VÉRITÉ
La vérité ne fait pas autant de bien dans le oioiide . que ses apparences y font de mal. La BOcaBFoccjin.D.
Toutes les affections dépravées ne sont que de fansses estimations. Ainsi , le bien et le vrai ne sont qu'une teuU et même chose. bsco».
VRRTL.
Ne faites point à autrui ce que vous ne vondriei psf qui vous fût fait : l'observation exacte et précise de relir maxime fait la probité. Faites à autrui ce que roas tondriez qui vous fût fait : voilà la vertu. dcclos.
Le commencement de toute vertu , c'est eanwiltatinfl ei délibération ; et la fin et perfection , constanoe.
DiziOSTBJKC.
C'est une continuité de mouvements généreux.
UAOailB ne STAB3*
Le premier pas vers le bien est de ne paa Caire le aaL j.-i. Bocsscn.
Celui qui ue pratique la vertu que dans respèranr» d'acquérir de la renommée est près du vice, sitwt'n
La vertu a cela d'heureux qu'elle se suffit à elle-oéiu et qu'elle sait se passer d'admirateurs , de partisans fi de protecteurs; le manque d'appui et d^mpprobalt^ . non-seulement ne lui nuit pas, mais il la conserve. T'pure et la rend parfaite : qu'elle soit à U loode , ^tit^ n'y soit plus, elle demeure vertu. i..« BBiifU.
La vertu tire sa gloire des persécutions qu'elle eodar . comme un drapeau de guerre tire son lustre de «e« Isabeau X dccfa irés. ai v iikk .
L'effet assuré des sacrifices qu'on fait à la vertu. c'*4 que , s'ils coûtent souvent à faire , il est toujours é^si de les avoir faits : on n'a jamais vu personne $e rt-prc. * d'une bonne action. j.-j. Botssxii
La vertu n'est autre chose qu'une béante inlérù'an.
BICOV
La vertu d'un homme ne doit pas se mesarer par a* efforts, mais par ce qu'il fait d'ordinaire. pusc«i.
La délicatesse est la fleur de la vertu. iE\t*>.
VICK.
Le Seigneur hait ces six choses , et son cirar drtes' la septième : les yeux altiers , la langue qui ment . 1^ mains qui répandent le sang innocent, le ceeur qui fcsw des desseins iniques, les pieds qui se hâtent de courir iz mal, le faux témoin qui assure des mensonges, et cela qui sème des dissensions entre les frères. stLouov.
Il y a des vices que nous ne devons à personne. ^ nous apportons en naissait , et que nous fortifim^ ,tr l'habitude ; il y en a d'autres que l'on contracte t\ c-z. nous sont étrangers. la aai tbbb.
Il y a des vices qui ne tiennent à nous cpie p«r filtres , et qui , en otant le tronc , s'emportent comoir é -^ branches. rsscst.
On peut définir le vice : le sacrifice de ravcnir & présent. j.-b. S4i.
VIKILLKSSE.
Peu de gens savent être vieux. la iiOGaxpnircK;^
Le mépris pour l'autorité de la vieillesse est un im^ ment inné dans les jeunes gens ; c'est afin que chir-' devienne sage à ses propres dépens. aAce%.
Aycs du respect pour ce que voua pourront ëirr ^ personnes avancées en âge ; car les senlencfa populsr^ dont elles se servent souvent contiennent ton|o«r« f^ que vérité. miTâTton na j.-c
VOLOXTK.
Nous avons plus de force que de volottlé. H < '-* souvent pour *nous excuser i nons-mnnes, fw b^ imaginons que les choses sont impossibles.
LA aocBBffurctrL»
pAsis. — TYPooMraii rvo\ m&BCjt. sri m c.irafttf». s»
Paris. -^
DUBOCHBT, LKCHBVALIER n 0>, 60, RUE RICHELIEU. —25 gbktiubs.
ERREURS ET PREJUGES POPULAIRES
Dans son ouvrage sur les erreurs populaires relatives à la médecine, M. À. Ricberand exprime le vœu que les hommes les plus éclairés en morale , en politique et sur toutes les autres parties des sciences et des arts , se réunissent pour publier un recueil des erreurs les plus accréditées sur chacun des objets dont ils s'occupent : c'est ce vœu que nous chercherons à réaliser, autant qu'il dépend de nous , en empruntant aux hommes dont il parle le fruit de leur expérience ; car nous n'avons , en écrivant ce traité, aucune ambition d'auteur, et tout notre désir est d'être utile.
