remportèrent la victoire de Hochstett (1704). En même temps Tallard, à la tète d'une nouvelle armée, battit le prince de Hesse sur les bords de la Spire et reprit tont ce qui avait été perdu en Alsace. Le but de Villars était de marcher sur Vienne. Pour le prévenir toutes les forces combinées : Lonis de Bade, Eugène, Marlborongh se concentrèrent en Allemagne. Tallard et Villeroi (armée de BonfOers) suivirent le monvemckt , mais ce dernier trop tardivement pour arriver sur le champ de bataille. Le premier seul rejoignit l'armée de Villars , commandée maintenant par Marsiiv

Pendant que Louis de Bade tenait en échec Télectorat de Bavière , Eogène et Marlborongh remportèrent sur les deux maréchaux français (13 août) la sanglante bataille de Hochstett ou Blenheim, qui ruina les affaires de Lonis XIV en Allemagne et réduisit ses généraux à se tenir sur la défensive aux débouchés de l'Alsace et de la Lorraine.

Après le désastre de Hochstett, Villeroi revient dans les Pays-Bas, reçut du renfort, se trouva k la tête de 80,000 hommes, et eut ordre de frapper un grand coup. Marlborongh (70,000) était en piî^sence; les deux armées se heurtèrent à Ramillies , non loin de Namur, dans une contrée marécageuse , entre les sources de la Méhaigne et des deux Géètes. Villeroi s'embarrassa dans ce terrain mouvant , et , par une malencontreuse disposition, il livra l'une de ses ailes aux coups de son adversaire. En un clin d'œil , elle fut en déroute : le désordre se communiqua i l'armée entière ; tont s'enfuit dans une telle confusion qne les vainqueurs ramassèrent en marchant 20,000 prisonniers (23 mai 1706). Marlborongh prit non moins facilement toutes les forteresses des Pays-Bas , dont chacune pouvait, par une généreuse résistence, l'épuiser, le ruiner. 11 ne reste plus k Louis XIV qne Tournai, Mons, Charleroi, Namur et Luxembourg ; les fuyards ne se trouvent en sûreté que sous le canon de Lille.

Ni Vendôme, ni le duc de Bourgogne, ni les renforts qui snrvinraut n'êtèrent l'ascendant à Marlborongh , qu'Eugène vint seconder. Ils disloqueront l'armée d'an

seul choc an pont de Gave snr l*E8caBt (1708) ; ib prirent Lille, ils prirent Toomai ; et, oulgré les pertes éaormes que les Français, maintenant eoaunandés par 111lars, leur firent essuyer à la bataille iadédae de Malplaquet, ils prirant Mons (1709).

La fortune de la France voulut qu'une révolalm de pariement flt retirer les troupes anglaisfi Cependant Eugène, i la tête de 100,000 hommes, ne ranoiiçm ps^ à envahir le royaume : il prit (1710) Dooai, Bonehain, le Qoesooy et il assiégeait Landreciee (1712) , quand les lignes, attaquées par Villars, enfoncées à Deûio (2i juillet) , rompues sur tous les points, plièrent ; rorawe ennemie fut enfin hors de combat Villars reprit les trais places récemment perdues , et le parti aniiïcbicn étaat définitivement abattu en Espagne par les vietosres d*Almanxa (1707) et de Villa^Vicioea (1710), oo pst traiter de la paix , qui fut aignée k Utrecht et RastadL Ptulippe ne conserva qne les Espagnes et l'Amérique ; reBoperciir ent le Milanais, Naplea, les Pays-Bas; le doc de Savoie eut, avec le titra de roi, la Sardaigne, Novarre, le Ifeatferrat La France reste dans les limites reconnoes par le traité de Nimègue (1713-1714).

Les guerres de Louis XV et de Louis XVI forent transitoires entra les grandes guerres de Lmûs XIV et celles de la révolution.

La premièra eut pour but de soutenir Télectioa an trêne de Pologne du beau-pèra de Lonis XV, Slonialas Lectinskl Les hostilités s'engagèrent entre la France et l'empereur snr le Rhin et en Italie. L'ascendant resta partout aux Bourbons; ils prirent en Allemagne Pfcilipabourg (1734) ; ils gagnèrent la bataille de Parme (le 9 juin) et de Gnastalla (19 septembre) , et dans k royaume de Naples celle de Bitonto (23 mai).

L'empereur se h&to de négocier, et le traité de Vicnae donna à la France la Loiraine, dont Stanislas eut rnanfruit , et aux Bourbons d'Espagne les Denx-Siciles. Le duc de Lorraine , gendre de l'empereur, en échange de son Eut, eut la Toscane.

La seconde guerre fut causée par la mort de Fcapereur Charies VI. Le roi de Prusse, Frédéric II « la Bavière, la Sardaigne prirent les armes pour s'agnndir aux dépens de l'enfant an bercean, né de sa fille Marie-Tlics^ et de François, maintenant grand-duc de Toscane.

