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INSTRUCTION POUR LE PEUPLE. — CENT TRAITÉS. Pakis. — DUBOCHET, LECHEVALIER it G», 60, RUE RICHELIEU. — S5 ckntiubs.
BOTANIQUE
Tout le monde tait que la Botanique est cette partie de l'histoire naturelle qui s'occupe de Tétude des végéttux et qni apprend à les nommer , k les connaître , k les dauer.
Indépendamment de la haute utilité de*cetle étude , an charme particulier semble y inviter toutes les âmes douces , tous les esprits curieux , naturellement frappés des menreilles que présente le règne ? égéfal. Malheureulement cette étude n*est pas aussi simple qu'elle semblerait devoir l'être , et cela en raison de la multitude infinie des plantes qui couvrent le globe et même une très-petite partie de territoire. Pour les distinguer entre elles , il a Ullu observer d'abord leurs caractères les plus apparenta, pois descendre à des signes d'une moindre évidence, eofin à des détails qu'une attention soutenue pouvait seule faire découvrir. Tout cela fait , on a dû les classer, c'està-dire les grouper dans l'ordre de leurs analogies , afin de pouvoir tirer des inductions générales de celles qui se rapprochaient par l'ensemble de leurs formes ; il a fallu ensuite diviser et subdiviser chacun de ces groupes, à meiure que les ctres ont été mieux étudiés. La science s'est ainsi avancée, tantôt divisant, tantôt réunissant: deux opérations tout opposées qui compliquèrent souvent sa marche. Enfin , les détails s'accroissant avec le nombre des végélanx observés, une recherche d'abord aussi simple qu'attrayante , est devenue peu k peu l'objet d'une usez longue élude , puis d'une science , et d'une science dea plut étendues et des plus difficiles.
L'étude des végétaux ne se borne point k les distinguer les uns des antres , à les connaître par leur nom ; sorte de préjugé qui a fait croire à quelques esprits paresseux que la botanique n'était qu'une science de mots , un pur exercice de mémoire. G>nna!tre une plante , c'est non- •eulcment pouvoir la nommer, mais aussi décrire sa fi^re, ton organisation, dire ses rapporta avec les Mires plantes, la place qu'elle occupe dans le règne vé- 3^U1 ; en un mot , connaître ses propriétés générale» et pulicnlières. Et disons-le tout de suite , l'histoire de la D^lore, et en particulier la botanique, ne s'arrête pas plosàla simple dénomination des corps naturels que l'étude d'une langue ne s'arrête aux termes de son diclionnure. Aucune science, au contraire, n'a une portée plus étendue , des inductions plus fécondes , des applications plus nombreuses et plus variées. Qui ne sait que les plantes servent à la nourriture de l'homme et des ani-
maux, qu'elles fournissent aux arts, à l'industrie, au commerce, k la navigation , à U médecine , à l'économie domestique , les matériaux les plus multipliés et les plus utiles? Une connaissance aussi vaste, aussi importante ne saurait donc se borner à la simple nomenclature des objets dont elle s'occupe. La botanique, en effet, comprend non-seulement la connaissance du nom et des usages des plantes , mais encore celle de leur organisation interne, externe et.de tons les phénomènes physiologiques qui s'y rapportent Elle embrasse la considération du plan d'après lequel cette multitude de formes végétales a été créée , des combinaisons admirables qui ont donné lieu aux organes des plantes, des lois qui règlent la distribution des espèces selon les climats, et de l'influence que ceux-ci exercent sur leur développement.
Mais admettons on instant que la science des végétaux se borne k les connaître par leur nom , parce qu'une fois leur nom connu on n'aurait plus qu'à chercher leurs autres caractères dans les livres; comment connaître ce nom? Le moyen le plus commode serait de l'apprendre par la tradition, de la bouche d'un professeur ; mais, outre que ce moyen serait le plus long , comme on étudie souvent U botanique sans maître , le mode le plus sur et le plus rationnel est de s'exercer k découvrir le nom dea plantes par l'analyse de leurs caraetèr«s.
Étudier les caractères d'une plante , c'est l'examiner avec soin dans toutes ses parties. Il n'est personne qui ne connaisse la physionomie et même le nopi vulgaire dea végétaux les plus répandus dans nos champs et dans nos jardins. C'est k ces végétaux qu'il faut d'abord s'adresser. 11 suffira de les regarder plus attentivement , plus en détail, et , à l'aide des principes que nous allons établir, de chercher les rapports qui lient ces plantes bien connues à d'autres espèces. Ces rapports s'étendront chaque jour avec le nombre des détails observés, et l'on fera ainsi, presque sans peine, des pas asses rapides dans une science moins difficileen réalité qu'elle ne semble au premier abord.
L'étude des caractères des plantes forme par conséquent la partie la plus importante de la botanique , laquelle se compose : 1° de la connaissance des différentes parties, organet ou appareils qui forment la structure des végétaux , ou leur 0R6AN06RAPHIK ; 3° de la connaissance des fonctions auxquelles servent ces organes , ou leur phvsio- LOGiB. Ces deux premières parties de la science sont suivies d'une troisième : la classificition, au moyen de laquelle on répartit les plantes en un certain nombre de divisions ou catégories , suivant leurs analogies et leurs affinités , afin
de poavoir faire k chacan de cet groupes l'application des généralités qui s'y rapportent
Cet ordre est celui dans lequel nous exposerons les principes généraux de la science ; mais avant de les aborder nous voudrions y. préparer le lecteur par quelques idées sur la marche la plus naturelle , la plus efficace à suivre dans une étude à laquelle la lecture des livres n'apporte dans le principe qu'un secours insuffisant
À la vue de ces innombrables végétaux qui couvrent le sol. et qui paraissent différer entre eux de taille, de figure, d'organisation , on peut s'effrayer de l'immensité de la science qui s'y rapporte ; mais , en y réfléchissant , on comprend bientôt que le moyen d'en simplifier l'étude est de créer entre tous ces objets des divisions, de former des groupes de tous les êtres qui se ressemblent le plus par leurs caractères apparents , de choisir dans chaque groupe la plante qui présente ces caractères à l'état le plus, complet , pour en faire le type de cette division : en an mot , de rapprocher tout ce qui présente des rapports communs, et de séparer tout ce qui diffère par les caractères principaux. Cette marche est précisément celle qu'a suivie la science ; c'est ainsi qu'elle procède toujours et son domaine se compose de tous les faits qui sont le résultat de cette méthode d'investigation. Mais ces données nne fois établies, comment les étendre, quels sont les moyens de rendre plus faciles les abords de cette étude? Voici la marche qui nous semble la plus rationnelle et la plus efficace.
1° Étudier dans un ouvrage élémentaire les généralités de la science , puis ce qui se rapporte soit aux organes les plus importants des végétaux , soit aux fonctions de ces organes ;
2° Lire attentivement dans un ouvrage descriptif Tanalyse de toutes les plantes dont on connaît le nom , en ayant ces plantes vivantes sous les yeux ;
3^ Disséquer et décrire soi-même un certain nombre de plantes dont on ignore le nom. Conserver ces plantes, après les avoir numérotées. Il ne s'agit pour le moment que de s'exercer à l'organographie ; plus tard , ces détails serviront à les nonmier et à les classer ;
4° Observer plusieurs choses dans ce travail : A. Étudier les organes dans l'ordre de leur subordination, c'està-dire s'attacher, en premier lieu, aux caractères de première importance, qui établissent les grandes divisions , comme les classes , les ordres et les famiUes ; descendre ensuite à ceux d'une importance secondaire , lesquels caractérisent les groupes du second ordre, ou les genres; puis arriver aux caractères de troisième ordre qui constituent les espèces, (Voyes pour cette subordination la fin de ce traité) ; B. S'appliquer aux caractères trèsapparents qui en impliquent d'autres moins faciles i observer ; t
h^ Herboriser souvent et travailler à la confection d'un herbier; nous donnerons plus loin quelques détails à ce sujet ;
%^ Ces préliminaires accomplis , s'adonner à la classification , qui comprend deux objets : l'étude des systèwus , i l'aide desquels on parviendra bientôt à connaître le nom de toutes les plantes de notre climat , et celle de la méthode naturelle , dont le but définitif est de réunir et grouper les plantes , en prenant pour base leun affinités, leun points de ressemblance , et tout l'ensemble de leun caractères et de leura propriétés.
Ceci posé, abordons l'étude des organes et celle de leun fonctions. ■
sTaucTuai dis viaitAvi, — organbs éiiMiNTAiiBS.
Les végétaux sont des êtres naturels qui vivent, se nourrissent et peuvent se reproduire, mais qui ne sentent point et ne peuvent se mouvoir spontanément
Lonqu'on examine avec attention la structure générale
des plantes, on remarque 1^ qu'elles sont formée* de divers tissus qui en constituent pour ainsi dire It charpente , et qui sont composés eux-mêmes de parties élémentaires de forme et de nature diverses ; 2® que ces tissus, combinés de différentes manières, donnent lien à des appareils destinés à diverses fonctions et qoe Top nomme des organes; Z^ que les tissus et les organes sont traversés par des fluides , qui tantôt sont absorbn par le végétal pour fournir à son développement , et tantôt excrétés, c'est-à-dire rejetés au defaora, après avoir servi à l'exécution de quelque acte de la vie , de quelque /onction.
Si l'on observe , à l'aide d'une forte lonpe ou d'un microscope , le tissu des divenes parties d'un Tégétal . on découvre que , tantôt il est formé de petites sphères oo
cellules (ntncnle.) (fis. 1 .1 .
parois miDces et
C transparentes , ,-^ plus ou moiiB régulières, doses de tontes paris, contignês les \)^r \ \ /^ '""^ *"" antre».
\. /~ \ \ - V de manière àre«- (Flg.I.) X'Jt-'"~ «mbieridela mousse de savon ou bien aux alvéoles d'un rayon dr niicl; tant(U de pctiU' tubes ovl vaissemmi allongés, cylindriques ou comprimés, épan ou réunis , appliqués bout à bout ou sondes : ; en faisceaux (fig. 2). Le premier mode d erganisation est celui auquel on donne le nos ; de tissu cellulaire; sa propri«** *» P*»f ^ , ' marquable est d'être doué dnne f»ciUbihle
■ organique qui le rend propr« * absorbtr 1 ', ^ les fluides. Il consUtue à lui »col ceriains , ' organes , tels que la moelle ,
■ ; " le parenchyme, et même des I ' ! végétaux tout entière comme ■^ 1 1 ' les algues et les champignons. ! . j Le second mode d'organisation .
est celui qui porte le nom de | risni vasculaire. Ce tissu parait ' devoir son origine à des cellules qui s'allongent , s'effilent à ^ leurs deux bouts > dont les «fia- 'j phragmes ( cloisons qui les se- ^ parent ) disparaissent , et qui , fi en se développant , tantôt don- ^' nent lien à des tubes qni ser- | vent à la circulation des fluides, -^ (Fi0. 9.) tantôt se soudent dans le sens | de la longueur et constituent \Aflhre, par- '| tie solide qui forme le squelette des végé- 'f taux. ^
Les vaisseaux ont une structure et des ^ formes diveraes , suivant les fonctions aux- i quelles ils sont destinés. Les uns ont une ' surface inégale, marqnée de lignes on de points le plus souvent disposés en spirales ; on les nomme vaisseam:B on tubes spiraux. Les autres sont à parois lisses; ce sont les vaisseaux propnt ou latici/éres.
Parmi les vaisseaux spiraux, on distingue : l^ Ut trachées , qui sont formées d'un tobe cylindrique , membraneux , dont Tintérieur est tapissé d'un fil tourné es spirale , blanc nacré , semblable dans sa disposition à l'élastique d'une bretelle (fig. 3) ; 2^ les vaisseaux aummlaires , qui sont un peu plus gros que les trachées. Le fil spiral interne y est remplacé par une série d'anneau! souvent interrompus ou irrégnÙers. LorM|iie ces an-
vFia A
BOTANIQUE
nax, tantôt brisés, tantôt liés par des bandaleitet, forment one lorie de réfcan plui on moins serré, les tubes qnî les portent se noaunent vaisseaux rétieuiéê (63. 4); â" le» vaisseaux ray^s, qui pi^ tentent des raies transver^es intorrompues dans la circonférence du tube. Ils sont formés par une série de cellules allongées placées régulièrement au-dessus les unes des antres , comme les bar- I reaux d*nne échelle ( sealari/ormei) ; 41» les ^ vaisseaux jHmetméi, plus volumineux que les j précédents, qui paraissent criblés de petits points i disposés dans le sens horisontal. Ces ponctuations
y résultent des lacunes de la couche interne du tube relativement à la membrane externe qui est continue.
^■^■^ Les vaisseanx/iropres ou hikifire» contiennent M lacs propres i chaque plante ou laux. Leur paroi est iinnbratteuse , transparente, homogène , parfois inégale lus MO épaisseur; les tubes sont cylindriques, mais avec voflemeots , et communiquent entre eux par des branbe« transversales, de manière à former un réseau.
