‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 68 sur 291 · GÉNÉRALITÉS DB L*H1ST01R£ NATURELLE · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS DB L*H1ST01R£ NATURELLE

aa lieu de te diviser iumiédiatement en deux moitiés , montrent d*abord an miiiea de leur longueur une apparence de bouche et de tête qui ieneat de plus en plus distincte, puis un étranglement entre les deux moitiés tend à les rendre indépendantes et la séparation n*est complète que quand la moitié postérieure a déjà les organes sufHsaots pour continuer i vifre en se complétant. C'est à ce mode de reproduction qu'il faut rapporter aussi la multiplication des polypes par diriiion artificielle et la réparation des parties , accidentellement enlevées i des animaux beaucoup plus com^ pleies, comme la queue des lésards, les membres des sa« lamandres et des crustacés, les rayons des étoiles de mer, etc. Dans tous les cas, il semble que le principe de la forme agisse comme une force intérieure , et que lui seul oblige les matériaux fournis par l'assimilation à se coordonner de manière i compléter le plan primitif.

Un autre mode de reproduction est la gemmiparité, c'esti-dire la reproduction par des gemmes ou bourgeons ; iJ est presque général , mais non exclusif pour les végé- Uoi, pour les xoophyles, pour les bryosoaires et les toniciers. On l'observe aussi par exception ches quelques animaux articulés qui se reproduisent à certaines époques sans fécondation préalable ; car la gemme ou le bourgeon est noe portion du corps vivant en continuité de tissus et de fonctions avec ce corps , mais susceptible de se développer, en un nouvel être semblable, sans avoir eu besoin d'une fécondation qui est indispensable à l'œuf ou à l'ovule. Les gemmes ou bourgeons peuvent être détachés du corps qui les a produits sans perdre la faculté de se développer ultérieurement ; dans ce cas on leur donne le nom de bvibiliea. Et comme ils sont le plus souvent alors revêtus d'une enveloppe plus résistante, on les a souvent confondus avec les œufs. Des bulbilles ou bourgeons libres ont quelquefois aussi une enveloppe vivante revêtue de cils vibratiles, an moyen desquels ils nagent au hasard jusqu'à ce qu ils se soient fixés pour achever leur développement. Les bryoïoaires, les polypes, les éponges ont des corps reproducteurs de re genre, et peutrêtre doit-on ranger dans la même catégorie les spores à cils vibratiles de certaines algues.

Les bourgeons à»ê v^élanx paraissent susceptibles de naître dans toutes les parties ou la vie est asses active , quoique certains emplacements semblent plus spécialement affectés à leur production ; c'est à l'aisselle des feuilles que sont normalement situés les bourgeons , et l'on nomme adventifs tous ceux qui naissent ailleurs. Gomme i leur début ils n'ont pas encore de structure appréciable , on n'a pu reconnaître s'ils sont produits entre les rellules ou dans ces organes , quelques naturalistes ont cependant prétendu que c'est la cellule même qui s'organise et devient le bourgeon adventif. On s'est fondé pour cela sur le fait singulier d'une feuille d'ornitbogale, qui, conservée entre des papiers, fut trouvée quelque temps après toute parsemée de très -petits bulbilles, aptes à propager la plante. Les boni^eons des soophytes semblent souvent n'être astreints qu'à la condition de oiitre sur la partie moyenne ou inférieure du corps ; ceux des bryosoaires ont un emplacement plus nettement déterminé , et c'est de là que provient la disposition si régulière des cellules de leurs polypiers. Les gemmes ou bourgeons dés animaux ont d'ailleurs aussi quelquefois , comme ceux deê végétaux , la même position que les ovulai; c'est ainsi que l'on doit considérer les petits pucerons, produits sans fécondation dans l'ovaire des femelles, pendant sept à huit générations.

