PREMIÈRE PARTIE
La morale est la même partout; partout l'homme porte en soi la notion du bien et du mal, du juste et de l'injuste; et c'est par là , à proprement parler, qu'il est homme. Cette noiion peut être plus ou moins développée dans tel on tel individu , ches tel ou tel peuple , parce qu'elle est infinie ; mais, dans ce qu'elle a d'essentiel et de fondamental , elle est commune i tous : c'est la lumière qui éclaire tout kowme tintant au monde. De cette universalité de la morale, on a cru pouvoir tirer cette conclusion , qui n'est que trop accréditée : « A quoi bon la religion ? que peut-elle nous apprendre que nous ne sachions déjà? • Sans doute la religion n'apprend rien de nouveau à l'homme en lui disant : « Fais le bien et évite le mal ; w la voix de saconscience le lui avait déjà dit ; mais il faut une base à la morale, et c'est ce que la religion prétend faire en la rattachant, en la reliant^ poor ainsi dire, à son principe.
• Il est un lieu où se forme l'argent , dit l'Ecriture ; il est une mine où se trouve l'or.
■ Le fer et l'airain se tirent du sein de la terre.
• Là crott le saphir ; et l'homme , reculant les confins des ténèbres, y sait découvrir les trésors les plus cachés.
« Mais on trouver la sagesse ? où est le séjour de l'intelligence ?
• L'homme ignore son prix ; elle n'habite pas la terre des vivants.
» L'abîme dit : Elle n'est pas en moi ; et la mer : Je ne la connais pas.
> On ne l'achète pas an poids de l'or, on ne l'obtient pas ponr l'argent le plus pur.
> L'or d'Ophir tt*en égale pas le prix ; elle surpasse Tonyx et le saphir.
> Le cristal et l'émeraude ne sont rien auprès d'elle , ni les ornements les plus beaux.
• Le corail et le béryl s'effacent devant elle ; elle l'emporte sur les perles de la mer.
• On ne la compare point à la topaxe d'Ethiopie ; on ne l'échange pas pour les tissus les plus précieux
• D'où vient donc la sagesse? où est le séjour de l'intelligence ?
> Elle est cachée aux yeux des mortels ; elle est inconnue aux oiseaux de l'air.
• Le sépulcre et la mort ont dit : Nous en avons ou! parler.
• Mais Dieu connaît ses voies, et seul il sait où elle habite.
• Lui qui voit jusqu'aux extrémités de la terre et dont le regard embrasse tout ce qui est sous les cienx.
• Quand il pesait la force des vents et qu'il mesurait les eaux de l'abtme ;
• Quand il donnait des lois à la pluie et qu'il marquait leur route à la foudre et aux tempêtes ;
• Alors it vit la sagesse , alors il la manifesta ; il la renfermait en lui , il en sondait les profondeurs ;
> Et il dit à l'homme : Craindre Dieu, voilà la sagesse ; fuir le mal, voilà l'intelligence. • {/ub, XWJlll)
Dieu ! voilà donc la source et le principe de tonte morale ; et par conséquent , sans la religion, qui unit l'homme à Dieu, le bien et le mal, le juste et l'injuste, ne sont plus qne des mots qu'on ne saurait sans folie regarder comme la règle souveraine et le mobile efficace de nos actions. Considérons en effet que le devoir se concilie rarement avec le plaisir et l'intérêt , que la vie même n'est pas exceptée des biens présents qu'il faut sacrifier à la vertu. Or, pour pouvoir faire un pareil sacrifice, il faut aimer; et, de bonne foi, pouvons-nous aimer des mots, des idées, des êtres de raison ? Lorsque Platon conviait les hommes à la contemplation des idées étemelles du vrai , du beau , du bon, il les leur proposait, non comme des abstractions, mais comme des êtres réels et vivants , dont la beauté péleste surpassait toute imagination. Vous aimes une chose belle , disait-il : que serait-ce s'il vous était donné de voir la beauté même, la beauté vivante, étemelle, dont les beautés temporelles et passagères ne sont qu'un pâle reflet ! Ce sont ces sublimes spéculations du plus grand philosophe de l'antiquité qui ont inspiré à saint Augustiii ces paroles non moins sublimes sur l'amour de Dieu : ' Qu'est-ce que j'aime , 6 mon Dieu , lorsque je vous aime ? Ce n'est ni cet éclat de la lumière qui a tant de charme pour les yeux , ni la douce harmonie de la mnsi-
INSTRLCTION POLR LE PELPLE.
im
que , ni la senUnr def fleurs et dei pirfami , ni U nanqe , ni le miel , ni la volapté des embrassemeoU charnels. Ce n'est rien de tout cela qne j*aime quand j'aime mon Dien, et pourtant j'aime une lumière, une harmonie, nne odeur, un aliment délicieoz, une volupté, quand j'aime mon Dien. Hais cette lumière, cette harmonie, cette odeur, cet aliment, cette volupté ne se trouvent qne dans le fond de mon cœur, dans celte partie intérieure et invisible de moi-même où mon âme voit briller au-dessus d'elle nne lumière qne l'espace ne renferme pas, où elle entend une harmonie que le temps ne mesure pas, où elle respire une odeur que l'air ne dissipe pas, où elle savoure un aliment qui ne diminue pas , et enfin où elle s'unit à un objet infloiment aimable dont la jouissance ne rassasie pas. Voilà ce qne j'aime quand j*aime mon Dieu. Et qu'est-ce que cela ? Je l'ai demandé à la terre , et elle m'a répondu : Ce n'est pas moi ; et tout ce qu'elle contient m'a fait la même réponse. Je l'ai demandé à la mer et à tous les animani que renferment ses abimes, et ils m'ont répondu : Nous ne sommes pas ton Dieu , cherche an*dessus de nous. Je l'ai demandé à l'air qne nous respirons, et il m'a répondu avec tous les oiseaui : Nous ne sommes pas ton Dien. Je l'ai demandé au ciel, an soleil, à la lune, aux étoiles, et ils m'ont répondu : Nous ne sommes pas non plus le Dieu que tu cherches. Je me suis adressé ensuite à tous les objets qui environnent mes sens, et je leur ai dit: Puisque vous n'êtes pas mon Dieu, apprenes«moi au moins quelque chose de lui ; et ils s'écrièrent tous d'une voix : • C'est lui qni nous a créés. < ( Con/euiotu, X, 6.)
Ce qui dislingue ici saint Augustin de Platon , c'est qu'il ne sépare pas de Dien même les idées étemelles du vrai , du bon et du beau , dont Platon semble avoir fait de$ êtres à part. Concluons donc avec lui, sans rabaisser toutefois le génie du philosophe grec , i qui., après Dien, saint Augustin doit tout, que Dieu est la source de tout œ oui est vrai, de tout ce qui est bon , de tout ce qni est beau, on, pour mieux diire, que Dien est la Vérité, la Bonté, la Beauté même.
Nous lie nous arrêterons pas plus longtemps i démontrer que, sans la religion qui nous invite à aimer Dien, la morale n'est qu'une vaine spéculation : c'est une vérité dont tout esprit raisonnable doit être convaincu. Mais, pour aimer Dieu, il faut croire on du moins se souvenir qu'il est Nous allons passer en revue les principales prenvea de son existence , qni est le dogme fondamental de tonte religion.
11 y a trois manières de parvenir à la notion d'un être qui préside à l'univers. La plus naturelle et la plus commune est de considérer l'ordre qui règne dans l'univers. On a composé sur cette seule idée beaucoup de gros livres , et tous ces gros livres ensemble ne contiennent rien de plus que cet argument-ci : Quand je considère un bel édifice, je me dis à moi-même : Ce superbe bâtiment ne s'est point fait tout seul avec tant d'ordre et de régularité ; un architecte intelligent et habile en a ordonné le deuein et l'exécution ; de même, quand je contemple le magnifique spectacle de l'univera , je conclus qu'un être intelligent et supérieur a présidé à sa formation.
Peut-on voir, en effet, la multitude des corps qui composent l'univers, leur variété, leur beauté, leur étendue, leur enchaînement , leurs mouvements si réguliers et si constants, sans penser qu'ils ont été faits et arrangés par une main puissante et sage? Fénelon a traité fort au long ce sujet dans son livre de V Existence de Dieu. Nous y renvoyons le lecteur, et nous nous bornerons ici à résumer ce qu'il a dit de plus fin sur les merveilles qui nous entourent , sur ce nu'on appelle vulgairement les quatre clé-
ments. La terre, par exemple, cette booe si aie, Ktrw
forme en mille beaux objets qni frappent les yeu. Ea ur
seule année elle devient brandies, boulons, feaiOcs. Ican,
fruits et semences, pour renouveler ses libénlilâ co b- '■
venr des hommes. Rien ne Tépnise : pinson déckiit lein-
trailles, plus elle est libérale. Après tant de siècles pradiat
lesquels tout est sorti d'elle , ses entrailles loat mw
pleines des mêmes trésors. Tout vieillit, elle seoleaerôJ-
li t pas. L'inégalité même des terrains, qui paraît ob âefaiL
se tourne en ornement et en nlilité. Les monla^aie kc:
élevées et les vallons sont descendus en la place qw Dn
leur a marquée. Les diverses terres, suivant la ditm a-
pects du soleil , ont leurs avantages. Dans les probada
vallées on voit croître l'herbe fraîche pour Boarrir la
troupeaux. Auprès d'elles s'onvrant de vastes cwpsfH
revêtues de riches moissons. Ici , des coleaox l'elnat
comme des amphithéâtres et sont couronnés de lijwibb
et d'arbres fruitiers. Là, de hantes montagnes toat pr
ter leur front glacé jusque dans lea nues , et les tsmn
qni en tombent sont les sonrces des rivières. Cette nnt
fisit le charme des paysagea , en même temps «(s'eik n-
tisfaitaox divers besoins des hommes : il n'y i p«at^
terroir si ingrat qni n'ait quelque propriété. Bcgvi»
maintenant ce qu'on appelle l'eau. Quelle maio iadai-
triense a su la rendre si fluide, si insinuante, si prcfn
k échapper, si incapable de tonte coasislance. stseii-
moins si forte pour porter, et si impétueuse pooresini-
ner les plus pesantes masses? Elle est docile : rbooat
la mène comme un cavalier mène aon cheval ; il h &>
tribue comme il lui platl ; il l'élève sur les nootijM n-
carpées , et se sert de son poids pour lui dire Umèn
chutes qui la font remonter autant qu'elle était deiccB^.
Mais ces eaux, qui, nonobstant leur fluidité, Mot des »-
ses pesantes , ne laissent pas de s'élever au-dcsiiii et vt
têtes, et d*y demeurer longtemps suspendues. Vojo ia
nuages qui volent comme sur les ailes des vents. S'ib m-
baient tout à coup en grosses colonnes d'eaa , t%^^
comme des torrents, ils submergeraient et détmirticiitËi.
dans l'endroit de leur chnte. et le reste des tentt de«i-
rerait aride* Quelle main les tient ainai snspendoi «t e
leur permet de tomber que goutte i goutte? D'os ^^
qu'en certains pays'chands, où il ne pleut pnsqvi juid.
les rosées de la nuit sont si abondantes qu'elles nppl^^
au défaut de la pluie, et qu'en d'autres pays, leb<(srla
bords du Nil ou du<Gange, l'inondation desfleevo.n
certaines saisons, pourvoit à point nommé an bcMÏa ^
peuples pour arroser les terres ? Ainsi l'eau dcsiltère i»
seulement les hommes , mais encore les caopai;s0 »-
des ; et celui qni nous a donné ce corps fluide ft <li^
hué avec soin sur la terre, comme les canaux d*oaj<n^
Les eaux tombent des hantes montagnes, oà lean itff*
voirs sont placés; elles s'assemblent en gn» mm»
dans les vallées ; les rivières serpentent dus Ict rtf»
campagnes pour les arroser; elles vont enfin se pna^
ter dans la mer, pour en faire le centre du comoierct dt
tontes les nations. Cet Océan, qni semble plsc^taw^
des terres pour en faire nne étemelle aéparatioo, «t s
contraire le rendei-vons de tous les peuples, qui œp'^
raient aller par terre d'un bout du monde s l'aatre qi»
vec des fatigues , des longueurs et des daDgert iserap-
blés. C'est par ce chemin sans traces, ao Irsitndv
abîmes, que l'ancien monde donne la oain sa wns^
et que le nouveau prête i l'ancien tant de comDodik«(
de richesses. Les eaux , diatriboées avec tsot d'vt. cr-
cnlent dans la terre comme le sang dana le eerpibsaéa
Mais , outre cette circulation perpétuelle de fess . il ] <
encore le flux et le reflui de la mer. Qni est-ce qui U ^^'^ *
retirer et puis revenir sur ses pas avec tant de ri^-^'
Un peu plus, un peu moins de monvemeot dsof c<^
masse fluide déconcertorait toute la natme. Ta ^ r^
de mouvement dans les eaux qui reniooteiil isesde*'
RELIGION
les roysomeg entiers. Qui eiUoe qai a la prendre des nesores si justes dans des corps immenses? Qni est->ce ]ai a su éviter le trop et le trop pen ? Qnel doigt a mariné à la mer la borne immobile qu'elle doit respecter Uns la snite de tous les siècles, en lui disant : «Ta riendra^ jusqu'ici , et tu n'iras pas plus loin ; ici tu vien- Iras briser l'orgueil de tes flots** (Job xxxvm, 2). iiais ces eaux si coulantes deviennent tout à coup, peniant l'hiver, dures comme des rochers. Les sommets des itutes montagnes ont même en tout temps des glaces et les neiges qui sont la source des rivières, et qui, abreuvant es pâtarages, les rendent plus fertiles. Ici, les eaux sont iouces pour désaltérer l'homme; là, elles ont un sel [ai assaisonne et qni rend incorruptibles ses aliments, iprès avoir considéré l'eau , examinons ce qu'on nomme 'air. C'est un corps si pur, si subtil et si transparent, que es rayons des astres situés à une dislance presque infinie le nous le percent tout entier sans peine et en un senl nstant pour venir éclairer nos yeux. Un peu moins de nblitité dans ce corps fluide nous aurait dérobé le jour, !t ne noas aurait laissé tout au plus qu'une lumière somire et confose , comme lorsque l'air est plein de broniltrds épais. Nous vivons plongés dans des abtmes d'air, lomme les poissons dans des abtmes d'eau. De même [ue l'eau, si elle se subtilisait, devi^endrait une espèce l'air qui ferait mourir les poissons, l'air, de son c6té, ions ôterait la respiration s'il devenait plus épais et plus lumide. Mais quelle puissance invisible excite et apaise i soudainement les tempêtes de ce grand corps fluide ? elles de la mer n'en sont que les suites. De quel trésor ont tirés les vents qui purifient l'air, qui attiédissent les aisons brâlanles, qui tempèrent la rigueur des hivers et [ni changent en un instant la face du ciel ? Sur les ailes le ces vents volent les nnées d'un bont de l'horixon à 'notre. On sait que certains vents régnent en certaines ners dans des saisons précises ; ils durent pendant un emps déterminé , et il leur en succède d'autres , comme ont esprès, pour rendre les navigations commodes et régulières. Pourvu que les hommes soient patients et aussi wnctnels que les vents, ils feront sans peine les pins Ionfoes navigations. Enfin , levons les yeux en haut et couidérons ce feu allumé dans les astres et qui répand paroui la lumière. Il est comme l'âme de tout ce qui vit , il lonsume tout ce qui est Impur et renouvelle ce qu'il a puifié. Cet élément parut si admirable aux anciens , qu'ils Turent que c'était un trésor céleste que l'homme avait lérobé aux dieux. Or, peut-on dire , sans être aveugle , |ue le monde soit un effet du hasard ?
