TERRAINS 8KC0.VD.\IRBS
Le urrain houiUer peut être considéré soit comme faisant partie des terrains de transition dont il serait le dernier terme , soit comme appartenant aux terrains secondaires dont il commencerait la série. Noos avons cité précédemment l'existence de houilles sèches et d'anthracites qni caractérisent surtout les parties supérieures des terrains de transition , et forment ainsi un passage aux véritables ter^ raint carbonifères , terrains dans lesquels les combustibles minéraux, au lieu d'apparattre accidentellement, constituent un caractère spécial. .
C'est principalement dans la partie nord-ouest de l'Europe que le terrain honiller se trouve développé ; encore est-ce on des moins étendus de la eérie sédimenlaire. L'Angleterre en pouède 1,500,000 hectares, la Belgique 150,000, et la France 280,000. Si l'on ajoute i ces richesses les bassins houillère de Sarrebruck, de la Rhur et de la Silésie , en Prusse ; ceux des Asturies et du nord de l'Andalousie, en Espagne, on aura i peu de chose près énnméré toutes les ressources de l'Europe. Les ter* rains honillers qui peuvent exister en Asie , en Afrique , soit dans la Nouvelle -Hollande, sont peu ou point connus. 11 n'en parait pas exister dans l'Amérique méridiodale ; mais l'Amérique du Nord en possède plusieurs bassins riches et très-étendus.
Le terrain honiller est remarquable par sa disposition en bassins limités et circonscrits. Ainsi les 490,000 hectares connus en France et en Belgique se trouvent répartis en plus de cinquante bassins distincts disséminés sur la surface des terrains de transition. Ces bassins ont deux manières d'être très-distinctes. Il y a des bassins marins qui sont vastes , où les dépôU ont été très-pnissanto, et asses complexes : tel est le vaste bassin qui comprend les pays de Liège , de Mous , les enrirons de Valenciennes , et s'étend souterrainement jusqu'auprès de Douai ; tels sont encore les bassins des lies Britanniques. Dans le centre et le midi de la France , les bassins sont , an contraire, lacustres ; c'est-i-dire que les dépôts s'y sont effectués dans des eaux douces , et avec une identité et une simplicité de caractères des plus remarquables.
La grande masse du terrain honiller est formée des débris du vase qui la contiept ; débris plus ou moins divisés et déposés en couches qui alternent avec des cou-
cIms de honilk. On y pent distingoer : 1» des eonglomértli et des poadingoet compofét de fragmente de tchistet mtcseét ou talqneoi , qnars , etc. ; 2* des grès à plus on moins gros grains, ordinairement micacés; 3o des argiles schisteuses , tentât micacées , tantôt d apparence font à fait homogène. Ces schistes diffèrent des schistes •rgileni de transition par la manière dont ils se délitent à Fair. Les dépôts sont généralement dans l'ordre précité ; de telle sorte qu'en considérant l'ensemble du terrain « la grofsenr des parties constituantes va toujours diminuant de plus en plus.
Dans le nord de la France, de la Belgique et de l'Angleterre, on ne trouve guère dans la formation houillère que des grès très • fins. Les grès inférieurs renferment beaucoup de galets de quart , et du reste on n'y trouve pas , comme dans les busins lacustres , les produits pour ainsi dire immédiats de la destruction des terrains schisteux et granitiques. Il y a beaucoup de fossiles dans le calcaire carbonifère ; ce sont des productus , des orthocères-, des évomphales , etc.
Les grès et les schistes houillers sont caractérisés par leur nature minéralogique et par leur position géographique , de telle sorte que ce terrain est un des plus faciles î reconnaître ; de nombreux végétaux fossiles ajoutent encore à la spécialité de ces caractères. Ces végétaux appartiennent à des fougères arborescentes , à des calamites, en un mot à des espèces monocotylédones donton ne retrouve guère les analogues que dans les régions intertropicales. Leurs débris sont généralement couchés et brisés; on en retrouve les gros fragments, tels que les troncs et les branches , dans les grès ; les petits rameanx et les feuilles , dans les schistes. Dans certains cas , on rencontre ces végétaux dans une position verticale , on du moins perpendiculaire an plan des couches , de manière à autoriser la supposition qu'ils sont là sur leur point de croissance et qu'ils ont été en quelque sorte moulés sur place par l'accumulation des dépôts.
Les couches de houille qui forment le caractère essentiel de la formation houillère sont très-variables en nombre et en puissance. Dans le bassin de Mons et de Valencieunes , il n'est pu rare de voir un puits de quelques centaines de mètres recouper dix et qninie couches de houille dont la puissance varie de Qi^SO à 0"*8o. En comptant tontes les couches du bassin de Mons , on est arrivé à les évaluer à plus de cent , depuis l'épaisseur de 0,15 jusqu'à celle de 2 mètres.
Les couches de houille sont moins nombreuses, mais plus puissantes dans les bassins du centre et du midi de la France. Ainsi , dans les bassins de Saint-Étienne et de Rive-de-Gier, il y a environ quinze couches ; mais l'une a dix mètres de puissance moyenne. Dans le bassin de Saône-et-Loire , la grande couche de Blansy a douze et quinze mètres d'épaisseur, et cette puissance s'élève, dans certains renflements de la couche du Crensot , à trente mètres et au delà. En général le nombre des couches est en raison inverse de leur puissance, et l'on pent dire qu'un bassin dont les couches totalisées présentent une puissance moyenne de vingt à trente mètres est à classer parmi les plus riches.
Les argiles schisteuses du terrain houiller contiennent souvent , sous forme de rognons disséminés ou de bancs stratifiés , le fer carbonate lithoïde , minerai précieux , puisqu'il se trouve ainsi associé au combustible. C'est à Tabondance de ce minerai des houillères que l' Angleterre doit sa supériorité dans la production du fer.
Le terrain pénéen se compose de trois formations : lo celle du nouveau grèt rouge (new red tandttone) puissant dépôt arénacé que les Allemands désignent sous le nom de rothe todtliegende ; 2«» la formation du xeehnein, composée de calcaires presque tons magnésitères , et de marnes schisteuses , bitumineuses , souvent métallifères :
c'est le wutguêiiam Uwtettonê des Anglais ; S® la formatiN du grès dis Vosges, dépôt arénaeé, géognostiqoemra très-distinct de ceux qui représentent le grès ronge , t dont l'étendue est jusqu'ici très-circontcrite.
Les fossiles sont peu nombreux dans ce terraio , e presque tous sont concentrés dans les calcaires et l« marnes. Les plus caractéristiques sont des reptilet cda nus sous le nom de monitors de Thnringe , et des po» sons nommés Palsothrissnm, très-fréqn«nts dans le paj de Uansfeld.
