VI. DES PHéNOMàWBS ^LBCTBIQUBS DR L ATUOSPRàUB
NoUet est le premier qui ait nettement indiqué Fanalogie qui existe entre les phénomènes électriques et ceux de la foudre (1). Depuis lui, les expériences de Dalibard, Romas et Franklin ont prouvé l'identité de cea deox phénomènes. Plus tard on découvrit que lea nuages 00 les vapeurs suspendues dans l'atmosphère étaient presque toujours chargés d'une certaine quantité d'électridlé. On la reconnaît à Paide d'un électromètre. Uême par on temps serein, l'air donne des signes d'électricité. Ces signes deviennent plus manifestes par des temps de brouillards , lorsque la rosée se précipite ou pendant la pluie. Les gouttes sont quelquefois tellement chargées d'électricité, qu'elles deviennent lumineuses en touchant le sol.
Formaii&n dee orages. ^-^ Dans aucun phénomène l'électricité ne se manifeste d'une manière aussi évidente que dans celui-ci; mais il n'en est point où son r&ie soit plos difficile à analyser. En général les nuages orageux sont d'abord petits, et s'accroissent rapidemnl par la précipitation des vapeurs qui les entourent; en peu de temps ils recouvrent le ciel , dont le bleu eat ordinairement très-pâle. Dans d'antres cas il se forme, sor différents points de l'horixon, des nuages qui restent isolés ou finissent par se réunir ; ils sont caractérisés ea ce que les eimu des parties élevées de l'atmoephère passent à l'état de eirro-eumulut épais , et les cumuhu forment une masse compacte et uniforme de eumuio-atrutus: c'est ce que l'on voit bien surtout quand Toragefe forme à l'horison. La masse entière présente des oppositions de lumière fort remarquables : dana quelques points elle est d'un gris foncé et dans d'antres elle ofTrt des couleurs brillantes passant au jaune ; on y voit des stries allongées d'un gris cendré. Quand le soleil est pr» de se coucher, ces nuages sont jaunâtres à l'O. ; cette couleur passe au gris et au bleu , et il semble qu'on regarde le paysage à travers un verre jaune on orangé.
Souvent l'orage se forme plusieurs heurea «vaut d'éclater. Le matin le ciel est complètement pur, vers midi on remarque des eirrus isolés qui donnent un del on aspect blanchâtre ; le soleil est pâle et blafard, il y a des parhélies ou des couronnes autour du soleil. Plus tard les eumulus apparaissent, et en s'élendant ils se confondent avec la couche supérieure. Peu de tempe aranl que l'orage éclate on voit une troisième couche, qoe l'on remarque surtout dans les pays de montagnes : toutefois je l'ai aussi aperçue dans les plaines de l'Alleroigne , quoique moins bien que sur les Alpes.
La formation des orages est précédée d'une bsisie lente et continue du baromètre , comme celu doit être quand des cirrus occupent le ciel. Le calme de l'air ti une chaleur étouffante, qui tient au manque d'évaporstion de la surface de notre corps , sont des circonstances
(1) Uçon$ de phyaifue, t. IV. p. 314, 6« édlt.. 1771.
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IIETËOROLOGIE— PHYSIQUE DU GLOBE
toat à fait ciracléristiqaet. GMte chaleur n'afTecte paa proportioDoellement le thermomètre : elle est propre ux cooches ioférieurcs de Tair, car elle décroît rapidement avec la hauteur. Aioii, des observations correspondantes à ilooich et sur quelques montagnes de la Bavière font voir que, dans Tapiis-midi des jours d'orage, le décroisiement était de 1<* pour 78 m.; savoir: deux fois plos rapide que ce qu*il est en moyenne. Les observations do Saint-Golhard, comparées à celles des villes voisioes , prouvent la même chose. Le malin le décroissemenl de la température étant ordinairement fort lent, il en résalte occenairement, dans Taprès-midi, un courant ascendant très-intense , qui entraîne les vapeurs vers les régions supérieures de l'atmosphère, où elles se condenlent rapidement.