La France entra dans cette coalition ; les Pimne^-Bovarois (60,000) , sous l'électeur de Bavière, prétendant k la couronne impériale, et le maréchal de BeU»-Ule envahirent la basse Autriche , prirent Lints et firent trembler Vienne (1741); l'élan de la nation hongroêse, la faute que firent les coalisés de s'enfoncer en BeUme sauvèrent la maison autrichienne. Les vacillaliens d« rat de Prusse, qui ne demandait qu'à garder la Siléeie, dont il s'était emparé , l'intervention de I Angleterre Inî rend»rent l'attaque; ses troupes s'emparèrent de Télnelent, dont le titulaire s'était fait proclamer empereur; et, nmlgré la prise de Prague , la Bohême fut évacoée (1742), « Noailles, en voulant contenir sur le Hein rarasee anglaise , perdit la bataille de Dettingen (1743) , et la guerra fut ramenée, comme toujoun, snr le Rhin et dans les Pays-Bas. Là, des manœuvres indécises, ici, de grandes batailles et de belles victoires. Le comte T ~ de Saxe, k la tête de 80,000 Français (1745), ( Tonmay; 60,000 Anglo-Hollandais et impériaux,^ le dnc de Cumberland , marehent an seconn de la place. Maurice s'ébranle, les aborde et remporte la hrillaate victoire de Fontenoy (10 mai). Les places de la Flandre tombent devant lui ; celles du Brabant , du Hainant ont le même sort; les rictoires de Roconx (1746) , du Laufeld (1747) mettent k sa merci celles qui convrcnt la Meuse ; mais en Italie, après de cruelles oltsmalives causées par la défection habituelle de la maison de Savoie , on était rejeté et confiné sur le territoire. Lonis, impa*

HISTOIRE MILITAIRE DES FRANÇAIS

lient de la paix, signa le traité d*Aiz-)a-GhapeIle et rentra saof indemnité danileilimilM dn traité de Vienne (1748).

La troitième guerre, dite de Sept-Ans (1755 à 1763), commencée en Amérique et continuée en Allemagne, eut de ce côté pour but d'affaiblir le roi de Prune. Aux prises avec les impériaux et les Russes , ce prince , assailli de plus par 100,000 Français, semblait voné à une perte inévitable ; il opposa à ces derniers adversaires 70,000 hommes commandés par son neveu , le prince Frédéric de Brunswick, qui eut pour lieutenant le célèbre due Ferdinand de Bmnswick-Lunébourg. Cette guerre, outre des pertes maritimes et coloniales irréparables, ne fut signalée que par les défaites de 'Rossbach ( 5 novembre 1757), de Wilchensthal (1768), et par Thumiliant traité de Paris (1763).

Louis XVI rehaussa la gloire de la vieille monarchie par la guerre toute maritime et coloniale (1778 à 1783) qui assura l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique; mais le moment approchait où la France allait prendre de plus éclatantes revanches.

GDSaaBS DB LA RKVOLUTIOll.

Louis XVI convoqua les Etats-Généraux du royaume , qui, dès les premiers jours de leur réunion, s'emparèrent de l'autorité, prirent le nom d'Assemblée nationale et jurèrent de ne point se séparer avant d'avoir constitué le pays sur des principes de droit et de justice universels (1789).

La cour résista; l'insurrection de Paris, la prise de la Bastille , la défection de l'armée , des corps politiques la réduisirent à l'impuissance. L'émigration dès lors commença et ent recours aux souverains étrangers , qui m coalisèrent et coururent aux armes : la guerre s'engagea et prit des proportions jusque-U inconnues.

La Révolution s'empara largement de toutes les améliorations militaires adoptées on préparées par les derniers règnes : an recrutement indécis que donnaient le tirage des milices et l'enrôlement volontaire, elle substitua d'abord la levée en masse , ensuite la conscription militaire, qoi déclara le service de la patrie également obligatoire pour tons les citoyens ; et avec des cadres qui varièrent, après 1793, de 800,000 à 600,000, puis k près d'un million d'hommes, elle composa des armées aussi faciles à manier que edlee commandées , sons la minorité de Louis XIV, par Turenne et Coudé.

Ces grandes masses reçurent l'impulsion d'abord de Louis XVI ou de ses ministres , ensuite d'un comité de salut public dont les attributions furent augmentées selon l'nrgence de la crise , et qui finit par disposer de la manière la plus absolue des forces de terre et de mer, anxqnelles il envoya des représentants investis de toute son nalorité ; en troisième lien, d'un directoire exécutif composé de cinq membres ; puis , du consulat , et enfin de Temperenr Napoléon. Elles étaient animées , d'ailleurs , par elles-mêmes de ce qui enfante les grandes choses : elles *réattmaient tout ce que la Révolution eut de vertus. Leurs personnifications les plus complètes : les Dngomaiier, les Marceau, les Hoche, les Desaix seront à jamais l'ornement de l'histoire et l'oi^eil de la patrie.

An début de la gnerre , on ne put déployer, de Dunkerque à Hnningne, que 130,000 hommes, on tenta vainement la conquête de la Belgique , après quoi l'on se tint sor la défensive, et on laissa l'initiative à la coalition, où étaient entrés l'empereur, la Prusse , la Sardaigne . quelques princes de l'empiie (179S).