Une antre preuve non moins frappante de l'existence le Dieu est celle qui se tire du consentement du genre lumain. Parcoures la terre en tous sens : des contrées ivilisées, des nations savantes, passes au fond des bois, tbex les hordes sauvages ; entres dans la tente de l'Arabe, lans la cabane dn nègre, dans la hutte du Cafra et du »amoîède; partout vous retrouveres la croyauce d'un »remier être, père de tous les êtres ; partout vous enten- Ires nommer Dieu. Les peuples peuvent bien être oppotés de mœnrs et de langage , séparés par des mers imnenses , divisés par des rivalités sanglantes ; mais il est m point sur lequel ils se réunissent tous : la croyance l'oD Dieu. Ils pourront bien varier sur l'idée qu'ils s'en brment^ sur les hommages qu'ils lui rendent , sur les >ites sacrés qu'ils pratiquent; mais , sons ces formes di- /erset , le fond de la doctrine reste toujours. La peur, iit-on, a fait les dieux, et la religion est née de la crainte ]n' inspirent les phénomènes souvent effrayants de la na- ;ttre. Il est vrai que les ignonnts s'épouvantent pins ailémeot de ces phénomènes qne les savants , mais cette rrainte n'est point la première canse des sentiments reli- {ienx. La plus ancienne idolâtrie a été le culte des astres, lu soleil , de la lune et des éléments , parce qu'on sup-
posait que tous ces êtres étaient animés , et les philoso* phes le croyaient comme le peuple. Or, quels fléaux, quels malheurs les hommes ont-ils jamais éprouvés de la part des astres ? Aucun ; mais ils en ont admiré l'éclat et la marche, ils en ont reconnu les services. Les poètes les ont célébrés dans leurs hymnes et ne leur ont jamais attribué la colère ni la méchanceté. C'est donc l'admiration et la roconnaissance , plutôt que la crainte , qui leur ont inspiré ce culte. Il en est de même des éléments : iU sont ordinairement bienfaisants, rarement dans un état de convulsion ; ils servent à la conservation et an bien<« être de l'homme bien plus souvent qu'à sa destruction. Les hommages que l'on adressait à Jupiter et à Jnnon , maîtres du bieau temps et de la pluie ; à Vesta et à Vul* eain, conservateurs du feu ; à Neptune, aux fleuves, aux nymphes des fonttines, à la terre nourricière et à Cérèa, avaient communément pour objet de leur demander des bienfaits ou de les en remercier , et non d'apaiser leur colère et de déplorer des malheurs. L'épithète ordinairo qu'ils donnaient aux dieux était celle de bien/aisanu , dit datoru honontm; ils donnaient i chacun en particulier le nom de père y et aux déesses celui de mère; ce ne sont pas là des signes de frayeur ni de défiance. L'ignorance des vraies causes qui produisent les phénomènes de la nature a pu faire naître « il est vrai , une raligion fausse ; mais il ne fant pas confondre l'idée d'un dieu et d'une religion eu général avec la fausse application que l'on fait de celte idée ; le sentiment d'une cause intelligente qui régit la nature avec l'erreur de ceux qui supposent plusieurs causes ou plusieurs moteun. Une erreur née de l'ignorance n'a rien de commun avec une vérité dictée par la raison et par la nature.
La croyance en Dieu n'est point non plus l'ouvrage de la politique des législateurs, ni de la fourberie des prêtres. On ne saurait citer un seul d'entre les législateurs connus qui ait introduit pour la première fois la notion d'un Dieu c^ei un peuple encore athée. Les philosophes indiens ont fait profession d'avoir reçu la religion de Brabma. Confucius a prolesté qu'il ne faisait que répéter les leçons des anciens sages de la Chine ; il ne s'est jamais donné pour auteur de la religion des Chinois. Zoroastre imagina son système pour tirer les Perses de l'idolâtrie , et non pour les guérir de l'athéisme. Moïse enseigna aux Juifs à adorer le Dieu de leurs pères , le Dieu d'Adam et de Noé , et non un Dieu inconnu. Mahomet prétendit renouveler la religion d'Abraham et d'Ismaêl parmi les Arabes , on idolâtres , on juifs , ou chrétiens. Tous les législateurs ont , à la vérité, recommandé la religion , lui ont donné une forme fiie , ont fondé des lois sur cette base , mais ils n'en ont pas été les créateurs. Il est démontré par les mêmes raisons que la religion ne fut jamais un effet de l'imposture des prêtres, puisqu'il est absurde de supposer qu'il y ait eu des prêtres ou des ministres de la religion avant qu'il y eât une religion. Le sacerdoce est né de la religion, et non la religion du sacerdoce. Il est donc vrai qne le genre humain a toujours cru et croit toujours en Dieu ; que cette croyance fait le fond même de la nature raisonnable.
Le troisième argument est plus métaphysique; il est moins fait pour être saisi par les esprits vulgaires, mais il conduit à des connaissances bien plus vastes ; en voici le précis :
J'eiiste : donc quelque chose existe. Si quelque chose existe, quelque chose a donc existé de toute éteraité; car, ce qni est, on est par loi-même, ou a reçu son être d'un autre. S'il est par lui-même , il est nécessairement , et c'est Dieu ; s'il a reçu son être d'un autre , et ce second d'un troisième , celui dont ce dernier a reçu son être , doit nécessairement être Dieu. Car vous ne ponves concevoir qu'un être donne l'être à un autre, s'il n'a le pou- I voir de créer ; et de plus, si vous dites qu'une chosa re-
çoii , je ne dii pu M forme , mais son existence d'ane entre chose , et celle-ci d'nne troisième , cette troisième d'une entre encore, et ainsi en remontant jnsqn*i l'infini, Tons dites nne absurdité. Car tons ces êtres n'anront alors ancnne cause de lenr existence. Pris tous ensemble , ils n'ont ancnne cause externe de lenr existence ; pris chacun en particulier, ils n'en ont aucune cause interne : c'est-i'dire, pris tous ensemble, ils ne doivent lenr existence à rien ; et pris chacun en particulier, aucun n'existe par soi-même : ce qui est le comble de l'absurdité. On est donc forcé d'avouer qu'il y a un être qui existe nécessairement par lui-même de toute éternité, et qui est l'origine de tons les autres êtres. De li il suit essentiellement que cet être est infini en durée, en immensité, en puissance; car qui peut le borner? liais, dira-t-on, le monde matériel et visible est précisément cet être qne nous cherchons. Examinons de bonne foi si la chose est probable.
Si ce monde matériel est existant par lui-même, d'nne nécessité absolue , c'est4-dire s'il est étemel , immuable, et ne pouvant pas ne pas être, c'est nne contradiction dans les termes que de supposer que la moindre partie de ce monde puisse être autrement qu'elle est ; car si elle est dans ce moment d'une nécessité absolue, ce mot seul exclut toute autre manière d'être. Or, certainement, celte table sur laquelle j'écris , cette plume dont je me sers , n'ont pas toujours été ce qu'elles sont ; ces pensées qne je trace sur le papier n'existaient pas même il y a un moment: donc elles n'existent pas nécessaireiment Or, si chaque partie n'existe pas d'nne nécessité absolue , il est donc impossible que le tout , qui n'est que la collection des parties, existe par lui-même. Je produis du mouvement : donc le mouvement n'existait pas auparavant ; donc le mouvement n'est pas essentiel à la matière ; donc la matière le reçoit d'ailleurs ; donc il y a un Dieu qui le lui donne. J'existe , mais je n'ai pas toujours existé , et sans Dieu je ne puis m'expliqner mon existence. J'anrai beau remonter de famille en famille , de siècle en siècle : il me faut aboutir enfin à un homme qui , le premier de tous, se soit trouvé sur la terre, organisé, vitant, sentant comme moi, sans être né comme moi d'un père et d'nne mère préexistants ; quand je prolongerais dans des temps imaginaires la chatne des générations , il me faudrait tôt ou tard arriver à un premier anneau. On ne saurait dire, en effet, qu'il y a eu de toute éternité des individus de notre espèce existant par eux-mêmes nécessairement , et qui sont devenus la tige de tons les autres ; car ces individus nécessaires existeraient encore : ce qui existe par la nécessité de sa nature ne peut cesser d'être; et où sontils ces individus de notre espèce qui soient éternels? Enfin, l'intellagence n'est pas essentielle i la matière ; car un rocher ou du froment ne pensent pas. De qui donc les parties de la matière qui pensent et qui sentent auront-elles reçu la sensation et la pensée? Ce ne peut être d'elles-mêmes, puis qu elles sentent malgré elles ; ce ne peut être non plus de la matière en général, puisque la pensée et la sensation ne sont pas de l'essence de la matière. La pensée, en un mot, est nne étincelle qui prouve le jour, et on jour étemel ; car qui l'aurait allumée ?
Voilà en peu de mots les preuves de l'existence de Dieu et le précis de pinôeurs volumes, précis qne chaque lecteur peut étendre à son gré ; et voici avec autant de brièveté les objections auxquelles ces preuves ont donné lien.
1^ Si Dieu n'est pas ce monde matériel et visible, il l* '^î """•! «o '• créant, ou il l'a tiré du néant, on il l'a tiré de son propre être divin. Il ne peut l'avoir tiré du néant qui n'est rien; il ne peut l'avoir tiré de soi , puisque ce monde en ce cas ferait essentiellement partie de l'essence divine : donc je ne puis avoir d'idée de la création, donc je ne dois pas admettre la création.
2o Si Dieu existe, c'est-à-dire si le momét i pov nleur un être infiniment puissant, infiniment islell^ei infiniment bon , on sont les traits de cette pomaee. de cette intelligence , de cette bonté infinie qui prâide ni destinées humaines? Pourquoi ces peines et oo ntibsces qui font de la terre un séjour de lames? Poar^ ces désordres , ces vices , ces crimes qui sooilWtt li fia des nations? Pourquoi le wêoI? Si Dieu n'a pis mk l'empécber, que devient sa bonté? Et si, le rooliBt.L ne l'a pu , qne devient sa puissance?
Les arguments contre la création se rédiiiieiit i m>^ trer qu'il nous est impossible de la concevoir, c at4-à> d'en concevoir la manière , mais non pas qo elle mI spossible en soi ; car, pour que la création fàtiop^ifik. il faudrait d'abord prouver qu'il est impossible qv'ilp: un Dieu; mais, bien loin de prouver cette impoiiibiiti on est forcé de reconnaître qu'il est impoiiibk «{b. n'existe pas. Cet argument, qu'il faut qu'il ; ait Wnè nous un être étemel et infini , et les ténèbres «psi accespagnent cette lumière , ne servent qu'à montrer qwofft lumière existe ; car de cela même qu'un être infiiii bm est démontré , il nous est démontré aussi qn*îl d«t ^ impossible à un être fini de le comprendre. Da Rrie,fi.À l'impossibilité de concevoir nne chose, il était couë^ d'induire que cette chose n'existe pas , il fiaditit te sa propre existence ; car nous existons et nom s'in» p toujours existé, et il y a là une sorte decréaiioe.^ n'est pat plus compréhensible que la créatioD do noté entier , et qu'il est pourtant' impossible de nia- Asa est-ce avec raison que II. Lamennais a ditqae lenribk athée serait celui qui dirait : II n'existe rien.
Quant aux objections tirées de l'existence da sa!, ^ qu'elles eussent quelque solidité, il faudrait q« cm qui les font prouvassent que le mal est une cboR nù absolue, comme l'entendaient les anciens Pêne et pie tard les disciples du Persan lianes , appelés (xnr est wuMiekéeMi, qui admettaient denx principes èana l'un infiniment bon, auteur du bien, et l'antre isfiaina' mauvais, toujours occupé à faire le mal. Ils pràeoitf&' par là rendre raison du mélange de bien cl de ail f est dans le monde. Mais cette doctrine ne prit loii'r l'examen de la raison. Car, ]*> les deux principe! (^' s'agit existeraient par leur nature même : ils tava^»cessaires, illimités et parfaits. Or, il est coBtniii(i>>n qu'il puisse exister denx êtrea nécessairei et illisiri D'ailleurs un être infiniment noanvais, loin d'être ptff^ serait infiniment imparfait ; il n'aurait en ptrd^ ^^ négation des perfections, ce qui ne présente qo ur tfsurdité sans nom ; 2o on ces deux êtres, opposa la* l'antre, seraient de force égale, et alors il njum^ bien ni mal ; car denx forces égales opposées rBoeaTc tre se détruisent réciproquement; on ils icrsientdr&(« inégale, et le plus fort aurait dès longtemps détnit U^ faible , puisqu'il aurait en l'éternité pour le coaii^^ Il s'ensuit donc qu'il n'y a point de mai par, àe enif^soin dans le monde, qne ce qu'on appelle mal n'est q« sv imperfection , nne diminution du bien , et ^ >< ^ absolu ne serait antre chose que le néant.
