‹ Instruction Pratique Sur Le Magnétisme AnimalChapitre 2 sur 20 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Notions générales et Principes*

I. JLj'soiuie a la fiiculté d'exercer sur «es semblables une influence salutaire, en dirigréant sur eux , par sa volonté , le principe qui nous anime <et nous fait Tivre.

2. On donne à cette iacnlté le nom de ma' gnétisme : die est une extension du poirvoir qu'ont tout les ^tres vivans d'agir sur ceux de leurs propres organes qui sont soumis à la volonté.

3« Nous ne nous apercevons de cette (a** culte que par les résultats , et nous n'en faisons usage qu'autant que nous le voulons.

4* Donc ta première condition pour ma^ gnétiser c'est de vouloir.

5. Gomme nous ne pouvons comprendre qu'on corps agisse sur un antre à distance , sans qu'il y ait entre eux qoelqoe chose q«t établisse la eommunicatîott , nous supposons qu'il émane de celui qui magnétiee une sufo^ stance qui se porte sur le magnétise , dans la

lO INSTRUCTION PRATIQUE

direction imprimée par la volonté. Cest cette substance, la même qui entretient chez nous la vie , que nous nommons fluide magnétique.

La nature de ce fluide est inconnue, son existence même n'est pas démontrée^ mais tout se passe comme s'il existait, et cela suffit pour que nous l'admettions dans l'indication que nous donnons des moyens d'employer le magnétisme.

6. L'homme est composé d'un corps et d'une âme, et l'influence qu'il exerce participe des propriétés de l'un et de l'autre. Il s'ensuit qu'il y a trois actions dans le magnétisme :

I*. l'action physique 5 a**, l'action spirituelle; S"", l'action mixte. On verra par la suite qu'il est facile de distinguer quels phénomènes appartiennent à chacune de ces trois actions.

7, Si la volonté est nécessaire pour diriger le fluide , la croyance est nécessaire pour qu'on fasse usage sans efibrts et sans tâtonnement des facultés qu'on possède. La confiance en la puissance dont on est doué Êdt aussi qu'on agit sans efibrts et sans distraction* Au reste la confiance n'est qu'une suite de la croyance *, elle en difière seulement en de qu'on se croit doué soi-même d'une puissance dont on reconnaît la réalité.

' 8. Pour qu'un individu agisse sur un autre il &ut qu'il existe entre eux une sympathie morale et physique , comme il en existe une entre tous les membres d'un corps animé.

La sympathie physique s^'établitpar desmoyens que nous indiquerons : la sympathie morale par le désir qu'on a de faire du bien à quelqu'un qui désire en recevoir, ou par des idées et des vœux qui, les occupant également l'un et l'autre, forment entre eux une communication de sentimens. Lorsque cette sympathie est bien établie entre deux individus , on dit qu'ils sont en rapport.

9. Ainsi la première condition pour magnétiser c'est la volonté ; la seconde c'est la confiance que celui qui magnétise a en ses forces ; la troisième c'est la bienveillance ou le désir de faire du bien. Une de ces qualités peut suppléer aux autres jusqu'à un certain point; mais pour que l'action du magnétisme soit à la fois énergique et salutaire , il faut que les trois conditions soient réunies.

10. Le fluide magnétique qui émane de nous peut non-seulement agir directement sur la personne que nous voulons magnétiser, il peut encore lui être porté par un intermédiaire , que nous aurons chargé de ce fluide

la INSTRUCTÎOII PRATIQUE

auquel nous aurons imprimé un mouvement déterminé.

II. L'action directe du magnétisme cesse lorsque le magnétiseur cesse de vouloir, mais le mouvement imprimé par le magnétisme ne cesse pas pour cela^ et la plus petite circonstance suffit quelquefois pour renouveler les phénomènes quHl a d'abord produits.

i^. La volonté constante suppose continuité d'attention *, mais l'attention se soutient sans efforts lorsqu'on a une entière confiance en ses forces. Un homme qui marche vers un but est toujours attentif à éviter les obstacles, k mouvoir ses pieds dans la direction conve* nable, mais cette sorte d'attention lui est si naturelle qu'il ne s'en rend pas compte, parce qu'il a d^abord déterminé son mouvement , et qu'il reconnaît en lui la force nécessaire pour le continuer.

i3. L'action qu'exercele fluide magnétique étant relative au mouvement qui lui a été imprimé , cette action ne sera salutaire qu'autant qu'elle sera accompagnée d'une bonne intention.