De r éclair, — (Test une étincelle électrique qui s'élance d'un nuage orageux i un autre. If. Arago dislingae trois genres d'éclairs : 1^ les éclairs en sillon ou en ligiag, qui quelquefois se bifurquent on se trifurquent à leur extrémité ; 2o les éclairs diffus qui se présentent sous la forme de lueurs et illuminent le contour des nuages, ce Mot les plus communs et les plus fréqnent« dans an orage; 3<^ les éclairs sphériqnes, on globes de fen, qui se meuvent avec lenteur des nuages à la terre , et sont souvent visibles pendant plusieurs secondes. Kn général, les éclairs sont d'un blanc éblouissant, quelquefois néanmoins tls ont une teinte violette semblable à celle de l'électricité dans le vide.
Du lounerrt. — C'est le bruit qui accompagne l'éclair. Ceux qui se trouvent dans le voisinage d'un objet frappé par la fondre n'entendent qu'un bruit sec plus ou moins fort, qui cesse brusquement De loin , au contraire , on entend on roulement prolongé, qui tient probablement à ce que les différents coups de tonnerre arrivent successivement i Toreille comme les décharges successives qui constituent on feu de file. L'intervalle de temps , qui varie suivant l'éloignement du point où l'explosion a lieu, est ordinairement de 3 à 16 secondes ; mais il peut s'élever à 50 et même 72 secondes. Plus linlerralie est long, et moins le danger d'être foudroyé est à craindre.
Efet$ dit la fimdrt, — • Lorsque l'éclair tombe sur an objet terrestre , il suit toujours les corps qni sont les mei'leors conducteurs:' tels que les métaux, et les subsUncâ homides. Souvent les métaux sont aimantés, qoelquefois fondus, et leur substance transportée soos forme de poossière impalpable sur d'autres objets. Quant aox corps mauvais conducteurs , la fondre les brise , les diiperse, les jette çà et U. Elle trace le long des arbres 00 sillon bien visible, qui va du sommet jusqu'au sol ; l'écorce est enlevée et lacérée. Lorsque les corps qu'elle atlrint sont combustibles', elle f met le fen ; qoelquefois cependant elle frappe les corps les plos combustibles sans les enflammer. Les individus foudroyés sont souvent sillonnés par le fluide électrique, ou présentent des ecchymoses ramifiées qui ressemblent aux branches d'an arbre. S'ils ne succombent pas immédiatement, ils restent longtemps paralytiques du côté frappé , dans le^ quel ils éprouvent de vives .douleurs et dej contractions nerveuses involontaires. La meilleure précaution à prendre pendant un orage , c'est de se coucher sur un malelu jeté au milieu de la chambre et recouvert d'un rideau de soie. On évitera de toucher des corps métalliques, tels qne l'espagnoletie de la fenêtre, un tuyau de gouttière on la serrure d'une porte. Il est bon aussi de ae débarrasaer de tous les objets métalliques que l'on porte sur soi, tels que couteaux, canifs, bijoux, chaînes. On cile dee exemples oà ces objets ont servi de condactenr au fluide électrique. U est rare qne, dans un orage, la foudre ne tombe pas sur plusieurs points; on cite même celai d'avril 1718, où 24 églises furent foudroyées aux cnvirana de Saint*Pol de Léon.
Paratomurrei, — • Leur utilité ne saurait être contestée et ils préservent presque toujours les édifices, lorsque leur construction est bonne. La pointe doit être de platine, afin de ne pu s'oxyder, et on la mettra en communication avec un sol humide, un cours d'eau ou un tonneau rempli de braise de boulanger et enterré dans le sol. Si la chaîne plongeait dans un tonneau rempli de charbon ou dans un réservoir maçonné, la condnctilité de la chaîne serait imparfaite.
OJew de la foaàrt. — Près de l'endroit où le ton** nerre est (osbé, on sent une odeur que la plupart comparent i celle de l'acide sulfureux, nomas l'a trouvée identique à celle des étincelles qu'on tire d'une machine électrique , qui est celle do ce corps encore pou connu que M. Schoenbein a désigné sous le nom d'oxoii«. Quoi qu'il en soit, cette odeur existe; les témoins varient seulement sur la manière de la caractériser, en la comparant à une odeur connue.