Quant an maiwuiral, c est4-dire aux psftioDf, ibs^ Bordres de l'âme et aux crimes qui en sont lsiw>- ^f évidemment le résultat de notre librs sriiitfe- Ct^ *" sage déplorable qne nous faisons de notre wiootf , ^ seule en doit répondre. Mais pourquoi booi i-t-«> ^ une arme dont nous pouvions tant abuser? ?wr^'^ nous a-t-il donné le pouvoir de lui désobéir? CeUretc^i à dire : Qne ne sommes-nous esclaves? Qoe ne «■>' nous les jouets d'une irrésistible fatalité? Ea so oo^ demander compte à Dieu du plus noble et de f^f^ cieux de ses dons. Voudrait-on qne , poar ^lyV mal , il eût enchaîné notre liberté, qu'il n eàtriH»"^
au»*et*
RELIGION
|ae d«t automate» m portant aa bian comma par néoet* ité? Alors où lerait le mérite de la farta?
Aa resta , quand on ne pourrait répondre à toutes les •bjections tirées de l'existence du mal , elles n*en deraient pas moins être considérées comme non avenues. )ien est , et cela doit nous suffire, puisque Dieu ne sauait être conçu sans les attributs de l'infinie poissauce , le Tinfinie intelligence et de l'infinie bonté.
Ainsi , soit que je jette les yeux sur Tunivers , soit que e rentre en moi , je suis forcé de reconnaître Texistence Ton Dieu créateur. Mais, comme Ta dit avec raison tint Augustin : > Si la providence de Dieu ne présidait tas aux actions des bommes et au gouvernement du Donde , il ne faudrait pins s'occuper de religion. ■ Or, lemander s'il y a une providence , c'est demander si Dieu >rend soin de ê^ créatures , s'il gouverne ce monde par es lois qu'il a lai-méme établies , s'il règle le sort des odividus comme celui des nations , et , par une action lussi constante qu'universelle , conduit toutes choses i les fins digues de lui. Ici , comment pourrait-on hésiter? >ieu n'a pu abandonner ses créatures au hasard après les ivoir faites : puisqu'il a daigné les créer, il n*est pas inligne de lui de les gouverner et de veiller sur elles. Aussi a foi à la divine Providence a-l-elle été toujours constante it universelle. Des temples , des autels , des victimes, des lymnes sacrés , nu culte , voilà ce que l'on trouve dans e monde ancien et nouveau. Les païens voyaient la main le Dieu partout : ils avaient partagé le monde moral , !omme le monde matériel, entre plusieurs divinités tutélai- «s ; ils avaient des dieux nationaux et des dieux domesti- |ues, des dieux pour la naissance et des dieux pour les fulérailles , pour la paix et pour la guerre , comme ils en ivaient pour les astres, les mers, les moissons, les fleurs, es fruito , les bois, les fontaines. Cette croyance fait le ond des poèmes d'Homère , c'est-à-dire du plus ancien les écrivains connus après Ifoïse. Le bon pasteur Euoée attribue l'heureux succès de ses soins à la protection le Jupiter , qui a béni um labeur datu tout ce qui lui a ité vnfii. Les soins de la Providence s'étendent jusqu'aux inimaux. En parlant d'tuw colombe , Homère dit que le ^eatin ne voubit pas qu'elle fût priée. Tout vient des dieux; 1 faut tout altendrô d'eux et s'adresser toujours à eux tour en obtenir les biens dont on a besoin. Cette vérité , |ui est le fondement de la religion , brille de toutes parts lans Homère , et surtout dans la belle allégorie des prières , au neuvième livre de Tlliade , où Phénix tAche d'alaiser la colère d'Achille. • Dompte, lui dit-il, cette impéieuse colère qui te domine. Il ne te sied pas d'avoir un ;ceur impitoyable. Les dieux , plus puissante que toi et l'une nature plus excellente , les dieux mêmes se laissent léchir. L'encens, les humbles voeux, les libations, les acrifices détournent leur colère quand on les a offensés. «es Prières sont filles du grand Jupiter. Quoique boieuses et osant à peine lever les yeux , elles suivent de oîn l'Injure aux pieds légers, pour conjurer les maux (u'elle a faits. Quiconque reçoit avec respect ces saintes Mies de Jupiter, elles exaucent ses vœux à leur tour dès |u*il les invoque, liais, lorsqu'on les a rebntées , alors tlles s'en vont trouver le fils de Saturne ; alors elles prient npiter, leur père , de punir celui qui les a méprisées, ft de lui donner pour compagne la cruelle Injure. > Les innales de toutes les nations attestent l'antiquité et l'uniersalité du même dogme ; et la raison , d'accord avec e consentement du genre homatn , nous démontre qu'il ixisfe un Dieu, auteur et souverain mettre de tontes :hoses , à qui nous devons foi , obéissance , adoration et unour. Qu'importerait , en effet , de croire en Dieu, si 'on n'en faisait qu'une idole renfermée au fond de l'Oympe , comme les dieux d'Epicure. Aussi ce philosophe
fut-il généralement regardé comme nn impie pour avoir méconnu la Providence.
Il suit de là que les diverses circonstances dans lesquelles nous nous trouvons sont des effete de la providence de Dieu , parce que rien ne se fait au hasard. Nous devons par conaéqnent l'adorer dans les maux comme dans les biens qui nous arrivent , nous confier toujours en lui et nous souvenir en tout temps de ces paroles de l'Evangile : • Considères les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ; c'est Dieu qui les nourrit Combien ne valef'vous pas mieux qu'eux ! Voyes les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent Cependant Salomon, dans toute, sa gloire, ne fut jamais vétn comme l'un d'eux. Si Dieu a soin de vêtir ainsi l'herbe des champs , combien prendrait-il plus de soin de vous, A hommes de peu de foi? •
in.
Cependant ces deux dogmes de l'existence et de la proridence' de Dieu ne suffiraient pas encore pour constituer toute la religion. Il en est un troisième , qui est inséparable des deux premiers. En effet , si le tombeau est le terme de la vie humaine, qu'importe, encore une fois, de croire en Dieu? Sans l'espérance d'une vie future , la morale et la religion n'ont ni sanction ni objet Le philosophe Bayle a dit fort sensément an sujet de Bmtns, qui termina sa vie en s'écriant que la vertu n était quun nom , comme s'il se fâl repenti de l'avoir pratiquée : • Ce Romain n'avait pas tout le tort que l'on a'imagine. Si l'on ne joignait pas i l'exercice de la vertu l'espérance des biens que l'Ecriture promet aux fidèles, on pourrait mettre la vertu et l'innoceace au nombre des choses sur lesquelles Salomon a prononcé son arrêt définitif : Vanité des vanités, et tout est vanité. S'appuyer sur son innocence, ce serait s'appuyer sur le roseau cassé qui perce la main de celui qui veut s'en servir. » Il est évident que le dogme d'une rie future est une partie aussi essentielle de la religion que ceux de l'existence de Dieu et de sa providence.
On tire ordinairement la preuve de notre immortalité de la nature spirituelle de l'âme. Ainsi nous voyons le corps mourir, se décomposer, et , sans être anéanti , devenir un je ne sais quoi qui n'a plus de nom. L'air, l'eau , le feu , tous les agents de la nature exercent sur lui leur empire comme sur une plante ou sur le corps d'un animal ; mais, pour l'Ame , elle est placée hors de la sphère des choses sensibles : pure et sans mélange , elle ne porte en elle aucun principe de corruption ; simple , indivisible comme la pensée , il n'est pas d'élément , si actif et si subtil qu'on le suppose, qui puisse l'atteindre. Ce qui s'appelle mort n'est qu'un dérangement de parties matérielles ; mais l'âme n'a ni parties , ni figure , ni situation respective de parties entre elles ; et si le corps peut perdre cet arrangement de parties distinctes , se décomposer et mourir, l'âme , qui n'a rien de semblable dans sa manière d'exister, ne doit pas naturellement éprouver une semblable destruction. • Voilà , disait Fénelon , l'argument le plus péremptoire , le plus décisif. • Il faut avouer pourtant que cet argument , quelque puissant qu'il soit , n'est pas du moins le plus rassurant ; car il se peut , dirat-on, qne l'âme survive an corps, puisque le corps luimême ne saurait être anéanti : mais l'âme lui survit-elle, non-seulement comme substance , mais aussi'comme personne? conserve- 1- elle, après sa séparation d'avec le corps, la conscience d'elle-même? La raison peut s'appuyer ici sur de fortes inductions. Tous les êtres ont une fin , une destinée. Or il est évident que la destinée de l'homme ne s'accomplit pas ici-bas ; et , si la tombe était le terme de son existence , l'homme serait certeinement le plus misérable de tous les êtres. • Je ne conçois pas , dit Labmyère, qu'une âme que Dieu a voulu remplir de
ridée de ion être infini pniue élre anéanUe. • On peot «jonter que , ii rbomme n'était pat immortel , Diea l'aurait trompé; car enfin ce désir, ce preiientiment d'ane fie future , ce n*eit paa moi qni me le sait donné ; je ne toit pat le mattre de m'en dépouiller : je Tai reçu de Dieu même a?ec l'être et la vie. Or, ti Dieu lui-même me l'a donné, ti tel ett le but où il me fait tendre tant cette, ne faut-il pat que têt on tard il m'y fatte parvenir? Serait-il le Dieu de vérité , t'il me trompait dant les détirt qu'il m'intpice , t'il me marquait le terme en me laisttnt dant i'impuiieaoce de l'atteindre ; et ti ce bonbcnr, pour lequel je tent qu'il m'a fait , o'eiitte pas pour moi tur la terre , ne faut^il pat que Dieu l'ait placé au delà du tombeau? liait la meilleure démontlration de cerlainet vérilét te tire touvent de la tnppotition du contraire. Cett ce que Ifattilion a fait dant le pattage que nous allont citer, et qui ett peut-être ce qu'il a écrit de plot éloquent.
• Si tout doit finir avec nout, dit -il, ti l'bomme ne doit rien attendre aprèt cette vie , et que ce àoit ici notre patrie, notre origine, et la teule félicité que nout pouvont nout promettre, pourquoi n'y sommet-nont pat beureux ? Si nout ne naittont que pour let plaitirt des tent , pourquoi ne peuvent -ilt nout tatitfaire, et laittent-ilt toujoort un fond d'ennui et de trittette dant notre cour? Si rbomme n'a rien au-dettntde la bête, que ne conle-l^il tet jourt comme elle , tant toncit, tant inquiétude, tant dégoût, tant trittetse, dant la félicité det tent et de la cbair? Si rbomme n'a point d'autre bonbeur i etpérer qu'un bonheur temporel , pourquoi ne le trouvet-il nulle part tur la terre? d'où vient que let richettet l'inquiètent , que let bonneurt le fatiguent , que let plaitirt le lattent , que let tcieneet le confondent et irritent ta euriotité an lien de la tatitfaire , que la réputation le gêne et l'embarratte; que tout cela entemble ne peut remplir l'immentité de ton coeor et loi laitte eneore quelque eboee à détirer? Tout let autret êtret, contente de leur dettiaée, paraittent beu reux, à leur manière, dans la situation où l'au'eor de la nature Jet a placét : let attret. tranqutllet dant le firmament, ne quittent point leur aéionr pour aller éclairer une autre terre; la terre , féglée dtnt tet mouvementé , ne t'étanoe point en bant pour aller prendre leur place, let animaux rampent dant let campagnet tant envier la dettinée de Tbomme qni babile let villetet let palait tomptueux ; let oiteaux te rtjouittent dans let airt tant penter t'il y a det créaturrt plut beureutet qu'eux tur la terre. Tout est beoreux , pour ainti dire, tout ett i ta place dant la nature : l'bomroe teol ett inquiet et mécontent; l'bomme tent est en proie à tet détirt , se laitte déchirer par det craintet, trouve ton tupplice dant set etpéraocet , devient triele et malheureux au milieu de tet plaitirt ; l'homme teul ne rencontre rien ici-bas où ton cœur pnitte te fixer. D'où vient cela, ê homme? Ne terait-ce point parce que vont êtet ici-baa déplacé ; que vont êtet fait pour le ciel ; que votre cœur ett plut grand que le monde ; que la lerre n'ett pat votre patrie , et que tout ce qui n'ett pat Dieu n'ett rien pour vont?
» En tecond lieu , ti tout meurt avec le corps , qui est-ce qui a pu persuader i tout let hommet , de tout les f ièclet et de tout let paya , que leur âme était immortelle ! D'où a pu venir au genre humain celte étrange idée d'immortalité? Un tentiment si éloigné de la nature de l'homme , puisqu'il ne terait né que pour les fonctions det tent, aurait-il pu prévaloir tur la lerre? car, ti l'homme , comme la bête , n'ett fait que pour le tempt , rien ne doit être plut incomprébeotible pour lui que la teule idée d'immortalité. Det machinée pétriet de boue , qui ne devraient que vivre et n'avoir pour objet qu'une félicité tentnelle, auraient-ellet jamait pu, ou te donner, ou trouver en ellet-mêmet de si nobles tentimeutt et det idéet ti tublimet? Cependant cette idée ti extraordinaire
ett devenue l'idée de tout let hommet; cette idée, li op potée mpme aux tent, pnttqne rhoaune, comme la Wcr. meurt tout entier i noi yeux , t'cat établio tur teote U terre. Ce tentiment , qui n'aurait pat de même tnarer un inventeur dant l'uni vert , a trouvé une éedliié neinrtelle parmi tout let peuplée , let plot taavaget toame Is plut civilités , les plus polis eomme les plint groinm Car, remontes jntqn'i la naittance det aièdet. ptrtùQw. ton tet let nationt , litei l'hittoire det royaamct et êes capiret , écoutes ceux qui reviennent det llet le» plu rl«gnéet : l'immortalité de l'âme a toujonra élé et est oear la croyance de tout let penpiot de renivera.
