‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 60 sur 291 · CHAPITRE DlUXliUB. OXYDES · texte numérisé non relu

CHAPITRE DlUXliUB. OXYDES

Il y a peu d'oxydes préparés en grand pour les besoins de l'industrie. Nous avons dit , dans la Chimie générale, comment on obtient Toxyde de calcium on la chaux vive, La potasse et la soude , si utiles pour le blanchiment et la fabrication des savons , seront examinées plus tard, lorsque nous parlerons des/»oCaMef et eeudee dn commerce. Nous n'avons donc à mentionner ici que le tmaUou Vaswr, les cendre» bleue» et les ox}fdet d» plomb, presque tous employés comme couleurs minérales.

Su ALT ou AEUB. — L'asut, dout OU sc Sert pour donner une teinte ainrée au linge , aux différents tissus et à la pâte du papier, que les peintres emploient aussi comme bleu à l'huile sous le nom de enudl, est un verre coloré par l'oxyde de cobalt On le prépare en grand en Saxe , dans la Hesse et en Silésie , en grillant le minerai de cobalt , artininre de cobaà impur , le mélangeant ensuite avec du qnan ou du sable , et fondant ce mélange , appelé ee^re , avec de la potasse ou de la soude. Il en lî^sulle un verre que l'on projette dans l'eau froide , tandis qu'il est incandescent , ppur le diviser. On le pulvérise? ensuite sous des meules horisontales , et la poudre obtenue est soumise à la lévigation pour en obtenir divers degrés de finesse qu'on désigne, dans le commerce, par les noms d'azur de premier , de deuxième , de troisième , de quatrième feu. Leur prix est d'autant plus élevé que leur ténuité est plus grande et leur couleur plus pure. En Allemagne, on ne produit pas moins de 13,500 quintaux métriques d'asur, année commune.

Cedidres bleues. — On donne ce nom à un produit que l'on obtient en précipitant une dissolution mixte de sulfate de cuivre et de chlorure de calcium par un lait de chaux, puis triturant le précipité, lorsqu'il est presque sec , avec de la chaux en bouillie , afin de lui donner une couleur d'un beau bleu velouté. Cette préparation est très-délicate et ne réussit qu'entre les mains d'ouvriers expérimentés. Cette couleur est un mélange de chaux , de sulfate de chaux et d'hydrate bleu d'oxyde cuivrique. On la livre aux fabricants de papiers peints et de fleurs artificielles, soit en pâte, soit en pierre.

OxvDBs DE PLcaiB. — £n chauffant le plomb métalli" que dan^ des fours à une température peu élevée et in^ capable de mettre l'oxyde en fusion, on obtient l'oxyde plombiqne désigné dans les arts sons le vieux nom de wuu»ic€î. On le sépare du plomb en excès par des lavages, et des décantations. U est d'un jaune sale et pulvérulent

aoi

Le nuuêieot n'a d'autre emploi que de lervir i la préparation do mmtttM ou oxfde rouge de plomb. Pour cela, après l'avoir divisé et broyé , on l'expote à une température de + 320^ environ sous de grandes surfaces dans un four à réverbère, soit sur la sole, soit dans des caisses en tâle. La teinte du massicot vire très -rapidement, elle passe au rouge vif et au brun , c'est même la portion qui a d'abord pris cette teinte qui fournit le plus beau minium. Voici ce qui arrive dans cette calcination : une partie de l'oxyde plombique enlève à l'air de l'oxygène et se change en guroxyde de couleur puce. Celui-ci s'unit intimement an restant du massicot non oxydé , et iJ en résulte alors un oxyde double ; c'est là le minium . que les chimistes nomment , pour donner une idée de sa nature complexe, oxifde pUmboso-plowtbique.

Le minium est employé , en raison de sa belle couleur, .pour colorer les papiers de tenture , les caries à jouer, les cires molles et à cacheter, mais rarement romme couleur k l'eau et à l'huile. Son plus grand usage est de servir i la fabrication du strass , du flint-glass et du cristal , verres auxquels il donne une grande pesanteur, beaucoup de fusibilité, une puissance réfractive considérable , une limpidité parfaite et la faculté de pouvoir être taillés plus aisément. Pour cette dernière application , on recherche le minium le plus pur , celui qui est exempt d'oxyde de cuivre , attendu que ce dernier donne une teinte verdàlre au cristal.

Il est un autre produit non moins commun que le minium dans le commerce , c'est celui qu'on appelle litkarge. Ce n'est autre chose que du massicot cristallisé en petites lames, qu'on obtient, comme produit secondaire, dans la calcination ou coupellation du plomb argentifère. Cet alliage, chauffé au contact de l'air, donne, d'une part, de l'argent métallique, et de l'autre de l'oxyde de plomb fondu qu'on fait écouler de temps en temps au dehors du four; en se solidîGant, le massicot cristallise en petites paillettes hexaèdres d'une couleur rougeâtre. C'est la la Utkarge, dont le nom, qui signifie pierre tf argent, rappelle l'origine.

La litharge doit sa belle couleur rouge à un peu de minium qui s'est formé pendant la coupellation. C'est avec elle qu'on prépare généralement dans les fabriques les sels de plomb dont on a besoin. Elle entre dans la composition de quelques verres ; elle est la base des emplâtres des pharmaciens. On fait avec elle une couleur jaune très-belle, qui rend de grands services dans la peinture à l'huile , à cause de son éclat et de sa fraîcheur. C'est \e jaune minéral, dit aussi jaune de Cauel, jaune fie Parie ti jaune de Vérone , qu'on obtient en fondant de la litharge et du sel ammoniac ; il en résolle une masse demi'vitreuse composée de chlorure et d'oxyde de plomb.

CH \PITRE TB0I8IÙIB. IGIDBS.

Les acides sont les agents les plus énergiques qu'emploie la chimie industrielle. Ce sont les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique et borique qui reçoiventles applications les plus étendues et les plus fréquentes.

Acide sulporiqub. — C'est surtout cette espèce d'acide qui est la matière première des industries chimiques, tant i cause de la facilité de sa préparation et de son énergie, que par son bas prix. Il faudrait, pour ainsi dire, passer en revue toutes les opérations industrielles pour démontrer combien son usage est général.

Il existe dans le commerce deux sortes d'acide sulfurique : 1» l'acide fumant de Saxe ou de Nordhausen; 2« l'acide sulfurique proprement dit , nommé vitriol ou huile de vitrioL

y Aeide de Saxe. — C'est un liquide très-acide, corrosif au suprême degré, légèrement coloré en brun et laissant échapper des fumées blanches lorsqu'on l'expose au contact de l'air. Projeté dans l'eau , il détermine le

même effet qu'un fer rouge. Soumis i nos disliflatina lente, il donne, comme produit , une matière concrctp. blanche, très -acide, très -fumante à Pair humide, qni n'est autre chose que de l'acide sulfurique anhydre oa privé d'eau.

L'acide de Saxe doit toutes ses propriétés i ta oooposition spéciale ; il est constitué par nu mélange d'acide sulfurique anhydre et d'acide sulfurique à 66* ; il coatient , mais accidentellement , de l'acide snlforeux. Td qu'on le livre au commerce , il marque 67o.

On le prépare actuellement dans tous les pays, et , sM porte encore les noms d'acide de Saxe , à* aeide de Xordhausen, c'est que cette ville a eu pendant longtemps U prérogative de le fournir au commerce. On l'obtient généralement en calcinant à une haute fempératore U couperoee ou sulfate ferreux parfaitement desséché, le sulfate ferrique , ou enfin le sulfate acide de sonde ou de potasse. La calcination s'opère dans descornnea de fonte, et les produits volatils résultant de la décomposition do sel , au nombre desquels se trouvent l'acide snlfnriqac anhydre et l'acide sulfureux , sont reçns dans des vases en grès refroidis où l'on a déjà mis une certaine quaatité d'acide sulfurique ordinaire à 66^ En Bohême, seul point de l'Allemagne où cet acide soit maintenant fabriqué, on tire parti des eaux -mères incristallisables prévenant de la préparation de la couperose ; après les t\w évaporées à siccité et avoir fortement desséché le résida . on le calcine dans des cornues en terre diaposées les unes à côté des autres , au nombre de 200 , dans bïi fourneau de galère , ainsi que le montre la figure 6. Ces cornues sont placées sur deni oa trois étages, dans une position presque horixontale, et chacune d'dks est en communication par son n'I avec un récipient en terre. On retire 45 p. cent d'acide fumant a (Kig. 6.) 67©. Le résidu est de loxyde fer-

rique qu'on vend sous les noms de Colcothar , de n»$? de Pntsêe , pour la peinture commune et le polissage de» glaces.

Les usages de l'acide fumant sont limités à la leintarr et à la préparation du carmin d'indigo,

2<'. Acide eulfurique proprement dit ou huiU de ritricl — C'est un liquide incolore et visqueux , marquant 66^ au pèse -acides.. Il se volatilise à -f 310*' en émettiBt des fumées très -épaisses. Sur 100 parties en poids, il contient :

Acide •alfariqoe anbfdre 81,68

EtD de combinaiioa 18,32

Soafrc . .

OiTg*«« •

Depuis sa découverte , sa fabrication a subi des phases très-ivcrses. Préparé d'abord dans des ballons en verre de peu de capacité, il était, sinon rare, du moins tellement cher , que ses usages étaient foreément limités aax opérations chimiques des laboratoires. De perfectionnements en perfectionnements, qu'il serait trop long d'énomérer tant ils sont nombreux, on en est arrivé à le produire , par la combustion du soufre , dans d'immensf* rectangles de plomb qui portent le nom de cAamires.