Tubes /mlminaire» oafulywUes. — Lorsque la foudre tombe dans du sable quartseux, elle y forme des tubes : résultats de la fusion et de l'agglutination des particules du sable. Ces tubes ont de I i 90 millim. de diamètre et jusqu'à 6 m. de long. Ils s'enfoncent souvent verticale* ment dans le sol et s'y perdent en se ramifiant Découverts d'abord dans les plaines sablonneuses de la Siiésie , ils ont été retrouvés depuis aux enrirons de Paderbom, de Dresde, de llonster, dans le Cumberland, en Hongrie, dans les dunes de Bordeaux et aux environs de Bahia.
Distribution des orages à la surface de la terre, -— Dans les hautes latitudes an delà du cercle polaire , les oragea sont presque inconnus. Kn quatre ou cinq ans, on entend le tonnerre gronder nue fois au Spitsbôrg, au Groenland et au cap Nord ; à Kaian , ou compte 9 orages par an ; à Irkoutsk , environ 8 ; tandis que , sur la cAte occidentale de l'Europe et en Allemagne , lenr nom* bre annuel s'élève à 20. Dans le sud de la Norvège , les orages sont surtout fréquents en hiver ; c'est le contraire eu Suède , où ils édaient principalement en été. 11 en est de même en France , en Suisse et en Allemagne. Dans Test de la France, le nombre annuel moyen des orages s'élève à 24 environ. Ainsi, de 1806 à 1827 , on a compté à Strubonrg 10 orages par an, en moyenne ; à Nancy, 20 ; à Mulhouse , 26. Dans le bassin de la Seine , le nombre annuel moyen n'est que de 16, dont les S/5^ éclatent en été. A Paris , ce nombre annuel moyen , dédoit des années 1785 i 1837, est de 13,6, distribnés de la manière suivante :
Hiver 0.S I Été 7.6
Priatoapt 3.8 j Anlonaa 1.9
Le plus grand nombre s'est montré en 181 1 : il y en a eu 25 ; le plus petit en 1823 : on n'en a compté que 6. Dans le busin de la Saône et du Rhêne, jusqu'à Viviers , on compte annuellement de 25 à 30 orages ; tandis qu'il varie de 1 5 à 20 dans le bassin de la Gironde. Leur nombre annuel moyen n'est que de 1 1 à 25 dans la partie de la France qui borde la Méditerranée. Dans l'Italie septentrionale et on Grèce , il )f a annuellement environ 40 orag^, et Venise occupe le centre de la région, en Europe , où ils sont le plus communs.
Entre (es tropiques , les orages se montrent régulièrement tous les soirs pendant la saison des pluies , et le tonnerre y éclate avec un frecas dont noos ne pouvons nous faire aucune idée dans nos climats.
Hauteur et étendue des nuages orageux. — Elles sont très-variables. Des observateurs placés sur le Brocken , à 1 140 m. au-dessus de la mer, prétendent en avoir vu an-dessous d'eux. Sur les Alpes , j'ai été plusieurs fois enveloppé de nuages , sur le Faulhom , à 2 683 m. andessus de la mer. Ils sont souvent beaucoup plus bas. Quelques mesures directes faites à Halle par M. Kaemtalui
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Les déchaiget des nuages qai composent on orage enlre eox sa font souvent sur des étendues de 10 à 15 myriamètres , et ces décharges sont la conséquence les unes des autres. Il en est de même du choc en retour , qui peut tuer des hommes ou des animaux sans que Ton voie la moindre trace de foudre. Imagines un noage dont l'extrémité p soit éleclrisée positivement, tandis que l'extrémité M est électrisée négativement et que p soit pins près de la terre que »; si l'extrémité n se décharge sur un antre nuage , l'électricité positive de p» qui n'est plus attirée par » , se combine avec le fluide terrestre , et il en résulte une commdUon mortelle pour les hommes ou les animaux i travers lesquels s'opère la combinaison des deux fluides.
Eclairt sans Unuurre. — Ces éclairs sont connus sons le nom d'éclairs de chaleur ; ils illuminent souvent l'horison i la suite des journées chaudes de l'été. Longtemps on a cru qu§ ces éclairs différaient de ceux des orages ; mais il est bien constaté maintenant qu'ils sont dus i la réflexion par l'atmosphère des éclairs dp véritables orages qui sont au-dessous de l'horixon de l'observateur. On s*est assuré bien souvent de ces faits de 1* manière la plus positive.