Nous n'avons pas non plus , comme on le pense bien , la prétention de présenter une nomenclature de toutes les erreurs dont l'humanité est infestée ; malgré le progrès très-réel des lumières et les bienfaits incontestables de la civilisation , il en existe encore , il en naît même tous les jours un trop grand nombre pour qu'il soit permis de songer à en dresser un tableau complet : nous nous bornerons à en signaler quelques-unes, afin de mettre en garde contre les antres , et nous ne croirons certes pas avoir manqué à notre tâche si nous sommes parvenu à inspirera nos lecteurs l'esprit d'examen. Douter des choses douteuses , ajouter foi aux choses constatées vraies , c'est là une recommandation qui semble bien inutile, bien triviale; et cependant combien est- il de gens qui n'ont réellement pas besoin qu'on la leur fasse?
Crédulité ou incrédulité , il est tant de causes d'erreur! l'ignorance, la vanité, la faiblesse d'esprit, la paresse , l'indifférence , l'éducation , l'autorité , la routine, l'irréOexion, l'imagination, l'intérêt, la passion, les sens , etc. , etc.
L'ignorance : le savoir est un flambeau; l'ignorant niArche dans les ténèbres ; c'est un aveugle qui ne peut ■e rendre compte d'aucun des objets qui l'environnent, ni de leur proximité , ni de leur étendue , ni de leur forme , ni de leur couleur. Hais , comme la cécité de l'intelligence , n'étant point incurable, est une honte, an contraire de l'autre, qui n'est qu'un malheur, l'aveugle intellectuel a la prétention de connaître ce qu'il n'est point en état de voir; et sa vanité, qui ne suffit pas pour le décider à se guérir , lui fait illusion an point qu'il ■e croit clairvoyant et repousse outrageusement ceux qui s'offrent i lui servir de guides.
La faiblesse d'esprit : nous avons dit que l'ignorance était une honte , parce que c'était une infirmité dont il dépendait de soi de se guérir. Il ne faudrait pourtant pas
donner un sens trop absolu à nos paroles ; car il est évident que l'ouvrier, qui est obligé d'employer douze heures par jour à un travail manuel , ne peut consacrer que bien peu d'instants à la culture de son intelligence. II est évident aussi que les conditions ne sont pas seules inégales ; que les organisations ne le sont pas moins ; et que , s'il y a des gens qui n'ont pas le moyen d'acheter des lunettes , il y en a beaucoup dont tout l'art des oculistes et des opticiens ne saurait améliorer la vue. ■ Tel homme , dit Locke , n'est capable que d'un syllogisme , tel autre peut aller jusqu'à deux ; mais son intelligence ne passera pas ces bornes. •
La paresse : la science est semblable à l'orange dont la chair est savoureuse et l'écorce amère ; le premier qui mangea une noix n'était probablement pas un paresseux.
L'indifférence : l'ignorance n'est pas toujours de la paresse ; mais l'activité se porte ailleurs. On a tant de goûts à satisfaire , i quoi bon les sacrifier à un travail dont on ne voit pas l'utilité ipimédiate?
L'éducation : pour beaucoup de gens l'enfance est l'âge où l'on doit apprendre : sortis des écoles , ils se reposent et vivent sur ce qu'ils y ont appris ; la mémoire chez eux fait l'office du jugement. C'est l'enfant qui guide l'homme , et ces gens-là ne se croient pas aveugles !
L'autorité : ipte dixit , le maître l'a dit Sans la tendance que nous avons à nous fier au témoignage des autres hommes , le genre humain resterait plongé dans les ténèbres ; car que peut-on attendre d'une intelligence isolée, réduite à ses propres ressources? Hais d'un autre cêté cette tendance même est une source inépuisable d'erreurs : l'âge, la position, la fortune, la gravité du maintien, un ton doctoral , une robe noire suffisent pour donner créance à une foule d'erreurs qui se transmettent de gé- . nérations en générations , et que le temps , loin de les affaiblir, ne fait que consacrer : aussi le mot idiet reçue» n'est-il bien souvent que le synonyme d'erreurs.
La routine : > Nos pères ont fait comme cela, pourquoi donc ferions- nous autrement? • répondent les paysans russes on bas-bretons à qui on propose un nouveau système de charrue ou toute autre invention qui doit diminuer leur labeur et doubler leur revenu. Et cependant ' s'ils voulaient réfléchir, si la routine n'était pas à toute modification dans les habitudes ce que l'engourdissement est an mouvement , ils comprendraient que leurs pères , dont ils invoquent l'exemple , ont dâ subir eux-mêmes la loi du progrès , puisque les voilà aujourd*hui cultivant
lears terres avec une mauvaise charrue , au lieu de ramasser des glands dans les forets.