• Enfin la lociété nnivendle det hooiaict , les Idf ^: nout unittent let nnt aux autret , let dewàkn let pla» bcrét et let plut inviolaUet de la rie civîle : looC «ttstn fondé que tur la certitude d'un avenir ! Ainsi . li te meurt avec le corpt , il faut que l'univera prenne «Tistm loit, d'aotret mœuri, d'autret utaget , et que tout rbia<ff de face tur la terre. Si tout meurt avec le eorpi. U maximet de l'équité , de l'amilié , de rbonneor. et a bonne foi , de la reoonnaittanee , ne aoot donc plii çtdet erreurt populairet , puitque nous ne devoot rm > det hommet qni ne nout tout rien , anxqœla aacua tirs: commun de culte et d'espérance ne nous lie . qai ne: retomber demain dant le néant , et qui ne tout Atjk fie Si tout meurt avec nous, lea doux ooim Wcnfâit. . père , d'ami , d'époox , tout donc det aoma de tbèètrr c de vaint tilret qui nout abuteot, puisque l'amilié. cHmême qui vient de la vertu , n'ett ploa nu ben donW que nos pères qui nous ont précédés ne aonl plus. ^ ttot enfants ne seront point not tuccenenn : c» j néant, tel que noua devont être nn j<»ar , n'a pwa: :tuile ; que la tociécé tacrée det nocet n'ert phu ^'c' union brutale , d'où , par un mélange biarre et Iwattorlent det êtret qui nout reaiembleni , maît qei %m de commun avec noua que le néant Qoe dtni-jecaoR' Si tout meart avec nout , let annalet domettiqoef et ii tnite de not ancêtres n'ett donc pina ^'nne tuÊtif chimères , puitque nout n'avoua plut d*aicax et qit y« n'auront point de neveux; let toint do nom d de lapa»térité tont donc fri volet; l'honneur qu'oo rend à U»* moire det hommet illuttret, nue erranr pncrile. pv qu'il ett ridicule d'honorer ce qui n'ett plut; U nfi^' det tombeaux, une illusion vulgaire, les eendrcsêc» pèret et de not amit , une vik ponaaière qu'il fiat ff au vent et qni n'appartient i pertonoe; let derérn^ intentiont det mourants , ai tacréet parmi let prBpb let plut barbares, le dernier aoo d noe mtà^ qui te dittout; et, pour tout dire en an mol, nfatf meurt avec noua, let loit tont donc nae serritnd* ia»tée ; la juttice , une nturpatioo tur la liberté dei bsemet ; la loi du mariage , un vain acmpale ; rbenMv t la probité , det chimèret. •
Nout avont indiqué tuccetaivemeat lue prinâpsle preuvet qni établiatent l'exitlence de Disa , eelle iv providence et la certitude d'une vie future ; maît oa • ^ remarquer que cet troit dogmet t'engeadreot, en ft(r que torte , l'un l'autre , et qu* ila poarraisBt par cat«quent te réduire à nn teul , oelui de TexitCcnee de Din En effet , puitque l'idée de Dieu implique aécosMirea» celle d'un être souverainement parfait , c'aat-*-dnv kkverainement puittaot, touverainemenl intelligeot et ntverainement bon , il importe moint i l'homate qai en* véritablement en Dieu et qui raisonne de savoir oo Dr: le mène que de savoir t'il ett , lui , daaa le bon chta» Commeoçont par bien vivre, et laittont à Dira le m» du rette ! A force de vouloir éclaircir l^a Byslèrei àt h vie présente et les mystères encore plus impêaHnUn de la vie future, on en vient quelqnofoia i dooier df l'existence de Dieu , dont on subordonne ainà la pnt'c i d'antres croyances qni né la renferroenl pas . nais ^
RELIGIOX.
lODl reofennéM. Appliqiioiii*noiii, au contraire, à «coDoattra qnt ]*idée de Diea contient en soi tontei let mtres, comme an principe contient tes cooiéquencet, it que tout not doutes, tontes nos peines, toutes nos Dcertiludes viennent nniquement de ce que là foi en )iea est mal affermie en nous. Cette vérité avait surtout rappé un célèbre écrivain allemand , Jean Paul Richler, |ui la mit en quelque sorte en action dans une rêverie poétique intitulée le Scnge^ que nos lecteurs nous sauront (ré d'avoir mise sons leurs yeux. En voici la traduction :
• Lorsque , dans Tenfaoce , on noos raconte que vers oinnit , i l*heure où notre sommeil atteint notre âme de i {vès , les songes deviennent plus sinistres « les morts e relèvent et , dans les églises solitaires , contreCont les lieuses pratiques des vivants : la mort nous effraie à muse des morts. Quand l'obscnrilé Rapproche, nous létoomons nos regards de Téglise et de ses noirs vitraux ; es terreurs de l'enfance , plus encore que ses plaisirs , «prennent des ailes pour voltiger autour de nous pealaot la nuit l<igère de l'ime assoupie. Ab! n'éteignes las ces étincelles ; laisses-nons nos songes , même les dus sombres ; ils sont encore plus doux que notre ezisence aetnelle ; ils nous ramènent i cet âge où le fleuve le la vie réfléchit encore le ciel. — Un soir d'été , j'étais t)uché sur le sommet d'une colline ; je m'y endormis et e rêvai que je me réveillais, an milieu de la nuit, au miieu d'un cimetière. L'horloge sonnait onie heures. Toutes es tombes étaient entr'ouverles , et les portes de fer de 'église , agitées par une main invisible . s'ouvraient et se efermaient à grand bmiL Je voyais sur les murs s'enùir des ombres qui n'y étaient projetées par aucun corps ; ('autres ombres livides s'élevaient dans les airs , et les infants seuls reposaient encore dans les cercueils. Il y ivait dans le ciel comme un nuage grisâtre, lourd, iouffant, qu'un faniAme gigantesque serrait et pressait i longs plis. An-dessas de moi j'eutendais la chute loinaine des avalanches , et sons mes pas la première comnotion d'un vaste trembleteent de terre. Toute l'église acillait , l'air était ébranlé par des sons déchirants qui cherchaient vainement i s'accorder. Quelques pâles éclairs étaient une lueur sombre. Je me sentis poussé par la erreur même i chercher un abri dans le temple. Deux »asilics étincelauts étaient placés devant ses portes redouables. J'avançai parmi la foule des ombres inconnues, ur qui le sceau des vieux siècles était imprimé ; toutes :es ombres se pressaient autour de l'autel dépouillé , et enr poitrine seule respirait et s'agitait avec violence ; ua Dort seulement , qui depuis peu était enterré dans l'église, «posait sur son linceul ; il n'y avait poini encore de batemeol dans son sein , et un songe heureux faisait sonire son visage; mais, à l'approche d'un vivant, il s'éeilla , cessa de sourire , ouvrit avec un pénible effort ses laupières engourdies : la place de l'œil était vide , et i )e\le du cœur il y avait une profonde blessure : il souleva les mains , les joignit pour prier ; mais ses bras s'allongèrent, se détachèrent du corps, et les mains jointes ombèrent à terre. Au haut de la voAte était le cadran de 'éternité ; on n'y voyait ni chiffres ni aiguilles , mais une nain noire en faisait le tour avec lenteur, et les morts ('efforçaient d'y lire le temps. Alors descendit des hauts ieux sur l'autel une figure rayonnante , noble , élevée et |ui portait l'empreinte d'une impérissable douleur ; et les norts s'écrièrent : « 0 Christ ! n'est-il point de Dieu 1 » Il répondit : • Il n'en est point. * Toutes les ombres se prirent à trembler avec violence, et le Christ continua ûosi : • J'ai parcouru les mondes , je me suis élevé au- Jessos des soleils , et là non plus il n'est point de Dieu, le sais descendu jusqu'aux dermères limites de l'uniters, j'ai regardé dans l'abtme et je me suis écrié : Père! où es- la? liais je n'ai entendu que la pluie qui tombait i^ontte à goutte dans l'abîme, et l'étemelle tempête , que
nul ordre ne régit , m'a seule répondu. Relevant ensuite mes regards vers U voûte des cienz, je n'y ai trouvé qu'un orbite vide , noir et sans fond. L'éternité reposait sur le chaos et le rongeait , et se dévorait lentement ellaméme : redoubles vos plaintes amères et déchirantes ; que les cris aigus dispersent les ombres, car c'en est fait ! ■ Les ombres désolées s'évanouirent comme la vapeur blanchâtre que le froid a condensée ; l'église fut bientAt déserte ; mais tout i coup, spectacle affreux ! les enfants morts, qui s'étaient réveillés i leur tour dans le cimetière, acoDorurent et se prostenièrent devant la figure majeetueuse qui était sur l'autel , et dirent : > Jésus , n'avonsnous pas de père ?» Et il répondit avec un torrent de larmes : • Nous sommes tous orphelins, moi et vous, nous n'avons point de père. ■ A ces mots , le temple et les enfants s'sbtmèrent , et tout l'édifice du monde s'écroula devant moi dans son immensité.
* Le but de cette fiction , ajoute Tautenr, en excusera la hardiesse. Sijnon cœur était jamais asseï malheureux, asses desséché pour que tous les sentiments qui affirment l'existence de Dieu y fussent anéantis, je relirais ces pages : j'en serais ébranlé profondément, et j'y retrouverais mon salut et ma foi. Quelques hommes nient l'existence de Dieu avec autant d'indifférence que d'autres l'admettent ; et tel y a cru pendant vingt années , qui n'a rencontré que dans la vingt-unième la minute solennelle où il a découvert avec ravissement le riche apanage de cette croyance , la chaleur vivifiante de cette fontaine de naphte. »
Nous n'iniisterons pas davantage sur cette vérité, que l'idée de Dieu constitue l'essence même de la religion. Quiconque en est bien pénétré doit comprendre sans peine le vrai sens qu'il faut attacher à ce qu'on appelle religion. C'est, avons-nous dit, le lien qui unit l'homme i Dieu , la créature intelligente à son auteur. U suit de li évidemment que toute philosophie, toute morale , tonte politique , toute science qui ne repose pas sur l'idée de Dieu est justement qualifiée d'irréligieuse et ne peut aboutir qu'au néant, d'où elle est partie, liais là aussi doit s'arrêter cette qualification. Quel que soit le culte auquel un homme appartienne, s'il croit en Dieu, cet homme est religieux. Les sectateurs d'un culte particulier ne peuvent se prévaloir contre lui que d'une chose, c'est d'avoir de Dieu une notion plus juste et plus hante. En effet , de même que la notion du devoir ou de la loi morale est plus on moins développée selon les temps, les lieux et les individus, de même la notion de Dieu, qui est infinie comme celle du devoir , peut être plus ou moins pure, plus on moins conforme à la nature des rapports qui doivent unir l'homme i Dieu. Aussi est-ce à tort qu'on reproche à l'Eglise catholique de professer qu'il n'y a point de talni hors de ion sein. Toutes les religions positives impliquent la même prétention , puisque chacune d'elles se croit la plus vraie ou la seule vimie , et qu'on ne saurait soutenir que , hors du chemin de la vérité , on puisse arriver à Dieu, à moins que, changeant let termes , on ne dise que la bonne foi y conduit aussi ; mais c'est là une antre question , qui est du domaine de la tolérance et de la charité. En un mot, une religion positive est nue doctrine qui , fondée sur l'idée commune de Dieu , prétend en avoir une notion plus vraie que celle des autres sectes et enseigner par conséquent une morale plus pure, puisque la pureté de la morale est nécessairement subordonnée à l'idée qu'on se fait de Dieu. Nous arrivons ainsi , de proche en proche , à découvrir l'importance et l'étendue non -seulement de la religion en général, mais d'une religion positive. Ou entend dire souvent à des personnes religieuses, quelquefois même à des prêtres catholiques, que la religion, par exemple , ne s'occupe pas de politique : c'est un de ces aphorismes oiseux qn'tl fant bien se garder de pren-
dre à It lettre. Une doctrioe religîeaie n*ett ni plut ni moine qa'ane eolation complète de U dettinée humaine , et embrtsie par conséquent les devoira de l'homme envert Dieu , envers ses semblables et envers lui-même. Il Y a donc nue politique vraie et une politique fausse , c'est-à-dire une politique plus on moins conforme i la vérité et i la justice. La religion, i la vérité, ne fait pas tout ches un peuple, mais elle communique son esprit i tout Ainsi , quoique la plupart des nations de l'Europe tiennent leurs scienceè et leurs arts des Grecs et des Romains, il n'en est pas moins vrai que l'esprit chrétien a profondement modifié le développement et l'application de ces arts et de ces sciences. C'est i ce point de vue et avec l'idée de l'importance d'une religion en bien ou en mal qu'il faut considérer les différents cultes qui ont présidé et qui président encore à U destinée des peuples. II n'en est pu un qui ne propose un but à l'humanité, et nn but qui est Dieu ^méme.
DEUXIÈlfK PARTIE.
Les religions les plus répandues sur la terre sont : l» la religion chrétienne^ divisée en trois branches principales : l'Eglise eêthoiique-rowiaine, les Eglises /»rof«tiaiite*ei les Eglises grecques; i*» la religion y«tM , dont les adhérents se ditisent en taimndistes et en karailes ; S<> le wuJufwUtiswte on islanûsme, divisé en deni grandes sectes ; 4* la religion de Brakma ou le brakmanitwu ; 5® et celle de Bouddha ou le bouddhitmê. Nous ne parlerons pas de l'ancien polythéisme grec et romain : rien n'est plus connu que la mythologie. Quant aux Assyriens et aux Egyptiens, nous avons dit nn mot de leurs croyances religienses dans le TraiU de l'Miêtoire ancienne. Nous commencerons par le hrahmanientê,
BaABllANISUB.