Cent mille hommes , sous le duc de Brunswick , envahissent la Lorraine et marchent sur la Champagne , an moment même où le trône est renversé (août). Dumouries (25,000) se jette sur leurs pas dans la forél de PArgoone et les arrête de front ; ils le tournent par sa gauche, nania il ne quitte pas la forêt ; il reçoit par sa droite des

renforts , et quand les coalisés se déploient entre lui et Paris, il leur oppose 60,000 hommes; ils livrent la ba^ taille de Valmy (20 septembre) à son lieutenant Kellerman , qui les repousse ; vaincus et à leur tour près d'être cernés , ils font retraite et ne s'arrêtent qu'au delà dn Rhin. Dumouriei saisit le moment , marche sur la Belgique , où les impériaux , inférieurs en nombre, se concentrent sons lions, après avoir vainement tenté d'enlever Lille. Son armée (40,000) enlève intrépidement le camp autrichien de Jemmappes (6 novembre) et s'empare an pas de course de ces Paya-Bas jadis si longtemps disputés. Il passe la Meuse et pousse jusqu'au delà d'Aixla-Chapelle.

Cependant Cnstine (20,000), avec l'armée dn Rhin, a pris Mayence et Francfort (22 , 23 octobre) , Monteaqniou , Anselme (30,000) se sont emparés de la Savoie et dn littoral dn comté de Nice (16, 29 septembre).

L'année suivante , la Hollande , l'Angleterre, l'Espagne ont pris parti pour la coalition. Dumouriea (60,000) fait assiéger Maastricht, et de sa personne il marche sur la basse Meuse , prend toutes les places de la rive ganche du fleuve et s'apprête k le franchir pour révolutionner les Provinces-Unies (17 février au 4 mars 1793).

Mais la grande armée impériale (70,000) , sous Co« booi^, fait irruption dans les cantonnements qui couvrent le siège de Maeslricht, les rompt, les affaiblit, les repousse et attire Dnmouries, qui repasse les Géétes et livre la bataille de Nerwinde (18 mars). Les Français sont vaincus, le désordre se met dans leurs rangs; ils évacuent la Belgique et sont réduits k défendre leur territoire. D'un autre côté , les Prussiens isolent Mayence , repoussent Cnstine en Alsace et assiègent le grand boulevard de l'Allemagne septentrionale (17 à 30 mars). Dnmouries trahit la cause nationale et est obligé de fuir k l'étranger. Cobonrgprend.Condé (10 juillet), pnisValenciennes (28), les Prussiens font capituler Mayence (22).

La coalition s'étend en un vaste cordon sur toute la frontière nord-orientale et menace à la fois Dunkerque , le Quesnoy, Manbeuge et Landau.

Houchard est mis k la tête de l'armée du Nord , qui s'est repliée dans le camp de Gaverelle sous Arras; il la renforce , il la forme en masse , il la porte sur la gauche, bat les Anglo-Hanovriens k Hondscoote et délivre Dunkerque (6, 7, 8 septembre). Il éprouve un échec à Courtrai (13) et est remplacé par Jourdan, qui marche au secours de Manbeuge, car le Quesnoy s'est rendu (11). La victoire de Watlignies fait lever le blocus de Manbeuge (15, 16 oct) ; Hoche et Pichegru rompent, par la victoire de Gaisberg , celui de Landau (25 décembre). Sur les Alpes on contient l'ennemi ; aux Pyrénées on Ini cède i peine quelques lieues de territoire. A l'intérieur, l'insurrection de la Vendée , combattue par Marceau , par Kléber, a reçu le coup mortel ; Lyon et Toulon sont repris. La république respire et prépare les brillants succès de la campagne de 1794. Cobourg veut percer jusqu'à Paris par la frontière du Nord; il assiège Landrecies (17 avril). L'armée du Nord (150,000), sons Pichagru, essaie en vain de le troubler en attaquant son centre et ses ailes ; il prend la place (30). Pichegru alors jette toutes ses forces sur ses deux ailes et l'arrête en menaçant d'envahir sur deux points la Belgique.

Cobourg rétrograde, marche sur la Flandre, se concentre à Tournai et en débouche pour balayer jusqu'à la mer les Français, déployés de Lille à Courtrai. Ils le devinent, et, dirigés par Moreau, ils se concentrent aussi dans les plaines de Lille, remportent la victoire de Tarcoing et s'étendent dans la Flandre maritime (1 8 mai).

Cependant Cobourg est tenu en suspens par les vigoureux efforts que fait l'aile droite de Pichegru pour passer la Sambre. Repousses deux fois du camp de Grand-Rengt (13, 21 mai), les Français, ranimés par le représentant

Saint-Jott, franchiMeiit encore la rivière (2 juin) et UoqneDl Chirleroi. Un renfort de 20,000 impériaux les oblige one troiiième fois à regagner la rive droite (3) ; mait à ce moment Jonrdan leur amène de Test 40,000 hommes , rallie les troupes battnes , forme une masse de 80,000 hommes qai reçoit le nom d*armëe de Sambreet-Hense , prend Charieroi et remporte sur Coboiii|[ en personne la rictoire de Plennis (26). Cette journée décisive livre aux républicains la Belgique. Jonrdan poursuit les vaincus, les bat encore à Sprimont (18 septembre), à Aldenhoven (2 octobre) , les rejette an delà du Rhin et fait la jonction sur ce grand fleuve avec les armées de l'est, qui, dans les défilés des Vosges, ont jnsqne-là contenu victorieusement les Prussiens. Pichegru , de son côté , profite d'un hiver rigoureux pour conquérir la Hollande ; aux Alpes on s'est rendu mettre des cols qui livrent l'entrée du Piémont (avril et mai) ; aux Pyrénées on a envahi le territoire espagnol et gagné la bataille de la Montagne-Noire (novembre) ; enfin à l'intérieur on a contenu la Vendée.

