‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 50 sur 291 · V. os Lt PBSâSITBUR OB L AIR · texte numérisé non relu

V. os Lt PBSâSITBUR OB L AIR

Toricelli et Otto de Guerickesont les premiers qui aient soupçonné que Tair était pesant Le baromètre inventé par le premier sert à mesurer ce poids et è constater ses fariations ; on baromètre est donc une balance : l'un des plateani est chargé de la colonne mercurielle ; l'autre supporte la colonne atmosphérique de même poids dont ie sommet est aux limites de l'atmosphère. Dans le baromètre à cuvette, l'atmosphère presse sur la surface du roercve de cette cuvette ; dans celui i siphon , sur celui de la courte branche du siphon. Deux corrections sont nécessaires pour avoir IH véritable longueur de la colonne de mercure qui fait équilibre k l'atmosphère dans nn moment donné : 1^ Il faut tenir compte de la température An mercure , et réduire la longueur de la colonne à ce qu'elle serait si ce mercure était k* lérO ; 2° il faut tenir compte de la dépression capillaire en vertu de laquelle la colonne barométrique est d'autant pins courte que le tobe est plus étroit. Les traités de physique contiennent des tables propres à faire ces réductions ; on les trouvera aussi dans la traduction du Coun de météorologit de k'amtz , pag. 242 et 246.

Ptviofi'oM dimnu du karvmkré. • — Le poids de TatoBO* sphère change pour ainsi dire à chaque instant *II est sujet à une variation diurne analogue i celle de la température. Sons l'équatenr cette variation est très-grande et d'une régularité telle qu'on pourrait , suivant l'expression de M. de Hnmboidt , connaître l'heure d'après la hauteur dn baromètre. Les oursgans les plus violents , les orages les plus terribles font à peine baisser le baromètre de quelques millimètres. Il en résulte que quelques jours d'observation suffisent presque pour déterminer les lois de cette variation horaire. A mesure qu'on s'avance vers le Nord , les perturbations deviennent plus fortes , les oscillations plus grandes , et la variation diurne est complètement masquée par ces mouvements accidentels et irrégnliers. Dans l'hémisphère boréal , on peut dire d'une manière générale que le baromètre baitMe depuis midi jusqu'à 4 h. on 5 h. dn soir ; puis il remonte, et atteint sa plus grande hauteur entre 9 h. et 1 1 h. dn soir. Il baisse de nouveau jusqu'à 4 h. dn matin et remonte jusqu'à 10 h. A mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère les variations diurnes s'éteignent , et les heures des maximâ et des minima sont déplacées. La variation dinme barométrique n'a pu encore été eipliqnée d'une manière bien satisfaisante; les uns l'attribuent aux changements de température dus au cours du soleil , les autres à des influences électriques.

Hauteur moyenne du baromètre cm hord de la mer, — Elle va aussi en diminuant de l'équatenr au pôle, même en tenant contpte dn changement de l'intensité de la pesanteur avec la latitude. Voici quelques nombres qui donneront une idée de cette diminution.

Macao. . . Lat 23« N. . . . 762, 99«™.

Naples 41 762,34

Paris 49 761,41

Apeorade ... 55 759,58

Bergen 60 757,01

Spitxberg. ... 75 756,76

Uéme en France , cette différence est appréciable : ainsi j'ai trouvé les nombres suivants pour la hauteur moyenne du baromètre dans les quatre villes nommées ci-après et supposées toutes les quatre au bord de la mer.

IlsneiUe . . . TfS—.U I Paris 761«»,41

Avignon. ... 762 ,0% \ DaDkorqm . . 760 49

HauUur dm baromitre danê leê diférents Moit. — A Paris «'est dans le mois d'octobre que sa hauteur moyenne est la plus faible , tandis qu'elle est la plus forte dans le mois de février. D'une manière générale , on peut alBr* mer que la pression est tonjours plus forte en hiver qu'en été.

Roie des vents baromiiri^, -^ Le baromètre n'a pas la même hauteur suivant les différents vents. Si donc l'on construit une rose des venta et qu'on note la hauteur dn baromètre qui correspond à chacun d'eux , on obtient une rose des vents barométrique. Cette rose n'est pas la mime dans les différentes saisons. A Paris , en moyenne, c'est par le N. 24o E. que le baromètre est le pins haut ; par le S. 5° O. qu'il se tient le plus bas. Mais en hiver c'est par le vent dn N. qu'il est le plus haut , et par le S.-S.-0. qu'il est le plus bas. En automne c'est par le N.-O. qu'il est le plus haut, et par le S.-S.-0. qu'il est le plus bas. Au printemps, son mininnm correspond au S.-E.

En Laponie , sous le 70« degré de latitude , la plus grande hauteur correspond, pendant l'hiver, au N.-B., la plus tkible au S. En réunissant toutes les données qui nous sont fournies par l'Europe , on peut établir cette loi générale : que le baromètre atteint son maximum quand les vents soufflent de l'intérieur du continent, son minimum quand ils viennent de l'équatenr on de la mer.

