‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 56 sur 291 · COULEURS · texte numérisé non relu

COULEURS

Blenc-gris clair. . .

Blane - grisâtre avec

reflets bleas.

Bran-cbocoiat foncé

Blanc-grisâtre • ■ • { Blanc -d'argent. . .

Blanc-grisâtre . . .

Blanc-argentin . . .

Blanc-grisâtre . . .

t Gris-noir

) Gris-foncé

Blanc-argentin . . .

Blanc -grisâtre avec reflets bleas.

Blanc-argentin. . .

Gris

Noir

DIXSITéS.

DEGRéS

Ml rotiaiLiT^.

Id.

Id.

Id.

I H. Rose, en 1844.

Clans, en 184fi . .

Gris-noir.

ETAT NATUREI.

Alliage.

Alliage.

Sels.

Sels.

Sels, cblonire.

Sels.

(Un pen an - dèssons da roogp.

Snlfare, sels.

Sels.

Presque infasibl. Oxyde, sels.

• Oxyde, sels.

Sels.

Infnsible.

InfuMiilf.

Sols.

Sels.

Oxydes.

Sels.

Sels.

Sels.

Sels.

Sels.

Alliage.

Jasqo'aa renouvellement de la chimie par la théorie de Uvoisier, on a classé les métaux en parfaitt , imparfaite , dmi-méUntx.

Cetle classification, fondée sur des données très-fausses mr U natare de ces corps , a été remplacée par des méthodes plus scientifiques. La pins généralement adoptée Ht celle imaginée par M. le baron Thénard. Elle repose nir l'affinité plus oo moins grande des métaux pourfoxygène. Cette affinité est mesorée k l'aide de plusieurs nojeos différents qui ont conduit à grouper les métaux n 6 sections. Voici les caractères distinctifs de chaque lection.

U psBinàai section comprend les métaux qui peuvent ibiorber l'oxjgène à la température la plus élevée, et déeomposer subitement Teau , même à 0°, avec une trèsrite efrer\'escence. Ce sont :

Potaesion.

Sodina.

Litliinai.

Barynm.

Strontinn

Calcinm.

Magnésian.

Ces métaux sont si oxydables, qu'on ne peut les conttrrer avec tout leur brillant que dans de l'huile de Bipbte. Qu'on jette un globule de potassium dans l'eau , u&iitol le métal s'agite rapidement et tournoie i la nrface du liquide , puis presque immédiatement il s'enrdoppe d'une flamme rougeâtre un peu violette. Après Rt singuliers phénomènes, il disparaît en faisant entendre une légère crépitation. Ces effets sont dus à la démoiposition de l'eau et à l'inflammation du gas hydrof:ne , mis en liberté par suite de la haute température ilefeloppée par la réaction du métal. L'oxyde de potastium. ou la potasse , se dissout dans l'eau , qui possède ^ors la propriété de verdir le sirop de violettes.

Arec les autres métaux de la même section, la réaciioQ n'élant pas accompagnée d'un dégagement aussi fort de chaleur, le gaz hydrogène qui se dégage ne prend pwfea.

L^ oxydes de ces métaux étaient et sont encore con- RQi sons les noms de potasse, de soude, de lithine, de balr^. de ttrontiane, de chaux, de magnésie. Jusqu'en 1 807, on les considéra comme des substances simples , et on l^s désignait , la potasse et la soude sous le nom à' aléa" '" , les autres sous celui de terres alcalines. C'est le célèbre chimiste anglais sir H. Davy qui . en utilisant la prodifjieuse action décomposante du fluide électrique , Parvint à la découverte des radicaux métalliques de ces ilcalis. Voici comment il opéra (fig. 21) :

I' mit un morceau de potasse caustique, a, hiimerlée

d'un peu d'eau, sur une plaque de platine h communiquant avec le fil positif c d'une pile électrique d de 250 couples, et il amena sur la potasse le fil négatif e de cetle

(Fig. 21.)

pile. Il vit bientôt le fil négatif se recouvrir de petits globules métalliques , mous comme la cire , plus légers que l'eau, et s'enflammant avec vivacité au contact de ce liquide ; c'était un nouveau métal qu'il nomm% potassium. Si l'on voulait se procurer le potassium an moyen de la pile de Volta , comme le fit sir H. Davy, son prix serait aussi élevé que celui du diamant. L'on doit aux deux grands chimistes français Mlff. Gay-Lussac et Thénard l'invention d'un procédé qui a beaucoup diminué la cherté de ce métal. Ces messieurs , en 1 808 , décomposèrent la potasse au moyen de rognures de fer portées à une très-haute température ,. et sur lesquelles cette matière fondue coulait peu à peu. Le fer prenait l'oxygène en s'oxydant , et le potassium descendait à l'état pur dans un réserx'oir *piacé au-dessous. Voici leur appareil pour cette belle réaction {fig. 22).

(Fig. M.) ahy tube contenant la potasse ; mn^ grille portant des charbons rouges qui chauffent la potasse et la font desrendre dans le tnbe courbe r contenant le fer, et placé

an centre (Tnn bon foumean i réverbère ; le potasfium, mif en liberté, vient en vapear te condenser dans le réservoir d rempli de naphte. Les petits tubes ef plongent dans des vases i7 remplis de mercure , et sont destinés i donner issue aux gaz en excès dans l'intérieur de l'appareil.

Depnis quelques années, on a renoncé au procédé de HIT. Gay-Lussac et Thénard pour adopter celui que Curaudau a indiqué en 1808, et que M. Brunner, de Berne, a perfectionné : il consiste à désoxygéner la potasse au moyen du charbon , en opérant dans une cornue de fer placée au centre d'un fourneau à vent. On obtient ainsi le potassium à meilleur marché. Le sodium est extrait de même , en substituant la soude à la potasse. Le potassium et le sodium sont les deux agents les plus puissants que la chimie possède , et, sous ce rapport, ils lui ont rendu d'immenses services et fait faire des progrès inespérés. Leur affinité pour l'oxygène est si prononcée, qu'ils décomposent presque tous les composés oxygénés , les oxydes ,* les acides , les sels , les matières organiques. C'est par leur moyen qu'on a pu mettre en liberté plusieurs corps simples engagés dans des combinaisons très-stables , et qui avaient résisté jusquelà à tous les procédés ordinaires de décomposition. Ainsi, le hore, le silicium, le zireonium, le glueynium, Vyttrium, V aluminium , le magnèiiwm, l'tiraiitttiii , n'ont été obtenus i l'état de pureté que depuis la découverte du potassium et du sodium.

Pour offrir un exemple de ces décompositions , nous 'indiqueront la manière dont M. Wohier a obtenu Valuminium en 1828 (fig. 23).

a creuset de platine renfermant 1 0 parties de chlorure d'aluminiumti 1 partie de potassium mélangées.

Le creuset est bien fermé avec un couvercle, parce que la décomposition est trèfl-vive. Une lampe i esprit-de-vin b chauffe le creuset et opère la décomposition. Il se forme du chlorure de poiauium , et l'aluminium devient libre.

^ *' '' Après le refroidissement ,

on traite la masse par l'eau, qui dissout le chlorure de potassium sans attaquer l'aluminium, qui est en poudre. Les composés du potassium, du sodium et du calcium sont surtout ceux qu'il importe de connaître.

La POT.48SI et la soudr du commerce ne sont pas des oxydes purs, mais bien des cabbonatbs, toujours associés à quelques sels étrangers ; on les obtient par l'incinération des plantes terrestres ou marines. Il est peu de substances qui aient reçu autant d'emplois que ces produits. Leur usage le plus ancien et le plus fréquent est de servir au blanchissage du linge , en raison de la propriété que possèdent les alcalis et leurs carbonates de dissoudre les matières organiques , grasses ou colorantes qui salissent les étoffes. La soude est la base des savons durs, la potasse celle des savons moiA. L'une et l'autre sont indispensables i la fabrication du verre, des glaces, des cristaux. La potasse concourt à la préparation de plusieurs sels très-utiles , nitre , alun , eau de Javelle , bleu de Prusse, etc.

Voici l'indication des sels de potasse et de soude que l'industrie emploie :

A«>T.4TB DB POTASSB , uitrc OU Salpêtre : sert à faire la poudre à canon par son mélange avec le soufre et le charbon ; entre dans la composition de tons les feux d'artifice ; c'est un oxydant puissant ;

Cbi^ratr nR POTASKR : consommé en grande quantité

jM

ponr fabriquer les allumettes chimiques à/reUememt , duii lesquelles il est associé an phosphore ; c'est lai qui foomi! l'oxygène nécessaire à l'inflammation de celni-ci ;

Chrôuatb db POTASSB : utilisé dans la teinture et poor

rendre les couleurs végétales plus solides sur les tissât ;

BoRATB DR soi'DB , borojc , tinkal : sert aux orfétrrr)

pour la soudure , aux chaudronniers pour braser le fer

pour étamer le cuivre :

Sllpatb DR sot'DB , Mcl de Glauher : sert en méder in< comme purgatif, et dans les arts ponr obtenir la soud< artificielle ;

AxoTATB DB sot'DR . Salpêtre du Chili ou du Pérou : sert à obtenir l'acide asotique. Voici comment on opèrr daoj

ce cas {fy. 2i i On introduit luO parties de sel dijii une cornne en verrr a avec 70 parUe* d'acide snlfnriqiif .

et on chauffe le m^ lange. L'acide s'empare de la sonde di sel pour former du sulfate de sond« fixe et met en lil>erlé Ca- (Fig. 24.) çjjg Motique , qai

passe en vapeurs dans le ballon b, puis se condense daiu le récipient c. On en obtient 130 parties à -42^ de coocentration.

Chlorl'rb SODIQUB , sel wutrin , sel de cnisime. Celoi-<i. traité de la même manière par l'acide salfurique, fouro*( l'acide chlorhydrique ou esprit de sel da commerce. Uaii dans ce cas , la réaction qui s'établit entre les denx nutières réagissantes est plus compliquée. L'eau cooieniir dans l'acide salfurique est décomposée ; tandis que ton oxygène oxyde le sodium du sel marin et forme ainsi dr la soude dont l'acide s'empare , son hydrogène s'unit u chlore et produit l'acide chlorhydriqae , qui ae dégage m épaisses vapeurs blanches. La légende suivante permet àt mieux concevoir cette théorie :

S«li

Eu.