Le terrain du trias se compose de trois formalioos mi néralogiques très-distinctes. La première, qnanense et in nacée : celle du grès bigarré; la seconde, calcaire ; ! musekelkalk ; la troisième , marneuse : lea Mantes iritU ou keuptr , qui ont souvent donné leur non i l'enseoU du terrain.
L'Allemagne septentrionale et la partie inférieore èi Vosges autour desquelles il forme nne ceiatnre presqn continue , sont les principaux points dn développenea de ce terrain. Dans le centre de la France , on le troii assez souvent au-dessus du terrain honiller. Ainsi k grès rouges et bariolés qui recouvrent le bassin de Sslop et-Loire, dont la partie supérieure passe à des maror rouges et vertes qui fournissent dn gyps« à presque (mi le midi de la France , représentent le terrain dn trias.
Cette période est principalement carmclérisée soqi 1 rapport zoologique par l'encrine (UUformU) etrammomt (nodosus) , et d'un autre côté par les caractères n^al i qui résultent de la disparition des productos ; taodii ^s les bélemnites , les gryphées , les ammonites penilliie n'avaient pas encore paru.
Le grès bigarré est un grès homogène , divisé en m sises régulières , et qui offre pour les constrûctioDs df matériaux précieux. Ses assises inférieures , épaisses r solides, fournissent la pierre de taille par eieelleacr Strasbourg et beaucoup de villes de la vallée du Rhio^ sont bâties. Les assises supérieures , qui sont miores < d'un grain fin, sont taillées en meules à aigniier, e même en pierres tégniaires pour couvrir les maisoi».
Le muscheikalk fournit dans les mêmes contrées i pierre à chaux , et dans quelques-unes dn gypse oo piem à plâtre, et du sel gemme. Enfin les marnes irisées, os tre le gypse et le sel exploités en nombre de points d« )j France orientale , contiennent quelques couches de eeo bustible (lignites de Nuroy et Gemonval), que Féloij&t ment des houillères rend souvent précieuses.
Le sd gemme ne se trouve pas exclusivement daoi ^ trias ; mais il y présente des caractères remarquables ^ fréquence et de régularité. Les autres terrains n'en coatiennent que des masses irrégnlières , dont le développe ment anomal ne donne aucune garantie à FexploitatioD, le trias , au contraire , nous le présente en couches ceoj tinues et bien stratifiées ; et , sons ce rapport , le gisciDeD| de la Meurthe peut être considéré comme classiqae.
Les vallées de la Lorraine , ouvertes dana la partie sej périeure des marnes irisées , présentent des plaines nra^ récagenses ou il se produit des efflorescences salines di» les temps de sécheresse ; un grand nombre de wirtn salées y sont connues de temps immémorial : à l>. Dieuse, Moyenvic, Marsal, Château-Salins, etc. , sor m longueur de plus de vingt lieues. Ces particnlantés M la surface conduisirent à des recherches souterraines qni. dans une épaisseur de 100 à 200 mètres de terraio, ont fait reconnaître sept à douze couches de sel gentro^ dont les épaisseurs , additionnées , varient de 30 i 5^ mètres. La continuité de ces couches a été déniofltrrf dans la vallée de la Seille, par de nombreux pDiu«< sondages, sur nne longueur de quatre lieues; de sorW que ces couches de sel gemme sont comparables . $obs le rapport de la régularité , aux couches de boaille le» plus continue8.Digitized byCjOOQlC
GÉOLOGIE; STRUCTURE DE LA TERRE
le terrain juroMsique est eo France un des plat développés en paiMânce et en tarface.
Ce terrain a convert par eiemple presqoe tonte la lorface comprise entre le plateau granitique de la France ctotrale, les terrains de transition des Vosges, des bords ia Rhin et ceox de la Bretagne et les montagnes dn Derbjshire et do Cnmberland : occupant ainsi un vaste bassin qoi comprenait le nord de la France et le midi de 'Angleterre. On ne le voit plus aujourd'hui que sur les isières de ce bassin , parce que toute la partie centrale I été recouverte par les terrains postérieurs.
Dans le midi, le terrain jurassique constitue une parie du Jura et une partie des Cévennes, régions où il se noDtre très^accidénté, et même des Alpes, où ses caracères minéralogiques ont subi de grandes altérations méiffiorphiqnes.
Le développement organique du terrain jurassique narqae nn grand pas dans Téchelle de perfectibilité aoinale. Ontre le nombre prodigieux de coquilles et de Mlypiers qui caractérisent surtout certaines assises, l'on f Toil, en effet, les animaux vertébrés apparaître en grand iomkre : ce sont d'énormes reptiles dn genre saurien.
Ce terrain comprend deux formations très-distinctes : • liai et \eM/armtUioH$ oolitiquet,
La formation du lias peut être partagée en denx ou rois étages : 1« les grès inférieurs du lias ou quaderaodstein, 2^ le eakaire lias on calcaire à gryphées, i<| les mames ntpérieures du lioê.
Les grès inférieun sont quarsenx, micacés, ordinaitment blancs ou jaunâtres , contenant quelquefois des ognons argileux ou des silex roulés ; ce grès est solide t sert de pierre de construction. Souvent il constitue les masses saillantes', notamment autour des terrains iréeiistants des Vosges. La partie inférieure du lias est eprésentée dans certaines parties méridionales de la ^rance par des calcaires marneux et sableux et par des yt% feldspathiques appelés arkoses, fait qui se présente nrtont lorsque le liu repose immédiatement sur le Tuite.
Les calcaires à gryphées sont généralement marneux , rossiere, blancs, blenitres ou grisâtres ; ils sont souvent cnélrét de coquilles parmi lesquelles domine la grjphée rqaée; ils alternent avec des couches marneuses, et eposent quelquefois, notamment en Angleterre, sur des urnes noires et schisteuses, qui rappellent celles dn frrain hquiller. Aux environs d'Alais et d'Aubenas le aicaire liu est lui-même compacte, gris-noirâtre, fétide t pénétré d*entroques.
L'étage marneux du lias est souvent le plus puissant, artont dans les contrées où le quadenandstein n'est pas rès-développé. Ces mames sont brunes, grises, bleuâtres, ravent sçhistoides et empâtent des nodules calcaires. En eaacoup de points elles sont schisteuses , bitumineuses t fétides : dans quelques autres elles contiennent des raches d'un combustible analogue à la houille, exploitée us les environs de Hende et de Milhan.
La formation jurassique proprement dite peut être onsidérée comme divisée en trois formations composées rates trots d*un étage aigileux surmonté d'un étage ilcaire. Les calcaires sont souvent remarquables par nr texture ooUliquê^ plus souvent encore par une texture ompade que Ton a souvent utilisée en exploitant ces ticaires comme pierre de liais et comme pierre lithoraphique.
