II. — Description du spegtrosgope horizontal
La Jig, 2, PL I, représente la disposition générale du spectroscope horizontal que je désignerai aussi sous le nom de grand modèle.
Le constructeur livre cet appareil tout réglé. Le prisme de verre qui en forme. la partie essentielle se place sans aucun tâtonnement au minimum de déviation, et la lunette B est réglée une fois pour toutes par le constructeur : on n'a qu'à la visser à sa place. Cela me dispense d'entrer dans aucun détail relatif à la construction de l'appareil dont je vais énumérer avec soin les diverses parties.
A l'extrémité supérieure du pied en fonte P est vissée
(i) On a proposé plusieurs modèles de spectroscope ; MM. Gaiffe, Secrétan et Salleron, habiles fabricants d'instruments de précision, ont construit des appareils un peu différents dans la forme, mais identiques quant aux dispositions générales. J'ai cru devoir prendre pour appareil type servant à ma description le modèle de Steinheil (de Munich), employé par MM. Kirchhoff et Bunsen, en indiquant les modifications que M.Duboscq y a apportées, de concert avec moi. Quel que soit d'ailleurs Tinstrument qu'on ait entre les mains, la description que je vais donner permettra d'en comprendre trèsfacilement le maniement.
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une plaque de laiton K destinée à supporter la lunette B et un prisme en flint-glass F, d'un angle de réfraction de 60 degrés, qu'on peut recouvrir d'un chapeau en laiton T, percé de trois trous, qui sert à le préserver contre les accidents et à empêcher Taccès de la lumière diffuse. La lunette B est munie d'une lentille convergente à celle de ses extrémités qui regarde le prisme ; elle est fermée à l'autre bout par une plaque L présentant une fente verticale. La Jig. 3 représente cette fente qui peut être élargie à volonté par la vis de pression A. Cette fente peut être à volonté rendue libre dans toute son étendue ou seulement dans sa moitié inférieure. La moitié supérieure peut être recouverte par un petit prisme de verre éqqilat^ral b dont l'une des faces vient s'appliquer sur la fente et qui, par réflexion totale, envoie à travers la fente (fig> 3 ) les rayons de la source lumineuse M', tandis que les rayons de la source lumineuse M traversent directement la moitié inférieure de la fente. La disposition particulière du petit prisme à réflexion totale appartient à M. Duboscq : elle constitue un perfectionnement réel en ce qu'elle a l'avantage, sur l'ancienne disposition ( i ), i*» de permettre de nettoyer aisément la fente dans toute sa longueur, ce qui est très-important au point de vue de la netteté des spectres ; ?.** de détruire l'inconvénient grave qui pouvait résulter, dans l'ancienne disposition (2), des accidents survenus à l'arête de ce prisme. La fente est formée de deux lames parallèles C et I), dont Tune, D, est fixe, tandis que l'autre C, commandée par un ressort placé dans l'intérieur, peut s'écarter à volonté lorsqu'on desserre la vis A qui s'oppose à la détente du ressort. C'est cette vis A qu'on desserre lorsqu'on veut nettoyer la fent% comme il sera dit plus loin. Il est tout à fait indispensable que les deux lamesCetDsoientmaintenues parfaitement
(i).Dan8 l'appareil de Steinheil, le prisme est fixe et Tune de ses arêtes vient affleurer exactement le bord dq la fente.
(a) Voir la traduction que j'ai donnée du deuxième Mémoire de MM. Kirchhoff et Bunsen dans les Annales de Chimie et de Physique, ^ série, t. LXIV, p. 3o3.
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parallèles, comme le fait le constructeur. Si, par accident^ le parallélisme était détruit, il suffirait pour le rétablir de desserrer ou de resserrer avec précaution la petite vis a destinée à maintenir ce parallélisme.
Au pied en fonte se trouve adapté un autre bras E qui recevra la lunette R d'un grossissement de huit fois environ, munie d'une vis de rappel K destinée à mettre la lunette au foyer, et d'une vis de pression N servant à élever ou à abaisser cette même lunette dans le plan vertical. Une autre vis de pression qu'on ne peut voir dans la Jig. i est placée à l'extrémité du bras qui porte la lunette Jl ; cette vis sert à arrêter la lunette R dans une position déterminée autour de Taxe de l'instrument. On fait d'ailleurs rarement usage de cette vis. Sur la petite plate-forme qui porte le prisme se trouve une autre lunette plus courte que les deux premières. A l'extrémité qui est dirigée vers le prisme, cette lunette porte une lentille convergente, et à l'autre bout X une échelle qu'on éclaire à l'aide d'une lampe ou d'une bougie S et qui, en se réfléchissant sur la face antérieure du prisme, arrive à l'œil de l'observateur qui regarde dans la lunette R. Cette échelle est l'image photographique d'une échelle micrométrique que l'on a obtenue en réduisant à ~ environ dans la chambre obscure une échelle divisée sur papier ou sur verre. Cette échelle est comprime entre deux lames de cuivre qui ne laissent voir que la partie étroite portant les divisions et les numéros.