Le troisième mode de génération enfin est Yovipariti , comprenant aussi les cas où l'œuf éclôt dans le sein de la mère. L'œuf des animaux , comme la graine des végétaux, est d'abord le produit d'un corps vivant renfermant tout on partie seulement des éléments d'un nouvel

être , mais n'arrivant à être sosesptible d'un dé«»loppement ultérieur qu'après avoir reçu un nouvel élément , ou simplement une excitation spéciale du principe fécondant Avant d'avoir reçu cette excitation vivifiante l'œuf, encore incomplet, est nommé nn ovule : celui des végétaux consiste essentiellement dans une oellule ou vésicule embryonnaire entourée de diverses parties accessoires ; celui des animaux présente également d'abord une vésicule germinative dans laquelle on distingue une tache germinative. Cette vésicule germinative est sncoessivement entourée par un amas de globules graisseux et de substance molle éminemment propre à l'assimilation ou déjà pourvue d'un certain degré de vitalité : c'est le vitellus, qu'on nomme aussi le jaune dans l'œuf des oiseaux, mais dont la couleur est souvent différente ches les antres animaux. Le vitellus lui-même est quelquefois entouré d'une couche plus ou moins épaisse d'albumine pour servir à la nourriture de l'embryon ; de même que l'ovule végétal contient souvent, indépendamment du sac embryonnaire, un dêpî^t de matière nutritive nommé l'albumen , ou le périsperme. La fécondation est opérée ches les végétaux par des cellules particulières qui s'isolent complètement du tissu de l'étamine dans lequel elles se sont produites, et qu'on nomme le pollen. Ces cellules isolées sont formées d'une double et triple enveloppe, et contiennent un liquide qu'on nomme la fovilla, et qui est porté jusqu'à l'ovule par un ou plusieurs prolongements de la membrane la plus interne , laquelle , douée d'une vitalité propre, sort , sous la forme d'un long boyau , par une ou plusieurs des ouvertures de l'enveloppe externe. Quelques observateurs veulent même que ce soit l'extrémité de ce boyau du grain de pollen qui devient l'embryon végétal ; cet embryon toutefois se montre d'abord comme un amas de substance celluleuse molle suspendue dans l'axe du sac embryonnaire. Ches les animaux le principe fécondant est ordinairement un liquide rempli de filaments d'une finesse extrême , plus ou moins renflés en manière de tête à une des extrémités , ce qui les a fait nommer animalcules spermatiques , ou spermatoioïdes , quoique ce ne soient ni des animaux, ni des animalcules , mais de simples dérivés de l'organisme dans lesquels réside une vitalité très-prononcée : en effet ils naissent implantés sur la paroi des organes qui les contiennent , à la manière des cils vibratiles , ou bien dans des masses globuleuses ou ovoïdes de substance sarcodique détachées de ces mêmes organes. Leur présence presque constante dans le liquide fécondant leur a fait attribuer le rôle principal dans l'acte de la fécondation ; on a même voulu admettre jadis qu'en s'implantant dans l'ovnle , ils deviennent l'eq^ryon , on tout an moins sou systèfie nerveux. Mais il semble que , dans certains cas, leur rêle est seulement de communiquer au germe une excitation vitale , une impulsion qui ressemble au réveil ; car, pour les œufs des grenouilles et des poissons qui ne sont fécondés qu'après la ponte , on ne peut guère admettre une addition de parties matérielles. Toutefois on ne peut nier que l'ovule et le principe fécondant n'aient part l'un et l'autre à la formation du nouvel être , puisque les mulets et les hybrides , dans le règne animal et dans le règne végétal , participent aux qualités du mile et de la femelle. Aussitôt après la fécondation de l'ovule animal, la vésicule et la tache germinative disparaissent, et lenr contenu paratt s'être répandu sur le vitellus pour s'y organiser. Le vitellus lui-même se sillonne et se segmente de plus en plus jusqu'à ce que sa couche externe s'organise et forme le commencement du germe ; mais, quoique ce début de l'organisation soit à peu près le même pour tous les animaux , la forme spéciale à chacnn d'eux se 'manifeste ensuite toujours la même, de sorte qu'on peut dire que cette forme , ee I l'essence de la vie. Digitized by^

