I. — Impureté des charbons
Malheureusement le charbon de cornues dont on se sert, quelques soins qu'on ait pris t)Our le purifier (a), retient toujours des substances étrangères donnant par elles-mêmes des raies brillantes qui viennent se superposer sur l'écran aux raies du métal dont on veut avoir le spectre. Le charbon le mieux purifié renferme toujours des traces de sodium, de calcium, de potassium et, fréquemment, de petites quantités de lithium dont les raies brillantes apparaissent dans le spectre.
IL — Lampe Debrat.
M. Debray a eu l'heureuse idée de substituer comme source de chaleur une flamme gazeuse à l'arc voltaïque. La combustion du gaz de l'éclairage, alimenté par l'air ordinaire, donne une flamme trop pâle, lorsqu'on y introduit des substances métalliques, pour qu'on puisse en voir nettement le spectre autrement que dans une lunette.
M. Debray s'est donc préocupé de trouver une source calorifique qui possédât la double propriété, indispensable au succès de l'expérience, d'être notablement plus intense que la flamme du gaz rendue non éclairante, et, comme celte dernière, de ne pas donner de spectre par le passage de ses rayons seuls au travers du prisme. Le dard excessivement chaud du chalumeau à gaz oxygène et hydrogène remplit parfaitement ces conditions.
L'appareil (3) se compose de deux parties : le support et
(i) Voir Vlnstitatf année 1849. n® 788, p. 45.
(a) On chauffe le charbon dans un courant d'hydrogène sec, puis dans un courant (le chlore pur ei sec.
(3) Voir Annales de Chimie et de Physique y 3* série, t. LXV, p. 33i.
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le chalumeau. Le support B est formé par une colonne creuse portée par un pied massif A ; dans son axe se meut, à Taide d'une crémaillère C, une tige à Textrémilé supérieure de laquelle on ajuste à frottement doux une virole en cuivre V destinée à recevoir un petit cylindre de chaux K.
Le chalumeau D se compose de deux tubes concentriques munis chacun d'un robinet à la partie inférieure, sur lesquels s'ajuste à frottement un bec recourbé E, composé également de deux tubes concentriques. Comme la partie droite de ce bec a une hauteur de quelques centimètres, on pourra l'enfoncer plus ou moins dans la partie inférieure du chalumeau et régler ainsi la hauteur de son orifice. Le tube intérieur amène l'oxygène, lé tube extérieur le gaz de l'éclairage ou l'hydrogène pur, suivant la commodité de l'opérateur. Les robinets qui les amènent sont marqués des lettres et H. Le chalumeau porte en outre une queue latérale S qui glisse à coulisse dans une pièce de cuivre supportée par la colonne. On peut ainsi approcher à volonté l'ouverture du chalumeau du cylindre de chaux.
Pour se servir de l'appareil, on fait d'abord arriver le gaz de réclaira*ge ou l'hydrogène, on l'enflamme et l'op ouvre le robinet de l'oxygène. Le dard incliné tombe sur la chaux, que Ton soulève jusqu'au moment où le point directement touché sort à i5 ou 20 millimètres de la base supérieure du cylindre. Au bout de quelques secondes, la chaux a pris son maximum d'éclat si la proportion des gaz est convenable. On la règle d'ailleurs facilement à l'aide des robinets. Le bec du chalumeau étant très-oblique par rapport à la chaux, la partie brillante peut envoyer tous ses rayons vers la lentille sans rencontrer l'extrémité du chalumeau : il n'y a donc aucune perte de lumière ; quant au maniement de l'instrument , il est naturellement sans danger puisque les gaz sont absolument séparés.
Le robinet H est mis en communication par un caoutchouc avec 1% conduit qui amène le gaz de l'éclairage ou avec l'extrémité du tube abducteur d'un appareil à hydrogène qui peut fournir ce gaz d'une manière continue et en grande quantité. L'oxygène est contenu, soit dans un gazo-
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mètre ou, ce qui est souvent plus commode, dans un sac en caoutchouc d'une capacité de 5o à 60 litres placé dans une caisse en bois et sur lequel, à l'aide d'une planche mobile, on.exerce'un effort de quelques kilogrammes.