CHAPITRE IL
Des Procédés.
Laes principes que nous avons donnés dans le chapitre précédent sont essentiels , invariables, et dans tous les cas , c'est de leur application que dépendent la puissance et Tefficacité du magnétisme. Les procédés dont nous allons parler , ne sont point également employés par tous les magnétiseurs. Plusieurs d'entre eux en ont qui leur sont particuliers, et, quelque méthode qu'ils suivent, les résultats sont à peu près les mêmes. D'ailleurs les procédés doivent être diversifiés selon les circonstances : on est souvent déterminé dans le choix , non-seulement par le genre de tpaladie , mais par la commodité , par les convenances , et même par le soin d'éviter ce qui pourrait sembler extraordinaire. Ce que je vais dire , est donc inutile aux personnes qni ont acquis l'habitude de magnétiser. Qu'elles continuent àe suivre la méthode qui leur a constamment réussi à soulager ou guérir des
,îl4 INSERUCTION PRATIQUE
malades (i). JTécris pour ceux qui , ne sachant encore rien , seraient embarrassés pour exer-^ cer une faculté dont Texistence n'est pas un doute pour eux, et je vais leur enseigner la manière de magnétiser que j'ai adoptée d'après les instructions que j'ai reçues , et d'après les observations que j'ai recueillies ou que j'ai faites moi-même pendant trente-cinq ans.
Lorsqu'un malade désire que vous essayiez de le guérir par le magnétisme , et que sa famille et son médecin n'y mettent aucune opposition : lorsque vous sentez le désir de seconder ses vœux, et que vous êtes bien résolu de continuer le traitement autant qu'il sera nécessaire ^ fixez avec lui l'heure des séances; faites-lui promettre d'être exact, de ne pas se borner à un essai de quelques jours, de se conformer à vos conseils pour son régime, de ne parler du parti qu'il a pris qu'aux personnes qui doivent naturellement en être informées.
Une fois que vous serez ainsi d'accord , et bien convenus de traiter gravement la
(i) J'ajoute les mots à êoulager eu^guérir^ parce fue toute méthode qui a pour but de produire des effets surprenans et de montrer la puissance du magnétiseur, est essentiellement vicieuse.
sua LE MkavÉTiêME. a5
chose, éloignez do malade toutes les personnes qui pourraient vous gêner; ne gardez auprès de Yons cpie les témoins nëcesi^res ( un seul s'il se peut ), demandezleur de ne s'occuper nullement des procédés que vous employez et des effets qui en sont la suite , maïs de 6*unir d'intenUon avec vous pour faire du bien au malade : arrangei^vous de manière à n'avoir ni trop chaudni tropfroid , à ce que rien ne gène la liberté de vosmouvemens, et prenez des précautions pour n'être pas interrompu pendant la séance.
Faites ensuite asseoir votre malade le plus commodément possible,, et placez- vous vis-àvis delui , sur un siège un peu plus élevé , et de manière que ses genoux soient entre les vôtres et que vos pieds soient à côté des sieus* De** mandez-lui d'abord de s'abandonner , de ne penser à rien, de ue pas se distraire pour examiner les effets qu'il éprouvera, d'écarter toute crainte , de se livrer k l'espérance, et de ne pas s'inquiéter on se décourager si l'action du magnétisme produit chez lui des donleurs momentanées.
Après vous être recueilli , prenez ses pouces entre vos deux doigts, de manière que l'intérieur de vos pouces touche l'intérieur
des siens, et fixez vos yeux sur lui. Vous resterez de deux à cinq minutes dans cette situation , ou jusqu'à ce que vous sentiez qu'il s'est établi une chaleur égale entre ses pouces et les vôtres : cela fait, vous retirerez vos mains , en les écartant à droite et à gauche et les tournant de manière que leur surface intérieure soit en dehors, et vous les élèverez jusqu'à la l^auteur de la tôte : alors vous les poserez sur les deux épaules , vous les y laisserez environ une minute , et vous les ramènerez le long des bras jusqu'à l'extrémité des doigts , en touchant légèrement. Vous recommencerez cette passe (i) cinq ou six fois , toujours en détournant vos mains et les éloignant un peu du corps pour remonter : vous placerez ensuite vos mains au-dessus de la tête, vous les y tiendrez un moment , et vous les descendrez en passant devant le visage à la distance d'un ou deux pouces jusqu'au creux de l'estomac : là, vous vous arrêterez encore environ deux minutes , en posant les pouces sur le creux de l'estomac et les autres doigts
(i) J'emploie ici le mot passe , qui est connu de tous les magnétiseurs } il s'entend de tous les mouvemens 4u'on fait avec les mains en passant sur le corps, soit en touchant légèrement , soit & distance.
