‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 39 sur 291 · PHYSIQUE (3- PARTIE · texte numérisé non relu

PHYSIQUE (3- PARTIE

ÉLECTRICITÉ. — MAGNÉTISME

Let premien ph^ommiet qvi te ntUchent à la partie de 11 physique doot nous aUoof traiter sont eoonot dèi U plus hante aoliiiitité. Obaenrét par hasard , complètement ineiplicabiea , dépoonos en apparenee de toute application aanelle, ils restèrent pendant an grand nombre de siècles un objet de curiosité on d*amasement

Les anciens savaient leulementqoe certaines substances frottées avec diverses étoffes ont la propriété d'attirer lei parcellee des corps solides qu'on en rapproche suffiitmment

Cette forée nouvelle, observée pour la première fois dans r Ambre ou Succin (•Xwtpov), reçut le nom d*élec- Iricité. Déjà an temps de Thaïes de Milet, 600 ans avant Jcfos-Christ, le fait que nous mentionnons était vulgaire.

Quelques eipériences permettent de constater les propriétés fondamentales de Télectricité.

Un cflindre de verre on de cire d'Espagne, frotté avec ■ne étoffe de laine ou une peau de chat, attire les corps légers placée à une faible distance. Si la masse de ce cjlindre de verre est asses grande, il est facile d'entendre, io moment où on i^proche le doigt, le bruit sec qui acoompsgne nne étincelle visible seulement dans l'obscurité.

L'électricité peut être développée non-seulement par le frottement de deux corps solides l'un contre l'autre , mais encore par le frottement d'un lolide par des liquides oades gas.

Bien qne les expériences précédentes ne nous indiqaeot rien de précis sur la nature de l'agent particulier capable de produire les phénomènes observés, il est important de noter dès à présent qne les corps de la nature parsissent se partager en deux grandes catégories, sous le rapport de l'aptitude plus ou moins grande qu'ils présentent à se charger d'électricité. Les uns , tels que la renne, le verre, l'ambre, etc., susceptibles de te charger d'électricité par le frottement et d'offrir les propriétés que noos avons signalées, tout nommés idio-éleeiriques , lei astres , tels que les métaux , ne prennent jamais d'électricité ; dans ces circouftances , on les dit aniUctriqutM,

Cette différence de propriétés tient à des causes dont il est facile de se rendre compte d'une manière exacte. Toutes ces matières ne conduisent pas avec la même facilité le fluide électrique ; c'est U que réside réellement la distraction fondamentale entre leurs aptitudes en apparence si dissemblables. C'est i Grey et Wheeler (1729) qa'est dne cette distinction des corps de la nature en bons et en mauvais condoeteors de réiectricité.

On peut mettre facilement en évidence la différence qui existe entre la conductibilité de divers corps, an moyen d'expériences fort simples. On prend deux boules de moelle de sureau d'un égal volume, on les suspend à un support métallique, l'une au moyen d'un fil de soie, l'satre au moyen d'un fil métallique ; si maintenant on charge d'électricité un cylindre de verre par le frottement, et qu'on le mette en contact successivement avec chacune des boules , on reconnaît que celle qui est soutenue par un fil métallique perd instantanément l'électricité dont on l'a chargée ; tandis que celle qui est maintenue par un fil de soie conserve ses propriétiés fort longtemps.

Il est facile de comprendre ce qui a lieu dans ces deux circonstances ; si, dans le premier cas, les signes d'électricité disparaissent, c'est que le métal établit entre la boule et la terre, ou réservoir cowmmn, une continuité de corps bons conducteurs , de sorte que la petite quantité d'électribité libre, un instant accumulée, se répand et se perd sur une surface infinie.

Dans le second cas, la charge électrique se répand sur la boule seulement , et y reste pendant un certain temps parce que la soie , corps mauvais conducteur , Tempéche d'arriver jusqu'au réservoir commun et de s'y perdre.

On conçoit que ce mode d'expérience puisse servir à reconnaître, pour un grand nombre de corps, les variétés de la propriété conductrice^

Les matières qui conduisent mal Télectricité acquièrent la faculté de la conduire lorsqu'on les recouvre d'une couche de liquides assez bons conducteurs , tels que l'eau et certaines solutions salines.

Les gas secs sont en général mauvais conductenrs, c'est ce que démontre parfaitement la possibilité de condenser à la surface de certains corps plongés dans l'air des charges d'électricité plus ou moins grandes. Mais la présence d'une certaine proportion de vapeur d'eau augmente beaucoup la conductibilité de l'air et des gas en général. Cette propriété de la vapeur aqueuse se fait souvent sentir d'une manière nuisible , quant , au moyen d'appareils qne nous apprendrons bientôt à connaître, on se propose d'accumuler l'électricité.

La mauvaise conductibilité de quelques matières est mise à profit pour séparer du réservoir commun les corps sur lesquels l'électricité est accumulée. On dit que ces corps sont isolés , et les substances qui conduisent mal reçoivent le nom de matières isolantes.

L'électricité qui s'accumule à la wartêce dei corps par

le frottement n'offre pu toajonn lee mêmes propriétés ; quelques expérience ne laissent ancun doute sur oe point. Prenons deux boules de sureau suspendues à des tiges métalliques au moyen d'un fil de soie , matière isolante. Si on les touche toutes les deux avec un cylindre de résine préalablement frotté avec un morceau de laine, on reconnaît qu'en les rapprochant elles se repoussent Le même phénomène a lieu si on les a touchées avec nn cylindre de verre frotté avec la même étoffe ; la répulsion est constante. Mais , si l'nne des boules a été mise en contact avec le cylindre de résine et l'autre avec le cylindre de verrCf on les voit s'attirer lorsqu'on cherche i les rapprocher l'une de l'autre.

Ces faits faciles à constater ont conduit i penser que deux fluides différents peuvent s'accumuler par le frottement, suivant la nature des substances employées i cette action.

Le fluide qui se développe dans les circonstances précédentes sur la résine est nommé fluide ritineux, l'autre est le fluide vitré. Ces dénominations sont impropres , car, suivant la nature de la matière frottante, les fluides qui s'accumulent sur nn même corps peuvent être de nature contraire. On dit généralement que le fluide isolé dans le premier cas est négatif; que celui développé dans le second est positif.

La nature de l'électricité est, d'ailleurs, trop peu connue pour que la distinction entre les deux fluides puisse être appuyée sur des bases certaines, et pour que les dénominations employées indiquent autre chose qu'une opposition de propriétés.

Les expériences précédentes permettent de formuler un principe important, c'est que les deux fluides de même nom ae repoussent, tandis qu'il y a attraction entre les fluides de noms contraires.

