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GÉNÉRALITÉS DE LHISTOIRE XATURELLE

ils fonl devenas immobiles comme le germe dans l'œuf , leare orgaoes, lears tissus semblent s'être ramollis et presque dissons pour se reconstruire et s'agencer d'une autre manière , c'est une période de sommeil comparable à une seconde vie eoibryonnaire dans l'œuf , sinon que les matériaux des organes sont presque tous en place et déjà préparés par la vie antérieure , an heu d'être progressivement empruntés au vitellus qui est un simple dépél de matière organique. Toutefois , on peut , jusqu'à on certain point , nommer vie latente , cette vitalité de certaines nymphes en la comparant à celle des œufs et des graines , car leur éclosion est également subordonnée à la température et peut être retardée de plus d'une année.

Cette suspension des fonctions vitales , dans l'œuf et dans la nymphe,on l'observe aussi, mais plus complètement encore, dans divers animaux exposés à subir alternativement l'influence de l'humidité et de la sécheresse , tels que les rotifères, les tardigrades et divers nématoïdei habitants des touffes de mousse sur les toits et sur les murailles ; il en est de même pour des insectes ou des larves, pour des chenilles, par exemple, et pour des batraciens exposés sans périr à l'action d'une forte gelée qni les rend durs et caasants comme un glaçgn.

An lieu des métamorphoses successives des batraciens, dei insectes et des mollusques , on observe des métamorphoses alternatives bien curieuses chez des helminthes, des polypes et des acalèpbes. Les biphores de la classe des tuniciers sont dans le même cas , et , à une génération d'animaux agrégés, succède toujours une génération d'animaux isolés présentant des différences correspondantes dans leur organièation intérieure. Les méduses , et peut-cire aussi tous les acalèpbes, naissent de polypes hydraires tels que les syncorynes et les campanolaires, lesquels, de même que le mycélium par rapport aux champignons qui en proviennent, ne sont que la phase végétative des mêmes êtres dont les méduses sont la phase de fructification.

Beaucoup d'animaux et de végétaux présentent , dans la marche de leur développement, des anomalies par excès ou par défaut, lesquelles sont des monstruosités quand elles sont accidentelles , et fournissent au contraire des caractères propres à certaines espèces , ou à certaines portions d'une espèce , quand elles sont consiaotes. Quelquefois même on voit clairement la cause de ces anomalies, c'est ainsi que l'on sait que les abeilles om hères, qni sont neutres ou dépourvues d'organes géoilanx, seraient devenues des abeilles complètes si des altéoles plus grandes eussent fourni à leurs larves une nourriture snffiiwnte , et cela est si vrai que l'on peut à volonté faire naître des femelles ou reines d'abeilles en agrandissant des cellules d'ouvrières. Ce doit être également le défaut de nourriture qui maintient à l'état de neutres la plus grande partie de la population des fourmilières. L'effet contraire ou le développement excessif de l'ovaire s'observe dans beaucoup d'animaux , tels que les lemées et presque tous les crustacés parasites , dont les femelles se trouvent ainsi déformées à tel point que si 00 n fvait sui^i les phases de leur accroissement on ne pourrait les reconnaître comme appartenant à la même espèce que les miles. Les téniaa, les filaires et les roermis subissent aussi djs modifications surprenantes par suite du développement excessif de leurs œufs, d où résulte par compensation , en vertu du principe du balancement des organes, une atrophie plus ou moins prononcée des antres organes. C'est pour cette même raison que des insectes aériens, comme les éphémères et beaucoup de papillons nocturnes , n'ont plus d'organes digestifs lorsqu'après leur dernière métamorphose ils sont pourvus d'ailes et d'organet génitaux. Ces modifications de la fonne ou du type s'observent mieux encore dans le

règne végétal , car tontes les fleurs irrégulières sont le ré' sultat d'un arrêt de développement de certaines parties. La plupart des fruits ou des racines comestibles présentent naturellement des exemples de ces excès de développement , et la culture a surtout pour résultat d'exagérer à notre profit ces anomalies constantes.

La domestication a produit le même effet pour quelques espèces d'animaux dont les races modifiées sont seules -connues aujourd'hui. Le mouton , par exemple, devait primitivement avoir comme la chèvre et le moufflon , un poil long et roide , qu'on nomme le jars , andessous duquel se trouvait un duvet qui , beaucoup plus abondant qu'à l'origine, constitue la laine. Le sanglier lui-même a perdu également ses caractères primitifs ^lour devenir le cochon domestique, à peau presque nue, à oreilles longues et tombantes, chez lequel une alimentation surabondante détermine la production du lard et de la graisse en excès.