Feuxde SaitU'Slme, • — Lorsqu'un nuage orageux s'approche d'une pointe métallique , telle qu'un paratonnerre, la croix d'un, clocher, le mât d'un navire, le fer d'une lance , l'électricité de nom contraire qui s'échappe par la pointe devient lumineuse. En 1696, M. de Forbin vit plus de trente feux de Saint-Elme à l'extrémité des mâts et des vergues du navire qu'il commandait. Ce feu ne brûle pas , et n'échauffe pas même les pointes à travers lesquelles il s'échappe. Il produit on sifflement analogue « à celui de la pondre humectée qui brûle lenlement
Gréie, — Sa formation est intimement liée aux phénomènes électriques; car elle accompagne souvent les nuages orageux ou électriques. Sauf la grosseur, il n'y a point de distinction réelle entre la grêle et le grésil ; l'un et l'autre ont très-souvent la forme d'un^ poire, et se composent de couches alternatives de neige et de glace. Le centre est un noyau neigeux. Les grêlons peuvent atteindre une grosseur prodigieuse ; on en cite qui pesaient jusqu'à 500 grammes. En Angleterre, Taylor mesura des grêlons qui avaient 3 déeimct de circonférence , et Montigny et Tressan en ramassèrent à Toul qui avaient 8 centimèt de diamètre. Une grêle qui ravagea les environs d'Angonlême , le 3 août 1212, s'accumula dans les chemins et les vallons jusqu'à la hauteur de 8 - 1 0 déc. ; les arbres étaient dépouillés de leurs feuilles, les vignes hachées , tous les bestiaux mutilés ; on trouva même des louveteaux qui avaient été tués par la grêle. On raconte aussi qu'on vit tomber à Caxorla en Espagne , le 15 juin 1823, des blocs de 2 kilogr. qui enfoncèrent les toits delà ville; c'étaient probablement des grêlons agglutinés comme la niasse qu'on ramassa en Hongrie le 8 mai 1802 , et qui ftvait 1 m. de long sur 7 décim. de haut
GréU dans le» difirente$ êaisons, -~ En Angleterre , le grésil et la grêle tombent principalement en hiver, rarement en été. En France , c'est au printemps que le grésil , connu à Paris sous le nom de gihouUti , est le plus fréquent Dans le centre de l'Europe , la moitié du nombre total des grêles tombe pendant l'été.
Dùtribulion de la grêle à la tmfaee de la terre, -^ Sur les hautes montagnes, on essuie fréquemment des averses de grésil on de grêle à petits grains; c'est un fait connu de tons ceux qui les ont habitées. En Suisse, les pluies en été sont très-soi:\^eot de la grêle fondue. Certains villages paraissent privilégiés et rarement atteints par la grêle. If. de Sav^é, curé à Vernet (Puy-de-Dûme) , a vu la grêle tomber une seule fois en vingt-trois ans , tandis que les villages de Blansat, Chateangné et Sayat, dans le inême département, paraissent être condamnés annuelle-
ment à ses ravages. Boi^franco , village silaé an débouché de la vallée d'Aoste , est afOigé de ce fléau presque tons les ans. Il en est de même de Gressier, au bord do lac de Neuchâtel.
Les nuages chargés de grêle parcourent souvent on grand espace en peu de temps. Ainsi un orage décrit par Teissier commença le matin dans le midi de U France, et atteignit bientût la Hollande : sa vitesse était de 62 kilomètres à l'heure. Les pays ravagés formaient deux lignes parallèles divisées du S. -0. au N. -E. ; l'une avait 70, l'antre 80 myriamètres de long : la largeur moyenne de la ligne occidentale était de 16 ; celle de la ligne orieotale de 8 fcilomèt Un espace de 2 myriamèt de Ur^e qui séparait ces deux bandes «vait été complètement épargné.