On ne peut guère distinguer les trois étages que par rar superposition et par Tétude des fossiles. La gryphée rqnéc se trouve dans l'étage inférieur ; la gryphée dilatée »rsctérise l'étage moyen , et la gryphée virgule l'étage npérieur. Les coquilles sont répandues partout avec wfosion ; lesbélemnites et les ammonites dominent snr- »ot dans l'étage inférieur.
En général les villes situées sur le terrain jurassique sont remarquables par le parti qu'elles ont tiré des belles pierres de construction que présente ce terrain : Besançon, Nancy, Luncville, Metz, Dijon , Bourges , Poitiera, Niort, La Rochelle, Caen. . . sont sur le terrain jurassique.
Le terrain crétacé est encore plus développé en puissance et en étendue que le terrain jurassique, et comme lui il présente des variations considérables dans ses caractères minéralogiques. L'axe est-ouest du plateau central de la France peut être considéré comme marquant la limite des bassins principaux ; l'un au nord, l'autre au midi. Le bassin du nord est principalement caractérisé par des roches crayeuses à tissu lâche, dont la partie inférieure est souvent chargée de sables verdâlres et chloriteux. Les bélemnites, les ammonites, les huftres deltoïdes , etc. , abondent dans certaines assises. La craie méridionale, qui encaisse la plus grande partie dn bassin de la Méditerranée, est principalement formée de calcaires durs et compactes, alternant avec des couches arénacées ou argileuses ; les fossiles y sont différents, on y trouve principalement des nummulites, des hippurites , etc.
Le terrain crétacé a été divisé en deux formations : la for* mation inférieure, comprenant des grès verts dont elle porte souvent le nom, et la craie tnfean de laTonraine ; les calcaires dits néocomiens du midi de la France font partie de cette formation inférieure. La formation supérieure comprend, dans le nord, la craie proprement dite, sans silex ou avec silex disséminés en bancs ou rognons, et qui aux environs de Nemours sont exploités pour la fabrication des pierres i feu. On y place aussi les calcaires i nummulites du Midi, les grès appelés en Italie macignos, et les terrains de grès et d'argile qui couvrent la plus grande partie du sol de l'Algérie.
La craie forme une large ceinture autour du bassin tertiaire dont Paris occupe le centre. La ligne d'affleurement suit Montereau , la Roche -Guyon, Provins, Sézanne, Montmirail, Épernay, Compiègne, Beauvais et Gisora. Au delà de ces limites on trouve partout des plateaux et des plaines considérables de craie, parmi lesquelles se distingue la Champagne, rendue en partie stérile par la pureté du calcaire. Cette vaste ceinture de craie pénètre quelquefois dans le bassin de Paris ; ce qoi paraît résulter de protubérances antérieures au dépôt. A Meudon et Bellevue la craie est exploitée à quinse mètres audessus du niveau de la Seine. La roche dominante de cette formation est dans toutes ces localités une craie blanche et pure, mélangée d'une quantité plus ou moins grande de sable, dont on peut la débarrasser par le lavage. Dans sa partie inférieure la craie devient marneuse et passe au tufeau ; elle cesse aussi de contenir des silex en rognons ou en petits bancs intercalés. On a travené à Paris même tonte la formation crétacée par le sondage de Grenelle et trouvé une épaisseur totale de 500 mètres. C'est dans les sables verts inférieurs que l'on a trouvé les eaux ascendantes.
Dans les terrains métamorphiques des Alpes et des Pyrénées , les caractères minéralogiques du terrain crétacé sont tellement mobiles qu'il faut, en quelque sorte, renoncer à les décrire.
Les terrains tertiaires ont une grande importance parce qu'ils recouvrent tons ceux dont nous venons de décrire les principaux caractères. Ces terrains, les demien émergés , présentent des surfaces généralement peu accidentées ; la variété de leur composition y détermine une grande variété d'applications industrielles des roches, de telle sorte qu'ils ont été signalés avec raison comme ayant attiré les populations sur leurs surfaces fertiles. Paris occupe le centre d'un bassin tertiaire , Bordeaux et Marseille sont dans des positions analogues. Londres est également sur le tgmji||^tertiaire , ainsi que Bruxelles.
1MSTRIGTI0\ POIR LE PEUPLE.
Les terraiui tertiaires comprennent des roches arénacées, parmi lesquelles se trouvent des grès; ils comprennent* des roches calcaires excellentes ponr la construction, des argiles plastiques employées ponr la confection des briques et des poteries ; en certains points on y trouve des couches de lignite.
Les coquilles fossiles abondent dans ces terrains et indiquent un pas très*pronoocé vers les espèces actuelles. On y a trouvé, en outre, des fossiles de mammifères pachydermes parmi lesquels se distinguent des animaux inconnus que Cuvier a nommés palcotherium et anoploterium.
Les terrains tertiaires ont été très-subdivisés , et les types de ces subdivisions ont été choisis principalement dans les divers éléments dont se compose le bassin tertiaire parisien. On considère Tensemble comme composé de trois formations :
La formation inférieure comprend : 1° les argiles plastiques , souvent exploitées dans le bassin parisien pour la fabrication des briques et des poteries ; ces argiles, dans leur partie inférieure, contiennent des bancs sableux dans lesquels se trouvent quelquefois des bancs de liguites , notamment dans le Soissonnais. 2** Le eedeaire grossier, étage composé de marnes et d'assises calcaires qui fournissent toutes les pierres i bâtir employées à Paris; ces calcaires abondent en coquilles marines , parmi lesquelles on remarque le eeriUuum gi» gantgum , qui a souvent été indiqué comme caractérisant la formation tertiaire inférieure. 3^ Les gypses^ on pierres à pUtre alternant , avec des couches marneuses très-développées dans la partie supérieure, terminent cette formation. Ces gyptes sont lacustres, c'est-à-dire déposés dans les eaux douces, et l'on y trouve des ossements de mammifères ; les marnes .qui les recouvrent sont au contraire marines. Ces alternances de dépôts lacustres et marin's ont été expliquées par l'influence des embouchures de grands courants d'eaux fluviales sur les contrées littorales où s'effectuaient les dépôts marins.
La formation tertiaire tnoyenne comprend : 1® des couches arénacées , sables et grès , dont les grès àe Fontai$ubkau^ si connus par leur emploi dans le pavage, peuvent fournir le type; 39 des calcaires d'eau douée abondants aux environs de Paris, à Aix en Provence et auxquels se rapportent les terrains à ligniies des environs de Marseille ; 3" des sables eimeuliéres ; 4° enfin certains dépôts arénacés superBciels, coquilliers et très-étendus , comme les /aluns de la Touraine et les grès grossiers qu'on appelle molasse dans les Alpes.