La préparation de l'acide snlfurique, telle qu'on l'exécute actuellement dans nos fabriques, comprend trou opérations distinctes : l^ Combustion du soufre ou production de Tacide sulfureux; 2« oxydation de Tacide sulfureux ou formation de l'acide sulfurique ; 3» concentration de l'acide faible obtenu.

A. La production de l'acide sulfureux , par la coa»bustion directe du soufre à l'air, s'exécute dans un fevr A (fig. 7) de forme recUngulaire dont la sole cl la vonlf sont en fonte , et les cdtés en briques. A la partie anirrieure du four existe une ouverture pour rintroductîan

ie l'air ttmotphériqae et

CHIMIE APPLIQUÉE

(ï"ig. 7.)

le chargemeDt da soufre.

Daot cette circonstance, le soufre, échauffé à + 150^ environ, absorbe Toxygène de l'air pour donner naissance à l'acide sulfureux qu'un tuyau en (die a dirige dans l'inlérienr des chambres. Mais là s'arrête la puissance de l'oxygène atmosphérique ; il ne peut, sans l'intervention d'un nouvel agent , s'unir à l'acide sulfureux produit pour le convertir en acide sulfurique.

B. L*oxydation du gas sulfureux est effectuée au

moj'eQ d'un composé oxygéné de l'azote , V acide hypoau>tique. Cet acide , facile à décomposer , cède de son oxygène au gaz sulfureux , et redevient oxyde azotique ; celui-ci reprend immédiatement à l'air l'oxygène néces- Mjre pour reconstituer Y acide hypo-asotique , qui sert aiDii d'intermédiaire pour créer l'acide sulfurique. Cette carieaie réaction s'effectue dans un ou plusieurs rcc^ angles en plomb B et C , dont les cdtés sont isolés de toutes parts, et le toit soutenu par des attaches ddd; le food repose sur des piliers PPP qui le maintiennent à 2 mèires environ an-dessus du sol. Ces chambres , ordinairement placées au nombre de 3 , 4 ou 5 à la suite les ânes des autres et communiquant entre elles par le moyen de condoits latéranx b , ont une très-grande capacité , qui dépend de la quantité de soufre brûlé dans un temps donné , et qui va moyennement k 500 mètres cubes par rbambre. L'acide sulfurique qui s'y produit , est condensé sous Tinfloence d'un jet de vapeur qu'on a le soin de faire arriver de temps en temps. On voit en F le tuyau qui amène la vapeur dans le haut des chambres. Ce toj'aa se bifurque pour donner un jet de vapeur dans la rbambre B , et nn autre dans la chambre C. La vapeur nt produite par nn générateur ordinaire qui n'est pas Sgnré dans le plan. Pour résultat définitif, on obtient un liquide , marquant de 40 à 50^ , qui se réunit sur le sol des chambres, en H. Les gaz inutiles sortent par la cheminée EE , qui s'adapta sur la cuvette D.

C'est au moyen et par la décomposition de l'acide iiolique qu'on obtient l'acide hypo-asotique nécessaire î l'oxydation de l'acide sulfureux. Cet acide azotique l'écoole goutte i goutte d'un réservoir dans l'intérieur de la chambre B. La proportion qu'on y introduit est de 6 à 7 p. 100 dn soufre brâlé. Par chaque 100 kilog. de soufre brûlé , on fait arriver dans les chambres 210 kilog. d'eau. Une fois l'opération commencée, on ne rinlerrompt que lorsqu'il y a des réparations à faire dans les cbaroln^s.

C L'acide faible, sortant des chambres, peut élre employé dans certaines industries , telles que la fabrication du snifate de fer, du sulfate d'ammoniaque, de l'acide uotique,de l'acide stéarique pour les bougies ; mais pour raffinage des métaux précieux , pour la dissolution de l'indigo et une foule d'autres emplois, il y a nécessité de le concentrer et de le purifier de certaines matières étrangler. Cette concentration s'opère en deux, époques distinctes. On l'amène d'abord à 57 ou 60<>dans des bassins en

étages sur nn fourneau commun ; puis on achève la concentration dans un vase on cucurbite en platine B , muni d'un chapiteau et d'un serpentin de même métal. Lorsque l'acide est arrivé k 66<^, on le soutire de la cucurbite i l'aide d'un siphon en platine f, qui y est adapté, et dans lequel il se refroidit avant d'arriver dans les cruches en grès où on le reçoit ; les deux branches de ce siphon sont plongées sous une certaine inclinaison dans un réfrigérant D dont l'eau est sans cesse renouvelée. On voit en K£ les siphons k basoule qui permettent le passage k l'acide du premier bassin dans le second, et de celui-ci dans le vase en platine.

100 kil. de soufre brûlé devraient fournir 306 kil. d'acide à 66o. Dans la pratique , on réalise rarement plus de 290 à 295 kil. , parce que le soufre brut employé contient, terme moyen, de 3 à 4 p. 100 de matières terreuses, et que, d'autre part, il est impossible d'éviter une foule de petites pertes qui se manifestent trop souvent sur les immenses surfaces du plomb des appareils. Dans tous les cas , ceux-ci fonctionnent avec assez de perfection pour permettre de livrer l'acide au prix moyen de 20 centimes le kilogramme.

AciDB AzoTiQUB. — Nous avous dit, dans la Chimie générale , le procédé suivi dans les laboratoires pour obtenir cet acide. C'est le même qu'ont adopté les fabriques, seulement la nature et la forme des appareils diffèrent. Pour 100 parties d'azotate de soude on emploie 65 parties d'acide sulfurique k 66o ramené à 62 ou 63° k l'aide d'une quantité d'eau suffisante. On opérait autrefois dans des cylindres en fonte disposés horizontalement dans un fourneau approprié ; mais aujourd'hui l'on trouve plus d'avantages i faire usage d'une vaste chaudière en fonte A (fi<f. 9),' dans laquelle on peut charger 400 kil. de sel. B est un couvercle en granité destiné k couvrir la chaudière ; il est percé de deux trous, dont l'un 0 sert i introduire l'acide sulfurique, et dont

(Fig. 9.)

(Fig. 8

plomb peu profonds et Irès-Iargcs, A, A' (fig. 8), placés en

l'autre t reçoit le tube en grès cec, qui établit une communication entre la chaudière et les ballons DD.

C'est dans ces ballons , communiquant entre eux par des conduits courbes EE , que s'effectuent la condensation et la rectification de l'acide azotique. On en dispose une série de 1 2 à la suite les uns des autres ; le dernier est en rapport avec une cheminée d'appel qui absorbe tous les gaz non condensés. Dans chacun de ces ballons, on met environ le tiers de leur volume d'eau ou d'acide azotique faible , qui facilite la condensation des vapeurs émanées de la chaudière. Ces vapeurs sont assez chaudes pour rectifier et blanchir l'acide du premier ballon. Quant k celui qu'on obtient dans les ballons suivants , il est jaune- rougeâtre et contient de l'acide hypo-azotique et du chlore. On parvient k chasser ces deux gaz en maintenant le récipient plongé dans l'eau bouillante ou placé dans un courant d'air chaud.

L'acide que l'on retire d'une opération ne marque pas également 36®, comme l'exige le commerce ; il est toujours à un degré supérieur. On le ramène au point voulu par des additions d'eau. On obtient en acide k 36<* de 127 à 129 kil. par 100 kil. d'azotate de soude.

AciDB CHLORHVDRiQUB. — Cet acidc , qui est sous la forme d'un gaz incolore, très-fumant k l'air, n'est utilisé dans les arts que lorsqu'il est dissous dans l'eau. C'est alors ce qu'on appelle improprement Vesprit de tel, Vacide muriatique , qu'on emploie k la préparation du chlore et des chlorures décolorants, à celle du sel ammoniac et du sel d'élain , à l'extraclion de la gélatine des os , du gaz acide carbonique destiné à la fabrication des eaux gueu-

set, à obtenir Yeam régaU, ce dÎMolvant ti général des méUni. On t'en sert encore poar faire disparaître les incniitations qui te dépotent dans les conduits de distribation det eaox calcaires , pour nettoyer les mura des édifices noircis par le temps , pour le blanchiment des toiles f comme aossi poor celui des soies destinées k la confection des blondes et des gaxes.

Malgié cette multiplicité d'usages, il est rare qu'on prépara exprès l'acide chlorhydrique. Presque partout on l'obtient, comme produit secondaira, d'une opération plus importante, la préparation de la soude artificielle. Les fabriques de sonde en produisent de si grandes quantités, que dans beaucoup de localités, comme à Marseille , par exemple , on ne se donne même pas la peine de le recueillir.

C'est du sel marin on chlorure de sodium qu'on l'extrait , au moyen de l'acide sulfnrique étendu d'eau , ainsi que nous l'avons dit dans la Chimie générale. Dans les fabriques , on introduit le sel et l'acide dans de grands cylindras de fonte A disposés par pairas dans un four> neau en briques (fig. 10). Le gas qui en sort est conduit par des tubes de plomb c dans une série de grandes bouteilles en grès ou bonbonnes B, à moitié remplies d*ean.

(Fig. 10.)

Dans chaque cylindre on met 1 60 kil. de sel et 1 30 kil. d'acide suifuriqne i 66». On en obtient 208 kil. d'acide liquide i 22 ou 23^ i l'aréomètre de Baume , ce qui fait à peu près 62 kil. d'acide gaseux.

L'acide, livré au commerce, est coloré en jaune par du fer qui résulte de l'action du gas sur les cylindres dans lesquels il est produit II renferme aussi un peu d'acide sulfnrique , de chlore , et fort souvent de l'acide sulfureux. Il répand à l'air des fumées blanches très-épaisses, parce qu'une partie du gas , s'en échappant , rencontre dans l'air delà vapeur d'eau dont il s'empare. Le gas cblorhydrique est un des gax les plus avides d'eau, puisque celle-ci en dissout jusqu'à 46 <4 fois son propre volume.