Il est facile de comprendre, d'après les faits que nous avons déjà exposés sur la conductibilité , que la distinotion entre les corps idio-électriques et les corps anélectriqnes est tout i fait artificielle. Les substances idio^ ileelriques sont seulement mauvaises conductrices , elles conservent le fluide que Ton accumule au moyeu dn frottement , parce que leur faible conductibilité les isole de la terre.

Les corps dits oHéUetriçuêt ne se chargent pas d'électricité, parce que le fluide un instant développé se répand avec rapidité dans le réservoir commun. On peut démontrer la vérité de cette proposition en isolant un cylindre métallique au moyen d'un corps mauvais conducteur , et reconnaissant que par le frottement on le charge de fluide électrique.

Pour se former une opinion sur le développement de l'électricité dans les corps de la nature par le frottement et par les diverses actions capables de produire la séparation des deux fluides , il est nécessaire d'admettre que tous les corps de la nature sont constamment chargés de fluide neutre, c'est-i-dire du fluide résultant de la combinaison des deux électricités positive et négative. On peut considérer celles-ci comme deux forces égales et contraires appliquées i chacune des molécules des corps, et qui, par conséquent, dans les circonstances ordinaires, sont en équilibre.

Dans cette partie de l'histoire de l'électricité, nous traiterons seulement des phénomènes résultant de l'aocumuiation du fluide électrique libre. Cette portion de la physique constitue la théorie de l'électricité statique, dont les lois physiques et mathématiques sont aujourd'hui cou» nues, grice au concours des expérimentateurs et des géomètres.

^LBGTRicrri PAR fxpuinvcs.

Parmi les causes capables de décomposer le fluide neutre, une des plus intéressantes i signaler consiste

dans l'influence qu'exerce sur les corps à Tétat nstmvl, un corps déji chargé d'électricité libre. Les lois de cette action permettent de se rendre compte d'un grand imnb* bre de phénomènes d'une importance incontestable, et qoi, sans leur connaissance, resteraient inexplicables.

Quelques expériences mettent facilement en ëvideoce la séparation des fluides électriques ; par in/tuemee^ fig. 1. . I Supposons qu'une

tf A K^ >phère métallique («)

/^^^^ suspendue par un fil de

") f C ] soie, soit chaI)|éed*éle^

\^J tridlé positive, et qo'on

place i une petite dit-

place i une petite tance un cylindre métallique (e) suppofté par un corps iselsnL Ce dernier oorpe porte (l^ig- 1) i ses deux extrémités s

et b deux tiges de métal auxquelles sont suspendues psr un fil bon conducteur deux boules de moelle de soreso. Dès que la distance du cylindre i la sphère est shcs petite , on voit les pendules de sureau s'écarter de leor tige, ce qui indique dans chacune d'elles la présence d'une certaine proportion de fluide libre. U eei facile de reconnaître que les fluides isolés sont de noma contraires aux deux extrémités. Pour cela, il suffit d'approcher de chacune des boules successivement, un moreeau de résine électrisé négativement. Tandis que U bouln a est repoussée, la boule b est attirée. On voit que dana cctie expérience le fluide neutre du eylindre « a été décomposé , que l'électricité négative a été aUirée vais l'extré- | mité a par l'influence de l'électricité positive accnjonles , dans la sphère, tandis que l'éleotrieité positive a été reponssée en ^ paria mêoM action. '

Pour démontrer que cette action à distance s'est opérée sans qu'aucune portion des fluides isolés se soit portée dn cylindre sur la sphère métallique, il suffit de metlre cette dernière en communication avec le réservoir commun an moyen d'un corps bon conducteur. Auaaitôt que l'électricilé libre sur ce corps a disparu dans le sol , les boules de sureau retond>ent, ce qui indique que les flnides , nn instant séparés , se sont neutralisés daiia l'intérieur dn cylindre.

Si une portion du fluide négatif accumulé en « se fût portée sur la sphère, on comprend qu'apvètle retour de cette dernière k l'état naturel , on eut dû trouver sur le cylindre une proportion de fluide positif libre esadenaont correspondante.

Pour prouver qu'il est possible d'accumuler par influence du fluide libre sur un corps conducteur, on peut, au moyen dn même appareil , faire l'expérience suivante. La sphère # étant cbai^gée d'électricité positive, comme précédemment , et les pendules écartés de la verticale , on touche l'extrémité b avec un conducteur ; aussitôt le pendule tombe à l'état de repos , l'électricité postive s'est dissipée dans le sol ; mais l'électricité négative retenue en a par l'action de la sphère ne subit aucune diminution , le pendule acquiert même un plus grand degré de divei^ence. Si on éloigne maintenant la sphère $ dn cylindre, on trouve que ce dernier est chaîné dans toute son étendne de la proportion d'électricité négative qui avait été maintenue par l'action attractive de s.

Tels sont les faits fondamentaux sur lesquels se base la théorie de l'électricité développée par influence. 11 est facile d'en déduire comme corollaire les lois suivant lesquelles s'établit le partage de l'électricité entre des coqM conducteurs isolés que l'on met en contact.

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ÉLECTRICITÉ.— MAGNÉTISM .

aecnmoU. Cm ftpptnib sont dérignét ptr le nom dViif^

L*éleclratcope le plu limple (6g. 9) est oompoié d*ao

^MK vue cylindrique dans leqnel on place or»

^.^^^rj..,^ dinairement une matière propre i abior-

^^->-^A«^ ber rbninidité de Fair. Son orifice sop-

■■1 porte ane garnitnre métalliqne à laquelle

I sont filée deox fils condnctenn de lon-

I gnenr égale, portant cbacan ane petite

OO balle de tarean.

Ponr le lervir de cet électroecope, on commence par charger les bonlea d une (^'S-^) certaine quantité d'électricité de nature ellei a'écarlent aussitôt en vertu de la répulsion qa*exereeot Tua sur Fantre, les fluidea de même nom

Pour raeomnllre la préeence et la nainre de raeetricité que l'on soupçonne exister dans la substance à étudier, on rapproche de la garniture métallique. Si les psilles eoaaorveot le même degré de divergence , il n*y a pas de fluide libre sur le corps essaf é. Si la divergenee aogmente, on en déduit facilement , d*aprèales principes que nous avoua poeés , que le corps est chargé d'électridté de même nom que celle qui a été accumulée dans les boulee ; c'est le contraire qui a lieu si Tangle du pendole subit an déeroissement ou devient nul.

