‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 93 sur 291 · IDÉE DE LA VIE · texte numérisé non relu

IDÉE DE LA VIE

L'homme a conscience de m propre vie , il se seul un igent. Il ne peut méconnaître la vie dans ses semblables, H il l'adoiet par analogie dans beaucoup d'autres êtres.

Oo reconnaît la vie dans les êtres qu'on appelle vivants, il UD ensemble de phénomènes que ces êtres offrent à t odosion des autres êtres. Ceux de ces phénomènes qui El communs à tous les êtres vivants et qui ne s'obsermt que dans les êtres vivants , peuvent être considérés hne essentiels à la vie.

Or, tous les êtres vivants et les êtres vivants seulement, «ostilués matériellement par une association définie de laides et de solides, sont configui*és de manière à ce leurs parties solides aient une structure appropriée usage déterminé, soient des instruments d action , organes. Cette qualité est tellement essentielle aux rivants qu*elle a permis de les appeler aussi étrei >rpnitéi.

Tous ces corps ainsi organisés, définis dans leur forme ■t individualisés , sont pendant une durée plus ou moins oo(^e, mais limitée, qui est précisément la durée de la lie, le siège d'on mouvement intérieur et spontané , dont ^ ffsiation est la mort

Ce mouvement 'intérieur se manifeste par divers actes iQiqaels ont été donnés des noms particuliers : I» par sa déplacement régulier des parties liquides, eircuhuion; ^ par un accroissement , un développement , une mêlanorpbose des parties solides, nutrition; S*' par une atlrac- ^n sa dedans du corps de malériaux empruntés au ooade extérieur , abtorption ; A^ par une expulsion au dehors de matières séparées du corps, sécrétion; 5o par une formation de germes qui se détachent du corps et l« reproduisent dans un individu semblable, procréation.

La notion la plus simple de la vie suppose déjà une réooion d'organes au moyen desquels s'accomplissent simultanément on successivement, pendant une période déterminée, des actes distincts et caractéristiques : circulation , absorption, êécrétion, nutrition, procréation.

11 est une grande classe d*êlres vivants dont tous les ictes propres peuvent être rapportés à ces actes essentiels, ^f sont les végétaux. L'ensemble de ces actes peut donc »mir à définir le mode de leur vie , ou la vie végétative. Chez d'autres êtres vivants, les actes qui manifestent la ^le comprennent non-seulement ceux qui viennent d'être indiqués , et qui leur sont communs avec les végétaux , ^i encore d'autres actes qui leur sont propres. Ces

êtres ont la faculté de mouvoir spontanément leurs parties les unes par rapport aux autres, et leur corps tout entier par rapport à l'espace , ce qui constitue la motilité et la locomotion. Ils se montrent sensibles à l'action des agents extérieurs , avec lesquels ils sont mis en rapport par des organes qui leur révèlent la présence de ces agents : phénomènes de tensibilili. Enfin ils se livrent à des actes qui supposent des penchants , et une connaissance plus ou moms nette des moyens de satisfaire leurs besoins, c'est-à-dire des facultés affectives et intellectuelles habituellement désignées sous le nom âiinstinct. Ces divers actes se rencontrent dans cette autre grande classe d'êtres vivants qu on appelle animaux, et ils caractérisent la vie animale , dont l'idée complexe comprend en outre l'existence des actes propres à la vie végétative*

Chez l'homme la vie se complique encore davantage. Non-seulement elle suppose tous les actes de la vie végétative et de la vie animale , mais encore elle se manifeste par des actes qui lui sont propres et qni lui assignent, k une distance infinie des autres êtres vivants , une place i part dans la création. L'homme remonte des phénomènes aux causes, il discerne le juste de l'injuste , il parle. Lsi parole, la science et la moralité caractérisent la vie hw maine.

Les actes de la vie impliquent tous des changements et des mouvements de matière, ils supposent donc aussi des déploiements de force. Tout porte k eroire que, même pour ceux des actes de la vie qui ont le plus d'analogie avec les phénomènes physiques et chimiques , il y a subordination à une force distincte, qu'on a appelée force vitale. Pour les actes de la vie qui n'ont pas d'analogués dans les phénomènes de la nature morte, la sensibilité, le mouvement spontané et l'instinct, il est impossible de ne pas admettre une force spéciale , qui a été appelée àme^ anima, d'où l'appcllatiou animal pour toute une classe d'rlrcs vivants. La science et la moralité constituent dans la vie humaine une sphère de phénomènes sans analogues chez les végétaux et les animaux, et supposent, même au point de vue exclusivement physiologique, une force spéciale qui est Vâme humaine.

En définitive , la vie est un déploiement de forces spéciales dans de la matière organisée. Pour connaître la vie, il faut connaître les instruments d'action ou organes , ce qui est l'objet de I'Ax.^touib , les actions de ces organes ou fonctions, et autant que possible les forces qui les produisent, ou forces vitales^ ce qui est l'objet de la Phvsio-

LOGIB.

VIS VKGÉTATIl'K OU IIK DK NUTRITION.

Depuis la naissance jusqu'à 1 âge mûr, le corps de l'homme croit. A la naissance, la taille de l'honinie est de 500 millimèlres, et son poids de 3 k. 20 ; à 40 ans, sa taille est de 1 mètre 684 , son poids de 63 k. 67.

Pour fournir à cet accroissement le corps de l'homme doit nécessairement emprunter de la matière aux autres corps. Et comme l'accroissement porte sur tontes les parties constituantes du corps, la matière empruntée doit être de même nature que le corps. La chimie a prouvé que le corps humain est composé, en proportions diverses, des éléments suivants : oxygène , hydrogène, nitrogène, carbone, phosphore, chlore, soufre, fluor, potas- ' sium, sodium, calcium, magnésium, silicium, alupiinium, fer, manganèse. La matière empruntée au monde extérieur, pour l'accroissement, doit contenir tous ces éléments dans des proportions semblables à celles du corps humain.

Pendant toute la durée de la vie le corps de l'homme éprouve incessamment des pertes de matière.

Ainsi le corps de Thomme exhale, en 24 heures, par la smface de la pean, 840 grammes d'eau à l'état de vapeur ; par la surface respiratoire, 535 grammes de vapeur d'eau et ] k. 210 d'acide carbonique. Il rejette par jour environ 1 k. 220 d'urine et 125 grammes de matières fécales.

Le corps de l'homme se maintient pendant la vie à une température moyenne de 36°, bien que placé dans un milieu, Tair atmosphérique, dont la température variable est habituellement inférieure à celle du corps. Il dépense du calorique. Tous les mouvements de l'homme pour marcher, pour travailler , pour parler, etc., représentent une dépense de force. A la manière des machines qui produisent du calorique et de la force en consommant du charbon, l'homme doit consommer de la matière.

Cest sur la nécessité de subvenir à son accroissement, de réparer ses pertes journalières et de se procurer la matière nécessaire à sa consommation, qu'est fondé pour l'homme le besoin de se nourrir. Et c'est pour satisfaire à cette nécessité qu'il est instinctivement poussé par les besoins de la respiration, de la faim et de la «oif, à introduire dans son corps de l'air, des aliments et des boissons.

Pour concevoir comment se réalise entre le corps humain et le monde extérieur cet échange de matière qui est le fondement de la vie végétative , il faut d'abord se faire une idée de la structure du corps humain, en ce qui se rapporte aux opérations de la nutrition.

La forme la plus simple d'un organe de nutrition est celle d'une cellule renfermant un liquide. Les parois de la cellule sont perméables aux gai et aux liquides. Dans ces conditions , si la cel- I Iule est au contact d'un gaz ou d'un liquide, en vertu d'une loi physique, qui (FIg, 1.) Ccllulei.ji rijçu le non, d'endosmose, il se fait un double mouvement au travers des parois de la cellule, mouvement de dehors en dedans pour les gaz ou les liquides extérieurs, ce qui constitue le fait de l'absorption ; mouvement de dedans en dehors pour les gaz ou les liquides contenus, ce qui constitue le fait de la sécrétion.

A ce double mouvement se rattache la faculté qu'a la cellule d'engendrer d'autres cellules qui, naissant de ses parois, se développent et se groupent autour d'elle, ce qui constitue le fait de raccroissement.

Toutes les parties du corps humain sont , en dernière analyse, constituées par des cellules de ce genre, qui ne diffèrent les unes des autres que par la nature du liquide contenu; d'où il résulte que toutes ces parties sont perméables aux gaz et aux liquides, soit de dedans en dihor.s

di-'

soit de dehors en dedans , et que les faits d'absorption . de sécrétion et d'accroissement peuvent s'y produire de la même mani.ère qu'à propos d'une cellule simple ri isolée.

Une cellule organique simple et isolée pourrait réaliser les faits d'absorption, de sécrétion et d'accroissement, immédiatement et à la simple condition du cuntact àti parois extérieures de la cellule avec des gai et des lit|aides, soit avec l'air et l'eau. Mais le corps humain cnI constitué par l'assemblage d'une innombrable quautitc de cellules associées de diverses manières pour conslitotT des organes différents et nombreux. Il résulte de cetk disposition que les cellules ne peuvent être tooles en contact immédiat avec le monde extérieur, et que charunr d'elles ne peut pas, par conséquent, y puiser et y verser immédiatement les matériaux d'échange nutritif. Aossi ) a-t-il entre les cellules du corps humain et le mcode extérieur une matière intermédiaire.

Cette matière intermédiaire est nn liquide, un sue nutritif et vital , le sang , qui baigne toutes les partii'5 du corps , qui y est à l'état de mouvement, et qui repn-sonto par son mouvement dans toute partie du corps deux conrants : un courant qui apporte aux cellules les matériaoi de la consommation nutritive et de la sécrétion , un roorant qui emporte des cellules les matériaux de l'ab^rption.