SUR LE MÀGUÉTISME. ^'J
au-dessous des côtes. Puis vous descendrez lentement le long du corps jusqu'aux genoux, pu mieux , et si vous le pouvez sans vous déranger, jusqu'auboutdes pieds. Vousrëpéterez les mêmes procédés pendant la plus grande partie de la séance. Vous vous rapprocherez aussi quelquefois du malade de manière à poser vos mains derrière ses épaules pour descendre lentement le long de Fépine du dos, et delà sur les hanches et le long des cuisses jusqu'aux genoux ou jusqu'aux pieds. Après les premières passes, vous pouvez vous dispenser de poser les mains sur la tête , et faire les passes suivantes sur les bras en commençant aux épaules, et sur le corps en commençant à Testomac.
Lorsque vous voudrez terminer la séance, vous aurez soin d'attirer vers l'extrémité des mains et vers l'extrémité des pieds, en prolongeant vos passes au-delà de ces extrémités, et secouant vos doigts à chaque fois.
Enfin , vous ferez devant le visage et même devant la poitrine quelques passes en travers, à la distance de trois ou quatre pouces. Ces passes se font en présentant les deux mains rapprochées et en les écartant brusquement l'une de l'autre, comme pour enlever la sura-
bondance de fluide dont le malade pourrait être charge. Vous voyez qu'il est essentiel de magnétiser , toujours en descendant de la tête aux extrémités , et jamais en remontant des extrémités à la tête. Cest pour cela qu'on détourne les mains , quand on les ramène des pieds à la tête. Les passes qu'on fait en descendant sont magnétiques , c'est - à - dire , qu'elles sont accompagnées de l'intention de magnétiser. Les mouvémens qu'on fait en remontant ne le sont pas. Plusieurs magnétiseurs secouent légèrement leurs doigts après chaque passe. Ce procédé , qui n'est jamais nuisible, est avantageux dans certains cas, et par cette raison, il est bon d'en prendre l'habitude.
Quoique vers la fin de la séance on ait eu soin d'étendre le fluide sur toute la suriàce du corps, il est à propos de faire en finissant quelques ^sses sur les jambes , depuis les genoux jusqu'au bout des pieds. Ces passes dégagent la tête. Pour les faire plus commodément , on se fdace à genoux vîs-à*vis de la personne qu'on magnétise.
Je crois devoir distinguer les passes qu'on fait sans toucher, de celles qu'on fait en touchant , non-senlement avec le bout des doigts,
SUR LE MAGNETISME. ^g
mais avec tonte Télendae de la main ^ et en employant nne légère pression. Je donne à ces dernières, le nom àe frictions magnéti^ ques : on en fait sonvent usage pour mieux agir sur les bras, sur les jambes, et derrière le dos tout le long de la colonne yertébrale.
Cette manière de magnétiser par des passes longitudinales , en dirigeant le fluide de la tête aux extrémités, sans se fixer sur aucune partie de préférence aux autres y se nomme magnétiser à grands courans. Elle convient plus ou moins dans tous les cas^ et il faut remployer dans les premières séances , lorsqu'on n'a pas de raison d'en choisir une autre» Le fluide est ainsi distribué dans tous les organes, et il s'accumule de lui-même dans ceux qui en ont besoin. Aux passes faites à une petite distance, on en joint, avant définir, quelques unes à la distance de deux à trois pieds. Elles produisent ordinairement du calme , de la fraîcheur et un bien-être sensible.
Il est enfin un procédé par lequel il est très - avantageux de terminer la séance. Il consiste à se placer à côté du malade qui se tient debout, et à faire à un pied de distance avec les deux mains , dont l'une est de-
3o INSTRUCTION PRATIQUE
vaut le corps et Tautre derrière le dos , sept ou huit passes en commençant au-dessus de la tête, et descendant jusqu'au plancher le long duquel on écarte les mains. Ce procédé dégage la tête, rétablit l'équilibre et donne des forces.