On peut remplacer les fils et le» boules de sureau par deux paillea ou par deux lames dTor très-légères commuoiqoant avec la garniture au moyen d'un corps bon oon*

Il existe uneors d'autres éledroseopea employés en physique , la construction de presque tons ces appareib reposant sur Jes données analogues, il nous suffit de ■gnaler les préeédents, qui sont d'ailleurs les plus usi* ik. Nous indiquerons cependant plus tard un appareil (Tone très-grande sensibilité cenna sons le nom d'éléctrascope on éiêUrcmètre eomimMâmr, quand les principea wr lefti|uals est fondée sa construction auront été exposés.

Avant d'indiquer les dincrentes lois de l'électricité statique et lue instrumenta au moyeu desquels on les vériie expérimentalement, H importe de fiyre connaître les appareils les plus usités pour accumuler l'électricité et la théorie qui sert de base à leur construction et i leur

JfcdUacfdlKCrtfMfs. —-L'appareil le plus ordinabrement usité ponr obtenir do l'àectricité de tension est CDoni sooa te nom de «uKètne iiêetripu. Bien que la forme des diverses machines électriques présente quelques différentes, elles sont en général aases.pen impor»

leur mode d'action en comprenant bien la disposition de celle que l'on emploie le plus souvent et dont l'idée première appartient i Ramsden.

La machine électrique est essentiellement constituée par un large disque de verre maintenu dans un plan vertical an moyeu d'un axe qui passe par son centre. Ce disque peut être mis en mouvement , et tourner dans son plan autour de Taxe horisontal au moyen d'une manivelle. II est compris entre deux montants en bois supportant deux paires de coussins élastiques en peau qui pressent symétriquement sa surface an-dessus et au-deasous de l'axe de rotation (fig. 3 et 4).

liBlespottrqa'en

(Fia. ».)

se fendre oompte facilement de

(Pig.é.)

Lorsque l'on fait tourner le disque , le frottement du verre contre les counins devient la source d'électricité en déterminant la séparation des fluides de noms contraires. Pour que l'action soit aussi énergique que possible, il est nécessaire d'enduire la surface des coussins d'une couche d'or mnuif ou d'un amalgame d'étain et de fine. Les coussins doivent en outre communiquer avec le réservoir commun au moyen d'un corps bon conducteur, une chatne métallique, par exemple.

Les parties de l'appareil destinées à colliger le fluide électrique mis en liberté sont désignées sons le nom de eonducteurs. Ce sont deux cylindres de laiton disposés parallèlement sur la iable qui supporte la machine , terminés i leur extrémité voisine du plateau par une branche courbe qui embrasse le disque suivant la direction de son diamètre horiiontal. Toutes les extrémités du conducteur sont arrondies , et on évite dans sa construction les pointes ou les arêtes vives; car l'expérience et la théorie, comme nous l'indiquerons bientôt, prouvent que la charge électrique est d'autant plus forte que l'on évite d'introduire ces formes dans l'appareil. Les conducteurs sont isolés par des cylindres de verre enduits d'un vernis à la gomme laque.

Il est facile de comprendre comment, en faisant tourner le plateau de verre, on peut obtenir de l'électricité libre sur le conducteur. Par le frottement du plateau sur les coussins, l'électricité naturelle est décomposée en fluide positif qui s'accumule sur le verre , tandis que le négatif se répand dans les coussins , et de là dans le sol. L'électricité libre à la surface du plateau est donc positive.

Par le mouvement de rotation du disque , les parties qui sont chaînées d'électricité arrivent au voisinage des branches qui terminent les conducteurs. Le fluide positif du disque agit par influence sur l'électricité naturelle du conducteur; le fluide négatif est attiré dans les branches terminales qui l'embrassent ; il se porte sur le verre en constituant de nouveau du fluide neutre , tandis que l'élec- . tridté positive s'accumule sur le conducteur en acquérant une tension de plus en plus forte. La charge des conducteurs a cependant une limite. Si le développement d'électricité se fait avec rapidité , la quantité de fluide positif accumulé sur le conducteur va en croissant jusqu'à ce que la tension surmonte l<yi[^f|^<^ opposée par l'air.

LonqiM U prodaction d*éleciridté s*opère lentement , la limite de la charge eat atteinte an moment où la quantité de flnide isolé par le frottement est préciiémeot égale à la perte «pii m fait par le contact dn gai ambiant et par les rapports.

Cette machine permet d'obtenir rar le conducteur de Félectricité positive seulement II existe dans les cabinets de physique des appareils d'une construction un peu différente qui donnent la possibilité d'obtenir, suivant le besoin, du fluide positif et dn flnide négatif; tels sont les machines dues i Van Mamm, de Harlem, et à Naime. U est facile, d'après les principes que nous avons exposés, de comprendre quelles sont les données qui doivent présider à la disposition de tels instruments.

Nous devons faire connaître ici un appareil très-sonvent employé et d'une construction très-fadie , qui est destiné i donner de l'électricité , c'est ViUetropkfnre. L'idée de cet appareil simple et ingénieux appartient àWilk (6g. 5). Il est composé d'un disque épais de résine solide, dont une des faces est libre et bien plane, une garniture métallique l'enveloppe extérieurement Sur ce disque repose un plateau de métal supporté par un manche en verre enduit d'une couche de gomme laque.

An moyen'de cet appareil, on a sans cesse i sa disposition une source de flnide électrique. Voici comment on doit en faire usage.

Pour charger le gâteau de résine d'électricité, on le frotte an moyen d'une peau de chat Le flnide négatif mis en liberté par cette action mécanique est maintenu à la surface de la résine en vertu de la difficulté qu'il éprouve à quitter les molécules de ce mauvais conducteur. On place alors le disque de métal sur le disque résineux , l'électricité libre agit par influence sur l'électricité naturelle du métal ; le fluide positif est attiré vers la face la plus voisine , le fluide négatif est repoussé sur le plan supérieur. Il est érident que , si on soulève alors la lame conductrice au moyen du manche isolant , les électricités recomposeront immédiatement dn flnide neutre. Hais si , avant de soulever le disque , on fait communiquer la face rapérienre avec le réservoir commun , en le touchant au moyen du doigt ou de tout autre corps bon conducteur, le fluide négatif s'échappera, et, si on enlève alors ce plateau , on le trouvera chargé d'une quantité de flnide positif précisément correspondante i celle de l'électricité négative dégagée.

L'électricité quitte avec tant de difficulté la substance résineuse que l'électropfaore peut rester chargé pendant nn temps souvent fort long.