Au bord de la mer, entre les tropiques, U grêle est fort rare ; mais elle devient plus fréquente à mesore qu'on s'élève. A Mexico (2 270»au-dessus de la mer), il tomba, le 1 7 août 1830, une grêle tellement abondante, que les chevaux en avaient jusqu'aux genoux.
La grêle n'est pas annoncée par une forte baisse du baromètre. Ainsi, en examinant les oscillations de l'instrument correspondant à 1 7 grêles très - fortes tombées en Allemagne, If. Kaemtx trouva que, dans trois cas, le baromètre montait ; dans les quatorxe antres, il n*a baissé en moyenne que de 2"*>^,5. Mais la formation de la grêle se lie à un déeroissement très -rapide de la. feaspémfnre qui prouve que la température s'est abaissée «ooaiiiérablement dans les régions supérieures de l'atmosphère.
Théorie de la grèU, ^ Maigfjé les efforU de VolU . Peltier et d'antres physiciens « il reste bien des obscurités dans la théorie de la grêle ; cependant on admet généralement qu'elle est due à l'action électrique de deux nuages superposés qui se renvoient réciproquement des flocoas de neige : ceux-ci se recouvrent successivement de neige ei de glace, et Unissent par acquérir une grosseo^uffisantc pour vaincre les forces attractives et répulsives des images ei 80 précipiter snr le sol.
Dee trombe». — Les trombes sont des phénomènes atmosphériques complexes dans lesqoeb lc| vent, les attractions et les répulsions électriques aiuf i que U combiiiaison des deux fluides jonent leur rûle et produiseot par leur réunion les effets les pins désastreux. M. Peltier est le premier qui, dans son ouvrage sur les trombes, ait nettement distingué et analysé ces effets. Les phénomènes des trombes sont produits par des nuages fortement éleclrisés qui s'approchent de la terre, repousses qu'ils sont par la couche des nuages qui leur est supérieure. Souvent ces nuages sont chargés d'éclairs et de flammes comme était celui qui ravagea les communes de Montvill^; et de Malaunay (Seine- Inférieure) le 10 août 1845 : ce nuage attira les objets terrestres, tels que des toits de bâtiments, le carrelage, le plancher d'un appartemcet, les souleva et emporta avec lui les objets moins massifs, tels que des planches, des branehes d'arbres, etc. Lorsque l'attraction est très-éneigiqne les bâtimeirts s'écroulent sur place, parce que toutes leurs parties disjointes sont attirées comme les balles de sureau dans l'expérience de la danse des pantins. Les arbres sont réduits en lattes minces, quelquefois en allumettes, et totalement privés de sève: ils sont complètement desséchés immédiatement après le posage du météore. On les désigne sons le nom d'«r- &rss clivée. Ces arbres sont brisés, et la rupture o(»Tespood à la région moyenne de la partie qui a été ainsi rédoile en allumettes. D'antres paraissent intacte extérieurement, mais leurs feuilles sont desséchées ; et au bout de qodque temps le vent les brise, et on les troave clivés s lintérieur. C'est après le passage du nuage électnsé qne se montrent les effets les plus violents, car la force do vent qui le transporte s'ajoute à l'attraction puissante que le nuage exerce snr tons les objets teirestres, et Digitized by LjOOQ IC
MÉTÉOROLOGIl;:.— PHYSIQUE DU GLOBE.
eo particolîer sor U terre , e( Teau contenue dan» le eol qui , mêlées à la lève des arbres vaporisés , forment une épaisse fumée comparable à celle que vomit un bantfoonieau alimenté par de la houille. Souvent les arbres soDl tordus , brisés , sans être desséchés, et jetés dans tODs les sens comme s'ils avaient été enlevés par un tourbillon ; mais, en général , leurs cimes sont tournées vers les points au-dessus desquels le nuage a passé. Les arbres clivés indiquent le trajet du météore. Les phénomènes de la recomposition des fluides se manifestent par des incendies on par réchauffement des matériaux de couftmction : ainsi le feu avait pris à Tune des fabriques de Uontville , les briques des bâtiments rainés étaient tellemeot chaudes que les travailleurs pouvaient à peine les tenir à la main. Tous les témoins furent unanimes sur ce point. Les objets métalliques sont aimantés, quelquefois brisés. Les hommes éprouvent des commotions d'une violence extrême, et leurs corps sont noircis par des par* ticnles terreusea transportées par la trombe. Quand la trombe passe sur un étang, elle le dessèche ; les poissons sont iviè% , ou rejetès sur le rivage. C'est à Taction attractive d'un nuage fortement électrisé qu'il faut attribuer ces phénomènes de transports , tels que des murs , des massifs de maçonnerie qui sont déplacés sans être détroits. On met ordinairement ces effets sur le compte de la foudre , mais celle-ci brise et disperse des objets , et ne transporte pas des masses énormes à des distances asies notables.