Lorsque le magnétiseur agit sur le magnétisé , on dit qu'ils sont en rapport. C'està-dire qu'on entend par le mot rapport^ une disposition particulière et acquise, qui lait que le magnétiseur exerce une influence sur le magnétisé, qu'il y a entre eux une communication du principe vital.
Ce rapport s'établit quelquefois très-vite , quelquefois après un temps plus ou moins long. Cela dépend des dispositions morales et physiques des deux individus. Il est rare qu'il ne soit pas établi dans la première séance. Les magnétiseurs exercés sentent ordinairement eq eux-mêmes lorsque ce moment est arrivé.
Une fois que le rapport est bien établi , l'action se renouvelle dans les séances suivantes à l'instant où l'on commence à magnétiser.
Alors, si l'on veut agir sur la poitrine, l'estomac ou l'abdomen , il est inutile de toucher , à moins qu'on ne trouve cela plus commode.
Ordinairement le magnétisme agit aussi bien et même mieux dans l'intérieur du cx)rps , à
SUR LE MAGNÉTISME. 3l
la distance d'un ou deux ponces, que par attouchement. On se contente en commeiiçant la séance de prendre un moment les pouces.
Quelquefois il est nécessaire de magnétiser à la distance de plusieurs pieds. Le magnétisme à distance est plus calmant , et quelques personnes nerveuses n'en peuvent supporter d'autre.
Pour faire les passes il ne faut jamais employer aucune force musculaire autre que celle qui est indispensable pour soutenir la main et l'empêcher de tomber. On doit mettre de l'aisance dans ses mouvemens , et ne pas les £piire trop rapides. Une passe de la tête aux pieds peut durer environ une demi-minute.
Les doigts de la main doivent être un peu écartés les uns des autres , et légèrement courbés , de manière que le bout des doigts soit dirigé vers celui qu'on magnétise.
C'est par l'extrémité des doigts, et surtout par les pouces que le fluide s'échappe avec le plus d'activité. C'est pour cela qu'on prend d'abord les pouces du malade, et qu'on les tient dans les momens de repos. Ce procédé suffit ordinairement pour établir le rapport. Il est un autre procédé que vous emploierez avec succès pour fortifier ce rapport. Il con-
3l lîSSTHUCTION PRA.TIQUE
siste à opposer vos dix doigts à ceux du malade, de manière que Tintërieur de vos mains soit rapproché de Tintérieur des siennes , et que la partie charnue de vos doigts touche la partie charnue des siens, les ongles étant ea dehors. Il parait qu'il sort beaucoup moins de fluide de la surface extérieure des mains que de la surface intérieure, et c'est une des raisons pour lesquelles on détourne les mains en remontant, sans les écarter beaucoup du corps.
Les procédés que je viens d'indiquer sont les plus réguliers et les plus avantageux pour le magnétisme à grands courans , mais il s'en faut de beaucoup qu'il soit toujours à propos, ni même toujours possible de les employer.
Ainsi lorsqu'un homme magnétise une femme, fut-ce mâme sa sœur , il seroit contre les convenances qu'il se plaçât vis-à-vis d'elle de la manière que j'ai décrite : ainsi lorsqu'un malade est obligé de garder le lit. on ne peut le faire asseoir pour s'asseoir vis-à-vis de lui.
Dans le premier cas on se place à côté de la personne qu'on veut magnétiser. On prend d'abord lés pouces, et pour mieux étal3lir le rapport on pose une main sur l'estomac et l'autre derrière le dos , et l'on descend ensuite
SUR LE MAGFÉTISIIE. 33
les deux mains en opposition Time sur les reins , Tautre sur le devant du corps et à distance ; une des mains descend jusqu'aux pieds. On peut magoétiser les deux bras Tua après Fautre et d'une seule main.
Dans le cas où le malade ne peut se lever, on se place auprès de son lit dé la manière la plus commode, on lui prend les pouces, on lui fiait quelques passes sur les bras ; on en &it aussi quelques-unes derrière le dos , s'il peut se tenir sur son séant ^ ensuite , pour ne pas se fatiguer j on se sert d'une seule main qu'on pose sur l'estomac, et avec laquelle on fait des passes longitudinales , d'abord en toudiant légèrement à travers les couvertures, puis à distance. On peut tenir une main fixée sur les genoux ou sur les pieds tandis que l'autre est en mouvement. On termine par des passes le long des jambes , et par des passes transversales devant la tête, la poitrine et l'estomac pour écarter le fluide surabondant.