Il ne restait â la coalition, en deçà du Rhin, que Luxemboni^et Majence, et elle commençait à se dissoudre. Le roi de Prusse le premier fit la paix. L'Espagne , intimidée par la prise de Roses , de Bilbao , par une défaite sur laFInvia (13 juillet 1795), suivit son exemple. On prit Luxembourg (10 juin) , et les deux armées de Sambre-et-Mense (Jourdan, 90,000) et du Rhin (Pichegru, 84,000) concentrèrent leurs efforts pour enlever Majence. Clerfajt (97,000) était opposé à Jonrdan, Wurmser (87,000) à Pichegru. Mais celui-ci trahissait, et, quoique Jonrdan eût pMsé le Rhin à Dûsseldorf (septembre), quoique lui-même eût pris Manheim (20), il ne fit rien pour empêcher la jonction des deux généraux ennemis, qui purent concerter une sortie de Majence (29 octobre), débloquer la place, ramener la guerre en deçà du Rhin et recouvrer Manheim (22 novembre).

Ces échecs furent compensés par la victoire de Loano, qui déblafa le littoral de la Méditerranée, ouvrit à l'armée d'Italie la route de Gènes et rejeta au delà des monts les Piémootais (25,000) à gauche de Savone, les impériaux (40,000) adroite de cette ville (23-24 novembre).

L'année suivante , Moreau remplaça Pichegru , et les deux armées firent irruption en Allemagne. L'archiduc Charles avait réuni sous ses ordres tous les impériaux ; il plia jusqu'au Danube, qu'il franchit après avoir livré à Moreau la bataille indécise de Neresheim (l 1 août 1796).

Mais, pendant que Moreau le suivait en Bavière, il revint sur la rive gauche et tomba tout entier sur Jonrdan, qui s'était avancé jusqu'aux portes de Ratisbonne. Jourdan accablé recula , fut vaincu à Wurtzboorg (3 septembre) et fut condamné à une pénible retraite qui ne s'arrêta qu'au Rhin, et où l'armée eut la douleur de perdre l'héroïque Marceau (19). Moreau, qui n'avût point songé à le secourir, fut à son tour obligé de rétrograder, ce qu'il fit en bon ordre et eu remportant sur le corps lancÀ à sa poursuite la victoire de Biberacfa (2 octobre. Après avoir contenu l'archiduc qui s'était rabattu sur loi, il repassa en bon ordre le pont d'Huningne (23- 26). L'armée d'Italie (33,000) répara tout. Bonaparte en avait pris le commandement. Il la concentre sous Savone pour se glisser entre les deux armées ennemies ; il passe l'Apennin , surprend et anéantit à Montenotte (12 avril) une partie de l'armée impériale, désorganise le reste à Millésime, puis à Dego (13 , 14, 15). Il se retourne aussitôt contre les Piémonlais, les écrase à Mondovi (22), les force à la paix, se fait livrer leu^ places, marche sur Plaisance, passe le Pô (7 mai) et déborde les impériaux par leur gauche. Ils accourent division par division ; il les bat à Fombio, à Codogno (8) , il leur porte un coup décisif à Lodi (10) et se rend mattre du cours

de l'Adda; le Milanais est à lui II pousse an Mfaicio, bloque Mantone (3 et 4 juin) , s'empare de Vénae, de Peschiera. Flanqué par les marais du bas Adige , par le lac de Garde, couvert de front par l'Adige, îl anéantit à Castiglione (5 aoûl), à Roveredo (4 septembre), à Ba»sano (8) , à Arcole (15, 16, 17 novembre) , à Rivoli (Ujanrier 1797), à La Favorite (16), tnris grandes ai^ mées impériales, qui, sous Wurmser et AIvîbsj, cendent tour à tour des provinces autriduenDes. tone se rend (2 février) ; alors il prend rofiensive , repousse pied à pied Farchidnc Charles , foree le paasaye du TagUamento (15), du col de Tarvis, parvient i Lcoben et contraint le cabinet de Vienne (12 mai), menacé an nord par les progrès de Hoche (70,000) an centre de l'Allemagne, à signer le traité de Campo-Formio, qui reconnaît toutes les conquêtes de la France , toutes lea républiques qu'elle a créées hors de son territoôe (17 mai).

Restait à désarmer TAngietene. On cbercha des pestions, propres à l'inquiéter ou à déjouer ses efforts réactionnaires (1798) ; on révolutionna la Suisse, on établit la république à Rome , et, comme les Napolitains interrinrent. Championnat (13,000) anéantit lenr armée (60,000) dans les Etats-Romains (décembre), poomivit leurs débris jusqu'à Naples, chassa la eonr en Sidie , cl fit proclamer la république parthénopéenne (1799). D'an autre celé on fit partir pour l'Irlande une expédition qei échoua, et Bonaparte, le brillant vainqueur de rUabt, conduisit en Orient une armée (36,000) dont la destination fut soigneuiement cachée (1798).