Les sources de nos connaissances sur l'Inde sont : 1^ les récits des Grecs et des Romains ; %^ les documents nouveaux. Nous savons par les anciens qu'il y avait dans l'Inde une caste de sages appelés hrahmanee, hrahme» ou hrahwûnett qne les Grecs nommaient gymnosophistes , parce qu'ils vivaient presqae uns.' Quant i leur doctrine, les témoignages des Grecs et des Romains offrent peu de garantie. C'est dans les renseignements fournis par les découvertes et les travaux des modernes qu'il iaut étudier l'Inde et sa religion.
Il y a dans l'Indonstan une langue savante nommée le êomkrit. Cette langue , morte depuis des siècles , est la langue sacrée des brahmes ou prêtres des Indous. Les Vidas , recueil des traditions indiennes , dont quelques savants font remonter l'existence jusqu'au temps de 11 oîse, sont écrits dans cette langue. Un ouvrage, écrit en langue persane sous le liindtOupnekhat, contient de longs extraits des Védas. C'est une traduction faite sur le sanskrit. Anquetil-Duperronmit cette traduction en latin et la publia, en 1801-1 SOS, sous le titre de Theologia et Philosophia indiea (théologie et philosophie indienne). Voici ce qu'elle contient en substance.
Dieu, qui est en même temps ParO'Brahma^ Viehnou et 5iva, triple manifestation de l'Etre suprême (triwumrti ou trinité), est une substance unique, immatérielle, éternelle , immense , d'où sont émanés tous les êtres et vers laquelle ils retournent Ions. Avant la création. Dieu était tout ; par la création il n'a fait que s'étendre.
Il y a des esprits de deux natures : les uns sont bons et les antres mauvais. Un grand combat s'éleva entre eux : les bons, ayant invoqué le secours de Dieu, remportèrent la victoire.
L'homme est composé d'un corps et d'une Ame. A la mort, les corps sont dissous et détruits ; les âmes, si elles ont connu et aimé Dieu , vont s'unir i lui et anx anges de lumière, dans les régions célestes; celles qui n'ont
point connu Dieu sont empoHéet par Icb anges de im- Iwes , et descendent avec eux dans les lienx înfôieen, d'où elles ne sortent que pour passer dans des eorpi iinimanx. Cette transmigration , qu'on appelle nclrâ^oose, ne cesse qu'après qu'elles sont enlièrcmnl parifeei
Le monde sensible est une apparence, un sea^, q& n'a de réalité que dans notre esprit
L'homme peut, par certaines pratiques, se dëgs;^ èa liens grossiers qui le retiennent , voir Dieo td qa'tl en. s'identifier avec lui et devenir lumière comme laL Dm cet état d'union mystique , les envres , bonnes oa snivaises, sont indifF^ntes et nulles.
Les sectateurs de Para-Brabma sont partagés ea ^• tre eûtes principalu : 1^ les Brahmiês, qui sont la lavants et lu prêtru , et d'où sont tirés les foodioaBaim publics ; 2 Hu Chattrias on guerriers ; 3<* les Vmaku. commerçants, agriculteurs, qui sont ausai connu loiik nom de Banians; 4* enfin ItsSamdras, qui sont les vbsans. Les prétru expliquent ainsi l'origine de ces eata PararBrahma, disent-ils, eut quatre fils : Brahna, qoi fc créé de u bouche : Chattria, Vaishia et Sondra, qui httirent de su bru , de ses cuisses et de ses pieds : chifn de eu fils donna naissance i une du culu iodioma Au-dessous d'ellu sont les Parias^ infortunés doat la Indous fuient le contact comme celui d'un aaiissJ mmonde. Ils habitent lu lieux solilairu et sont forcn è se livrer anx fonctions lu plus dégoàtantes.
Le culte brahmanique ut rempli de sopentitieaf . b unu ridicnlu , lu autres révoltantû. A la fête de Ji^nat , des fanatiques se font écraser sons lu roues pcnotes du char sacré de Vichnon, tandis qne d'autres « m nissent dans leurs templu, appelés pagodu, posr « soumettre à du tortnru volontaires. La tradiliu i At qne les femmu se brûlent sur le cadavre de leurs «posi Les ablutions et lu lostrations dans lu flennssicni. tels que le Gange , font encore nne partie priod|Mle ii culte brahmanique. Bénarès, la ville sainte par taèlenoe, ut un du lieux on m font le plot de pèlcrioajn.
Le bouddhisme ut iuu du brahmaniamc. Celte rKjmc parait s'être formée dans l'Inde 1000 ans environ ttct notre ère. Introduite en Chine dans le l*' siècle, b Corée , le Japon , le Thibet la reçurent snccessitcaiat enfin les Mongols l'embrassèrent sons lu prenûcn vtcesMurs de Gengis-Kan , et aujonrd'hni elle eoam U plus grande partie de l'Asie , où elle compte pisi dr 300 millions de sectateurs. Comme le brahmaDime. U religion bouddhique suppose que notre existence ert in* parfaite et que le monde est sans réalité ; die enségse la néceuité de dégager notre âme de ce monde pèrîMible ponr lui donner entrée dans le monde immaténel et vrai , oà réside Bouddha , l'intelligenoe snprêoK et U raison parfaite. C'est là qu'habitent lu ému parvenez i l'état de bouddhu , auisUnt à la création et à U d«ftruction du mondu. Lu plus parfaitu d'entre ellei, les Tathagatas ou bouddhu accomplis , peovent s'iocsrarr et descendre sur la terre afin de dégager lu inei «schaînées dans le monde matériel, sur lequel ellei oot ai empire souverain.
Bouddha-GoonUma on Chakgauunsm, U qostnu' des bouddhu déjà incamés, ut mort l'an 54i de » tre ère. Il existait dans la personne du fils d'os ni k Il alabar, dans l'Inde méridionale. A 99 ans, il ails râiter les lieux saints dans le désert , prêcha a doctiicr dans le Cachemire ; et, après avoir fait nn graad wtAr* de discîplu, il monta sur un arbre oà il moarot se bwt de deux mois et demi. Le cinquième bouddha on Meitreya doit paraître 5,000 ans après Chafcyamoaoi Cepeedaut lestathagatas, ou bouddhu incamés, nelaisseol ptf d'être représentéS[3j^^|^^ l'intervalle d'une iDCsrMli<n •
RELIGION
autre, par dea bodkUaUvat on bouddhaa moins parCaiti, iDui incarnéa. Ainsi les bouddhistes adorent aujourd'hui tadmapam, ou la représentation de Chakyamonni, qu'ils !roient visible dans la personne du datai-Lama au thi* )et« leur grand-pontife.
Ce dalai-lama (c'esl-i-dire chef des prêtres) fait sa résidence ordinaire à Lassa, sur les frontières de la [Ihine. Il n'eipose jamais sa divinité au grand jour, anoure de prêtres secondaires, simplement nommés lamas, ]ui loi rendent tous les hommages dus à l'Etre suprême. Ze» prêtres jouissent, comme leur chef, d'une grande rénération. Ils vivent dans des couvents, voués au célibat !t revêtus d'un costume particulier. La viande et les bois« ions spirituenses leur sont interdites ; ils ne subsistent \ne d'aumônes , quoiqu'ils soient eu très-grand nombre.
Bouddha est adoré dans le Japon spus le nom de ïoca , avec toutes ses divinités secondaires ; ses prêtres lont appelés bonxei et favorisent la superstition la plus grossière Les Chinois le révèrent aussi sous le nom de Fo , et les Siamois sous celui de Sowimonaeodom ou Sananakodam.
L'islamisme, on religion de Mahomet, fut fondé en Irabie vers l'an 611 de J.-C. , mais ne date que de 'an 622, époque de Xhigjfre ou fuite de Mahomet à llédine. Cette religion règne encore aujourd'hui sur nue grande partie du globe : l'Asie occidentale , l'Afrique et a Turquie.
Suivant le Koran (cest4-dire U livre) ^ il n'y a qu'un Dieu infiniment parfait , créateur du ciel et de la terre, lu-dessus de l'homme sont des anges qui ont un corps rès-snbtil , formé de feu on de lumière ; cependant ils le mAogent ni ne boitent, et n'ont point de sexe. Les ins chantent les louanges de Dieu , les antres portent »o trÂne on intercèdent pour les hommes. Quatre auront sont fréquemment désignés par leurs noms propres, avoir : Gabriel, Michel, Autel et Yfra/U. Celui qui ne Toit point aux anges ou qui leur attribue un des deux exes , on qui ne les aime pas , est un infidèle. Un ange rès-élevé devant Dieu , nommé Aiasil , ajant désobéi i 'ordre qui lui fut donné de se prosterner devant Adam, ist tombé de sa gloire et ne cherche pins maintenant |n*à nuire aux hommes ; il a eu des imitateurs , de sorte |u'il j a des anges malfaisants qu'on appelle démons, il y a aussi des génies revêtus de corps grossiers qui nangent, boivent, se propagent et meurent. Lésâmes inmaines , immortelles de leur nature , sont recueillies m sortir du corps par Aiariel, l'ange de la mort, et exaninées sur leur conduite : si elles sont trouvées justes , •lies jouissent de la béatitude ; si , au contraire , elles ne ont pas trouvées pures, elles ne peuvent attendre que les tourments. A la fin des siècles il y aura une résureclion générale et un jugement solennel : alors les bons nootéront au paradis pour s'y enivrer, dans les bras des louris, de voluptés infinies, en récompense de leur foi et le leur vertu, et les méchants descendront dans l'enfer K>nr y souffrir pendant un temps proportionné i leurs aotes. Après cela, s'ils ont confessé Dieu, ils rentreront n grâce avec lui. Les femmes ne comptent pas. Un logme fondamental chex les mahométans , c'est que tout tit prédéterminé par la souveraine volonté de Dieu , et jrrive nécessairement.
Les principaux points de la morale de Mahomet sont : le ne jamais disputer snr la religion, de ne pas traniger avec les infidèles et de ne pas avoir plus de quatre emmea légitimes. La charité et l'aumône sont singulièemeat recommandées par l'auteur du Koran.
Le mahométisme prescrit un grand nombre de prati- |ues religieuses.' Les ablutions sont surtout de rigueur : antôt il faut plonger le corps entier dans l'eau, par
exemple les femmes une fois tons les mois ou après leurs couches, et ceux qui ont touché un mort ; tantôt on doit se laver soigneusement les extrémités , savoir : les pieds, les mains et la face. Au défaut d'eau , on peut se servir de sable. La circoncision est de précepte : elle peut se faire de la 6^ à U 1 6* année, et chacun, en subissant cette opération , doit dire à haute voix : // n'y a gu'ttn Dieu, et Mahomet e$t ton prophète, La prière est la partie essentielle de la religion mahométane : elle doit avoir lieu cinq fois par jour sans aucune interruption. Outre les jeûnes de dévotion qui sont recommandés et qni reviennent asseï souvent , il y a le ramadan , jeûne d'un mois lunaire, strictement prescrit i tout le monde, au point qu'il n'est pas permis de prendre même une goutte d'eau avant le coucher du soleil; c'est le carême des mahométans. II est défendu de jouer, de faire de la musique, de boire du vin, de manger du porc, du sang, de ce qui a été offert aux idoles, des bêtes mortes d'elles-mêmes, de celles qui ont été assommées, suffoquées, tuées par accident ou par la corne d'un autre animal, on dont une autre bête aurait mangé. U est ordonné à chacun de faire le voyage de la Mecque au moins une fois dans sa vie ; on va aussi , mais seulement par dévotion, i Médine , où est le tombeau du prophète. , Cette religion est appelée iilamitme, du mot arabe islam, qni exprime l'action de s'abandonner pleinement i Dieu. Les Perses en ont fait mnsKm, et muslimim au pluriel , d'où s'est formé le mot de musuhutns donné aux sectateurs de Mahomet
L'histoire du judaïsme et du christianisme, qni en est sorti , est renfermée dans les livres de l'Ancien et du Nouveau-Testament , c'est-i-dire de l'ancienne et de la nouvelle alliance de Dieu avec les hommes : c'est ce qu'on appelle YEeritmre sainte, on la BibU, le livre par excellence. Avant d'exposer les dogmes et la morale de ces deux religions , nous mettrons sous les yeux du lecteur une analyse succincte des divers éléments dont la Bible est composée : analyse indispensable pour l'intelligence des deux religions dont nous avons i traiter.
La première partie , ou l' Ancien-Testament , se compose de 46 livres ; la seconde , de S7.