Lorsque le rapport est établi^ on magnétise très-bien en se plaçant au pied du lit du malade, et vis-à-vis de lui; on dirige alors de loin les deux mains de la tête smx pieds, et on les écarte après chaque passe , pour ne pas mmener le fluide s|ir soi. J'ai produit le som-
34 INSTKtICTÎON PRATIQUE
nambolisme par ce procédé, sans avoir tou* ché pour établir le rapport.
Voilà ce que j'ai à dire sur le magnétisme à grands courans , par lequel il est toujours à propos de commencer , et auquel on peut s'en tenir jusqu'à ce qu'on ait un motif d'employer d'autres procédés.
Voyons maintenant les circonstances qui indiquent des procédés particuliers.
Lorsque quelqu'un a une douleur locale, il est naturel , après avoir établi le rapport , de porter l'action du magnétisme sur la partie souffrante. Ce n'est point en passant les mains sur les bras qu'on essaiera de guérir une sciatique ] ce n'est point en posant la main sur l'estomac qu'on dissipera une douleur au genou. Voici quelques principes qui pourront nous guider.
Le fluide magnétique, lorsqu'onlui imprime un mouvement, entraîne avec lui le sang, les humeurs et la cause du mal. Par exemple, si quelqu'un a mal à la tête , parce que le sang s'y porte , s'il a la tête brûlante et les pieds très-froids; en faisant des passes de la tête^ aux pieds et quelques passes de plus sur les jan^s, la tête se dégage elles pieds s'échauffent. Si quelqu'un a une douleur à l'épaule ,
SUn LE MAGNÉTISME. 35
et qu'on fasse des passes de rëpaole au bout
des doigts, la douleur descend en suivant la
main ; elle s'arrête quelquefois au coude et au
poignet, elle s'échappe par les mains où se
manifeste une légère transpiration. Un mal
d'estomac se fait souvent sentir dans le bas
ventre avant de se dissiper entièrement. Le
magnétisme semble chasser et emporter avec
lai ce qui trouble l'équilibre , et son action ne
cesse que lorsque l'équilibre est rétabli. Il est
inutile de chercher la raison de ces faits, il
suffit que l'expérience les ait constatés pour
que nous nous conduisions en conséquence,
lorsque nous n'avons pas une raison de nous
conduire autrement.
D'après cela on peut établir, sauf les exceptions, la règle suivante.
Accumulez et concentrez le magnétisme sur la partie souffrante, ensuite entraînez vers les extrémités.
Par exemple , voulez- vous guérir une douleur à l'épaule, tenez la main sur l'épaule pendant quelques minutes, descendez ensuite , et après avoir quitté le bout des doigts, recommencez patiemment à employer le même procédé. Voulez-vous guérir un mal d'estomac, posez quelques minutes les mains sur l'esto-
mac et deaceodez jusqu'aux genoux. Vous ac« cumukrôz le fluide en tenant vos mains immobiles ; en descendant tous entiainerea à la fois le fluide et le mal.
Votre malade a-t**il une obstruction , posez la ipain sur Tobstruction ; laissea»la quelque temps ) soit immobile; soit en Eaisant un mouvement circulaire, et entraînes vers les extrémités^ Si Tobslruction n'occupe pas une grandeëtendue, vous lui présenterezyoedoigts rapprochés sans être réunis , parce que c'est principalement par les pointes que le fluide s'échappe. Vous tournerez vos doigts pour diviser, vous dirigerez ensuite vers le bas.
Vous devez regarder comme certain que les mouvemens que vous faites à rextérieur s'opèrent sympathiquement dans l'întériewr du corps du nialade partout où vous l'Yves pénétré de fluide.
Quelqu'un s'est-il donné un coup derrière la tête , et s'eat-il fait une contusion, prenez la llte dans vos deux mains en opposition , en portant Tactioû de votre votonté sur le siège du maU Descendez ensuite la main le long des reins si la con^usioii est derrièf e la téte^ ou devant le eorps jcusqo'attx genoux si elle est sur le front, <»u leloiig de» bras Sfi ellf est sur
S0R LE MAGlfiTISMI. 87
le côté. Voas empêcherez ainsi que le sang ne
se porte à la tête , vous éviterez le danger de
rinflammation , et vous rendrez probablement
la saignée inutile. Voulez'*vout guérir une
brûlure , des engelures , un panari , suives
les mêmes principes. Les exemples que je
viens de citer peuvent s'appliquer à la plupart
des cas. Je pense qu'en général le contact est
utile pour concentrer Taotion, et que les passes
à une petite distance sont préférable$ pour
établir des courans et pour entraîner. Les
frictions magnétiques s'emploient avec avan^
tage pour les douleurs des membres.