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La différence des teiei provient de ce qne certains in* dîvidus prodoiient Malement de» ovules , ce sont les femelles y tandis qne les autres prodolsent le principe fécondant. Les palmiers, le cbanvre, le peuplier sont des exemples de véj^étauz à sexes complètement séparés , on dioîqoes , ainsi que le sont aussi tons les vertébrés , les articulés , les mollusques céphalopodes et une partie des gastéropodes. Certains végétaux ont aussi des fleors de sexe différent sur un même pied , comme le melon , le châtaignier, le noisetier, le noyer, ils sont dits monoïques , on ne pourrait leur comparer que les ténias et les agrégations de polypes et de bryozaires s'il était vrai qu'il y eût parmi ces derniers des individus mâles et des femelles. Mais de même que la plupart des fleurs ont à la fois des ovaires et des élamines , de même aussi beaucoup d'animaux réunissent 1«'8 deux sexes sur le même individu et sont hermaphrodites. Mais les animaux le peuvent être de plusieurs manières. Les uns , comme les lombrics, les sangsues, les limaçons, et divers gastéropodes , ayant besoin d'une fécondation réciproque de la part d'un autre mdiiidu. D'autres, comme les helminthes trémalodes, les mollusques cyclobranches, les conchifères , les brachiopodes , etc. , se fécondent eux-mêmes. Quelques animaux n'ont pas d'oi^ane mâle ou de principe fécondant , on ne peut donc les comparer qu'aux végétaux cryptogames, comme les fougères et les champignons, qui ont des corps reproducteurs sans fécondation préalable.

Certains animaux dont les aufs éclosent avant d'être pondus, comme la vipère, la salamandre terrestre, le requin , etc. , sont dits vivipares , mais ce n'est pas à eux qne cette dénomination appartient , ce sont de vrais ovipares , car leurs œufs se sont développés par eux-mêmes sans rien emprunter à la mère ainsi que les œufs des oiseaux ; les vrais vivipares sont les mammifères, quoiqu'ils naissent primitivement aussi d'un œuf. En effet, cet œuf, ne contenant pas les matériaux nécessaires au développement de l'embryon , doit séjourner, pendant longtemps encore après avoir quitté l'ovaire , dans une cavité spéciale , l'utérus , ou ses enveloppes se soudent pour puiser la nourriture qu'elles transmettent au jeune animal ; et en outre , après la naissance du jeune animal , une nourriture spéciale , le lait , est sécrétée par les mamelles , véritable attribut de ces animaux vivipares qu'on a nommés mammifères pour cette même raison.

L'instinct de beaucoup d'animaux brille surtout dans le soin qu'ils prennent d'abriter leurs œufs ou d'assurer d'avance la nourriture de leurs petits. Mais chei quelquesuns la nature même s'est chargée de ce soin ; c'est ainsi que les œufs de certains mollusques peuvent éclore comme ceux des vipères dans l'oviducte , et que les œufs des moules d'eau douce se développent dans les branchies de ces animaux. Un batracien d'Amérique, le pipa, porte ses œufs dans des cellules ou alvéoles de sa peau , qui s'épaissit à cet effet i mesure que les petits s'accroissent , et quelques poissons du genre syngnathe , ainsi que les cloportes et d'autres crustacés analogues, ont sous le ventre une poche où se fait l'éclosion.

Développement. — MtiamorphoteM. — Anomaliei.

L'œuf fécondé ou la graine peuvent conserver longtemps la faculté de se développer, aussitôt que les conditions de chaleur ou d'humidité sont devenues favorables et surtout quand le milieu ambiant peut fournir en quantité suffisante l'oxygène nécessaire pour la modification des éléments organiques. C'est l'absence de toutes ces conditions qui leur permet de conserver la vie latente et de résister à la destruction. Ainsi des graines, trouvées dans des tombeaux romains ou celtiques , ont pu germer au bout de 12, 15 et 20 siècles ; ainsi on peut retarder indéfiniment l'édonon des œufs de ver à soie, en les tenant dans une glacière, et ceux des oiseaux ne commencent k se déve-

lopper qu'à l'instant où ils éprouvent la chakur de l'hicubation. Tout porte à croire que les œufs d'une fouk d'animaux aquatiques peuvent ainsi être conservés trèslongtemps dans 1^ limon desséché , et c'est ce qui explique la prompte apparition de ces êtres dans des localités ou la sécheresse et le froid les a\aient fait disparaître pendant des mois on des années.