= Acid« ' cblorhfdriqae |

Sodion. . . .

Chlore. . . 1 f Hydrogène./ ) Oxygène Acide lalforiqoe ....

Quant à la chaux , tout le monde sait qa*elle est la hsv de ces ciments et mortiers an moyen desquels on rénaii et soude, pour ainsi dire , les matériaux de constroctiuG . On ne la trouve dans la nature qu'en combinaison s\*n des acides qui masquent ses propriétés ; elle forme dt^ sels dont les principaux sont : le surate de chaux , qai . calciné, constitue le /y^r«, dont les usages dans la bâlifsc* sont asses connus , et le carbonate de chaux , qui s'ofTnf sous mille formes différentes et apparaît en iromen»*!! chaînes de montagnes. C'est rn calcinant au rouge, dân >

des fours appropriés (fig i5 . I.' calcaire grossit r ou la pierre c chaux, qu'on obtient la cAmtr r<ntftique on la ckaiLx vitf , c'csl-i-dirr privée d'acide carbonique. Celle-ci, arrosée d'eau, l'absorbe avec pronif»titude, en dé^a- <P'8- *«•) ge«nt beancfup

de chaleur , augmente singniièremeut de volume ou foisonne , comme on dit en termes techniques, et se réduit finalement en une poussière blanche ; c'est alors de Yh-

irgtt àt cktmx poar le cbimitte , et ponr le maçoo de U ckau éteinte. 11 y a Doe espèce de ch«ox , foarnie par crrtiio» calcaires argileax, qui possède la singulière propriété de darcir soas l'eau , ce qui la rend préférable à toatfs les autres pour les constructions hydrauliques ; c'est ce qu'on appelle la chaujp hydraulique,

La âfuu)\DB SECTION des métaux comprend ceux qui prarrot , comme les précédents , absorber Toiygène à la tfmperatare la plus élevée, mais qui ne décomposent plus l'eau à 0°. Ils ne la décomposent avec une vive ef- Imejccnce qu'à une température voisine de 100» et même au-dessus , mais toujours bien au-dessous de la chaleur ronge. Sont dans ce cas :

GloqDium. Terbiam. Lanihane.

AlaaioJaiB. * Erbiam. Didfmiam.

Tboriaa. tTaoloB. llangMéte.

VttriaiB. CériaiD.

De tous ces métaux , rares et précieux, deux seulement oDt des composés utilisés dans l'industrie ; ce sont le ■AKjftfMM et Yalmmimium.

le SIROWDE yAVGAVIQUK OU OXVDR NOIR DR MANGANESE

srl à pn'parer le chlore , à colorer les verres et les cristaui ea améthyste ou en violet , et à obtenir le gaz oxygiroe. Poor ce dernier usage, on le calcine au rouge dans une <-ornue de grès.

Quanta l'oxyde d'aluminium ou ai.i:mine, il existe dans tooj les sols propres à la culture , et surtout en très ^nde proportion dans les espèces de terre qu'on défigof sous le nom spécial d'argiles. Il y est associé , par loie de simple mélange , à des quantités variables de silice oa sable et d*eau, et parfois aussi à des carbonates de rbaux et de magnésie , i des oxydes de fer et de manganèse, et enfin à des substances organiques. C'est avec ces argiles, comme on le sait , qu'on fabrique les poteries, depuis les plus communes jusqu'à la porcelaine la plos fioe, les tuiles, les briques et les carreaux d'appartement. La couleur ronge que l'on remarque dans ces derniers objets est due à l'oxyde de fer propre aux argiles 00 glaises communes.

Combinée à l'acide silicique et k d'autres oxydes , l'a- Inmine constitue une grande partie des gemme» ou pierres précieuses , des minéraux terreux. C'est elle encore qui fstia liasedel'ALLN, sel si précieux pour la teinture, et qui est formé d'une combinaison de sulfate d'alumine et de lulfatc de potasse on d'ammoniaque.

U TRoisiKifB SECTION renferme les métaux qui peuvent wcore absorber l'oxygène à la température la plus életre . mais qui ne décomposent plus l'eau qu'à la chaleur ronge ou à la température ordinaire, en présence des ««des énergiques. Ce sont :

Frr. Ztee. Chrimt.

Nkkei. CAdaina. Vanadiom.

Ubtit.

Qui n'a pas observé avec quelle promptitude le fer poli te rouille ou s'oxyde au contact de l'air? Quand le serrurier martèle une barre de fer rouge de feu sur une enclume , il s'en détache de larges écailles brunes , qu'on appelle ^liiuret ; c'est encore , comme la rouille , un oxyde de f^ produit par l'absorption directe de l'oxygène de l'air ^ le métal.

Le zinc , chauffé au contact de l'air, brûle avec une belle lumière blanche en se convertissant en une substance blanche , floconneuse , excessivement légère. C'est de \ oxyde de une.

Nuns avons vu , d'un autre côté , le fer décomposer la tapeur d'eau que l'on fait passer sur lui alors qu'il est rouge de feu , comme aussi ce même métal et le sine <l^*oxygéner Peau à froid sous l'influence de l'acide sulfnriqne , en mettant son hydrogène en liberté.

Le PRi est assurément le plus précienx des métaux

CHIMIE GÉNÉRALE

pour l'homme , car il ait Time de toutes les industries , de tous les arts , la source de presque tons les biens. La perfection de son travail est partout le terme de l'intelligence : et l'on pourrait en quelque sorte , comme l'a dit le célèbre Thcnard , mesurer la civilisation d'un peuple par la quantité de fer qu'il consomme.

Ce métal existe en quantités immenses dans la nature, surtout à l'état d'oxydes , de sulfures , de sels. L'oxyde ferrique pur et cristallisé forme des montagnes entières, au Brésil, en Suède, dans l'Ile d'Elbe, etc.; c'est le/er oligiite ou ipéeulaire. V aimant naturel, qui est aussi très-abondant en Suède, en Norvège, en Piémont, en Hongrie, dans les monts Ourals, est un composé des deux oxydes de fer, l'oxyde ferreux et l'oxyde ferrique. Un autre minerai important est celui qui accompagne généralement la houille ; c'est le fer spathique ou carbonate de fer. dit aussi /er des kouillèra; il présente l'immense avantage d'être placé à côté du combustible à l'aide duquel on obtient le fer purifié.

L'extraction du fer est un art tout entier, et des plus étendus. Il consiste à enlever l'oxygène au métal , ^n chauffant le minerai avec du charbon ou du coke. Cela a lieu presque toujours dans des fourneaux particuliers qu'on appelle hautt'/omnuaux , à cause de leur grande hauteur comparée à leur largeur. Voici un de ces fourneaux (Jig. 26) très-employés dans le nord de l'Europe. La chaleur qu'on y développe est énorme ; elle est nécessaire pour que le charbon puisse enlever l'oxygène à l'oxyde

(Fig. [26.)

de fer, et surtout pour fondre les matières terreuses qui enveloppent le minerai et l'empêcheraient d'être attaqué par le charbon ; le fer, privé d'oxygène et fondu, s'unit à une petite quantité de carbone et de silicium, et se change en fonte. Celle-ci , par l'affinage , c'est-à-dire chauffée de nouveau dans un feu de charbon ou de coke , sous le vent d'un soufflet, abandonne peu à peu le carbone et les autres matières étrangères qui s'oxydent , et se trouve ramenée à l'état de fer ductile et malléable ou de/er doux. Le fer en barres le mieux préparé retient toujours des matières étrangères , 1 p. 0/0 environ de charbon et de silicium.

Vaeier est du fer combiné & quelques millièmes seulement de carbone et de silicium; c'est un carburi db FKB, contenant généralement moins de carbone que la fonte. On le prépare en exposant longtemps le fer à l'action du charbon sous une température fort élevée. Les modifications que présentent les divers procédés donnent lieu aux diverses sortes d'acier du commerce ; le meilleur est Vaeier fondu; c'est lui qui prend le plus beau poli ; on l'emploie de préférence pour la coutellerie fine, la bijouterie d'acier, les ressorts de montre , les instruments de chirurgie. Ce sont les Orientaux qui enseignèrent aux Européens l'art de convertir le fer en acier. Les plus beaux danuis viennent encore de l'Orient. L'acier est préférable au. fer dans beaucoup de cas; il est plus dur, plus léger, plus flexible , susceptible d'un plus beau poli. Ce qui le caractérise surtout, c'est que par \a trempe, c'està-dire par son immersion dans l'eau froide alors qu'il est rouge de feu , il devient très-dur et cassant , pour redevenir flexible par une nouvelle chauffe et un refroidissement lent.

Le fer fournit aux arts un sel précieux , le sulfate PKRRRUX , plus connu sons le nom de couperose verte ou vitriol vert. Il sert à «obtenir l'encre ; c'est le principal ingrédient de la teinture en noir, en gris , en olive et en violet ; c'est avec lui que l'on monte les cuves d'indigo à froid , qu'on prépare le bleu de Prusse , le colcothar ou rouge d'Angleterre (oxyde ferrique) , qu'on obtient l'or en poudre nécessaire i la dorure de la porcelaine.

Le zixc est un métal dont l'usage se répand de plus en plus. On en couvre les édifices, on en fait des réservoirs, des baignoires, des gouttières, des robinets , etc. Les artificiers mettent à profit sa grande combustibilité pour la confection des chandelles romaines , des bombes et des fusées volantes. On en recouvre maintenant la tôle pour la préserver de l'oxydation ; c'est alors ce qu'on appelle le jèr galvaniti. II faut se garder de laisser séjourner dans les ustensiles en zinc ou en fer singué du lait , du vin , du cidre et des aliments acides ou gras , en raison de la facilité avec laquelle le sine s'oxyde et se dissout , en communiquant des propriétés vomitives et purgatives au matières dont je viens de parler. — Le sulfate de Mine est connu vulgairement sous les noms de couperose blanche , de vitriol blanc. Il sert aux indienneurs et aux vernisseurs ; c'est sa dissolution qui, en raison de sa grande densité, est employée à maintenir le niveau de l'huile dans les lampes hydrostatiques.