Oe telles modifications obtenues par la culture et la domestication, et celles non moins importantes que présentent les hybrides , ont fait penser quelquefois que les espî'ces ne sont pas invariables et qu'elles pourraient en effet, soit par Tinfluence du milieu ambiant, soit par des croisements , subir des modifications profondes d'où résulteraient de nouvelles espèces, mais cette opinion n'est pas généralement admise et parait contredite par ce fait que les espèces modifiées par l'homme reprennent leurs caractères primitifs, après plusieurs générations, quand elles sont abandonnées en liberté.

DISTINCTION KT GLISaVICATrON DIS ItIIBS ORGANISKS.

Les êtres inorganiques ou minéraux étant simplement soumis à l'action des forces physiques dont il est question ailleurs , c'est plus spécialement des êtres organisés que nous devons traiter ici et nous devons les considérer surtout comme des manifestations complexes de cette force qui est la vie. D'après les différences même que nous avons signalées dans les divers éléments de la composition des animaux et des végétaux, on serait conduit à penser qu'il y a deux sortes de vies ; savoir : l® une vie végétale, qui comporte seulement la nutrition ; c'est-à-dire , pour les plantes , faculté de croître, de se développer, suivant une forme déterminée, en s'assimilant de nouveaux matériaux, et de se reproduire ; 2^ une vie animale, comportant en outre la faculté de sentir et de se mouvoir. En conséquence on continuerait à diviser les êtres vivants en deux vastes catégories , le règne végétal et le règne animal; mais la distinction et la limite entre ces deux règnes sont devenues chaque jour plus difficiles à préciser. En effet, sans parler des végétaux qui ont une vraie sensibilité et qui se meuvent comme la sensitive , comme le sainfoin oscillant, et une 'foule d'autres, sans parler des animaux comme l'éponge et d'antres animaux qui n'ont qu'une sensibilité fort obscure et qui ne se meuvent pas, il existe une foule d'êtres vivants tels que les navicules, les oscillaires, les diatomes qui tiennent de l'un et de l'antre règne, et qui sont en quelque sorte intermédiaires , si bien que certains naturalistes en font des animaux tandis que d'autres en font des plantes et que d'autres encore ont voulu pour ces êtres créer un troisième règne intermédiaire , ce qui était doubler la difficulté an lien dé la résoudre.

On doit donc reconnaître que la vie est une , et que les formes auxquelles la puissance créatrice usujettit ses manifestations sont seules différentes. Quant aux fonctions ou phénomènes de la vie, ils peuvent être plus spécialement propres aux plantes ou aux animaux , mais ne peuvent servir qu'à établir une distinction vague et non absolue. On peut donc admettre encore pour la facilité de l'étude nn règne végétal .comme l'objet de la

botanique et un règne animal^ objet de la zoologie^ mais sans perdre de vue que la limite des deux règnes n*a pas élé nettement établie par le Créateur comme cellQ qui les sépare du règne minéral^ et qu'un grand nombre d'êtres distincts appartiennent indifféremment à l'un on à l'autre , et servent à les lier en un vaste ensemble qui comprend sans intervalle tous les êtres vivants.

L'étude^des êtres vivants exige que préalablement on ait établi un certain ordre, une classification parmi la multitude innombrable de ces êtres. Le principe de toute classification est, d'une part, la connaissance des rapports ou des analogies, pour grouper et rassembler dans une même pensée tous les êtres qui ont des caractères communs ou des traits de ressemblance générale; et, d'antre part, de rechercher les différences qui distinguent tous les êtres d'un même groupe. C'est ainsi que la difficulté de l'étude des êtres vivants se trouve considérablement diminuée : car si pour connattre dix mille objets, par exemple , on en pouvait faire cent groupes de cent objets , il suffirait de charger sa mémoire de cent notions générales, à chacune desquelles se rattacheraient cent notions secondaires. Mais on a été encore plus loin en réunissant les premiers groupes en groupes d'un ordre plus élevé, d'après des caractères plus importants, et cenx-d en d'antres pins généraux encore, et ainsi de suite , de telle sorte que l'idée la plus générale comprend nécessairement les idées moins générales d'après lesquelles sont formés les groupes secondaires on subordonnés.