AciDi BORIQUE. — Les orfèvres et les bijoutiers , les semiriera et les cbandronnien , emploient, ionqu'ils soudent les métaux les uns aux autres, une poudre saline qui a la propriété, en fondant, de dissoudre l'oxyde qui recouvre les métaux et qui s'opposerait à leur réunion intime , en même temps qu'elle empêche le contact de l'air avec les parties décapées. Cette poudre saline , c'est le borax , sel formé de soude et à* acide borique , que les chimistes nomment par conséquent boraXe de soude.

Autrefois ce borax arrivait en grandes quantités de l'Inde, de la Perse, où il existe en dissolution dans les eaux de certains lacs. Aujourd'hui il est fabriqué , tant à Livourne qu'en France , au moyen de la saturation par la soude de l'acide borique, qu'on retire de plusieurs petits lacs ou lagonis de Toscane.

Les lagonii sont des amas boueux , répandus sur une superficie d'environ 30 milles , que des vapeun aqueuses , sortant des crevasses dn sol , soulèvent à chaque instant avec un bruit plus ou moins fort. Ces vapeurs , nommées soffioni dans la localité , sont chargées d'acide borique, d'hydrogène snlfnré , de bitume et de sels. On a eu l'heureuse idée de les utiliser à l'extraction de l'acide

borique de la manière suivante. On forme , an moyca de maçonnerie grossière (fig. 11), des bassins glaises oo des

(Fig. 11.)

lacs artificiels, a a a, en y faisant arriver les soures eoi ironnantes, et an centra desquels viennent aboutir deux m plusieun des forts sofioni bbb. Les courants <le vapeon souterraines maintiennent constamment l'era i la température de l'ébullition , et ils y arrivent avec nnc îmt^ telle qu'ils lancent souvent l'eau des bassins i une trhgrande hauteur. Lorsque cette eau a été imprégnée èvapeun pendant 24 heures dans le lac le plu él^é, «■ la fait descendre dans un deuxième lac pour la souncitn à une nouvelle imprégnation ; de là , elle se rend dui un troisième , dans un quatrième et ainsi de mile soccnsivement jusqu'à ce qu'elle arrive au récipient e titaé « la partie inférieure. Après un repos de 24 heures , on U décante dans un second réservoir d, puis elle va se reedre dans une série d'évaporatoires en plomb eeeee, pm profonds et chauffés par des 9ofiomi qui sortent «o-de»sons de ces vases , diisposés en gradins. Dans chanui d'eux , la concentration augmente de plaa en plu à im'sure que l'eau descend , jusqu'à ce qu'elle arrive à 10 on 1 1^ de l'aréomètre. Dans cet état , on la fait couler àn-^ les cristallisoires , qui sont des curien en bon , doublât de plomb. L'acide, cristallisé et débarrassé des eaai mères , est desséché et livré à l'exportation. Il est ea petites écailles d'un blanc grisâtre. Il reofeme de 18 a 25 0/0 de matières terreuses et salines.

Les neuf établissements de la Toscane qnt se lirml à l'exploitation dont il vient d'être question, fonmisant. année commune, 8)1,000 kil. d'acide cristallisé.

On purifie aisément cet acide brut à l'aide <le qnelqarf dissolutions et cristallisations successives. Il est alort en jolies paillettes blanches , nacrées » peu sapides et dores, inaltérables à l'air, fusibles an ronge et se conwr tissant par le refroidissement en un verre transparent

Outre son emploi à la préparation du borate de sow^. cet acide est encore utilisé avec avantage dans qnf4qw« verreries , au vernissage de certaines poteries . dans U fabrication du strass, à la confection des mècbcs des bon* gies stéariqnes, pour donner de la solubilité à la crèss de tartre , et dans tous les essais dorimastiqnes il srrt comme fondant.

CHAPITRI QUATUiMI. 8KLS.

Parmi le grand nombre de sels qui jouent un rôle di* quelque importance dans les arts industriels, nous choisirons ceux surtout qui donnent lieu aux appitcatiotts \r%

CHIMIE APPLIQUÉE

pJos éteodoei et les plus eorienietf renvoyant aux Traitée de chimie oeoz de nos lecteurs qni voudraient acquérir de* connaisiaoces plat complètes sur cette classe si intèrttiukie de composés.

A20TATI Di POTASSE. — Au premier rang nons placerons le nitre 00 salpêtre, en raison de ses emplois divers comme matière oxydante. Il sert « sous ce rapport , pour l'affinage de certains métaux , pour ronger les couleurs cbes le* fabricants d'indiennes, pour préparer les compositions d'étain des teinturiers. Son plus grand usage, toutefois, c'est comme matière première de la poudre à caiiOD , des fenx d*artifice et de toutes les compositions incendiaires.

On le rencontre dans beaucoup de localités différentes, à la surface des plaines ou des roches calcaires , sous la forme d'efflorescences blanches, d'une saveur piquante et un peu amère. Il se produit continuellement dans les lifox exposés aux émanations des animaux , et où existent en même temps des bases salifiables alcalines , la chaux , la potasse, la sonde , l'ammoniaque , la magnésie. Ainsi , on le trouve dans tons les lieux habités , bas , sombres et hnmides, dans les écuries, les élables, les caves, à la partie inférieure des murs d'habitation. Il y a des àxotates dans tous les endroits cultivés ; ce sont les engrais qui les produisent , et toutes les plantes qui croissent près des murailles en renferment abondamment.

La formation du nitre est encore enveloppée de quelque obscurité. Il est probable que dans les pays chauds , l'aride aiotique est produit par la combinaison de l'asote et de l'oxyg^e de l'air sous linfluence des décharges électriques qui sillonnent incessamment les vastes plaines de l'atmosphère. Cet acide est ramené par les pluies sur le sol où il trouve des bases alcalines pour le neutraliser. Dans les pays tempérés et froids , où ce mode de formation ne peut avoir lieu , il provient sans aucun doute de la combustion par l'oxygène de l'air de l'ammoniaqae qae dégagent cootinnellement les matières animales en «oie de putréfaction ; cette matière est convertie en eau et en acide asotique dont s'emparent les bases alcalines.

Dans les paya où les terres sont naturellement salpetrées et renferment beaucoup de salpêtre (Chine, Inde, Arabie, Egypte, etc.), on lessive ces terres, et par la concentration des liqueurs on obtient du nitre cristallisé. Cest li l'origine du salpêtre de tinde qui nous arrive en grande quantité, par la voie du commerce, de la Chine, de l'Inde et de l'Egypte, sous la forme de petits nislaox aiguillés d'un blanc grisâtre.

Kn Europe , on l'obtenait jadis , par un procédé long et compliqué, en exploitant les plâtras de démolition toujours chargés d'asotates de chaux et de magnésie , qu'il fallait convertir en asotate de potasse. Maintenant qu'il uTire du Chili beaucoup d'aiotate de soude naturel , on le borne à faire dissoudre dans la plus petite quantité possible d'eau bouillante 100 parties de ce sel et 87 parties 4/10*^ de chlorure de potassium , résidu d'une foule d'opérations chimiques ; on filtre et on abandonne la liqueur à la cristallisation : de l' asotate de potasse se dépose en beaux prismes blancs, tandis qu'il reste en •oinlion, dans l'eau-mère, du chlorure de sodium ou sel marin.

On raffine le salpêtre en le lavant dans des caisses pwcées de trous, avec de l'eau saturée de nitre k froid. ^Ue eau, qui ne peut dissoudre l'axotate de potasse, «ïlè\e très-bien au contraire tous les sels étrangers , notamment le sel marin qu'il peut contenir. Cette purification est bdispensable pour le sel qui doit servir k la fabrication de la poudre à canon.

La poudre à canon est un mélange de salpêtre raffiné , de sonfre distillé et de charbon léger peu calciné. Les proportions de ces trois substances varient suivant les P»îs et suivant les usages : voici le dosage suivi en France :

ZT)

(Fig. li.)

Poodra da ehane française 78

— de goerra française 76

— da mina fraoçaiae 62

— da traita franraisa 62

La préparation de la poudre se réduit k un petit nombre d'opérations fort simples. On pulvérise séparément les matières , puis on les triture ensemble dans des mortiers ( fig. 12), au moyen d'un système de pilons, et en y ajoutant une quantité d'eau déterminée. . Les mortiers a a se rapprochent de la forme sphérique et sont creusés dans une pièce de bois de chêne bb; leur fond est garni d'un tampon de bois dnr ce; ils reçoivent chacun 10 kil. de mélange. Chaque pilon dd pèse 40 kil.

et tombe, de AO centimèt de hauteur , 55 k 60 fois par minute ; le bas du pilon est garni d'une botte pyriforme en bronze ee. Un moulin renfermenle 20 à 24 mortiers et pilons formant deux batteries. Au bout de 14 heures, la pondre mélangée et comprimée est sous forme de gâteaux humides, appelés galettes^ qu'on laisse sécher ou essorer pendant deux jours. Elle est ensuite divisée sur un crible qu'on appelle gniUmmu (fig. 1 3) , par l'action d'un tourteau ou disque de bois dnr, qui, par le mouvement de rotation imprimé k tout le système, force la matière k passer par les trous du crible. Ce premier criblage ne prodvit que des grains inégaux et du poussier; on paase la poudre (Fig. 13.) ^^Q, g„ second tamis, dit^re-

»ioir, qui donne les grains de grosseur voulue ; un troisième tamis, dit égaiisoir, sépare les grains trop fine ; on se débarrasse enfin du poussier par le moyen de tamis fins. Les poudres de guerre et de mine sont alors desséchées seulement k l'air libre , ou mieux encore p«r un oenrant d'air chaud k «O® ; mais la poudre de chasse subit l'opération du Uêsage , c'esti-dire que , pour rompre l'aspérilé du grain, on la remue pendant 8 à 12 (Fig 1^ ) heures dans

des tonnes (fig. 14) montées sur un axe horiiontal mis en mouvement par une roue hydraulique.