AnraaN - TisTAuiNT. — l^ Les cinq livres de la loi, écrits par Moïse , on le Pentateugue ( «ivre , cinq , TiQxoci œuvre, livre), comprenant la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Dans ta Genèse (Tiv»t«, naissance). Moïse raconte les premiers temps du monde jusqu'à la mort de Joseph. V Exode (Uô^of, sortie) contient le récit de la sortie des Israélites de la terre d'Egypte , la publication de la loi de Dieu sUr le mont Sinaî , etc. Le Lévitique renferme les règlements relatifs an culte divin, dont le soin était confié aux lévites. Le livre des Nombres est ainsi nommé , parce qu'une partie en est consacrée i des dénombrements du peuple d'Israël. Le cinquième livre est appelé Deutironowu , parce qu'il contient une récapitulation des préceptes donnés aux Juifs par Moïse, ce qui en fait en quelque sorte une seconde loi (^«vTt^< uô|iO{). 2^ Josué; 3^ les Jugu : les litres de ces deux livres indiquent leur contenu. 4o Buth; c'est l'histoire touchante d'nne femme moabite de ce nom qui, ayant épousé Boos , riche habitant de Bethléem , devint mère d'Obed, aïeul de David. 5<* Les A Livres des Rois; ces quatre livres contiennent ce qni s'est passé ches les Jnifs depuis l'établissement de la royauté jusqu'à la captivité de Babylone. 6° Les 2 Livres des Paralipamènu; c'est un supplément, une sorte d'appendice des A Livres des Rois, renfermant les choses omses («apclitrw, omettre) dans ces quatre livres historiques. 7^ Esdras et Nihimie , ou les 2 Livres d'Esdras ; histoire des 113 ans
ïm
qoi foiviml le rvloar des JoiCi dam leur pftft. 8** TMê; 9^ Judith; lO» Kuk€r : tro» épiiodetde rbUloira jaive, on l'écrivain lacré nous bai voir le triomphe de la religion dans la piéié, la modetlie et le dévouement. 1 1 " Job : ce livre , vn des plna •nUimes de rKcriinre sainte « noua offre dans le saint homme Job nn modèle parfait de la patience et de la résignation dans le malhenr. 12® Les Ptaumu: hymnes on cantiques, an nombre de 150, qui étaient destinés à être chantés dans les cérémonies religieuses : on en attribue la pins grande partie an roi David. 1 3® Les Proverbes de Saiomon : recueil de sentences morales et de maiimes de conduite ponr tous les états de la vie. 1 4^ VEccUtUuêe : dans ce livre, attribué à Saiomon, le roi d'Israël déplore la vanité des choses humaines. 1 5<* Le Cantique des CmOiquee, également attribué à Salnou» ; c'est nn chant nuptial qui, suivant les théolDgiens catholiques, désigne l'union mystique de Jésus-Christ et de TK* glise. 16<> La Sagesee: ce livre , dont l'antenr est incertain^ contient l'éloge de la sagesse : il est écrit dans l'esprit de Salomon. 17° VEceléHatti^ : ouvrage moral du même genre attribué à Jésus , 61s de Sirach, homme célèbre par sa sagesse , qui flonssait dans le 3* siècle avant Jésus-Christ, l^^ Les Prophètes; ils sont an nombre de dix-sepL On les divise en grands et en petits prophètes : les premiers sont : Isaîe, Jérémie^ DÔmiel et Eséchiei, , auxquels on joint Barueh , disciple de Jéréntie ; les seconds : Osée, Joël, Atmos^ Abdia» , Jouas , Uichie^ Na^ kttm^ Habaeue, Sophonie , Aggie , Zaeharie et Malaehie, IQ^* Les 2 livres des Macchabies; ces deux livres, qui terminent r Ancien -Testament, renferment l'histoire de raffranchissemeot de U nation juive par les Macchabées.
Parmi les livres que nous venons d'énumérer, il en est quelques-uns que les Juifs n'admettent pas comme canoniques; ce sont : Tobie, Judith^ h Sagesse , Y EecUsiasH-' gue, les Maeehabies , Barueh, el quelques fragments, c'est-à-dire une partie dn Litre de Damiei et un autre du Litfre d'E^her,
Xouveau-Testameni. — 1° Les 4 Eommgiles , selon saint Matthieu , saint Marc , saint Luc et saint Jean. 2* Les Actes des apôtres , ou l'histoire de la naissance et de l'établissement de l'Eglise, jusqu'à l'arrivée de saint Paul à Rome. 30 Les Epitres , ou lettres évangéliqnes des apÀtres, dont 14 de saint Paul, 1 de saint Jacques, 2 de saint Pierre , S de saint Jean l'évangéliste et 1 de saint Jude; en tout 21. 4fl VApoealgpse (««oMlubitTw, dé* couvrir) , livre mystique dans lequel sont consignées les vuions de saint Jean l'évangéliste pendant son exil dans rtle de Pathmos.
Passons maintenant au judaïsme, — Les livres de Moïse contiennent la doctrine , la morale et les cérémonies de cette religion. Les dogmes que ce grand légialateur enseigna aux Juifs étaient les mêmes que ceux des patriarches, leurs aïeux. Ce peuple adorait et adore encore nn seul Dieu , créateur, souverain mettre de l'univers , dont la Providence gouverne toutes choses , législateur suprême , rémunérateur de la vertu et vengeur du crime. Aucun antre peuple de l'antiquité n'eut une idée plus pure de la divmité. Moïse caractérise Dieu comme Vitre par excellence : Jihova ou eeiuiguiest; mais, par respect , on ne prononçait pas ce nom , et on sobsliluait ordinairement le mot «4(/oiuu(seignenr) ou Etohim (Dieu). Dieu est illimité par rapport au temps , car il a toujours été et il sera toujours; illimilé par rapport à l'espace, car il est partout , an ciel comme sur la terre , et il ne lanrait être représenté sons aucune forme visible. Cet être est l'unité abMlne : Ecoute , Israël , f Etemel notre Dieu, l'Etemel est unique ( Deutéronome , VI, 4) : tel est 1^ principe fondamental du mosaisme ; telles sont les paroles que l'Israélite, encore aujourd'hui, récite dans sa prière du matin et dn soir, paroles qni l'ont souvent accompagné aq martyre et qu'il prononce sur son lit de mort Les
ee point • Les Jaifs , ék Tadia, wn^wi par h p»-
sée vi seul Dien , êCi«
dont la dorée 1
gus uuwÊem imtettigmmt, smmmmm iBsÊd et
wmfhiU, uogme imteritmnm (HisL, Itv. V, e. 3). * Dioa
Casaios dit de même qne les Jnîls adoical ■■ Din iaii-
sibie et iaeRaMc.
Le dogme de l'existeBee et de l'anlé de Dieu tka k»
Juifs absorbe en qnelqoe soKe toas les aolrts. Ans.
par exemple, il n'est nullement qnsaliou de rimmertshtf
de r Ame dans le Peatateaqne. DoiiHn imdnfc de k ^
les Jnifi n'y croyaient pas? Énideineat, non; car ib e;
la niaient pas non pins, et la seale intlMieB qtm
puiste tirer du silence de Mnise, c'est q«e les Jmfs lesn
préoccupaient pas. Or , comme nons favens fait rtam-
qner dans la première partie de ee Iraîlé , le éofmt »
l'existence de Dien impliqne easentieHenient eclei iwm
vie future, et par conaéqoeot il est impossible d'adncfln
que Moïse et les Jnils n'aient en anemae notiee de li
croyance à la durée de l'Ame apràs la aaort. M. Mset
dans son Histoire de la Palettime, a tenté de résoedit crtr
difficulté , qni dirise encore les théologiens et les phik»
pbes, en prenant un juste milieu. • Quant anx rénap»
ses et aux peinet , dit-il, que l'homme ptvt trenvcr êr«
une antre vie, Moise n'en parle pas, nit que ïi»
comme so^Qb divin (Genèse^ n, 7), lui parAt derobm-
trer, immédiatement après la mort, dana ton état pria-
tif de pureté, soit qu'il ne voulut pes se pronoaetrg'
un sujet plein de difficultés mélapb]fsiqaes. que kl bec-
mes aniqnels il s'adressait n'étaient nalleiMnt cifi^
de comprendre. La doctrine de Hoiee vent déraosp
tonte espèee de superstition , et elle évite de se ytmar
oer sur une croyanoe qni , à la vérité , était déjà tmn-
pendue , mais qui , sons la forme qu'elle avsit prwcke
tous les peuplas de l'antiquité, ne pouvait gaèrf sr aei^
d'aeooed avec le dogme pnr de l'anilé «le Dien. On ta
Indous et ches les Egyptiens, rioNBortaliié de Xim »
présente sons la forme de witempofeooe {tnasmà^^
des Ames d'un corps dans nn autre) ; cbes les ëmp^
de Zoraastre , comme ches les aaeiena peaples de TU-
rope, elle est défigurée par les {aMes lea pins shtsién
Les Hébreux n'étant pas plus avances , aone ce ts^^
que les peuples qui lès entoaraient, Meiee ne voalBtpii
faire de l'immortalité de TAme un dognne religicei : m.*
il laissa intacte la croyance populaire , ndiant biee f :'
tôt on tard le dogme de l'unité bien conapris detsit ^
naître des idées plus pnres sur l'Ame et sur ss p«f*i-
nence après la mort D'ailleurs, Texialeace dr a»
croyance se révèle déjà dans plusieurs paiiimFS da P^r-
tatenqne ; et , dans les autres livres de rAnciea-T<^
ment , nous la trouvons de plus en plas spiritusfiftv ^
développée. Quel sens donnera-t-en à eette exprfswB 1
souvent répétée dans le Pentateaqae : Btre réni à n
jMi^ls on è ses ameétresî On a dit qn'il a'agit toet tf-
plement de la sépulture , et on a pensé à des caveau *•
étaient déposés les restes des asembrea d'une mtmt h-
mille ; mais dana beaucoup d'endroits la irfiise asr «-
eèlreê est expressément distinguée de la aépnltarr. Ahn-
ham est réwù à son peuple , mais il est ensevrfi èm ^
caveau qn'il avait acheté à Hébron el oè San snW h
enterrée. La mort de Jacob est rapportée dans les tf*^
suivants (GenUe^ ilix , 33) : • Jacob, ayant acèet' *'
donner des ordres è ses fils, retira aea pieds daas h it
expira et fut réuni à ses peupUs. • Baaaife son cerf <*
embaumé ; les Egyptiens célèbrent un deail de 79 ]««*
et ce n'est qu'après ce long espace de temps qee i^
transporte les restes de son père an pep de Cbsans
pour les enterrer auprès d'Abraham et d'Isaac. .^r»
meurt sur le mont Hor et y est enterré : ancne wee^
de son peuple n'y repose , et pourtant i7 est r^wm à >•
RELIGIOK.
rupU (Xambrei, xx« 2i ; Deulér,, xxxii , 50). Il m est 3 même de tfoîM, qai meurt rar W mool Nébo, et doat Brtonne ne conoaimit le tombean (Dêuiér, , xxui , 50 ; txiv, 6). 11 est donc éfideni que la rhmhm ams muêtrêê Il antre choie que Ja sépulture, ei que les Hébreux, du mps de Moïse, croyaieot à np séjour oà lésâmes se réuissaient après la mort Ce a^jour des norls, appelé $ekiài, ait placé dans riotérieur de U terre : c'était on lieu imbre et triste, comme le twimre, U eu est question dès t temps des patriarches : Jacob, inconsolable de la perte e Joseph, dit (Genèse, xxxvii, 35) : « Je descendrai en euil auprès de mon fils dans le schédl. « Ce scbédl ne aurait être le tombeau, comme l'ont prétendu quelques «docteurs modernes ; car Jacob croyait son fils déchiré t dévoré par une béte féroce, et il ne pouvait espérer ne ses ossements reposeraient auprès de ceux de Joseph, i nous coosullons les livres postérieurs au Pentatenqoe, oos trouvons d'antres détails qui ne permettent pas de ou ter que le eché61 ne soit le ioirtorr des Hébreux. Dans i livre d'Isaïe (xxxvui, 10) il est question des portes du chéol ; dans les Proverbes (ix, IS), de ses vaUée$ et des mbres qui l'habitent et qui portent le nom de repkaîm faibles). Dans un chant sublime sur la chute du roi de labflone (Isaîe, xiv), le mAM/ tremble i l'arrivée du tyin , et les repbaUn s'émeuvent (9) ; car ordmairement Is jouissent d'un profond repos (Job, m, 17). — 'Pourquoi m'aa-tu troublé en me faisant monter?.... demain, toi ei tes fils, vous serei avec moi. • Ainsi •arle l'ombre de Samuel évoquée par la pfthonisse d'Enlor, devant le roi SaiiL II est évident que l'autenr de ce écit, ainsi que ceux pour qui il écrivait, croyaient à existence du prophète an delà de la tombe et à un sé- Dor où les omîires se réunissaient après la mort La suterstition qui croyait pouvoir évoquer les ombres des Dorts et les interroger n'était pas moins répandue du emps de Moise : ce législateur défend sévèrement la léerowiameie. II nous paraît donc évident qne les Hébreux )nt cru de tout temps à la permanence de l'ame ; mab a époque «mosaïque ils n'avaient encore que des notions onfoses sur la condition des âmes dans le schéôl , et ce l'est que dans XBuUêiaêU (qui date d'une époque beau- !onp plus récente) qne la doctrine de l'immortalité de âme se trouve clairement énoncée : • La poussière reooroe i la terre telle qu'elle était , maisl'ci^'l retourne . Dieu , qui l'a donné • (xu , 7 ). Il est donc démontré |ne le schédl do Penlateuque n'est pas le tombeau , que a permanence de l'âme était connue des Hébreux du emps de Ifoise, et que cependant ce législateur avait des notifs très-plausibles pour ne pas faire de cette croyance m point de sa doctrine.
Quelque judicieux qne soit le raisonnement de il. Monk , il ne résout pas la question. Il nous semble p'on eut cessé depuis longtemps de disputer sur ce loint, si l'on eût remarqué qne l'espérance d'une vie fuure n'est point â proprement parler un dogme , mais la onséqueoce d'un dogme, d'un principe primordial, qui enferme non-seulement ce qui regarde l'immortalité de âme , mais tout ce qui peut intéresser l'homme comme ^ intelligent et moral. Il ne peut pas y avoir deux principes. Or, si l'existence et l'unité de Dieu oonstiuent ce principe primordial, qui seul mérite ce nom, la ubiimilé du génie de If oïse éclate précisément dans le ilence qu'il a gardé sur un dogme secondaire. Faites le nen et foyes le mal, csr Dieu est, et ne vous mettes pas n peine du reste. On ne s'occupe guère , en effet , de avoir si l'âme est immortelle ou non, que lorsqu'on croit «u en Dieu. En résumé , la doctrine de Moïse se borne . établir l'existence de Dieu, comme être absolu, unique, temel et immatériel , créateur de toute la nature. Le ilus grand des crimes ches les Juifs était l'idolâtrie, jous ne parlerons pas de la morale des Juifs : elle est
contenue dans le Déeahfue, que tont le monde sait par cour. Quant aux pratiques et aux cérémonies de leur culte, elles étaient très-nombreuses , mais elles tendaient tontes à les nunntenir purs de toute influence étrangère et i les préserver de la contagion de l'idolâtrie. Telle a été la force de la législation mosalqiie , qne , après dix-huit siècles de dispersion , les Juifs forment encore une société complète en sa nationalité , conune pour apprendre aux hommes que la haine et la persécution ne sauraient prévaloir contre la vérité et la foi.