Mais la nature n'ayant point établi elle-même de classification, c'est l'esprit de l'homme qui a dû en chercher luimême les principes , et il a dû les prendre dans les notions les plus vulgaires de rapports et de différences , en distinguant parmi les végétaux les arbres , les herbes terrestres ou aquatiques et les plantes marines; et parmi les animaux ceux qui marchent sur quatre pieds , ceux qui rampent, on qui volent, ou qui nagent; mais sous chacune de ces acceptions vagues on comprenait des «Ures fort différents , puisque , par exemple , tous les oiseaux ne volent pas , tous les reptiles ne rampent pas , tous les animaux nageuri^ ne sont pas des poissons , etc. C'est que, en effet , les caractères tires des habitudes ou de l'habitation , de même que ceux fournis par la grandeur et par la couleur n'ont pas une valeur suffisante pour rétablissement des groupes principaux ; ils ne sont bons que pour distinguer les groupes secondaires , ou même les espèces. C'est ainsi que parmi les mammifères carnassiers, les phoques sont habitants de la mer comme les poissons , et que parmi les renoncules , qui pour la plupart sont des herbes terrestres, il y a plusieurs espèces aquatiques. Une classification , pour être naturelle ou conforme aux rapports essentiels, doit donc être basée sur des caractères tb^ de la structure , de l'organisation même des animaux , puisque l'organisation est le résultat toujours visible de l'action de la vie.

Ce n'est pas tout que d'avoir su trouver des caractères dans la structure des êtres vivants, il faut, pour être bons, que ces caractères soient en rapport avec la forme extérieure et avec la manière de vivre; qu'en un mot, d'après le principe de la corrélation des formes , ils résument autant que potsible les conditions d^existenee qui pour chaque être déterminent en effet la forme et la structure , laquelle est elle-même la forme interne , pour ainsi dire. Quand de bons caractères ont été trouvés , il faut encore savoir les employer dans l'ordre de leur importance réelle ; ce principe de la subordination des caractères est véritablement l'essence d'une bonne classification ; c'est lui que Jussiéu le premier appliqua si heureusement au règne végétal , qu'il distribua en familles naturelles. Il consiste, ce principe , à peser et non à compter les caractères ou les rapports , et à considérer leur somme pour établir les groupes principaux et secondaires. Cest ce qu'on a es-

sayé de faire aussi pour le règne animal, mais san» avoir réussi complètement encore, parce que les conditions à remplir sont beaucoup plus nombreuses et pin» complexes : de grands naturalistes se sont même égaré» sur plusieurs points en exagérant d'une manière trop exclusive le principe de la subordination des organes et en adoptant des caractères dominateurs , c'est-ànlirp exclusifs, pris du système nerveux, puis du système circulatoire et du système respiratoire , pour établir des groupes de premier, de second et de troisième ordre, sans fairr attention d'abord que certains animaux sont dépounos de ces divers systèmes d'organes. Ce qu'il faut donc , m résumé, pour établir une bonne classification, c'est àt prendre les caractères dans l'ordre de leur im porta nrf réelle pour établir successivement les groupements des différents ordres , mais sans prétendre qu'un seul et mrmr caractère doive conserver le même degré d'importanre pour tous les animaux ; il faut savoir démêler quel est celui qui a le plus d'importance pour chaque groupe. H, prendre non un caractère isolé , mais une somme dr caractères qui résume plus exactement l'oi^anisation.