VIL DBS PBÉMOM^'ES OPTIQUES DS L'ATUOSPUàRI.
Transparence de Catwioêpkère. — Elle n'est pu parfaite , et c'est à elle qu'il faut attribuer la disposition des objets éloignés avant que leur grandeur apparente soit nulle. L'expérience de tous les jours nous montre aussi qae des objets distants sont tantôt très-visibles, tantôt moins. Les oppositions de teinte jouent aussi un grand rôle dans ces phénomènes : ainsi , tandis que les montagnes, qni se projettent en noir ou en bien sur le ciel , sont risibles de fort loin , les villes d'où on les aperçoit ne sont pas visibles du haut de ces montagnes, en ce qu'elles ne se détachent pas suffisamment des objets environnants. Ainsi: le Faulhorn est très-visible de Berne, et cette ville est i peine visible avec une longue-vue du sommet de cette montagne.
Couleur bleue de l'alwiotpkère; — Taudis que certains rsfons lumineux sont absorbés par l'atmosphère , d'autres sont réfléchis. C'est le rayon bleu du spectre que l'atmosphère réfléchit le mieux de toutes les couleurs du ciel. Le même rayon traverse difficilement l'atmosphère , comme le prouvent les couleurs du crépuscule, quand le •oleil se couche ; on y voit du ronge , du jaune , du vert mais point de bleu. Or )a couche d'atmosphère que les rayons solaires ont i traverser lorsque le soleil est au méridien est moins épaisse que lorsqu'il s'approche de i'horison , et il en résulte que les rayons réfléchis par les particules aériennes, tels que le bleu et le violet, ne parviennent po jusqu'à Toeil de l'observateur.
Crépuscule. ^- A mesure que le soleil s'approche de Thoriion, la portion du ciel voisine de l'astre se colore en janoe ou en rouge, le lénilh blanchit, en même temps ane teinte ronge paratt à Forient et sa coloration atteint len maximum au moment où le soleil disparaît sous l'horisoD. Bientôt la partie du ciel opposée au soleil derient d'an Ucn foncé , et un segment d'ombre monte vers le séoith : c'est la courbe antierépuscuUûre, Toute la portion do ciel circonscrite par la concavité de la eourbe est dans fombre projetée par la terre, et éclairée seulement par la losùère difhise du soleiL Sur les hautes montsgoes , on observe même, lorsque la courbe crépusculaire est couchée et que , par conséquent , aucune partie du ciel n'est directement éclairée par le soleil, une lueur que M. Bran-
des a nommée lueur crépusculaire. D'après les observa* tions faites par M. Bravais sur le Faulhorn à 2 683 m. de hauteur, cette lueur crépusculaire paraît encore même lorsque la distance sénithale du soleil est de 1 16° : c'estèrdire lorsqu'il est à 26o au-dessous de l'horison. Du haut de cette montagne, et plus tard du haut du Mont- Blanc, le même physicien fit des observations sur la teinte verte qui accompagne le jaune et le rouge : teinte verte qu'il attribue avec raison au mélange des teintes jaunes du soir avec les rayons Meus réfléchis par les couches supérieures de l'atmosphère. Aussi cette teinte verte se confond-elle avec la partie supérieuro de la bande jaune. Cette teinte verte projetée sur les montagnes couvertes de neige, telles que le Mont-Blanc et le Jungfreu, leur donne cette couleur cadavérique qui frappe tous les voyageurs d'autant plus qu'elle contraste an plus haut degré avec la coloration rose qni recouvra ces montagnes immédiatement après le coucher du soleil. Dans les pays du Nord, où le soleil ne disparaît souvent que pendant quelques heures, le crépuscule et l'aurora illuminent simultanément le ciel et présentent un mélange des conleun les plus vives et les plus variées. Bien , dans nos régions moyennes, ne peut donner l'idée de la magnificence de ce spectacle.