Pour démontrer la localisation du fluide électrique à la surface de la résine et la résistance qu'il éprouve à se mouvoir, on peut faire une expérience très-intéressante. Avec des conducteurs chargés, l'un de flnide positif, l'autre de fluide négatif, on trace à la surface d'un gâteau résineux des figures quelconques. Au moyen d'un soufflet, on projette une poudra fine formée d'un mélange de minium et de soufre récemment trituré ; on voit alors les différents traits se couvrir les uns de soufre , les autres de minium. Cet effet est dA à ce que, pendant le broiement des substances, le soufre s'est chargé de fluide négatif, le minium de fluide positif. Le premier se dépose donc sur les lignes électrisées positivement , le second

sur les lignes chaigéea de fluide négatif. Cette expérience est très-concluante.

L'éleclrophore est souvent usité dans les laboratoires de chimie lorsque l'on veut faire passer une étincelle dars nn endiomètre et enflammer un mélange gaseux. M. Gay- Lnssac a également appliqué cet appareil i la oonatmction d'un briquet à gas hydrogène : le jet de gas est su*^ itement allumé par l'étincelle électr;que.

Avant d'exposer la disposition de quelques instmments employés i coêrcer de fortes proportions de flnide électrique sur des surfaces peu développées , il est nécessaire de faire connaître les considérations théoriques sur lesquelles est basée leur construction.

ni L'àLicTBiaTi Lanm.

Si on place rar les parois d'une lame de verre posée sur un pied isolant, deux plaques métalliques parfaitement identiques, portant chacune une boule de sureun suspendue à un fil -conducteur, il est facile de faire, au moyen de cet appareil, quelques expériences intéressantes qui forment la base de la thécvie de féleetricité lolcnfv on diêêiwudiê.

Supposons d'abord que l'on mette une des lames métalliques en communication avec une source d'électricité positivé, l'autre avec une source égale de fluide iiégatifl Les deux pendules, par leur divergence, indiquent la présence de l'électridté libre rar chacune des faces. Soit a la face chargée de flnide positif, b la face oà se trouve accumulé le fluide négatif.

La divergence des boules de sureau prouve qu'il existe sur diacnne des lames de l'électricité libre , mais cette proportion est très-fiuble relativement i celle qui extsie au contact des faces du verre , et qui s'y trouve maint*nne par une attraction réciproque. Cest cettn quantité de fluide qui est dissimulée.

Si on fait communiquer une des lames avec le réser^ voir commun , l'électricité libre disparaît , le pcndnk de ce cAté tombe ; celui de l'antre paroi fait un mgle plus considérable. Au moment oà on touche la second lame, l'électridté libre disparaît également ; la boule de sureau retombe , celle de l'autre face s'écarte de noôvean de U verticale. On peut ainsi, par des contacta snceessifs, faire disparaître lentement toute l'électridté dont fappareil avait été chargé, en érinçant tour à tour le Ooidc devenu libre sur la première par la sonstraidion de Tâectridté existant snr la seconde.

Si on veut avoir une idée exacte de la forte proportion d'électricité dissimulée aux deux faces voisines du rem, c'est une décharge instantanée qu'il faut opérer. On l'obtient en faisant communiquer les deux lames métalliques par un are conducteur tenu au moyen d'un manche isolant Lors du dooUe contact, on voit briller une éclatante étincelle , indice de la recompodtion rabite des fluides accumulés.

On peut charger l'appareil d'âectricité latente en adoptant une antre disposition : on fait communiquer une des lames avec le sol , l'autre avec une source de fluide électrique. Supposons que l'on fasse arriver de l'électricité positive sur la face a, ce fluide agira par influence à travers le verre, décompose» le fluide naturel de la seconde lame, attirant le fluide négatif an contact du verre et repoussant dans le sol une quantité correspondante d'électridté positive. L'attraction rédproque des électricités i distance les dinimnle , la chai^ atidnt rapidement sa limite , car la neutralisation complète à dislance est impossible , l'excès de flnide que l'on cherche à accumuler, restant libre, surmonte la résistanoe de Pair.

La dissimulation sera d'autant plus complète que la

lame non conductrice sera plus mince ; mais , dans ce

dernier cas, si la quantité d'électridté produite est trop

forte , la pression sur la lame isplnfit^Hlff îéndn i

ÉLECTRICITÉ. --MAGNÉTISME

ara, e( 1m 6oidct te eombÎM^oot à travers le verre ea le peribniit en on de lee potnlf. Lonque Ton isole Teppsreil eonplétcmeot après revoir chai^ , on trouve que Is quntité iTélectrictté libre sur une des faces, celle qnî a reçn primitivement l'action de la sonrce, surpasse constamment celle de la seconde. C'est ce dont il est facile de se rendre compte en remarquant que cette face maintient réleclricité accumulée sur Tantre par une action à dutance.

ConàrmuOeun, — On donne le nom de amdtnaaUmn k Ions les instrumenta dans lesquels on accumule Télectricilé par un procédé analogue à celui que nous avons fait connatire. Les variations de leur forme sont peu importantes si on se souvient, que les principes que nous BToos exposés sont constamment la base sur laquelle t'appuie leur construction.

La b^muiUê de Leydt , dont la découverte appartient à Otto de Guericke, présente une variété de coadensal«nr : c'est un flacon de verre recouvert d'une lame delain sur sa paroi extérieure; intérieurement on le remplit de feuilles de cuivre. Le col du flacon est fermé psr on boucbon que traverse une tige métallique commuaiquant avec le métal intérieur. Cette tige se termine i Textérieur par un crocbet portant une boule.

Tonte communication entre la lame métallique qui forme l'armure extérieure et la lige qui représente l'ar- Bore intérieure, est interceptée an moyen d'une couche épaisse d'un vernis résineux appliqué i la surface du

La bouteille de Leyde te charge en mettant une des armures en contact avec le conducteur d'une machine électrique et en tenant l'autre psr la main de manière qu'elle communique avec le soL

La décharge de cet appareil peut se faire tantAt lenteneot, lorMiue l'on met successivement chacune des armures en communication avec le réservoir commun , tantôt instantanément en laisant communiquer par un beo conducteur la garniture extérieure avec l'intérieure. On voit alors éclater une étincelle dont la lumière brillante dore un instant infiniment court

Quand on établit la communication en touchant improdemment les deux armures avec les mains , on reçoit Boe conmiotion violente, lonvent très-douloureuse si la charge est forte.

Tout le monde sait que , si plusieurs personnes sont cooprisee entre deux autres dont l'une touche l'armure extérieure, l'antre l'armure intérieure, au moment du contact avec le bouton, la commotion est perçue simultsaément par tous les intermédiaires.

Plusieurs bouleiUes ou jarres électriques dont toutes les armures intérieures, d'un c6té, les armures extérieures , de l'autre , communiquent au moyen d'un métal , constituent par leur réunion ce qu'on nomme uUe baU§^ riiéUetriqme, La décharge d'un tel appareil peut tuer un animal de forte taille et serait très-dangereuse à recevoir ponr l'homme.