L«s organes élémentaires que nous venons de décrire , n M combinant entre eux , donnent naissance aux orga- MS <:0»pM^ Ceux-ci se combinent à leur tour pour former des mppareiU chargés d'accomplir diverses fonctions. U première phase de l'existence d un végétal ert celle on, faisant encore partie de l'être qui lui a (^ donné naissance /il se présente sous la forme "^M d'une simple utricule contenant dans sa carité .^t! une matière granuleuse, c'est-à-dire à l'état d'en^oii (6g. 5 ). Dans certains cas , queli{oa celloiea se groupent autour de 11 première, et rcmbryoa grossit sans que l'on aperçoive aucune différence entre les parties de l'individu. D'antres fois , i Desorc que le volume de l'emlnyon s'accrott, sa forme K détoiiDine et ne tarde pas à montrer un axe central foi l'allonge par ses deux extrémités. L'une de ces extrémités qui tend à prendre une direction ascendante ileTiendn la ti^t , et l'antre qui montre une tendance opposée sera la racine. Quant à la masse principale, le ploi.soDveot de forme ovoide, tantdt elle présentera un tes! rnsmelon latéral, tantôt deux mamelons symétriques, n milieu desquels se développera l'embryon devenu ff^'iitU. Ces mamelons se nomment des eot^Udoni.
Il le présente, par conséquent, dès cette première ^itwàt, trois circonstances qui déterminent parmi les pitoles trois grandes divisions primordiales. Les unes, ^ leur origine, sont dépourvues de cotylédons ; on les ^^omme AcorvUDoxiBS ou AcoTYLiss. Les deuxièmes en ont Doienl ; ce sont les uonogottiIis. Les troisièmes ont deux cotylédons et portent le nom de digotyléis.
C«8 premiers rudiments de la tige {tigelle , gemmmk), ^« ^nàw ( radicule )^ ainsi que le cotylédon simple ou ^'^'.. , doivent être considérés comme les organes /o»- ^**>A<'ttiup de la plante. Tous ceux qui s*y développeront ^'iterieorenient ne seront que des modifications de ceuxci- Gcs trois organes sont réunis primitivement dans la Vine, qae 1 on peut regarder comme l'œuf végétal , et s lUendeit pour prendre l'essor qu'un concours de circoRiUaces, psrmi lesquelles figurent sans doute en première ligne l'humidité et la chaleur, mais qui résultent pntût d'une réunion simultanée et complexe d'actions pbyiii|Qet, chimiques et surtout physiologiques. Il est aident, en effet, que la chaleur et l'humidité ne ser- ||<o(ici qu'à favoriser la réaction des éléments contenus j^ Is griine ; éiémetits qui , bien que très-rapprochés ^* l« Min de la semence, ne peuvent réagir les uns |or lei aotrti sans l'entremise de divers agents que leur looniiiieQC à U foie le sol , fatmosphère et la tempéra- ^*^ Celte réaction , en donnant naissance à de nou- <«iBx predntf , sert à l'évolution de nouveaux organes
dans lesquels se développent aussitôt des propriétés physiologiques, et successivement tout cet ensemble d'organisme et de fonctions qui va constituer l'individu végétaL
Cest alors que commence pour la plante la seconde période de sa vie , la germination. Toutes ses parties se sont accrues : la radicule s'est couverte de filaments qui lui serviront à pomper les sucs de la terre ; la gemmule s'allonge en écartant les cotylédons ; ceux-ci , véritables mameUes de la plantule , épuisés par la nourriture qu'ils lui ont fournie , se flétrissent et se détachent ; déjà, an sommet de la tigelle , se montrent quelques feuilles ; ce n'est plus seulement dans le sol , mais aussi dans l'atmosphère , qçe la plante puisera désormais les éléments de son évolution : la germination est achevée, la vigétatiom commence.
On donne ce nom à une nouvelle phase de la vie végétale, pendant laquelle se développent tous les organes qui doivent servir aux deux fonctions les plut importantes de son existence : la Mvnirioir , qui sert à l'accroissement, à la conservation de l'individu, et la ■XPBODUcnoH , qui assure la propagation de l'espèce, an moyen d'êtres successifs tout semblables à celui dont ils procèdent
Pendant cette troisième période. Taxe principal se charge d'abord de feuilles de diverses formes ; sur quelques points de la tige apparaissent des excroissances (bourgeom) qui donnent lien à une tige nouvelle. Celle-ci deviendra rameau en s'implantant dans la tige principale comme cette tige s'implante dans la terre. Arrêtons-nous à ce promier temps , et examinons la structure des divers oi^ganes qui servent au développement et à la nutrition de l'individu végétal.
OBGANBS Dl MCTBITIOll.
La tige, la racine, len/euiUes constituent les organes de la nutrition dans les végétaux.
On peut concevoir dans une plante quelconque l'existence d'un axe central sur le prolongement duquel se développent inférieurement la racine et supérieurement la tige. De ce premier axe peuvent en nattro d'autres situés latéralement, comme les rameaux et les branches, d'où part à son tour l'axe des feuilles. Cette supposition fort simple sert notablement à l'étude de la structure générale
Avant d'étudier la constitution et le mode de développement des organes de la i^trition , remarqnoi|s que la tige, la racine et les feuilles sont généralement recouvertes d'une membrane que Ton nomme ipiderme. Cette membrane, que l'on peut détacher avec asses de facilité quand le végétîd est jeune , est composée de deux lames ou surfaces. L'extérieure est une pellicule mince, 'transparente, continue , tandis que la plus intérieure , Tépiderme proprement dit, est formé de cellules juxtaposées, assex apparentes. La première est parsemée de solutions de continuité, de forme ovalaira, entourées d'une sorte de bourrelet qui leur donne l'apparence d'une bouche bordée de lèvres , ce qui leur a fait donner le nom de etomatee. La partie des végétaux soustraite au contact de l'air, les mousses, les champignons, les algues n'ont pas de véritable épiderme; mais ces surfaces sont généralement pourvues de la pellicule épidermique.
Tios. — C'est la partie de la plante qui se dirige verticalement vers le ciel. Les liges varient dans leur structure selon qu'elles appartiennent à l'une ou à Tautre des trois grandes classes végétales. Dans les plantes monocotylées, la tige est presque toujours simple, c'estpà-dire qu'elle se borne le plus souvent à l'axe primaire. Dans les dtcotylées, elle est généralement ramifiée, c'est^i-dire qu'elle se complique de branches et de rameaux, et que l'axe primaire est accompagné d'axes successifs.
5Si
Si Ion coape horitontalement la tige oa Tuii des rt-
meau d*an arbre de nof climats, on remarque d*abord, an milieu de cette % tranche (fig. 6) , ^ la moelle j formée de cellules lâches , transparentes, sphérotdales , mais comprimées les unes par les autres , et qui occupe environ la moitié du diam^ tre total. La moelle ^"•«•^'^ est blanche tout i
Ut an centre, mais elle se colore légèrement en vert en se rapprochant de la circonférence. C'est de ce point que partent les raf/tms médmllaire». An delà , et toujours en procédant du dedans au dehors» on aperçoit un nouveau cercle qui porte le nom de zone fibro^witeulaire. Cette sone est formée de vaisseaux (trachées) et de fibres disposées par séries concentriques : c*est le hoii proprement dit En dehors de celui-ci , on remarque un autre cercle formé d*un tissu cellulaire verdâtre qui sépare le bois de Xicoree. C'est dans cette partie que se développent les couches nouvelles qui, chaque année, viennent accroître Tépaissenr de la tige. Enfin on arrive à Yécorce ou parenchyme cortical , formée de cellules que Ton peut diviser en deux séries : l'une intérieure , verdÂtre , l'autre extérieure, de couleur brune {mher) ^ le tout recouvert d'une pellicule rougeâtre qui n'est autre chose que Tépiderme.
Tout l'ensemble de ces couches peut se diviser en deui systèmes : le plus intérieur constitue le ligneux ( bois) , qui comprend la moelle et la sone fibro vasculaire; le système extérieur ou cortical (écorce) comprend l'enveloppe cellulaire , l'enveloppe subéreuse et l'épiderme. Entre ces deux systèmes, on remarque une petite sone intermédiaire qui , au printemps , ne semble contenir qu'un fluide gélatineux. Ce fluide est ce qu'on nomme le camhium. C'est dans son sein que s'organise et se développe le tissu cellulaire, lequel, en se transformant lui-même, donne naissance à tous les organes élémentaires que nous venons d'observer. Ce mouvement, qui sopère et se renouvelle chaque année, produit ces nombreuses couches concentriques qui sillonnent la tranche horixontaie d'un tronc ou d'une branche un peu âgée.
Si l'on veut pénétrer plus avant dans les détails d'organisation de chacun de ces systèmes , voici ce que l'on peut observer.
Système ligneux. — La moelle se compose de cellules sphéroidales ou prismatiques dont la couleur verdâtre est plus prononcée en allant du centre k la circonférence et dont la dimension va en se resserrant dans le même sens. Les cellules centrales se dessèchent asses rapidement, deviennent blanches, se ponctuent et se déchirent, tandis que les plus extérieures sont remplies de sucs qui se répandent dans les parties corticales et jusque dans l'écorce , k l'aide des rayons médullaires. On appelle canal médullaire la place qu'occupe la moelle dans la tige , et éiui médullaire la parUe la plus intérieure des faisceaux fibreux. Dans les plantes herbacées, c'est \k que s'arrête pour, l'ordinaire leur développement ; mais dans les végétaux , qui vivent longtemps, le bois acquiert chaque année une nouvelle couche de vaisseaux fibro-vasculaires, ce qui détermine la grosseur toujours croissante de la tige. Chaque branche s*accrott de la même manière que la tige principale, en sorte que l'âge de l'une et de l'autre peut être déter-
miné par le nombre de couches que présente leur coupe horisontale. Sons les tropiques, où la végétation est continue, on ne distingue point ces coochet , en sorte que Ton ne peut reconnaître à leur nombre Fâge d'an arbre ou d'un rameau^
A mesure que ces couches vieillissent , la proportioi des parties molles ou liquides y diminue relativem^ot t celle des parties solides , qui s'épaississent et se darcissont de plus en plus. Cette progression marche tonjonn du centre k la circonférence ; en sorte que la paKie U plus interne est desséchée, durcie, colorée et presque privée de vie , lorsque les couches extérieures sont encore tendres , pâles , imprégnées de sucs , et conservent les apparences du jeune bois. Celles-ci portent le nom d*aubier (aUntmum), tandis que l'autre partie se nomme le cœur du bois (duramen).
Système cortical — L'écorce , avons-nous dit , comprend l'enveloppe cellulaire, l'enveloppe subéreuse H l'épiderme. La première est analogue k la moelle et h seconde an bois dans le système ligneux ; mais la sitoation de ces deux parties est inverse, car, dans le tecood système, le parenchyme cellulaire se trouve à Textérienr et cette moelle de l'écorce est plus abondante que ït» faisceaux vasculaires : aussi, contrairement k ce que l'oo remarque dans le bois, les couches de l'écorce qui s'ajoutent chaque année procèdent-elles de dedans en dehors, en sorte que les plus extérieures, ne pouvant se prêter à l'élargissement qui *est la conséquence de et développement , se fendillent, se déchirent et parfois se détachent, ainsi que l'épiderme qui les recouvre.
L'enveloppe cellulaire est ordinairement Yerte, fù raison de la chlorophylle (matière verte) qui remplit chaque cellule. Elle tient le milieu entre le snber et les fibres corticales qui ne sont séparées du bois que par une lame mince d'utricules appartenant au cambiam. Ces dernières fibres sont d'un blanc brillant, longoet. grêles, tenaces et offrent souvent des matériaux textiles, comme dans le chanvre et le lin. Les couches qu'elles forment peuvent se séparer comme les feuillets d'an livre, ce qui leur a fait donner le nom de libtr.
La tige dont nous venons de faire Fanatomie appartient à cette grande classe de végétaux dont le principal caractère est de nattre avec un double cotylédon. Cbex \e%monocotylées^ il en est autrement et l'on peut en voir un exemple dans la tige d'un lis on d'une tulipe. Dans les premiers temps de son développement , rien ne distingue cette tige de celle des dicotylées ; mais à mesore qu'elle se développpe , on remarque de notables différences dans sa coupe horisontale (fig. 7). Les faisceanx
fibro-vascnlaires n'y sont point groupes âr— culairement en lonne d'anneaux concentriques, divisés
par des rayons. Ces faisceaux y
(Fig. T.)
sont dispersés sans ordre apparent. Le centre , qni est presque tout cellulaire , repiî^nte une sorte de moelle non circonscrite par un étui. Cette partie centrale se détruit rapidement, la place qu'elle occupait reste vide et la tige devient /sfv^mss. Un au treT caractère qui la distingue de la tige des dicotylées, c'est que sa solidité décroît de la circonférence vers le centre.