La poudre à canon est d'origine chinoise, mais ce sont les Européens qui l'ont appliquée k l'art de la guerre dans le courant du 1 3* siècle et qui ont perfectionné %a préparation. Les Chinois ne l'employaient que pour les feux d'artifice. C'est encore de nos jours la base principale de ces compositions pyrotechniques. C'est à l'aide de la poudre ou des différents mélangei qui lui sont analogues, que l'on parvient k projeter les bombes , à donner une puissance ascensionnelle aux fusées volantes, k imprimer un mouvement de rotation aux soleils tournants. C'est en associant à la pondre ou au salpêtre des limailles de fer, d'acier , de cuivre et de linc , de la résine , du camphre, du lycopode , du noir de fumée, etc. , qu'on obtient) des feux de diverses couleurs et des effets de comboiUioii très-variés.

Chlorate db potasse. — Voici un sel encore plus propre que le nitre à faire brûler les substances combustibles , en raison de la masse d'oxygène qu'il leur donne instantané-

dv9

ment par mite de la facile Jéoompofilion. Antii ion mélange avec le soufre, le charbon, le pbofphore, lee métaux polvériséfl, let toi fores métalliques, le bois, les résines, etc. donne -t- il lien à des poudres qui s*embrasent et détonent avec la plus grande facilité, soit par la chaleur, soit par la trituration on le choc. C'est à ces mélanges qu'on donne le nom de ptmdres/ulminamtes par le choc.

On avait eu d'abord l'idée de substituer le chlorate de potasse au nitre pour la fabrication de la poudre à ca- . non, afin d'avoir un agent encore plus puissant; mais on a été obligé d*y renoncer , à cause des accidents terribles qu'auraient entraînés sa préparation , sa conservation et son transport On a seulement conservé son emploi pour certaines poudres d'artifice, et surtout pour les allumettes ehimqueê on allemandes dont on fait, depuis 1835 , nue consommation si générale. Ces allumettes ont ceci de commode qu'elles s'enflanmient immédiatement par la fric> tion sur un corps dur. Voici comment on les prépare.

La pâte inflammable dont on imprègne les petites bûchettes varie de composition , suivant l'espèce d'allumettes qu'il s'agit d'obtenir. Les recettes suivantes sont les meilleures :

Pmri—MamÊnmééîm

Chlorate da potatM i

Phosphora 4

Hoauna arabiqve 7

(lélaUaa i

Indifo oa Bialaa. Quant. rafAc.

Posr kfl alianicllM ■«■ 4élM«BtM.

Salpêtre raffiné 10

Phosphore 4

Gélatine 6

Miniam on ocra S

Smalt i

On fait un mucilage épais avec la gomme ou la gélatine et de l'eau bouillante , on y incorpore les matières colorantes, puis le phosphore coupé en petits morceaux; quand celni-ci a été parfaitement mélangé, on ajoute avec précaution le salpêtre ou le chlorate de potasse , et c'est dans cette massé ou bouillie qu'on trempe le bout des allumettes soufrées ; on les sèche ensuite à l'ëtuve. On les recouvre d'un vernis à la sandaraque pour qu'elles ne s'humectent pas et pour éviter l'odeur alliacée qu'elles répandent dans l'air.

Cette application du chlorate de potasse, qui en consomme nue énorme quantité, maintient ce sel k un prix aases élevé , d'antant plus que sa préparation est longue et peu productive. On l'obtient en faisant passer un courant de chlore dans une solution concentrée de potasse d'Amérique. L'appareil des fabriques (fig. 15) est un

(Fig. u.) grand fourneau de galère qui reçoit des tonrilles en grès, if'où le chlore se dégage , et celui-ci , après s'être lavé

dana de petits flacons intermédiaires , arrive dans da tonrilles en verre noir, placées à Pexlériev du foaneaa, et contenant la lessive alcaline qui marque de 30 à 35«. suivant la saison. Il se produit , dans ce cas, do chlorvt de potassium très-soluble et du chlorate de potasse pn soluble. Ce dernier se dépose en écailles, lonqi» « proportion dans la liquenr derient un peu considérable. On le lave à l'eau froide et on le sèche.

FCLUINATBS DB lUaCCSB BT d'aBCBITT. L'aualogie DOU

conduit à parler de suite de deux autres sels qui sont encore bien plus intactiles que le précédent , qui détooeot encore plus aisément que lui par le moindre choc oa W frottement; ce sont ceux qu'on appelle /n/nuiuifesir mercure et d'argent. Ils renferment no acide ternaire compote d'oxygène, de carbone et d'azote, uni aux oxjdes àt mercure et d'argent; on lui a donné le nom d'meîde fuiwûnique pour rappeler la principale propriété de ses Mb. Cest l'anglais Howard qui a découvert ces curieux rt dangereux composés dont on tire aujourd'hui un meiteilleiu parti.

On obtient \e fulminate de mercure en dissolvant 1 partie de vif-argent dans 12 parties d'acide «sotiqoe i 34*. ajoutant à la liqueur 1 1 parties d'alcool à 36<>, et fstaat chauffer le mélange au bain-marie jusqu'à prodnctioodf vapeurs blanches et épaisses. Par le refroidissement , >1 se dépose une pondre blanche cristalline , qu'on Uft> i l'eau froide et qu'on sèche avec précaution. C'est là Ir wtercure fulminant de Howard.

En dissolvant une pièce de demi-franc dans 46 gnann d'acide azotique et faisant chauffer avec 60 gramiDK d'alcool, on produit aisément \e fulminate d'argenL

Rien n'est plus dangereux que le maniement d« m poudres. 1 eentigr. de fulminate d'argent , jeté lar \n charbons ardents, produit une détonation nussi forte qv'tn coup dé pistolet Le plus léger frottement entre deai corps durs suffit pour en déterminer l'exploaion, surtout quand il est sec et chaud ; aussi se sert-oo de bagorltn de bois tendre et de cuillers en papier pour sa préptrttion et son maniement ; et cependant , malgré toutes \ti précautions que l'on prend dans les fabriques , il n'airitr encore que trop souvent des explosions terribles qui drtruisent instantanément les bâtiments les plus solides rt entraînent la mort de nombreux ouvriers.

C'est avec le fulminate d'argent qu'on confeclioBne ift bonbons chinois, si connus des enfants. Une parcdie àt cette pondre est collée , en compagnie de quelques grtim de verre pilé on de sable , entre deux bandes étroites dr parchemin ; lorsqu'on tire ces bandes en aeos contraire, le frottement des grains de verre ou de sable contre U poudre fulminante suffit pour en déterminer Texplosion. Les cartes, le papier et les pétards on pois fnlminaots sooi préparés de la' même manière. Lorsqu'on les jette aw force par terre, on qu'on les presse avec le pied, ils fooi explosion. Ces joujoux ne sont pas sans danger ; ils oat souvent causé des blessures.

Le fulminate de mercure est généralement emplojv . depuis une vingtaine d'années , pour les amorces des fa* sils de chasse , k cause de sa facile inflammation et de son inaction sur le fer. Ce sont de petitet capsules es cuivre mince embouti k la mécanique an fond desqnelie) on introduit un peu de fulminate. Auparavant , cdni-o est broyé avec 30 p. 100 de son poids d'ean , sur nn* table de marbre , avec une molette de bma , et on j incorpore 6/10'" de son poids de poudre à canon. On vrose ensuite la pâte avec une dissolution de rétine-niiitif dans de l'essence de térébenthine, afin de prévenir l'arlisa de l'humidité.

Avec 1 kil. de mercure , on obtient 1 kil. 1/4 de foiminate, qui peut fournir environ 40,000 amorces à capsules. Le prix de celles-ci est ordinairement de 3 fr 50 cent, le mill^igjtized by V^OOglC

CHIMIE APPLIQUÉE

ScLPATi M SOUDE. — Ce fel Mt foorni par ploneiirt soortef de Lorraine , doot let eau en font tatnréet. On leséfapore, et pendant le refroidisfement on let agite pour troabler la criftallifation et obtenir ainsi de jolies petites aiguilles blanches et transparentes; c'est là ce qu'on appdie al (fSpêom de Lorraine , eel de Glauber , donif on fait 00 grand nsage en médecine comme purgatif. On eo consomme aussi beaucoup pour faire le verre à vitres ei le verre à bouteilles ; mais c'est surtout comme matière première de la fabrication de la êoude artificielle qu'il a Qoe grande importance. Nous devons dire quelques mots de cette indostrie chimique, qui a été créée par Leblanc, diDS les premières années de la République , mais qui n'a été bien régularisée qu'en 1 804, par d'Arcet

SocoB ABTinaKLLB. ' — Lo procédé amélioré de Leblanc, qni est pratiqué dans les grandes fabriques de produits chimiques de Marseille , de Rouen , de Dieme, eU,, consiste à transformer le sel marin eo snlfiite de sonde, puis à convertir ce dernier en carbonate par le moyen de la craie et du charbon.