Toute partie du corps offre dans sa structure , oatit une association de cellules , un double système de canaux afférents et efférents, vaisseaux artériels et veineuv. dans lesquels se meut le sang, qui fournit à ce« par({i-< et qui en reçoit les matériaux de l'édiange nutritif. Ù-tri les animaux supérieurs et chez l'homme, toute |>«rtii contient en outre un système particulier de canaux rff«' rents, appelés vaisseaux absorbants ou lymphatiques, qu reçoivent spécialement les matériaux de l'absorptii gestive et de l'absorption interne.

Le sang est un liquide rouge , d'une iwleur spéciaît'. d'une saveur salée douceâtre, dont la température, aa sortir des vaisseaux, est de 37°, 5; sa pesanteur ^^<^'\ fique est de l,05i à 1,057. Ou**ï*|"<^ minutes apn- a, sortie des vaisseaux, il se coagide en une masse solidfJ puis , après une demi-heure environ , cette masse >oliik| se resserre spontanément et exprime de sa 5ub>uu«j une liqueur jaune transparente, qui est le «ru». U masse solide, ou le caillot , est un réseau de filauu alt| blancs, élastiques, h/ibrine, empris4mnant une niiti.rfi rouge appelée cruor, qui n'est elle-inéme quuu raelan^i de sérum et de corpuscules microscopiques pelle globules du sang. Le sang vivant est ua transparent qui tient en dissolution de la (ibrioc. du sang, et en suspension des corpuscules, dont le< uiÉ peu nombreux, incolores, représentent des sphères r» gueuses, dont les autres très-nombreux ont une fi* leur rouge, représentent des disques aplatis sur d.-a faces opposées, sont constitués par une enveloppe mmri transparente, élastique, renfermant un liquide roujj» i sont à proprement parler ce qu'on appelle les globni" du sang. La coagulation du sang tnnl

S^~J)^^ ce que, au. moment où ce&^c la uf. ^ fibrine dissoute dans la liqueur du «^ se solidifie, emprisonnant les globules. r< (Fig. 2.) Globo- éprouve sur elle-même un mouiemeni « les da sang, retrait qui chasse de la masse solidiJi*^" I liqueur du sang privée de fibrine.

Au point de vue chimique, le sang représente le f"'1 tout entier rt'duit à l'état liquide. En effet, le san<î «"-J tient tous les éléments du corps, associés comme dancorps sous les formes albumine , fibrine , maUèrfs ec ♦ rantes, graisses, sels. C'est à celle composition du «^ quesl due son aptitude à fournir les matcriaui àc lj« croissement de toutes les parties , et de la formai""' *

qu ou îH un liquiil inc. /i7"'*H

AXATOMIË £T PHYSIOLOGIE DE LUOMMË.

tous les prodaiU aoimaux, qui sont utilisés dans le corps uu qui sont rcjctés au dehors.

On conçoit que tout ce que le sang abandonne soit au corps , soit au monde extérieur dans le travail de la nutrition y constitue une perte qui doive être incessamment reparée pour que le sang conserve son aptitude à fournir les matériaux nutritifs. Aussi est-ce à restituer au sang les matériaux perdus et à lui conserver , par une introduction incessante de nouveaux matériaux, son aptitude nutritive, qu'aboutit l'emprunt de matière fait au monde ntéricur sous les formes air atmosphérique , boissons et aliments.

£n raison de la structure celluleuse de tontes les partieâ du corps et de la perméabilité des cellules, l'absorption des gas et des liquides peut se faire partout dans le corps, soit aux surfaces, soit à l'intérieur. Mais l'absorption nutritive s'accomplit dans deux régions déterminées au mofen d'appareils spéciaux dont les actions se rattachent à deux fonctions distinctes : l'absorption de la matière gaaense , ou retpiration; l'absorption de la matière liquide et solide, ou digeslion.

L'enveloppe extérieure du corps ou la peau, qui est étrangère à l'absorption nutritive , s'arrête au niveau des ouvertures du nex, de la bouche et de l'anus , où elle s'unit avec une peau intérieure plus fine, à épiderme plus mince, qu'on appelle membrane muqueuse. Cette membrane , après avoir tapissé l'intérieur de la bouche et du nex, forme en arrière de ces cavités une espèce d'entonnoir commun, le pharynx, à partir duquel elle se divise en deux prolongements tubuleux, dont Tun, qui (ait suite au pharynx, est le commencement du canal digestif et s'appelle œsophage, dont l'autre , situé en avant, iarymjc et trachée artère , est le commencement du canal respiratoire. Le canal digestif traverse la poitrine, se développe dans le ventre et se termine i l'ouverture anale , représentant un tube dont l'ouverture supérieure est la bouche. Le canal respiratoire s'arrête dans la poitrine, s'y divise eu une infinité de canaux plut petits, et se termine par d'innombrables cellules dont l'association constitue le poumon, représentant aiinsi un sac maitiloculaire, ouvert dans un tube à double embouchure supérieure , le nez et la bouche.

VctM da

Vciu c*f«.

V«Dtrical« gs'jebe.

(Pig. 3.) Pottinoni , cour et grot vaiMeaai. RESPIRATION.

La matière de l'absorption respiratoire, ou le gai oxygène, entre pour 20,81 sur 100 dans la composition de l'air atmosphérique qui entoure l'homme de toutes parts.

Toute surface respiratoire étant au contact de l'air atmosfjbérique , il se fait au travers des parois des vaisfi«aiu sanguins qui avoisinent cette surface, entre le sang qui parcourt ces vaisseaux et l'air, un échange de matière gazeuse. L'air cède de l'oxygène an sang, qui lui rend de Tacidc carbonique. Par suite de cet échange le sang se (roatre modifié dans sa composition, et en même temps il change de coolenr : de rouge-foncé qu'il était, couleur

qui appartient au sang veineux, il devient rooge-écarlate, couleur qui caractérise le sang artériel. Ces trois faits , absorption d'oxygène, exhalation d'acide carbonique et transformation du sang veineux en sang artériel, qui constituent dans leur ensemble les phénomènes essentiels de la respiration , ne peuvent s'accomplir qu'à la condition du contact immédiat de l'air atmosphérique avec la surface respiratoire. Cette surface est renfermée chez l'homme au dedans de la poitrine, d'où la nécessité de mouvements qui aient pour effet d'introduire l'oxygène à absorber dans la cavité^ respiratoire, et d'eu expulser l'acide carbonique. Ce double^résultat est obtenu par la succession de deux mouvements alternatifs qui se reproduisent, terme moyen, quinse fois par minute, qui se contiivient pendant toute la durée de la vie, et qui sont si essentiels i son maintien, que, dans toutes les langues, respirer et vivre sont synonymes. L'un de ces mouvements consiste dans un agrandissement de la cavité de la poitrine qui entraîne une dilatation du poumon , et qui détermine l'air extérieur à se précipiter pour remplir le vide produit , à travers les ouvertures du nés et de la bouche , dans le larynx , la trachée-artère, ks bronches, jusque dans les cellules pulmonaires ; c'est le mouvement d'inepiration. L'autre mouvement, nommé expiration, consiste dans un resserrement de la cavité de la poitrine qui entraîne une compression du poumon et qui détermine l'expulsion, par. les mêmes voies, de l'air contenu dans les cellules pulmonaires, c'est-i-ilire de l'air qur, par la respiration, a perdu 3 p. 100 d'oxygène et a acquis une quantité équivalente d'acide carbonique.

La matière de l'absorption digestive, ou Taliment liquide et solide, est abondamment répandue dans la nature; mais elle ne peut arriver an contact de la surface diges^ tive , apte à l'élaborer et à l'absorber, qu'à la condition d'être introduite dans le tube digestif après avoir été choisie et saisie.

L'eau a en elle-même tout ce qu'il faut pour réparer les pertes aqueuses de l'organisme. Aussi est-elle la boisson essentielle ; elle est la base de tontes les boissons artificielles que l'industrie humaine a créées.

Pour être réparatrices , les substances solides doivent unir à certaines conditions de forme, de consistance et de composition chimique , l'aptitude à subir la métamorphose digestive qui est le caractère essentiel de l'aliment. Or, les substances qui réunissent ces conditions , relativement à l'homme , sont les diverses parties des animaux et des végétaux et certains de leurs produits. Tous les aliments de l'homme représentent donc de la matière organique , soit animale , soit végétale.

L'analyse chimique a prouvé que les substances alimentaires végétales, aussi bien que les animales, contiennent les matériaux du sang et du corps humain sous une forme semblable , la fibrine , l'albumine , la graisse , et en outre des matériaux analogues très-aptes à subir la métamorphose digestive , la gélatine , la caséine , le sucre , la fécule , etc.

Les substances alimentaires , soit liquides , soit solides, doivent être introduites par la bouche dans l'appareil digestif. De la bouche elles passent dans l'œsophage; de l'œsophage dans Yeelomac , où elles séjournent ; puis de Testomac dans Y intestin grêle; et enfin de l'intestin grêle dans le gros intestin , d'où elles sont rejetées an dehors sous la forme de matières fécales qui représentent le résidu des élaborations digestives.

Les élaborations de la substance alimentaire se font successivement et à mesure de son passage dans les diverses régions indiquées du tube digestif, et elles aboutissent en dâlnitive à l'absorption de la substance élaborée sous forme d'un liquide lactescent qu'on appelle eAy(r.'

Diiei'flt'S sciions organiques concourent à la transformation de raliment en chyle et sont désignées dans leur ensemble sous le nom commun de digestion.

Les deux mâchoires qui forment Tenceinle osseuse de la cavité de la bouche sont armées de dents , petits os recouverts d'un émail très-dur, solidement enchâssés dans des alvéoles , au nombre de 1 6 pour chaque mâchoire , A incisives taillées en biseau , 2 canines pointues, 1 0 moiaires terminées par une surface large où font saillie 2 ou plusieurs tubercules. Les deux rangées de dents se correspondent dans les mâchoires , et la mâchoire inférieure mobile peut éprouver, par suite de l'action musculaire, des mouvements alternatifs d'abaissement , d'élévation et de glissement latéral contre la mâchoire supérieure immobile. Ces mouvements ont pour effet de couper par les incisives , de déchirer par les canines , de broyer par les molaires, les substances alimentaires interposées entre les deux arcades dentaires, et de les réduire ainsi en pulpe. C'est ce qu'on appelle la mastication.