La QUATRiÈUB SECTION renferme les métaux qui peuvent encore absorber l'oxygène k la température la plus élevée ; qui, à la chaleur rouge, décomposent la vapeur d'eau; mais qui ne décomposent plus l'eau en présence des acides énergiques. Ces métaux ont une grande tendance à former des composés qui jouent le rôle d'acides , et qu'on appelle pour cette raison acides métalliques. Ce sont :

Tongatèoe. Ttntale oa Golombion. TltaDC.

Molybdène. Nlobiam. ]r:tBin.

OimtiiiB. Pélopiom. Aotimoint.

Aucun de ces métaux ne pourrait remplacer le sine dans la préparation du gai hydrogène au moyen de l'acide sulfurique , attendu qu'ils n'ont aucune action sur l'eau dans cette circonstance.

Les deux derniers sont les seuls qui nous rendent quelques services.

L'ÉTAiN, moins altérable que la plupart des autres métaux par l'air et les différents liquides, sert à confectionner une foule d'ustensiles pour l'usage domestique : des cuillères, des assiettes, des vases et des mesures pour contenir les liquides. C'est l'argenterie du pauvre. Il sert aussi à étamer les vases dans lesquels on fait cuire les aliments. On ajoute ordinairement du plomb à l'étain pour en diminocr le prix et le rendre plus facile à tra-

vailler. Dans la poterie d'étain , il y a dix-bnit psilies de plomb pour 82 parties d'éUin. La sowiure dês plombiers est composée de 1 partie d'étain et de 2 parties de plomb.

L'étain fournit à l'industrie un acide oxygéné , ïaciéf stannique , qui est employé à la préparation des éniaax ei qu'on obtient, soit par la calcination du métal à Taîr. soit par l'action de l'acide azotique, qui attaque rétaio avec violence et le convertit en une poudre blanche insoluble. C'est ce même acide qui , en masse ou en gros cristaux bruns , constitue essentiellement les mines d ëtain qu'on exploite dans les Indes , l'Amérique méridionale , l'Angleterre, la Bohême, la Saxe et l'Espagne.

Un autre composé encore fort employé comme mordant et c(Anme un désoxygénant précieux , c'est le chlorure d'étain ou sel d'étain du commerce , qu'on obtient en dissolvant le métal dans l'acide chlorhydriqne ; le chlore de ce dernier s'unit à l'étain , tandis qu'il se dégage de l'hydrogène d'une odeur infecte. Par 1« concentration et le refroidissement de la liqueur, le chlorure d'étoin cristallise en petites aiguilles blanches et brillanlea. Ce sel est très-commode pour enlever immédiatement ao linge les taches de rouille qui le salissent; on imbibe tout simplement l'endroit taché avec une faible dissolution acidulée de sel d'étain. Celui-ci enlèfe de l'oxygènf à l'oxyde ferrique de la rouille , et le change en oxyde ferreux incolore qui se dissout dans la liqueur acide.

Quant à I'antiuoine , métal blanc et très -cassant . il fournit à la médecine un oxyde et deux acides, un chlorure qu'on appelle , à cause de son aspect gras et onctueux , beurre d'antimoine , et qui est un des caustiques les plu* violents. A l'état métallique , il est utilisé pour durcir l'étain qu'on doit convertir en couverts, ou le plomb avec lequel on fabrique les caractères d'imprimerie : le plomb serait trop mou et ne pourrait supporter l'effort de U presse; l'antimoine seul serait trop cassant; leur union, dans les rapports de 80 parties de plomb et de 20 parties d'antimoine , fournit un métal parfait pour cette application.

Parmi les composés naturels de l'antimoine , le sulfure est le seul qui soit assez abondant pour servir à l'eitraction du métal. Il estei) belles aiguilles d'un gris de plomb et d'un aspect métallique assez vif. On le grille dans des fours pour en chasser le soufre et le convertir en oxyde , qu'on désoxygène ensuite au moyen du charbon (fy. 27 1.

* (Fig. 27.)

C'est avec ce sulfure qu'on se procure dans les laboratoires l'acide sulfhydrique ou gaz hydrogène sulfuré. Pour cela on le traite par 4 à 5 parties d'acide chlorfaf drique dans un appareil convenable. Le chlore de l'acide s'empare du métal du sulfure pour constituer un chlorure qui restr dans la fiole ; tandis que l'hydrogène de l'acide , en se réunissant au soufre du composé métallique , produit le gaz acide sulfhydrique, qu'on recueille dans des cloches placées sur un bain de mercure.

La civQUiiuE secTiox comprend les métaux qui peuvent encore absorber l'oxygène à la température la plus ckvtt.

CHIMIE GÉNÉRALE

et qui ne décomposent pins Tetn, oa que trèB-faiblementf ! i la plu forte chaleur. De ces métaax, deux forment tont i la fois des oxydes et des acides , trois ne forment que des oxydes.

UtTArX AaMPIAILCS. IHtAL'X SIILXMKXT OXYDABLES.

ArMDie. Cui?re.

Tellor*. Plomb.

Bitmoth.

L'absinic est bien connu en raison de la redoutable action de tous ses composés , qui , aux doses les plus faibles, aoéantissent la vie ches tous les êtres organisés. C'est principalement raciDS ARséxiEux qui sert à la perpétration de ces crimes , qui sont malheureusement si comnons à notre époque. Il est en masses vitreuses d'un blanc de lait ou en poudre blanche , à peine soluble et tapide. Heureusement qu'il a des caractères chimiques Irès-saillants qui permettent de le reconnaître aisément Ainsi , jeté sur les charbons ardents , il se réduit en vapeurs blanches en exhalant une odeur d'ail des plus intenses. Dissous dans l'eau, il donne avec l'hydrogène snifnré un précipité jaune floconneux très-abondant que rammoniaque redissout sur-le-champ. Si l'on introduit qnelqne peu de cet acide, comme d'ailleurs de tout autre composé arsenical , dans un appareil à gaz hydrogène {fig. 28) , à l'instant celui - ci entraîne avec lui l'arsenic qu'il a enlevé au poison, et donne un courant de gas Aydrogène arseniqué qui brûle avec une flamme blanche volomineuse et qui dépose sur la soucoupe de porrolaine qo'on pose au-dessus de cette flamme des petites taches miroitantes d'un gris d'acier ; ces taches sont de l'arsenic métallique provenant de la décomposition du gai arsenical. Par ce moyen on peut facilement retrouver des quantités infinitésimales d'arsenic dans les mélanges les plus complexes.

L'appareil qui sert dans les recherches de médecine légale pour cet objet est ce qu'on appelle Vappareil de Marsh , du nom du chimiste anglais , qui , en 1836, a proposé de recourir à son emploi. Le voici tel qu'on le monte faade l'hydro-

(Fig. 28.) bitaellement: le flacon a sert au dé;^ gène au moyen du zinc pur ; par le tube b on verse de l'acide sulfnrique pur étendu de 7 parties d'eau (J!g. 29) ;

(Fig. 89.) c'est aussi par là qu'on introduit le liquide où l'on suppose l'existence d'un composé arsenical. Le tube e de dégagement porte une petite boule qu'on remplit de coton, et dans le tnbe d, plus large et horizontal, il y a de l'amiante pour arrêter toutes les matières étrangères et l'eau que le gaz

entraîne avec lui. A ce derttier tube est adapté an long tube étroit e , effile à son extrémité et enveloppé d'une feuille de clinquant. Lorsque le gaz sort de l'appareil, on chauffe, au moyen d'une lampe à esprit-de-vin H, la partie du tube e comprise dans la largeur de l'écran en cuivre/. De cette manière , s'il y a du poison dans le liquide qu'on essaie , l'hydrogène arscniqui* , en se décomposant par la chaleur, dépose de l'arsenic , sous forme d'un bel anneau métallique , en avant de la partie chauffée du tube , et on peut en même temps mettre le feu au gai qui sort de l'appareil, et essayer de recueillir des taches sur une soucoupe. Par ce mode d'opérer, on peut retrouver jusqu'à un millionnième d'acide arsénieux. Les empoisonneurs ne peuvent donc plus échapper à la justice humaine, alors même que le crime remonte à une époque très-reculée ; car l'arsenic, pas plus que les autres métaux, ne disparaît des matières qui le renferment.

Les deux sulfures de l'arsenic , le jaune nommé orpin et orpiment , le rouge appelé réalgar, sont très-employés dans la peinture. Il en est de même de Yarsenite de cuivre^ pi us conn u sous les noms de vert de SehéèU et vert de Schweinfurtk; c'est avec lui qu'on fait ces belles couleurs vertes sur les papiers de tenture.

Le CUIVRE est certainement, après le fer, le métal dont on fait le plus usage dans les arts. Il s'altère cependant assez facilement à l'air humide ,• dont il absorbe un peu d'oxygène et d'acide carbonique pour former du carbonate . de cuivre ou vert-de-gri» très- vénéneux ; c'est ce qu'on remarque sur les statues de bronze qui ornent nos jardins publics. Cesl pour empêcher cette oxydation qu'on étame les ustensiles de cuivre de nos cuisines. — Aussi malléable que ductile, c'est un des métaux les plus faciles à travailler ; c'est aussi l'un des plus sonores , surtout lorsqu'il est allié à un peu d'étain : jroilà pourquoi les cloches, les cymbales , les timbres d'horlogerie , les sonnettes d'appartement, sont fabriqués avec un alliage de 78 à 80 de cuivre , et de 22 à 20 d'étain. C'est encore le même alliage , mais dans d'autres proportions , qui sert à faire le bronze ou V airain des statues , des médailles , des canons. Un autre alliage , tout aussi utile , c'est le laiton ou cuivre jaune , qu'on travaille de toutes les manières ; il est composé de 65 parties de cuivre et de 35 parties de zinc. Le ckrysoeal, qui sert surtout à la fabrication des faux bijoux, renferme seulement 10 0/0 de zinc. Un nouvel alliage qui imite assez bien l'argent de vaisselle, c'est le maillechort ; celui-ci contient , outre les deux métaux précédents , 1 8 à 20 0/0 de nickel.