La première opération est effectuée soit dans des cyiiodrei en fonte que nous avons représentés en parlant de Facide chlorhydrique, soit dans des fours à réverbère. La seconde opération , c'est-à-dire la conversion du soICite de sonde en carbonate, consiste à calciner le premier avec un poids égal an sien de craie et avec 0,55 de charbon on de houille en fragments. Le mélange de ces trois substances, pulvérisées sous éeê meules verticilet, est projeté dans un four à réverbère (fig. 1 6) de

forme elliptique chauffé au ronge -vif. On . remue fréquemment les matières étendues sur la sole d du four avec pi une espèce de câ^ longue ratissoire , dite râhle^ qu'on ma<

(Fig- l«.)

Dsnrre pins facilement en la posant sur un rouleau / mobile tournant sur son axe et placé au-devant de l'oufertore i , qni est à l'autre bout du foyer b. Peu à peu la mafse s'agglutine , devient pâteuse et laisse dégager des bolles de gaa oxyde de carbone qui s'enflamment immédiatement. Lorsque ces jets de flammes cessent, que la maïae est bien homogène et partout également fluide, on Il relire da four et l'on recharge celui-ci d'un nouveau mélange. Ce travail continue sans interruption nuit et jonr , jusqu'à ce que dea réparations indispensables forcent d'arrêter.

La théorie de cette opération capitale est un peu compliquée ; nous allons essayer toutefois de la faire comprendre. Le charbon transforme d'abord le sulfate de ■code en sulfure de sodium, en Ini enlevant tout son oxjgèae et en produisant alors du gaa oxyde de carbone. Le inlfure de sodium et le carbonate de chaux se décomposent ensuite réciproquement , et forment du sul-^ fore de calcium et du carbonate de sonde ; mais comme cette réaction s'opère à une température à laquelle la craie se décompose facilement, il en résulte qu'une partie de la sonde reste caustique ou non carhonatée. De plus, comme il y a toujours un excès de chaux , celle-ci s'unit ta nilfare de caleinm et le rend complètement insoluble dtoi l'eau.

U êoude hrute, retirée du four, est trop impure pour qo'oD l'emploie telle qu'elle ; on la rafibe en l'épuisant ^ aon carÎMmate de soude au moyen de lessivages méihodiqnes , et en faisant ensuite évaporer à siccité les liqaeurt alcalines. Les lessivages sont exécutés à froid au

moyen de l'appareil suivant, dit à double diplaeemem

(fig. 17).

(Kig. 17.)

A. B, C, D, E, F, soDt dts vatipt «n \àU dans leiqa«la l'op^r* le Im- •ifage. La toadt brota, réduite en fragneDli. eit placée daas dea paDiert en t61e, H H, dont le fond aeol eal percé de Irooa nombreai ; ces panien «ont transportéa dtna les ftaea de leasivtge tn moyen d'an ebariol k poalie. I T, qai te aesl aor on petit cbenin de fer ■aapendo , o o. Dans le bani de l'atelier ae Iroave an réaerroir d'eao , R, alimentant le premier vaae. A, à t'aide du robinet S- 1,2, S, 4, 6 et 6, toyaoi en fonte faiaant commnniqarr la partie inf^rienre d'un

. Taae avec la partie aopérleare da vaae aaivant : ces tnyiai déveraeal le liquide dana les paniera, en a«rte que l'eao travene toulu la aoade brute eoatenoe dans cra derniera avant de aortir dea^aaea. 1^ aoude eat donc toujoura en contact avec de nouvelle eau, auaai elle eat rapidement épuiaéa de aon ael soluble. Le dernier viae, G. sert i laisser dépoaer la diasoluUon da aoude avant de la aoutireedana les chaa-

, diérea d'èvaporation ; elle marque de 20 i 23 degrés à l'aréomètre.

L'appareil d'èvaporation consiste en quatre chaudières, disposées en étages et chauffées par le même foyer. La première , c'est-à-dire la plus éloignée du foyer , sert à chauffer les lessives ; les deux suivantes sont destinées à leur concentration ; enfin , celle qui est placée immédiatement au-dessus du feu reçoit les liqueurs très-concentrées déjà , et elles y sont évaporées à sec. On achève la dessiccation du sel dans un four à réverbère.

Le produit obtenu est une pondre blanche qni est connue dans le commerce sons le nom de sel de eoude; c'est du carbonate de sonde presque pur. On connaît plus particulièrement sous celui de erietaux de ioude, le même sel cristallisé. Celui-ci est préparé en faisant cristalliser les lessives précédentes par nn temps froid. Ce carbonate cristallisé renferme 62 , 79 p. 100 d'eau, de sorte que 100 kiL ne représentent véritablement que 37 kil. 21 décagr. de carbonate sec.

Le eel de eoude a presque complètement remplacé les soudes dites naturelles dans tous leurs emplois. Il est beaucoup plus pur et plus riche en principe alcalin. Sa fabrication a affranchi nos manufactures d'un tribut annuel de 20 millions de francs qu'elles payaient à l'Espagne ponr avoir ses soudes. C'est la Convention nationale qui a provoqué cet immense progrès.

Alun. — Il est peu de sels dont les usages soient aussi multipliés que ceux de l'alun. Les teinturiers l'emploient comme wwrdani pour fixer la plupart des couleurs sur les différents tissns ; il sert à fabriquer Yacétate d'alumine^ autre mordant préféré par les indienneurs. C'est par son intermède qu'on prépare un grand nombre de laques usitées surtout pour la coloration des papiers peints. 11 est utile ponr la conservation des peaux et fourrures et autres matières animales , pour le collage du papier à écrire , l'épuration et le durcissement du suif à chandelles, la clarification de différents liquides, la fabrication du bleu de Prusse , etc. La médecine tire parti de ses propriétés astringentes, et quand il a été calciné, elle le fait servir à ronger les chairs baveuses, les ulcères.

Ce sel, que les Orientaux nous ont fait connaître, est nn sel double , ainsi formé :

M»m à bsM d« pel Sulfate d'alumine . .

Sulfate de potaaae. . .

Eau de eristalliaatioD.

Mmm i I

Sulfate d'alumine .... 38.64

Sulfite d'ammoniaque . . 12.88

Eau de cristallisation. . . 48.48

L'alun existe tout formé aux environs de pla«ienrs volcans, mais la quantité efi)iQEili^qiâ faible qu'il faut re-

eonrir à difliérenU procédés poor fournir an commerce lef 4 on 5 mUlioni de kil. qui lui lont annoellement né-

Tantôt on le retire d*nn minéraJ appelé «Imite, qni exif te en abondance dana les étata de Rome. Cette pierre est une combinaison d*alnn et d'hydrate d*alumine. En la calcinant, on détruit le composé, on isole l'hydrate, et en lessivant alors la masse calcinée, on enlève tout Talun, qu'on fait cristalliser. Il est coloré en rose par un peu d'oxyde de fer retenu mécaniquement entre ses particules. 11 porte le nom d'a/wi de Home dans le commerce.

Tantôt on abandonne au contact de l'air du sulfure de fer mélangé d'argile, ou quelquefois on le grille. Le soufre se change en acide snifurique que l'alumine de l'argile convertit , pour la plus grande partie , en sulfate d'alumine. Par des lessivages on dissout ce sel, auquel il ne faut plus ajouter que du sulfate de potasse ou d'ammoniaque pour le transformer en alun. Il retient toujours du sulfate de fer. C'est là l'aUm de Liège, Yaltm d'Anglelerre , Yahm ttAUewtagne , Yalun de Picardie,

En6n, ed traitant les argiles les plus pures par l'acide sulfurique faible, et versant dans les liqueurs concentrées du sulfate de potasse ou d'ammoniaque , on produit de toutes pièces de l'alun très-pur. C'est V alun fin de Parii.

Les aluns sont d'autant plus estimés qu'ils contiennent moins de sulfate de fer, attendu que ce sel leur communique des propriétés nuisibles , notamment celle de brunir les couleurs délicates de la gaude et de la cochenille. On reconnaît leur impureté quand leur dissolution prend une teinte bleue , au bout de quelque temps , par l'addition de quelques gouttes du réactif nommé pnfssiaf« de potasae Jamne. Les aluns les plus purs sont ceux de Rome et de Paris.

Dans le commerce, l'alun est ordinairement en grosses masses blanches et translucides, qu'on obtient en fondant les cristaux dans leur eau de cristallisation , et coulant le liquide dans de grands vases où il se fige. Les cristaux isolés sont des octaèdres réguliers.

CounaosBs. — Dans le commerce , on donne le nom de eanperaeee à plusieurs sels fort différents les uns des autres par leur nature chimique ; seulement on les distingue par leur couleur particulière : ainsi on appelle eouperoee verte le sulfate de fer , couperose bleue le sulfate de cuivre , et couperose bUmeke le sulfate de linc. («omme ces sels jouent un rôle important dans les arts , il est nécessaire de les étudier isolément

A. Couperose verte ou eulfate ferreux. — Ce sel, nommé aussi viVrîb/r«rr, se présente en gros prismes rhomboïdaux, transparents, d'un beau vert d'émeraude , contenant 42 à i5 p. 100 d'eau de cristallisation. Il a une saveur fortement styptique. Ses cristaux se recouvrent promptement dans l'air de taches ocreuses , ce qui est du à la suroxygénation de l'oxyde ferreux et à sa conversion en sons-sulfate ferrique.

On le prépare très en grand dans les départements de l'Oise, de l'Aisne, del'Aveyron, à Forges -les-Eaux (Seine- Inférieure), en exposant à l'air des schistes argileux, des lignites on des tourbes dans lesquels se trouvent disséminées deê pyrites blanches ou sulfure de fer. Ces pyrites se fendillent, éclatent, tombent en poussière; le fer s'oxyde , le soufre s'acidifie , et les deux nouveaux produits se combinent pour former du sulfate de fer qni s'effleurit à la surface des tas. On lessive ceux-ci de temps en temps et les liqueurs concentrées fournissent, par le repos, des cristaux de couperose, qui portent alors les noms de couperose de Xogon , de Mairancourt^ de Montatkre, de Verherie , de St-f'rcel, de forces , suivant les localités de production.