Vinsaiivation consiste dans l'imprégnation des substances alimentaires par un liquide appelé salive , versé dans la bouche pendant que les aliments y séjournent , et provenant, par divers conduits, de plusieurs glandes situées au pourtour de la cavité de la bouche : l'une au-devant de l'oreille, glande /iaro<i^ ; l'autre sous la langue, glande sublinguale ; la troisième au-dessous de la mâchoire inférieure , glande sous-maxillaire. La salive, qui est alcaline et qui contient une matière spéciale appelée ptyaline , en se mêlant aux aliments, les ramollit, concourt à leur division , leur fait éprouver un commencement de dissolution et prépare leur transformation ultérieure.

Elle concourt avec la mastication à rendre possible et facile la déglutition, mouvement fort compliqué qui transporte la matière alimentaire de la bouche dans le pharynx, et de là, par l'œsophage, dans Testomac.

Foie. Pjlore. nCcotb^gi'. Panciru. Eiloictc. •

^ S. iliaqoi'.

t gréin. HocloiD.

(Pig. 4.) Apparfil digeslif.

Les aliments accumules dans l'estomac déterminent, par leur contact avec sa surface muqueuse, le suintement d'un liquide acide, appelé suc gastrique, qui dissout peu à peu et transforme en une bouillie grisâtre, appelée chyme, les siibslances alimentaires. Par suite de cette .-.*:„ jy gyp gastrique , les matières alimentaires perdent

leur forme, leur couleur, et se modifient dans leur na~ turc chimique de manière qu'il ne soit plus possible d^ reconnaître dans le chyme l'aliment qui a servi à le for mer. La digestion stomacale n'est donc ni une coclioo, d' une trituration , comme les anciens l'ai aient supposé, ni même une simple dissolution, comme on l'a enseigné depuis. C'est une mutation chimique , encore inconnue dan^ sa nature, mais comparable à une fermentation. Indépendamment d'un ou deux acides dont l'action est surtool dissolvante , on a trouvé dans le suc gastrique une maliènparliculière , h pepsine^ qui paratt jouer dans le traiail digestif le râle de ferment.

A mesure qu'une portion des aliments a été réduite efi chyme, l'estomac, par ses mouvements, chasse cettr bouillie demi-liquide dans l'intestin. Le travail d'une digestion stomacale ordinaire dure de 3 à 5 heures.

A"son arrivée dans la partie supérieure de Tinlestiii appelée duodénum , le chyme se trouve en contact avec de nouveaux liquides qui réagissent sur lui :

lo Le SMC pancréatique, espèce de salive albomineas<' qui concourt à délayer, à dissoudre le chyme, et qui loi ajoute de la matière animale ;

2o La bile, liqueur savonneuse, dont l'action chimiqnc sur le chyme est encore peu connue, qui lui ôte son acidité, qui lui ajoute de la matière colorante et une matière résineuse propre à prévenir sa décomposition pntride , qui provoque de la part de l'intestih les mouve- > mcnls aptes à déterminer la progression du cbjme dans toute l'ctcndue du canal intestinal.

Ces deux liquides sont formés par deux grosses glande* voisines de l'estomac , le pancréas et le/ot> , et sont vergés dans le duodénum par deux conduits , d'une manière continue pendant tout le temps de la digestion intestinale Hors de ce' temps, la bile, qui continue à se former, ne coule pas jusqu'à l'intestin , mais s'arrête dans un réservoir appelé vésicule biliaire , pour s'y accumuler. La vésicule se vide au moment de la digestion.

Indépendamment du suc pancréatique et de la bile qu: sont versés dans l'intestin , il se forme à la surface de a canal un liquide appelé suc intestinal, analogue pour » nature, pour sa source et pour ses usages, an tue gastrique dont il supplée et complète l'action.

En se mêlant au chyme , le suc pancréatique , la bik et le suc intestinal le modifient définitivement de tellt sorte que sa partie la plus fluide pénètre dans les «aisseaux absorbants de la membrane muqueuse, et y apparaît sons la forme d'un liquide blanc , laiteux , qui est le ckgU.

Le chyme , en parcourant toute l'étendue du petit intestin , s'épuise peu à peu de cette partie fluide ; et lorsqu'après avoir franchi la valvule iUo-cœcaU, il arrivf dans le gros intestin , il a revêtu les caractères propres aux matières fécales. Ces matières s'accumulent dans le gros intestin et y séjournent jusqu'à ce que le besoifl d'expulser ce résidu de la digestion se faite sentir K détermine les actions musculaires aptes à réaliter cetl^ expulsion.

Le chyle qui a été aspiré par les vaisseaux de rintestia appelés chylijhres est charrié par eux dans un coodnit plus grand qu'on appelle canal thoraeique , qui remoole du ventre dans la poitrine. Ce canal est en commnnicatioa avec la plupart des vaisseaux absorbants du corps, qui y conduisent un liquide particulier nommé Ipmphr, \iè\é à la lymphe dans le canal thoraeique , le chyle est xené par ce canal dans la veine sons-davière gaucbe, et par conséquent dans le sang veineux.

Ainsi la substance alimentaire, par suite des modifications successives qui viennent d'être énnméréet, te trooTt définitivement incorporée au sang,- dont elle ne peut plas être distinguée. Or, comme c'est le sang qui fournit (4r> tout les matériaux de l'entretien et de l'actroitsetnent <ks organes, aussi bien que les matériaux des perles iore*-

AMATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE l/HOMME.

Santés du corps, et qui par conséquent éprouve en réa1il<^ lonlet les pertes dont la réparation est le but de la nutrition , on conçoit que la réparation de ces pertes puisse être réalisée par l'addition du chyle au sang , si le chyle contient tous les éléments matériels de cette réparation.

Ctsi ce qui a lieu en effet Le chyle est principalement constitué par de Falburoine, de la fibrine , de la graisse. Sa composition est semblable à celle du sang, qui luimême contient tous les éléments de la matière du corps. An sang veinenx qui a reçu du chyle , il ne manque , pour être complètement restauré de ses pertes , que d*étre modifié par Taction de l'oxygène qui , transformant le sang veineux en sang artériel , lui restitue définitivement les qualités de suc vital, nutritif et vivifiant. On a vu que tel est l'ofBce de la respiration.

L'introduction dans le sang du chyle qui représente le produit de l'absorption digeslive, et de la lymphe qui représente le résidu du travail de la nutrition dans toutes les parties , ou le produit de l'absorption interne , suppose dans le chyle, dans la lymphe, un mouvement vers le sang. Ce mouvement a effectivement lieu des racines lymphatiques qui commencent aux surfaces et dans la trame dernière des tissus, vers le canal thoracique et vers les veines sons-clavières. C'est un mouvement peu rapide qui a pour cause l'introduction non interrompue dans chaque racine vascnlaire d'une nouvelle quantité de liquide absorbé , chassant devant elle la colonne de liquide antérieurement introduite.

Le sang, qui, après avoir été utilisé dans toutes les parties du corps pour le travail de la nutrition , est devenu par cela même sang veineux , doit , pour redevenir sang artériel , se rendre de toutes les parties à la surface respiratoire, en recevant dans son trajet la lymphe et le chyle. Il y a donc nécessité d'un mouvement du sang veineux de tontes les parties du corps à la surface respiratoire. Le sang artérialisé à la surface respiratoire, et devenu dès lors propre à entretenir la vie, doit être condait de ce lieu à toutes les parties du corps pour y remplir les ofGces de la nutrition. Il y a donc nécessilé d'nn mouvement du sang artériel de la surface respiratoire i toutes les parties du corps.

Ces deux mouvements existent réellement, et une habile disposition en simplifie le mécanisme par la réunion des deux mouvements en un seul. En effet, les vaisseaux qui portent le sang veineux de toutes les parties du corps à la surface respiratoire se continuent avec les vaisseaux qui conduisent le sang artériel de cette surface à tontes les parties du corps, où les vaisseaux du sang mrtèrie] se continuent aussi avec les vaisseaux du sang veineux , de telle sorte que l'ensemble de tous ces vaisseaux représente une seule carrière vasculaire dans laquelle le sang se meut en cercle.

Le sang est mis et maintenu en mouvement dans cette carrière circulaire par l'action principale d'une admirable machine que l'on appelle cœur (voir fig. 3).

Le cœur est composé de deux moitiés similaires : l'une droite, l'autre gauche. Chacune de ces moitiés est constituée par deux cavités à parois musculaires , superposées et communiquant entre elles par une large ouverture.

La cavité supérieure , k parois plus minces et de forme globuleuse, s'appelle oreiUette , et est en communication avec plusieurs vaisseaux veineux. La cavité inférieure, à parois plus épaisses, de forme conoîdale on pyramidale, s'appelle ventricule, et est en communication avec un gros vaisseau artériel.

Ces deux moitiés du cœur sont adossées l'une à l'autre* oreillette à oreillette, ventricule à ventricule, et réunies par des éléments communs de structure, mais sans rommnnicalion de cavités d'un enté à l'aulrc.

Les vaisseaux que le sang parcourt dans son mouvement représentent, pour leur forme, des arbres dont les troncs d)outissent aux cavités du cœur, se divisent graduellement en branches , en rameaux , et enfin en ramuscules plus fins que des cheveux , qui aboutissent aux surfaces d'absorption et à la trame des tissus organiques.

Les vaisseaux veineux, qui aboutissent aux oreillettes, constituent deux systèmes de veines , l'un qui a ses fines divisions ou ses racines dans toutes les parties du corps et qui aboutit par deux troncs principaux à loreillette droite, le système de la veine cave; l'autre, qui a ses racines aux surfaces respiratoires et qui aboutit par quatre troncs à l'oreillette gauche ; c'est le système des reines pulmonaires. Les vaisseaux veineux ont des parois minces et molles et sont médiocrement élastiques. Les vaisseaux artériels^ qui aboutissent aux ventricules, constituent aussi deux systèmes d'artères , l'un qui a son tronc au ventricule droit et ses extrémités à la surface respiratoire, système de V artère pulmonaire; l'autre, qui a son tronc au ventricule gauche et ses extrémités dans toutes les parties du corps, système de Y aorte. Les vaisseaux artériels ont des parois épaisses et dures, et sont trèsélastiques.