On ne saurait trouver à la surface du globe deux être» aussi parfaitement semblables que deux pièces de monnaie frappées par le même coin ; les ressemblaoees les plus parfaites disparaissent devant un examen approfondi; cependant elles peuvent conserver encore oor valeur telle qu'on ne peut se refuser à regarder les àenx êtres comme de même espèce. Mais un être, pendant tonte la série de ses développements , ayant pu varier de fonae et de grandeur ou de couleur sans cesser d'appartenu- à U même espèce, il faut comprendre dans la notion de Tespèce toutes ces variations temporaires lors même qu'elles sont de véritables métamorphoses. Il faut nécessaîremeot comprendre aussi dans la notion de l't'Spèce les êtres df sexe différent concourant à se reproduire par voie de génération et tons ceux qui en proviennent , quelles que soient les anomalies qu'ils peuvent présenter dans lear développement ; ainsi l'on y comprend ceux qui , par sotte d'un excès ou d'un défaut de nourriture , sont detrnai plus grands ou sont restés plus petits , ou dont la C4»ttleur, ou les proportions , ou les appendices extérieurs oot été modifiés sans qu'ils aient perdu la faculté de se reproduire comme les autres par la génération : c'est ce qu'on nomme de simples variétés , dont les caractères ^ transmettent quelquefois même par la génération , d'iiù résultent des races distinctes dans les espèces, comme or en voit dans l'espèce humaine et dans les animaux dosne»tiques. La notion de l'espèce enfin comprend aossi les modifications de l'organisme ayant pour cause un arrêt on un excès de développement d'une ou plusieurs parties , et les monstruosités ou anomalies qui en résultent : ainsi \ri abeilles ouvrières et les fourmis neutres sont des individD^ dont les organes sexuels ne se sont pas développés et qoi cependant appartiennent à la même espèce que les mâlr^ et les femelles. Les fleurs doubles, parmi les végétaux, doivent également être rapportées à l'espèce d'où elles pn>viennent , ainsi qne les individus ayant apporté en naissant quelque difformité qui souvent même les empêche de se développer.

Ici se présente la question de l'individualité pour \c% êtres ; car l'habitude de né voir autour de nons qne Att animaux complets et indivisibles nous fait dire tou^rol que l'espèce est la collection des individu* qui se ressco* blent et qui peuvent être )tupposés prcfvenir des même» parents ; or on ne tarde pas à quitter cette idée de 11»dividualité des êtres si l'on jette les yeux sur les animaux inférieurs habitants des eaux. Déjà, autour de nous , dans les marais et dans les rivières , entre les herbes aquatiques , nous trouvons l'hydre , on polype d'esa douce , qui nous montre très^snffisamment qu'un animsl n'est pas nécessairement un individu, mais qu'il peut

GENERALITES DE L HISTOIRE XATLRELLE.

participer plas ou moint complètement à ooe vie commoue avec les êtres d'où il provient ou qui sont prove- Dos de la même souche , et avec ceux qui proviennent de loi. En effet l'hydre , petit animal grisâtre demi-transparent, mon et contractile, ayant le corps cylindrique, long de 8 410 millim. et dix fois moins large, terminé par cinq àsept tentacules très-minceSfSe multiplie en prodifisant sor le c6té nu bourgeon qui devient peu à peu un second polype implanté sur le premier comme une branche sur un arbre ; puis un second, un troisième bourgeon se produisent de même, et lea polypes qui en proviennent peuvent à leur tour en prtNluire d'autrês avant de se détacher de celui qui leur a donne naissance : il en rélolte donc une vraie ramification de polypes ayant chacun leur honche et pouvant avaler isolément chacun sa proie'; mais ils sont tellement unis les uns aux antres par leur base, que la nourriture prise par Fun profite i tous les aatres. II y a dono ici une vie commune , et aucun d'eux n'est en cet instant un individu ; bien plus, si Ton prend on polype isolé et qu'on le coupe en morceaux , chaque morceau continue i vivre et se développe en un |K>lype romplet , de aoHe que le même animal est véritablement diiisiUe. D*aii(ret petits animaux de nos eaux douces présentent aussi des phénomènes analogues; tels sont fAicyonelle et la Cristatefle , bryosoaires qu'on rangeait précédemment tvec les piolypes et qui présentent un grand nombre de petits animaux provenant les uns des aolres , et réunis à leur base par une partie commune , laodis que la tête de chacun est indépendante. Mais c'est dans la mer surtout qu'on voit une foule de ces animaux , de ces polypea qui contredisent ainsi l'idée qu'on se fait ordinairement de l'individualité des animaux. Sans les excmpres que nous venons de citer dans le règne animal , on anratt beaucoup de peine à comprendre que l'individu n a po encore être indiqué avec certitude dans le règne végétai. On voit bien d'abord qu'un arbre n'est pas un individu, puisque chacun de ses bourgeons peut être greffé sur un autre arbre et s'y développer avec toutes ses propriétés , puisque chacune de ses branches , chacan de ses rameaux peut servir à faire une bouture qui deviendra un arbre semblable , puisque des boutures peuvent même également être faites avec des tronçons de racines ou avec des feuilles. On a vu d'ailleurs si souvent des feaillfs produire des bourgeons ou bulbilles , que l'on a tonlu en conclure que c'est la cellule végétale elle-même qui s'anime , et qu'en conséquence c'est elle qui est l'indiiida, sans pourtant qu'on ait constaté si les bourgeons sont nés dans la cellule même ou dans les interstices des Kllnjes.