Elle mit à la voile à Toulon (19 flaai), prit cbcmin faisant Malte, débarqua à Alexandrie et s'f annon^ oosane alliée du sultan, attirée en Egypte par le désir de la dê> livrer du joug que faisait peser sur elle la milice inmbordonnée des mameluks (2 juillet).

Alexandrie forcée , on puse à travers le désert et, à Chobrakit sur le Nil, on rencontre pour la première loii les mameluks , on les met en fuite et ils se rallient, ea avant du Caire , au gros de leurs forces que eommsade Monrad-Bey. Huit jours après (21) Bonaparte remporte la victoire des pyramides. On entre au Caire, et . malgré la destmcion de la flotte française à Abook^^, m subjugue l'Egypte. Bonaparte avec une poignée ~ mes (13,000) pénétra en Asie (1799) ; maia la i ' opiniiftlre de Saint-Jean-d'Acre le força de ses pas. A peine de retour , il anéantit à Abonkir (25 juillet) une armée turque, et, rappelé en France par lei plus graves événemente , il laissa le commandement k Kléber; celui-ci dispersa à Héliopolis (20 mars 1800) l'armée du grand visir, mais il fut assassiné, et ses successeurs, assaillis de toutes parts, capitulèrent (IBOI).

La lutte était devenue générale : les AutriehieBs avmmt repris les armes, les Russes intervenaient, et TAngletetn préparait une armée de débarquement Les tbéâns de guerre furent la Hollande , la Suisse et les bords du lit de ConsUnce, l'Itelie (1799).

En Hollande, Brune (32,000) enveloppâtes Ai^ Russes (45,000) dans les polders de la Nord-HoUandc. remporta la victoire décisive de Cnstricnm et força k duc d'York à capituler (6, 18 oct).

En Suisse, après de longues alternatives, Masséna eeatint au pied du mont Albis l'archiduc Charles (60,000). qui avait vaincu Jonrdan à Stokacfa (25 mars) et pcaaK sur lui de tout son poids ; mais l'archiduc fut dirigé v«n la Souabe et remplacé par des Russes que SonvaroT, vainqueur en Italie, vint renforcer. Masséna , sm licntenanU Soult, Lecoorbe et Molitor enveloppèrent le* Basses dans les défilés de la Suisse, et psr une soite de eoitbats (25-26 sept. ) auxquels la ville de Zurich a émae son nom, les réduisirent de moitié et les foreèrent d*aha»donner leurs alliés. En Italie on perdit tout : par la déCnli de Magnano ( 5 avril) ; Schérer perdit TAdige par ceUe

HISTOIRE MILITAIRE DES FRANÇAIS

le CaMano (95) ; Iforeau perdit l'Âdda et le MUviiit >ar celle de U Trabbii (17, 18» 19jmn); Macdontld, amenant de Naplei une armée intacte, perdit l'occaiion le rendre aux Français roflensive ; par celle de Novi 25 août) Tarmée de Jonbert fat reaserrée dani la rivière le Gènes ; par celle de Possano ( 4 nov. ) Championnat at contenu en deçà des Alpes.

Mais Bonaparte s'était rendo maître du gouvernement t avait donné une impulsion plus énergique aux affaires e la guerre. Pendant que Masséna (1800) défendait Géles et Suchet la ligne du Var ; pendant que Morean enahissait l'Allemagne, Bonaparte, à la téta d'une armée de éserve, dont Teiistence était contestée (66,000), passa e grand Saint-Bernard (mai), poussa droit à Milan, son- Bva les républiques italiennes que l'Autriche avait détmies, passa le Pd et s'établit sur la ligne de communication le l'ennemi. Gènes ouvrit ses portes, mais les impériaux Mêlas, 32,000) n'en eurent pM une position meilleure; I fallait se rendre ou vaincre en passant sur le corps l'une armée exaltée par sa marche merveilleuse. La bataille le Afarengo (14 juin ) ne leur laissa d'autre alternative |n'une capitulation qui remit les vainqueurs en possession le toute l'Italie jusqu'au Mincio. La victoire de Possolo 25 décembre) sur cette ririère , celle de Hobenlinden 3;décembre) , qui porta Moreau à deux marches de Vienne, lécidèrent de la paix de Lunéville. Les Anglais eux-méles négocièrent et signèrent le traité d'Amiens , mais ette première paix générale ne fut pas de longue durée ; n ne put s'entendre avec l'Angleterre sur l'exécution du raité , on lui enleva le Hanovre (1803) ; on la menaça 'une descente parla réunion à Boulogne d'une armée où nrent amalgamées ces héroïques phalanges qui avaient té tant de fois victorieuses. Elle détourna le coup en se oalisant encore avec l'Autriche et la Russie. Napoléon evenu empereur ébranle sa grande armée (190,000) et I conduit au Rhin (^septembre 1805). Mack a réuni sous Ilm 90,000 impériaux qu'il destine à une opération ofmsive. Xapoléon le tourne par sa droite , se déploie sur es derrières, écrase ses détachements, l'entasse, sans rerai te, sons le canon d'Ulm, et le force à déposer les arles (17 octobre). Il marche ensuite aux Russes, sur lesuels se replie un second corps autrichien; sans les lisser respirer, il les contraint à se jeter à la gauche du Danube et à abandonner Vienne. Il occupe cette capitale 14 novembre), franchit ses ponts, s'enfonce dans la Moavie et met hors de combat à Ansterlits l'armée austro- Qsse ( 2 décembre ). Son armée d'Italie sons Masséna , ms s'inquiéter de l'atlilnde hostile de la cour des Deniiciles , le seconda dignement en forçant les archiducs iharles et Jean à se retirer en Hongrie. La paix de Presourg agrandit encore l'empire français , et Masséna , se sportant au midi de la péninsule, déposséda les Bourons de Naples , qui furent remplacés par Joseph Napoîon (1806).