On avait cru remarquer que la tige des dicotylées croissait de dehors en dedans , et que ceUe des monocotylées se développait an contraire de dedans en dehors. De là
BOTANIQUE
dénomination à*exogène$ que Ion avait appliquée aux nemièret et celle d*endoghte§ aux lecondei ; mail des )tervaLions plus approfondies ayant montré que la difrence n'était pas aussi réelle et tranebée , ce caractère est pas resté dans la science. Ce qu'il y a de vrai c'est ne la lige monocotylée n'offre pas la même disposition aot toute sa longueur. Chaque faisceau de fibres , obitxé de haut en bas, au lieu de suivre une direction uni- )rme, s'infléchit tantôt vers le centre, tantôt vers la cir- DDférence , en croisant les autres faisceaux , mais ton- )urs en divergeant en bas et en convergeant dans la partie apérieure ; en sorte que les fibres , plus resserrées en sot , se rapprochent du système ligneux , et dans le bas essemblent davantage au système cortical
La tige des aeotyléei ressemble par le port à celle des DODocotylées , mais sa structure intérieure est différente. )d remarque au centre un cylindre cellulaire analogue i la moelle ; tandis qu'à sa surface se trouve une couche lûirâtre , épaisse , formée par les bases persistantes des feoilles , qui y ont laissé des cicatrices très-apparentes. ) a-dessous de cette enveloppe, on voit une lone de parenchyme séparé de la moelle par un cercle de faisceaux fîbro-vasculaires. Ces liges ne croissent que par leur extrémité supérieure et par l'allongement de faisceaux déjà formés. Ce mode de développement leur avait fait donner le nom à'aerogènti : dénomination qui devient inutile dès que l'on abandonne celles d'exogènes et d'endogènes, laxqnelles elle devait faire opposition.
Hicuîx. — La racine se développe toujours dans un sens opposé à celui de la tige, quelle que soit la direction de celle-cL Elle a pour emploi : 1° de fixer la plante dans le milieu qui lui est destiné ; 2° de puiser dans ce milieu les matériaux nécessaires à la nourriture du végétal. Un caractère général de la racine est de ne point porter de feuilles et de ne jamais prendre la couleur verte. Dans quelques plantes acotylées la racine n'existe pas.
La racine est séparée de la tige par une sorte de plan liorizontal que l'on nomme le collet , et qui forme leur base commune ; le sommet de la racine comme celui de la tige est par conséquent la partie qui s'éloigne le plus dn collet La plupart des racines s'enfoncent dans la terre ; il en est qui s'implantent dans les branches ou les racines d'autres plantes, sur les murailles, sur les pierres; celles des plantes aquatiques nagent dans l'eau.
La racine présente deux modes généraux de développement Tantôt , à mesure que l'axe s'accrott , s'épaissit , il en part des racines secondaires , semblables à des ramifications (fig. 8) ; d'autres fois , son développement
"^ic^^j^U
(Fig. 8.) (Fig»)
Kmble s'arrêter brasquement à un certain point , tandis que de nouvelles racines partent en touffes du collet et
descendent bien au-dessous de la racine principale (fig. 9). On donne aux racines qui suivent le premier mode le nom de racines entièreM, timpks, pivolantet; c'est le plus fréquent parmi les dicotylées ; et le nom de racines eompoUei, à celles qui se développent selon le second mode. Les monocotylées en offrent l'exemple le plus ordinaire. Les branches de quelques végétaux , comme le saule, le peuplier, plongées dans l'eau ou dans la terre humide, émettent des racines que l'on nomme adventivei. Ces branches prennent alors le nom de bouturet. On remarque que les racines adventives partent principalement des nœuds , des tumeurs ou des lenticelles de la branche. Certaines racines partent directement de la tige et se prolongent jusqu'à la terre , où elles s'implantent ; on les nomme racines aériennes.
Les ramifications des racines , en se multipliant , de- } \ viennent de plus en plus fines et
finissent par des fibrilles que l'on nomme ekevebt. C'est par ces fibrilles, qui se flétrissent et se renouvellent souvent, que s'opère le passage des sucs que la racine puise dans le sol pour les transmettre à toute la plante.
On ne remarque point de stomates sur l'épiderme des racines.
Les vaisseaux, les fibres et le tissu cellulaire paraissent être de la même nature que dans les tiges. Toutefois , les cellules sont remplies de «ucs et de fécule, et cette portion
du tissu s'y développe parfois au point de devenir un dépôt considérable de matière féculente; elle présente alors des renflements ou une forme globuleuse qui portent le nom de tuberemUt (fig. 10).
C'est surtout dans les dicotylées, et parmi les arbres , que l'on remarque les racines pivotantes , dont les ramifications répondent asses régulièrement à celles de la tige, bien que le développement des unes et des autres soit parfois trèsdifférent Ce qui distingue la structure des tiges de celle des racines, c'est que ces dernières ne contiennent pas de moelle ; c'est le bois qui forme l'axe de la racine.
Dans quelques arbres toutefois, comme le noyer, le marronnier, la moelle se prolonge jusque dans les ramifications radicales.
Les racines s'accroissent en épais- J2e(f«ur comme les ti-
(Fig. 11.)
F ges , en formant chaque année une couche d'écorce et
UD9 couche de bois ; nuif diet ne croissent en longnenr qne par lenr extrémité. Les racines portent quelquefois des bourgeons jadventifi , comme les tiges des racines adventives.
Dans les monocotylées, la racine est le plus souvent cômpoêie ou fasciculée ; les touffes des racines accessoires meurent à divers intervalles , et les nouvelles forment des cercles de plus en plus extérieurs relativement à I& racine principale. Leur structure est à peu près la même que celle des tiges.
Dans les aootylées, la germination ne développe pas de radicules. De simples prolongements tubuleux des cellules en remplissent Temploi et en accomplissent les fonctions. La jeune tige, une fois développée, émet des racines adventives qui partent de ses nœuds et dont la structure est ordinairement analogue i celle de U tige d*où elles proviennent C*est cette accumulation de racines sur la base de la tige qui donne une forme conique aux troncs de quelques arbres acotylés (fig. 11).
FiuiiXBS. -— L'axe primaire de la plante donne lieu , nous Tavons dit , à des productions latérales : ce sont les feuilles et les bourgeons.
La fntiUe se présente ordinairement sous la forme d*une expansion lamellaire, plate, verte, à deux surfaces, dont Tone regarde la terre et l'antre le ciel. L'extrémité par laquelle les feuilles tiennent à la tige est leur base , l'extrémité opposée est la pointe ou le commet; la partie centrale, la plus large , se nomme le /tm^. La base des feuiUei se rétrécit souvent en une sorte de queue plus on moins longue que Ton nomme \t pétiole. Celui-ci s'élargit parfois à sa partie inférieure pour embrasser une portion de la tige : cette partie prend alors le nom de gaSne, D'autres fois elle porte de petits appendices foliiformes que Ton nomme des itipuUi (fig. 13). Quand la feuille est pourvue de pétiole, on la âti pétiolée; si elle n'en a pas, elle est BeuiUj lorsqu'elle est munie de stipules], on la nomme ttipuUe; enfin, si le pétiole porte une gatne , on dit que la feuille est ewAroMtante. Lorsque le pétiole se dilate vers son point de départ pour se rétrécir avant d'atteindre le limbe de la feuille , cette expansion porte le nom de pkyUode,
Structure. -^ La feuille peut être considérée comme un épanouissement de la tige, dont les vaisseaux et les fibres se sont détachés et éloignés de Taxe principal. Le pétiole offre une 1/ structure tout à fait analogue i celle de la tige.
Les faisceaux fibro-vasculaires épanouis forment la charpente du limbe de la feuille; leurs inter- . valles sont remplis par du ' tissu cellulaire, et un épiderme continu avec celui de la tige enveloppe toutes les surfaces.
On distingue, dans le limbe, les deux faces ou lawus, et les bords. Nous avons vu que, dans la tige des plantes appartenant aux deux premières classes, les faisceaux fiibreux se composent de deux ordres de vaisseaux : en dedans, des trachées déronlables; plus en dehors, des vaisseaux annulaires, rayés ou ponctués, ainsi que des fibres ligneuses. On conçoit que ce faisceau , devenant borisontal dans la feuille , la partie précédemment intérieure doit se trouver tournée en haut et la plus extérieure regarder en bas. C'est effectivement ce que Ton remarque dans l'organisation des deux lames de la feuille. L'épiderme offre des différences analogues ; celui de la lame supérieure est ordinairement lisse et continu , l'inférieur
(Fig. la.)
est rugueux , ^ami de stomates, de poils oa d*écai]lci Le contraire s observe dans les plantes qui flottent nir l'eau. Le tissu cellulaire est coloré par de h cUorophyllc. mais il diflère dans les deux lames. Dans la inpérieoR. les utncnles sont oblongnes , étroites, serrées ensemble: dans l'inCérievre , eliea sont simples ou rameuses , mais très-lâches, et forment une sorte de paranchyme qMngicn dont les lacunes répondent aux stomates de l'épidenae. Dans les feuilles sobmei^, l'épiderme manque; la feuille est entièrement composée do paranchyme dont les cdlnla sont en contact immédiat avec le liquide qui les baigne. Farm. — Les parties les plag apparentes des faisceaoi qui forment la charpente de U feuille se nomment mertmres. Le plus souvent la tÈtrvm principale ou méduiwf qui part de la base pour atteindre le sommet , saillante sur une face et creoie sur l'antre , se ramifie à droite et à gauche (fig. 13). Quelquefois le faisceau se dirise ce parties presque égales qu s'écartent comme les doigts de la main (nerv^tiou pial' mie) ; d'antres fois, les nervures secondaires, après s'être écartées de la médiane, se rapprochent ponr se réunir an sommet , à la manière des barbes d'une |4ume (N. psnnie ou pertninerve) , on bien les nervures latérales divergent sur un même plan . s partir de la base, comme lei rayons d'une roue ( N. peàrt on peUinerve).
Relativement aux bord»
la feuille est entière quand ces bords sont coolinns, et découpée quand ils ne le sont pas. Ces décoopores ont recn différenU noms. Ce sont des dents si les saillies so^t courtes , aiguës : des erènelures si elles sont obtuses. Si les divisions sont larges et profondes, dies donnent lieo è des lûbeSf i des/fy^ret, à des segments. On peut anssi compter ces divisions, et Ton dit que la feuille est tri/ide, fmimfme/Ut, wtuUifide y etc. , selon qo'êlle est par> tagée en trois, cinq ou un pl«s grand nombre de lobes.
Souvent les divisions pénètrent jusqu'à la nervure médiane , et le faisceau secondaira s'en détache de U même manière que le pétiole s'est détaché de la tige. Chaque segment forme alors comme une feuille in- ^dépendante, bien qu'elle fasse pertie de la feuille principale , qui prend alors le nom de feuille eompmoèt (fig.
14). La nervure médiane se nomose rackis et les segments prennent le nom de folioles. Ces folioles sont souvent situées régulièrement aux deux cdtés opposés du pétiole commun, et la feuille prend akrs le nom de pennée. Dans ce cas, selon que le rachis se termine par une on par deux folioles, on dit qne la feuille est pennée , avec ou sans iwspaire.
La forme des feuilles étant extrêmement variée, chacune de œs formes reçoit on nom qu'il faut connaître pour l'intelligence des livres de b«>-
(Kig. 13.)
(Fig. u.)
BOTANIQUE
I ipii est expliquée dans tons les oaTn^
Unique, n descriptifs.
Les feuHles, sinsi que la ti^ et la racine, diffèrent par des caractères jénéraax dans les trois grandes dasses da régne végétal. En parlant des nervures , nous avons dit que tantôt elles se prolongeaient , i pen près parallèlement à U médiane , sans se ramifier on sans réunir leurs vaisseaux ; que d*autrei fois elles divergeaient en se ramifiant et en formant comme un réseau vasculaire dont les mailtes étaient remplies par du parenchyme. La première dispoiitioD est à peu près générale dans la classe des monocotylées ; la seconde se trouve plus ordinairement dans les dicotylénk Les feuillet des monoeotflées sont le plus souvent entières, mbanées, rarement péiiolées, presque toujours engainantes, et leur gatne, qui persiste, accroit la forée ainsi que l'épaisseur de la tige. Celles des dicotylées sont fréquemment composées , articulées, lobées , crénelées ou dentées à leur bord ; les nervures divergent angnlairement , se divisent et se croisent dans leurs dernières ramifications. Cependant, on trouve parmi elles des exemples de nervures parallèles ou confergentes sans ramifications (renoncule langue) ; comme parmi les monocotylées on rencontre des feuilles ou les nervures sont ramifiées ou disposées en réseau (les aroldes, lesdioscorées). Dans les acotylées, en général, les feuilles sont trèa-simples. C'est quelquefois une lame cellalaire «ontenue par un faisceau fibreux. Dans les lichens , les algues , les champignons , la feuille manque en même temps que la tige ; tandis que dans les fougères, les feuilles sont très-développées et se présentent souvent pourvues de pétioles , entières on découpées. .