La lunette du micromèli^e porte trois vis I, G et H, à l'aide desquelles on peut en quelques instants régler la position du micromètre. Voici de quelle manière : la vis H sert à mettre le micromètre au foyer: la vis G permet d'amener le micromètre à couper le champ du spectre dans une partie quelconque de sa hauteur; enfin, en tournant la vis I, de gauche à droite ou de droite à gauche, l'observateur peut déplacer à volonté le micromètre dans le sens horizontal et faire coïncider très-exactement telle de ses divisions qui lui convient avec Tune des raies du spectre prise par lui comme point de repère. Ce système de vis, que M. Duboscq a imaginé d'après les indications que je lui ai
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données, est d'une utilité incontestable et constitué une amélioration réelle. En D se trouve, sur ta lunette Rj un écran destiné a empêcher la lumière de la bougie S d'arriver dans Tœil de l'observateur.
Je suppose qu'on se serve de l'appareil pour la première fois ; voici comment on procède à son installation :
On enlève le prisme F en ôtant lu vis a qui le maintient en place; on visse la lunette B dans l'anneau destiné à la porter. Cela fait, on visse la lunette R à sa place, puis on dispose les deux lunettes de manière que leurs axes soient à peu près dans le. prolongement l'un de l'autre; on élargit ensuite assez la fente pour qu'elle soit visible pour l'œiLde l'observateur qui regarde à travers la lunette; on fixe celleci à son support; on s'arrange de telle sorte, que le milieu de la fente se trouve à peu près au milieu du champ de la lunette, ce qui s'obtient à l'aide de la vis N. On met alors le prisme en place. Quand on a disposé le prisme en faisant pénétrer l'angle opposé à la face vernissée dans le petit cran d'arrêt que porte la table de laiton, on remet la vis «, ce qui donne au prisme une position Invariable. Si l'on dirige alors l'axe de la lunette R vers une source lumineuse, par exemple vers la flamme d'une bougie, on voit se produire le spectre de celle-ci dans la moitié inférieure de la lunette B, quand en la faisant tourner sur le pied F on fait faire à cette lunette un angle convenable. Après avoir déterminé la position de la lunette, on donne au micromètre une direction convenable à l'aide de la vis I. On rend son image d'une netteté parfaite au moyen de la vis de rappel H. En faisant mouvoir autour de son axe la pièce X qui porte le micromètre, on s'arrange de façon que l'extrémité des lignes qui forment les divisions soient placées parallèlement aux raies du spectre, et Ton fait, au moyen de la vis G, coïncider le micromètre avec l'extrémité du spectre.
m. — Nettoyage des verres et de la fente.
Maintenant que nous connaissons les dispositions principales du spectroscope et l'agencement de ses diverses parties, voyons quelles sont les^ précautions à prendre pour
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obtenir avec cet appareil des spectres aussi purs que possible. Le premier soin de Tobservateur devra être de s'assurer que tous les verres sont parfaitement propres. Si l'appareil, ce qu'il faut éviter autant qu'on le peut, est placé dans une pièce humide, il faudra, avant de s'en servir, essuyer tous les verres des lunettes et le prisme avec une peau de chamiois. La partie de l'appareil qui demande le plus de soin est la fente située en L : elle devra être maintenue dans un grand état de propreté, quelques grains de poussière très-fins, interposés entre les deux lames qui limitent la fente, suffisant pour faire naître dans le spectre des raies transversales qui gênent les observations. On soulèvera le petit prisme b (Jig. 3) qu'on essuiera également. On aura soin d'élargir la fente en desserrant la vis A [fig» 3) et d'y passer un pinceau en blaireau qui enlèvera toutes les poussières. Chaque fois qu'on se sera servi de l'appareil, on remettra à l'extrémité de la lunette B le petit chapeau en laiton qui l'accompagne ; on protégera ainsi la fente contre l'accès de la poussière.