On peut donc dire que Y espèce comprend tous les êtres simplet ou agrégés qui peuvent être censés prolenir d'nne même souche , ainsi que tontes les phases de leur développement et tontes les modifications qu'ils peuvent présenter , par l'influence du milieu ambiant et par «Kcès , on arrêt de développement de quelques-unes de leors parties.

Les espèces groupéea.d'après le plus grand nombre de leon analogies constituent les genrti, que l'on désigne par nn nom commun ou générique. Chaque espèce du genre est alors désignée par ce nom générique, rappelant à l'esprit i idée de rapports ou de caractères communs et accompAgnée d'un nom spieiJSque qui est ordinairement un adjectif exprimant un caractère différentiel , ou bien un nom d'homme ou de pay«v on même un mot insignifiant •nqnel on convient Rattacher l'idée du caractère ipéeifyw. Cest là le principe de la nomettelature liunéennê.

Le aombrt et la circonscription des genres sont tout a fait arbitraires, certains auteurs les comprennent d'une manière plus générale en les établissant sur des carac- Icres vraiment essentiels, sauf i les subdiviser en sonsgenres ou en tribus d'après des caractères moins impor-

tants, d'autres, au contraire, pour éviter cette nécessité de subdiviser les genres , les établissent immédiatement sur des caractères de moindre valeur, et, par conséquent, les multiplient davantage. Toutefois, les genres doivent être groupés eux-mêmes en fanniUet d'après des caractères communs plus importants on plus généraux que ceux qui servent à grouper les espèces. Les familles peuvent d'ailleurs aussi présenter des subdivisions ou tribus comprenant les genres qui ont plus de caractères communs. Les familles, en outre, sont groupées en ordre» d'après des caractères d'une plus grande importance encore que ceux qn'on a déjà employés. Du reste , comme pour les genres, les naturalistes ne sont pas d'accord sur le nombre des familles , ou plutôt sur ce qu'on doit entendre par ces dénominations ; les uns nomment ordre ou famille ce que d'antres ont nommé simplement genre ou tribu.

Les ordres enfin, par leur réunion, forment les classes, qui souvent sont partagées en sons-classes , et qui son t elles-mêmes groupées dans les principales divisions ou les embranchements des deux règnes végétal et animal.

DISTRIBUTlOiV uATHODIQUa DBS AtRKS ORGANISW.

Parmi les végétaux on distingue d'abord ceux qui ont des fleurs pourvues d'ovaires et d'étamines, soit ensemble, soit séparément, et qui présentent tous les divers élément de structure dont nous avons parlé comme dérivant de la cellule végétale : ce sont les phanérogames ou végétaux i fleurs visibles. Ils peuvent être considérés comme dérivant d'un même type. Mais il n'en est plus de même pour les autres végétaux dits cryptogames, on à fleurs inconnues, qui doivent eux-mêmes dériver de plusieurs types distincts : ainsi les fougères doivent être une classe distincte, car elles ont encore des vaisseaux et presque toutes les modifications du tissu cellulaire ; mais an lieu de graines elles n'ont que des spores, petits corps reproducteurs nés sous les feuilles, sans floraison et sans fécondation préalable. Les mousses, qui forment une antre classe non moins distincte, n'ont plus dans leurs tissus que des cellules plus ou moins allongées , mais non des vaisseaux , et leurs corps reproducteurs naissent dans des urnesou des capsules d'une structure qu'on ne peut comparer à rien autre dans le règne végétal et qu'accompagnent souvent des organes fécondateurs. Les champignons, si remarquables par leur double mode de végétation, doivent également être séparés de toutes les antres plantes ; ils vivent d'abord sous la forme de filaments très-minces, très-nombreux, souterrains ou cachés, constituant ce qu'on nomme leur mycélium et qu'on a quelquefois pris pour des végétaux particuliers nommés byssns. Puis à un certain instant plus ou moins tardif, quand les circontances sont favorables, ces filaments, soit isolément, soit en se groupant de diverses manières, se dressent et viennent à l'air former les moisissures et les diverses sortes de champignons qui sont destinées seulement à la production des spores ou corps reproducteurs d'oîi naîtront de nouveaux mycéliums. Les algues, les lichens, les conferves et toute la multitude des végétaux inférieurs forment aussi beaucoup d'antres classes distinctes , dont le nombre ne peut même être déterminé en cet instant, parce que le microscope ne nous a pas encore fait connaître tous leurs secrets.