Ce qu'il importe surtout d'étudier relativementaux feuilles, c*est leur disposition, leur arrangement sur la tige. Elles lonl portées tantôt par la tige principale {eauUnaire$) ^ tantôt par les rameaux (ramé<i/e«), ou bien elles partent du collet de la racine (rmdkaUs). Lorsqu'elles partent delà tige on appelle naud le point d'où elles naissent, et tntre-wBMdt OU mirithalUê les intervalles de la tige qui les séparent. Un nœud porte quelquefois une seule feuille, d'autres fois il en porte deux ou plusieurs. Dans le premier cas , les ncènds sont disposés alternativement sur la tige , d*un cAté et de Tantre , et les feuilles se nomment akènes. Cependant cette dénomination n'est pas exacte et les nœuds n'alternent pas d'une manière régulière. lis sont plutôt répartis suivant une ligne enroulée en spirale tutour de la lige ou de ifr branche, disposition toute spéetale au système foliaire et qui peut servir à reconnaître les organes pen caractérisés qui lui appartiennent. Lorsque de chaque nisud partent deux feuilles situées l'une Tis-à-vis de l'autre, on dit que ces feuilles sont opposées; s il y en a un plus grand nombre , elles sont vertidUées, et l'espèce de collerette qu'elles forment ainsi autour de Il feuille se nomme un verticiUe. Lorsque deux verticilles sont situés au-dessus l'un de l'autre, les feuilles du verlicille supérieur ne sont pas placées directement audessus de celîrs du vertidlle inférieur , mais dans l'intervalle de deux de ses feuilles, c'est-à-dire qu'elles titement entre elles. Quelquefois les entre-nœuds sont si courts que toutes les feuillef semblent i peu près an même niveau et qu'elles sont disposées comme dans une rosette (es. : Joubarbe) : la même disposition se remarque dans la pomme de pin.
En générai,, les feuilles des monocotylées sont alternes, jtmajs opposées ou verticillées. Le plus souvent elles présentent l'arrangement tristique ou ternaire.
La feuille ne se présente pas toujours avec ses caractères apparents , surtout avec le limbe. Quelquefois elle M borne au système vaginal ou péliolaire et prend la forme d'écaillés (ex. : Asperges). C'est alors que la disposition de ces organes sur la tige sert à (aire reconnaître leur nature ainsi que lei|r fonction.
BoDRGtoxs. •— Immédiatement au-dessus du point d'où s'échappe la feuille , paratt le bowgeon. Ce point où la feuiUe et la tige forment un angle plus ou moins aigu et que l'on peut regarder comme le nœua vital, se nonune YaissêlU (mxiUa), On dit que certains boui;geons sont axiUmrts » par opposition à celui qui forme l'extrémité de la branche et que Ton nomme termimU,
Le bourgeon , qui représente l'embryon de la branche, est oue sorte de noyau cellulaire où s'organisent successivement des vaisseaux, et à l'extérieur duquel se développent des appendices, premiers rudiments des feuilles, tandis que d«is la partie intérieure Gonunence à se préparer une lige.
Dans les climats chauds , la nutrition n'éprouvant aucun repos, les bourgeons s'accroissent d'une manière à peu piis continue , et se présentent sans enveloppes accessoires. Dans nos climats, l'hiver détermine un temps d'arrêt, et le bourgeon ne se développe qu'au printemps suivant Dans les plantes et surtout dans les arbres, qui résistent à un froid rigoureux , le bourgeon est prot^é tantôt par des feuilles plus dures, des écailles, ordinairement disposées à la manière des tuiles sur un toit (mtbriquiss) , et quelquefois recouvertes d'un enduit résineqx, imperméable à l'eau; tantôt par un duvet ou quelque matière pen perméable à la chaleur.
Les formes ei l'arrangement, queipçennent, sous cette enveloppe, les feuilles naissantes, sont très-variées. Elles se courbent, le plient, «e Qonlent de mille manières : c'est ce qu'on nomme \%, prtfoUation on vemation. Chacun de ces modes de disposition a reçu un nom particulier. Les boutures proriennent des bourgeons kuents ou adventifs, et c'est i eux que le# racines doivent parfois la faculté de donner naissance 4 des feuilles et à des rameaux. Dans les plantes monocotylées , où la tige est presque toujours simple et non rameuse, on ne trouve ordinairement que le bourgeon terminal.
C'est aux variétés que présentent dans leur développement les tiges et les bourgeons qu'il faut rapporter quelques formes particulières que l'on serait tenté d'attribuer aux racines. Ainsi les rhiumus que l'on remarque dans le sceau de Salomon et dans le jonc des marais ne sont autre chose que des branches souterraines , pourvues de racines adventives , qui rampent horixontalemenl sous le sol , en émettant des bourgeons qui s'élèvent verticalement Le bulbe (oignon) (Gg. 15) est une tige qui , avant de paraître au jour, émet latéralement un bourgeon charnu, couvert de feuilles nombreuses, comme on le voit dans le lis et la jacinthe. De l'aisselle de ' /^ ces feuilles partent souvent des bour- . ~ geons secondaires qui n'adhèrent que I i^ faiblement au bulbe principal Ce ))\ sont des caieux, que l'on peut détacher et qui, transplantés, donnent naissance i de nouveaux individus^ Enfin , certaines tiges, comme celles du fraisier^ de la pervenche, ne peuvent s'élever verticalement, à cause de leur faiblesse, et semblent courir sur la terre, en y projettant quelques racines adventives; ce sont des tiges rampantes. Souvent les jets latéraux qu'elles produisent et que l'on nonune couhuUs^ se flétrissent, se détachent, et leurs racinei donnent lieu à dea individus séparés. C'est à l'exemple -de cette opération naturelle que se pratiquent les marcottes si répandues en horticulture.
Ce qui distingue surtout la tige et empêche de la confondre avec la racine , lorsqu'elle est souterraine, ce sont ^ les bourgeons produits k l'aisselle des feuilles et disposés régulièrement , bien que ces feuilles soient modifiées dans tous leurs caractères apparents. Or, la racine ne présente
jamais de ces boarjeons synélriqaeiiMiit disposés ; mais la tige, lorsqu'elle est enterrée , prend sonfont ane forme analogne à celles des racines. Elle détient chamoe, courte f et ses cellales contiennent une grande quantité de fécule. C'est ce que Ton voit dans la pomme de terre, dont la surface est parsemée de protubérances (feux) qui paraissent dans l'aisselle de petites écailles disposées régulièrement , le plus souvent en spirale. Ces yenx se convertissent en branches par la végétation : par conséquent la pomme de terre est une tige souterraine dont les tiges aériennes ne sont que des ramifications. Il n en est pas de même des tubercules du dahlia, qui ne présentent ni yeux, ni écailles, et qui nesont que des racines renflées.
La tige principale ou primaire des végétaux acquiert des proportions très-variées. Les plantes dans lesquelles elle ne s'élève pas à un mètre, et dont le ligneux est peu développé, se nomment kerhaeéêi. Parmi les végétaux ligneux, et selon les dimensions de plus en plus étendues de la tige principale et des rameaux , on distingue : les tous^arbrisseaux , qui atteignent au plus la hauteur d'un mètre ; les arhri$seaux on arhtutu , qui s'élèvent de 1 à 3 (tu 4 mètres. Enfin ceux qui dépassent plusieurs fois la taille d'un homme sont des aireë. Dans ceux-ci la partie inférieure se nomme le trône , et la plus élevée la eime ou la tête.
Les tiges , suivant leur direction ou les variétés extérieures de leur forme , prennent des noms très*divers. On les appelle eouekiei lorsqu'elles retombent sur la terre, grimptmtet si elles s'appuient sur un mur ou sur un arbre , vobtbiUi quand elles s'élèvent en spirale , comme le lierre, autour de leur soutien. Celles du chèvrefeuille et de la vigne se nomment iormatteuiet. D'autres, comme celles de la clématite et de la bryone, courent d'arbre en arbre , à la manière des UaHet , si abondantes dans les contrées tropicales.
Les ramifications sont également désignées par des termes particuliers , selon leur direction , leur consistance, leur nombre, leur longueur, leurs dispositions; elles sont ireuieê , italie$ , renveniei , pendantes , etc. , dénominations qui n'ont pas besoin d'être expliquées.
Nous devons dire un mot des organes accessoires que l'on remarque souvent sur la tige , sur les feuilles , et même sur les fleurs, tels que \e» poils, letpiqwnas, les vriiles, les éeailks, etc. , qui ne sont autre chose que des modifications, des avortements des organes principaux, mais qui n'en remplissent pas moins des fonctions importantes relativement à la nutrition du végétal.
Les vriUeSy dont la vigne et le pois ordinaire présentent un exemple bien connu , sont des rameaux , quelquefois des feuilles métamorphosées en filets herbacés, mous et flexibles, qui s'attachent aux corps voisins, afin de donner un appui à la tige principale. Les piquants ou ^iWf résultent de petites branches raccourcies, lignenses et qui se terminent en pointe. C'est souvent le dernier rameau qui présente seul cette particularité. D'autres fois les piquants sont produits par l'avortement d'une feuille, de son pétiole ou de ses stipules. Les aiguillons en diffèrent en ce qu'ils n'occupent aucune place déterminée sur la plante , et qu^ils paraissent entièrement formés de tissu cellulaire. Us se rapprochent en cela des poils qui résultent de l'allongement d'une cellule , ou de plusieurs cellules unies bout i bout. Selon que les poils sont plus ou moins nombreux i la surface d'un organe, ou qu'ils y affectent telle ou telle dispostion , cette surface se nomme glabre (lisse) , pubescente, wlue^ soyeuse, Kitpid* (hérissée) , veloutée , cotonneuse , etc. Lorsqu'ils sont longs , roides , espacés et situés sur les Bords, ils prennent le nom de cils,
La glande est un appareil entièrôment cellulaire, renfermant un liquide dont la nature varie dans chaque espèce végétale. Les glandes ont beaucoup de rapports avec les poils glanâuleuT , qui ne sont qnp le pro1on<[emrnt d'une
eellttle glandulaire. On distingue anssi les glandes véneulaires qui sécrètent les huiles volatiles , coomie m ea voit sur les feuilles du myrte, du miHepettuis, dau li peau des eitrons et sur les pétales des fleurs d'unnger.
PONCTIOXS Dl VUTRrriOK.
Les oi^gaues que nous vêlions de décrire sont les sgeiU à l'aide desquels s'exercent les phénomènaa qui se rapportent au développement et à la oooservatiOB de I'iddividu végétal. Ces phénomènes se noouMnt des /«mlions, qu'U est néoessaire de distinguer les ânes des astres, afin de suivre plus facilement la marebe de la natar< dans les moyens qu'elle emploie pour assarer l'exisleBn des étrss organisés.
La germination terminée , la jeune plante ae trouve a rapport , par la tige , avec l'air et ia lumière ; par la racine , avec la terre et les sucs qu'elle renfeme. Cest t U propriété qu'ont les racines d'absorber ces sucs poor itt transmettre i tout l'individu végétal que ae rapporte sir première fonction importante : VsAsorptiom Les liquidri une fois absorbés se répandent dans tontes les psrties de la plante à l'aide d'une fonction nouvells : Uetra- Union, liais déjà une troisième vient s'mjoaler à cctieci et la modifier : c'est la respiration , qui a'exerce lu dépens de l'air atmosphérique. Leur résoUat combiae donne lieu à la production de la sève, destinée à nourrir, à accroître les tissus : murtlton et oMsindUaion. Eofio l< travail d'assimilation est accompagné d'une dernièrr fonction, à l'aide de laquelle la plante retient les maiêriaux qui lui conviennent et rejette ceux qai lui sontino* tiles : celle-ci se nomme excrétion,
V absorption a lieu au moyen des racines , en ferlii d'une force particulière que l'on nomme emdoamost. CrUr force est sollicitée par l'équilibre qui tend à a'établir estre les sucs épais que contiennent les cdlules et les ligoides extérieurs d'une densité moins grande. L'action dr ia racine s'exerce surtout par ses dernières ramificatioRf. par ses fibrilles, que l'on nomme le chevelu , atteodo qiir l'épiderme à peine formé y est pins perméable, et qoe in cellules, alon à l'état naissant, sont dana les conditioBs les plus favorables pour l'endosmose. L'absorptioo eA d'autant plus facile que les liquides qui enrirouneat U plante sont plus abondants relativement aux matières mlobles qu'ils doivent loi fournir.
Circulation, — Le liquide qui a pénétré dans Timlividu par la racine y rencontre des sucs très-denses antquels il se mêle ; mais il y trouve en même temps dn matières aolides qu'il dissout , et ces diverses râsctioos donnent naissance à un liquide nouveau qui prend k nom de sève,
La sève s'élève et se répand dans tout le végétal pv l'intermédiaire des vaisseaux qui partent de la racine, rt qui peuvent être comparés à des tubes capîllairei. Oo sait, en physique ^ que la paroi interne de ces tnbcs , » étroite que l'on compare leur diamètre à l'épaisseor d'os cheveu (eapiUus), exerce sur tout liquide qui la moailie une action qui le force à s'élever au-deesus de soo siveau normal. Celte action , s'ajoulant à celle de l'endoi* mose et à la succion opérée par le dévebppemeot érs bourgeons et des feuilles , détermine le mouvement at* censionnel de la sève. Parvenue au sommet des brancbei et à l'extrémité des feuilles , jusqu'au tiasu cortical ci à la pellirate épidermique, la sève ascendante n'est pi»* séparée de l'air extérieur que par des measbrancs mincft, perméables et couvertes de stomates. C'est là que l'opère une nouvelle fonction : k resphation , & l'aide dr laquelle la sève change de nature. Les feuilles et l'écorre se chargent de sucs nouveaux , leun cellules se remplissent de chlorophylle et de liquides épais , souvent coi»rés , doués de propriétés asses énergiques. La sève siosi modifiée change alors de direction : d*aseendanie qu'elle
BOTANIQUE
laît , elle denent deteeniante^ en rai vint dans m nouvelle larche Im Yoie dn iittime cortical el dépotant sur sa rate tantdt les nouveaux prodoits {ctmûrimm) qui doipnt servir à raccroissement des titans, tantât rejetant a dehors les matérianx qui deviennent inutiles i la nuilion da végétal.