Bayons eripuseutaireê, — Quand un nuage intercepte U lumière d'une partie de l'atmosphèro , il projette une ombre qui obscurcit une partie du ciel ; et si le soleil se couche derrièra le nuage il lance ven le aénith de larges rayons dont il est le centra. Si le soleil et le nuage sont au-dessous de l'horiion, ces rayons sont encore visibles , et paraissent converger au-dessous de l'horison , par un effet de perspective analogue à celui qui fait que les arbres de l'extrémité d'une allée semblent se rapprocher.
ScintiUaUon des étoiles, — Toujours vive à l'horison , elle est quelquefois nulle au sénith ; mais , dans les nuits sereines qui précèdent les jours de pluie ou même dans les nuits où le vent chasse violemment les nuages dans le ciel qui se couvre et se découvra fréquemment , toutes les étoiles et même les planètes scintillent d'une manière très-sensible. Hoocke attribue ce phénomène à la réfraction inégale des rayons lumineux qui traversent des couches d'air inégalement échauffées. M. Arago l'explique par des phénomènes d'interférence , et cette explication a l'avantage de rendra compte en même temps des changements continuels qu'on observe dans les conleura d'un grand nombra d'étoiles.
Couronnes, — Le soleil ou la lune sont souvent entourés de cercles colorés dont le diamètre n'est que de quelques degrés. Ce phénomène est très-commun lonque la lune est entourée de nuages légen , et en particulier de cirro-cumulus. 11 est même rara qu'on ne remarque des traces de ces couronnes sur les nuages de ce genro qui entourant ou pusent devant le disque lunaire : quelquefois la couronne est complète ; d'autres fois on n'en distingue que les fragments. Elle se compose de plusieurs cereles concentriques; le plus voisin du soleil est d*na bien mat ; le deuxième est blanc et le troisième ronge. Si la couronne est complète , on dMngue encore dv pooM pre, du bleu , du vert, du jaune pAle et du ronge. Ce phénomène tient aux lois de la diffraction àtg rayons lumineux. Cest le même qu'on observe en regardant une lumière à traven une gase ou à traven une vitre sale.
AntkiHee, — Ce sont des cereles lumineux qui se montrent à Topposite du soleil loraque celui-ci est près de l'horison ; ces cereles , concentriques à la tête de l'observateur, ressemblent à ces gloires ou auréoles dont les peintres entourent les têtes des saints. Ils sont dus i la réflexion de la lumière par des chaumes ou de l'herbe mouillée, des vésicules de brouillards on de nuages placés à une faible distance du spectateur. OOQ IC
Halos. — On détigne toof ce Dom an ensemble de phénomènes opUqoet dus i U réfleiion et à là réfractioa des rayons solaires par les parlicales glacées qoi Bottent dans Tatmosphère.
Le cercle qui se voit le pins habitaellement et auquel on réserve le nom de balo a on rayon de 22o environ. Il -est ordinairement d'an rooge pâle , quelquefois à peine visible en dedans, et blanc ou bleuâtre en dehors. Ce cercle est dû i la réflexion des rayons du soleil qui traversent des crislaui de glace placés dans des positions très-variées. Aax deux extrémités du diamètre horitontal du balo, diamètre passant par conséquent par le soleil , on observe deux taches lamineuies, diffuses, rouges ou rougeâlres en dedans , et qui se prolongent au delà du halo ordinaire. Ces taches sont des parkiliei dus à la réfraction des rayons passant i travers des prismes de glace verticaux dont 1m faces forment entre elles des angles dièdres de 60<^. En faisant tourner rapidement sur lui-même un prisme composé de lames de verre ainsi inclinées Tune sur l'antre et rempli d*ean, II. Bravais a pu reproduire ce phénomène de la manière la plus évidente. Au niveau des parhélies , on voit en dehors du halo un cercle horisontal passant par le soleil et qui embrasse quelquefois toute la circonférence de Thoriion : c*est le cercle horisonlal ou parhélique engendré par la réflexion des rayons sur les prismes de glace i axe vertical. Quelquefois on aperçoit un arc tangent i la partie supérieure du halo ordinaire ; il est on peu rouge du cdté du soleil.
