‹ Instruction pratique sur l'analyse spectrale: comprenant 10 la descriptionChapitre 20 sur 38 · DIVERS APPAREILS · texte numérisé non relu

DIVERS APPAREILS

L'amplitude des spectres obtenus avec divers prismes dépend avant tout de la nature chimique de la matière du prisme. Il est à peu près impossible d'avoir deux prismes de pouvoirs dispersifs parfaitement égaux ; il en résulte que les spectres produits par deux spectroscopes ne sont jamais absolument comparables, quant à Técartemenl des raies brillantes ou obscures observées avec ces instruments.

Les différences existant entre l'étalement de deux spectres peuvent varier du simple au double et même au delàde cette limite, suivant qu'on emploie, par exemple, pour décomposer la lumière un prisme de flint ordinaire, ou un prisme creux rempli de sulfure de carbone. De plus, l'écartement respectif des raies du spectre dans les deux cas ne varie pas proportionnellement à l'amplitude des spectres.

Il peut se présenter un cas particulier auquel la comparaison de spectres obtenus dans deux appareils différents a un intérêt réel: c'est le cas où, ayant sous les yeux une table des spectres dressée très-exactement pour un appareil donné, comme celle qui est représentée ^g*. ii, PL II, un observateur voudrait comparer la position d'une raie trouvée par lui, dans son appareil, avec une raie figurée sur cette table. Il y a grande probabilité pour que l'écartement de ces deux raies mesuré par rapport à la raie D, par exemple, prise pour point de repère, ne soit pas exactement le même dans ces deux cas. Supposons, pour plus de clarté, qu'il s'agisse de la raie ( Srè ) bleue de la strontiane, et qu'un chimiste, ayant mesuré sa position dans le spectroscope dont il se sert, ait trouvé que la raieD étant à 5o la raie Sro est à i lo. Il s'agit de savoir si cette

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raie est la même que la raie Srd placée à io5 dans la table

de spectres que je donne.

Il n'y a d'autre moyen pour s'en assurer que de prendre un deuxième point de comparaison, la raie H par exemple, et de mesurer l'écartement de cette raie de la raie Srô. En comparant cet écartement à celui qu'indique la table de spectres, on arrivera à trouver, à quelques divisions près, la concordance des raies Srô vues dans les deux appareils. On en conclura alors que c'est bien au strontium qu'on a affaire dans les deux cas.

J'ai exposé avec des développements suffisants, je l'espère du moins, tout ce qu'il importe aux chimistes de connaître pour se livrer avec succès aux recherches de labo- 'ratoire. Je me propos.e dans ce dernier Chapitre d'indiquer, en me plaçant toujours au point de vue pratique, les moyens qu'on emploie pour répéter devant un auditoire les belles expériences de MM. Kirchhoff et Bunsen.

Depuis que M. Léon Foucault, par l'invention du régulateur de la lumière électrique, a donné aux physiciens un moyen commode de maintenir fixe, pendant assez longtemps, l'arc voltaïque, on substitue très-fréquemment la lumière électrique à la lumière solaire pour projeter sur un écran différents phénomènes d'optique, d'acoustique, etc. On fait usage dans ce but de la lanterne électrique de M. Duboscq, appareil trop connu pour que j'aie à le décrire ici. On se bornait, dans les cours, avant les travaux récents sur l'analyse spectrale, à projeter les raies brillantes du cuivre, du cadmium, du sodium, du zinc, du laiton et celles de l'argent, sur l'éclat extraordinaire desquelles M. Fou-

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caull a le premier appelé raltenlion dans une communication à la Société philomathique dont il a été question précédemment (i). Pour projeter les spectres de ces métaux, on se sert comme support du charbon inférieur de la lampe qu'on creuse légèrement à sa partie supérieure afin d'y placer le métal à volatiliser dans Tare.

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