La Prusse , sollicitée d'entrer dans la coalition , s'enagea dans des négociations équivoques qui amenèrent i rupture avec Napoléon. Elle avait une belle armées ; Ile comptait sur l'appui des Russes , des Suédois et de Angleterre; elle espérait par des victoires soulever >ute l'Allemagne.

Le duc de Brunswick s'établit avec plus de 100,000 ommes autour d'Brfurtb, dans le dessein de prendre l'of- >nsive ; mais la grande armée était presque tout entière d delà du Rhin ; elle couvrit bientdt le cours du Meiu, t pendant que Brunswick cherchait son point vulnérable. Ile appuya à droite et s'avança au cour de la Saxe octobre 1806). Elle n'avait plus qu'un pas à faire pour Doper à ses adversaires les routes de Berlin. Ils pressèent leur marche, en se couvrant du cours de la Saale , our la devancer sur l'Elbe et lui faire face. Mais elle les révint; Napoléon et Davoust en passant la Saale à

léna , à Koessen , forcèrent Brunswick et son lientenant Hohenlohe à recevoir une double bataille (14). Jamais déroute ne fut plus complète; presque toute l'armée prussienne se débanda; quelques marches, quelques combats complétèrent sa destruction. Napoléon entra dans Berlin (25) et résolut d'atteindre les Russes , de prendre Dantsig , de forcer les Anglais à la paix en leur interdisant l'accès du continent

Maître de Varsorie, il éloigna de la Vistnle, par les batailles de Pultnsk et de Golymin , les Russes de Benigsen et Gallitxin (26 décembre), et il investit la grande forteresse qui défend l'embouchure de ce fleuve (1807).

Les Russes (100,000) tentèrent de la débloquer : ila perdirent les batailles d'Ej lau (8 lévrier) et d'Ostrolenka (16). Elle se rendit (24 mai); Napoléon fit irruption dans la Prusse royale , eut constamment l'ascendant sur ses adversaires, et les mit à Friediand (14 juin) dans un désordre qui les réduisit à traiter de la paix. A Tilsitt , le csar Alexandre et l'empereur, à la suite de célèbres entrevues , contractèrent une alliance dont la politique moscovite devait recueillir tous les fruits.

Au début de la guerre de Prusse, les Bourbons d'Espagne manifestèrent leur hostilité contre Napoléon. Il résolut leur perte; près de 100,000 hommes de nouvelle levée, sous divers préteites , envahirent la Péninsule d'abord comme alliés (1807-1808) ; mais le soulèvement de tontes les contrées tes obligea d'entrer en opérations comme ennemis. Murât les commandait en chef; il dispersa trop ses forces; on échoua partout, et Dupont, qui était entré en Andalousie, fut enlevé à Baylen avec un corps de 22,000 hommes (19 juillet). Enfin Junot capitula en Portugal (30 août).

Les débris de l'armée expéditionnaire furent refoulés au pied des Pyrénées. Alors Napoléon fut dans la nécessité d'appeler cette grande armée qui paralysait tout le nord de l'Europe et d'entrer à sa téta en Espagne. Du premier pas il parrint jusqu'à Madrid (décembre) , et , en se retournant par sa droite , il coupa , il poursuivit jusqu'en Galice une armée anglaise (20,000) , que ses lieutenants achevèrent (1809).

Cependant l'Autriche arma de nouveau et 500,000 hommes se portèrent à la fois en Pologne , en Bavière , en Italie : Eugène, de ce c4té , fit face à l'archiduc Jean ; Poniatowski , en Pologne , contint l'archiduc Ferdinand , et Napoléon , sur le Danube , accourut pour arrêter le prince Charles. Il reforme une seconde grande armée : il triomphe de l'archiduc à Abensberg (20 avril) , à Eckmiihl (22) , à Ratisbonne (23) ; il le rejette sur la rive gauche du Danube ; il le devance à Vienne ; il s'empare de cette capitale (12 mai) ; il force le passage du fleuve et livre bataille à Bssiing. La rupture de ses ponts le condamne à abandonner la victoire et à revenir sur la rive droite (22). Il convoque l'armée d'Italie, toutes ses troupes : il franchit de nouveau le Danube ; il engage dans la plaine de Wagram une sanglante bataille , où de part et d'autre près de 200,000 combattants se heurtent avec fureur. Les impériaux , vaincus , implorent encore une fois la paix (6 juillet).