La direction du sang dans ces quatre ordres de vaisseaux est constante. Relativement au cœur, qui est comme leur centre commun , cette direction est centripète dans les vaisseaux veineux : de toutes les parties du corps à l'oreillette droite pour le système de la veine cave ; de la surface respiratoire à l'oreillelle gauche pour le système des veines pulmonaires ; elle est centrifuge dans les vaisseaux artériels : du ventricule droit à la surface respiratoire pour le système de l'artère pulmonaire ; du ventricule gauche à toutes les parties du corps pour le système de l'aorte. Voici maintenant quel est le mécanisme qui détermine et dirige le mouvement du sang.

Chacune des cavités du cœur offre alternativement dans ses parois deux états opposés , l'un de relâchement, qu'on appelle diastole, pendant lequel les parois permettent la réplélion et la distension de la cavité, et par conséquent l'introduction du sang ; l'autre de contraction , qu'on appelle systole, pendant lequel ces parois, diminuant d'étendue en surface , se rapprochent énergiquement jusqu'à se toucher, de manière à effacer leur cavité et à la vider du sang contenu.

Ces changements d'étal se succèdent et s'associent dans les oreillettes et les ventricules suivant un ordre déterminé qui exprime le rhythme des mouvements du cœur, et qui assure l'efficacité de la machine comme agent d'impulsion et de direction.

En considérant les phénomènes dans une seule moilié du cœur, soit la moitié gauche , voici ce qui se passe :

L'oreillette gauche , gonflée et distendue par le sang artérialisé que lui versent les quatre veines pulmonaires, se contracte subitement et énergiquement , de manière à effacer ^a cavité et a chasser le sang qu'elle contient. A ce moment précis , le ventricule gauche est à l'état de relâchement dans ses parois, qui n'offrent dès lors aucune résistance à l'introduction du sang , cl l'ouverture, qui fait communiquer sa cavité avec celle de l'oreillette, est libre. Le sang de l'oreillette s'introduit brusquement dans la cavité ventriculaire et la remplit.

Dès que cet effet est produit, le ventricule gauclie se contracte énergiquement et chasse le sang dans l'ao rie et ses divisions par un mouvement brusque et impétueux.

L'embouchure de l'aorte livre un libre passage au sang, car les trois petites soupapes dont elle est munie et qu'on appelle valvules sigmotdes , sont disposées de manière à céder facilement i la pression qui leur vient du coté du ventricule.

Le reflux du sang delà cavité ventriculaire dans l'oreillette an travers de l'ouverttire de communication est rendu

impossible par le jeu d'an appareil qui ferme hermé(i> quement cette ouverture au moment mi^me de la contraction du ventricule. Cet appareil consiste dans un anneau membraneux (Gg. 5 et 6 a) adhérent par son bord sapérieur au pourtour de l'ouverture de communication , et plongeant par son bord inférieur dans la cavité du ventricule. Ce bord inférieur, découpé de manière à offrir deux languettes et deux échancrures , donne attache à deux séries de fins et robustes cordages , l'une antérieure b, l'autre postérieure c, qui vont se fixer au sommet de deux colonnes musculaires d , f , détachées des parois antérieure et postérieure de la cavité. Ces deux colonnes offrent chacune deux saillies séparées par une gouttière. Au moment delà contraction du ventricule, les deux colonnes se rapprochent jusqu'au contact, et s'engrènent de manière que la saillie droite de la colonne antérieure remplisse la gouttière de la colonne postérieure , et que la saillie gauche de la colonne postérieure remplisse la gouttière de la colonne antérieure. Dans cette disposition des colonnes , qai n'en font plus qu'une , les cordons tendus par le raccoarcisscmeot des colonnes ont été entraînés et avec eux le bord inférieur de l'anneau membraneux , de manière que les cordons sont devenus verticaux , de divergents qu'ils étaient , et que l'anneau rapproché, plié«t comme froncé, se trouve fermé à l'instar de l'ouverture d'une bourse.

Fig. 5. Appareil vtlfoUire ooveri ptr l'éctrtemeDt dei colonoti.

Immédiatement après que le ventricule gauche s'est vidé de sang par sa contraction , ses parois se relâchent pour recevoir le sang que lui envoie la contraction auriculaire qui marque le commencement d'une nouvelle période des mouvements du cœur. Au moment où les parois du ventricule se relâchent , le sang qu'il vient de chasser dans l'aorte tend à refiuer dans sa cavité , et y refluerait en effet , si ce mouvement rétrograde du sang ne se fermait à lui-même le passage en redressant les trois soupapes de l'embouchure aorlique , qui deviennent par leur rapprochement une véritable cloison infranchissable.

Des phénomènes tout à fait semblables se produisent au même moment, et par un mécanisme semblable, dans la moitié droite du cœur. L'oreillette droite se contracte sur le sang qu'elle a reçu du corps par les veines caves, le chasse dans le ventricule droit qui se contracte à son tour pour pousser le sang, par l'artère pulmonaire, dans Ips poumons.

Si maintenant on suit le sang dans son mouvement circulaire , à partir de la surface respiratoire où il a étt^ artérialisé , on voit qu'il se rend de cette surface , avec une quantité de mouvement acquise, dans l'oreillette gauche ; l'oreillette gauche le pousse dans le ventricule gauche ; le ventricule gauche le pousse dans l'aorte et set divisions par une impulsion brusque et impétueuse qui , dilatant brusquement les artères , donne naissance à ce qu'on appelle \e pouls; les artères, après s'être dilatées sons l'influence de l'introduction soudaine et forcée du sang chassé par le ventricule , se resserrent en vertu de leur élasticité et pressent latéralement sur la colonne sanguine de manière à maintenir le mouvement dans cette colonne. Arrivé à l'extrémité des dernières divisions de l'arbre artériel dans des vaisseaux disposés en réseaux qu'on appelle eapiUairti et qui font partie de la trame des tissus, le sang s'engage dans les plus fines divisions des veines qui se continuent directement parées réseaux capillaires avec les divisions artérielles. 11 revient le long des vaisseaux veineux du corps à l'oreillette droite , qui le chasse dans le ventricule droit , d'où il est poussé par l'artère pulmonaire jusqu'aux vaisseaux capillaires do poumon , où il reçoit l'influence de l'acte respiratoire en s'engageant dans les origines des veines pulmonaires, rejoignant le point de sa carrière circulaire, qui a été pris pour point de départ de' son mouvement.

Fig. 6. Appareil Tcivalaire fermé pu le rapprockemeiit dee c^k^bm (meintenn inr le figure «o moyen d'an lien .)

SiCRtTlON ET NDTRITIOX.

La formation sécrétoire et la formation nutritive ae ressemblent qnant à leur essence , puisque toutes deux eoosistent en une élaboration du sang d'où les organes vivants extraient pour l'usage de la vie des produits qui diffèrent du sang lui-même. Elles s'éloignent notablement quant à leurs produits et quant à leurt conditiao» organiques. Les produits do In formation sécrétoire socit des liquides ou des gaz , et non des parties organisée^ Les uns sont déposés dans des cavités closes pour j servir à divers usages, et ne peuvent sortir de ces cavilès qu'au moyen de l'absorption ; ce sont le pifment, la *m>' titi , la graitie. D'autres sont immédiatement élimioés au dehors du corps en raison de ce qu'ils sont formés à $es surfaces cutanée et respiratoire ; ce sont l'acide cmré<*»f que, la vapeur d'eau, la meirr, le tmegwka. Il est àcn pr»duits sécrétoires qui , formés ou versés i la surface àti muqueuses , sont en partie utilisés et résorbés , en par-

AXATOIIIK KT PHYSIOLOGIE DR l/HOMMK.

\e reje[és an dehors conmie matière 6U))erflue , leli que ' uuatt , la MiêUre , 1p muc gastrique , le tue intestinal , le uc paucréatique , la bile , les larmes. Enfin certains promis sérrèloires représentent le résultat essentiel d'une mHiOQ spéciale eu raison de leur destination qui se rapurtc : pour l'urine , à la dépuration du sang ; pour la ipuur séminaU , à la fécondation de l'œuf reproducteur ; our le lait, k l'alimentation de la progéniture. Les prouits de la formation nutritive sont des parties solides , rganisées. et ne sont, en définitive, que les organes tti- mêmes, ou plutôt leurs tissus constituants, dont rnsfrable peut être résumé ainsi qu'il suit : 1» Tissus se irmanl par un développement intérieur appelé intustu*fptioR, dont les uns sont essentiels à la vie végétative, saoir : le tissu cellulaire , comprenant les vésicules séreuses t graisseuses , les vaisseaux sanguins et lymphatiques , les ndnils sécréteurs et excréteurs; le tissu cutané , compreiDl la peau et les membranes muquetues ; le tissu glandu- «j. développement composé des tissus cellulaire et cutoé ; dont les autres sont essentiels à la vie animale , les tsutnerreuxt musculaire , tendineux et squelettique ; 2^ tisi» se formaut par un développement extérieur appelé tiiaposilion , comprenant le cristallin , les dents , les ùiU , \ei ongles , ïépiderme et Yépitkélium. Les rondilions organiques de la formation nutritive ne ifltrent pas de celles qui appartiennent à toute partie ivante , et consistent eu la présence du sang au contact 'duc cellule.