Ailleurs , comme à Paris, Honfleur, Bouxvillers, etc. , on traite les vieilles ferrailles par l'acide sulfurique affaibli et ne marquant que 20 à 2 5« ; on évapore la disso-

lution dans de grands bassins de plomb, et on fait cmtalliser dans des réservoirs en bois. On a alors in couperoses dites de Paris , de Homfiemr, de BemxviUm . toujoun plus pures que les précédentes.

Pour dissimuler la grande acidité de certaines couperoses , qui affaiblit leur couleur , les fabricants les colorent en vert*foncé au moyen d'un peu de noix de gslle ou de mélasse. La couleur foncée des couperoses n'nt donc pas un indice de bonne qualité , comme le supposent les teinturiers et les autres industriels qui font utsjr de ce sel.

B. Couperose bleue on sulfate cuivrigue, — Ce iri est aussi connu sous les noms de vitriol bleu , vitriol dt Vienne^ vitriol de Chypre,

En France, on le prépare de toutes pièces, en mooiilant des plaques de cuivre , les saupoudrant de fleur At soufre, et les chaufiantau rouge dans un fouriréverbm; il se fait d'sbord un sulfure que l'oxygène de l'air coovertit après en sulfate. En plongeant les plaques calcism dans l'eau, on dissont le sel formé i la surfaceeton refsfi le cuivre à nu ; on recommence l'opération , et ainsi dr suite, jusqu'à ce que tout le métal soit sulfatisé : on concnitre les dissolutions cuivreuses pour avoir le sel en rristsoi.

Dans d'autres pays, on grille le double sulfure de fer et de cuivre naturel, nommé cuivre pgriteux; il se dungr en sulfate ; on lessive le résidu de la calcination , H ou fait cristalliser les lessives ; on obtient alon un mélsii^*' de sulfate de fer et de sulfate de cuiYre , qui porte sprcialement le nom de vitriol de Saltbourg.

Le sulfate de cuivre est en gros prismes traaspsreuti. d'une magnifique couleur bleu-d'asur; mais à l'sir B» deviennent opaques et blanchâtres à leur surface, » perdant une partie de leur eau de cristallisation, qui fl'<^ lève jusqu'à 36 p. 1 00.

Si , dans une dissolution de sulfate de cuivre , fiiif dans les proportions de 4 parties de sel pour 24 psrtie» d'eau, on ajoute une dissolution d'arsenito de poissie. obtenue en faisant bouillir dans 32 parties d'eau 1 1/2 d'acide araénieux et 4 de potasse , on obtient un précipité d'un vert clair ou vert-pomme, qui consiste en erttnite de cuivre et que les fabricants de couleurs et <!<■ papiers peints connaissent sous le nom de vert de SekMt.

Le vert de Schtreinfitrth , le rert de Vienne , le rerf ie Brwuteick, le vert d'Allemagne , le vert de Mitds sodI des composés analogues, de nuances dÎTerses, dont il se fait un débit considérable pour la peinture à Thnileet à l'eau, ainsi que pour la coloration despapîera de teaton*.

C. Couperose blanche ou eulfau sincigue, — \ammr encore vitriol blanc ou de Goslar, ce sel est employé dêm la fabrication de quelques vernis pour rendre l'huile de lin siccative , et dans la préparation du blanc de zinc on carbonate de sine qui sert dans la peinture à Tfanile el à l'eau, avec d'autant plus d'avantages, que cette bdkcouleur blanche ne noircit pas par les émanations salfiBreuses. Les fabricants d'indiennes font aussi un veei grand usage du sulfate de sine pour la compositios ée certaines réserres, heê médecins l'utilisent contre les alcérations des gencives , dans le scorbut , contre les auladies des yeux , etc.

Dans le commeree, il est en masses saccbaroîdes, on en plaques épaisses , ou en jolies petites aiguilles incolores et transparentes. On le prépare en grand , surtout près de Goslar , dans le Harts , par le grillage , à une hsÊtt température, du sulfure de linc naturel ou blende , lessivant le résidu du grillage , faisant évaporer et existailiser les eaux des lavages. Quand il est jaunâtre, il cootieot du solfate de fer ; on l'en débarrasse aisément en le faisant bouillir avec un peu de nitre et d'oxyde de sine, <pii précipitent le fer à l'état d'oxyde ferrique ; on filtre ehasd ^ et on laisse cristalliser par refroidissement ; on s slors dr be.» pri«D«, Tf^t^rP^'y Çj^|3g te

CHIMIE APPLIQUÉE

Chbovjtis. — Le chrême tA m métal reminpiaMc ptr les eompoféi oifgénéf qu'il fournit , et qni tout aont pourvut de magnifiquet coulenn. Voxtfde de ehr&mê a noe belle couleur verte , Yaeide ehr&mique est d'un beau ronge-pourpre , lea ekrAmaU» sont jaunet on rouges.

Voxyiê de ekrâme eit une dee coulenra minérales les plat utiles. Dans les manufactures de porcelaines, il sert À faire des fonds verts , très-foncés et très-beaux , snr ces sortes de poteries. C'est avec lui qu'on colore en vert tontes les matières vitreuses , le strass , les émaux. On l'utilise dans la peinture i l'huile et dans les vernis. Le vert de ckràmt des marchands de couleurs n'est autre chose que cet oxf de , qu'on peut se procurer par une infinité de procédés , mais surtout par l'ébullition on la ealcination du chrdmate de potasse avec le soufre.

Vaeide ckrâmique pur n'a aucun emploi , mais il n'en est pas de même des sels qu'il forme , et notaounent des ekràauUs de potasee et de plomb , qui jouent surtout niT ^rand rôle dans les ateliers de teinture et d'impression. Comme c'est avec le chrftmate de potasse qu'on prépare tous les autres composés do chrome, disons comment on se le procure.

On trouve, aux Etats-Unis, en Sibérie, en Silésie, dans ie« monts Onrals, un minéral d'un gris noirâtre , qu'on appelle mine de ekrâme^ et qui est essentiellement composé d'oxfde ferrique et d'oxyde de chrome. En calcinant sa poudre avec parties égales de nitre, l'oxyde de chrome passe & Tétat d'acide chrAmiqu^ aux dépens de l'oxygène de faeide axotiqne. De sorte qu'en traitant la masse calcinée avec de l'eau bouillante, on a une dissolution jaune de ehrômate de potasse , qu'on purifie et qu'on obtient ensuite en petits cristaux.

Ce sel , d'un beau jaune citron , passe facilement à l'état de ehrâmaU acide ou de biekràmate, si Ton ajoute dans Is solution une certaine quantité d'acide asotique. Il devient alors rouge, et cristallise en larges tables rectangulaires, à bords Aigus, d'une superbe couleur ronge-orangé. ,

Lorsqu'on verse dans des dissolutions métalliques une solntion de ehrdmale jaune ou ronge, il y a double déoompositioD , et il se dépose des chromâtes métalliques caractérisés chacun par une couleur spéciale. Ainsi, dans les sels de plomb on obtient, par ce moyen, un beau pré* rtpitéyoïrji^; dans les sels de mercure, un précipité rougeortmgé; dans les sels d'argent, un précipité rouge de carsu» , etc.

Le ehfàwuue Jaune de plomb est une des couleurs minérales les plus éclatantes ; on en consomme beaucoup pooT la coloration des caisses de voitures, des papiers de teatnre , des différents tissus , des faïences et autres poteries. On le vend en morceaux cubiques sous le nom de jaune de ekrâme , et en trochisqnes sous celui de jaune de Cologne; mais, dans ce dernier cas, il est toujours mélangé de sulfates de plomb et de chaux, auHi sa nuance est moins riche.

Ce qu'on appelle péUe orange est un sous-chrAmate de plomb d'une belle couleur rouge , très-employé dans la peinture à l'huile et dans la fabrication des indiennes ^ des papiers peints. On le prépare en mêlant deux dissolntions bouillantes de chrômate jaune de potasse et de lons-acélate de plomb, et faisant chauffer, avec un peu d'alcali, le précipité orangé obtenu.

CHâPlTRI CINQUiàlIK. ALLIâfiRS.

Si , dans leur état de pureté on d'isolement , les métaux nous sont utiles, on pourrait même dire indispen- **^les, ils noua rendent des services encore plus nom- Iveux quand ils sont asaociés entre eux , c'est-à-dire à I état d*altiagtÈf et plusieurs ne peuvent même réellement "«voir certaines applications que ïous cette dernière forme.

Les alliages métalliques peuvent être considérés , relativement i l'industrie, comme des métaux nouveaux, possédant des propriétés toutes spéciales et presque toujours diiïérentes de celles qni appartiennent aux métaux qui les constituent II est donc intéressant de connaître les principaux de ces composés.

Le procédé plus généralement suivi pour les obtenir consiste i fondre ensemble les métaux À allier, soit en les renfermant dans le même creuset, soit en ajoutant l'un des métaux i celui ou à ceux qui sont déjà fondus. On brasse bien le mélange pour qu'il soit aussi homogène que possible , et on le coule dans des moules de form^ déterminée ou dans des lingotières.

Les alliages sont binaires , ternaires ou quaternaires , suivant le nombre des métaux qui les constituent Les premiers sont les plus nombreux.

1 0 AUiages du fer, — Le plus intéressant de tous ces alliages est celui qu'on désigne sous le nom de/er-blanc.