Si on adapte le plateau d'un condensateur à la garnitare métallique d'un électroscope , on parrient à obtenir an appareil avec lequel on arrive à reconnaître la pré- Koce et la nature des plus faibles charges électriques. Ceat par la combinaison de ces deux instmmenls que Voila, le premier, construisit l'électromètre oondeniateer.

ViUeiromètre eoniauaUw , ou condensateur à lames d'or, est rinstrument le plus sensible que l'on puisse employer pour mettre en évidence de petites quantités d'électricité de tension.

C'est un âectroscope analogue à celui que nous avons déjà décrit, dont la gsmiture métallique supporte deux lames d'or très-légères. Cette pièce de Vappareil est sur- Boatée d'un plateau circulaire de laiton avec lequel elle

communique par un corps bon conducteur. Sur ce disque , horiiontalement dirigé , est posé un second plateau de même métal qui peut être soulevé au moyen d'un manche en verre enduit d'une couche épaisse de gomme laque.

La lame non conductrice interposée entre les disques du condensateur doit être excessivement mince. On choisit de préférence un feuillet de résine que Ton étend avec le plus grand soin, après en avoir fait préalablement un vfirnis liquide au moyen de l'alcool.

On conçoit que l'action réciproque des fluides que Ton cherche à dissimuler doit s*exercer avec beaucoup d'énergie à une si faible distance , la couche de vernis n'ayant pour épaisseur qu'une fraction de millimètre. Mais ces conditions ne sont favorables que dans le cas où les charges électriques sont très-faibles ; car, si la tension devenait trop forte sur chacune des faces de la résine , la lame ne tarderait pas à être traversée. ' Pour rechercher l'existence de l'électricité au moyen du condensateur, à lames d*or, il suffit de superposer les deux plateaux; de mettre l'inférieur en commnnication avec la source d'électricité , et le supérieur en rapport avec le réservoir conminn en le touchant avec le doigt Si le corps que l'on essaie donne du fluide libre , ce dernier se dissimule par l'influence de l'électricité contraire attirée vers la face opposée de la couche non conductrice. Au moment où on soulève le plateau supérieur, l'électricité accumulée sur l'inférieur desient libre, se répand dans la garniture et de là dans les lames d'or, qui présentent immédiatement un degré de divergence plus on moins considérable.

Ponr empêcher autant que possible la déperdition de l'électricité par la vapeur aqueuse , on place ordinairement l'électromètre condensateur dans une cage de veire dont l'air est privé d*humidité au moyen d*un sel déliquescent

iMmiIre iUetriqw» — Les phénomènes lumineux dus à l'électricité ne se manifestent que lors de la combinaison des deux fluides ; il est de plus nécessaire, que la neutralisation se produise sous une forte tension.

Telle est l'origine de l'étincelle que l'on observe toutes les fois que l'on fait communiquer entre elles deux surfaces sur lesquelles les deux fluides se trousent condensés , la recomposition de l'électricité neutre s'opérant à travers les gas mauvais conducteurs.

Cesten connaissant cette condition du développement de lumière que l'on a construit les tubes et les carreaux étincelants. Ce sont des fragments de verre de formes diverses sur lesquels on colle des lames d'éCain à petite dislance les unes des autres. Lorsque Ton met les extrémités en contact avec deux conducteurs fournissant l'un du fluide vitré, l'autre du fluide résineux, entre chacune des lamelles métalliques , on voit briller la lumière électrique.

Lorsque la recompontion des fluides s'opère dans le vide , ou dans des gas ou des vapeurs très-raréfiées , les phénomènes lumineux apparaissent encore ; mais, dans ce cas, au lien d'une étincelle instantanée, on a le spectacle intéressant d'une lueur phosphorescente souvent fort belle , occupant tout l'espace où existe la raréfaction. II est facile d'être témoin de ce spectacle en faisant le vide dans un tube de verre de 1 ou 2 mètres de longueur , dont une des extrémités communique avec une machine électrique par une garniture métallique , tandis que la seconde est en rapport avec le sol par une chaîne conductrice.

On peut donner à l'appareil dans lequel on fait le vide telle forme que l'on veut, celle, par exemple, d'un ellipsoïde. Toute la capacité devient aussi lumineuse, et on a l'inslmment connu sous le nom d*eeu/ pkihtôpkifme.

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mSTRUGTIOlO POUR LE PEUPLE.

LOM Q01 Bi^GISSniT LU FOBCBt âtBCTlUQUBS.

Le fluide éleclriqae poavant être aisioiUé à une véri- Ubie force, les phyiicient ont cherehé à connAttre lee lois auxquelles sont soumises les actions qn*il produit

Nous nous bornerons à formnler les résultats que Coulomb a trou? es en employant la balance électrique.

Noos savons déjà que les fluides de même nom se repoussent, que ceux de nom contraire s'attirent ; l'expérience et le calcul démontrent que les attraeiions et, U$ ripuUùmê ikctriqut$ sont e» raUan eompotie des gmam^ titi» éUfimdee, et em raùon inveru eu carré des disUmces.

Lorsqu'un corps conducteur est à l'état naturel, toute sa masse peut être oonsidérée comme renfermant des quantités égales de fluide neutre ; mais rexpérienee démontre que, dès que ce même corps contient une proportion quelconque de fluide libre , ce dernier existe seulement à la surface en formant une concbe d'une ténuité ezcessire.

Il est érident que sur une spbére conduetriee la couche électrique doit avoir la même épaisseur dans toutes ses parties , puisque tout est symétrique autour d'un point , le centre ; mais la distribution du fluide n'offre plus la même identité lorsque ta forme du conducteur n'est pas sphérique.

On a démontré par le calcul que la tension du fluide électrique est toujours proportionnelle à son épaisseur. Il est facile d'en conclure , que si cette dernière peut être déterminée en chacun des points d'un conducteur , la force répulsive de l'électricité sera connue dans toutes ses parties. On trouve facilement que, dans un ellipsoïde de révolution, Tépaisseur de la couche électrique est beaucoup plus considérable aux pèles qu'à Téquateur. Cette épaisseur, et par conséquent la force répulsive , croissent avec une très-grande rapidité si les extrémités d'un tel conducteur sont amincies.

C'est en tenant oompte de cette loi que l'on comprend facilement comment une pointe aiguë pouvant être assimilée an pèle d'un ellipsoïde très^longé, la force répulsive du fluide électrique est toujours assez grande pour vaincre la résistance de l'air. Sur ce principe est basé ce qu'on désigne en physique sous le nom de pouvoir des pointes, propriété qjû a reçu par la découverte des paratonnerres une des plus brillantes et des plus utiles applications.