Outre ce mouvement circnlafoire qui a lieu dans toutes Ml plantes pourvues en même temps de vaisseaux et de issu cellolaire, il en existe un antre remarquable surtout ans les végétaux uniquement formés de cellules. On relarque en effet dans celles-ci des granules qui nagent lana leur intérieur au milieu d'un liquide transparent , n SQÎvAnt eircnlairement les parois internes des ôeUnles. )n rappelle mouvement de rotaiion.
La réMpiraii&m a pour objet de mettre la sève en corn- Dunication avec Tatr extérieur^ et de modifier ce fluide le manière à le rendre propre a la nutrition du végétal, ^'ons avons vu que cette fonction s'accomplissait par l'in- «rroédiaire des feuilles et de Tëcorce.
L'air, eomme on sait , est composé de 4 cinquièmes Je gas asote et de 1 cinquième de gax oxygène, plus, de 1 millième environ de gu acide carbonique, composé luinéme de 8 parties d*oxygène et de 3 parties de carbone. L'air dans lequel une plante a respiré a perdu dn carbone et gagné une certaine quantité d*oxygène. Ces deux quantités sont à {leu près dans les proportions nécessaires pour constituer de l'acide carbonique ; par conséquent la plante décompose ce dernier gas , retient son carbone et laisse échapper Toxygène qui y était uni.
Cette action n*a lieu qu'an contact de la lumière solaire et par Tintermédiaire des surfaces vertes de la plante. Pendant la nuit elle devient inverse , c'est-à-dire que la plante absorbe de l'oxygène et dégage de l'acide carbonique par toutes ses parties, en sorte que les phénomènes respiratoires alternent durant le jour ou la nuit. Ajoutons que la respiration des végétaux représente en teni inverse celle des animaux et en compense les résuf- UU relativement à Tatmosphère. La perte de carbone qu'ls subissent pendant la nuit est loin d'équivaloir à l'absorption qu'ils opèrent pendant le jour ; d'ailleurs ils en poitent la plus grande partie en eux-mêmes, et les vents rétablissent l'équilibre dans le mélange atmosphérique. Les plantes qui vivent dans l'eau , étant dépourvues <i'épiderme , absorbent l'air qui y est contenu et le décomposent Le carbone pénètre dans leurs cellules, l'oxy- <{èoe le dégage , et leur tissu extérieur prend une couleur verte. Ce qui prouve que la lumière joue un rAle dsQs cette action , c'est que les plantes enfoncées k une ccrliine profondeur pâlissent et s'étiolent
C'est par la nutrition que les végétaux s'assimilent ^ c'eilà-dire convertissent en leur propre substance les principes nécessaires à leur accroissement on à leur con- Mrvation. Venus du dehors, soit par l'absorption radictle , loit par l'intermédiaire des surfaces extérieures , «es principes subissent dans l'inlérieur dn végétal l'élaborilion nécessaire, après laquelle chaque organe se les •pproprie selon sa nature et sa destination.
Les modifications que subissent les principes de la nutrition dans l'intérieur du végétal sont k la fois le résulta d'une action chimique et d'nne action physiologique. Qnint à Yauiwûlation , nul doute qu'elle ne soit le pro- <lail exclusif de la force vitale , dont nous ne pouvons qoe suivre et constater les résultats , sans en saisir ni le P"n«ipe ni les lois.
L'&ni||ie chimique ne découvre généralement dans la «ompoiition intime des substances végétales que quatre corps élémentaires : le carbone , l'oxygène , l'hydrogène ^t 1 uote. Tels sont aussi les principaux élémenls qu'ils nneontrent et qu'ils puisent dans le sol et dans l'air at- ^^pkcrique pour servir à leur accroissement et à leur <^oiervition. Quant aux principes de nature minérale
qui , dissous par l'eau , pénètrent dans leora tissus , ou peut les y considérer comme aecidenlels et ils n'y jouent qu'un rAle tout i fait secondaire.
Ces quatre substances élémentaires qui entrent pour la plus grande masse dans leur constitution, associées dans des proportions et un ordre moléculaire très-variables, y revêtent nue multitude de formes diverses dont quelques-unes se présentent plus fréquemment; par exemple , parmi les principes végétaux qui résultent de l'association de ces trois éléments : carbone , oxygène et hydrogène , on remarque surtout : la ctIhUosê , qui forme la cfatfpente, la partie la plus solide dea végétaux, et constitue les parois des cellules, des fibres, des vaisseaux ; h/écuU ou amidon , que l'on trouve , dans l'intérieur des cellules , à l'état de granules solides, insoluble dans l'eau froide ; la éextrine , qui en diffère en ce qu'elle peut se dissoudre dans l'eau froide et qu'elle ne se colore pas en bleu par l'iode ; trois substances d'une composition chimique semblable, qui, par conséquent, peuvent se convertir l'une en l'antre par un simple changement dans l'ordre de leurs molécules, et par suite servir à des emplois divers. On y trouve encoro en abondance le sners, d'autant pins élaboré, quoique plus simple dans sa composition , qu'on le cherche plus haut dans l'individu v^étal.
Parmi les composés quaternaires, c*est-*-dîre parmi les principes dans lesquels, outre les trots promiers éléments, figure encore l'aaote, on remarque U/krine, qui est insoluble ; Y albumine , qui peut se coaguler par la'chaleur comme le blanc d'csuf (a/6inneii), et la caséine, soluble dans l'eau froide , auxquelles on peut joindre la gkutne des céréales. Ces quatn corps sont d'nne eomposition fort analogue, sinon tout à lait identique (isomère) dans la proportion de leurs éléments , bien qu'ib jouissent de propriétés très -différentes; par conséquent ils peuvent aussi se convertir facilement les uns dans les antres sous diverses influences. C'est ainsi qu'an moment oà la graine ou bien le tubercule commence à se développer , une partie de l'amidon se change en une nouvelle substance, la diastase, qui désagrège la fécule, la convertit en dextrine et par suite en sucre : propriété singulière dont les arts ont lait leur profit C'est de la même manière que la cellulose se change en ligneux, plus riche en carbone , par conséquent meilleur combustible, et que les matières formées sons l'influence de la lumière solaire, la chlorophylle, les résines, les huiles voUtiles , deriennent plus riches en hydrogène. D'autres fois , dans certains produits , la proportion d'oxygène diminue relativement, ce qui donne naissance k des aka^ loides, on bien elle augmente et produit des acides «ëgitamx. Remarquons que ces derniers 'se forment de préférence dans les parties soustraites à la lumière ou non colorées en vert , tandis que les alcaloïdes résident le plus souvent dans l'écorce , où la déperdition de l'oxygène est plus abondante.
La plante puise sans doute dans l'air une gnnde partie de ïasote dont elle a besoin pour son développement ; mais elle en trouve aussi beaucoup dans la terre, soit parmi les sels qui y sont répandus , soit dans les débris végétaux et animaux qu'elle renferme : c'est ce qui explique l'importance des engrais en agriculture.
Quelques substances minérales, fournies à la plante par le sol et introduites à l'état de diuoluUon , peuvent s'y solidifier ou bien se prêter, dans son sein même, i de nombreuses combinaisons. Elles se retrouvent en grande partie dans les cendres ; car, tandis que tontes les autres parties du végétal sont combustibles, celles-là sont plus ou moins fixes , c'est4-dire inalténhies par la chaleur. Tels sont la potasse, la sonde, la chaux, la magnésie, la silice , plus rarement l'alumine , le fer et le manginèse. D'autres s'y retrouvent i l'aide de l'analyse chimi*
que , comme le sonfre , le phosphore. Certainet plantes qui ne croissent qae dans on terrani spécial , sar le bord de la mer, par exemple, renferment beaucoup de sonde, provenant de la décomposition du sel marin (chlorure de sodium). Les semences des graminées contiennent du phosphate de magnésie et d'ammoniaque , et leur tige renferme beaucoup de silice.
Excrétion. — D'autres matières , après avoir servi à la nutrition du végétal on à la formation de divers principes , sont enfin rejetées, excrétées. Cette élimination s'opère k l'aide d'une fonction analogue à ceUe qui a lieu ches les animaux , bien qu'elle ne s'exécute point , comme ches ces derniers , par des voies spéciales. Ces matières s'échappent ordinairement par les glandes, les stomates et à travers les parois de l'épiderme. Tantôt ce sont des matières résineuses , cireuses , qui recouvrent les feuilles et certains fruits, comme pour les protéger , les préserver de l'action de l'humidité ou modérer l'évaporation ; tantôt ce sont des sucs propres en excès qui se font jour k travers l'écorce, comme les résines et les gommes. Enfin il en est d'autres qui sont éliminées par les racines. La sève, après avoir parcouru les vaisseaux et répandu de tontes parts les éléments nutritifs, doit, en redescendant vers la racine , y rapporter les matériaux devenus inutiles à la nutrition.
Un mot sur la manière dont s'accroissent les tissus. Le système cellulaire s'accroit de plusieurs manières. Dans les végétaux de l'organisation la plus simple , lorsque les cellules tubuleuses se sont allongées , leur paroi se plisse , se réfléchit à l'intérieur ; il en résulte une sorte de cloison qui d'une cellule en forme deux , et ainsi de suite. La masse granuleuse que contient chaque cellule se recouvre d'une enveloppe particulière ; il en résulte autant d'utricules qui , après avoir bris^ l'enveloppe générale, deviennent indépendantes.
Quant au tissu fibro-vascolaire , deux systèmes opposés s'efforcent de rendre compte de son développement On avait admis dans le principe que ce tissu se développait , dans le bois, par l'action de la sève ascendante , et dans l'écorce, au moyen de la sève desceiuiante ou cambium. Mais Lahire , Dupetit-Thouars , et tout récemment H. Gaudichaud , ont avancé qu'il était uniquement formé par les racines des bourgeons , et que , par conséquent , il se développait de haut en bas. De nombreuses observations semblent appuyer l'un et l'autre système, qui ne différent peut-être pas l'un de l'autre d'une manière aussi tranchée qu'on l'a cru d'abord. Rien , du reste, ne s'opposerait à croire que ces deux modes de développement ont lieu simultanément dans un très -grand nombre de végétaux.
ORCAVBS ET F0XCT10X8 DB REPRODUCTION.
En histoire naturelle , pour la description des organes, il faut souvent, à l'inverse de la méthode ordinaire, procéder du composé au simple , c'est-à-dire qu'il faut étudier certaines parties dans leur état le plus complet , afin de les mieux reconnaître , et descendre successivement des sujets qui les présentent très-développées à ceux , dans lesquels ces organes sont moins prononcés ou manquent totalement C'est ainsi que pour mieux se rendre compte des organes relatifs à la reproduction , il faut s'adresser aux plantes dans lesquelles ces appareils sont les plus complets et les plus apparents.
Prenons , par exemple , une fleur de bouton d'or, si commune dans nos prairies. Cette partie colorée en jaunevif, la première qui frappe les yeux, est ce que l'on nomme la corolle. On remarque aussitôt que cette corolle est divisée en plusieurs pièces qui se nomment desp^ialet. Plus en dehors , on voit une enveloppe verte ou jaunâtre, de consistance écailleuse, également divisée en cinq parties repverpées sur elles-mêmes : c'est le ealiee,
dont les divisions portent le nom de tépaUt, En dedani de la corolle, on aperçoit un grand nombre de fileu dressés et terminés par de petites houppes chargées d'osé poussière jaune : ces filets se nomment des Hrwtmtt^ U petite houppe qui surmonte chacun d'eux se namme nue amtkère, et la poussière jaune s appelle poiUm. Enfin, tout k fait an centre, on aperçoit une masse globuleose sarmontée de nouveaux filets terminés par une pointe soBTeal recourbée : ce sont les pisiUs. Ce dernier organe observé dans le lis, où il est simple et beaucoup plus apparent, présente trois parties bien distinctes : le tommei , souvent dilaté , se nomme le stigmate , la tige qui le supporte se nomme le style, et la partie inférieure, renflée, ovoïde , se nomme Y ovaire. C'est cette dernière qui renferme les carpelles ou rudiments de la graine, considérée comme l'œuf végétal.