L'empereur ne retourna plus en Espagne ; il donna le trône à son frère Joseph ,*que Murât remplaça à Naples. Ses maréchaux continuèrent la guerre, où l'Angleterre intervint activement (1810 à 1812). Sonlt se rendit maître de l'Andalousie , moins Cadix; Suchet, de l'ancienne couronne d'Aragon ; Ney , d'une partie des provinces du Nord. Mais Masséna ne put, en Portugal, déposter Wellington des lignes de Torres-Vedras , qui couvraient Lisbonne : il fit retraite, quitta le commandement et remit son armée à Marmont , que Wellington battit sous les murs de Salamanqne (24 juillet 1812). Cette victoire livra aux Anglais Madrid ; puis ils échouèrent an siège de Bnrgos (septembre), et les corps de Soult, du roi lui-

même , le réaniMuit contre Wellington , ce général se bâta de rentrer en Portugal (novembre).

Mais une poissante diversion sauvait TEspagne : la Russie rompit Talliance jurée à Tilsitt : elle mit en première ligne 360,000 combattants, et provoqua l'empereur à venir l'attaquer sur son territoire (18] 2). Napoléon poussa tout le continent contre l'empire des csars : rAotriche, la Prusse, l'Italie, la Confédération du Rhin lui fournirent des troupes, et il parvint aux bords du Niémen, à la tète de 325,000 hommes, divisés en donse corps, outre sa garde. Il passa ce fleuve à Kowno (24 juin) , non loin de Wilna; les Russes plièrent sous le faix et se retirèrent sur la Dwina. Napoléon , en les faisant observer par If urat , appuya à droite pour les devancer au cœur de l'empire ; toutefois ils le prévinrent et furent en mesure d'accepter la bataille sous Smolensk, dernier boulevard de Moscou : ils la perdirent ( 16 et 17 aoât) , et reculèrent pas à pas jusque sous les murs de la capitale, détruisant tout sur leur passage et 6tant aux envahisseurs vivres et abris.

Malgré ses souffrances, l'armée française les atteignit à Borodino, près de la Moscowa; leur livra (7 septembre) une des batailles les plus acharnées dont l'histoire ait gardé le souvenir, leur fit perdre 50,000 hommes, et entra dans la vieille capitale des csars (14).

L'incendie de Moscou, qui sevra les vainqueurs des ressources d'une grande ville , le coup de vent glacé qui les moissonna dans leur retraite , les faux mouvements de l'Autriche qui livra à l'ennemi les places d'approvisionnements où leurs débris auraient pu se rallier , portèrent à la fortune de Napoléon et à la prépondérance de la France une atteinte irrémédiable.

L'empereur passa sur le corps des Ruues que l'Autrichien avait laissés se ranger derrière la Bérésina (28 novembre) : il accourut à Paris ; il rassembla 300,000 hommes ; il revint en armes au cœur de l'Allemagne. Mais tout était tourné contre lui : l'Autriche, la Confédération ger^ manique préparaient leur défection ; la Prusse entière était insurgée; Bernadotte, devenu prince royal de Suède, avait accepté un commandement parmi les coalisés ; Moreau paraissait à leur quartier-général ; enfin , dans l'empire même , un parti conspirait le retour des Bourbons (1813). Les Russes et les Prussiens (1 60,000) avaient déjà rejeté eu deçà de l'Elbe les faibles détachements qu'Eugène ramenait péniblement des bords de la Vistnle , et se montraient sur les hauteurs qui bordent la Saaie, quand Napoléon survint à la tête de 90,000 hommes (avril).

Il reprend aussitôt l'attaque ; il remporte la victoire de Lutxen (2 mai) ; il convie toute la ligne de l'Elbe ; il débouche de Dresde avec 120,000 hommes : il bat encore les coalisés à Bautsen ^20) , à Wurchen (21) ; il rentre dans Breslau (1«' juin). Mais la lassitude avait gagné les états-majors : il prête l'oreille à des sollicitations inopportunes ; il consent à un armistice et i des négociations que l'on propose d'ouvrir à Prague.

Pendant cette trêve la coalition se noua ; l'Autriche lui fournit 120,000 hommes et un généralissime : le prince Schwartsemberg. Lorsqu'elle eut entouré d'un cercle de 430,000 combattants, dont 100,000 cavaliers, les cantonnements où Napoléon n'avait pu réunir que 336 ,000 hommes, dont 40,000 cavaliers, elle rompit l'armistice sans attendre l'expiration du délai stipulé.