On prodve par une expérience fort simple combien est grande la tension du fluide électrique à Textrémilé des pointes. Pour cela on pose sur le conducteur d'une nadiiae électrique un pendule à balle de sureau ; aussitôt que l'on donne au plateau le plus iaible mouvement de rotation, on constate une assex forte divergence. Mais si on visse sur ce même conducteur une tige métallique terminée en pointe, quelle que aoit la vitesse que Ton imprime au disque de verre, le pendule n'accuse pas l'accumulation de la plus faible trace d'électricité libre. Il est facile de tirer de cette expérience des conclusions à l'appui de notre proposition. La tension du fluide développé par le frottement est assex grande à l'extrémité de la lige métallique pour vaincre la résistance de l'air et se perdre au moment même de sa génération.

On peut donner à la même expérience une forme digne d'intérêt. A la surface du conducteur, on visse vue tige de cuivre verticalement dirigée et dont l'extrémité est aiguë. On pose sur son sommet une petite tringle droite de laiton portant une chape métallique à sa partie centrale , et dont les deux extrémités terminées en pointe sont courbées en sens inverse , à angle droit et dans nu même plan.

Aussitôt que l'on fait tourner le plateau , on constate qnc le conducteur ne conserve pas rc^lfc'ricité, et l'on voit

de pfan la tringle horiiootHe prendre un i rotation de plus en plus rapide.

Ce petit appareil est nommé êomrmifmst éketriqme, P»dant longtemps on a cru ponvmr trouver la raison de mouvement de la tringle dans l'éconleoient du fluide libre par les deux pointes terminales. On asiimilait ce phénomène à eeini qui se passe dans un également connn dlea expérimentateurs, le hydraulique. Mais il suffit de réfléchir quelques instaoti pour se convaincre que l'identité des oonditioiis n ot qu'apparente. La rotation dans l'appareil que nous dleoi n'est pas due à la réaction , mais à la répulsion qui s opère entre les extrémités de la tige mobile et l'air qoi, au contact, est chargé de la même espèce d'électricité.

iuLcrucni âTuospaiiiQui.

Lea physiôens du 18* siècle, dès qu'Us connurent lei effets de la bouteille de Leyde, faction plus puissante des batteries électriques , soupçonnèrent l'identité de Félec* tricité et de la foudre. Mais la démonstration de ceUc grande vérité appartient lont entière à Franklin et le place parmi les physiciens les plus iHwtres, comme la découverte des paratonnerres le met au rang des bienfaiteun de l'humanité.

Les premières expériences indiquées par Fnnklia, tentées ensuite par Romas et Dalibard, consistaient à étudier dans lee nuages même le fluide électrique. Le temps paraissait41 orageux , vu cerf-volant portant une tige métallique et suspendu au moyen d'un fil conducteur était lancé dans les airs. L'extrémité de la corde éteit séparée du sol par un support isolant ; à peu de distance, nue tige métallique profondément enfoncée en terre, terminée supérienreeoient en pointe , était destinée à préserver l'observateur de la décharge électrique. Lon du passage d'un nuage orageux dans le voisinage do cerfvolant , au moyen d'un excitateur à manche isolant, oa put soutirer des étincelles magnifiques ayant jusqu'à dix pieds de longueur, et accompagnées d'un hrnit senbUr ble à l'explosion d'un pistolet

Ces belles observations ne laissent aucun doute sur l'identité du fluide électrique et de la foudre. Dans des recherches semblables, faites au moyea de l'éledrofliètre et d'une tige métallique suppoHée à une grande hantenr, on reconnut bieotêt que les nuages sont chargés tanlut d'électricité vitrée, tantôt d'électricité résineuse.

Mais ces expériences , où un observateur allait chercher le tonnerre jusque dans les nues, étaient bien dangereuses , et le physicien Richman , foudroyé dans son appartement à Saint-Pétersboui^, paya de la vie son amoar de la science.

L'électricité n'existe pas à l'état de liberté dans la nuages seulement, l'air lui-même est constamment chsrgé d'une proportion variable de fluide électrique ; c'est es que l'on met en éridenoe en faisant communiquer la gsrniture d'un électroscope avec une tige métallique s'élevant dans l'air à quelques mètres au-dessus du soL

Pour faire ces expériences , dont la durée peut Hn très -grande, sans concentrer d'une manière ezdusive l'attention de l'observateur , Franklin eut l'idée d'appliquer à son appareil un moyen d'avertissement très-ingénieux que nous allons faire connaître ; c'est le eariUo» ileetrique.

La tige méullique communique avec une barre de Isiton horisontele supportent trois timbres A, R, C ; deoi situés à chacune des extrémités, l'autre placé au milise de la tringle. Les timbres A et C sont suspendus par dei chaînes couductrices , le timbre R par un fil isolant Eotre A, R et entre C, R, existent deux petites sphères creuses de cuivre fixées à la barre par un cordon de soie. Le timbre central isolé de hi tringle oommmnnique «vec \f •ol 9U moyen d'ane chaîne métellique. i\^

éLRCTRlGlTÉ. — If AGNËT18MË.

Taiift ^*«Boiui nug» Aedriiiiie ne.vient dina le voUit nage de la portion aérieniie du ■yftàme, nul phéiKH mène ne ao manifeate. Il n'en eat paa de même, lora de aoa p«Mag« * «t l'on entend lea pendulea frapper avec forée contre lea timbrée.

Voici d'aillenra la mtoniame fort aimple de cette expériencew Sappoaoaa que la tringle ae charge de fluide libre par infloenoe , lea timbrée A et C partagent aon état électiiqiM. lia attirent le fluide de nom contraire dea aphèrea, ei eellea-ci ae portent vera eux juaqu au contact ; maia, dèa qo'ila aont diargéa d'électricilé de même nom (pie celle da A et C , ila aont repouaaéa et arrivent an contact de B avec une viteaae aaaea grande ponr lui faire rendre un aon. D communiquant avec le réaersoir commun décbaige lea pendulea, lea remet à félat naturel, et ila aont de nouveau influencée par A et C. Le bruit du carillon dore donc tant que l'appareil eat chargé par Tinfloeoce de l'électricité atmoaphérique.

De Sanaaure, pour conatater Texiatence du fluide électrique libre dana Tair, fît de nombreuaea eipériencea dana lea Alpea»

Un éleetroraètre d'une grande aenaibilité communiquait par aa garniture i une longue chaîne métallique conductrice, portant une aphère métallique à aon extrémité. Cette boule était projetée en l'air à une hauteur telle que la chatne tendue quittât la garniture de l'électromètre. Ce phyaicien reconnut que, dana une atmoaphéve aèche, cet inatrument indique conatamment la préaoïce de l'électricilé poaitive.