Dans les migraines i lorsque la douleur est très-forte » et qu'il y a chaleur , après avoir posé quelque temps vos mains sur la tête , retirez^'les comme si vous croyiez que le fluide que vous avez introduit soit uni à celui du xnalade , que ce fluide mâle tient à vos mains , et qu'en écartant vos mains et secouant vos doigts vous pouvez le retirer ; c'est en eflet ce que vous verrez se vérifier. Si la migraine a sa cause dans l'estomac ce procédé ne réussira pas seul ,' il Daudra agir sur l'estomac. Si le sang se porte à la tête, il faudra comme , je l'ai dit , attirer en bas , et réitérer les passes sur les jambes ^t sur les pieds.
J'ai ditque les doigts rapproches etprésentés par la pointe agissaient plus vivement et concentraient mieux le fluide que la main étendue. U est un autre procédé dont Faction est bien plus forte, et qu'on emploie avec succès pour les douleurs locales et pour les obstructions.
On pose un linge à plusieurs doubles, ou une étoffe de laine ou de coton, sur la partie souffrante , on applique sa bouche dessus , et l'on fait passer l'haleine au travers 5 cela excite une chaleur vive, et l'haleine, qui est chargée de fluide magnétique , l'introduit très-bien ; aussi remarque-t-on queUi chaleur n'est point seulement à la surface, comme serait celle d'un fer chaud, mais qu'elle pénètre intérieurement. Après avoir employé ce procédé, on fait des passes pour entraîner et dissiper le mal.
Le sottfile à froid et à distance a une action rafraîchissante ; il aide à dissiper une chaleur que l'on soutire en présentant les doigts etlesretirantensuiteavecle soin deles écarter.
On rafraîchit aussi la tête en posant dessus la paume des mains, et tenant les doigts élevés et écartés ^ le fluide s'échappe par le bout des doigts.
Souvent il n'est pas possible d'entraîner une
$UR LE maguétishe. 39
douleur loin de la partie où elle est fixée > on réussit seulement à Fen éloigner progressif vement et peu à peu. Un mal qui est sur le sommet de la tête s'aflàiblira d'al>ord au centre , en s'écartant à droite et à gauche *, à chaque passe on le déplacera et on en enlèvera une partie ; et il faudra plus ou moins (le temps pour le dissiper entièrement.
Je n'exposerai point ici les détails donnés par M. Kluge , professeur à l'école de médecine de Berlin (i), sur la manipulatiop palmaire, digitale, dorsale et pugnale. Ce que j'ai dit suffit pour indiquer les procédés qu'on peut employer lorsqu'on n'a produit encore aucun effet sensible : j'ajouterai seulement que l'action est plus vive et plus pénétrante par la manipulation digitale, c'est-àrdire lorsqu'on présente l'extrémité des doigts, que lorsqu'on présente la main ouverte avec les doigts redressés, de manière que le fluide parte de toute sa surface intérieure. La manipulation palmaire, pu avec la main ouverte et à distance, est un procédé généralement employé pour calmer^ il su^t souvent pour apsSser les plus vives Couleurs. Les doigts réunis en
(1) DansTouvrage allemand intitulé : du Magnétisme unimal comme moyen curât if. Vienne, i8i5.
4o INSTRUCTION PRATIQUE
pointe concentrent Faction sur la partie vers laquelle on les dirige.
7e vais maintenant rësnmer en peu de mots ce que j'ai dit sur le magnétisme à grands courans , en indiquant les procédés qui conviennent le mieux; i^ au commencement; a"", au milieu; S"", à la fin de la séance.
I ** . Etablir le rapport en prenant les pouces ^ en posant les mains ^ur les épaules, en faisant, avec une légère pression, des passes le long du bras, et en posant les mains sur Testomiic; a?, diriger des courans de la tête aux pieds , ou du moins aux genoux : Tattoucliement est inutile; 3^. faire des passes ou même des frictions magnétiques le long des jambes jusqu'à Textrémitë des pieds , calmer par quelques passes à distance avec la main ouverte , et soutirer enfin le fluide surabondant par quelques passes en travers.