Les sels de cuivre sont tous caractérisés par une couleur bleue ou verte , qu'ils soient solides ou dissous. C'est surtout le milfate, appelé communément vitriol bleu ou couperose bleue , qui rend des services. Il entre dans la composition de l'encre et dans la teinture en noir sur laine et sur soie. C'est avec lui qu'on colore en bleu les plumes portées par les dames. Lorsqu'on verse dans sa dissolution de l'eau de potasse ou de soude , il se précipite un hydrate (T oxyde cuivrique d'un très-beau bleu, que l'ammoniaque fait sur-le-champ disparaître en développant une magnifique couleur bleu-céleste : c'est alors ce qu'on appelle un ammoniure de cuivre; c'est l'eati céleste que les pharmaciens placent habituellement à la devanture de leurs officines.

Les principales mines de cuivre sont en Angleterre , en Suède, en Hongrie, en Sibérie, auMexique,au Chili, au Brésil , en Chine. C'est surtout le sulfure double de cuivre et de fer , ou cuivre pyriteux , qu'on exploite. On produit annuellement de ce métal pour une valeur de 80 millions de francs.

Le PLouB, qui, dans son état de pureté, est utilisé d'une foule de manières , en lames , en feuilles , en balles , en grains , donne à la médecine et aux arts des composés nombreux ot imporiants. Le résultat de son oxydation par

Pair coDttitoé le wuutieot, oo oxyde plombiqut^ qui , une foif foodn et crittalliié en petites écailles , prend le nom spécial de litharge. Ce massicot , palvérisé et cbanfré convenablement dans des foors , se snroiyde en partie et acquiert une belle coalear rouge; c'est alors le nùniitm : c'est on composé d^ojyde plowtbique et de turoxyde pUnn' bique. Ce minium sert à colorer les papiers de tenture , les cires molles et à cacheter « à fabriquer le strass , le flintglass et le cristal.

C'est avec la litharge qu'on prépare les sels de plomb , qni sont tous Ténéneux ; voici les principaux :

Cjiibo\«ts DR PLouB, appelé cénue , bUtne de plomb et blanc d'argent , avec lequel on colore en blanc les bois , les meubles, les murs, après l'avoir délayé et broyé dans l'huile;

AzoTATR DE PU>UB, utilisé dsns les fabriques d'indiennes et les teintureries ; *

Chrôuatr el socs-CBRÔuiTB DR PLOMB, qui constituent les couleurs minérales les plus éclatant^*» , et avec lesquels on donne de magnifiques nuances jaunes et oranges à la soie et au coton.

Les mines de plomb , principalement formées par le Mulfure de plomb , appelé vulgairement galène, sont trèscommunes en Angleterre, en Saxe, au Hartz, en Prusse, en Autriche, en Carinthie, en Espagne et en Savoie. Année commune , on en extrait pour une valeur de plus de 150 millions de francs.

Enfin la sixiiui section de la classification de M. Thénard contient les métaux dont les oxydes sont désoxygénés par la chaleur seule , à une température pins ou moins élevée, et qui ne décomposent l'eau dans aucune circonstance; ce sont :

Mereorc.

IridiOIB.

Araenl.

RothéDiom

Rkodiam.

PtlUdiDDI.

Or.

Ces métaux sont donc, de tous, ceux qui ont le moins d'affinité pour l'oxygène. Cette affinité est si peu prononcée, qu'à l'exception du mercure, on ne peut les oxyder en les chaufTant an contact de l'air ou de l'oxygène , et que leurs oxydes abandonnent leur oxygène même audessous de la chaleur rouge. C'est en calcinant l'oxyde ronge de mercure en vases clos que Bayen , Priestley et Lavoisier découvrirent l'oxygène.

Tons les métaux de la 6' section existent , par cela même de leur inaltérabilité dans l'air , à l'état natif dans leurs mines. Ce sont de tous les plus chers et les plus rares. Mais les seuls employés sont le mercure, l'argent, l'or et le platine. ,

Le uiRci'RE se distingue de tous les autres métaux par sa liquidité, qu'il n'abandonne qu'à un froid de 40" andessous de séro ; il est alors mou comme le plomb. Cette liquidité le rend très-précieux pour la construction des thermomètres et baromètres. Sa couleur blanche et m grande mobilité lui firent donner, dès les temps les plus reculés, le nom de vif-argent. Il ne bout qu'à -f- 360^ Ses vapeurs sont dangereuses à respirer, auui dans toutes les industries où l'on en fait usage les ouvriers sont pris en peu de temps d'un tremblement universel et nerveux.

Il s*allie très-bien avec la plupart des métaux, et quelques-uns de ses amalgames jouent un rôle important dans les arts. Ainsi , c'est avec Y amalgame d'itain qu'on communique aux glaces la propriété de réfléchir les objets ; c'est avec celui de bismuth qu'on donne aux globes de terre une apparence métallique. Les amalgame» d'or et d'argent servent à dorer et argenter le laiton el autres métaux. Vamalgame d'argent et celui de palladium sont ntiliiés depuis quelque temps par les dentistes pour plomber les dents cariées.

Le mercure se dissout très-bien dans les^acides , et fournit ainsi des ml/ates et azotates de mercnre qni ont

reçu des applications en méàtdaae et dint les aria U GatoRiM maccRBUx est un purgatif doux, trè^-sonfeat employé sons le nom de ealoméUu on de meremrt doux. Mais le CHU)RtDB uerciriqle qui , comme l'indiqoe sao nom , est plus riche en chlore que le précédent , est do des poisons les plus violents : aussi son ancien nom, iibUmi eorroêif, témoigne asses de sa redoutable action. On ne l'emploie, en médecine, pour le traitement df« maladies léoériennes, qu'à des doses infiniment petitps. Dans les empoisonnements par ce composé, on administn avec succès des blancs d'œufs délayés dans l'eau , psitt que le chloride mercnriqne, en s' unissant aux matière végétales ou animales, devient tout à fait insoluble dsos l'eau el n'a plus dès lors aucune action sur les membrao<i vivantes avec lesquelles il est en contact

Les substances organiques, plongées dans noe solotion de chloriJe mercurique , s'y durcissent à tel point qu'elles résonnent sous le marteau comme du bois, et sooi dès lors imputrescibles el inattaquables par les insectes n les agents atmosphériques. Aussi, sous ce rapport, ienblimé corrosif rend-il de grands services aux médecias pour la conservation des pièces d'analomie et des cadivres , et aux naturalistes pour celle des objets d'histoin naturelle.

C'est du sulfure de mercure ^ nommé cinabre, trwabondaut en Espagne, en Carniole, en Chine, au Japoa. qu'on retire tout le i if-argent employé dans les arts. U cinabre préparé artificiellement et broyé très-fin consiitar la belle couleur minérale nommée rermiUom.

L'argixt et l'oR, en raison de lenr belle coulear. do vif éclat et du beau poli qu'ils peuvent acquérir, de leor inaltérabilité dans l'air , de leur malléabilité et de leor ductilité qni sont telles que l'imagination peut à peine concevoir la légèreté des feuilles, la finesse des fili qu'os peut en obtenir , méritent assurément le rang qu'ils oal toujours occupé dans l'estime des hommes.

Les mines de ces deux métaux existent surtout dsns \t Nouveau-Monde ; en Europe, on en connaît dans la Hoagrie, la Transylvanie , la Norvège , la Suède , etc. L'irgent y est natif on i l'état de sulfure , l'or est toajoon libre, et c'est ordinairement dans des sables qu'il » montre en grains ou paillettes. On extrait annuellemeni de ces deux métaux pour une valeur conaidérable , qui va, pour l'or, à plus de 126 millions de francs, et qui s'élève, pour l'argent, à plus de 221 millions.

L'ur et l'argent seuls feraient de mauvaise monnsif. qni serait molle , susceptible de se déformer et s'usertit promptement. C'est pourquoi on les allie avec une petiU quantité de cuivre , qui leur communique nn haut de^rr de dureté et de solidité. Voici dans quelles proportioni on unit le cuivre à ces métaux pour en confectionner W monnaies, les bijoux, la vaisselle et tous les ustensili^ précieux.

OBJITN IX ARCIXT. OMIT* BIT 01.

UoDDâif de Francf.

Vaiiwlle

BijODX

KOO

CflJTIV.

lue

Or. Caixn.

fKM) 100

Le kilogramme d'argent pur vaut 222 fr. 22 cent, celui d'or pur vaut 3,444 fr. 44 c.

L'argent se dissout bien dans les acides. Son asotiti est très-employé comme réactif par les chimistes pour rvconnaître le chlore dans les liquides , et par les chirurgiens comme caustique pour ronger les cliain baveuses. Dans ce dernier cas , on le fait fondre et on le coule fo petits cylindres qui portent le nom de pierre infernale.

Quant à l'or, il ne se dissout que dans nn méUDgf d'une partie d'acide atotique et de 4 parties d'scidf chlorhydrique, mélange connu depnislpriû>ngtemps i le nom â'etiu régale, tized by ^ ^

CHIMIE GÉNÉRALE

Un métal non moins prédenz, mais pins rare que le précédent, est le'PLâTUVB, qui n'a été trouvé jusqu'à présent que dans les sables du Pérou , de la Nouvelle- Grenade , de la Colombie et des monts Onrals en Sibérie. Il y est disséminé en petits grains avec l'or granulaire, mais il n'est jamais pur; il est allié à d'autres métaux , le rhodium, l'iridium, le ruthénium-, le palladium et l'osmium, métaux qu'on ne rencontre que dans cette circonstance.