La formation tertiaire supérieure se compose des terrains tout à fait modernes, dont les coquilles présentent une identité complète « avec les espèces vivantes. Tels sont les sables des Landes dans le midi de la France. Dans les régions italiennes , les terrains tertiaires suh^ apennins sont dans le même eu : bien qu'on les trouve dans un état de dislocation très-prononcé.
Outre les principaux bassins tertiaires de Paris, de Bordeaux et de Marseille , l'intérieur de la France présente une série de bassins tertiaires d'eau douce que l'on a souvent considérés comme s'étant successivement épanchés les uns dani les autres. Ils sont en effet étages le long des vallées de la Loire et de l'Allier. Les bassins du Puy en Velay et du Cantal commencent la série ; ils se composent d'alternances d'argiles, de marnes et de calcaires. L'étage gypseux se reproduit dans le bassin du Puy , et présente , de même que le gypse parisien , des débris de palootherium.
Le terrain alluvien est le dernier de la série sédimentaire, celui qu'on trouve au-dessus de tous les autres. Il résulte des dernières migrations des eaux sur les surfaces continentales, qui devaient constituer la configuration actuelle et s'élevaient du sein des mers ; ces cours
d'eau ayant exécuté un travail d'érosion, dent ks traeei ne devaient plus être effacées. Le terrain allunai on Hlumen comprend les dépôts engendrés par ees éroiioiiL
Les dépôts sont très-peu variés quant i leur composition , et se^ rapprochent plus ou moins de osoi <pii m forment sons nos yeux. Cependant leur examen indiqDe qu'ils appartiennent à deux époques distinctes. Lei lUsvions modernes ne semblent que le résultat dei actiou érosives actuelles pendant un très-long lapi de Ifoipi; tandis que les allurions anciennes se lient à des débielei. à des perturbations dont notre époque ne pré«ale pai les équivalents. L'examen des gisements vient à l'ippai de cette subdirision ; il noua montre l'existence d'iliiH vions puissantes , non*seulement à des niveaux et i écs étendues qui ne s'accordent pas avec les volonei d'eu actuellement à la surface des continents, mais noTcst même dans des directions opposées. Enfin , les considérations aoologiques fournissent encore les mèoiet indications ; car les mastodontes, les élans, les aurochs, dooi les ossements se retrouvent dans les allurions ancicono. indiquent qu'il y avait encore nn pas à faire pour arhrrr à l'organisation actuelle.
Le terrain alluvien consiste généralement en sddei et en cailloux roulés, en couches irrégniièrement stntifife» et meubles , sauf l'agglutination accidentelle par dei ciments calcaires ou ferrugineux. La nature des roclia qni ont fourni les matériaux, la dimension dcsgslrti on blocs entraînés, sont les seuls éléments dislinciils de ces dépote ; mais ces éléments jointe à la poétios géographique des gisemente, anlBscnt poor les csnderiser et faire reconnatire leur point de départ
CLASSIFICATION KT DI8CRIPTI0N DRS TBRRA«8 ICVB.
Les terrains ignés peuvent être étudiés : d'abord sooi le rapport de leur composition , qui en est le candn» le plus saillant ; en second lien sous le rapport des (ormes et de la structure des masses qu'ils constituent; enfin on peut se proposer de rechercher leur âge on portion géognostique , soit dans leur propre série, »: comparativement à la série des terrains sédimenteim-
Les élémente les plus ordinaires de la composilioa dn roches ignées sont les divers feidspaths, le qnan, \t pyroxène , l'amphibole et la serpentine , auxquels s'adjoignent le mica, le diallage, l'byperstène , l'amphigène. le péridot , la népheline et quelques séolithes. Ces pnncipes constituante sont rarement isolés ; ils s'associeit pour former la plupart des roches, et ces associslioBJ paraissent assujetties à certaines règles qni sont ékir mêmes en rapport avec les âges géognostiques.
Ainsi, par exemple, en considérant les grandes diiisions que l'on peut étoblir dans la série , à savoir : ^ rothes granitiques ^ les roches porphgriques ti \tsrscka trappéennes et basaltiques, on remarquera , sons le rapport de la composition : 1^ que les granités continnent le quant en grande abondance et comme principe essentiel ; de plus , que le feldspath qni est associa à ce quarx est ordinairement l'orthose , c'est-à-dire )« plus silicate de tous; 2« que le qnan n'est plus qo» élément secondaire dans les porphyres et les tracfafte». où les feidspaths silicates sont cependant domiotnU. 30 que les trapps et les basaltes, non-aeulement ne cootiennent plus de quart , mais sont formés par l'associa tion de divers silicates, où les bases , cent-Â-dire le fer. la chanx, la magnésie, sont souvent en excès. IcsqoWs silicates sont associés au feldspath -labrador, qni est!' moins silicate de tons.
Cette décroissance du quan correspond à pea prrs < la succession géognostiqne des roches , et , si l'on ^^ en regard avec ce fait l'importance graduelle qve prr»l le fer dans les roches sorties de l'intérieur du globe. <» sera tout d'abord conduit à penser que les roches pet-
GÉOLOGIE; STRUCTURE DE LA TERRE
vrot être clatiéesd*après lenri canctèret minëralogiqves. En effet, Jonqn'on vient à étudier les détails de ces caractères , on reconnaît que tout annonce des lois dans \ê succession des éléments constituants des roches ignées, Nitre celles qui ont été remarquées , dès l'origine de la [éologie , dans les variations des caractères physiques de xs roches , la densité , par exemiple.
Les masses ignées présentent des formes très-variées, nais que Ton peut rapporter à trois types principaux.
On les trouve d'abord constituant des masses montapenses saillantes et isolées, masses qu'on a pu considé- "er comme résultant d'une accumulation sur place de ocfaes pâteuses au-dessus des orifices d'éruption. Ces nasses saillantes ont tantôt les formes les pins hardies »t les plus élancées , comme les aiguilles granitiques des iJpes et certains pics basaltiques de la France centrale ; snt6t, au contraire, elles forment des dômes arrondis emmêles trachytes du Puy-de-Dôme, duChimboraio, etc. ii'origiae ignée de ces masses se reconnaîtrait aux boulerenements et aux altérations métamorphiques des roches pii les enrironnent , si elle n'était indiquée d'une maliére encore plus directe par la nature même des roches »iutitoaotes.
Les roches ignées se rencontrent encore très-souvent woi form#de djfket, c'esfc-jkdire de filons plus ou moins ïiisunts ; ici les roches fluides paraissent avoir été inçctées dans des fentes et des fissures du sol. Une posiioo rapprochée de la verticale est le cas le plus ordinaire le ces dykes; mais, dans beaucoup de cas, ils décri- 'ent des festons irréguliers , pénètrent même horizonta- «aeot entre les plans de stratification des couches sédi- Benlaires qu'elles ont dû traverser.