Lignée isobarométriqurM,:^ Si, dans une longue série

d'obierTBtkms , on note chaque moii le point le plu Iih et le point le plni élevé du haromètre , et qn*on prenne la moyenne de cet écarta, on obtiendra Tamplilnde moyenne de cet oadllations. Nom avons déjà dit qne cette amplitude allait en diminuant de l'équateur au pâle. Ainii, enire le 10« et le 33* degré de latitude N., elle nett que de 4<"<»,5. Du 36« au 47S elle ett déjà de IS*»""; euBo, eulre le 52' et le 69«, elle s'élève à 31™*", 6. Les lignes qui passent par tous les points de la terre où Toscillation annuelle moyenne est la même se nomment iiobarométriqtuê. Ces lignes ont une importance bien moindre que loe lignes isothermes; aussi ne nous arréleront-nous pas à indiquer leurs courbures et leur trajet.

Stai du harowUtre pendant la pluie, — Le baromètre est > employé vulgairement en France comme prophète météorologique. On p^nse que sa baisse annonce la pluie, tandis que sa hausse fait présager le beau temps. Celte opinion est fondée sur doa obeervations justes mais mal interprétées. Nous avons vtt que le baromètre était plus bu par les vents compris entre le S. et le S.'-O. que par cent compris entre le N.-O. et le N.-B. Or les premiers sont des vents chargés des vapeurs de l'Océan, qui se résolvent très-souvent en pluie ; les seconds , traversant des continents , sont secs , et rarement accompagnés de pluie. Supposons que le vent do N. règne dans l'atmosphère: si le baromètre eommence à baisser, on pourra annoncer avec une grande probabilité qu'il sera remplacé par on vent de S. -0. ; souvent même on remarque déjà que ce vent règne dans les hautes régions de l'atmosphère. Or, ce vent étant chargé de vapeurs , la pluie est probable ; mais elle peut être amenée aussi par le vent du N. Supposons en effet que le S.-0. sonfQe et que le temps soit beau , le baromètre commence à monter, le vent du N. s'établit peu à peu, mais il refroidit l'atmosphère; les vapeurs amenées précédemment par le S. -0. se condensent et se précipitent sous forme de pluie. C'est là un de ces cas nombreux où l'on accuse le baromètre de mensonge. Il parait qu'à Paris il mérite cette accusation environ une fois sur cinq. La haussse ou la baisse du baromètre annoncent donc des changements de vent et non des changements de temps ; mais la ploie étant le plus souvent amenée par le S. -O. , ses prophéties sont le plus souvent réalisées. A Pétersbourg, où il pleut indifléremment par tous les vents, les indications do baromètre sont sans valeur. Rn général , il est presque impossible de prévoir les changements de temps parcequ'ils dépendent d'une foule de phénomènes variés dont la plupart se passent dans des régions de l'atmosphère qui nous sont inaccessibles. Toutefois , on peut à cet ^rd émettre quelques probabilités. Voici l'ensemble des signes qui, le soir, doivent faire craindre de la pluie pour le lendemain : 1<* si le soleil, en se couchant, est accompagné d'un crépuscule d'un rouge très-intense ; %o n Ton remarque à rhoriion de longues bandes minces de cirro-stratus ou au sénith des cirrus très-légers (si ces cirrus marchent du S.-0. au N.-E. , la probabilité de pluie deviendra presqnnne certitude) ; 3® si la nuit est sereine et qne les étoiles scintillent, ou que le ciel se couvre de nuages; À^ si le baromètre baisse rapidement et uniformément , et qne la température s'élève en hiver et s'abaisse en été ; 5° si l'hygromètre marche à l'humide, ou simplement que les corps d'origine végétale, tels que des cordes, se raccourcissent, tandis que des cordes à boyau ou des liens d'origine animale s'allongent. L'ensemble de ces signes réunis rendra le mauvais temps probable; mais pendant la nuit toutes les conditions météorologiques changent souvent brusquement et ces prévisions fâcheuses ne se réalisent pas.

Hauteur du baromètre pendant Ue tempêtee, ^- Les orages et les coups de vent sont toujours précédés d'une

baisse barométrique d'autant plus forte qn on s'âoigne plos de l'équateur. Aussi, une baisse de quelques miUimètrca sous la ligne a-t-elle autant de signification qne celle de plusieurs centimètres au delà du cercle polaire. Dans une grande tempête qui parcourut une partie de l'Europe en février 1783, le baromètre baissa considérablemeot sur toutes les régions parcourues par la tempête: ainsi , dans le centre de l'Angleterre, il s'abaissa à 31 millimètres au-dessons de sa hauteur moyenne; en France, en Allemagne l'abaissement fut de 11»m 4 somm et à Rome de 7 millim. On pourrait citer un grand nombre d'exemples semblables, tons montrent qne les grandes oscillations barométriques indiquent de grandes pertorbations atmosphériques ; mais souvent ces perturbations ne se manifestent pas dans la région dont l'observateor occupe le centre , elles ont lien sur des points plus oa moins éloignés de celui où il observe son instrument.

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