L'isolement du platine du minerai natif, si complexe, €st une opération longue et coûteuse , et comme ce métsl est totalement infusible, sa conversion en lingots, puis en lames , est fort difficile. Cela seul suffirait pour loi donner un prix élevé. Sa cherté, qui tient le milieu entre celle de l'argent et de l'or, limite malheureusement les services qu'il pourrait rendre à l'industrie et à l'économie domestique, en raison de son inaltérabilité dans l'aîr, de son infnsibilité , de son peu de tendance à s'unir aux autres éléments et de sa résistance à l'action des acides les plus énergiques. Il ne se dissout que dans l'esu régale. C'est surtout dans les laboratoires et les fabriques de produits chimiques qu'il est utilisé sous forme de creusets , de capsules , de chaudières, d'alambics. Certaines fabriques d'acide sulfurique posst*dent des vases et nstensiles de ce métal pour une valeur de 50 à 55,000 francs.

Le platine possède, lorsqu'il est très-divisé ou en mas- Ks poreuses , la propriété remarquable d'enflammer le gu hydrogène dans l'air , ainsi que Doebereiner d'iéna l'a constaté en 1823. C'est i cette observation qu'on doit l'inventioD des briquets hydro^piatiniques. Voici comment on les construit (fy. 30) :

Dans un bocal a b e l, pourvu d'un couvercle en cuivrejaune auquel estsoudé une cloche renversée, on met de l'eau acidulée par l'acide sulfurique. Un morceau de s J sine est suspendu i un fil de cuivre e, et, par son immersion dansle liquide, il donne lieu i une production d'hydrogène qui s'accumule dans la cloche. Lorsqu'on ouvre le robinet placé au-dessus du couvercle, le gax s'ér happe par un tuyau capillaire et va, sons forme de courant, frapper l'éponge de platine qui est renfermée dans une petite cage A. L'é- {FiB 30 ) P®"5* s'échauffe , rougit et

' enflamme le gas qui met le

feu i la petite lampe placée sur le couvercle entre le robinet et la cage. Le platine ne change pas d'aspect, n'augmente ni ne dimmue de poids, mais il perd assez proroplement la faculté d'enflammer le gaz ; on la lui rend toutefois en le chauffant au rouge ou en le trempant dans l'acide azotique.

DES LOIS SUtVAVT LESQUELLES LES C0BP8 SB COIfBLVBNT.

Maintenant que les faits les plus généraux de la science nous sont connus , nous pouvons exposer quelles sont les lois auxquelles les corps simples et composés sont soumis dans leurs combinaisons respectives ; car il ne faut pM croire que celles-ci se fassent au hasard , aient lieu d'une manière accidentelle ou arbitraire, suivant tons les caprices de notre imagination. Tous les phénomènes de la chimie, qu'on le sache bien , sont dus à des déplacements continuels de matière , à l'union ou a la séparation des corps ; rien ne se perd, rien ne se crée, et dans

chaque réaction , les corps qui y prennent part présentent une invariabilité, une fixité dans leurs poids respectifs , bien dignes de fixer l'allention. C'est surtout à propos de la chimie qu'on peut dire que tout s'y fait arec poids et mesure, d'après des lois fixes, étemelles, immuables : aussi le secours de la balance , invoqué pour la première fois par Lavoisier, est-il à chaque instant appelé à vérifier l'exactitude des résultats obtenus. C'est là ce qui donne à la chimie une supériorité si marquée sur les autres sciences naturelles , qui n'ont aucun moyen rigoureux de contri^ler les vues théoriques et d'évaluer les forces qui agissent dans la production des effets ou des phénomènes.

Les lois dont je veux parler ont été entrevues, en 1777, par deux chimistes allemands, Wenzel de Dresde et Richter de Berlin; mais ce n'est qu'en 1807 qu'elles ont été nettement formulées par Dallon de Manchester. Je vais réduire à la plus grande simplicité possible l'exposition de ces lois remarquables.

Prruij^rk loi. Les corps ne se combinent point en toute espèce de proportions. On remarque, au contraire, qu'ils ne forment jamais entre eux qu'un très-petit nombre de composés dont les cléments sont toujours, relativement les uns aux autres, en des quantités invariables.

.Ainsi, par exemple, l'oxygène, le soufre, le chlore, ne s'unissent à un métal quelconque que dans 1 , 2, 3 ou 4 proportions , rarement dans un plus grand nombre ; et dans chacun des oxydes , des sulfures ou chlorures qui en résultent les quantités pondérables d'oxygène et du métal, du soufre et du métal, du chlore et du métal, sont toujours fixes, quelles que soient les circonstances dans lesquelles ces composés métalliques prennent naissance.

Nous dirons donc, d'une manière générale, que la combinaison des corps a lieu en proportions constantes et définies. Cette loi ne souffre pas d'exceptions et s'applique aussi bien aux corps gazeux qu'aux corps solides et liquides. Elle est connue sous le nom de Inionn des

PROPORTIONS DiPINIBS.

DsuxiàuE LOI. Lorsqu'un corps simple peut s'unir i un autre en plusieurs proportions , on remarque toujours des rapports simples entre les quantités du premier, c'està-dire que, la quantité de l'un des composants restant constante dans les différents composés qui prennent naissance, celle de l'autre augmente progressivement dans chacun d'eux et dans des rapports multiples très-simples. Un exemple va mieux faire concevoir cette loi remarquable.

L'oxygène et l'azote s'unissent à l'état de gax en cinq proportions distinctes. La quantité de l'azote restant la même dans tous les composés , celle de l'oxygène varie dans les rapports suivants :

100folomMd«gâiuo(cj ftOfol.d«gâioiyg««|,, j^ ^,^j^^, • ooiiMot Bwecj poor lorBerj '

100 100 l'oxfde aiotiqar.

100 150 l'acid» Btotooi.

100 200 l'acid* bfpo-asolk|a«.

100 850 l'acide atoliqaa.

On voit par là que les nombres qui expriment le volume de l'oxygène ajouté i 100 d'azote sont entre eux comme les nombres 1/2, 1, 1 1/2, 2 et 2 1,2.

Ceci prouve donc que, lorsque, dans une série de composés auxquels les deux composants sont communs, l'un de ces composants varie en proportions, les nombres qui expriment ces proportions, en poids ou en volumes, sont entre eux comme les nombres 1, 2, 3, 4, 5, c'est>à-dire dans des rapports multiples très-simples et constants.

Cette loi, connue sous le nom de ThiIorie des pbopob- TioMS MULTIPLES , cst remarquable par sa généralité , car elle embrasse non-seulement les combinaisons binaires des éléments , mais aussi les composés d'un ordre plus élevé, comme, par exemple, ceux qui résultent de Tu-

nion des acides et des oxydes, de deux chlorures, de deax salfiires, etc.

Dans les sels, il arrive souvent que le même acide peut s'unir en deux et quelquefois en un plus grand nombre de proportions avec le même oxyde : de là résultent des variétés c!e sels à difTérents degrés de saturation ; on les appelle sels nbltris quand les propriétés de l'acide et de la base sont le plus neutralisées ; sels acides quand Facide demeure en excès, si bien qu'ils rougissent le tournesol ; et sels basiques ou sors-sBLs quand au contraire la base est en excès, de telle sorte qu'ils conservent la propriété de verdir le sirop de violettes. Eh bien , l'analyse démontre que dans les sels du même genre, c'est-à-dire dont l'acide est le même , les proportions de cet acide combiné avec la même proportion de base sont entre elles dans des rapports simples et multiples. Exemples :

Il existe deux sulfates de potasse, l'un neutre et Fautre avec exeis (Taeide. La quantité de potasse étant la même dans ces deux sels , les proportions de l'acide snlfurique unies à cette base dans chacun d'eux sont entre elles comme les nombres 1 et 2. En effet :

Dam 1« tQlhto D«atrc, poar 1 17.98 de !>••«. il y a 100 d'acide. Dana la aDlfaie acida , poor 11 7,98 da bâte, il y a iOO d'aelda.

On appelle alors ce dernier bi-tul/ate de potaue.

{tri'inlfatê , i'il j avait 8 foii aolant ) .. . . j ,

,ua4H.sul/aU. .\ . . 4 foi. aotaal l ^ V„t,2".î;«

Od dirait { quadri-nû/aU,

TaoïsiftuB LOI. Les sels dont nous venons de parler sont soumis, dans leur composition, à une autre loi non moins remarquable que la précédente , et qui n'est pour ainsi dire qu'une conséquence de cçlle-ci. On remarque toujours dans les sels d'un même genre un rapport simple entre la quantité d'oxygène de la base et la quantité d'oxygène de l'acide. Ce rapport est tel que la quantité d'oxygène de l'acide est toujours un multiple par un nombre simple, 1, 2, 3, 4, de la quantité d'oxygène de la base.

Ainsi, dans les nd/atet neutres , la quantité d'oxygène de la base est à la quantité d'oxygène de l'acide comme 1 est i S. En effet, un sulfate se compose de :

Aeida anlftariqoa 1 00. eootCDanl 59.87. oo en nombre rond 60 d'oiygèoe. Base. . . . ooe quantité contenant 20 d'oiygéne.

Exemple :

SnlfatadapIoinb=/'"***"°''°"*I''* '^ contenant 60 d'oiygène. \oi|daplombiqaei79 contenant 90 d'nif gène.

Sulfate de londe =: ( *'*^' •olforiqoe 1 00 contenant 60 d'oif gène, (•onde 78, 467 contenant 20 d'oxygène.

Dans les ekiorates neutres ^ la quantité d'oxygène de l'oxyde est à la quantité d'oxygène de l'acide comme 1 est à 5 ;

Dans les perehlorates^ l'oxygène de l'oxyde est à celui de l'acide comme 1 est à 7, et ainsi des autres genres de sels.

11 résulte de là que le même acide exige pour sa neutralisation une quantité de chaque base renfermant la même proportion d'oxygène, ce qu'on exprime en disant que chaque acide a pour toutes les bases la même capacité de saturation.