Toutefois , leur mélange avec les autres nations fit naître parmi eux plusieurs sectes diverses. Jusqu'à la captivité de Babylone , ils n'avaient montré aucune trace de division entre eux sur la doctrine : ils se transmettaient les livres saints comme de main en main , et les interprétaient de la même manière , d'après les traditions reçues de leura pères. Mais après la captivité, la controverse pénétre dans le sanctuaire. Les uns tendaient i l'emporter sur les autres. Quelques-uns tinrent école et cherchèrent à se faire des partissns. Alors il se forma des sectes opposées. Les deux plus célèbres furent celles des saduoéens et celle des pharisiens.
Sadue4em$, — Environ 300 ans av. J. -C. , un certain Anligone , de Socho , ville de la Judée , grand-prétre , enseignait une perfection mystique , suivant laquelle l'homme ne devait obéir à Dieu ni par crainte ni par intérêt , mais seulement par l'effet d'un pur amour. Un des disciples d'Antigone , Sadock , déduisit de celte doctrine la négation de toute peine ou récompense future , c'està-dire de l'existence d'une autre vie. De là le nom de sadueéeos , donné aux sectateura de Sadock. Ils niaient l'immortalité de l'âme , la résurrection des corps et Texisteuce des anges. Gomme la justice , suivant eux , se rendait définitivement dans cette vie , ils étaient inexorables dans le eliâtiment des coupables. Ils observaient les lois et les faisaient observer anx autres avfec la dernière sévérité. Us admettaient les livres de Moïse , mais ils soutenaient qu'on ne devait observer qne ce qui est écriL Leur humeur était hautaine et farouche , et ill étaient en trèspetit nombre ; mais on comptait parmi eux les première personnages de la nation. Sous Hyrcan et Aristobde, ils eurent toute l'autorité , et en abusèrent pour persécuter les pharisiens.
PkariMienM, '— Le nom de phsrisien vient d*un mot hébreu , qui veut dire $ipari. Les pharisiens affectaient , en effet , de se distinguer des autres hommes par hi pureté de leur doctrine et la régularité de leur vie. Ils montraient une exactitude minntienie à payer la dtme, à observer le jour du sabbat , à purifier leun'vases et leurs meubles dès qu'un étranger y avait touché ; ils jeûnaient fréquemment , ils s'imposaient de grandes mortifications et faisaient ostensiblement de longues prières. Comme il n'y a qu'uu pas de ce sèle extérieur à l'hypocrisie, on conçoit que beaucoup d'entre les pharisiens ne devaient avoir que les dehon de la piété et de la vertu. « La lettre tue, dit saint Paul, et l'esprit seul vivifie. » Aussi Jésus-Christ, qui était venu enseigner que Dieu veut être adori eu eeprii et eu vérité , s*éievait-il avec une grande force contre le rigorisme apparent des pharisiens. «Les scribes et les pharisiens, disait-il , sont assis dans la- chaire de Moïse. Observes et faites tout ce qu'ils vous disent ; mais ne faites pas selon leun œuvres ; car. ce qu'ils conseillent de faire, ils ne le font pas. Ils lient sur les épaules des hommes des fardeaux pesants et insupportables, qu'ils ne veulent pas remuer du bout du doigt. Ils font toutes leurs œuvres pour être vus des hommes , portant de plus larges phylactères et des franges plus longues. Us aiment les premières places dans les festins et les première sièges dans les synagogues , et qu'on les salue dans les lieux publics , et que les hommes les appellent mtdtre». Pour vous , ne veuilles point être appelés wutltret^ car vous n'avei qu'un
mtttra et toob étet tooi frères. El ne donoei le nom de père à penonne lar la terre , ear vont n'avei qu'on père qui ett dani les cîeai. Ilalheur i vons , tcribes et pharisiens hypocrites , parce qne vons fermes aux hommes les portes des cieux : voué n'entres point, et vons ne soaffrei pas que les autres entrent! Malheur à vous, scrihes et pharisiens hypocrites , parée qne , faisant de longues prières, vons dévores les maisons des veuves. C'est pourquoi vons reoevres un plus sévère jugement Malheur i vous, scribes et pharisiens hypocrites , parce que vous coures les mers et la terre pour faire un prosélyte , et quand il l'est devenu , vous le faites deux fois plus méchant que vous ! Malheur a vous , parce que vous payes la dtme de la menthe et de Taneth , et do cnmin , et qne vous ne tenei aucun compte des points les plus graves de la loi : la justice , la miséricorde et la foi ! Car il fallait faire cela , et ne pas omettre ceci. Malheur à vous , scribes et pharisiens hypocrites , parce que vous nettoyés les dehors de la coupe et du plat ; et au dedans vous êtes pleins de souillure et de rapines ! Pharisien aveugle, nettoie d'abord le dedans de la coupe et du plat , a6n que le dehors soit pur aussi. Malheur i vous , parce que vons ressembles i des sépulcres blanchis , qui au dehors paraissent beaux aux hommes , mais an dedans sont* pleins d'ossements de morts et de tonte sorte de pourriture ! (Evang. sainl Matthieu , chap. xxiii. ) » Le nom de pharisien , Oétri par Jésus-Christ avec tant d'indignation , a servi depuis à désigner tous ceux qui réduisent la religion i la lettre morte, à des pratiques stériles , c'est-i-dire i l'hypocrisie , et qui affaiblissent en eux par un culte purement extérieur cette sainte inquiétude de l'âme, qui est la seule voie de l'homme vers Dieu. Il faut bien sa garder de croire néanmoins qu'il n'y ait pas d'autre hypocrisie que l'abus de la piété. Le monde a aussi la sienne , qui n'est souvent ni moins efirontée ni moins odieuse. • En effet , dit Bourdaloue, qui était personnellement en droit de parler ainsi , combien de scélérats travestis en gens d'honneur ! combien d'hommes corrompus et pleins d'iniquité, qni se produisent avec tout le faste et toute l'ostentation de la probité ! combien de fonrbes insolents à vanter lenr sincérité! combien de traîtres habiles i sauver les dehors de la fidélité et de l'amitié! et, au contraire, combien de justes faussement accusés et condamnés ! combien de serviteurs de Dieu , par la malignité dti siècle , décriés et calomniés ! combien de dévots de bouue foi traités d'hypocrites , d'intrigants et d'intéressés ! combien de vraies vertus contestées ! combien de bonnes œuvres censurées ! combien d'intentions droites mal interprétées, et combien de saintes actions empoisonnées! > Mais revenons aux pharisiens. A la difTérence des saducéens , ils croyaient à l'immortalité et i la résurrection des morts. Lenr secte compta beaucoup d'hommes distingués par leur science religieuse , tels que Nicodème , Gamaliel , saint Paul , l'historien Josèphe. Klle survécut à la ruine de Jérusalem, et forma plusieurs écoles , dont la principale fut celle de Tibériade. Cette école avait pour chef le rabbin Juda , surnommé le Saint , qni vivait sons Antonio. C'est i ce docteur et i ses successeurs qu'on attribue la Mitekne , on deuxième loi , et la Gémart, on complément, perfection, dont la réunion constitue le Talmud , connu sous le nom de Talwtud de Jinualem , parce qu'il était à l'usage des juifs de la Palestine. La Mieehne est un recueil des traditions des docteurs juifs ; la Gémare en est le commentaire. D'antres écoles fondées par les disciples de Juda , dans le pays deBabylone, y fleurirent jusqu'au commencement du 1 1« siècle, époque oh elles furent détruites par les Arabes. De ces écoles sortit, vers l'an 500 , un autre talmud , appelé le Talwaul de Babylone : ce talmud a aussi sa miichne et sa gémare , mais il est beaucoup plus étendu qne celui de Jérusalem et le plus accrédité parmi les juifs.
Outre ces deux sectes principales, on eonplsit cseerv 1* les eeeimietu qui proscrivaient le marisge emm ta obstacle à la perfection , et faisaient de la vie sb tmki perpétuel contre les voluptés; 2« les tkéraptuieê (ceft4dire serviteurs de Dieu), secte fort analogie keétèa esséniens , dont elle parait être noe branche : vosn t ]» contemplation , an célibat et i une vie soiitsire, ib {armaient un véritable ordre religieux. Ils vivaint sut « extrême frugalité et donnaient l'exemple de totlei Ih vertus; 3* les kérodiens, dont parlent ssiot Untha (xxii, 16) et saint Marc (m, 6), maia sur lesquels s» ne savons rien ; 4» la eabaie (en hébren, tnditioai. otnière secrète et mystérieuse d'interpréter les EcHibri de trouver des sens occultes en décomposant oo es o«binant les lettres ou les syllabes des mots; d'epcrercptaios miracles, de chasser les démons, de gnérirlciBiladies en prononçant à l'oreille dn malade le bob nn et redoutable de Dieu de telle manière. Cette tbéir|» absurde, dont nn docteur, nommé Akiba, est n^ comme le premier auteur, devint en grande logac pnc: les rabbins et a duré longtempa. Elle donna nsisysct i une foule de pratiques superstitieuses, qui sont eneorv a usage même parmi les chrétiens.
Aujourd'hui les Juifs sont encore divisés en desxsetfei rivales, \eê talmmdistes ou rabbiniste», qni suivcotleTLmud, et les karaiue, qui s'attachent à la lettre d« h S»^ ble et rejettent les interprétations arbitraires des nb^ Cette dernière secte est surtout répandue co Kgfpte. r Syrie, à ConsUIntinople, en Russie, en Pologne, es y* licie.
Il éUit réservé à notre siècle de réparer les crinnir les injustices des temps d'ignorance et de barhirii. n rendant aux Juifs non-seulement tons les droib dnb et politiques dont l'intolérance et le fanatisme les srani dépouillés^ mais encore le libre exercice de leir cbIk-
CHBlSTIANUia.
La civilisation moderne est le produit d*éléiseBti évers que le temps a réunis et développés; et, less ortains rapports , nous ne sommes pas moins rededNe aux Romains et aux Grecs qu'aux JniCs. Cepe&éiot il et impossible de ne pas reconnaître que c'est à l'esprit e^ tien, i l'esprit évangélique , qne rhumanité doit ieiplti précieux avantages de cette civilisation dont die tW goeillit à juste titre. On peut n'appartenir s sscsBe ^ sociétés religieuses qui prétendent posséder eidssnment la véritable interprétation de la parole énD^élM|«mais on ne saurait répudier sans inconséquence le tiM de chrétien. Quand les abus qu'on reproche sa eatkal^ cisme romain eussent été mille fois plus grands, «bv prouverait qu'une chose : c'est qu'on peut sboscr éetroi Les idées d'égalité et de fraternité, qni ont enfuie' Révolution française, sont des idées chrétiennes, e(<:à-dire conformes à cet esprit chrétien, qui est uti^ licisme ce que l'équité est à la justice écrite, li ttlijiMi la théologie, l'esprit àlalettre, le Christ àsessp6lre& Cr« un hommage que M. de Lamartine s'est em|nesi« ée v^ dre au christianisme dès les premières p^ de sas i^* mirable Histoire des Girondine, • Le christianisaie, i** trouvant les hommes asservis et dégradés par tosit ^ terre , s'était levé i la chute de l'empire romsio teOBf une vengeance , mais sous la forme d'une résigoitièft (avait proclamé les trois mots qne répétait à desi ^ ans de distance la Révolution française : libeHe, f^' fraternité des hommes. Mais il avait enfoui poar sflicsf ce dogme au fond de l'âme dea chrétiens. Trop^*^ d'abord pour s'attaquer aux lois civiles , il siait an i^ puissances : • Je vous laisse encore un pen de levpt monde politique , je me confine dans le meode ■«* Continues, si vous pouves, d'enchaîner, de é»sser, i^^ servir, de profaner les penp(^.([]^#T[^ èmiDciff **
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RELIGION
Des. Je mettrai deux mille âos peut-être i renouveler s esprits avant d'éclore dans les inttitationi. Mais on or Tiendra oà ma doctrine s'échappera do temple et itrera dans le conseil des peuples. Ce jour-là le monde cial sera renouvelé. • Ce jour était arrivé. 11 avait été eparé par no siècle de philosophie sceptique en appa* nce, croyant en réalité. Le scepticisme do 18^ siècle i s'attachait qu*auz formes extérieures et aux dogmes imaturels du christianisme ; il en adoptait avec passion morale et le sens social. Ce que le christianisme appeit révélation , la philosophie l'appelait raison. Les mots aient difTérents , le sens était le même. L'émancipation » individus, des castes, des peuples, en dérivait égaleent. Seulement, le monde antique s'était affranchi au MO do Christ , le monde moderne s'affranchissait an )m des droits que toute créature a reçus de Dieu ; mais us les deux faisaient découler cet affranchissement de ieo ou de la nature. La philosophie politique de la Ré- (Inlioo n'avait pas môme pu inventer un mot plus vrai, IDS complet et plus divin que le christianisme pour se îvéler à l'Europe , et elle avait adopté le dogme et le lot ée/ratemUé. Seulement, la Révolution française atquait la forme extérieure de la religion régnante, parce le cette religion s'était incrustée dans les gouverîments monarchiques , théocratiques ou aristocretiles qu'on voulait détruire. C'est l'explication de cette mtradiction apparente de l'esprit du 18* siècle qui npruntait tout du christianisme en politique et qui I reniait en le dépouillant II y avait i la fois une iolente répulsion et nue violente attraction entre les eox doctrines. Elles se reconnaissaient en se comhattant, t upiraient i se reconnaître plus complètement quand i latte aurait cessé par le triomphe de la liberté. - Cette pparente contradiction , nettement indiquée par M. de amartioe, doit s'étendra encore plus loin. Quoique i liberté religieuse et politique ait été réellement un iomphe obtenu par la philosophie sur l'Eglise catholique, fsQt encore ici distinguer les hommes de la religion. es dogmes surnaturels du catholicisme ne sont pas Ids l'oovrage de la politique des législateun ou de la >Drberie des prêtres que ceux de l'existence de Dieu , e la Providence et de la vie future. La foi de l'humaité les a adoptés pendant dix-huit siècles comme autant e solotions des mystères de sa destinée. C'est à ce point e vue qu'il faut les considérer quand on n'j croit pas , l Don d'après des abus ,. quelque énormes qu'ils soient, ont ils n'ont été que le prétexte.