Loraqoe l'air eat chargé d'humidité, la nature dn fluide libre eat variable : tantôt il eat négatif, tantôt il eat poaitif. Dm expériencea analoguea, entrepriaea par If. Becquerel aor lea montagnea de l'Auvergne , l'ont conduit aa même réaultaL La préaence conatante du fluide poailif dana Tair aec a été confirmée par lea expériencea de Gay-Loaaac et Biot dana leur mémorable aacenaion aéro- •latiqne.

Loraqne pluaieinra nnagea, chargea lea usa d'électricité poaitive, lea autrea de fluide négatif, aont ameoéa par lea vente à une aaaea petite diatance, la diaposition dea floidee électriqnea change dana cbaeon d'eux par nne réaction facile à comprendre d'aprèa lea loia de î électricité par influence.

Ilaia ai la tenaion dea floidea accumuléa devient trop grande, ila ae précipitent l'un vera l'autre pour conatituer du fluide neutre en ae rencontrant; telle eat, dana aa plua grande généralité, l'origine dea oragea. La production d'électricité libre en grande abondance apparaît le plua aouvent loraque cea nuagea électriqnea ae réaolvent en ploie.

La lumière qui accompagne la recompoaition dea fluidea électriqnea dana l'orage eat connue aoua le nom d'édair. La direction de l'éclair ou de l'étincelle indique celle anivant laquelle a'opére la décharge électrique. Celle étincelle ae porte tantôt d'un nnage à l'autre, tantôt d'un nnage à la terre ; on dit alora que la foudre tombe.

L'apparence que noua oftreni lea éclaira eat variable ; Muvent c eat nne lueur vague plua ou moina éclatante qui aubitement illumine une aaaex grande étendue de ciel et deaaine nettement le contour deê nuagea, tela aont lea 4cUir$ dijMâ^ que l'on obaerve le plua fréquemment dana lea oragea. La accoude eapèce d'éclaira , plua rare que la précédente , maie beaucoup plua commune que lea auivanta, offre aux regarda l'apparence d'un aillon linéaire décrivant ploaienra xigiaga éblouiaaanta.

Lea déchargea qui foudroient la terre aont preaqne toujonra acoompagnéea de cea éclairs tn $ilioni.

Enfin* dana dea caa plue exceptionnela, on obaerve dea éclair* gphiriqui», aortea de boulea lumineuaea, ae tranaportaat lentement dea nuagea à la terre et produisant Umi lea «ffeta de la fondre.

li. Wheaatooe a prouvé, par dea expériencea optiqnea d'une grande délicateaae , que la durée dea éclaira du premier et du aecond genre eat de beaucoup inférieure à un millième de accoude.

Lea éclaira que l'on obaerve dana lea oragea aont aoivia, aprèa un tempa plua ou moina long, d'un bmit violent connn aoua le nom de tonnerre, La production d'un aon éclatant eat due à la bruaque raréfaction de l'air an moment du paaaage de l'étincelle immenae qui conalitue l'éclair, et à l'irruption rapide dea couchea gaieuaea environnantea loraque l'équÛibre dea fluidea tend i ae rétablir.

Lea roolementa caractériatiquea dn tonnerre paraiaaent dua, aoit à la réflexion du aon , aoit k dea renforcementa qu'il anhit en traveraant dea couchea aériennea de différentea denaitéa.

Loraque l'orage eat trèa-rapproché , on entend le tonnerre au moment même où l'éclair apparaît Ifaia ai la fondre éclate à une certaine diatance , Téclair eat viaible immédiatement ; tandia que le coup de tonnerre ne ae fait enleudre qn'aprèa un intervalle de tempa variable. Un obaervateur peut connattre approximativement l'éloignement d'un orage en comptant le nombre de aecondea qui aéparent l'éclair du coup de tonnerre , et multipliant ce nombre par 333 mètrea, vileaae du aon dana Tair.

Si l'orage eat aitné au aénith » c eat-à-dire immédiatement au-deaana de la tête de l'obaervatenr, le produit obtenu indique la hauteur de# nuagea où ae paaae le pbé* nomène électrique.

La foudre , loraqn'elle tombe à la aurface de la terre, produit aur lea corpa qu'elle traverae lea effeta du paaaage de l'étincelle électrique , maia avec une intenaité aouvent terrible. Elle ae porte de préférence aur lea corpa bona conductenra, lea métaux ou lea aubatancea humidea; elle enlève, déplace, brise lea corpa aolidea, enflamme lea hoia, fond ou volatiliae lea métaux. Lea animaux qu'elle rencontre aur ion paaaage périaaent le plua aouvent aana aucune léaion bien apparente. Mata , empreaaona-noua de le dire , cea effeta effrayante aont trèerarea, et le tonnerre, dana noa climata au moina, fait nn bien petit nombre de victimea. Il n'en est plua de même dana lea climata tropicaux , lea oragea y préaentent nne intenaité aouvent effrayante dont ceux dea iatitndea moyennea ne peuvent donner qu'une faible idée.

Il eat un effet de la fondre que noua ne dévoua paa omettre de aignaler, et qui eat reaté longtempa aana explication convenable , on le désigne généralement aoua le nom de ehœ ea relour.

Il arrive aaaes fréquemment que dee animaox ou dea bommea aent tnéa dana la campagne , bien qu'au moment de leur mort la foudre ne aoit tombée qu'à nne diatance trèa>conaidérable du Ken où ila ae trouvent.

L'explication de ce aingulier phénomène noua préaente une application dea notiona tbéoriqnea que nous avoua expoaéaa aor l'éleetriaetion par influence. Tontea lea foia qu'un nuage eat fortement chargé de fluide électrique, il agit par influence aur toua lea objeta terreatrea placée à une certaine distance , lo sommet dea édificea dana lea villea, lea arbrea, lea êtrea animée daaa lea plainea ae trouvent ainai plue ou moina fortement électriaéa. Quelle que aoit la proportion de fluide qui a'accnmule par influence , ancou accident ne ae manifeate ai le nuage vient k a'éloigner lentement. L'électricité condenaée reforme petit à petit dn fluide neutre avec celle qu'elle emprunte au aol.

Mais il n'en eat plua de même ai un orage éclate , et ai le nuage perd inatantanément l'électricité condenaée dana aes moléculea. Lea objeta terrestres empruntent encore au aol le fluide de nom contraire i celui qu'ila contenaient déji , maia la combinaiaon a'opère avec une ai grande japidilé, qne ce paawge bmaque de l'éleetricité

tri

INSTRUCTION POUi LE PEUPLE.

ne t'opère pat inpanément à trttert le eorpi dM étrei animés , et ilt éproof ent aimi ordUuirement les terribles effets de U foudre.