14. Le magnétisme, ou l'action de magné** tiser , se compose de trois choses ; i*. la volonté d'agir 5 a*, un signe qui soit l'expression

SUK LE MAGlfilTISMB. t3

de cette volonté \ S"", la confiance au moyen qu'onemploie. Siledésir dn lûenn'esl pasrénni à la volonté d^agir , il pourra y avoir quelques effets, mais ces effets seront désordonnés.

i5. L'émanation du magnétisenr , ou son fluide magnétique, exerçant une influence physique sur le magnétisé ^ il s'ensuit que le magnétiseur doit être en bonne santé. Cette influence se faisant à la longue sentir sur le moral, il s'ensuit que le magnétiseur doit être digne d'estime par la droiture de son esprit , la pureté de ses sentimena et l'hoonéteté de son caractère. La connaissance de ce principe est également importante pour ceux qui ma* gnétisent , et pour ceux qui se font ma« gnétiser.

i6. La £icalté de magnétiser existe chez tous les hommes, mais tous ne la possèdent pas au même degré. Cette différence de puissance magnétique entre les divers individus , tient k ce que les uns sont supérieurs aux autres par certaines qualités morales ou physiques. Dans l'ordre moral ces qualités sont: la confiance en ses forces, l'énergie de la volonté, la facilité de soutenir et de concentrer son attention, le sentiment de bienveillance qui nous unit k un être souffrant > la force

l4 INSTRUCTION PRATIQUE

d'âme qui fait qu'on reste calme et qu'on conserve son sang-froid au milieu des crises les plus alarmantes, la patience, qui empêche de se lasser dans une lutte longue et pénible , le désintéressement, qui porte à s'oublier soi-même pour ne s'occuper que de l'être à qui l'on donne ses soins , et qui éloigne la vanité et même la curiosité. Dans l'ordre physique, ce sont d'abord une bonne santé, ensuite une force particulière , différente de celle la même qui sert à soulever des fardeaux ou à mettre en mouvement des corps lourds , et dont on ne reconnaît en soi l'existence et le degré d'énergie que par l'essai qu'on en iait.

17. Ainsi il est des hommes qui ont une puissance magnétique fort supérieure à celle des autres. Chez quelques-uns même elle est telle , que dans plusieurs cas ils sont obligés de la modérer.

18. La vertu magnétique se développe par l'exercice , et l'on en fait usage avec plus de facilité et de succès lorsqu'on a acquis l'habitude de s'en servir.

19. Quoique le fluide magnétique s'échappe de tout le corps, et que la volonté suffise pour lui imprimer une direction , les organes

SUR LE MAGNETISME. i5

par lesquels nous agissons hors de noas sont les instmmens les plus propres pour le lancer dans le sens déterminé par la volonté. Cest par cette raison que nous nous servons de nos mains et de nos yeux pour magnétiser. La parole qui manifeste notre volonté peut souvent exercer une action lorsque le rapport est bien établi. Les sous même qui partent du magnétiseur étant produits par une force vitale , agissent sur les organes du magnétisé.

20. L'action du magnétisme peut se porter à de très-grandes distances , mais elle n^agit de cette manière que sur un individu avec lequel on est parfaitement en rapport.

21. Tous les hommes ne sont pas sensibles à Faction niagnétique , et les mêmes le sont plus ou moins , selon les dispositions momenanées dans lesquelles ils se trouvent. Ordinairement le magnétisme n'exerce aucune action sur les personnes qui jouissent d'une santé parfaite. Le même homme qui était insensible au magnétisme dans l'état de santé , en éprouvera des eifets lorsqu'il sera malade, n est telle maladie dans laquelle l'action du magnétisme ne se fait point apercevoir ; telle autre sur laquelle cette action est évidente. On n'en sait pas encore assez pour déterminer

l6 INSTRUCTION PRATIQUE

la cause de ces anomalies y ni pour prononcer à Tavance si le magnétisme agira ou n'agira pas^ on a seulement quelques probabilités à cet égard ^ mais cela ne saurait motiver une objection contre la réalité du magnétisme, attendu que les trois quarts des malades au moins en ressentent les effets.

