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OBSERVATIONS

La meilleure source lumineuse pour les recherches ordinaires d'analyse spectrale est sans contredit le gaz d'éclairage rendu non éclairant dans le bec de Bunsen dont je parlerai tout à l'heure. Cependant les chimistes qui n'auraient pas de gaz à leur disposition pourraient lui substituer la lumière d'un jet d'hydrogène ou celle d'une forte lampe à alcool (i); la partie de la mèche qui traverse la virole en cuivre de la lampe devra être entourée d'une lame mince de platine ; on évitera ainsi l'apparition dans le spectre des raies du cuivre qui ne tardent pas à s'y produire si on néglige cette précaution, l'alcool entraînant toujours avec lui quelques parcelles de ce métal.

La lampe de Bunsen, représentée par la^îg^. 8, PL /, est

(i) Lampe à double courant alimentée par de Talcool méthylique recliûé de préférence à de l'alcool ordinaire. Voir la disposition de l'appareil à fcydrogènc, p. 63.

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d'un usage extrêmement commode; elle doit être employée de préférence à tout autre mode d'éclairage lorsqu'on a du gaz à sa disposition.

On peut à volonté élever la flamme à la hauteur convenable ; pour cela on desserre la vis B (la tige de la lampe se prolonge dans l'intérieur du pied P qui est creux), on règle la hauteur de la lampe, puis on serre de nouveau la vis B. Cette disposition est très-utile, parce qu'il faut faire varier la longueur de la tige de la lampe avec la hauteur de flamme que donne le gaz. Le cône C est destiné à empêcher le vacillement de la flamme ; l'orifice sert à l'introduction de l'air dans l'intérieur de la lampe; son ouverture doit varier avec la quantité de gaz qui afflue dans la lampe et avec l'intensité de la source lumineuse qu'on veut obtenir. Lorsque la lampe de Bunsen est bien réglée, on a une source calorifique très-intense et presque complètement dépourvue de pouvoir éclairant, deux conditions trèsfavorables aux observations spec.trales. Il va sans dire que la lampe et le cône doivent être maintenus dans un grand état de propreté.

Dans la plupart des cas, une seule lampe suffit, la comparaison de deux spectres superposés étant rendue inutile par la présence des divisions micrométriques. Supposons, en effet, qu'il s'agisse de comparer le st)ectre produit par une matière qu'on pense devoir renfermer du strontium avec le spectre de ce métal lui-même; il suffira, pour pou-^ voir affirmer l'existence du strontium dans le corps à examiner, de noter comme je l'indiquerai plus loin les numéros du micromètre auxquels correspondent chacune des raies brillantes du strontium, et de s'assurer qu'on retrouve dans le spectre de la substance à analyser des raies brillantes occupant les mêmes positions.

On n'aura recoui*s à l'emploi d'une seconde source lumineuse que dans les cas où l'on conserverait quelques doutes sur les observations faites avec un seul spectre, ou bien encore si l'on n'a à sa disposition qu'une très-petite quantité de la matière à essayer. Il est beaucoup plus facile en effet de constater, lors même que l'expérience ne durerait que

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quelques fractions de seconde, la coïncidence de deuix raies brillantes produites dans deux spectres différents que de lire la division occupée sur le micromètre par une raie très-fugitive. c On peut employer plusieurs méthodes pour disposer leç sources lumineuses M elM' (^g*. 2). La première, indiquée par MM. Kirchhoff et Bunsen, repose sur Tobservation des raies brillantes qui se produisent dans le spectre du cône intérieur d'une flamme de gaz non éclairant, raies qui ont été si bien* étudiées par Swan. On amène la lampe M vers la fente (à une distance de 8 à 10 centimètres), et Ton trouve par tâtonnement une position pour laquelle ces raies deviennent visibles ; cette position une fois trouvée, on recule peu à peu la lampe vers la gauche jusqu'à ce que les raies disparaissent complétetnent ou à peu près complètement. Le bord droit de la flamme se trouve» alors éclairer la fente, et c'est dans cette partie qu'on place la perle du sel à examiner. On emploie le même procédé pour disposer la source lumineuse M'.

On peut recourir aussi, pour placer la lampe, à la seconde méthode indiquée par MM. Kirchhoff et Bunsen. Voici en quoi elle consiste . On place la lunette R de telle façon, que la partie la plus brillante du spectre d'une flamme de bougie vienne se reproduire à peu près sur le milieu du champ. On amène alors la bougie dans la direction de l'axe de la lunette pour que la flamme vienne frapper l'oculaire. Cela fait, on cherche devant la fente la position qui donne à l'œil le plus grand éclat à la moitié supérieure de cette fente. On place alors la lampe M de façon que la fente ne laisse passer qu'une faible partie de la flamme, et c'est dans cette partie qu'on introduit la perle dont on veut avoir' le spectre. On trouve de même la position de la lampe M', dont la lumière est réfléchie, par le petit prisme, dans la moitié inférieure de la fente.

Il me paraît plus commode, pour placer la lampe M par ^ exemple, de se servir d'une flamme éclairante (la lampe de Bunsen sans introduction d'air) et de chercher, en la mouvant lentement, à obtenir un spectre très-éclatant. Lorsqu'on y est parvenu, il sufflt de faire arriver l'air dans le

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, Uec de Bunsen, en tournant la virole a située à sa partie inférieure, pour voir apparaître ces raies de Swah dont il est question plus haut.

Quelques essais apprendront d'ailleurs mieux que toutes les descriptions à trouver rapidement la place à donner à chacune des lampes.

Il faut régler aussi par tâtonnements la hauteur de la flamme du gaz et par conséquent la quantité d'air qui doit s'introduire par la partie inférieure dé la lampe (i). En général la hauteur de la flamme non éclairante ne doit guère dépasser 8 à lo centimètres. On efnpêche toute lumière étrangère de tomber sur le prisme au moyen du couvercle T en laiton qui accompagne l'appareil.

y. De LA LARGEUR DE LA FENTE.

Ces conditions préliminaires une fois remplies, il faut régler avec soin la largeur de la fente. Elle devra être proportionnée à l'intensité de la source lumineuse et variable avec la région du spectre qu^'oh se propose d'examiner plus spécialement: en effet, pour voir nettement apparaître dans la partie violette du spectre les raies bleues du potassium ou du rubidium, par exemple. Il faut une fente plus large que pour observer les raies des mêmes corps situées dans le rouge.

Pour régler la largeur de la fente, on Introduira dans la flamme de la lampe un fil de platine humecté d'une dissolution d'un sel de soude, et l'on allongera ou raccourcira la lunette lî, à l'aide de la vis de rappel K, jusqu'à ce que les bords de la raie jaune du sodium se détachent très-nettement sur le fond obscur ( l'objectif sera alors au foyer pour l'observateur) ; on fera ensuite varier la largeur de la fente, à l'aide de la vis A (Jig. 2), jusqu'à ce que, vue par la lunette R, elle paraisse égale à 6 ou 8 dixièmes de millimètre environ. Une telle largeur convient à la plupart des

(1) A ce propos je recommanderai tout particulièrement aux chimistes le dernier modèle de lampe de M. Wiesnegg qui permet de régler d'un seul coup la quantité de gaz et la quantité d'air arrivant dans la lampe.

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observations. S'il s*agit non plus d'examiner le spectre d'une substance chimique, mais bien d'observer le spectre solaire^ la fente doit être rendue beaucoup plus étroite, et cela d'autant plus qu'on recevra plus directement dans l'appareil les rayons solaires. La même observation s'applique à l'examen des spectres de l'étincelle électrique dont il sera question plus loin»

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