Le règne animal présente également plusieurs types distincts autour desquels se groupent toutes les formes si variées, qu'on ne pourrait classer en suivant nue série rectiligne et continue, car les rapports qui les lient les unes aux autres sont multiples comme ceux qu'on observe entre les divers points d'une carte géographique. Ici d'ailleurs comme pour les végétaux , après les types les mieux caractérisés , après < ceux auxquels se rapportent les organismes les plus complexes , on trouve nne foula

d'orguitmei pins limples mais bien plai diversifiés et q^i souvent ont si peu de rapports entre eux qu'on est forcé d'admettre presque autant de types distincts qu'il y a de différences principales parmi ces êtres inférieurs. Le premier type à considérer est celui des vertébrés, caractérisé par un squelette intérieur dont l'axe renferme le cerveau et la moelle épinière , et par la composition du sang coloré en ronge par des globules flottants dans un liquide incolore. Les animaux de ce type n'ont jamais plus de quatre membres, ils sont tous subordonnés au principe de l'unité de composition dans leur forme, quelque variée qu'elle puisse être , et sont ceux qu'on a considérés d'abord parce qoe ce sont les plus rapprochés de r homme par leur volume et par leur organisation ; ils se distinguent nettement de tons les antres, avec lesquels ils n'ont que des rapports éloignés. On les divise en quatre classes : les mammifères et les oiseaux, qui ont le sang chaud et le cœur à quatre cavités ; les reptiles et les poissons, qni ont le sang froid et sont ovipares comme les oiseaux.

Les mammifères seuls sont réellement vivipares, en ce sens que l'œuf se développe dans une cavité spéciale : Tutérns , à la paroi duquel il adhère par un tissu vaiculaire. Seuls aussi ils sont pourvus de mamelles sécrétant du lait pour la nourriture de leurs petits ; ils sont en général revêtus de poils, lesquels sont quelquefois épaissis en piquants ou soudés en écailles. Les uns ont quatre membres disposés pour la marche, pour la course , pour le saut, pbnr grimper , pour fouir, pour voler ou pour nager, d'autres n'en ont que deux pour la nage seulement.

Les oiseaux sont tons pourvus de quatre membres, dont les deux antérieurs sont des ailes servant ordinairement au vol. Ils sont également tons revêtus de plumes, lesquelles, par exception pour les casoars et les aptéryx, sont sans barbes et peuvent ressembler ainsi à de gros poils. Ils diffèrent beaucoup moins entre eux que les mammifères et quoique beaucoup pins nombreux ils ne^ donnent lieu qu'à l'établissement de six ordres d'après des caractères tirés du bec ou des pieds.

Les reptiles au contraire renferment des ordres d'animaux très-différents, qui n'ont guère d'autres caractères communs que d'être ovipares , d'avoir le sang froid et le cœur à trois cavités, et de respirer l'air par des poumons : ce sont les tortues ou chéloniens caractérisés par la botte osseuse extérieure que forment les côtes élargies et le sternum, à l'intérieur de laquelle sont suspendus ou attachés les membres ; les léxards et les serpents , dont le corps est allongé et revêtu d'écaillés ; puis les batraciens, qui ont la peau sans écailles et qui seuls subissent des métamorphoses et respirent par des branchies pendant le jeune âge.