La formation sécrétoire, qui peut se produire aussi dans es conditions, est le plus souient subordonnée i Texis- »(e d'appareils 8{K>ciaux appelés glandes. Les glandes frretoires consistent essentiellement en une cavité ou D assemblage de cavités en communication avec la irfaee cutanée où est versé le produit de la sécrétion. «5 plus simples sont les follicules sébacés et muqueux. 'trmi les glandes plus composées, les unes sont couitoées par des cellules ouvertes, disposées en grappes à Pilrémité des conduits sécréteurs, de manière à former ti lobules, lesquels se réunissant en lobes forment une laise commune d*oii le liquide sécrété sort par un ou luveurs conduits excréteurs , ce sont les glandes conglomes ou inférieures, telles que les glandes salivaires , lacrymales, mammaires, pancréatique et prostatique ; les autres sont formées de cellules ou de tubes étroitement unis par un tissu intermédiaire, de manière à constituer une masse homogène, qui est enveloppée d'une membrane propre, dans laquelle naissent des conduits sécréteurs continus, d'une part, avec les cellules ou tubes, d'autre part se réunissant en un canal unique pour verser le proloil de la sécrétion dans un réservoir, d'où ce produit accumulé est verséau moyen d'un ca-

nal excréteur à la surface muqueuse oucutanée, à des intervalles plus ou moins longs; ce sont les glandes tiscérales ou supérieures, A cette classe appartiennent : l'appareil sécréteur de la bile , composé du foie, du canal hépatique , de la r^- ^'% 8 Coupe rcrtical* ai4;ff^ biliaire et du canal cholédo- "" '"•*• que; l'appareil sécréteur de l'urine

oinpn>nant les reins, les uretères, la vessie et le canal de 'trclrr,

Leg produits de la formation sécrétoire et nutritive, ' e»l'à-dire les sécrétions et les organes, ont avec le sang "le iiaiiiiittde de composition chimique qui est telle que w ^créiioQfl et les organes contiennent les mêmes élé- ^nh chimiques que le sang. Mais ces éléments com-

^'!|- ' " Sirnctare d'oi jUode coDgloméréc.

muns ne sont pas associés de la même manière dans les sécrétions , les organes et le sang. Ainsi , dans les organes, par exemple dans la peau et les os, il y a une grande quantité de gélatine qui n'existe pas dans le sang ; dans les sécrétions, on trouve la matière biliaire, l'urée, l'acide urique , la caséine , que le sang ne contient pas.

La formation sécrétoire et nutritive ne consiste donc pas dans une simple séparation du sang, de matériaux préexistants qui transsuderaient au travers des vaisseaux sanguins pour se fixer dans les organes, ou pour en être exprimés. On pourrait tout au plus concevoir ce mode de formation pour les sécrétions qui consistent en une simple exhalation d'acide carbonique et d'eau. Dans tous les autres faits de formation, il y a certainement une élaboration du sang , un choix et une transformation de ses matériaux pour produire soit les liquides sécrétés, soit les particules organiques.

La source des formations sécrétoires et nutritives est le sang artériel , qui est conduit dans tontes les parties pour y porter à la fois une influence vivifiante, et les matériaux de la sécrétion et de la nutrition, et qui perd, dans toutes les parties, ses qualités de sang aitériel pour revêtir celles de bang veineux, précisément par suite du travail de la nutrition. Il n'y a d'exception à cette loi que pour la formation sécrétoire et pour deux sécrétions, la sécrétion d'acide carbonique et d'eau qui se fait à la surface respiratoire aux dépens du sang veineux apporté par le système de l'artère pulmonaire , et la sécrétion de la bile qui se fait dans le foie aux dépens du sang amené de l'appareil digestif et de la rate par le système spécial de la veine-porte. .

La nature et les moyens de l'élaboration du sang dans la formatiou sécrétoire et nutritive sont encore ignorés. On sait que les vaisseaux dans lesquels le sang circule sont perméables et peuvent laisser sortir, sous l'influence soit de la pression du sang , soit d'une attraction extérieure , la partie liquide du sang ; on présume que la liqueur du sang sort ainsi des vaisseaux capillaires dans toutes les parties ; que ces parties , en raison de leur nature soit d'organe sécréteur , soit d'organe vivant , y puisent les matériaux de la formation sécrétoire et nutritive , et que les vaisseaux lymphatiques reprennent soit le résidu de cette élaboration , soit les matériaux cédés par les organes renouvelés , pour les ramener sous la forme lymphe dans le sang.

On sait que les organes exercent une attraction spéciale sur les matériaux du sang , ainsi que le prouve le fait de la. coloration en rouge des os ches les animaux nourris avec de la garance ; on sait que les organes abandonnent à l'absorption leurs parties constituantes , ainsi que le prouve la disparition de cette couleur rouge dans les os des animaux qu'on a cessé de nourrir avec de la garance.

On est conduit par ces faits à admettre que cette attraction dans les organes sécréteurs est fondée sur l'hétérogénéité chimique, les glandes, généralement albumineuses, attirant du sang les principes autres que l'albumine ; que cette attraction dans les organes en général est fondée sur l'homogénéité chimique, les parties organiques attirant , pour se les assimiler et se les incorporer, les matériaux similaires du sang. On doit admettre que la transformation des principes attirés du sang se fait pendant le passage de ces principes au travers des vaisseaux et des cellules ; mais on ignore complètement comment s'effectue cette métamorphose, essence de la nutrition et manifestation de la force inconnue qui préside aux actes de la vie. Cette force , dont l'intervention est nécessaire à propoi des actes les plus simples de la vie végétative , est aussi celle qui préside à l'ensemble des fonctions , qui les di- . rige , qui les coordonne par rapport aux fins essentielles de la vie, le développement et la conservation de l'organisme. Rn effet, le développement de l'organisme dr-

poil la conception et la oainance jniqn'à Tâge mûr conformément au type de l'espèce humaine, et sa coniervation depnif la naissance jusqa'à la mort , malgré l'action in> cessante des agents de destruction , se montrent dans les phénomènes de la vie constamment subordonnés à un déploiement d'actions vitales qui, pour être fatales, comme tont effet de loi, n'en expriment pas moins un concours de forces coordonnées par rapport à un but rationnel. Les limites si étroites de cette esquisse ne comportent pas le développement de cette doctrine, que la science moderne ne saurait rejeter sans mériter d'être taxée d'étroitesse et d'inintelligence dans ses conceptions. Pour faire concevoir la réalité de la coordination et de la subordination des phénomènes organiques à des lois spéciales, qui sont les luis de la vie, il suffira d'entrer dans quelques détails sur l'ensemble des actions vitales par lesquelles l'équilibre est maintenu entre les acquisitions et les pertes matérielles de l'organisme, et rétendue de la mutation matérielle est proportionnée aux besoins de déploiement de force. Les conditions de cet équilibre se rattachent à deux nécessités de l'organisme vivant, qui ne peut se conserver qu'à la condition de créer de la force pour réaliser par l'action nerveuse et le mouvement ses rapports avec le monde extérieur, et à la condition de créer du calorique pour se maintenir à une température propre. Celte double nécessite et la consommation de matière par laquelle l'organisme y satisfait ont permis d'assimiler, par une ingénieuse comparaison , l'organisme vivant de la vie de nutrition à une locomotive qui consomme du charbon pour créer de la chaleur et du mouvement

C'est un des caractères propres aux êtres vivants , et surtout aux animaux et i l'homme, de se maintenir à une température propre, habituellement plus élevée que celle dn milieu ambiant.

Le corps de l'homme a une température moyenne de 36^ voisine de celle du sang, qu'il maintient constante dans un milieu à température très-variable, mais habituellement plus froide, l'air atmosphérique. Les limites extrêmes de température, dans l'air extérieur, auxquelles le corps humain résiste, en conservant sa température propre, sont très-distantes (-1-38, — 23, dilf. 62^ pour Paris).

Relativement an mouvement et i l'équilibre du calorique, le corps humain est soumis à la loi commune. Dans un milieu plus froid, et c'est la condition ordinaire de sa vie, il perd du calorique par le rayonnement et par le contact. Mais de plus l'organisme dépense constamment une grande quantité de calorique, celle qui est employée à vaporiser l'eau qu'il exhale à la surface du poumon et de la peau. Dans un milieu plus chaud , il doit tendre à s'échauffer. Gomment , dans ces deux cas, l'organisme maintient-il sa température?

On conçoit que la faculté de vaporiser de l'eau crée à l'organisme une ressource à l'aide de laquelle il puisse se défendre de la chaleur. C'est en effet ce qui arrive au corps dans un milieu plus chaud; la transpiration augmente en raison de la température, et avec elle la consommation du calorique employé À la vaporisation de l'eau.

Mais dans un milieu plus froid, l'organisme ne peut se maintenir à une température constante qu'en créant une quantité de calorique égale à celle de ses pertes. Aussi l'organisme a-t-il la puissance de créer du calorique en quantité relative à ses besoins ; et c'est à cette création constante d'une quantité variable de calorique que se rapporte en partie la consommation constante d'une quantité variable de matière, dont l'emprunt au monde extérieur est une des conditions de la vie.

£n effet l'organisme absorbe , en 2 A heures , par la surface respiratoire , une quantité d'oxygène équivalente à 1 k. 015, par la surface digestive une quantité de

carbone contenue dans les aliments , équivalente à 435 grammes. Malgré celte absorption journalière de prv» d'un kilog. et demi de matière , le poids du corps d'un adulte ne change pas en 24 heures, fait qai s'explique <*a ce que l'organisme perd, dans la même période, une quantité équivalente d'acide carbonique. Cet acide carbonique représente une combinaison de l'oxygène respiré avec le carbone digéré , et , comme toute combinaison d'oxygène avec le carbone, représente un dégagement de calorique proportionnel à la quantité de la matière combinée. 435 grammes de carbone, en se combinant avec 1 k. 01 5 d'oxygène, produisent une chaleur égale à 3,425,625 degrp«. suffisante pour élever i la température de 37 degrés 92 k. , et a l'état de vapeur 6 k. d eau.

Cette quantité considérable de chaleur formée par la combinaison de l'oxygène respiré avec le carbone digéré est susceptible de varier en raison de la quantité de l'absorption d'oxygène et de carbone.