Catholicisme
L'Eglise catholique se définit elle-même la société des dèles réunis en un seul et même corps et gouvernés •r des pastenn légitimes dont Jésus-Christ est le chef opréme et invisible , et le pape le chef visible, en quaité de successeur de saint Pierre.
Toole la doctrine catholique est renfermée dans le ifmboU des apdtres , le tUaUogw , Yoraitan domimeaU et 6s MocrentenU, Ces quatre points principaux sont le foniemeot sur lequel repose l'interprétation de l'Evangile u de l'Ecriture en général. ■
Do«uis. — Jt croit en Dieu : tel est le premier article lu symbole catholique. Dieu est un et ne peut être qu'un ; nais l'Eglise enseigne que Dieu , sans cesser d'être un , enferme en soi trois personnes distinctes : le Père^ ou I puissance ; le Ft(t, ou l'intelligence, et leSaini-Eeprit, •0 l'amour. Unité de l'être , trinité de peraonnes : tel est B dogme fondamental de l'Eglise catholique. Ce dogme, oin de répugner i la conscience humaine , y trouve au onlraire une sorte de témoignage ; et si nous imposons ilence i nos sens, dit Rossnet, et que nous nous renermions pour un peu de temps dans le fond de notre iae , nous j voyons une sorte d'image du mystère de la
trinité. En effet, l'âme existe, se connaît et s'aime ellemême : or, être, se connaître , s'aimer, sont trois choses distinctes , qui se confondent néanmoins dans nu seul et même esprit.
Création et ekmie dee ange*. — Il existe un monde d'êtres intelligents , supérieure i l'homme, mais inférieure i Dieu qui les a créés : ce sont les anges. Dieu les avait destinés tous à la béatitude ; mais les uns , séduits par l'orgueil , perdirent le ciel et la vue de Dieu , tandis que les autres , fidèles à leur créateur , furent associés pour jamais à son éternelle félicité. Ceux-ci sont nommés les boni anges, ou simplement les anget. Les autres sont appelés les mauvMM ange* on démon*. Un autre article de la croyance cttholiqne est que Dieu a donné à chacun de nous un ange gardien , compagnon invisible de l'homme dans le chemin de la vie , esprit de lumière chargé d'écarter de son âme les dangereuses suggestions de l'esprit des ténèbres.
Création et chute du premier howune. — Péché originel. — Au commencement Dieu créa le monde et tout ce qu'il contient Dieu dit : • Que la lumière soit , » et la lumière fut Créer, c'est produire des êtres par le seulvouloir. Le sixième et dernier jour de la création , Dieu fit l'homme à sou image. Il forma son corps du limon de la terre , et anima ensuite ce corps d'un soufQe divin , c'est-à-dire que Dieu créa l'homme capable de le connaître et de l'aimer. L'état d'innocence où l'homme fut créé, le lieu de délices où Dieu le plaça pour éprouver sa foi et son amour , sa chute , U dégradation morale qui eu fut la suite et la transmission de cette faute sont autant d'articles du symbole de la foi catholique. • Quiconque , dit le concile de Trente , ne confesse pas que le premier homme , Adam , au moment où il viola le commandement de Dieu dans le paradis terrestre , perdit la sainteté et la justice dans laquelle il avait été constitué ; encourut , par suite de cette prévarication, la colère et l'indignation de Dieu, fat soumis à la mort dont il avait été menacé , derinl esclave de celui qui depuis a eu l'empire de la mort, c'est-à-dire du diable; qu'Adam tout entier a été , par cette grave offense , changé et selon le corps et selon l'âme : qu'il soit anathème ! •
Cependant la promesse d'un rédempteur suivit immédiatement le péché du premier homme ; car en maudissant le serpent , c'est-à-dire le démon. Dieu déclara que de la femme naîtrait plus tard celui qui lui briserait la tête. Jusqu'à l'avènement du Sauveur, aucune âme n'a pu jouir de la vue de Dieu , et ce n'est qu'après la mort de Jésus-Christ que le ciel s'ouvrit pour recevoir les âmes des justes qui avaient vécu dans la foi au Rédempteur futur.
Depuis le déloge jusqu'à la venue du Sauveur, les Israélites furent le seul peuple qui ait conservé la connaissance du vrai Dieu. Ils descendaient d'Abraham, que Dieu avait choisi pour être le père des croyants. Plus tard, Dieu avait révélé à son peuple, par la voix de Uoîse et des antres prophètes , la loi qu'ils devaient observer et le culte par lequel il voulait être honoré. La loi mosaïque est appelée la loi ancienne^ parce que les diverses cérémonies de cette loi , qui , suivant la doctrine catholique, était purement figurative de celle que Jésus-Christ devait établir dans la suite, ont été abrogées lorsqu'il est venu sur la terre. La nouvelle loi est la doctrine que Jésus-Christ a enseignée, et les apdtres après lut Cette doctrine , avons-nous dit , se trouve résumée dans ce qu'on appelle le symbole des apôtres : Je croit en Dieu, le Père tout-puittantt et en Jétut-Chritt, ton Fil» unique, etc.
Sacrement*. — L'Église catholique enseigne , comme article de foi, que sans la grâce, qui est un don et un secoure surnaturel de Dieu , nous ne pouvons accomplir ses commandements. Cette grâce , quoique inégalement répartie, n'est refusée à personne. Or, les aaerementi
sont les mojeos e( les signes sensibles de l'opëration mystérieuse de la grâce. Ils sont an- nombre de sept : le baptême, la confirmation, Tencbaristie , la pénitence, l'exlréme-ooctioD , Tordre et le mariage. Le baptême et la pénitence sont absolument nécessaires ponr le saint , au moins en désir.
Le baptême est le sacrement qni efface le péché originel. «Si quelqu'un n*est régénéré par feau et le Saint- Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu (saint Jean , ni , 5 ). > Ce sacrement consiste à verser de Tean sur la tête ou la figure de la personne que l'on baptise, en disant : < Je te baptise au nom du Père , et du Fils et du Saint-Esprit. * En cas de nécessité, il peut être adnrinislré par toute autre personne qu'un prêtre. Dans les adultes , il peut être suppléé par le désir de recevoir ce sacrement, accompagné du repentir sincère de leurs péchés ; il peut encore être suppléé par le martyre souffert ponr la foi. De là trois baptêmes : le baptême d'eau , le baptême de désir et le baptême de sang.
La eon/inuatiou affermit le chrétien dans la foi et la vie spirituelle. L*évêque, qui seul peut l'admiaistrar, étend les mains sur celui qu'il confirme et fait sur son front une onction en forme de croix en prononçant ces paroles «/« wnu marque du signe de la croix , et je vous comfirme avec U chrême du salut, au nom du Pire , et du Fils et du Saint-Esprit; puis il donne un léger soufflet et souhaite la paix au fidèle.
\a pénitence remet les péchés commis après le baptême. Elle consiste dans la contrition, la confession et la satisfaction ou réparation de la part du pécheur. Les paroles dont se sert le prêtre pour donner rabsolution sont : Je vous absous de tous vos péchés , au nom du Père , etc. Quant à la confession et i la satbfaction, elles ne sont obligatoires qu'autant qu'elles sont an pouvoir du pénitent A la différence des religions païennes , la religion catholique ne reconnaît pas de crimes irrémissibles.
Vindulgence est la rémission, non des péchés, mais de la peine temporelle due an péché. Les indulgences sont accordées par les pasteurs de l'Eglise, à la condition d*accomplir certaines bonnes œuvres qu'ils prescriveoL Une condition indispensable est l'état de grâoe , parce que la peine 'temporelle n'est remise qu'autant que le péché a été remis. On distingue deux sortes d'indulgences : l'indulgence plénière on rémission pleine et entière de toute peine temporelle due au péché ; l' indulgence partielle ou rémistion d'une partie seulement de cette peine. Il y a une indulgence plénière qu'on appelle indulgence du jubilé ou simplement jubilé. Elle ne diffère des autres indulgences que par la solennité avec laquelle elle est accordée. Les papes accordent l'indulgence du jubilé tous les vingt-cinq ans, pour tons les fidèles, dans toute l'étendue du monde. L'effet des indulgences est fondé sur la réversibilité des mérites inGnis de Jésus Christ et des mérites surabondants de la sainte Viei^e et des saints.
h* eucharistie est le sacrement par excellence. La foi de TEglise catholique est que , par la vertu des paroles de consécration que le prêtre prononce pendant la célébration de la messe , le pain et le vin deviennent réellement le corps et le sang de Jésus-Christ , et qu'en recevant ce sacrement , soit sous l'eipcce ou apparence du pain , soit sous Teipèce du vin, on reçoit réellement le corps, le sang , l'Ame et la divinité de Jésus -Christ. Cette conversion du pain et du vin s'appelle transsuhstantialion. L'eucharistie est en même temps un sacriGce mystique fait à Dieu du corps et du sang de Jésus Christ , une commémoration du sacriBce de la croix.
Vextrémt' onction est on sacrement institué pour le soulagement spirituel et corporel des malades. La cérémonie consiste dans l'onction que le prêtre fait sur les
iBisaiite
yeux, les oreilles, les les pieds du mourant.
V ordre est la conséeratioo des prêtres pSTlmpctitai des mains de l'évêqne.
Le mariage est l'union de rhommo et de Is feasK mtractée devant Dieu an pied des antela. La pirokiacramentelles du prêtre sont : Je cm» unis «■ WÊnsft m nom du Pire , etc.
La mort — Jugemont démùr. — L'âiM, aaiUi qu'elle est séparée du corpe , parait devant ièmt-Orà. juge des vivants et des morts, ponr rendre compte ds^ et du mal qn elle • faits dans cette vie. Ce jejeanl « suivi immédiatement de la tanteaceqni est proMenrRr l'Ame , sentence de réeompeaie ou'de châliocat Gr jqement particulier doit être oonfirmépar le jngesMotgnn qui aura lieu i la fin des sièdes au aaeond aténcBMe.^ Jésus -Christ, avénemeat de gloiraetde niifsriê;itii deux sociétés des bons et des méehaiils se sèfsmm pour jamais. Le bonheur des uns sera de voir d d'aar Dieu dans toute réiernilê ; le malhenr des so^ m d'être éternellement privés de lou aaov : * LW ir l'homme n'a point vu , l'oreille de rhomme n'a pnstntendu , le cmur de l'homme ne saurait eoawiwittyt Dieu a réservé i ceux qui TaimenL • Tel sera le nrtèi élus. Au contraire , l'Ame réprouvée sera prédfitK d» l'enfer, où , élemellement séparée de Dècu, eUe kàbi avec les déifions dans un feu qui ne s'éteindia jamù.
UoaâLi GATBOLiQDi. — La morale calhatiqw coh* à accomplir les commandements de Dieu, dsmliÊi. l'espérance et la eharité.
La/ot consiste à croire en Dieu et à traiss les wrii» enseignées par l'Eglise ; Vespirmmee , i meliie ss ees&uo en Dieu pour les biens présents et à venir; la ckrîK.i aimer Dieu ponr lui-même et .le prochain poor ïma de Dieu. Voici en quels termes saint Paul psrleéeos dernière vertu (i. Cor. , \III) :
• Quand je parlerais toutes les langues des faoosBS même des anges , si je n*ai pas la durité , je soii eaasi l'airain qni résonne ou comme la cymbale rdmlinuk et , quand j'aurais le don de prophétie , que je pô^ rais tons les mystères et que j'aurais la foi jnsqa à peew transporter les montagnes, si je n'ai point la éuvif ne suis rien; et, quand je distribuerais toutiBMWo pour la nourriture des pauvres et que je livrerù M mon corps pour être brûlé, si je n'ai point Is ^«ti^. cela ne me sert de rien. La charité est patiente, e9t«ï douce ; la charité n'est point envieuse , die s'est ^ insolente; elle ne s'enorgueillit pas; elle o< seroa^ pas par des voies déshonnêtes, elle ne recherche pa^t son propre intérêt, elle ne s'aigrit point, elleMp«* point i md; elle ne se réjouit point de Imjastiee.na elle se réjouit de la vérité; elle endure lent, cDeori tout, elle espère tout, die supporte tout >
Les commandemenU de Dieu sont au nombre de £i<^ forment ce qu'on appelle le.Décatogoe. Les treii pres>^ renferment nos devoirs envers Dieu ; les sept salrs. w devoirs envers le prochain ; de là vient que Jésos-Ckri^ les réduit i deux : • Vous aimeres Dieu it\aAvm cœur, et le prochain comme voua-même, >
Les voici tels qu'ils sont an livre de XEssii, es. W
• P Je suis 1 Etemel votre Dieu; vous n'aarcipeâs d'autres dieux devant moi.
. 2o Vous ne prendres point en vain le non de fEtr nel votre Dieu.
• 30 Souveoes-vous de sanctifier le jour do nUi^
• 40 Honores votre père et votre mère. <• 5° Vous ne lucres point
" 6" Vous ne déroberes point
• 70 Vous ne commettres point de fomicttioft.
. %o Vous ne porteres pas de faux témeigMp ^^ votre prochain.