Olfe fl|ar« r«pr^MBt« dd kalo va à Pileo «n Saèd* 1« 4 oelobrc 1839. Il préMotc de haut co b«a 1« l'are elrcom-téaithal •iternc préieotaot les toiotct da tpectn ; S* le halo eitraordioaire oa cercle de 47* de rafoa ; S" ao are laogeot aa halo ordinaire ; 4» le kalo ordinaire ; 6» le loleil placé aa oestre da halo ordinaire ; 6« U cercle koriaontal oa parhéliqoe paatant par le loleJI; 7« 1m parhéliea placés à droite et à gaocke de rinteruelion do cercle parkéllqae avec le kalo ordinaire.
Il est plus rare de voir encore un arc appartenant à on cercle de 47® de rayon ; rooge en dedans , puis jaune et vert, qui a reçu le nom de kalo extraordinaire. Il s'explique par la réfraction des rayons lumineux i travers l'angle dièdre formé par chacune des faces d'un prisme hexa-
gonal et la base de ce prione. Cette forme de la gUce étant asseï oonminue , oo conçoit que ce corde se mootre quelquefois.
Enfin on peut voir uu arc présentant tontes les cooleurs de Tarc-en-ciel avec une vivacité comparable à celle de ce dernier phénomène , mais dont le centre est au sénith ; c'est le cercle drcumsénithal. On a sigoslé encore une foule d'autres apparences lumineuses concomitantes des halos; mais elles sont très -rares et peu visibles : aussi renvoyons-nous les personnes qne et sujet intéresse au grand mémoire que II. Bravais psblie sur cette matière dans le Journal de l'École polj* technique, année 1847.
Are-tn-eitL — Quand les rayons du soleil tombent sur des gouttes de pluie , on voit dans la région du dd qui leur est opposée un on deux ares teints des couleurs dn prisme. Cet deux arcs sont concentriques et leur cent» se trouve sur une ligne qui passe par l'œil du spectateor et le centre du solal. L'arc intérieur est odoi dont lei couleurs sont les plus vives ; le riolet se montre en dedans, le rouge en dehors, quelquefois le bord interne offre une répétition de couleurs, en lisérés fins, oà l'on observe du rouge et surtout do vert : ces bandes coloréei ont reçu le nom d'arcs surnuméraires. Dans rurc-cn-dcl extérieur, les couleurs sont disposées en sens inverse.
L*arc-en-ciel est dû à la réfraction des rayons do soleil dans des gouttes d'eau ; aussi peut-on le voir dsas une cascade, la pluie, les nuages, 1m gouttes «Tean qœ projettent les roues d'un bateau i vapeur, etc. , etc. Suivons la marche des rayons lumineux dans la goutte. Soit ABC une goutte d'eau. Le rayon S A émané da soleil , qui tombe sur ia goutte en A, est réfradf suivant A B. Arrivé ao point B, une portion sort l^de la goutte, lantre eii réfléchie suivant B C dans l'intérieur de la goutte, et au point C nne portion sort dans la directios C 0 et va frapper roeil de l'observateur, liais, dans son passage i travers la goutte, la lumière blanche est décomposée, et le spectateor aperçoit les couleurs du prisme , et surtout les deux extrêmes, le rouge et le violet L'ensemble de ces petite* images constitue l'arc- en-cici intérieur. Mais dans chaque goutte il y a une double réflexion, comme le montre la figure 2 :
le rayon S A est réfracté suivant A B , réfléchi snivsot B C, réfléchi une seconde fois solvant CD, et il sort inivant D O pour aller se peindre dans l'œil du spertaleor avec les couleurs dn prisme : l'ensemble de ces images forme l'arc supérieur ou extérieur. On comprend que chaque observateur voit un arc-en-del différent , puisqu'il ne reçoit que les rayons des gouttes convenablement placées par rapport i son œil. Quant aux arcs surnuméraires, leur explication se trouve dans la Théorie des interférences.