22. La nature a établi un rapport ou une sympathie physique entre quelques individus; c'est par cette raison que plusieurs magoéti* seurs agissent beaucoup plus promptement et plus efficacement sur certains malades que sur d'autres , et que le même magnétiseur ne convient pas également à tous les malades^ Il y a même des magnétiseurs qui sont plus propres à guérir certaines maladies. Plusieurs personnes se croient insensibles à Faction du magnétisme» parce qu'elles n'ont pas rencontré le magnétiseur qui leur convient.

23. La vertu magnétique existe également et au même degré dans les deux sexes \ et les femmes doivent être préférées pour magnée tiser les femmes > par plusieurs raisons que nous exposerons.

24. Plusieurs personnes éprouvent beau* coup de fatigue lorsqu'elles magnétisent , d'autres n'en éprouvent point. Cette fatigue

ne tient point aux mouTemens que Ton ftit, mais à rémission du principe vital ou fluide magnétique. Celui qui n'est pas doué d'une grande force magnétique s'épuiserait à la longue s'il magnétisait tous les jours pendant plusieurs heures. En général , toute personne qui jouit d'une bonne santé et qui n'est point affaiblie par l'âge peut faire le traitement d'un seul malade, et lui donner chaque jour une séance d'une heure. Mais tout le monde n'a pas la force nécessaire pour magnétiser plusieurs personnes ni plusieurs heures de suite. Au reste plus on est exercé à magnétiser moins on se fatigue , parce qu'on n'emploie que la force nécessaire.

25. Les enfans, depuis l'âge de sept ans, magnétisent très-bien lorsqu'ils ont vu ma* gnétiser ; ils agissent par imitation , avec une entière confiance, avec une volonté déterminée, sans nul efibrt , sans être distraits par le moindre doute ni par la curiosité, et ils enlèvent très-bien et très-vite un mal accidentel. Us apprennent à magnétiser comme ils apprennent à marcher, et ils sont mus par le désir de soulager celui pour qui ils ont de l'affection; mais il ne faut pas leur permet* tre de magnétiser, parce que cela nuirait à

l8 INSTRUCTION PRATIQUE

leur développement et pourrait les épuiser.

a6« La confiance , qui est une condition essentielle chez le magnétiseur, n'est point nécessaire chez le magnétisé; on agit également sur ceux qui croient au magnétisme et sur cçux qui n'y croient pas. Il suffit que le magnétisé s'abandonne et qu'il n'oppose aucune résistance. Cependant la confiance contribue à l'efficacité du magnétisme comme à celle de la plupart des remèdes.

27. En général le magnétisme agit d'une manière plus sensible et plus efficace sur les personnes qui ont mené une vie simple et frugale , et qui n'ont point été agitées par les passions, que sur celles chez qui l'action de la nature a été troublée soit par les habitudes du grand monde, soit par les remèdes. Le magnétisme ne fait qu'employer , régulariser et diriger les forces de la nature : plus la marche de la nature a été dérangée par des agens étrangers, plus il est difficile au magnétiseur de la rétablir. Aussi le magnétisme guérit-il bien plus promptement et bien mieux les gens de la campagne et les enfans , que les personnes qui ont vécu dans le monde , qui ont fait beaucoup de remèdes , et dont les nerfs sont irrités. Les personnes nerveuses, lors-

SUR LE MAGJNÉTISME. 19

qu'une fois le magnétisme a pvis de l'em^ pire sur elles, présentent des phénomènes plus singuliers, mais beaucoup moins de guérisons , et surtout de guérisons radicales.

a8. Le magnétisme ayant pour but de développer ce que les médecins nomment les forces médicatrices j c'est-à-dire de seconder les efforts que fait la nature pour se délivrer du mal, de faciliter les crises auxquelles elle est disposée , il est essentiel d'agir constamment pour aider la nature , et de ne jamais la contrarier. D'où il suit qu'on ne doit magné*tiser ni par curiosité , ni pour montrer la puissance dont on est doué , ni pour produire des effets surprenans , ni pour convaincre les incrédules; mais uniquement pour faire du bien, et dans le cas où on le croit utile. Il s'ensuit encore que le magnétiseur ne doit employer sa force que graduellement et peu à peu. Il doit être exempt de vanité, de curiosité , d'intérêt ; un seul sentiment doit l'animer, le désir de faire du bien à celui dont il s'occupe , et dont il doit s'occuper uniquement tout le temps qu'il le magnétise. Il ne doit rechercher aucun effet extraordinaire , mais savoir profiter des crises que la nature ,

3to INSTRUCTION PRATlQtJK

âontenne par le magnétisme , produit d'eUemâme pour la guérison.