Tout cet ensemble , qui constitue la/ncr, est ordioxirement porté sur un faisceau de fibres plus ou moiai long et gréle qui se nomme pédoncule. Quand le pédoscule n'existe pas , on dit que la fleur est sessiU,
Les fleurs ont avec les feuilles un si grand nombre de rapports que l'on peut les regarder comme des modifications les unes des autres , et que les généralités déduites de la disposition des feuilles sur la tige ou sur les rameaux s'appliquent pour la plupart aux fleurs. Le système général de ces dispositions se npoune imfioreaeeact. Lorsque les fleurs sont portées iomiédiatament lar l'axe primaire de la plante, l'inflorescence se nomme définie on terminée; l'inflorescence indéfinie ou indéterminée s'entend des fleurs qui ne sont portées que sur les axes secondaires.
L'inflorescence définie se montre le plus fréquemment dans les plantes à feuilles opposées. L'axe primaire k termine par une fleur ; immédiatement an-dessons , œi remarque deux feuilles dans l'aisselle de chacune desquelles se développe un rameau qui, lui-même, ne tarde pas à présenter une disposition semblable. Cette ramification binaire se nomme dichotomique, Oo nonuiie trichotomique la ramification qui se divise en trois au-dessous de la feuille centrale et continue à se partager de la même manière dans chaque rameau. Ces dispositioDs sont les plus générales, mais elles sont fréquemment modifiées.
L'inflorescence indéfinie , dans laquelle Taxe primaire ne porte pas de fleur, présente des dispositions plus variées. Lorsque les axes secondaires sont tons terminés par une fleur et qu'ils sont tous à peu près d'une longueur égale , ce groupe de fleurs porte le nom de frappr (fig. 16) ; si les axes secoodaires se ramifient à leur toor, on a une panicuU oo sa tkyrse (ûg. 17). Quand les pédoncules, bien qu'ils partent de différents points, arrivent à la même hauteur, de manière à présenter un parasol à rayons inégaux , re groupe se nomme un c»rymbe (fig. 18). Si 1« fleun ainsi disposées sont sessilec, on a un épi (fig. 1 9). Le cAaton (fig. 20), le tfmdict (fif. 21) et le régitme sont aaUot de variétés d'épis. Mais si les pédoncules pûtent du même point sur le rameau et s'élèvent à la même hauteur, comme un parasol k rayons égaux , on a une omh*lU (fig. 22) dont les ramifications secondaires pourront donner lieu à des omhtUuUs, Lt/ueiemU «st un groupe de fleuri teiiiles <m bien portées sur des pédosciilcs
(Fig. 16.)
BOTANIQUE
[Tfles, de longnear à peu prÀt égale , et réanièi i la manière d*aiie gerbe. Le eapUnU (Bg. 33) pr^Dte une masse de fleurs groupées en boule on figu-ant le sommet d'ttoe tête ; enfin , qoand le sommet de l'axe se développe en ane large sarface , propre, comme dans les chicorées , à réunir un grand nom* bre de fleurs, celte > inflorescence prend le nom de eaùukide (fig. 24). Le plateau florifère , que Ton nomme rietptaele ou cUnmuhtt peut être contexe on concave, et même parfois se creuser de manière I représenter nn^vase fermé on une poire comme on le (oit dans la figue.
Od appelle hraeties des feuilles modifiées , à Taisselle desquelles naissent les axes chargés de fleurs. Cet organe n'existe pas toujours.
Les bractées conservent plus ou moins la forme d'une feuille; quelquefois elles se raccourcissent en écailles, en filets, en arêtes. Lear couleur participe tantôt de celle de la feuille, tantôt de la nuance de la fleur; d'autres fois elles ont une couleur toute différente. Datas les ombelles et les capitules, les bractées forment ordinairement une sorte de rosette ou de verticille, nommé invoUure, dont les divisions prennent lemmi àtfoUoUt ou d'éeailleâ. Quand l'inflorescence est cmpoiée, indépendaounent de l'involncre principal, on
(Fig. 18.)
(Pig. 19.) (Fig. 20.) (Fig. 21.)
^nve à la base de chaque inflorescence partielle une ^llerette semblable qni porte le nom d^invohtcelle, Qud- T'^oii lei foKoles de Vinvolacre, an lien d*étre placées
sur un m^e rang , sont disposées en spirale ou par étages, et alternent entre elles , en s'imbriquant, comme
(Fig. 23.)
(Fig. 22.) on le voit dans l'artichaut. La eujmU^ que l'on voit à la base 4n gland, est un involucre k plusieurs rangs dont
les folioles sont soudées et ont pris la forme d'un hémisphère.
On appelle tpathe une bractée engainante à la base, ronlée en cornet et qui enveloppe toute l'inflorescence, disposée en une sorlc d'épi que l'on nomme spadiee (ex. : l'arum en pied de veau).
La PLBUR se compose , comme on voit , d'un groupe de feuilles modifiées sous le^ fiinnes du calice, de la eortjne, des étamines et des csrpflles. Tantôt ces diverse! parties se succèdent sur une li({ne déroulée en spinale autour d'un axe plus au moins raccourci , tantôt Ui parties de même nom «lasrrent sur l'axe, k la même hauteur , sous la forme de verticiHes concentriques. Dans ce dernier cas, le verticille inférieur est le calice, au-dessus de lui est celui des pétales, qui forme la corolle, puis celui des étamines, et enfin celui des carpelles, qui compose le pistil. Dans la plupart des cas, mais surtout lorsque les fleurs sont très-régulières, les pièces de chaque verticille alternent avec celles des autres, c est-à-dire qu'elles répondent verticalement aux intervalles qui les séparent. Le nombre de ces pièces est assex généralement de 3 ou de 5, ou bien les multiples de ces deux nombres. Le nombre ternaire se retrouve plus fréquemment dans les piaules monocotylées (exemple : le lis» les liliacées), et le nombre quinquennaire dans les dicotylées (exemple : la rose, |es rosacées).
La forme des différentes parties de la fleur est souvent altérée par des soudures , c'est-à-dire par la réunion accidentelle ou habituelle de quelques- unes de ces parties. Cette réunion a lien le plus souvent entre les pièces d'un même verticille. Lorsque ce sont les pièces du calice qui sont réunies au point de n'en former qu'une seule , on dit Qu'il est utonophylU ou monosipale; par opposition
(Fig. 24.)
avec lei moU poljftépaU , pobfpkytU , qui iDdiqaent qo'il est composé de plusieurs sépalei. Il en est de même pour la corolle. L'adhérence des élamines par les filets se nomme adtlphie. Les carpelles peutent aussi se souder par leurs faces ; enfin les verticilles différents se réunissent quelquefois de la même manière, en donnant lieu k des dispositions qui pourraient induire en erreur si l'on ne s'appliquait à les distinguer.
Deux caractères importants sont ceux que l'on tire de YintertioH et du nombre des parties de la fleur. Vinsertion s'entend des rapports entre les verticilles différents, qu'ils soient libres ou sou- \ dés dans une plus ou moins I grande étendue. Quand les 'étamines sont soudées à la corolle , on dit qu'elles sont
/épipitales; l'insertion de la corolle et des étamines est alors la même par rapport aux autres parties de la fleur.
Quand les étamines partent d'un point inférieur au pistil « on les appelle Ay/»«gynei (fig. 25). Lorsqu'elles sont portées sur le calice, elles paraissent situées autour du pistil, et elles se nomment pm^yitM (fig. 26). Enfin , lorsqu'elles sont insérées sur l'ovaire même, elles prennent le nom é*épigynei (fig. 27).
(Fig. 20.)
(Fig. 27.)
Le nombre des parties, qui est très-variable, sert aussi de caractère essentiel. Le nombre des verticilles, par exemple , asses ordinairement fixé À 4 dans les dicotylées , s'élève souvent i 5 dans les monocotylées, parce que, dans cette classe , les pièces de la corolle sont parfois placées sur deux rangs. Mais ce nombre peut aussi s'augmenter ou se diminuer , soit par l'addition ou la suppression de diverses parties , soit par leur disposition relative. C'est ainsi que la corolle, le calice et les étamines se doublent et se multiplient fréquemment Les verticilles ne sont .plus alors superposés, mais le plus souvent ils affectent une disposition en spirale. D'autres fois, le nombre des verticilles restant le même , les pièces dont chacun d'eux se compose peuvent se réduire, ou bien un verticille entier peut venir à manquer. Lorsque c'est l'un des deux verticilles qui fait défaut , c'est toujours la corolle ; dans ce cas , la fleur se nomme apiiaU. Quelquefois ce sont les étamines ou le pistil qui disparaissent : on conçoit que tous ces caractères sont très-importants k observer.
L'ordre dans lequel les diverses parties de la fleur se développent et se superposent se nomme Yestivation ou la préfloraiâon. Ce rapport , cet agencement des parties sont surtout manifestes dans le bouton. Ses deux formes principales sont la disposition en spirale et la disposition en cercles ou verticilles ; mais elles sont souvent modifiées , et ces modifications , qui forment les caractères de l'estivation , sont plus faciles à constater dans le bouton que dans la fleur.
L'ensemble des caractères qui résultent de la poaitioa relative des parties de la fleur entre elles et reUthcmcvl au rameau floral, se nomme sa tywtitrie.
Lorsque les parties d'un même veriiciUe ae développent d'une manière inégale, il est nriçuUer, Celle dénomination s'applique surtout aux enveloppes extériewes de la fleur. Celle-ci peut être tffmétrique bien qn'irrégvlière : c'est lorsqu'elle peut se partager en deax moitiés égales et semblables, suivant un axe parallèle et perpendiculaire k l'axe qui la porte. C'est même le cma le pims général.
L'ensemble de l'inflorescence se divise en deux séries : 1^ Les iKvaLOPPBS db la PLaua et les oRGii.\is db amo- DDCTiosr. Les enveloppes sont le calice et la corolle ; les organes de reproduction sont les étaminca et le pistil. Comme les enveloppes sont uniquement destinéea à protéger l'appareil de propagation , leur présence n'est p» d'une importance absolue ; tandis que lorsque ce aoot In étamines on le pistil qui viennent à manquer, la plante n'a plus de moyens de se reproduire.
1 . Enveloppes de la fleur. — Nous avons dit que àa deux verticilles qui composent les enveloppes si Tdo venait k faire défaut, c'était toujours la corolle. Ce principe doit paraître bien étrange aux personnes qui ne voient dans la corolle que la partie dç la flevr la ploi apparente , ordinairement colorée , souvent odoriférante. La distinction deviendra plus facile si l'on établit q« le ealiee est la continuation des faisceaux extérienrs da pédoncule, et par conséquent l'enveloppe la pins extcrse de la fleur, qu'elle soit ou non colorée en vert Dans U plupart des monocotylées, l'iris par exemple, on remarque deux verticilles de trois parties chacun , placés aadessus l'un de l'autre , conformés et colorés de la même manière. Ces deux verticilles forment évidemment nœ seule enveloppe , à laquelle Linné a donné le nom de périantke et qui n*est antre chose que le calice. Les fleurs qui font partie de cette grande division sont donc regardées comme dépourvues de corolle et portent k nom d*apétalet.
Le calice est revêtu d'un épiderme souvent couvert de poils k l'extérieur, ordinairement liue en dedans. Ss forme, conmae celle de chaque sépale , est très-variée , et chacune de ses modifications reçoit un nom qui lui sert de caractère. L'un de ces caractères les plus importants est la division plus ou moins profonde des lobea. On la désigne par des noms analogues k ceux employés pour les feuilles ou pour les pétales. Le calice peut être régulier ou irrégulier. L'irrégularité porte rarement sur le limbe, plus souvent sur le tube , qui se prolonge parfois en arrière en une lame plate, ou bien en une sorte de sac pins ou moins étroit, que l'on nomme éperon, comme dans U capucine.
Quelquefois le calice est doublé par ce que Ton nonaie un ealicuU , formé de stipules ou de bractées réunies. Enfin, on désigne aussi sa consistance, tantôt foliacée , tantôt herbacée ou écailleuse ; sa coulenr , le plas souvent verte , parfois variée et éclatante. Le limbe peut présenter des dents , des poils, des aigrettes, des arêtes velues , des touffes plumeuses. Quant à sa durée : s'il tombe avant la corolle, on dit qu'il est eadtic, s'il snnit après la floraison , il est pereistont,
La corolle, enveloppe intérieure de la fleur, est tanl^, comme le calice, d'une seule pièce, tantôt divisée plus oa moins profondément en pétales.