Quand la vie active a coomiencé i se manifester dan» les germes , le développement a lieu en suivant oertainri pbues, certaines périodes successives on altematire» dont l'étude est l'objet de l'embryologie et comprend également l'histoire des métamorphoses et la tératologie, qui est l'histoire des anomalies ou monslrnontés. Une certaine analogie dans les premiers termes du développement de» animaux, a fait penser que les divers types du règne animal représentent eux-mêmes les termes soccesaifs de c^* développement , dont ils seraient en quelque sorte de« temps d'arrêt. Dans cette manière de voir, certmioes formes seraient des embryons permanents à divers degnrs de développement. Quoi qu'il en soit , on ne peut s'empêcher de reconnaître dans le développement de tons les animaux une succession de phases plus on moins distinctes , et qui sont les métamorphoses. Pour la plupart de» vertébrés, la forme, i l'instant de la naissance, a déjà presque tous ses caractères essentiels , les métamorphoses avaient eu lieu dans l'œuf longtemps auparavant, liais , pour les batraciens , la série des métamorphoses se continue de la manière la plus frappante ; ainsi l'oenf des grenouilles devient d'abord un embryon oblong sans antres organes que les cils vibratiles dont sa surface est revêtue , puis il prend la forme d'un petit têtard pourvu d» branchies libres flottantes , puis les branchies devicaoent cachées de chaque cÂlé du cou ; et le têtard , nageant librement au moyen de sa queue de poisson , se nourrit exclusivement de substances végétales qu'il ronge avec de petites mâchoires cornées , trancbantes. Un pea plos tard , on voit pousser des membres à ce têtard comme des rameaux à une plante , puis la bouche , Tintestin . l'organe respiratoire , tout , en un mot , change de forme et Ton a une petite grenouille conservant pendant quelque temps encore la queue du têtard , puis ce dernier organe disparatt , et l'animal devenu exclosivement Carnivore , n'a plus qu'à grandir et à acquérir les organes dr la reproduction , par suite de son développement uitrrieur.

Des métamorphoses non moins complètes ont lien chet la plupart des animaux articulés, les crustacés même, an quels on les avait déniées , en subissent aussi, et, d'ailleurs, leurs changements de peau, leurs mues sacccssiira sont par le fait de véritables métamorphoses , quoique la forme n'ait pas notablement changé. Les mues sont pr»que les seules métamorphoses de beaucoup d'insectes , comme les hémiptères et les orthoptères, sauf l'apparitioa des ailes et des organes génitaux à la dernière. Haïs des métamorphoses bien autrement remarquables sont celles des coléoptères, des hyménoptères, des mouches nées de larves molles en forme de ver, et des papillons nés de chenilles. Ces insectes, au sortir de l'œuf, ont une forme totalement différente de celle qu'ils auront pin tard : ils n'ont ni ailes , ni pieds comparables à ceoi dr leur dernier état , et surtout ils n'ont point ces yeux à réseau, caractéristiques de l'insecte parfait ; souvent mêm^ les organes de la mandncation , de la digestion , ainsi qne le genre de vie, sont totalement différents. On leur donne le nom de larvée pendant celte première période de leor vie , la seule consacrée à l'accroissement réel et pendant laquelle ils subissent an moins quatre mues sans aniiv changement de forme qu'une différence de grosseor mais leur cinquième mue leur donne une tout astie forme : c'est une véritable métamorphose qui les fait passer à l'état de nymphe. Pendant cette seconde période.

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