29. Quoique le choix de tel ou tel procédé ne soit pas essentiel pour diriger l'action du magnétisme , il est utile de s*étre fait une méthode que Ton suit par habitude et sans 7 penser, afin de n'être jamais embarrassé, et de ne pas perdre de temps à chercher quels mouvemens iï est le plus à propos de faire.

30. Lorsqu'on a acquis l'habitude déconcentrer son attention , et de se séparer de tout ce qui est étranger à Fobjet dont on s'occupe , on éprouve en soi-même une impulsion instinctive qui détermine à porter l'action sur tel ou tel organe , à la modifier dentelle ou telle manière. Il faut obéir à cette impulsion sans en rechercher la cause. Lorsque le malade qu'on magnétise s'abandonne entièrement à l'action qu^on exerce, sans être distrait par d'autres idées , il arrive souvent qu'un instinct Semblable le met à même d'indiquer les procédés qui lui conviennent le mieux ; le magnétiseur doit alors se laisser diriger par lui.

3i« Le magnétisme excite souvent des douleurs dans la partie du corps où se trouve le siège du mal ; il renouvelle des douleurs anciennes et assoupies; ces douleurs sont pro-

SUR LE MAGNÉTISME. %l

duites par Teflort que £iit la natore pour triompher de la maladie^ U ne faut point s*ea inquiéter, elles uesont que passagères , et le malade se trouve toujours mieux après les avoir éprouvées; c'est ce qui distingue ces douleurs, qu'on nomme critiques, de cdles qui simi produites par le progrès du mal.

32. Loirsqtt'une crise quelconque a lieu , il est très^daogereux de Tiaterropupre ou de la troubler. J^too^ ezpliquei:ons ce qu'on entend par crises 9 et nous eu ferpus couuaUre la diversité.

33. Ayant d'entreprendre un traitement magnétique^lemagnétiseurdoits'examiQerJyimême ; il doit ise demander s'il peut le conti* nuer et si le malade ou ceux qui ont de l'influeuce &w lui n'y mettront aucun obstacle :

il ne doit p^ s'en charger s'M éprouve quel<^ue répii^;^auce , ou s'il craint de prendre la maladie. PQur agir efficacem^eut il faut qu'il se sente aUiré yers Ja persoAne qui réc^an^e ses soins, qu'il prenne intérêt à elle, qu'il ait le désir et l'espoir de la guérir ou du moins de la soulager. Une fois qu'il s'est décidé , ce qu'il n'aura jamais fait légèrement , il doit considérer celui qu'il magnétise comme son frère, comme son ami; il doit lui être tellement dé-

Yoné qu'il ne s'aperçoive pas des sacrifices qu'il s'impose. Aucune autre considération , aucun autre motif que le désir de faire du bien ne doit le déterminer à entreprendre un traitement.

34- La faculté de magnétiser , ou celle de faire du bien à ses semblables par l'influence de sa volonté , par la communication du principe qui entretient en nous la santé et la vie , étant la plus belle et la plus précieuse que Dieu ait donnée à l'homme , il doit regarder l'exercice du magnétisme comme un acte religieux qui exige le plus grand recueillement et la plus grande pureté d'intention. Il suit de là que c'est une sorte de profanation de magnétiser par amusement , par curiosité , par le désir de montrer des effets singuliers. Ceux qui demandent des expériences pour voir un spectacle, ne savent pas ce qu'ils demandent: mais le magnétiseur doit le savoir, se respecter lui-même , et conserver sa dignité.

SUR LE MAGNÉTISME. a3

— ••'' r^'i'r* i'>niii'iiri-iiiriri r t'>-iTiir>in i -m»-iriii i m Din n r imiinr> i nim n n i m ) nn — t

Page 1