On distingue, dans un /)^a2f isolé , lalosieou limbe. partie principale, ordinairement élargie en haut, rétrécie à sa base , et VongUt , qoi en est la partie inférieure , U plus étroite. La constitution et le mode de développement de la corolle sont analogues i ceux de la feuille, aicc laquelle elle a de si nombreux rapports. Aussi les oDodifications de sa forme sont-elles exprimées par les mêmes
BOTANIQUE
U corolle est rarement verte ; Je plue loavenl elle a 1^ couleort variées, éelaUntes. On peal en conclnre [oe les cellules ne contiennent pas de chlorophylle , et oe la respiration ne s'y opéra point de la même maniera ae d&Di les parties vertes. Aassi est-il d'observation que a fleura, mâne pendant le jour, absorbent de l'oxygène t exhalent de l'acide carbonique, en même temps que a huiles volatiles qu'elles ranferment en asses grande nuotité. La consisUnce de la corolle est ordinairement lolie , délicate , quelquefois charnue ou membraneuse. <e limbe est tantôt plane, tantôt courbe, souvent sil- Miné par une nervure médiane profonde , que Ton a omparée à la quille d'un vaisseau (navieulaire). Quand n éenx côtés se prolongent inférieurement en deux lobes btas , le pétale peut prendre la forme d'un cœur (cùt- ?/Wtw), d'une flèche («a^i«rf), ou d'une lance (hoiti),
U corolle polypétale est régulière ou irréguliire. Dans B premier cas , la description d'un pétale s'applique i NU les autres. Dans le second, cette dncription est plus «npliquée. La régulariU , comme l'irr^ularité , est oQîent commune à un grand nombre de plantes et Doliie leur réunion en familles. £n voici quelques acmples. Les Ugumineuteê sont bien connues par les Iwn de la fève , du pois , de l'acacia , etc. Cette fleur fsnemble, i première vue, à un papillon prêt à s'envo-
aAilei. fcCarrne. c Calice.
e Etcadard.
1er; aussi Toumefort l'a-t-il àfh ^\é9papiUonacie (fig. 28). Elle est composée de cinq pétales : le supérieur, plus grand, drossé et rejeté en arrière, se nomme 1'^têmdard. Les deux latéraux se nomment les ailes. Ils recouvrant les deux pétales inférieurs, qui, rapprochés bord à bord et souvent sondés ensemble, ressemblent à une nacelle ; celte pièce s'appelle la carène. Dans ts erucifiret^ pour lesquelles la fleur du chou peut lerf ir de tjpe , on remarque quatre pétales disposés en croix. Dans les rotaeéet (la rose des buissons, par Exemple ) on trouve cinq pétales sans onglet , ouverts et iTapows en verlicilles. Les eariophyUée$ en diffèrent ptr la prétence de l'onglet , etc.
Dans la corolle monopétale on considère surtout le limbe et son bord supérieur, le tube formé par la soudure ^ des onglets, et la gorge ou entrée du tube, point à partir duquel le limbe est souvent dirisé. Pour simplifier cette description, on a adopté quelques mots qui caractérisent les formes les plus ordinaires de la corolle monopétale. Ainsi elle peut être tubuleuse , infundibulifarwu (en entonnoir) , kypocratiri/orme (en soucoupe), rotaeée (en roue), étoilie, eampanulie (en cloche) , cgathiforwu (en verre à pied) , etc. Toutes ces formes appartiennent à la corolle monopétale régulière. Parmi celles qui sont irrégulières, on remarque : la forme ligtOie (fig. 29), dont le tube se fend et s'étale ifan seul côté en une languette à bords supérieure dentés (chicoracées) ; la lahiie (fig. 30) , dont les divisions forment comme deux lèvres: l'une supérieure, souvent partagée en trois ; l'autre inférieure, divisée en deux (ex. la sauge, la mélisse, (a menthe) ; la persoimie (fig. 31), disposée en masque ou en mufle Oe moflier) , dont les lèvres sont rapprochées et fer- "^ par un renflement que l'on nomme le palaiê. l^'antret fob, le limbe se contourne en forme de casque (tcooit), eo capuchon (ancolie), on bien se prolonge en
(Fig. i9.)
(Fig. M.)
(Fig. 31
éperon , à sa base , comme la violette , la linaire , etc. La corolle |)eniste rarement après la fécondation ; elle diffère en cela du calice, qui »4 mble plus particulièrement drstiné à protéger l'accompl issement de celte fonction.
2. Organet de la repro' fftiction. — Vitamine ( fig." ni) présente deux parties tft's-distinctes : le filet et raothère. Le Jilet est une riorte de tige mince , droite, -jijndrique, effilée de sa base au sommet, et qui n'a guère d'autre office que de supporter Vanthère, partie essentielle de l'étamine. Aussi le filet manque-Uil asses sonvent, et l'anthère, alors sessile, n en est pas moins propre (Fig. 32.) ^ remplir ses fonctions ; tandis que si l'anthère a avorté, l'étamine devient stérile.
L'anthère , sorte de renflement supporté par le filet et formant avec «lui un angle plus ou moins prononcé , est un corps creux , rempli à l'intérieur d'une poussière très-fine. Elle est ordinairement partagée en deux cavités ou loges (rarement en quatre) qui , à la maturité , s'ouvrent soit par un pore, soit par une fente « anihèrt. longitudinale, d'où s'échappe la poussière qu'el- ' *'* les contiennent et qui se nonnne le pollen. La forme de -ces loges varie beaucoup. La plus fréquente est celle d'un ovoïde allongé.
L'anthère est habituellement liée an filet à l'aide d'un appeudice que l'on nomme le cofmecfi/, et qui la dépasse quelquefois, en prenant la forme d'une massue , d'un cône, d'une langue, etc. Quand l'anthère est accolée an conneclif dans le sens de sa longueur, on dit qu'elle est adnée ; dans le cas contraire elle est libre ou bien dressée , pendante , oscillante , etc. , caractères qu'il ne faut pas négliger dans 'sa description.
Les étamines sont presque toujoun en nombre proportionnel (c'est-à-dire égal, multiple ou sous-multiple) avec celui des pétales ou des sépales. Nous avons vu toute l'importance de leur situation ( insertion ) relativement aux autres verticilles de la fleur. Quant à leun rapports réciproques, elles peuvent cire librei, indépendantes les unes des autres, ou bien réunies, sondées ensemble. Quand cette soudure a lieu par les anthères , les étamines sont sgnanthéréet i lorsque c'est par les filets, elles sont stjnadelphes, et, suivant le nombre des groupes qu'elles forment, on les désigne par les mots de monadelpheêj diadelphei, polyadeiphet, etc. Leur réunion forme dans tous les cas une sorte de tube an travers duquel passent le pistil ou les pistils qui en occupent le centre.
Il est également important de constater leur grandeur relative. Selon que deux ou quatre étamines se montrent plus allongées, plus fortes que les autres (comme dans les labiées ou les crucifères) , on nomme celles-ci didy» names ou tetradynames. Enfin si les étamines font saillie bon de la corolle , si elles restent cachées dans le tube (incluses) , on bien si leur direction est prononcée en dedans, en dehon, verticalement ou horisontalement , chacune de ces modifications doit être constatée.
Au milieu du tissu cellulaire de l'anthère se forme un fluide mucilagineux qui ne tarde pas à s'organiser et an milieu duquel on aperçoit , k l'aide du microscope , certaines lacunes qui deviendront les ntricules destinées à renfermei; le pollen. De nombreux granules s'y montrent bientôt en effet, et des cloisons s'établissent qui divisent ordinairement en quatre la capacité de l'utricule. Leff grains de pollen se revêtent d'une membrane propre et deviennent indépendants comme les particules d'une
sn
INSTRUCTION l»OUft LE PEUPLE.
pontsière. La matière contenue dans l'enveloppe de chaque granule se nomme \è,/oviUe, Si Ton fait macérer dans l'eau un de ces grains de pollen , la membrane se rompt et la foville s'en échappe.
Ainsi que les autres parties de Tinflorescence , lepiail (fig. 33) paraît n*étre
antre chose qnune feuille modifiée ou carpelle. C'est l'organe femelle de la fleur, car c'est lui qui porte les graines. Le pistil se compose de trois parties :
Vovaire, qui en forme la base, cavité close qui i contient les ovules ; le ttffU , prolongement su* f périeur de l'ovaire , rétréci , cylindre creux servant de commnnication entre l'ovaire et le ^' stigwuiU qui forme le
sommet du pistil. Le stigmate n'est que l'épanouissement du style, quoique son tissu «oit très-différent II est généralement fendu ou divisé, et les cellules qui le composent se remplissent , i l'époque de la fécondation, d'un suc liquide et visqueux qui suinte à sa surface.
Au moment on l'anthère de l'étamiue est parvenue i sa maturité, elle s'entrouvre pour émettre le pollen qu'elle contient. Les grains de celte pontsière arrivent sur le stigmate , soit par la proximité des deux organes , soit par l'intermédiaire des vents on des insectes ; l'enduit visqueux qui revêt le stigmate retient le pollen , ^mpt la membrane qui l'enveloppe et conduit la foville i travers le style jusqu'à l'ovaire, oà son simple contact suffit pour opérer h fécondation , c'est-à-dire pour convertir l'ovule en véritable graine. Soi vaut le système de M. Schleiden, la fécondation aurait lieu par l'introduction du tube pollinique dans le sac embryonnaire ; cet organe s'y fixerait et deviendrait ainsi le premier rudiment de l'élre futur. Le pistil peut être unique ou multiple. Dans ce dernier cas , les carpelles naissent tantdt à la même hauteur, rangés en un seul verticille , tantôt sur plusieurs plans et disposés en spirale. Le point de l'axe sur lequel ils reposent se nomme tonu , réceptacle ou gynophore. Quelquefois l'ovaire et le style semblent portés à la fois sur le torui. Quand le style ne fait que s'en rapprocher, sans l'atteindre, il est basilaire; s'il s'y enfonce en même temps que l'ovaire , il est gynohasique. Les ovaires , les styles et même les stigmates peuvent se souder ensemble ; les ovaires sont plus souvent soudés que les styles « el ceux-ci que les stigmates. Quand plusieurs carpelles sont sondés intimement, ils semblent ne former qu'un seul ovaire ; mais si l'on coupe transversalement celni-ci , on le trouve formé de plusieurs cavités séparées par des cloisons. Ces cavités se nomment des logu, et l'on dit qn'uji ovaire est unibculaire, bi, tri, qttadri , multiloculaire , selon le nombre de loges qu'il contient.
Les ovules contenus dans chaque loge adhèrent aux cloisons par l'intermédiaire d'un faisceau fibro-vasculaire d'où s'échappe un rameau pour chaque ovule. Ce faisceau, qui forme une saillie sur la paroi interne de la cloison et qui est si apparent dans la gousse du pois , se nomme h placenta. On nomme placentation la disposition des ovules dans un ovaire simple ou composé , et , selon que cette disposition correspond à l'axe de la fleur, qu'elle s'appuie le long des cloisons ou bien qu elle porte sur une colonne placentaire située au centre , on la nonune tunU f pariétaU on centrale.
Il arrive souvent que l'ovaire est soudé an calice , et il devient asseï difficile de distinguer leur point de réunion.
C'est ce que l'on nomme ovaire ou calice adhérent, par opposition avec le cas où tous deux sont indépendants on Hhree : cette adhérence entraîne néceaaairement U périgynie ou l'épigynie des étaminea. On la reconnaît facilement à la tuméfaction de Tovaire , et on la constiU en coupant verticalement cet organe.
Ordinairenfcnt les divisions du style répondent au nombre des carpelles contenus dans l'ovaire , ou ti le style est simple , il arrive souvent que le stigmate se divise en antût de parties que l'ovaire contient de logiea. D'aatr» fois , plusieurs stigmates se soudent en un seul corps qni prend diverses formes ; on dit quil est globuleux , hémisphérique , ovoïde , polyédrique , en massue , etc.
Enfin, les fleurs présentent quelques parties aeccMa^u que l'on ne peut passer sous silence : teltes que les ■«<tairte , les glandes. Les nectaires sont le plus ordinairement des glandes allongées, renfermant un prodiut mielleux qui a reçu le nom de nectar. D'antres fois , on trouve sur les fleurs des écailles, des filets , des lanières, des lames plus ou moins émisses, colorées, membraneuses. Ce sont le plus souvent des dégénérescences, des transformations de parties essentielles, dont on peut assez facilement reconnaître l'origine par la position qo'eUes occupent
En suivant la marche de la fécondation nous avons n que son résultat se concentrait sur l'ovule. Cet acte important une fois opéré , toutes les parties qui y ont concouru ne tardent pas à se flétrir ; et cela dans l'ordre et leur importance , relativement à raccomplissemeot àt cette fonction. Ainsi , les anthères et les stigmates »«! les premiers à disparaître ; puis les filets , les styles , In pétales et enfin le calice , qui , rapproché par son m^inisation de la nature des feuilles, persiste sonreot (t dernier. L'ovaire, an contraire, se développe progressivement : il se dilate , grossit et devient nn pèricarpf . en même, temps que l'ovule derient une graine ; c'est à leur ensemble que l'on donne le nom de rairrr.
Le péricarpe, dont l'orgaoiution est celle du carpelle ou de la feuille repliée sur elle-ffléme , se compose de trois couches ou surfaces : la première extérieure , f^carpe; la seconde intérieure, Yendoearpe^ toutes deai de nature épidermique ; et une troisième intermédiairr, de nature parenchymateuse , le wiitocarpe, Ceini-d devient souvent épais, charnu, succulent; c'est le frvil A manger : la cerise, la pomme, la pêche. L'épicarpc. qui en forme la peau, se colore diversement; quanti l'endocarpe , tantôt il conserve Tapparence d'une membrane fine et délicate , tantôt il prend une consistance ligneuse, une dureté extrême, et constitue ce que Tob connaît, dans beaucoup de fruits sous I» nom de nofot-
Ce noyau ou plutôt le péricarpe, tout entier étant ouvert, on trouve dans son intérieur une graine on bm amande. Dans certains fruits c'est Vawuaide seule qne Too mange ; et dans ceux-ci le péricarpe n'est souvent qo'one enreloppe mince , coriace , que l'on rejette , comme Hins l'amandier et le noisetier.