Ce n'est antre chose , comme nous l'avons déjà dit , que de la tàle de fer ou du fer laminé dont les deux surfaces sont recouvertes d'une couche très-mince d'étain pur.

Pour obtenir le fer-blanc , dont la fabrication a pris naissance en Allemagne, on décape parfaitement la têle, en la plongeant dans de l'acide sulfurique étendu , qui dissout la pellicule d'oxyde ; on la frotte ensuite avec du sable, on la plonge dans du suif, puis dans un bain d'étain couvert de suif. Au bout d'une demi-heure on la retire, retenant à sa surface une portion d'étain, qui bientôt se solidifie. Chaque mètre carré de surface de la tôle retient de 130 à 140 grammes d'étain.

Le fer-blanc présente l'aspect de rélatn ; il en a Téclat et la couleur, il conserve son brillant à l'air mieux que l'étain lui-même , en raison de l'action galvanique qui §e produit entre les deux métaux, l'étain étant négatif à l'égard du fer. Mais la moindre fiuure qui met le fer à découvert ne tarde point à occasionner une tache de rouille; car, en raison de cet effet galvanique, le fer est devenu plus oxydable qu'il ne le serait par luimême.

Lé fer-blanc dit brillant doux est confectionné avec de l'étain pur ; celui qu'on appelle terne doux est fait avec un alliage composé de 2 parties de plomb et 1 partie d'étain. Dans l'usine de Montatère ( Oise ) , on étame la tôle avec du plomb seul , afin d'avoir pour les couvertures de bâtiments un .métal moins cher et moins lourd que le plomb , moins cher , moins combustible et plus solide que le linc.

Si l'on passe sur le fer-blanc, légèrement chaud, uni» petite éponge imbibée d'eau aiguisée d'acides asotique et chlorhydriqoe , on enlève la couche superficielle de l'étain , et l'on met à nu celle qni adhère au fer et qui a cristallisé pendant son refroidissement On fait ainsi apparaître des cristallisations très -variées et des dessins chatoyants d'un très -bel effet; c'est ce qu'on appelle le moiré métallique. En 1816, un nommé Allard tira parti de cette propriété , anciennement connue des chimistes , et il sut en faire naître une industrie nouvelle qui eut une vogue immense , mais éphémère.

L'étain n'est pas le seul métal qui puisse servir à garantir le fer de l'oxydation : le sine peut jouer le même rôle ; aussi , depuis 1 836 , l'appliquc-t-on à la surfaci' du fer pour faire ce qn'on appelle le fer galvanisé. Le zineage du fer s'opère en plongeant les lames métalliques bien décapées dans un bain de linc en fusion. La tôle galvanisée n'est pas plus chère, à poids égal, que la tôle nue. Elle a à peu près le même prix que le sine laminé ; mais, outre qu'elle est plus tenace et plus flexible, elle a encore l'avantage de ne pas se fondre et de ne pas s'enflammer dans les incendies comme celui-ci. On singue également la fonte , en la décapant préalablement au

moyen de racide iiilforîqae impur qoi a serti i réparation det hailea. C'ett M. Sorel qui a créé ce noovean genre d'indastrief qni livre i la consommation pour plus de 1 , 200, 000 Tr. d'ustensiles lingués de tout genre. Le fer est beaucoup mieoi protégé contre l'oxydation par le sine que par Tétain.

Alliagbs du crivRB. — Le enivre est un des métaux les plus sonores , les plus ductiles et les plus malléables , et , en raison de ces précieuses qualités, c'est l'un des plus propres k la confection d'une foule d'ustensiles et d'outils d'un usage journalier ; malheureusement , ce qui en limite l'emploi, ce sont ses propriétés vénéneuses, surtout i l'ctat d'oxyde ou de carbonate, et il tend à se changer en ces composés dès qu'il a le contact de l'air ou des aliments acides ou gras. En effet, il se ternit bientôt à l'air et se couvre d'une légère couche verte d'hydrate et de carbonate d'oxyde cuivrique, qui est plus connue sous le nom de rert-de^gris. Les casseroles et autres vases dans lesquels on fait cuire les aliments ne leur communiquent aucune qualité nuisible tant qu'on ne les y laisse pas refroidir; mais ceux qui y séjournent deviennent vénéneux , parce que , sous l'influence des acides ou des matières grasses coalennes dans ces aliments, le cuivre s'oxyde aux dépens de l'air et se dissout alors dans la masse. Les liqueurs ou mets additionnés de vinaigre dissolvent surtout très • aisément le cuivre et se chargent d'une certaine quantité d'aeitate de cuivre , qui est un des poisons les plus violents aux plus petites doses. C'est là ce qui explique ces accidents , si fréquents dans nos ménages , par l'imprévoyance ou la négligence des domestiques.

Pour diminuer les dangers de l'emploi des vases de enivre dans les ménages , on les recouvre d'nne couche d'étain ; c'est alors ce qu'on appelle le cuivre itamé. Voici comment on opère cet élamage. On décape d'abord la pièce en la frottant vivement, pendant qu'on la chauffe, avec un tampon d'étoupe saupoudrée de sel ammoniac , et, lorsqu'elle est devenue très -brillante, on étale sur tonte sa surface , avec le tampon , de l'élain qu'on a fait fondre sur la pièce même. On frotte jusqu'à ce que le métal fondu forme une couche égale et suffisamment épaisse sur le cuivre , et , pour prévenir l'oxydation de Tétain pendant ce travail , on jette , sur le bain , un peu de résine qui fond et couvre toute sa superficie.

L'élamage, même le plus soigné, n'est pas de longue durée, car, outre que la couche d'étain est très -mince, elle n'est réellement que superposée et non unie intimement an cuivre ; aussi le récurage , le frottement des cuillers , les sauces acides en enlèvent journellement de petites portions et mettent bientdt le cuivre à nu. Lorsque les vases sont d'un usage habituel , il est prudent d'en renouveler l'étamage au moins tous les mois.

L'étamage polyehràne, d& à Btberel, et qoi consiste dans l'emploi d'un slliage de 6 parties d'étain et de 1 partie de fer, est plus économique, plus salubrc, et il dure sept fois autant que l'étamage ordinaire à Tétain pur.

Les principaux alliages du cuivre ront le bronze ou airain^ le laiton ou cuivre jaune , et le maillechort ou argentan,

A. Bromes, — Les alliages de cuivre et d'étain étaient très- employés par les anciens pour faire des instruments aratoires , des armes , des outils , etc. , avant qu'ils connussent le fer. On s'en sert aujourd'hui ponr la fabrication des canons , des cloches , des statues , des médailles, des cymbales, des timbres d'horlogerie, des tamtams, etc.

On allie les deux métaux en diverses proportions , suivant les usages auxquels on doit appliquer le hronse , et souvent on introduit dans l'alliage une petite quantité de quelques autres métaux , de fer, de sine , de plomb ,

ZiK.

Pl«*b.

iu».

pour modifier ses propriéléi babilneUet. Voici les proportions généralement suivies pour les divenes espèces de bronxe du commerce.

Calnt. Aifa. Hi

Brouta des fttetops 90.10 9.M

— d#s médaille!. .^ 88iW 18i8 .

— descanoos 90491 10i9 >

— detcloehea 7S «i

— dea cfmbalea et tamtans 80 90 >

— des timbres de pendales 71 97 i

— des miroirs de lêleaeopes 66,7 93.3 ■

B. Laitons, — Le laiton ou cuivre jaune dont on le sert pour faire une foule d'ustensiles de ménage, la pinpart des instruments de physique, les cordes des initroments de musique, les devantures de magasin , les roolettes de lit, les truelles des maçons, les épingles, les boutons, les faux bijoux , etc. , est un alliage de canrt et de fine , en proportions souvent très-variées, et reafermant parfois de petites quantités de plomb, de fer, d'étain , d'arsenic.

Dans le commerce , on connaît un grand nombre d'espèces de enivre jaune qui sont désignées par des nomi particuliers. Le tableau suivant indique la eompositios des principaux alliages de cette classe.

Caitre.

Laiton de Romillf 70

de Belgique ..'... 61

poar 1* donire 80

poor garnltore d'aroMS. 80

Cbrfsocala poor faoi bijonx. . ' 92

PotiB 7«

La couleur de tous ces alliages varie suivant les proportions relatives des deux métaux principaux. Plus il y a de cuivre , plus leur couleur approche de celle de for. Ils sont d'ailleurs très-malléables et ductiléa à froid, cassauts à chaud, plus fusibles que le cuivre rouge et moiin altérables que lui par le contact de l'air.

C. Maillechort ou argentan, — On fabrique depoii fort longtemps en Chine et en Allemagne , el en Frsacc depuis vingt-huit ans, un alliage de cuivre, de niekd et de sine , qui imite asseï bien l'argent de vaiiaelle, dool il a la blancheur, l'éclat, la dureté et la sonorité. On l'emploie à faire une foule d'ustensiles de ménage. Il cri particulièrement propre à la sellerie et pour les garnitures d'armes. Voici la composition des divers allisg» de cette sorte :

Caim. Niekd. liac itmim. Fer. Plvà

Pakfaag ehioola A6 :23 17 i S

— parisien 62 15 23

Maillechort ponr cooterta . . 60 9S 2& -

— poorgaroilaredecontMoi. &5 92 23 •

— pour laminer 60 20 20

— pour sellerie, éperon». . . .'t7 20 20 • .S

En raison de la forte proportion de cuivre que en alliages renferment , les vases qu'ils servent à fabriquer exigent de grands soins de propreté et d'attention, cir ils peuvent communiquer des propriétés vénéneuses aai liquides acides et aux substances grasses qu'on y laisserait séjourner.