L'irréflexion : Cassini découvre un satellite de Vénus ; tous les télescopes se braquent; les uns le distinguent, les autres ne l'aperçoivent pas; de part et d'autre ce sont des dissertations à perte de vue; rien ne manque à cette guerre de paroles , pas même les conciliateurs ; Maîran explique pourquoi on voit ce satellite et pourquoi on ne le voit pas : et voilà qu'un beau jour l'astre de Cassini se trouve n'être qu'un défaut dans l'objectif de la lunette ! L'imagination : ce n'est pas pour rien qu'on a dit que l'imagination était la folle du logis ; elle vaut bien l'ignorance pour propager l'erreur. Les préjugés de l'ignorance sont ridicules , sont honteux , les préjugés de l'imagination flattent , au contraire , la vanité ; la raison est si prosaïque , il faut bien croire à quelque chose ! Ce que ce •en, la mode en décide. Ce n'est pas que notre intention soit ici de nier l'attrait que le merveilleux a pour l'esprit humain ; mais nous voudrions que ce besoin de Tetprit ne se satisfît pas aux dépens de la vérité et du jugement L'imagination et la raison ont chacune leur domaine sur lequel elles doivent vivre , et les limites en sont faciles à tracer. La poésie est très-bonne en tant que poésie ; mais , si l'on veut faire admettre ses fictions comme des réalités , n'est-ce pas autoriser les philosophes à la chasser de leur république et les géomètres à demander ce qu'elle prouve ? Mais ne la rendons pas responsable de ces adeptes , qu'elle renie : elle se charge souvent ellemême de dire à ces vaniteux ennemis du posiHviswu qu'en poésie , comme en prose , le génie c'est le suprême bon sens, et que le mensonge, sous toutes ses formes , n'est l'apanage que de l'ignorance ou de la fourberie.
L'intérêt, les passions : comme si ce n'était pointasses des imperfections de notre intelligence pour nons cacher la vérité, il faut encore qu'il s'y joigne toutes les (ftiblesses du caractère , tous les sophisfnes de la passion. Essayez de persuader à un colon américain que les nègres ne sont pas nés plus que lui pour l'esclavage , il vous répondra gravement qu'ils sont à tout jamais maudits de Dieu comme descendants de Cham ! ^L'oi^eil , l'envie , la haine, toutes les autres mauvaises-jpassions sont -elles moins aveugles que l'intérêt? Les bonnes elles-mêmes nous abusent-elles moins? Les amotars de toute espèce n*ont-ils pas le même bandeau sur les yeux? Sommesnous moins dupes de l'espérance que de la crainte?
Les sens : tout ce qui nous sert de guide est sujet à nous égarer , et à ce compte les sens sont une source continuelle d'erreurs. Ce n'est pas seulement quand leurs fonctions sont troublées par le mauvais état de nos organes , lorsque la surabondance on l'inégale répartition du sang et des humeurs pervertissent la vue ou le goût ; il suffit que nous dérangions tant soit peu nos habitudes de perception pour que nos sens se trompent sur la forme , sur la grandeur, sur le mouvement , sur la distance. De loin cette tour est ronde : approchez , elle est carrée ; enfonces ce bâton dans l'eau , il va vous paraître brisé ; descendes en bateau cette rivière rapide, vous verres courir les arbres sur le rivage. Vérifions donc avant de nous rendre au témoignage de nos sens. Souvenons-nous que Galilée fut jeté en prison pour avoir découvert que c'était la terre qui tournait autour du soleil ; souvenonsnous qu'il y a quelques années, en Suisse, un ventriloque a failli être brûlé dans un four par d'honnêtes paysans qni croyaient encore aux sorciers.
Nous ne sommes pas de ceux qui disent : •• Il y a des préjugés utiles, il y a des préjugés respectables. • Il n'y a de respectable que la vérité ; il n'y a d'utile , en définitive , que la vérité. Ceux qni pensent autrement sacrifient à un présent passager l'avenir étemel. Si le préjugé qu'on tolère est peu de chose par lui-même , est-ce peu de chose que l'habitude de l'erreur , que le sacrifice de
sa raison ? La morale n'admettra jamais que U fin jnstifie les moyens.