Les poissons enfin qui se distinguent de tous les autres vertébrés par leur respiration branchiale et par leur cœur à deux cavités se divisent en poissons osieux dont le squelette est consolidé par le phosphate de chaux , et en poissons cartilagineux, dont le squelette reste flexiblf. Un deuxième type presque aussi distinct que celui des vertébrés contient tous les animaux articulés, c'est-à-4ire dont le corps est formé de segments homologues consécutifs. Pour système nerveux ils ont , le long de la face ventrale, une série de ganglions d'où partent les nerfs; ils sont pourvus de membres articulés, et leurs téguments sont durcis de manière à représenter un squelette externe. Ils se divisent en plusieurs classes , savoir : 1^ les insectes qui respirent par des trachées , qui n'ont que six pieds, souvent deux ou quatre ailes, et qui subissent un nombre limité de mues ou métamorphoses , et ne se reproduisent qu'une seule fois au terme de leur existence ; 2* les myriapodes , dont le corps est formé d'un grand nombre de segments portant chacun une on deux paires

de membres ; leurs métamorphoses consistent wakflKnl dans l'accroissement du nombre de leurs legnients ; 'ù$ respirent aussi par des trachées et se reproduiient pinsieurs fois; 3® les arachnides, qni ont ordinairement huit membres articulés, mais dont le corps est foniié et segments soudés on même confondus entre eux ; toatei respirent l'air par des lamelles empilées dans des catités spéciales , ou par des trachées , ou simplement à travcn leurs téguments. Elles peuvent se reproduire plosieor^ fois ; plusieurs d'entre elles subissent des métamorphoses; A^ les crustacés , enfin , ont en général dix i qoatone membres articulés ; mais le nombre des segments de leur corps peut aller à vingt-deux , tandis que ches les insectes il n'est que de treiie ; ils respirent en général, sa Aïoyen de branchies , dans l'eau , et sont pourvns d'un « appareil circulatoire. Quelques-uns subissent des métamorphoses, mais le nombre de leurs mues est en générsl indéterminé ainsi que le nombre de leurs pontet.

A la suite des articulés se placent , comme nue clasR particulière , les annélides , qni ont le système nerveo et souvent aussi les mâchoires des myriapodes, mais qui respirent par des branchies ou â travers leurs téguments, et qui ont un système circulatoire asses complexe et na sang coloré. Les affinités de cette classe la rattachent aux classes des nématoides , des systolides , des tnrh j!lariés et des tromatodes, qui constitoent avec elle fl peut-être avec le reste des helminthes le gronpe des ven. Les mollusques sent également un groupe de classes qu'on ne peut nullcicent rapporter à un type nniqne, ils ont en général un système circulatoire, un système nerveux ganglionnaire non sériai , et ils respirent dans Fen par des branchies ou par leurs téguments revétns de ciJs vibratiles. Parmi les mollusques , les céphalopodes soot supérieurs à tous les antres par leurs yeux semblables i ceux des vertébrés et par toute leur organisation : Ifs gastéropodes sont caractérisés par le large disqar cbama occupant la face ventrale de leur corps et servant à Is reptation , ils ont aussi une tête , souvent des yenx , et une trompe ou des mâchoires ; la plupart sont poorruf d'une coquille turbinée sécrétée par le bord du manfcaa. Les conchifères ou mollusques acéphales ont une coqniOe à deux valves sécrétée par deux larges lobes du manteau, entre lesquels est contenu le corps accompagné de deux paires de feuillets branchiaux ; ils sont dépourvus de léir ainsi que les brachiopodes : ceux-ci ont également une coquille bivalve , mais leurs valves sont l'une supênearr et l'autre inférieure , au lieu d'être latérales.

Les tuniciers et les bryosoaires sont deux antres classes qui tiennent à celle des conchifères , par des rapports nombreux, mais qui en même temps se rapprochent aussi des polypes avec lesquels on a confondu longtemps les bryosaires. Les classes diverses que l'on a réunies jadis sous le nom de soophytes ou rayonnes présentent encore moins de rapports entre elles que celles des mollusques, et peut-être devrait-on les rapporter à autant de types distincts. Le caractère d'avoir une disposition rayonnée manque même tout à fait chei les infusoires , qui n'ont aucune sorte de symétrie, et ches divers acalèphes et échinodermes aussi hier que chex les vers intestinaux on helminthes. Les échinodermes, les acalèphes et les antliO' xoaires sont trois classes, ou plutôt trois types distincts de ce groupe. Enfin après les infusoires, qu'on pourrait considérer, comme le début de la vie animale , il n'y a plus à mentionner que les spongiaires , qui ont encore la rie animale sans aucune trace de cenlralisition , et les vibrions, qui ont les principaux caractères de l'animalité, savoir la contractilité et la locomotion, mais qoe leur petitesse extrême dérobe encore à nos moyens d'observation.

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