Or il y a entre la respiration , la digestion et la calorification, dans les conditions variables de la vie, un rap- [k>rt préétabli , qui fait varier la quantité dn calwiqnr produit en raison des pertes à réparer. En effet, pies l'air extérieur est froid , et plus les pertes de calorique sont considérables. Plus l'air est froid et plus , sons on même volume , il contient d'oxygène , et plus par coujêquent la respiration en introduit dans l'organisme pour un même acte. L'exiiérience prouve d'ailleurs que l'appétit et la puissance de digérer augmentent en rai>oD directe de l'abaissement de la température extérieure. Ainsi, en raison du refroidissement de l'air extérieur, les pertes de calorique augmentent , mais aussi l'absorption respiratoire de l'oxygène et l'absorption digestif t de carbone augmentant, la production de calorique s'aecrott dans le même rapport, de manière à rendre possible le maintien de l'équilibre, c'est-à-dire le maintien de U température propre au corps humain vivant

On ne sait pas encore avec une entière certitude quell-4 sont les parties du corps où s'effectue l'oxydation qui est la source du calorique produit par l'organisme. On a cro pendant longtemps que cette oxydation était l'essence de la respiration, et consistait dans la combinaison immédiate de l'oxygène inspiré avec le carbone et l'hydrogène du sang veineux qui traverse le poumon. On est pins disposé à admettre aujourd'hui que l'oxygène absorbé à U surface respiratoire est porté par le sang artériel dans li*s capillaires du corps, où sa combinaison avec le carbone et l'hydrogène des tissus est la condition qui crée dans les parties mêmes le calorique dont elles ont besoin pour se maintenir à la température propre du corps. Néanmoins le fait d'une température plus élevée d'un demidegré dans le sang artériel ne pouvant être révoqor en doute, il est impossible de ne pas admettre que Vo\y dation et la création du calorique se font eu partie an moment de l'absorption respiratoire. Dès lors le san^ artériel conduit dans toutes les parties non-seulement 1«5 matériaux nutritifs, mais encore du calorique.

La quantité de calorique qui est ainsi portée. dans les parties par le sang artériel et qui y est entièrement dépensée, puisque le sang veineux a une température plas faible précisément d'un demi-degré , peut être constdéréir comme suffisant à la compensation des pertes.

Il entre dans les poumons par l'artère pulmonaire à l'état veineux, et il en sort par l'aorte à l'état artériel, 45 grammes de sang par chaque contraction du r«nir. Il y a 75 contractions du cœur par minute; ce qui permet d'évaluer, par le calcul, à 3 k. 375 par minute, ri à 4,860 k. par 24 heures la quantité de sang arténil qui est envoyée par l'aorte dans le corps. En supposant que le sang fut de l'eau , le calcul prouve qu'il faudrait . pour élever 4,860 k. d'eau à 37<^, brûler 22 k. 979 dr charbon: chaque degré de tempi^i^n» iMur 4,800 k

TM

AXATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L'HOMUR.

(l'eau repréienle la combiulion de 621 grammefl de car- i bone; un demi-degré équivaut à la combuition de 311 gruDinet de carlMoe. Ce.4 donc une chaleur égale à celle qui résulte de la combustion de 311 grammes dr rsrbone, soit S,44itl35», que le sang artériel fournini( en 24 heures à dépenser an corps , en raison de sa température plus éle¥ée d'un demi-degré , acquise» dans l'acte de la respiration.

Dès lors, la création et la distribution du calorique dans le corps pourrait être ainsi conçue. Le corps, trawné dans toutes ses partie3 par les vaisseaux sanguins comQie par les tuyaux d'un calorifère , devrait sa température constante à la température constante du liquide rhaod , c'est4rdire du sang qui parcourt ces tuyaux. Leii pertes de calorique éprouvées par le corps au moyen du rayonnement , du contact et de Tévaporation , équitalentes en somme à la quantité de chaleur que représente la température plus élevée dn sang artériel , seraient ans cesse et également, compensées par l'acquisition de calorique qui résulte de réchaufTement du sang veineux aa moyen de l'oxydation respiratoire. Cette conception , fi elle pouvait être démontrée, semblerait digne, par sa féconde simplicité, d'être entrée dans les plans de la nature.

PROCRRATIO\.

La proa-éation est l'ensemble des actes par lesquels rétre vivant se reproduit dans un individu semblable. Elle suppose, dans l'espèce humaine, les deux sexes qui, toot en exprimant chacun par rapport à la vie générale un même type , se séparent par des dilTérences d'organisation constituant les caractères sexuels. Ces différences se rapportent , soit i l'acte de la procréation dans lequel ' I homme féconde l'œuf produit , conservé , développé et mis an jour par la femme ; soit à l'être procréé i qui la mère fournit sa première alimentation , le lait ; soit au rôle à jouer dans l'association de famille qui réclame plus particnlièrenient de la part de l'homme le déploiement des facultés intellectuelles et de la force musculaire , pour la protection et la conservation des membres de la famille ; de la part de la femme , le déploiement des facultés affectives et morales pour le maintien de l'association et l'édocalion des enfants.

L'aptitude à la procréation , puberté , commence vers Tagc de quatorze ans et se caractérise d'une manière spénsie chex la femme par une hémorrhagie périodique , mfMsinuttion , qui cesse vers l'dge de quarante -cinq ans , ra même temps que cesse l'aptitude procréatrice.

La procréation se rattache pour sa nature à la formalion sécrétoire , en ce que l'homme sécrète la liqueur fécondante et la femme l'œuf reproducteur. Elle se rattache rartout à la formation nutritive en ce que l'œuf formé iins l'oraire , fécondé et transporté dans l'utérus , ce qui constitue la conception , emploie le séjour de neuf mois ifu'il y fait, le temps de la grouetse, à se développer dans tes parties essentielles , Y embryon et le placenta , de maliêrc que les matériaux nutritifs empruntés à la mère par le placenta servent au développement graduel de l'embryon , jusqu'à ce que , ce développement étant suffisant |M)Dr donner au fœtus l'aptitude à vivre de soi-même , le travail de la parturition se produise ches la mère et ait pour effet Fexpulsion de l'enfant et son introduction dans e inonde extérieur , où il manifeste sa vie indépendante )ar la première inspiration.

VIB ANIHAU.

S'accroître, se conserver et se reproduire , c'est le but 't l'essence de la vie végétative. Ches les végétaux , l'é-

hange de matière que suppose la nutrition se fait imoédiateroent entre la surface vivante et le milieu ambiant, (oit qu'il s'agisse pour les feuilles do respirer dans l'air

n absorbant de l'acide carbonique et en exhalant de

l'oxygène , soit qu'il s'agisse pour les racines de pomper les sucs nutritifs de la terre. Ches les animaux, la matière à absorber ne se trouve pas au contact immédiat des surfaces d'absorption , et la matière â éliminer n'est pas immédiatement ni constamment rejetée hors du corps. D'où pour l'animal la nécessité de se mouvoir , soit pour saisir la matière nutritive, soit pour Tintroduirc dans le corps jusqu'au contact des surfaces d'absorption. Le mouvement a déjà été conçu comme nécessaire chez les animaux, soit pour la progression de la matière alimentaire au travers du tube digestif, soit pour la circulation du chyle , de la lymphe et du sang.

Mais , comme on l'a vu , toute matière n'est pas propre à fournir aux animaux les éléments de l'absorption nutritive. Pour faire son choix , l'animal doit avoir la faculté de discerner les objets et de juger leurs qualités au point de vue du rapport qu'elles ont avec la satisfaction de ses besoins. Cette faculté a pour moyen la tensibilité , propriété par laquelle l'animal est averti de la présence des corps et reçoit, en raison de leurs qualités, une impression appelée ientation. Elle consiste dans une perception par laquelle l'animal élève à un degré plus ou moins rapproché de l'intelligence la connaissance qu'il acquiert sur l'existence et les qualités des corps. Enfin , pour se déterminer à agir conformément au plan de la nature en ce qui concerne le choix de ses aliments et la réalisation des actes nécessaires à l'accomplissement de sa vie de nutrition , l'animal doit être poussé à l'action par quelque chose qui représente ses divers besoins et qui les lui révèle. Ces impulsions intérieures se traduisent pour l'animal en sensations et sentiments intérieurs , expriment des besoms définis et représentent des tendances vers un but déterminé.

Ainsi , lors même qu'il ne s'agit pour l'animal que des rapports purement matériels qui se rattachent à l'essence de la vie de nutrition , il ne peut réaliser ces rapports qu'à la condition de la motiUtè , de la MemibUité et de facultés qui , comprenant des tendances plus ou moins intelligentes vers un but et des déterminations pour atteindre ce but , se rattachent à une activité spéciale désignée sous le nom d*initinct

Mais la vie , dans les animaux , n'est pas restreinte aux rapports matériels de la nutrition ; elle embrasse des rapports sociaux , soit en ce qui concerne la reproduction de l'espèce et la famille , soit en ce qui se rattache à des états de société plus développée. Ces rapports sociaux, que l'observation nous montre dans les diverses espèces animales sous les formes les plus variées , supposent, à un plus haut degré encore que les rapports nutritifs, le déploiement des forces propres à la vie animale.

Chez riiomme , en raison de sa nature et de sa destination , les rapports sociaux se développent et embrassent des faits d'un autre ordre : aussi à l'instinct, dont on retrouve chez lui les traces , se substitue ou s'ajoute une autre espèce d'activité , l'activité intellectuelle et morale qui représente le déploiement d'une force toute spéciale.

Les phénomènes de sensibilité et de motilité constituent , à proprement parler, la sphère de la vie animale chez l'homme , en ce que ce sont les seuls qui lui soient véritablement et absolument communs avec les animaux. Ils s'accomplissent dans le corps au moyen d'organes immédiats , le tytthme nerveux , et au moyen d'organes médiats, pour la sensibilité, les organe» des sens, pour la motilité, les organes contractiles et le systhne squeUttique.