Les phénomènes du choc en retoor se font d'ailleurs sentir avec une énergie d'autant plus grande que les corps traversés par l'éleclricité sont de meilleurs conducteurs, tel est , comme on le sait , le cas des animaux et de l'homme.

On peut mettre en évidence la vérité de la théorie précédente , au moyen d'nn appareil connu sous le nom de pittolet de Voila. Cest un flacon métallique dans lequel on fait arriver un mélange inflammable d'oif gène et d'hydrogène. La paroi latérale de ce vase est traversée par un pelit tube de verre dans lequel passe une tige métallique, dont l'extrémité terminée en boule se recourbe jusqu'à une faible distance de la surface intérieure.

Pour mettre cet instrument en expérience , on place le flacon bien bouché sur la pièce de bois qui supporte le plateau d'une machine électrique. Puis on fait communi-

Îier la tige latérale avec le réservoir commun au moyen une ch^e métallique.

Lorsque l'on fait tourner le plateau de la machine électrique, le pistolet de Volta se charge de fluide libre par iufluence. Mais aussitôt que l'on tire une étincelle du conducteur, il y a une vive explosion due i l'inflammamation du mélange détonnant II est facile de se rendre compte du phénomène en considérant que lorsque la ma* chine est déchargée, l'électricité libre dans l'appareil tend à reformer du fluide neutre. Or, elle peut emprunter l'électricité contraire au sol , soit par le bois sur lequel le flacon est posé et qui est un conducteur imparfait, soit par la chaîne métallique qui est un excellent conducteur. C'esl^ar cette dernière voie que Tafiluence du fluide est le plus considérable, aussi une étincelle jaillit entre le bouton métallique et la paroi du vase , et cette étincelle détermine la combinaison brusque de l'hydrogène avec l'oxygène.

il est inutile d'insister sur l'analogie qui existe entre les conditions de cette expérience et celles que l'on obeene dans le phénomène naturel du choc en retour.

Habitant des Etats-Unis , pays souvent ravagé par les orages , Franklin , dès qu'il eut démontré l'identité du tonnerre et des phénomènes électriques, fit la plus heu* reuse application de sa découverte en trouvant le para^ tonnerre. Cet appareil , destiné à protéger contre la foudre les habitations, et la vie des hommes qu'elles renferment, est essentiellement constitué par une longue ba. re de fer placée au sommet de l'édifice, et communiq:''ant par une suite de conducteurs métalliques jusqu'à une portion du sol présentant une humidité convenable, on mieux se terminant à un courant d'eau.

La tige du paratonnerre et la chaîne métallique doivent être parfaitement isolées du reste de l'édifice par des eorps mauvais conducteurs. La barre de fer est ordinairement terminée en pointe ou surmontée d'une petite tige de platine aigué. Cette forme n'est pas absolument nécessaire; elle augmente cependant la puissance de l'appareil , et on ne doit pas la rejeter.

On comprend facilement, d'après les principes généraux que nous avons exposés, comment un paratonnerre peut servir à protéger un édifice composé de corps mauvais conducteurs contre les effets de la foudre , en fournissant au fluide électrique un chemin facile jusqu'au sol, c*est-à^ire au réservoir commun où il se perd.

La pratique a appris aux constructeurs que la tige d'un paratonnerre protège contre les effets de la fondre la surface d'un cercle dont le diamètre est égal à quatre fois sa hauteur.

Après avoir démontré l'existence de l'électricité libre dans l'atmosphère eWavoir fait connaître les principaux phénomènes météorologiques dont elle est l'origine , il

Mile à indiquer ee q«e Toa eemialt 4e fèm eact relativement à son dévetoppement à la suf&ce du giebei

Ce que l'on sait sur eette partie de la physique est entièrement d aux intéressantes reehercbee de M. PouilIeL

On a cm pendant longtemps que le penege de rcua , de l'état liquide à l'éUt de vapeur , est une cause de séparation pour les fluides électriques. Le savant que nous venons de citer, a prouvé que celle assertion est inexarle. Si on fait communiquer un creuset de platine rougi avec le plateau d'un électromèlre condensateur , et que Ton projette dans son intérieur, de l'eau parfaitement pnre, quelle que soit la durée de l'expérience, il est impossible de saisir la moindre manifestatioo électrique m moyen de cet appareil si délicat

Mais il n'en est pas de même si, an lieu de déterminer la vaporisation de. Tean pure dans ce creuset , on y fait bouillir' une dissolution même très-peu chargée de snb-

Au bout de peu d'instants , on reconnaît en sonlevaut le plateau supérieur de l'instrument qae les lames d'or ont une divergenee considérable , indice certain de la présence d'une certaine |»t»portion d'éleelricHé nûss en liberté. Au moyen de cette disposition expérimentale, on reconnaît même que , suivant le rMe chiniqne des substances tenues en dissolution dans l'eau , la natare da fluide électrique accumulé dans l'éleetronièlre condensateur varie de signe.

U résulte de ces observations que lorsque Fean d'une dissolution s'évapore, les principes fixes se èhargcnt de fluide libre et l'eau, à l'état gaxeux , d'éleetridté i traire.

Nous pouvons faire l'appUcation de la de ces faits à l'étude de la production de l'éleclricité atmosphérique. La surface du globe est recouverte dans une grande partie de son étendue par l'eau des mers ; or ceUe-d est tonjours chargée d'une asseï forte proportion de sels.

U est facile de comprendre que l'évaporatioa ineessante qui se passe sur cette surface immense doit être, et est en réalité, l'origine de la quantité considérable de fluide libre qui existe dans l'air. Si donc la condensatiea de la vapeur d'eau est souvent, comme nous l'avons vn, la source des orages , il est digne de remarque que l'évaporation est la cause de la séparation des fluides éleetriques.

If. Pouillet, après des expériences faites snr la eombuation du cariMue , avait cru pouvoir conclure que les phénomènes chimiques qui se rattachent à la respiraliee des végétaux jonent nu rêle important dans le développement de l'électricité libre dans l'air. Mais les recherehct qu'il a faites <ur ce point sont compliquées de tant de causes perturbatrices, qu'il paraît bien difficile d'arriver à une conviction arrêtée.

Il est donc certain que l'évapontion qui s'opère ssni cesse à la surface de la terre est la cause principale, sinon unique , des phénomènes électriques dont nous venons de nous occuper dans ce chapitre.

Avant d'aborder l'étude de l'électricité en monvemeol on éiêarodpumipte , il est nécessaire d'exposer snr le théorie des aimants quelques notions sans lesquelles les faits qu'il nous reste à exposer pourraient souvent parsftre obscurs.

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