II est maintenant facile de voir, par tons ces exemples, que la loi des proportions uultiples régit tous les composés chimiques. Elle démontre donc la vérité de ce principe, universellement adopté de nos jours , que les combinaisons entre les différents corps ne se font pas d'une manière arbitraire et indéterminée, comme on aurait pu le supposer d'abord, mais bien en proportions onstantes et définies , et par conséquent que ces combinaisons n'ont lieu que dans un très-petit nombre de proportions.

Equivalents cHtuiQtRs ou noubrrs proportionnels. Nous venons d'établir que, lorsqu'un corps s'unit à un antre

pour produire nn composé déterminé, c'eit toujoun en proportions invariables ou définies.

Eh bien, si ce même corps peut se combiner à un wcond , dans son état de liberté , on observe constamment entre le premier et le second des corps auxquels il s'unit nn rapport de quantité très-simple et constant

Par exemple, 1294 de plomb exigent 100 d'oxygène pour former de Voxyde phwshique^ ou 443 de chlore pour former du chlorure plombique , ou 200 de sonfre pour former du sulfure plowtbiqne.

11 suit de là que si l'on vent convertir 1 ,394 d'oxyde de plomb (formé de 1294 de plomb et de 100 d'oxygène) ea chlorure , il faut employer 443 de chlore pour remplacer 100 d'oxygène, ou 200 de soufre si l'on veut le transformer en sulfure, de même que pour convertir 1737 de chlorure de plomb, ou 1 494 de sulfure de plomb en oxyde de plomb, il faut remplacer par 100 d'oxygène les 443 de chlore du premier composé et les 200 de soufre du second.

Ainsi, dans ces cas, 100 d'oxygène équivalent à 4i3 de chlore et à 200 de soufre comme ces deux deniien nombres s'équivalent entre eux : aussi dit-on qu'ils loot des équivalents chimiques.

Des rapports semblables existent dans tons les composés dont la nature est bien définie.

On donne, en conséquence, le nom d'éQciv^LErrs cmuiQUES ou de NouBRRs PROPORTIONNELS aux Dombrcs exprimant des quantités de matière qui peuvent se substitner les unes aux autres pour former de* composés difréreoli.

Pour établir les nombres proportionnels des corps, il a fallu nécessairement les rapporter tons i une aniié commune. On a fait choix pour cet objet de l'oxygène . dont on a représenté le nombre proportionnel oo l'équivalent par 1 00. D'après cela :

Le nombre proportionnel ou Viquivalent ekhniqut itn corps est la quantité de ce corps en poids qui , en se combinant avec i 00 d'oxygène , donne naissance au premier degré d'oxygénation ;

Et

La somme des équivalents des corps simples qui se combinent constitue l'équivalent du composé qui m résulte.

Ainsi 12,5 d'hydrogène s'nnissant à 100 d'oxygène pour constituer l'eau ou le premier degré d'oxydation, on regarde 12,5 comme l'équivalent de l'hydrogène, et celui de l'eau est alors représenté par 12,5 + 100 = 112,5.

C'est de celte manière qu'on a trouvé les nombres inivants pour équivalents des corps ci-indiqués :

Soufre 200 Potaaaiom 489

Carbone 76 Sodîom 287

Aïole 17A Arjjent U49

Phosphore. . . . 400 Mercore 1231

Acide aolforiqDe. . . 600 = 200 toofre -)- 300 oxy^^ae.

Acide asotiqoe. .. . 6^6 = H.*) aiofe -f ^00 id.

PotaiM 689 = 489 potatiiom 4-100 id.

Sonde S87 = 287 lodioBB 4- 100 id.

Solfate de poUue. . 1089 = 680 potaiie -f 600 aeide Mlfariqsr

Comme on a pu établir , au moyen des règles prèfèdentes, la liste de tous les équivalents des corps simples et de leurs composés respectifs, on conçoit quelle faciliir cela donne aux chimistes et aux fabricants de produits chimiques pour trouver immédiatement , et sans tâtonnements, le poids de chaque corps qu'il faut mettre en présence pour opérer les combinaisons dont on a besoin. Par ce moyen , ils emploient la quantité justement convenable de chaque corps, ni plus, ni moins.

Puisque les corps se combinent ou réagissent tonjoor) entre eux dans des rapports fixes de poids, il est facile de comprendre maintenant pourquoi les chimistes admctlont que les molécules ou atonies des corps sont indiilsîMes et pourvus de poids inégaux. La connaissance de celte loi les a encore conduits à former une langue par «igné* I ou par symboles , qui leur permet d'exprimer d'une mi-

CHIMIE GENERALE

nière très-simple et abrégée la composition d'ane combinaison, le remplacement de Tun de ses éléments, et« en général, la manière dont ils pensent que les éléments sont arrangés. Ils ont donc adopté comme règle de désigner chaque élément par la lettre initiale majuscule de son nom ; ainsi l'oxygène par 0, l'hydrogène par H, le soufre par S, le carbone par G, et ainsi de suite. Seulement, lorsque plusieurs corps simples ont la même initiale, on ajoute à quelques-uns la première ou la seconde lettre de lears noms ; par exemple, le symbole du carbone étant C, celui du chlore est Cl, celui du chrome Cr, celui du caU clam Ca, du cobalt Go, du cuivre Gu.

Ces signes, outre leur signification propre, expriment encore les quantités en poids suivant lesquelles les éléments se combinent , c'est-à-dire leurs équivalents : de lorte que 0 rappelle toujours 100, H 12,5, S 200, C 75 , c'est-à-dire l'équivalent de chaque corps , de même que 2 0, 2 H, 2 S, 2 C, ou 0', H' , S\ C indiquent 2 équivalents.

Ao moyen de ces signes conventionnels , rien de plus simple que de représenter la ^composition des corps même les pins complexes ; ainsi :

HO ntrcM =112.5 S0> l'acide lalfareai =400

CO roirde4ccariMme = i7$ SO-^ J'add« lolforiqDC =600 C0> Ticidc cwboBiqD«=S75 UC l'acide ehlorhfdriqaa =455,6 D« Bése qo0 PoO. SO^ tigniBa tolfala de potaaae = 10S9 SoO. CO'. . . . earboDate de loode = 66i

Voilà ce qu'on appelle àet formules ekimiquei.

La nomenclature de Lavoisier n'exprime que la nature et l'état des corps ; elle n'avait pas d'autre objet De 1810à 1811, après que les équivalents chimiques furent établis , le célèbre chimiste suédois Beriélius songea le premier à créer une nomenclature symbolique , dans laquelle on pût indiquer, non-seulement le nom des éléments et la manière d'envisager leur réunion , mais de pins leurs quantités respectives. C'est une idée neuve et qai a rendu de grands services à la science que d'avoir désigné chaque nature d'atome par un symbole déterminé. Ce qui précède suffit pour faire concevoir l'importance de ces symboles, qui permettent d'abréger les descriptions, facilitent singulièrement la mémoire et donnent à la science une langue universelle.

DBS UATlèaSS ORGAMQl'KS.

Les matières minérales ne sont pas les seules sur lesquelles le chimiste porte ses investigations. A càté de ces matières si variées, si importantes par leurs applications, à côté de ces pierres , de ces sels , de ces acides , de ces gtz, de ces métaux qui donnent à l'homme civilisé de si paissants moyens d'action , il y a des plantes , il y a des animaux dont la vie n'est due qu'à une succession de phénomènes chimiques qui s'accomplissent avec une régularité , une constance , bien dignes d'attention ; il y a des produits particuliers formés dans les organes de ces cires, et qui possèdent des propriétés toutes spéciales dont rinlelligence humaine a su tirer un merveilleux parti. Parmi ces produits, en effet, les uns sont des aliments bienfaisants , d'autres des médicaments énergiques ou des poisons, d'autres enfin des agents ou des auxiliaires de ces arts économiques ou industriels qui ont pour but de satisfaire à nos besoins journaliers et d'accroître la somme de nos jouissances matérielles. Ainsi , c'est avec ces produits que nous obtenons ces boissons fermentées dont l'habitude nous a fait une impérieuse nécessité ; ces huiles, ces graisses, ces essences, ces résines, ces sucres, ces gommes, ces fécules qui nous rendent des services si divers; ces couleurs admirables dont nous 'embellissons nos vêtements, qui ne sont eux-mcmcs que des fibres textiles enlevées aux dépouilles des animaux ou au tissu même des plantes, n y a donc poor le moins autant d'intérêt à étudier

ces matiètes d'origine organique que celles qui appartiennent an règne minéral.

Au point de vue scientifique, l'histoire des premières, vivantes ou mortes, offre un attrait de curiosité toujours nouveau ; car qu'y a-t-il , en effet , de plus curieux que d'approfondir ces causes , en apparence mystérieuses, de la respiration , de la nutrition et de toutes ces autres functions qui s'effectuent pendant la vie des êtres ; que ces transformations , ces décompositions qui envahissent les animaux et les végétaux dès qu'ils sont soustraits à l'influence de la vie?

Au point de vue social , quoi de plus nécessaire que la parfaite connaissance de la composition et des propriétés de ces produits organiques , puisque tant d'arts sont fondés sur leur exploitation. Le blanchiment, la ^inture , l'impression des différents tissus de chanvre , de lin , de coton , de laine et de soie ; la fabrication du papier, des colles et gélatines, du noir animal, des sels ammoniacaux , du bleu de Prusse ; la conversion des peaux en cuir ; l'extraction du sucre de canne , de betterave, d'érable ; la métamorphose de la fécule de pommes de terre en sucre et en eau-de-vie; la transformation des huiles et des graisses en savons ; l'extraction et l'épuration de ces mêmes corps gras ; la belle industrie des bougies stéariques ; la préparation des vins , de la bière, du cidre et des esprits ; l'isolement des acides et des alcalis végétaux , des matières colorantes : tous ces arts , dont j'abrège la liste à dessein , n'ont-ils pas une haute importance , ne sont-ils pas l'occasion d'un grand mouvement de capitaux, et ne pèsent-ils pas de toute leur influence sur les calculs de l'économie politique?