Le système nerveux comprend deux ordres de parties : des parties périphériques qui sont distribuées sous forme de cordons plus ou moins ténus dans tout le corps , les nerfs; des parties centrales qui, sous forme de masses plus ou moins volumineuses, sont contenues dans une cavité spéciale , la moelle êpinière , la moelle allongée , le rerreau et le cervelet , ou sont distribuées dans la poi-

75fi

trine et dans TabdomeD an voisinage deg organes de la vie de nutrition , les gamglion* nerveux,

Lei parties périphériques ou nerfs se continuent avec les parties centrales, d'où les nerfs semblent nattre comme les branches d'un tronc ; et les parties centrales sont en communication de continuité les unes avec les autres , les ganglions avec la moelle cpinière, la moelle épinière avec le cerveau et le cervelet, par Tintermédiairc de la moelle allongée.

Les nerfs sont constitués par la réunion fasciculée de fibres microscopiques appelées ^^rM primitiveâ, qui consistent en un tube renfermant un liquide. Ces fibres, unies entre elles par du tissu cellulaire de manière à former des cordons qu'entoure une gatne propre appelée nèvrilème, conservent dans toute la longueur des cordons nerveux, depuis leur extrémité périphérique jusqu'aux centres nerveux , leur état d'isolement et d'indépendance. A leur extrémité périphérique, c'est-à-dire dans la plus fine trame des divers organes , les nerfs réduits à leurs fibres primitives , s'unissent les uns aux autres en formant des anses, se perdent dans les tissus, on aboutissent isolément à de petits renflements appelés papilies nervettse». Sous ces formes diverses , les extrémités nerveuses se terminent ou dans des organes de sensibilité , la peau , les muqueuses et les organes des sens , ou dans des organes de mou\ement, les muscles, ou dans des organes d'action nutritive , c'est-à-dire dans la plupart des tissus , et notamment dans les glandes. A leur point de connexion avec les centres nerveux , les nerfs offrent des différences remarquables. Les uns s'attachent directement et immédiatement, soit à la moelle épinière , les ner/i rachidien», qui en naissent par une double racine dont la postérieure est renflée sous forme de ganglion , soit à la moelle allongée, les nerfi crâniens, qui en naissent, ou par une simple ou par une double racine. Les autres ne communiquent avec le centre cérébro-spinal que médiatement par des filets qui s'unissent aux racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens , et naissent de ganglions, dont les principaux se réunissent de manière à former une double chahae lerticale au devant de la colonne vertébrale , ner/t ganglionnaire*.

Les centres nerveux sont constitués par des fibres primitives semblables à celles des nerfs , dont la masse est désignée sous le nom de substance blanche, et par des corpuscules arrondis désignés sous le nom de substance grise. Ces deux éléments de la structure des centres nerveux sont diversement associés dans les diverses parties de ces centres.

Dans les ganglions, la substance grise est interposée à la substance blanche de manière à former de petites masses globuleuses que traversent et d'où rayonnent les fibres blanches.

Dans la moelle épinière la substance blanche est distribuée en faisceaux longitudinaux qui représentent dans chaque moitié latérale un cordon antérieur et un cordon postérieur, sur lesquels s'insèrent les racines correspondantes des nerfs rachidiens. Ces deux cordons sont séparés, dans chaque moitié de la moelle , par une couche mince de substance grise, et les deux moitiés de la moelle sont réunies et par cette substance grise qui se continue d'un côté à l'autre et par des fibres blanches transversales, commissures blanche et grise de la moelle épinière.

La moelle allongée qui offre à sa périphérie divers renflements désignés sous les noms de pyramides antérieures ei postérieures, de corps oUvaires et de tubercules quadrijumeaux , est constituée par la prolongation des cordons de la moelle épinière, que séparent des couches de substance grise, et qui, après s'être entrecroisés d'un côté à l'autre, se dédoublent et s'associent de manière à se continuer, par les pédoncules, avec la substance blanche du cerveau et du cervelet.

Les pédoncules du cerveau , après s'être séparés, cd divergeant, de l'extrémité antérieure de la moelle allongée , ne tardent pas à se renfler pour constituer d'abord les couches optiques . puis les corps striés, renflements qui contiennent une masse considérable .de sobitance grise que traverse la substance blanche. Au sortir des couches optiques et des corps striés, les fibres blanches développée* sous la forme de lamelles se distribuent, en rayonnant de chaque côté dans chaque moitié du cerveau, et aboutissent , à l'extrémité de leur trajet inégal , à une couche de substance grise appelée couche corticale , qui forme l'enveloppe externe de la masse cérébrale, et qui e»t disposée en replis saillants séparés par des anfractnosilés, circonvolutions. Les deux hèmisphires du cerveau sont unis entre eux par des faisceaux et des lamelles de subslance blanche qui ne se continuent pas directement aiec les pédoncules, et qui constituent diverses commissure» dont la plus considérable a reçu le nom de corps calleux Les pédoncules du cervelet se comportent pour coa«titner sa masse et ses circonvolutions pins petites et disposées en lames imbriquées, et pour se terminer à uor enveloppe périphérique de couche corticale , à peu près de la même manière que les pédoncules du cerveau. Les deux hémisphères du cervelet, moins nettement séparée, se réunissent aussi par un système de faisceaux transversaux qui forment une commissure appelée protubirance annulaire, laquelle embrasse la moelle allongée comme par une ceinture.

Les diverses parties du système nerveux qui vienoeot d'être énuméré;>s concourent chacune pour une part a l'accomplissement des phénomènes de mouvement ri de sensibilité.

Les nerfs jouent le rôle de conducteurs des influence? à l'aide desquelles se produisent les sensations et \es mouvements. Pour les sensations, l'influence produite sur l'extrémité nerveuse par l'action des corps , se transmet de la périphérie au centre, par les cordons nerveux jd«qu'à l'axe cérébro-spinal. Pour les mouvements, rinflucoctexcitatrice qui part de l'axe cérébro-spinal se transmet du centre à la périphérie par les cordons nerveux jusqu'aux muscles dont la contraction produit le moniemenL Les nerfs représentent donc deux systèmes de condoitenrs pour deux espèces d'influences qui marchent en sei-s contraires, et qui constituent comme deux courants, an courant centripète pour la sensibilité, un courant centrifuge pour la motilité.

La science a démontré qu'il ^ a dans les nerf» deux ordres de fibres pour les deux ordres de fonctions . c'est-à-dire des fibres sensitives et des fibres motritrt . que les fibres sensitives sont celles qui, près de leur insertion à l'axe cérébro-spinal , traversent un ganglion, caractère de structure qui manque aux fibres motricv^. Kn effet, si à l'aide d'un agent soit physique soit chimique, et notamment à l'aide d'un courant électrique, on irrite, sur un animal vivant, ou un nerf dépoun a dt ganglion ou une racine antérieure de nerf racbidien , oo détermine des mouvements dans les muscles auxqut l> se distribuent les fibres de ce nerf, sans que Taniroal éprooit aucune sensation. Si l'on irrite un nerf pourvu de gangii« i> ou une racine postérieure de nerf racbidien , il ne s« produit pas de mouvement et l'animal exprime une \ive douleur. Enfin, si Ton irrite un nerf composé des deux ordn^ de fibres , un des nerfs rachidiens par exemple , on pr k voque à la fois chei l'animal des mouvements et de \.\ douleur. Que les nerfs agissent comme de simple?i co&ducteurs, c'est ce que prouve la paralpie du sentioifut et du mouvement qui se produit dans toute partie dont les nerfs ont , par suite d'une section , d'une ligature ou d'une désorganisation , cessé de communiquer libr«'m«*T ( avec l'axe cérébro-spinal.

Les parties centrales jouent le double rôle de coodo*-

AMATOMIR ET PHYSIOLOGIR DR I/HOMME.

tenrs ei de centres d'infloencc , et chacune des divisions du «ystème nerveux central a , sous ce double point de vue, un office spécial. Tout porte à croire que dans loates ces parties , la substance blanche représente Te- Iraient conducteur, et la substance grise rélémcnl actif. Kn ce qui concerne le mouvement et la sensibilité, voiri le rôle que , dans l'état de nos connaissances , la science assigne à chacune de ces- divisions.

La moelle épinière, qui reçoit ou fournit fes 31 paires de nerfs rachidiens, dont les branches se distribuent à la peau et aux muscles des quatre membres et du tronc, est, comme les nerfs composés des deux ordres de fibres, un simple conducteur, pour le mouvement, par ses cordons antérieurs, pour la sensibilité, par ses cordons postérieurs. La section ou la désorganisation de la moelle épinière dans un point quelconque de sa longueur a pour effet immédiat de déterminer la paralysie de toutes les parties du corps qui reçoivent leurs nerfs du segmeut de moelle inférieur à la lésion. Si la section ou la désorganisation ne porte que sur une moitié de la moelle épmière , la paralysie n'atteint que la moitié correspondante du corps. La moelle allongée joue aussi le rôle de conducteur par rapport à la sensibilité et à la motilitc , en tant que les sensations arrivent jusqu'à la conscience et que les mouvements dépendent de la volonté. Seulement, en raison de rentrecroiseroenl des faisceaux conducteurs dans répaisseur de la moelle allongée , les effets de paralysie qui dépendent d'une lésion , soit de la moelle allongée elle-même , soit du cerveau et du cervelet , sont des effets croisés , de telle sorte qu'une lésion de l'organe nerveux à droite entraîne la paralysie à gauche.

Les pédoncules du cerveau et du cervelet, ainsi que leur expansion dans ces deux organes, jouent aussi le rôle de conducteurs par rapport à l'action dévolue à ces deux centres nerveux , qui est , pour le cervelet , de coordonner les mouvements instinctifs , pour le cerveau , de déterminer les mouvements volontaires et de percevoir les sensations , action dont la source et la condition sont dans la substance grise corticale qui constitue, à la périphérie de ces organes , une vaste membrane repliée sur elle-même sous forme de circonvolutions. Par leur substance grise la moelle allongée et la moelle épinière sont aussi des centres d'influence motrice.

Eafin, les ganglions du nerf sympathique, qui reçoivent de la moelle épinière des fibres motrices et sensitives, eonununiquentaux nerfs ganglionnaires la propriété d'être des conducteurs de sensibilité et de motilité , et doivent à leur substance grise la propriété d'être aussi des centres d'action.