Le mot fruit s'entend dokic scientifiquement de Peflsemble des parties qui composent l'ovule arrivé à tout ion développement , tandis que dans le langage vulgaire il s'applique seulement aux parties propres à serrir d'aliment. C'est ainsi, par exemple', qne Ton donne ce nom aux fraises , dont on mange le réceptacle cbaroa qui supporte les graines, et à la figue, laquelle n'est aatn chose que le disque spongieux qui renferme les fleon> Dans l'orange, l'endocarpe très-développé se compose de loges ou de vésicules remplies d'un suc acide , fscrr et très-aromatique.
On remarque sur presque tous les fruits us sillon prononcé qui représente la soudure des bords du carpelle. Ce sillon se nomme noart , et an côté opposé ou voit or-
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iinaîrcmeol Doe saillie corretpoddaate. C'est à ces deux mni» que se forme la séparation da péricarpe en deox f»arties qae l'on nomme de» valveê. Dans quelques fruits es satures sont plus multipliées et répondent presque oujours au nombre des loges intérieures. Le nombre des rdves est important à constater.
Nous savons qu'an centre du fruit se trouve la semence, |ai prend diverses formes et qui est contenue dans une m plusieurs loges séparées par autant de cloisons. A nesnre que la semence se développe , il arrive souvent ]a elle repousse et finit par détruire soit les cloisons, soit les semences voisines ; ce qui est la cause fréquente de leur ivortement. Ce résultat est habituel dans quelques espèces ; .'u sorte que pour connaître le nombre réel des ovules , il faut les observer dans l'ovaire non encore développé. CUunfieaiioH des fruiti. — Les fruits , comme les naires , peuvent être indépendants ou bien réunis en un leu corps. Les prenûers se nomment apoearpés et les seconds nfnearpés.
Dans certains fruits , le péricarpe s'ouvre naturellemeol à la maturité par les sutures ; on les nomme dé^ ktKenU. Dans d'autres, il se flétrit , se détruit spontanément pour donner passage aux semences ; ces derniers fraits se nomment indihiteenU.
Lorsque chaque loge on carpelle contient une seule graine, on dit que cette loge est monoiperme; si elle en renferme seulement quelques-unes, elle est oligosperme; « elle en contient un grand nombre , on la dit poiy^ tperme. Ces divers caractères servent de base à la classification des fruits.
Parmi les fruits apoearpés indéhiscents on distingue la drupe , dont le péricarpe est charnu et l'endocarpe dorci en noyau , comme l'abricot , la prune ; Yakène et le cariopie , qui ont un péricarpe plus mince , plus sec , nn carpelle monosperme. Mais le premier n'adhère à la loge que par son funicule (exemple : le fruit de la rose, delà renoncule), et le second par tous les points, en se confondant avec elle, comme dans les graminées (le froment, le mais). Lepolakène, la êamare et le gland en wnt des modifications.
Les apoearpés déhiscents s'ouvrent par les salures fentrsle et dorsale et ressemblent asses bien à une feuille pliée en deux. Tels sont lefollicuU (exemple : érable) ; U coçtc« dont l'endocarpe est ligneux, crnstacé (exemple : fraxinelle) ; la.gotuseou légume (fève de marais, haricot). La placentation (axile , pariétale on centrale) est l'un de» caractères les plus essentiels des fruits syncarpés, ^i qae le nombre et la forme des cloisons. Ceni qui wot indéhiscents portent généralement le nom de baies^ urtont quand ils sont charnus. Leur placentation est Irèj-variée. On distingue parmi eux \à pomme (ex. : pomn>«r, poirier), Vketpiridie (orange, citron), Upéponide (coorge, melon), la nueulaire (la nèfle, le houx). Parmi ceux qui sont déhiscents et qui portent en gé- . Qeral le nom de capsules, on remarque principalement la pyzide on botte à savonnette, dont le péricarpe se par- ^gc en deux, transversalement (exemple : mouron ^^ge). La moitié supérieure se nomme Vopercule, l'inferienre reste attachée au placenta.
Quelquefois la déhiscence commence par les cloisons , et I on dit qu'elle est septieide; d'autres fois par la suture dorsale : déhiscence loeulieide. Ou bien les cloisons cMent , le long de leur bord externe : déhisc. septifrage. Kofin les cloisons peuvent se séparer de l'axe, qui périoste perpendiculairement , comme nn cylindre on une P«lile colonne (eohtmétte), et quelquefois retient les pla- «nlas chargés de graines, comme dans le ricin et les eupborbes. La sili^us n est autre chose qu'une capsule à deux ^wti et à deux lignes placentaires (exemple : la giro- |i««). Quand sa longueur n'excède pas de beaucoup sa l^^genr, on la nomme tiUemk (ex. : chou, bonne à pasteur) .
On appelle fruits anthoearpis ceux qui , outre le péricarpe , sont entourés de quelque autre partie de la fleur, ordinairement d'un calice ou d'un involucre qui persiste et se durcit , comme on le voit dans la belle-de-nuit, par exemple. £nfin, sous le nom de fruits o^r^^, on comprend ceux qui proviennent de plusieurs pistils réunis et soudés en un seul corps, comme dans le mûrier et l'ananas. Le cône résulte d'une aggrégation semblable. C'est nn épi chargé d'écaillés renfermant des ovules, ainsi qu'on le voit dans les fruits du sapin , du cèdre et dans toute la famille des coniftres.
Ovule, graine. — L'ovule reçoit sa nourriture de la plante- mère par l'intermédiaire du placenta ou du funicule. On appelle hiU ou ombilic le point par lequel l'ovule adhère au placenta. La position du hile, et par conséquent du placenta, est un caractère essentiel, parce qu'il implique la direction de l'ovule. On dit que l'ovule est dressé lorsque le placenta occupe la base de la loge , renversé s'il est fixé au sommet, et latéral s'il part de l'un des côtés de la loge. Quant les ovules sont multiples, ils peuvent être collatéraux on superposés; mais leur direction devient de moins en moins constante à BMsiire qu'ils sont plus nombreux et renfermés dans un moindre espace.
Si l'on bbserve la stmctare propre de l'ovule , oo remarque qu'il se montre d'abord sous la forme d'une petite éminence qui s'allonge , grossit peu à peu , et se creuse à son sommet , o& l'on voit poindre un nouveau corps , qui est Yeatbryon. Celui-ci ne tarde pas à se couvrir de deux ou plusieurs enveloppes , au sommet desquelles on aperçoit une petite ouverture nommée nàcropyU. L'ensemble de la masse qui constitue l'ovule se nomme mieeUe. On appelle ekalaze la base de l'ovule, le point par lequel il adhère à ses enveloppes, et l'on donne le nom de raphé à un faisceau vasculaire ou petit cordon qui part du bile pour aboutir à la chalase.
. L'ovule ne se développe pas toujours d'une manière régulière. Il arrive souvent que ce développement se prononce davantage sur un .point , en sorte que l'ovule prend une position renversée, sa pointe entraînant avec elle tous les téguments ; mais la chalaie et le hile qui déterminent sa base sont toujours opposés au micropyle qui en forme le sommet Cette direction est importante à reeonnattre , parce qu'on en déduit celle de l'embryon. Le funicule, en s'épanouissant , donne quelquefois naissance à une expansion qui s'étend sur toute la surface de l'ovule et que l'on nomme arilU. Cette expansion est parfois charnue , colorée , et presque toujours frangée dans ses bords. C'est elle qui forme le utaeis dans la noix muscade.
La graine est l'ovule fécondé par l'entremise du pollen , qui , après avoir pénétré dans l'intérienr de la loge à traven le style , et dans l'ovule par le micropyle , détermine l'apparition de l'embryon. A mesure que celui-ci se développe, ses téguments s'amincissent, et ils finissent par disparaître. Le sac embryonnaire était d'abord rempli d'un suc mucilagineux , qui s'organise en nn tissu cellulaire lâche destiné à nourrir l'embryon. Celui-ci grossit et se développe au point d'envahir parfois tout l'intérieur de la graine. D'autres fois le tissu cellulaire se prend en une masse solide que l'on nomme périsperme, et qui semble ren^lir à l'égard de l'embryon le même rôle que Valbu' men dans l'œuf des oiseaux. Ce périsperme varie dans sa nature et sa consistance. Dans les céréales, il contient beaucoup de fécule ; ailleurs , il est parfois charnu , oléagineux comme dans le ridu , corné comme dans le café , la datte , etc.
Quant à l'embryon , il est d'abord formé d'une masse cellulaire à peu près homogène; mais il s'établit bientôt dans cette masse une sorte de division qui formera le caractère primordial de la plante. On y diitingae d'abord'
INSTRLCTIOX POUR LE PELPLE.
un aie qui s'allonge par les deoi extrémité* , pais des excroissances latérales , qni ne sont autre chose que les cotylédons : organe important « tantôt simple, lanlÀt doable , et qui parfois manque totalement.
Dans les monocotylées , l'embryon a généralement la forme d*nn petit corps ovoïde plus ou moins allongé. En le coupant dans le sens vertical , on observe vers le haut un petit mamelon qui représente làgemmuU; la partie inférienre est la radicule , et la partie moyenne forme le cotylédon , ou plutôt le péfisperme. Dans les dicotylées , la forme la plus ordinaire de Tembryon est celle d'une amande à deux cotylédons ovales , plus ou moins épais et charnns , appliqués face à face , à la base desquels on aperçoit nn petit corps étroit , conique , qui deviendra la radicule. Dans nn petit nombre de plantes , les coaifôres, par exemple , on trouve plusieurs cotylédons disposés en verticilles. Comme ces plantes possèdent d'ailleon tons les autres caractères des dicotylées, il a paru inutile d'en former nne classe distincte.
La graine , parvenue à sa maturité à pen près à la même époqne que le fmit r te détache , se dissémine , et reste quelque temps dans la terre , protégée par les enveloppes qui l'entourent Pen à pen l'humidité ramollit ei finit par détruire ces enveloppes ; mais déjà l'embryon a grossi en empruntant sa nourriture , soit an périsperme , soit aux cotylédons. Il se fait jour à travers ses téguments , et dès lors le sol ainsi que l'atmosphère vont fournir à la jeune plante de nonveanx cléments de nu(rî<i^ tion. La radicule s'enfonce dans la terre , lès cotylédons se flétrissent on sortent de terre avec la tigelle, sous la forme de feuilles radicales ; la jeune tige s'élève ^ se colore en vert an contact de l'air , de la lumière , et ne tarde pas à se couvrir de quelques feuilles. Tout cet ensemble de phénomènes constitue la germination.
Dans les plantes acotylées, les choses ne se passent pas d'une manière aussi évidente ; c'est pour cela qu'on leur a donné le nom de cryptogameê ( noces ca-« chées) on agames. Cependant on trouve parmi elles, dans certaines cavités, des corps qui, favorisés par l'humidité , donnent naissance à nne plante nouvelle et que l'on peut comparer à des ovaires. Dans d'autres parties , on remarque des petits sacs on vésicules (antkéridie*) qui s'ouvrent par un point à certaines époques , et laissent échapper des corpuscules liés par une sorte de mucilage. Mais , ce qui distingue cette matière de la foville , c'est que les corpuscules allongés qui la composent sont doués d'un mouvement très-actif, à la manière de certains animalcules. Dans d'autres enfin, on remarque des corps qni ont plus d'analogie avec les ovaires, dont la cavité est remplie de granules auxquels on a donné le nom de spore*, lesquels, en se développant, reproduisent la plante. Cas organes , à la maturité , prennent le nom de iporange on eaptule. On trouvera ces détails mieux développés dans le traité suivant , au paragraphe cbvptogauib.
Tels sont les principaux détails qui se rapportent à l'organographie et à la physiologie des végétaux. Cette élude , quelque ardue qu'elle semble an premier abord , est loin d'être dépourvue d'intérêt et même de charme. Il s'agit uniquement de s'accontnmer à voir, i distinguer les objets, et de se façonner à l'observation. La moindre découverte devient un encouragement , puis un plaisir ; enfin l'admiration natt infailliblement à mesure que l'on pénètre dans les mystères de cette organisation si variée, de ces phénomènes disposés avec tant d'art et de prévoyance. De quoi s'agit-il, après tont? de reconnaître les principales pièces de l'organisme végétal, de retenir leurs noms , de suivre le jeu et les fonctions de chacune d'elles. Quelle étude n'en exige pu autant, et peut -on rien savoir sans s'être appliqué à observer et à retenir?
L'organographie et la physiologie végétales forment le premier temps de l'étude de la botanique. Dans le se-
cond, on s'occupe de comparer tons ces détails, et de les grouper pour en déduire des généralités qni fomest la base de ce qne l'on nomme la elatsijkation,