Les végétaux et les animaux sont soumis , comme les minéraux , aux lois de l'attraction et de l'affinité ; mais ils obéissent , en outre , à deux autres forces qui leur sont particulières et essentielles : l'une est ce qu'on appelle la FORCE viTALB OU la puissaucc d'organisation , dont l'action commence et finit avec la vie , l'autre est la SKNsiBiuré , qui n'agit que sur les animaux ; c'est cette force qui leur donne la conscience de leur existence et qui préside à tous les actes de l'intelligence.

Or, ces deux forces influent singulièrement sur la composition des êtres animés et modifient d'une manière bien remarquable les effets des forces chimiques. Les composés minéraux sont assurément bien nombreux et bien variés ; mais ce n'est rien en comparaison du nombre et de la variété des composés qui prennent naissance dans les tissus des végétaux et des animaux , sous l'influence des forces organiques. Et une autre circonstance non moins digne d'attention , c'est que ces composés organiques , que nous pouvons détruire et transformer en d'autres matières moins complexes, ne peuvent être créés et reproduits par nous, à l'imitation de ce que nous faisons pour les substances minérales.

Kn effet, nous pouvons bien convertir successivement l'amidon en gomme, la gomme en sucre, le sucre en e«prit-de-vin et en acide carbonique , l'esprit-de-vin en eau et eu hydrogène carboné ; mais nous ne pouvons réunir directement les éléments d'aucune substance organique de manière à la reproduire avec tous ses caractères primitifs. Avec l'esprit-de-vin et l'acide carbonique, nous ne pouvons refaire du sucre ; les moyens nous manquent pour imiter, dans nos laboratoires , ce que la nature fait si aisément dans l'intérieur des organes des plantes et des animaux.

Les matières organiques sont formées par la réunion d'un petit nombre d'éléments qui appartiennent à la nature inorganique ; mais ce qui est remarquable, c'est que quelques-uns seulement des corps simples que nous connaissons peuvent devenir principes constituants des êtres organisés et de leur produits. En effet , l'oxygène , l'hydrogène , le carbone et l'azote sont à peu près les seuls

cléments qai concourent à It formation dei fubstancei organiquet. Le soufre , le phosphore , le fer ne s*y rencontrent qae par exception. Mais, tandis qu'au seul corps simple peut constituer à lui seul une substance minérale, il en faut toujours au moins deui , plus fréquemment 3 ou 4, pour constituer une substance organique. Ainsi le plus grand nombre des substances qui appartiennent au règne végétal sont formées d'oxygène , d'hydrogène et de carbone ; presque toutes celles du règne' animal contiennent, en outre, de l'azote. Parmi les unes et les autres, on en connaît qui ne comptent que le carbone et l'hydrogène an nombre de leurs principes conslilntifs. En général , les composés ternaires et quaternaires sont les plus communs dans le règne organique.

Il suit donc de là que les matières organiques ne peuvent pas être distinguées les unes des autres par la nature des éléments qui les forment essentiellement, ainsi que cela est possible pour les matières minérales , puisque toutes ont pour base, à peu de chose près, les mêmes éléments , tantôt au nombre de deux , tantôt au nombre de trois, tantôt au nombre de quatre. C'est seulement dans les proportions de ces principes élémentaires que résident les différences. Le nombre des végétaux dépasse 1 20 mille ; celui des animaux est peut-être encore plus grand ; et cependant, chose bien extraordinaire, les uns et les autres ne diffèrent entre eux , sous le rapport chimique, que par de très-légères variations dans les proportions de l'oxygène , de l'hydrogène , du carbone et de i'asote, qui les forment essentiellement. C'est à saisir, à déterminer ces légères variations que consiste toute l'habileté des chimistes modernes.

Quel que soit le mode de combinaison des substances organiques, elles montrent, en général, une grande tendance à se détruire et à se changer en d'autres composés, au nombre desquels se trouvent une partie de ceux que nous avons étudiés précédemment : eau, acide carbonique, hydrogène carboné , ammoniaque. De telle sorte que ces matières minérales , qui concourent si puissamment à la nutrition des êtres vivants, sont rendues par ceux-ci à la nature brute, lorsque la vie de l'individu est terminée, et servent à l'alimentation de nouvelles générations.

La mobilité des éléments des matières organiques est telle, en effet, qu'on ne peut les soumettre à une chaleur un peu vive sans qu'il n'y ait désorganisation complète et production de corps nouveaux, tout différents de ceux qui préexistaient. Qu'on chauffe au rouge une matière végétale quelconque , dans un appareil distillatoire ordinaire (/g. 31 ) , et l'on ohlirndra :

(lM,l. 31

1 ^ Dans le ballon b de Veau, une huile rousse et fétide, du vinaigre ou acide acétique ;

2° Dans la cloche c un mélange de gax oxyde de carbone , d'hydrogène carboné et d'acide carbonique ;

3" Dans la cornue a, un charbon volumineux et boursouflé.

Qu'on agisse de même sur une matière animale , et l'on aura tous les produits précédents , plus des ieh ammoniacaux , de Vacidt pruuique ou eyanhydrique et du gaz atote.

Cette décomposition par le feu, qu'on appelle distillation aàcHB , sert non-seulement à montrer la facile désu-

nion des éléments dans les matièref oi^ganiques, mais encore la nature de ces éléments et la grande ressemblance de toutes ces matières sons ce rapport Dans les produits précédents de la distillation sèche des plantes et des animaux, nous ne trouvons, en effet, que 4 éléments, et toujours les mêmes, à savoir : l'oxygène , l'hydrogèoe, le carbone et l'azote. Donc ce sont là les iLiuBXTs oi6a- NiQUBs par excellence.

Les chimistes modernes possèdent actuellement dec procédés admirables de simplicité et de précision pour analyser les matières organiques , c'est-à-dire pour déterminer les proportions exactes de leurs principes élémentaires et les représenter par des poids on des équivalents. Aussi la composition et la constitution des substances végétales et animales, ainsi que les lois qui les régissent . sont-elles aussi bien connues que celles des composés minéraux. Ce sont MU. (iay-Lussac et Tbénard qui , eo 1810, posèrent les bases d'une méthode rigoareusr d'AN'/iLvsB éLKUKNTAmB, ct qui ouvrircut ainsi une ère df progrès à la chimie organique.

L'étude des organes vivants et des fonctions qu'ils accomplissent rentrant plus naturellement dans le domaine du naturaliste et du physiologiste , nous renverrons pour cette élude aux traités spéciaux que cela concerne. Nobs nous bornerons, dans ces généralités, à signaler les principaux composés organiques qui entrent dans la composition des organes, et les phénomènes chimiques qui appsraissent dans ces mêmes organes après la cessation de la vie.

$ 1. Prineipet et prodaiii immédiaU.

Les chimistes donnent le nom de principes iinribtiTsà des substances particulières formées dans les organes de» êtres vivants sous l'influence des forces vitales , que l'on peut isoler les unes des autres par des procédés incapables de les altérer, et qui, lorsqu'elles sont pures, ont on mode de composition et des propriétés qui dislingoenl chacune d'elles de toutes les autres.

Le sucre, l'acide du vinaigre ou acide acétique, la matière colorante de la garance ou alitarine , etc. , sont des principes immédiats.

Par une extension peut-être mal fondée , on donne aussi ce nom aux composés déflnis qui sont créés dc toutes pièces, dans les laboratoires, par suite des réactions ou des transformations qu'on fait subir aux matières organiques : ainsi l'acide du camphre , l'esprit-de-boi* , l'esprit-de-vin , l'éthcr, etc. , sont considérés comme drs principes immédiats.

On appelle spécialement produits iuuédiats les mélanges de deux ou d'un plus grand nombre de principes immédiats, qui se trouvent également tout formés dans les organes des êtres vivants , mais dont les proprirlés varient suivant une foule de circonstances, et surtout en raison du nombre et des proportions des principes immédiats qui les composent.

L'huile, la graisse, le suif sont des produits nruéDMTS. parce qu'on peut aisément en isoler deux on trois principes immédiats distincts, deux solides : la âtéarine et la margarine, le troisième liquide, Xolèine.

Les gommes, les résines, les essences, etc. , sont pareillement des produite immédiats^ parce que la science apprend à en retirer plusieurs principes particuliers qui s'y trouvent réunis et confondus.

Il y a de plus certaines matières organiques qui ne sont véritablement ni des PRiNdiPBS ni des proditts iuvkdiats, mais tout simplement des sibsta.vcks orgavi9£e5. ou les matériaux nécessaires des tissus organiques ; tels sont, par exemple, le ligneux, Xamidon, \e gluten, \ettfsti cellulaire des animaux, le blanc d'œuf ou albumine, etc.

Il est facile d'établir, parmi les principes immédiats des plantes et des animaux, des groupes parfaitement tranchés, ce qui permet d'en simplifier l'étude.

mi

CHIMIE GÉNÉRALE

Ainsi, les ont ont tout let cinctèret det acides minénax , ils ont nne saveur aigre plus on moins prononcée ; ils roogiiaent le tournesol ; ils s'unissent avec les bases et Torment des sels bien caractéritëtf entièrement compa> râbles aux sels minéraux. On leur donne donc aussi le nom d' ACIDES, et leurs noms indifidnels rappellent gênéralemeot leur origine. Ainsi, on dit : acide citrique pour l'tcide retiré du citron ; acide tartrique pour l'acide du tirbre ; acide tannipu pour Facide de l'écorce du chcne ou lan ; acide $aUique pour l'acide de la noix de galle ; acide nriqu* pour Tacide de l'urine ; acide fonnique pour l'acide des fourmis ; acide lactique pour l'icide du lait, etc.