Kofin on rencontre encore les roches ignées souf forme te courants de laves, c est^à-dire en nappes pins ou moins ^does qui couvrent des pentes et des plateaux. Cette liipoiition est surtout affectée par les roches qui ont eu me grande flnidité , telles que les basaltes , par exemple. ** plateaux ainsi couverts par des laves ayant été envke brisés par des failles , démantelés par les eaux , ne ^entent plus , dans un grand nombre de cas, que des êries de témoins laissés de distance en distance. Dans ce *a , comme dans celui des dykes et des masses soulevées n dôoMs ou pics, on trouve dans les roches ignées des lébris des roches traversés , empâtés et plus ou moins itérés. r— K
Les roches ignées peuvent être réparties en trois terù», que l'on désigne sous les dénominations de ter*- «« çranitiqmet , terrahu poqthfriçueM et terraitu volcay^, qui correspondent à peu près aux trois périodes >e transition secondaire et tertiaire. Nous disons à peu irài , car on pourrait citer des exceptions nombreuses à :«tte assimilation.
TerraiM
Terrelst pvpbrriqon.
TwrtJn»
Granitei qnaneai.
Protogioct.
Sréaitft.
Gb-anllet feldapathiqoei.
Granités porpbTroïdet , Dioril^i.
Porphyres qoarsifère*.
Porpkjm rongei.
If éJapkjraa , Trappa.
Eophotides.
Serpentinet et Ophitêa.
AiapkiboUtea.
Boritea.
Porphjrea trachjtiqaci.
Traehftta et Phooolitm.
Baaaitea aneicai.
Baaallea ntt ednea ds leoriea.
Latëa feldapatUqaN et balleotet, avec <
eratèret éleioti.
Valeana BBodemea.
^ granités sont, sans contredit, celles de toutes les J^ochei ignées qui occupent les plus vastes surfaces. On ^ Inraf e sous fonne de filons , pénétrant dans les ter-
rains qu'ils ont traversés, mais surtout sous forme de masses arrondies qui constituent ordinairement ieê sommités les plus saillantes des terrains de transition. C'est ainsi que le dôme arrondi et granitique 'du firocken domine les terrains de transition du Hara ; que les granités do mont Losère s'élèvent au-dessus des roches schisteuses qui enveloppent sa base comme d'un manteau, disposition qui se retrouve sur des échelles variées presque partout où il existe des granités.
Les granités abondent quelquefois en minéraux disséminés : la tourmaline, l'émeraude et l'oxyde d'étain caractérisent certaines masses de la Saxe, du Corowall, etc.
II y a des granités d'âges très -différents, et l'on voit leurs muses se pénétrer de manière à démontrer qu'il y a eu des éruptions successives et prolongées de ces roches. Comparativement à la série sédimentaire , les granités sont généralement associés aux roches de transition ; mais il est des exemples d'exceptions beaucoup plus récentes : il y en a de postérieures aux terrains jurassiques dans les Alpes et les Pyrénées , et l'tle d'Elbe en offre qui sont sortis en soulevant le terrain tertiaire.
Parmi les roches éruptives de la période porphyrique, quelques-unes, telles que les trappg, ont été douées d'une asses grande fluidité, et se trouvent soit en dykes déliés , soit en coulées ; mais la plus grande partie des porphyres, et surtout les terpentines , semblent sortis en masses pâteuses et puissantes qui forment des points culminants et qui ont soulevé et fracturé tous les terrains traversés. La dispostion ci-jointe est très-fréquente pour les i de porphyres , serpentines, etc.
Ainsi la masse b a rompu la courbe a a, refoulé, comprimé des schistes inférieurs en faisant subir à toutes ces roches des transformations métamorphiques plus ou moins énergiques. Ce sont ces contacts métamorphiques qui fournissent aux collections minéralogiques une si grande variété de minéraux cristallisés.
Les irachtfteê sont remarquables par leur tendance à s'agglomérer ; ils constituent des groupes ramassés comme ceux des monts Dore et du Cantal en Auvergne, et souvent aussi des dômes tout à fait isolés, comme le Puyde-Dôme. Ces dômes trachytiques sont ordinairement des points culminants. Il semble, à considérer ces masses élevées, qu'elles représentent l'action souterraine la pluséner-
giquede tout le terrain voleanique, action qui a bou1(
le^et
INSTRUCTION POIR LE PELPLE.
poussé i des haatenrs coniidérables des masses pâleases plutôt que fluides. Dans la grande chaîne des Andes-Cordllières , les principales montagnes culminantes sont tra* chytiques : tel est le Chimborazo , représenté par la figure précédente, dont la masse colossale s'élève i plus de 3,000 mètres au-dessus du plateau supérieur de la chaîne. Les trachytes , comme les porphjfres , sont ordinairement accompagnés d'un très-grand développement de conglomérats , dont les assises enveloppent la base des cAnes culminants ou alternent avec les variétés qui sont disposées en couches, c'est-à-dire qui ont successivement coulé sous forme de laves.
Les basaltet semblent contraster avec les trachytes par la grande fluidité dont ils ont été doués. On les trouve en nappes ou coulées vastes et minces « s'étendant à plusieurs lieues de leurs points d'éruption ; en filons déliés qui pénètrent dans toutes les fissures du terrain fracturé , qui en empâtent des fragments.
Cette grande ^fluidité des basaltes, jointe à leur homogénéité , a encore eu pour effet de déterminer par le refroidissement une division prismatique trè«-fréquente et très-prononcée. Les prismes sont généralement perpendiculaires aux surfaces de refroidissement; ainsi, dans une coulée horisontaie , ils sont verticani.
On en voit d'hexagonaux , de pentagonanx , de triangulaires , de gros , de petits ; mais , dans une même masse , ils sont généralement d'un même volume , et forment ces belles colonnades si connues sous les dénominations de ehauuie» des géante , orgues , etc.
Le dessin ci-dessus représente une vue de ces colonnades liasaltiques prise sur le littoral de l'Islande.
Dans les colonnades de ce genre, les prismes ne sont pas toujours verticaux : il y en a d'inclinés , d'horizontaux ; il y en a même qui sont courbes. En général on a remarqué que ces dispositions de prismes étaient telles qu'on pouvait considérer leurs directions générales comme perpendiculaires aux surfaces de refroidissement, ainsi les prismes sont généralement verticaux dans les coulées , horixonlaux dans les filons.
GITB8 U^TALUFàRSS.
Toute science doit avoir des applications , et , sons ce rapport , la géologie est une des plus importantes ; car elle est la clef de l'art d'exploiter les mines et les carrières de toute nature.
Les gites métallifères peuvent être considérés comme
ne formant que des maifes tuborionmées aux terrains précédemment décrits; la forme la plus ordinaire de ms masses est celle de JUon».