Le maillechort prend très-bien la dorure, aussi troal^ t-on maintenant dans le commerce de l'orfèvrerie m grand nombre d'objets, couverts de table, garvitam de couteaux , etc. , qui sont en maillechort verwuitti. Ce vermeil est beaucoup moins coÂteux et plus solide que le vermeil sur argent. On l'argenté également très-btea, et en Allemagne on fait grand usage du maillechort argenté sous le nom de Ckinasilber ou argent ckimois,

AixiAGRs DB histsis, — Ou conuatt un aases grand nombre d'alliages de l'étain avec le plomb , rantiffloine,lc stuc, le bismuth, avec lesquels on confectionne une foule d'ustensiles de ménage et tons ces objeta qu*on coofoad sous le nom de paierie ou taistelk^d'JtahUf J^oia la c position des principaiii^.€l by ^

CHIIllK APPLIQUEE.

Ȼim. nmh. Aatim. Umm*.

Aliiig* p««r lei fMe» et ■•• nrN dt capaeilé 82 18 « ■

— pour coillrn, flanbeaui,

écriloirai, Mbiien 80 fO > *

— pœr platt. fatoielle, foo-

taioM, rtc 92 8

Urial trgpotiB d0 Paris. ... 8&.U 0.06 11.50 ' Uélal d'.Mjitt poor cootciit cl

pUscbn à graver la matiqoe 60,00 34,6 5,4 .alliage povr feaillea k eof eiop-

pcr le chocolal , la ancre de

paanei. leUbac.eCc. . . 36.00 64,00 > UHd de la reioa pou Ihéfèrca

Soadarc des plombicrt .... 33 66 * •

— des ferbUDtiera 50 AO < >

La soadure de Fétain est Lrèi-rapidement alUquée par ooe foule d*ageDtt chimiques qni respectent le plorab, et d'ailleurs elle est asset chère. M. Desbassf ni de Richemont a eu ridée de sonder le plomb avec le plomb, c'eatp à-dire d'opérer la réunion des parties à joindre par la fnsioo seule et sans addition d'aucun alliage, de telle iorle que la soudure et les morceaux soudés ne forment qn'oDe masse parfaitement homogène. Cette opération ot pratiquée i l'aide de darda de flamme très-intenses , nnéuê maniables comme de véritables outils, et qui lont produits an moyen d'un chalumeau à hydrogène et à air. Ce système de soudure est ce qu'on appelle toudure ato^hu. Cette jolie invention rend d'immenses services dîna les fabriques d'acide sulfnrique, dans les ateliers des bijoutiers , des orfèvres , des fabricants de broniea , des émailleurs , des dentistes , enfin de tous ceux qui ont beioin de sonder les métaux.

Tne antre invention , non moins utile pour l'écouomie domestique , c'est l'emploi des feuilles métalliques poor préserver les appartements de l'humidité et empêcher la dégradation des papiers de tenture. On les colle inr les murailles, après les avoir enduites sur la face opposée d'un vernis gras. Ces feuilles sont faites avec un alliage d'élain , de bismuth , de linc et de plomb. L'expérience a démontré l'efficacité de ces feuilles dans ce eu, puisque déji, en 1844, Mil. Rousseau et Poisson, de Paris, en livraient 40,000 i la consommation au prix de 2 fr. le mètre carré.

AtLiacas du «siiitth. — Le bismuth est un des métaux les plus fusibles, et il communique cette propriété i tous reox avec lesquels on l'allie. Les arts tirent un parti iiantageux , dans nombre de cas , de la grande fusibilité dn alliages de bismuth , de plomb et d'étain , notamment poor faire les rondelles fusibles qui sont adaptées, d'après les règlements, à la partie supérieure des chaudières des machines à vapeur. Voici la composition de ces princîpaox alliages fusibles :

Ktmalb. Plooib. lîuin. Aaliinoina Alliage de !IIe«fOD.fo»ibl« 4 100°. 5 2 3.

~ de e^Arwt m 4« Rote, faaibic à -f- 94-» 8 ,j 3

— poer lea elkhéa dea gramrea

wrbon.fMiUa 4 4-91^.. . . S 3 i

— pirar clkbéa dea plaacbea d'ia-

prrMioQ 4 la Perrolioe f i 1

— poar même objet 10.5 32.5 48,0 V,0

Ko ajoutant i l'alliage de d'Arcet un neuvième de son poids de mercure, on augmente singulièrement encore sa fusibilité poisqn alors il devient complètement liquide 4 -f- }3^ Cet amalgame sert à faire des injections ana-^ tomiques, el quelquea dentistes en font usage pour plomber les dents cariées.

Alluobs d'or it d'arcknt. —Nous avons dit, dans la CAini€ fiaérmte, quelle est la composition des alliages d'or et decoivre, d'argent et de cuivre qui servent à la fabrication des monnaies , des ustensiles et des bijoux. Nous sjouterans ici que la quantité d'or ou d'argent qui se trouve dans chacun de ces alliages constitue ce qu'on appelle U (lire. Ce titre est fixé par la loi du 19 brumaire an

VI (9 novembre 1797). On dit de ces alliages qu'ils sont i un titre d'autant plus élevé, qu'ils renferment plus de métal précieux. Ainsi, un lingot qui, sur 1,000 parties , contient 800 d'or ou d'ai^gent est au titre de 800/1000. D'après cela, les monnaies de France, en or et en argent , sont au tiu-e de 900/1 000, tandis que les ouvrages d'orfèvrerie en or sont aux titres de 920, de 840 et de 750/1000".

Pour garantir au public les quantités de métal pur et d'alliage contenues dans tous les objets de commerce , bijoux, lingots, pièces d'orfèvrerie, etc., chaque pièce d'or ou d'argent porte un contrôle posé par l'administration , après vérification faite du titre. Lorsqu'une pièce fabriquée par un orfèvre est au-dessous du titre légal , on la brise pour empêcher sa mise en circulation.

L'applicatipn de l'or et de l'argent i la surface des autres métaux , notamment du cuivre et du laiton , est un art fort important , dont nous devons dire quelques mots.

C'est ordinairement an moyen d'un amalgame d'or qu'on pratique la dorure. Voici sommairement^comment on opère. On décape parfaitement le laiton , en le chauffant au rouge et en le plongeant dans de l'acide sulfurique faible ; on le lave et on le sèche en le frottant avec du son ou de la sciure de bois. On le frotte alors avec une dissolution étendue d'axotate de mercure ; puis on y applique , i l'aide d'une brosse , une certaine quantité d'amalgame d'or pulvérulent : on étend uniformément la poudre , et eu chauffant ensuite la pièce, le mercure se volatilise complètement; l'or reste seul à la surface sous forme d'un enduit brun-foncé. Pour lui donner la couleur de l'or , on la nettoie, on la frotte , et ou l'expose au feu après l'avoir recouverte d'une bouillie composée de sel , de nitre et d'alun ; on la passe i l'eau bouillante , on l'essuie , et lorsqu'on veut la brunir on la frotte avec la dent de Ump»

Depuis quelques années, on pratique la dorure au moyen d'un procédé électro-chimique fort curieux; c'est ce qu'on appelle la dorure galvanique. Comme il en a été question dans le Traité d'ileetrieilé , je me borne i mentionner le fait.

Pour Y argenture on se sert souvent de feuilles minces d'argent qu'on applique sur le métal bien décapé , et qu'on y fait adhérer à l'aide de la chaleur et d'une pression longtemps exercée an moyen d'un brunissoir d'acier; on superpose ainsi 30, 40, 50, 60 feuilles, suivant la solidité et la durée qu'on veut donner à l'argenture. Hais ce mode de faire est dispendieux , limite aux grosses pièces et l'usure de l'argent est assex prompte.

V argenture au pouce est préférable. On l'obtient en frottant les objets avec du chlorure d'argent récemment précipité et humecté d'un peu d'eau salée. L'argent revient k l'état métallique, pénètre assex profondément dans le cuivre on le laiton , et forme i sa surface une croûte très-solide qu'on rend encore plus adhérente en faisant rougir la pièce et en la brunissant C'est ainsi qu'on argenté les cadrans d'horiogerie et les limbes gradués des instruments de physique. Un avantage de ce mode d'argenture , c'est que , lorsque des parties sont détériorées ou colorées, on peut les réparer facilement sans retoucher à tonte la pièce ; il suffit de les frotter avec de \i poudre à blanchir ^ c'est-à-dire avec le chlorure d'argent.

Ce qu'on appelle le doublé ou le plaqué est du cuiire recouvert d'une plaque d'argent destinée à remplacer l'argenture ordinaire , toujours asseï coûteuse en raison de son peu de solidité. Ce genre d'industrie , anciennement connu des Gaulois, a repris naissance en Angleterre vers 1742; mais, dès 1785 , il était exploité en France, et aujourd'hui nos fabricants livrent au commerce des pro* dnits d'une grande perfection et d'un très-bas prix. Cette

INSTRUCTION POLR L£ PEUPLE.

indiutrie occupe à Paris 2,000 oavriert , emploie un capital de 8 milltona de francs, et exporte annuellement la moitié de la production.

On plaque au degré de force qu*on désire, en donnant à la lame d'argent le dixième , le vingtième, le quarantième du poids primitif du cuivre. Pour plaquer au dixième, on applique sur le cuivre qui pèse 10 kil. une lame d'argent du poids de 1 kil. Les deux métaux laminés , ensemble , et réduits à l'épaisseur d'environ 1 millimètre, conservent toujours le même rapport d'épaisseur , de sorte que l'argent est toujours le dixième de l'épaisseur totale. On ne plaque pas plus bas qu'au quarantième.

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