En définitive, dans les phénomènes de sensibilité, Textrémjté nerveuse, constituée par des fibres sensitives, recevant une impression , transmet de la périphérie au rentre cette impression le long du nerf jusqu'au cordon postérieur de la moelle , d'où celte impression est conluite de bas en haut le long de ce cordon et au travers Je la moelle allongée jusque dans le cerveau, où elle ievient une sensation perçue quand elle est parvenue à la ;oacfae corticale. Dans les phénomènes de mouvement , ■ne inapulsion partie , soit de la couche corticale du cerreau ou du cervelet, soit de la substance grise de la Doelle allongée , de la moelle épinière ou des ganglions, « transmet du centre à la périphérie le long des fibres notriees du cerveau et du cervelet, des cordons antérieurs le la moelle et le long des nerfs jusqu'à leurs extrémités , ronstituées par des fibres motrices, où cette impulsion levient la condition déterminante du mouvement.

DBS UOUVBMBXTS.

Le système nerveux joue dans les mouvements le rôle rexcitateor, mais les mouvements eux-mêmes sont réaîaéa par l'action d'organes spéciaux qui sont , à propre-

ment parler, les organes du mouvement. Ces organes, essentiellement constitués par des fibres qui ont la propriété de se raccourcir et de se relâcher alternativement, sont de deux sortes.

Les uns sont des fibres blanches, analogues aux fibres du tissu cellulaire, susceptibles de se résoudre en gélatine et appelécs/6r«j contractiles. Ces fibres, disposées en faisceaux, entrent dans la composition de la peau et forment des anneaux dans la paroi des vaisseaux capillaires. Elles entrent en action principalement sous l'influence du froid, et donnent naissance, par celle action, dans la peau, au phénomène de condensation désigné sous le nom de chair de poule ; dans les vaisseaux capillaires , à un resserrement de ces canaux qui en chasse le sang, comme dans la pâleur du visage sous l'influence du froid et de la frayeur.

Les autres sont des fibres rouges ou rosées , susceptibles de se résoudre en fibrine , et appelées fihru miuai- /aiVfj. Ces fibres microscopiques, munies ou non de renflements sous forme de collier, se réunissent pour constituer des faisceaux primitifs striés ou non. Ces faisceaux s'associent et se juxtaposent de manière à donner naissance , sous des formes et pour des masses très-variées , aux organes de mouvement appelés muselés.

L'action de ces fibres , de ces faisceaux et des muscles qui résultent de leur association , consiste en un raccourcissement des fibres cl des faisceaux , entraînant le raccourcissement des muàcles.

Ces phénomènes de contraction se produisent dans les muscles pendant la vie sous l'influence de l'action nerveuse , et , pour un certain nombre de mouvements, sous l'influence de la volonté. Us peuvent se produire pendant un certain temps encore après la mort , si l'on irrite les nerfs qui se distribuent dans les muscles.

U parait établi que cette propriété de se contracter sous l'influence de l'irritation , bien que mise en jeu par l'action nerveuse , appartient en propre au tissu musculaire lui-même, l'action nerveuse consistant en une simple excitation de rirrîlabilité contractile de la fibre musculaire. En effet, après que les nerfs qui se rendent dans un muscle ont perdu , par suite de l'interruption permanente de leur communication avec les centres nerveux , la propriété de transmettre au muscle une influence excitatrice de mouvement, ce muscle conserve la propriété de se contracter quand on irrite immédiatement sa propre substance.

Le raccourcissement des faisceaux musculaires est la condition unique de tous les mouvements si variés par lesquels la vie animale atteint ses fins. La variété des effets produits dépend de la forme de l'organe musculaire. Si les fibres musculaires sont distribuées dans l'épaisseur des parois d'un tube de manière à représenter des cordons longitudinaux et des cordons annulaires, comme dans le tube digestif, le raccourcissement des fibres longitudinales raccourcira le tube ; le raccourcissement des fibres annulaires le rétrécira , et il en pourra résulter, comme effet mécanique , l'effacement de la cavité dans le tube raccourci. C'est un effet de ce genre qui, avec plus de complexité dans la disposition des fibres musculaires, réalise les effets mécaniques de la conlractioa dans les cavités du cœur , pour le mouvement du sang. Si les fibres musculaires sont disposées de manière à constituer une membrane formant en partie la paroi d'une cavité, comme dans la paroi antérieure du ventre, la contraction des fibres musculaires dans cette paroi aura pour effet de diminuer la capacité de la cavité et de tendre à en expulser la matière contenue , ainsi que cela a lieu dans les efforts pour expulser l'urine et les matières fécales. Si la membrane musculaire est disposée de manière à former une cloison entre deux cavités, comme le ^lapkragwu entre la cavité de la poitrine et la cavité de Tab-

domen , la contraction de cette cloison pourra avoir pour effet de diminuer la capacité de Tune des cavités, en augmentant la capacité de l'autre , ainsi que cela a lien dans l'inspiration, où la contraction du diaphragme agrandit la cavité respiratoire, tout en rétrécissant la cavité abdominale. Enfin, si les fibres musculaires sont disposées de manière i constituer en définitive comme une corde filée par ses deux bouts à des parties solides , la contraction du muscle aura pour effet de tendre à rapprocher les deux parties solides et à les faire mouvoir l'une vers l'autre. C'est la disposition que réalisent tous les muscles qui servent à mouvoir les parties do corps les unes par rapport aux autres , et le corps tout entier par rapport à l'espace. Ces parties du corps auxquelles s'attachent les cordes musculaires pour les mouvoir constituent dans leur ensemble le système squelettique.

Le squelette , qui forme comme la charpente de l'édifice du corps, a des usages relatifs soit à la protection des organes auxquels il sert de soutien ou d'enveloppe , ioit aux mouvements. Il comprend diverses parties organiques, les os, les cartilages, les ligaments et les capsules synoviales.

Le squelette, comme le corps humain , peut être subdivisé en tronc, tête et membres.

La partie fondamentale du tronc est formée par la superposition de 24 os appelés vertèbres, au-dessus d'un autre os appelé sacrum, se terminant inférieurement par un appendice appelé coccyx. L'ensemble de ces os représente une tige flexible étendue de la tête à l'anus , présentant plusieurs courbures , c'est la colonne vertébrale , qui correspond au cou par 7 vertèbres, à la poitrine par 12, à l'abdomen par 5. Les vertèbres sont percées i leur centre de manière à représenter des anneaux et à constituer par leur superposition un canal , le canal rachidint . dans lequel est placée la moelle épinière. Entre les vertèbres sortent du canal rachidien les nerfs qui se rendent aux diverses parties du corps ou qui en viennent.

A chaque côté des vertèbres pectorales s'attachent 1 2 os, inégaux en longueur, disposés en arcs , les côtes, qui par leur extrémité antérieure se fixent à une plaque osseuse allongée, le sternum. Ainsi se trouve formée l'enceinte de la cavité tkoracique , où sont logés les poumons et le cœur.

Aux deux côtés du sacrum s'attachent deux os, appelés iliaques, qui, s'évasant en dehors pour former nne portion latérale inférieure de paroi à la cavité abdominale, se contournent de dehors en dedans pour se rejoindre sur le plan antérieur du corps par les pubis, en décrivant une courbe de manière à former par en bas, au niveau du sacrum, une enceinte appelée bassin, qui termine la cavité abdominale et qui loge le rectum , la vessie et les organes internes de la génération.

Sur la première vertèbre du cou repose la tête, qui se compose du crâne et de la face. Le crAne est constitué par V occipital, situé à la base et en arrière , percé d'nn trou ovalaire qui se continue avec le canal vertébral, par le frontal, situé en avant et en haut, par les pariétaur, situés de chaque côté en haut , par les temporaux , situés de chaque côté en bas. Ces os qui sont planes et courbes sont unis et engrenés les uns aux autres de manière à circonscrire l'enceinte sphéroïdalc d'une ca\ ité où est logé l'encéphale, et d'où sortent par des trous les nerfs crâniens. A la base du crâne, ils se fixent tous à la périphérie irrégulière d'un os central, le sphénoïde, qui, en complétant l'enceinte , forme comme la clef de voûte de ses parois. La face est constituée : P par les mâchoires : la supérieure, formée de 2 os engagés dans la tête et immobile ; Y inférieure, formée d'un seul os mobile ; toutes deux offrant par le bord correspondant à la bouche les alvéoles d'implantation pour les dents ; Xethmoîde, les os propres du nrz, les unguis . les palatins , les molaires.

les eomeU et le vomer, qui concourent à former avec !e frontal et les maxillaires les cavités orbitairts, \etfottn nasales et la bouche.

Les membres sont attachés au tronc. Chaque w^embre supérieur se fixe au niveau du sommet de la poitrine par un os contourné en S, clavicule, qui s'attache en aiant au sternum , et en arrière à l'os large et plat de l'épaule, omoplate. A l'os de l'épaule se fixe l'os du bras, ibcaténtf ; à l'hubérus les deux os de l'avant-bras , cubitus cl radius. A ces deux os réunis se fixe une association de huit os courts, le carpe, qui forme la paume de la maia en donnant attache à cinq os longs, métacarpiens, auxquels se fixent les doigts eux-mêmes composés , le pourr de 2, les quatre autres de 3 os ajoutés bout à bout vt appelés phalanges. Chaque membre inférieur s' attache au niveau du bassin à l'os iliaque , creusé d'une cavité arrondie pour recevoir la tête du fémur, ou os de la cuis54>. A l'extrémité inférieure du fémur s'unissent \e* deni os de la jambe, tibia et péroné , au-devant desquels cit placée la rotule, ou os du genou, et qui s'appuient $ar une association de sept os, le tarse formant par le ealc«néum le talon , et avec cinq os métatarsiens la plante du pied. Aux métatarsiens s'unissent les cinq doigts da pied on orteils, composés de phalanges comme à la maÏD

Paricial. Prailal.

Fig. 9. Sqoelette de rhoiomf .

Les os, quant à leur structure, sont con^tittii^ par une trame cartilagineuse encroûtée de phosphate H <)•carbonate calcaires, disposée de manière à fonmr à I in-

Page 1