Le plan était arrêté de reculer devant l'empereur et de ne combattre que ses lieutenants. Bliicher est à la tête de l'armée qui opère sur la route de Breslau , Bernadotte de celle qui couvre Berlin , Schwartsemberg et Wittgenstein de celle qui de la Bohême marche sur Dresde. L'empereur court au premier, qui se relire (août) ; à Bernanadotte il oppose Oudinot , qui livre la bataille indécise de Grosbeeren (23). Cependant Scbwarlzemberg entoure Dresde. Napoléon y revient et ne laisse en présence de

Blûcher que Macdonald , qui perd la bataiOe de la KsUbach (26). Toutefois il est k la veille de tout réparer; il débouche de Dresde, il triomphe de Schvartieinberji (27) , il le repousse en désordre sur les monts de U Bohême , où il a posté Vandamme pour rstmaaser Tépéc da vaincus. Mais Vandamme, an lien de garder sa positioB, s'est aventuré en Bohême (28-29) ; il est enlevé à Cik (30). Le fruit des combinaisons de l'empereor est perds. Les coalisés bientôt l'entourent ; il songe à passer nr leurs derrières et à reporter la guerre en Prusse ; la défection des Bavarois le force de renoncer à ce projet hardi et de combattre pour se rQuvrir k roule de la France (octobre).

Les terribles journées de Vachaa (16), de Lâpn^ (18) ne lui permirent d'y ramener que des dâ>ris, q» écrasèrent à Hanau les Bavarois attirés par le désir 4e leur ôter toute chance de retour (30).

Cependant Wellington (100,000), aortiduPortiigil, avait marché obliquement jusqu'aux Pyrénées et avait oo» mandé la retraite des armées qui occupaient le centre ér l'Espagne. Il les vainquit à Vittoria (21 juin) , ce qui Be> cessita l'évacuation des provinces de U oonronne d'Angon. Toutes les troupes françaises se replièrent en defî des monts et tentèrent vainement de reprendre l'ofl»sive. D'un antre côté, Eugène déCendait péniUeaeBt l'Adige, et Murât prêtait l'oreille anx suggestions de ti coalition.

L'empire s'écroulait de toutes parts ; il fut litaSk esvahi (1814). Bernadotte entra en Belgique; Bliicher nr la Marne, Schwartxemberg sur l'Aube, puis la Sése, manœuvrèrent concentriquement vers Paria. Napoisoi, vaincu à La Rothière ( 1«' février) , ne pat arrêter k mouvement; il recula devant Schwartxembeig jsH*'' Nogent , prit une poignée d'hommes d'élite et se jeu sir le flanc de Blûcher, qu'il désorganisa par les ndoira de Champanbert, de Ifontmirail, de Chitean-Tkierr). de Vanchamp (10, 11, 12, 14).

Il revint ensuite contre les Autrichiens , qni déîà i^ùai passé la Seine; vainqueur à Mormana (17), à MebleRW (18), il les entassa sous froyes , qu'il reprit (23) mJfi l'apparition de Bliicher sur sa gauche. Scbvartienkr) recula jusqu'à Bar -sur- Aube, inquiet de ceqa'cêtfs faire Augereau , que Napoléon avait envoyé i Lyon pesr remonter la Saône et menacer la retraite des Autriclii«&

Cependant Blûcher se rend de nouveau sur lallirae Napoléon y court , l'en détache, le rejette entre la tfmt et l'Aisne , le pousse en désordre sur Soissoos , «ê l compte l'accabler (fin de février). Vain espoir! LmIbises de l'armée de Bernadotte m sont étendus jasqo'iSsitsons : ils font capituler cette place ; ils offrent à Fhetreux feld-maréchal un refuge et 40,000 hosBinci ^ renfort (3 mars). C'en était fait : ni la victoire de Cntam (7) , ni les combats sous Laon (9-10) , ni la défute/a corps ennemi à Reims (1 3) , ni la bataille d*Arcif (2^ 21 ) , ni le mouremeAt de Napoléon sur les denicw

de Schwartsemberg n'empêchèrent la conccntrstisa è 200,000 coalisés au cœur de la Champagne, leur wv che sur Paris , l'occupation de cette grande ville ( ^ 31 mars). Napoléon abdique, et, lorsque Vêanàmvante il crut ressaisir la fortone , la ééÙàt de Vi'ù^ (18 juin) livra la France à une seconde invasioo et Tenpereur à une cruelle captivité.

Ainsi se terminèrent les vingt-trois ana de gnenes aiiquels donna lieu la révolution française. La fortaae di plus grand des capitaines qu'elle eût formés s'y ef6ia> Il expia douloureusement sa gloire, mais les priocipe»' la législation que les assemblées natiooaica avsîeot proclamés forent reconnus indestructibles, par les ncton(0 eux-mêmes, et depuis ces principes n'ont cessé de se >** pandre en EuropeJ^^^ ^^ ^^^ât^GlGlTT

PAait. — rrroMinm rum raftiis, m ■ vi—ni ^

INSTRUCTION POUR LE PEUPLE. — CENT TRAITÉS. Pois. — DUBOCHET, LBCHEVALIER it C», 60, RUE RICHELIEU. --S5 CBVTiiiif.

RELIGION

Ce traité a poor unique objet de définir le mot sacréf qui tour i lonr a le plut fortement uni ou divisé les hommes : celui de Religion. Il sera divisé en deux parties. Dans la première, nous rechercherons ce qne c'est que la Religion considérée en général, quel en est le but, et ce qui en fait une loi pour l'homme , comme être intelligent et moral. Dans la seconde, nous exposerons les dogmes des principaux cultes, qui se partagent la croyance des hommes, après avoir expliqué en quoi et pourquoi un culte particulier diffère d'un autre ou de la Religion considérée en général.

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