Les filons sont des masses minérales aplaties comprise! sous deux plans à peu près parallèles , et qui traverscel généralement les terrains sons des angles compris entre 45 degrés et la verticale. En les étudiant , on a recomiB qu'on pouvait les considérer comme des ca»»urtt déterminées dans l'écorce solide du globe , et remplies postérieurement i leur formation par des phénomènes complexes qui y ont amené des composés métallifères et des gangues souvent cristallines. Ces gangues sont le pios loovent le quart , le spath calcaire , le spath fluor et la Iwryte sulfatée ; elles affectent une structure souvent trètrubanée, c'est-à-dire que les matières sont disposéei par bandes parallèles aux parois de la cassure : mais cette disposition régulière est souvent dérangée par le mélange de débris empruntés aux roches encaissanlei Lorsque les filons sont rubanés, on a remarqué que la sones étaient ordinairement symétriques , c'est-à-dire k succédaient dans le même ordre à partir de chaque paroi. On trouve, outre les filons, des gîtes eo amas massib, ou en amas composés d'une multitude de petites veines irrégulières qui sillonnent une masse minérale ; oo a donné à ces veines groupées le nom de stoewerf. Les géologues et les exploitants se sont livrés à des études a»dues sur les gttes métallifères, et les principes qn'ili osl posés peuvent être résumés ainsi qu'il sni^ :
Les gttes métallifères se rapportent à deux classes différentes : les gites réguliers et les gites irréguUers.
Les gttes réguliers comprennent tous ]têJUoms qui résultent de cassures postérieures aux terrains eocaisMott et remplies par des gangues spéciales et des minerait Ces gttes sont essentiellement indipendamU des lerraios qu'ils traversent , ils abondent dans les terrains de tressitions stratifiées , mais sillonnent également les granités, les porphyres et les roches trappéennes. On en a troiTc dans les terrains du trias, dans les terrains jnrusiqaes H jusque dans les formations crétacées aopérieures, et. dans toutes ces positions, ils conservent le caradère d'allure, de cassures qui se modifient suivant les clingcs et les conditions de structure du terrain fracturé. Les filons sont caractérisés par une régularité et une continuité d'allure qui justifient leur définition.
Les gites irrégnliers échappent , au contraire , à tonte définition générale de formes et d'allure. Us ont , dans chaque localité de leur développement, des caractères tout à fait spéciaux ; tous sont géognostiquement liés ai terrain qui les encaisse , soit qu'on les trouve immediat^ ment subordonnés à des roches éruptives , soit qn'intercalés dans des roches sédimentaires ils affectent on ré- *gime de contact plus ou moins éloigné avec des dssms soulevantes , soit enfin qu'on les trouve insérés dans certains plans de stratification.
Dans ces deux classes de gttes , la théorie nous signale les matières métallifères comme postérieures aux terrains encaissants, sauf les cas où les minerais sont partie intégrante des roches éruptives , ou bien ont été stratifiés avec les dépôts sédimentaires par l'effet d'un métamorphisme contemporain. Dans tous les cas ces matiè res métallifères sont supposées résulter de phénonoènes spéciasi dont le siège principal est an-dessous de l'écorce solide du globe. Ces actions d'émanations souterraines s'appliquent aux minerais, plus qu'aux gangues qui les sccompagnent
Les gttes métallifères sont assujettis à des lois de il^l^ ture , de gisement et d'accidentation qui sont d'un grand intérêt, nous en renvoyons l'examen au Traité ssr
l'EXPLOITATlON DBS HlNKS, CtC ( Tk^ 80, p. S5S6 ).
Au. BURAT, FrofeNMr i t'Âcole e«ntnl« 4«a aito cl MamCMitras^
raais. — TTPOoaAraïc nov raius , toi m vâNoii». ^
p*il». —
DUBOCHET, LECHEVALIER bt G-, 60, RUE RICHELIEU. —25 cBNTiMEf.
MINERALOGIE.
L'étude da sol de tontes les contrées iccessibles k TexploratioD est une des branches les plus intéressantes des fcicQces naturelles. N*esl-il pas indispensable de connaître i« nature et les propriétés de tous les minéraux : les uns communs et abondants, qui sont employés dans nos conitruclions , dans toutes sortes d'industries ; les autres , plus rares, réservés aux usages du luxe et de Tomemen- (itioQ ? Cette étude des minéraux doit être aussi ancienne que il civilisation ; mais elle est restée jusqu'il y a environ deoi siècles prcsqu'entièrement k l'état de tradition ; on ne l'apprenait que comme l'alchin^ie , en s' attachant k la perionne du maître, qui, le plus souvent, était quelque prt'posé à la direction des mines. Ce fut en effet dans un pays de minet que ces traditions , recueillies avec soin , classées et enseignées publiquement , arrivèrent à constituer une science complète , qui fut dès l'origine divisée en deux parties.
La minéralogie recueille les minéraux en échantillons isoles et de toutes les parties du monde, les soumet à Tanslyse, en apprécie les caractères physiques. C'est une Kience de cabinet dont le but est de définir les minéraux avec précision, de telle sorte qu'on puisse arriver, par ieumen simple et rapide d'une substance, k dire de quels prinripes chimiques elle est composée , 'en quelles proportions , enfin quelles sont toutes ses propriétés.
La géologie étudie les minéraux en place , définit les formes et les allures de leurs masses. Elle les compare de nianière à constater quelles sont leurs origines , quelles •ont les plus anciennes, les plus modernes, quel fut leur ordre de succession. Enfin , elle arrive k reconnaître les conditions de gisement de chaque substance, de manière à pouvoir dire à l'avance où il y a chance de les rencontrer, quelle sera leur importance en épaisseur, en étendue, etc. On voit que, contrairement au minéralogiste, le i^logue doit étudier en voyageant , en parcourant les plaines, les vallées et les montagnes ; on voit aussi qu'avant de se livrer k cette partie de l'étude du globe, il doit éladier la minéralogie , c'est-à-dire examiner avec soin toutes les substances qui pourront se présenter k lui. .
Lorsqu'on veut étudier la minéralogie, on croit volontiers que le meilleur moyen est d'aller visiter les collections, et même les plus nombreuses et les plus complètes, toiles que celles de TÉcole des mines et du Jardin-desl^lanles de Paris. Ce moyen n'est pourtant pas celui qu'on doit employer, du moins au début L'esprit effrayé par isvue de cent mille échantillons, qui tous paraissent dif-
férents les uns des autres, ne peut concevoir qu'il soit possible de retenir des caractères aussi divers. Si, au contraire, on commence par étudier les principes de la science, on verra que les espèces minérales sont loin d'être aussi multipliées, et qu'en suivant une marche convenable dans l'examen d'un échantillon, «on arrivera facilement à en constater la nature. En un mot, il faut se préparer k la science pratique par l'étude de la science écrite, dont nous allons présenter succinctement les principes essentiels.