D'autres ont des caractères analogues à ceux des baies salijiables de la première section , c est4-dire de la poUsse et de la soude : ils verdissent en conséquence le lirop de violettes, ramènent au bleu le tournesol rougi, et foraient des sels en saturant les acides. Ce sont do lériubles alcalis, ayant de la solubilité dans l'eau et dans d'tutres dissolvants. On les nomme d'une manière générale, AUILIS véCBTALX, BASES SALIPIABLBS OBGAMQUBS, AL-

ciLoiDBs. Ils sont tous axotés, quoiqu'ils proviennent ewiusivement des végétaux. Chacun d'eux a reçu en particolier le nom de la plante ou du produit végétal qui les cwntient , et auquel ils donnent leurs propriétés énergi- (|nes et vénéneuses ; mais le nom a une terminaison en i»r Ainsi les écorcesde quinquina, en latin einehona, qui jouent un si grand rôle en médecine pour combattre les fiètres, contiennent denx alcaloïdes différents , qui portent les noms de quinine et de cinehonine. L'alcaloïde du tabac on nicotiane s'appelle nicotine. L'alcaloïde du piedd'alouette ou delphininm , a reçu le nom de delpkme. Dans l'opium ou toc des pavots d'Orient, il y a jusqu'à cinq alcalis différents ; ceux-là, on les a nommés morphine, codéine, nareéine, thibaine, nareoHne,

Un grand nombre de principes immédiats sont trèsriches en carbone et en h]fdrogène , et par cela même très -inflammables, huileux ou odorants. Ce sont des principes huileux, résineux ou alcooliques. Exemples : «prilnde-vin, esprit-de-bois, éther, principes des graisses ft des huiles, essences de térébenthine , de rose , de citron, d'anis, etc. Ces principes sont généralement inso- Inbles ou peu solubles dans l'eau.

Plusieurs ont pour caractère distinctif d'offrir une cooleur qui peut être fixée sur les tissus au moyen de procédés particuliers. C'est à eux que les organes des plantes et des animaux doivent les couleurs qui les embellissent; ce sont des iiati&rbs coLORt.VTKS, dont les Doms particuliers, terminés en me, dérivent des sub- »Uaces qui les contiennent Ainsi , on appelle alitarine U matière colorante rouge de l'alixari ou garance ; hréeiiine , celle du bois de Brésil ; indigotine , celle de l'in- <li<{M : carminé , celle du carmin ou mieux de la cochenille. etc.

Knfin, il est beaucoup d'autres principes qui ne sont ai acides, ni alcalins, ni inflammables, et qui ne peuvent p<»int servir de matières colorantes. On leur a donné le nom ,^pîiérique de PBi.vr;ipBs.<«BtTRBsoo ixdikpkrbivts. Leurs noms individuels sont souvent arbitraires, comme les mots «o-r , amidon , fécule ; ou dérivés des noms des organes on matières qui les renferment, comme ^6riji«, principe essentiel de la chair ou fibre musculaire des animaux; albumine, d'albumen, nom lalm du blanc d'suf ; ialieine, principe crislallisable de l'écorce des saules ; mannite, principe cristallin de la manne, etc.

£n résume, tous les principes immédiats connus ou à connaître peuvent être répartis dans les cinq divisions suivantes :

l'^ groopf. PriacipM Inmédialt acidet, oo acides organiqae t.

* — — baaiqoea od alcalint, ou alcalis orga-

oiqoet.

'' — — toriiydrogéDét , oa eorpa graa , r^si-

aent on alcooliqo».

4^ groapa. Princlpts imiaddlati eoloraaU, m natiérM eoloraotn. 6« — — M«lre« oa indifféreati.

Nous ne pouvons examiner en particulier tous ces nombreux principes immédiats ; c'est dans les ouvrages spéciaux de chimie qu'il faut les étudier. Nous renvoyons nos lecteurs, pour de plus amples détails sur ces composés de la chimie organique , aux Leçons de chimie éli^ m/tniaire que nous avons publiées (1).

§ 2. Dca métaniorpboaei dci tabitaneet orgaotqaes oa fermaatalions.

Les substances minérales, abandonnées à elles-mêmes, ne manifestent que peu ou point de tendance à changer de nature, et elles n'éprouvent, eu général , aucune décomposition spontanée par la seule réaction de leurs éléments. Comme nous l'avons déjà dit , la Habilité des éléments est le caractère essentiel , fondamental de ces substances. Il en est tout autrement des matières organiques. Toutes , végétales et animales , s'altèrent continuellement en passant, lorsqu'on les place dans des circonstances favorables, par une suito régulière de décompositions ou de métamorphoses.

Pendant la végétation , les parties constituantes des plantes subissent continuellement un grand nombre de changements successifs, en perdant les propriétés d'une substance pour acquérir celles d'une autre. Ainsi, un principe qui, dans l'embryon, a la propriété de WfècuU^ prend bientôt, lors de la germination, les propriétés du tuere. Ce qui, dans le fruit vert, est gomme ou mucilage^ devient euere dans le fruit miîr, etc. Les principes immédiats propres aux végétaux ne sont donc pas toujours les mêmes pendant la durée de leur existence ; ils se convertissent successivement les uns dans les autres, en raison de la mobilité de leurs élémentt. Il en ett de même de ceux qui existent dans le corps de l'homme et des animaux.

Mais cette tendance au changement, ces transformations graduelles, opérées par des agents extérieurs ou intérieurs plus ou moins puissants , et sous l'influence de cette force occulte nommée vitale, ne se bornent pas à l'état de vie. Lorsque les circonstances sont favorables , elles continuent avec une énergie égale ou même plus grande dans la matière organique, après qu'elle est rentrée sous l'influence des lois de l'affinité et de l'attraction , qui agissent sans cesse pour faire passer l'être vivant à l'état de matière inerte. Mais ce sont surtout les matières animales, les principes axotés qui éprouvent le plus promptement ces effets de décomposition spontanée , car l'instabilité des combinaisons est d'autant plus grande qu'il entre un (ilus grand nombre d'atomes élémentaires dans ces combinaisons. Tout le monde sait avec quelle rapidité la chair des animaux , le sang , les œufs , la colle-forte , etc. , se détériorent et se corrompent, et l'on a pu remarquer aussi que ce n'est qu'après un temps asseï long que les plantes ou leurs produits subissent le même genre d'altération.

Pendant leur décomposition spontanée , les substances organiques donnent lieu à de nombreux produits qui n'existaient pas tels et qui résultent d'un nouvel ordre de combinaison entre les éléments de ces substances. Ces nouveaux produits sont toujours des composés moins comj)lexes et plus stables , dont la plupart appartiennent à la nature minérale ; tels sont , entre autres , l'eau , l'acide carbonique, l'ammoniaque, divers carbures d'hydrogène, l'hydrogène sulfuré, l'hydrogène phosphore, etc.

On donne les noms de pbrmbxtation , de puTRApACTroiv et d'ÉRéuAGAUSii aux altérations que les matières organi-

(I) LoçoD» d« ckimie élime otaire, appllquéts aoi arta iodattrieli et faitf • le dimaoebe A l'école manicipale de Hoaeo par M. i. (lirardia, 3* ëdiiioo. 1816. I vol. ia-8>, divité en 2 partiel, avec 200 figorea et échantillnaad'iadiennealntereaUadaaaletAite. PatiartttéforUaaaoa, pla«« de l'ÉcoleHle-Uédaeiiie. I. '^'^^^ ^ VIT^^^

qaes éprouvent d&nf leurs formet et lenrf propriétés, lorsque , une fois en dehors des forces vitales , elles sont abandonnées à elles-mêmes sous l'influence de Teau , de l'air et d'une certaine température.

Dans l'acte de la pbrubntation et de la putréfactiom , les éléments des corps en décomposition se dissocient pour se grouper bientôt dans un autre ordre et donner ainsi naissance à de nouveaux composés , à la formation desquels prennent toujours part les éléments de l'eau. Le plus habituellement il se dégage des produits gazeux, tantôt inodores, tantôt exhalant une odeur fort désagréable. On est à peu près convenu de donner le nom de PSBUBNTATION aux métamorphoses où se dégagent des gas inodores , tandis que le mot de putréfaction est surtout employé pour désigner les décompositions spontanées accompagnées de gas fétides. La première expression s'applique particulièrement aux corps dépourvus d'aiote, et la seconde aux corps asotés ou aux substances animales.

Dans certaines matières, et notamment dans celles qui renferment de l'axote ou des principes axotés, la fermentation et la putréfaction semblent être spontanées ; et ce qu'il y a de particulier, c'est que de très-petites quantités de matières qui ont subi cette altération sont capables de reproduire les mêmes phénomènes dans des quantités indéterminées des mêmes substances non altérées. Ainsi une faible quantité de verjus en fermentation, ajoutée à du moût de raisin nouvellement extrait, fait entrer toute la masse en décomposition ; la plus petite portion de lait aigri , de pÂte de farine ou de jus de betterave aigri, de chair ou de sang putréfié, occasionne les mêmes altérations dans du lait, de la pâte de farine , du jus de betterave , de la chair, du sang non altérés.

Il y a donc certaines substances qui sont particulièrement propres à exciter dans d'autres la fermentation ; ce sont surtout les substances axotées qui jouissent de cette propriété au plus haut degré. On leur a donné le nom afferment. La Utûre de bière est le type de ces substances désorganisatrices. Dans un état d'altération, lorsqu'on les emploie , en proie eux-mêmes à la putréfaction, ces ferments reportent sur les matières avec lesquelles on les met en contact l'état de décomposition dans lequel ils se trouvent , et provoquent ainsi un dérangement dans l'équilibre des éléments si peu stables de ces matières organiques ; ces éléments , obéissant à l'instant à leur affinité respective , se réunissent sous de nouvelles formes et donnent ainsi naissance à de nouveaux composés plus simples cl plus stables.

En raison de la nature des produits qui résultent de la décomposition spontanée des matières organiques, et qui dominent i telle ou telle époque de la réaction , on a distingué plusieurs espèces de fermentation, ou plutôt on a donné des noms particuliers à ces diverses époques de décomposition caractérisées par la formation d'un principe plus abondant que les autres. A ce point de vue, on peut reconnaître 8 sortes de fermentations , savoir :

\. La PBRUBNTATiow SACCHARINE OU cclIc daus Uquellc il se produit particulièrement du sucre. Elle se manifeste spontanément dans la germination des graines , dans la maturation des fruits. On peut aussi la provoquer dans l'amidon ou la fécule en délayant cette matière dans 1 0' parties d'eau bouillante, et y ajoutant une très-petite quantité de gluten ou d'orge gerroée des brasseurj.

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