La chimie a reconnu cl défini environ 54 corps simples, indécomposables, du moins par les moyens dont nous pouvons disposer. Parmi ces corps simples il n'en est guère que 12 qui se trouvent à l'état natif, encore cet état n'esl-il fréquent que pour le soufre, le carbone, l'or, le platine et l'argent
Le plus souvent les corps simples forment des combinaisons en proportions définies.
Il semble d'abord que le nombre de ces combinaisons doit être immense , en combinant deux à deux , trois à trois les 54 corps simples, mais il s'en faut que toutes les combinaisons soient possibles , et Ton n'a guère reconnu que 450 espèces minérales. Ces 450 espèces doivent cire considérées comme composées, ]'> de substances communes et abondantes, 2" de substances accidentelles ayant quelque importance, 3 ' enfin, de substances rares qui n'en ont que sous le rapport scientifique. Or le nombre des premières, qui constituent seules ou associées ce qu'on appelle les roches , c'est-à-dire les minéraux qui forment la masse principale de l'écorce terrestre , ne dépasse pas 25 à 30 ; les secondes sont au nombre de 100 environ : de sorte que les substances rares sont en réalité les plus nombreuses dans la série.
On classe les minéraux suivant les principes qui s'y trouvent dominants, et qui en déterminent ordinairement les caractères les plus saillants. Sous ce rapport les bases sont ordinairement plus importantes que les acides. On distingue ['espèce , le genre et H famille.
Veipèce est la réunion des minéraux composés des mêmes éléments dans les mêmes proportions.
Le genre comprend tous les minéraux composés des mêmes éléments dans des proportions variables.
hdk famille se compose de tous les minéraux ayant une base commune , si les bases sont prises pour principe de classification, et de tous ceux qui ont le même acide lorsqu'au contraire on classe d'après cet élément
(JARACTÀRR8 >'IIV8IQUBS DR8 MINICRAITX.
L'espèce minéralogtque esl , comme on le voit , délcrminée par la composilion chimique, et non par les caractères eztériears. Sous ce rapport la minéralogie dilTère des autres sciences naturelles, dont les classifications sont appuyées sur les caractères physiques ; mais celte différence est complètement justifiée par le but de la science, qui n'est pas seulement de classer , mais d'arriver à apprécier la nature chimique des minéraux par une analyse qui se borne le plus souvent à un coup d'œil rapide. Les caractères qui peuvent donner cette assurance aux minéralogistes , sont physiques ou géométriques ; nous nous étendrons sur eux avec quelque détail , car ils résument tontes les ressources de la description des minéraux.
P État d'agrégation. — Les substances minérales sont ordinairement solides , mais on en rencontre aussi de liquides , le mercure par exemple ; de visqueuses , comme certains bitumes; enfin on en trouve à l'état gaxenx, comme, par exemple, l'acide carbonique et d'autres encore qui sortent pnncipalement des orifices volcaniques.
Outre cette distinction , l'état d'agrégation d'un solide peut donner lieu à des distinctions importantes. Ainsi il y en a qui sont friables et même pulvérulents ; tandis que d'autres sont fortement agrégés sous forme de roches dures et tenaces.
2* CouUun. — Rien de plus varié que les couleurs des minéraux , et pourtant il n'est pas de caractère qui ait plus de valeur , parce que non-seulement les couleurs , mais aussi les nuances, quoique multipliées à l'infini, appartiennent cependant d'une manière spéciale à certaines espèces. On observe en effet que certaines substances peuvent affecter toutes les couleurs ; le marbre par exemple, qui n'est autre chose que de la chaux carbonatée , peut être blanc , noir , rouge, jaune, etc. ; mais il faut distinguer ici la matière minérale de la substance qui la colore, et on trouvera dès lors que les couleurs sont réellement très-significatives. Ainsi , le noir est caractéristique pour les substances charbonneuses ; les combustibles sont tous noirs et les marbres noirs sont colorés par le carbone. Le vert et le bleu caractérisent les carbonates, les phosphates, arséniates de cuivre, etc. Certains composés de fer sont également d'un vert sombre, et les nuances sont ici décisives. Le ronge appartient généralement au peroxyde de fer , c'est le rouge ocreux que tout le monde connaît : plus éclatant et plus vif sous la teinte désignée comme vermillon , il appartient an sulfure de mercure ou cinabre ; vif et un peu orangé il désigne le sulfure d'arsenic ou réalgar. Le jaune pur caractérise un autre sulfure d'arsenic appelé orpiment , tandis que le jaune sombre et ocreux connu sous le nom de jaune-rouille caractérise le peroxyde de fer hydraté. Le vioiet , couleur rare dans la nature , ne se trouve guère que dans quelques variétés de spath fluor ou chaux fluatée ; tandis que le blanc mat ou limpide est tellement répandu que pour distinguer les substances qui raffectent, il faut avoir recours aux autres caractères physiques.
Outre ces couleurs principales, il est certaines couleurs mélangées très-significatives. Ainsi, le rose désigne infailliblement le cobalt arséniaté. On trouve aussi des substances iriëées, c'est-à-dire présentant des reflets oii se retrouvent toutes les couleurs de Tarc-en-ciel ; qui ne connaît, par exemple, Topale, dont cette irisation fait tout le prix ? Beaucoup de minéraux sont sujets i s'iriser k la surface, on bien à changer simplement de teinte par un commencement de décomposition ; aussi dans ce cas on cherche i apprécier la couleur sur une cassure fratche. Souvent, au lieu de désigner la 'couleur d'une substance, on désigne reWe de sa poussière , parce qu'on a remarqué que les leinles étaient plus constantes pour certains minéraux ,
lorsqu'ils sont réduits en poudre : les oxydes de fer sonl dans ce cas.
3^ V éclat est un caractère aussi important que la cooleur, car il aide à séparer tous les minéraux en deux greodes catégories : les substances métalliques, dont la ptnpsrt des composés sont doués de cet éclat spécial , et les sobstances lilhoïdes. Toutes les couleurs peuvent aflfctal'éclat métallique : ainsi l'or et le enivre sont de drai jaunes différents ; l'argent est d'un blanc vif; le fer oifdulé et le fer titane sont d'un noir éclatant; le sulfare de plomb est gris-bleuâtre , etc.
Par opposition aux substances douées de IVclat métallique , les substances dites pierreuses on litboïdes n'oot généralement aucun éclat. Cependant leurs cooleors ne umt pas pour cela ternes : on y distingue encore l'édat adamantin , particulier au diamant ; l'éclat vitreux , soyev , nacré, chatoyant
4° La transparence se lie naturellement aox caracièrei de coloration et d'éclat. En général , plus les sobstancM sont pures et bien cristallisées , plus elles approchent àt la parfaite transparence. C'est ainsi que le diamant n'ai autre chose que du carbone pur et cristalliié, substanee qui, dans l'anthracite, est absolument noire et opaque. Il y a d'ailleurs beaucoup de nuances diverses dans latramparence. Vn corps peut être blanc-limpide, comme U quari on cristal de roche, ou simplement trauspamittf coloré, comme la topaze jaune, l'émerande verte. Les sgates et cornalines sont simplement translucides , enfin il en est qui ne laissent passer la lumière que ser les bordj très-minces de leurs cassures.
5° La dureté d*un corps s'apprécie par la rayure, .^im le quarz raie le verre et la chaux carbonatée ; mais il At rayé par le diamant, qui est le plus dur de tous les corpi Pour faire usage de ce caractère , on a fait ane érbclie de dureté décroissante depuis le diamant , qui est la plos dure, jusqu'au talc, qui est la plus tendre des substaDcts minérales , de telle sorte qu'il est facile de rapporter • cette échelle une substance quelconque dont on veol indiquer le degré de dureté. Voici cette échelle :
1° Le diamant (carbone pur cristallisé) ;
^ Le corindon (alumine pure cristallisée) ;
3° La topaze (alumine fluo-silicatée) ;
A° Le quarz (silice pure cristallisée) ;
5<> Le feldspath (silicate d'alumine et de potasae) ;
6*> L'apatite (chaux phosphatée cristalliaée) ;
7^ Le spath fluor (chaux flualée cristalliaée) ;
8*' Le spath calcaire (chaux carbonatée cristallisée) :
9^ Le gypse (chaux sulfatée hydratée) ;
10® Le talc (silicate de magnésie).
Sous le rapport de la dureté on distingue anssi les sob* stances scintillantes , c'est-à-dire faisant feu avec l'acier, et celles qui sont au contraire rayées par l'acier.
6® La ténacité ne doit pas être confondue avec la da- j reté. Ainsi , le diamant est aigre et fad^ à briser par k 1 choc, tandis que certains feldspaths, beaucoup md» { durs, sont tellement tenaces qu'on a peine à en i-vaet des fragments.
7° Lh flexibilité caractérise quelques rabstances miii^ raies: telles que l'amiante, par exemple. If ait il fantdi»tinguer parmi les substances flexibles celles qui ont df Vélattieité. Ainsi, l'amiante n'en a aucune, tandis qoeie mica, substance facile k cliver en feuilles minces, et doué d'une élasticité très-prononcée , et reprend sa première position lorsqu'on Ta ployé sans toutefois alkr jusqu'à en briser le tissu.
8** Le toucher, d'un usage très-borné en minéralo^. peut cependant être quelquefois utile. Ainsi , les subslrnces talqueuses se distinguent par leur toucher ondoeu et savonneux. Il y a des substances qui sont froides sa toucher parce qn elles conduisent facilement la cbslror. Le happeroent à la langue , auquel on reconnaît les svK*
MINÉRALOGIË.
sUooes argileuses , est une propriété qui résulte do la propension de ces substances à absorber l'humidité.
90 V odeur et la $av€ur n'ont également que quelques applications. Une odeur bitumineuse , sulfureuse , arsenicale, obtenue par percussion ou frottement , est un caractère dont la conclusion s'explique d elle-même. La savear salée est propre au sel gemme ; la saveur styptique, bien connue par la comparaison avec celle de l'encre , caractérise le fer sulfaté ; la magnésie sulfatée a une saveur amère ; enfin , la saveur brûlante appartient au sel ammoniac.
10» La. jtesoHteur spécifique est un caractère précieux, parce qu'il peut se mesurer exactement , la pesanteur de leau étant prise pour unité. Ainsi la topaze blanc-limpide, qui pèse 3,40, se distingue facilement du quarz hyalin, qui ne pèse que 2,60. La baryte sulfatée, le plomb carbonate sont des substances distinctes par leur grande pesanteur, qui s'apprécie immédiatement à la main.
11*> Le magnétisme sert à reconnaître les minéraux dans lesquels le fer oxydnlé joue un rôle important.
\i^ La phosphorescence par frottement dans l'obscnrilé est nue propriété très-curieuse dans la woUastonile ou silicate de chaux.
\^'* La cassure fournit des indications précieuses sur la nature des minéraux ; car elle révèle leur texture. Ainsi une cassure vitreuse appartient aux minéraux très-homo- (}ènea qui ne sont pas divisés par lames, le qnan hyalin est dans ce cas ; la cassure esquilUuse annonce toujours une certaine ténacité, et c'est en effet un des caractères du feldspath compacte. La cassure conchoidale , c'est-à-dire à surfaces curvilignes , est encore un caractère des substances compactes et homogènes; on la trouve très-bien exprimée dans les obsidiennes ou verres volcaniques. Certaines substances présentent des cassures grenues et inégales , leis sont les marbres et les albâtres. Enfin la casénre se liant d'une manière intime avec la structure, est lameU Unu 00 /euilietée , fibreuse , etc. , suivant que les minéraux sont clâvables , schisteux , fibreux , etc.
1 i ' La structure est un caractère très-significatif , soit qu'on la considère en grand ou en petit. En grand : une msise minérale sera massive , lorsqu'elle ne présente que des délits irréguliers et en petit nombre ; stratifiée , lorsqu elle présente la forme de couches comprises sous des plans parallèles. La structure est pseudo-régulière dans les basaltes , qui se divisent en colonnes prismatiques ; vhitteuse dans les ardoises, qui sont feuilletées par une multitude de délits parallèles.
Considérée en plus petit , la structure d'un minéral peut être fibreuse , radiée , lamelleuse. Les laves affectent souvent une structure cellulaire on bulleuse. Certains calcaires ont une structure oolitique , c'est-à-dire qu'ils sont formés par la juxtaposition de petits grains arrondis gros comme des grains de millet ; quelquefois ces grains sont <pos comme dos pois et la structure est alors pisolitique. Kofin il existe des structures imitatives , qui représentent , par exemple , la forme de coraux , etc. ; pseudomorphipus lorsqu'il y a substitution d'une roche à des objets de forme connue , comme sont les fossiles.
Tels sont les caractères physiques qui servirent aux premiers minéralogistes pour distinguer et classer les minéraux. Wemer était arrivé à déterminer ces caractères «(énéraux avec une précision remarquable, en les appuyant par d«s collections ; de telle sorte qu'il amenait à connaître la plus grande partie des espèces par les études préliminaires. La minéralogie moderne a été amenée à une précision bien plus grande encore par les découvertes de la cristallographie, découvertes dues en grande partie aux études de Rome de Lisie et du célèbre Haûy.