Les premières séances de magnétisme doivent être d'environ une heure, lorsqu'on n'a aucune raison de les prolonger ou de les abréger; je dis les premières, parce qu'une partie du temps est employée à établir le rapport; tandis qtie le rapport ayant été une fbis bien établi , l'action du magnétisme se manifeste au premier moment; alors une séance de demi-heure
i trois^quart-d'benre suffit, à moins qu'il ne faille soutenir un travail commence.
Il faut autant que possible ordonner le traitement de la manière la plus uniforme et la plus régulière ; de là retour périodique des séances, égalité de leur durée, calme constant du magnétiseur, éloignement de toute influence étrangère, exclusion absolue de tout curieux, et même de tout autre témoin que celui qu'on a d'abord choisi , degré semblable de force magnétique, et continuation du mode de procéder qu'on a d'abord adopté.
Cependant lorsque le magnétisé éprouve des sensations, elles déterminent souvent à varier ou à modifier les procédés : c'est donc ici le. lieu de parler de ces effets, et des indications qu'ils donnent pour la manière d'agir (i).
Avant d'entrer dans ces détails je crois essentiel de combattre une opinion qui me parait entièrement erronée, quoiqu'elle ait été soutenue par des hommes très- versés dans la
(I) Plusieurs magnétiseurs éprouvent des sensations qui 4oivait néceraairement les diriger dans le choix des procédés j. mais comme cette faculté précieuse n'est pas commune à tous, ce sera dans un autre chapitre que ie parlerai des moyens de la développer en soi, et des avantages qu'elle procure.
connaissance du magnétisme. Cest que les procédés sont indifférens par eux-mêmes , qu'ils ne servent qu'à fixer l'attention , et que la volonté seule fait tout. On a été conduit à cette idée par la vue d'un phénomène qu'ont présenté quelquessomnambules , et par l'application d'un cas particulieràla théorie générale.
Il y a des somnambules parfaitement concentrés , et dont les facultés intérieures sont tellement énergiques qu'ils agissent sur eux-* mêmes par leur propre force, et conformément à la volonté qui leur est communiquée par leur magnétiseur. Celui-ci fait cesser un mal de tête, une douleur au côté , uniquement parce qu'il l'ordonne. Il est aussi des hommes doués d'une telle puissance magnétique, qu'ils peuvent agir sur des malades très-sensibles et parfaitement en rapport avec eux, en dirigeant l'action sur telle ou telle partie, par la pensée et par le regard^ mais ces phénomènes sont infiniment rares, et l'on ne peut en rien conclure pour la pratique ordinaire.
Les procédés ne sont rien s'ils ne sont unis à une intention déterminée : on peut même dire qu'ils ne sont point la cause de l'action magnétique; mais il est incontestable qu'ils sont nécessaires pour la concentrer et la diri^
SUR LE MACKÉTISME. 4^
ger, et qu'ils doivent être variés selon le but qu'on se propose.
Les somnambules indiquent pour eux* mêmes des procédés tout différens , selon le siège du mal, et lorsqu'ils conseillent à un malade de faire usage dû magnétisme , ils ont grand soin de lui prescrire les procédés qu'il doit employer. Il est certain que c'est par des procé.dés convenables et non par la seule yolonté qu'on déplace une douleur , qu'on la fait descendre, qu'on accélère la circulation du sang, qu'on dissipe un engorgement, qu'on rétablit l'équilibre. II est des cas où l'on fait beaucoup de bien en posant les mains sur les genoux, tandis qu'on ferait beaucoup de mal en les tenant long-temps sur l'estomac. On produit de l'étourdissement , de la pesanteur, du malaise en chargeant trop la tête. Il est souvent essentiel d'étendre le magnétisme à la fin de la séance et de soutirer le fluide par les extrémités , pour en débarrasser celui qui en est trop chargé.
Lorsque j'ai dit qu'une méthode différente de la mienne réussirait également, j'ai voulu dire que chacun modifiait les procédés d'après ses idées et ses habitudes , mais non qu'on pouvait s'en passer, ou les employer d'une
manière opposée aux règles générales. Ainsi les divers magnétiseurs agissent également bien par des passes plus lentes ou plus rapides » parle contact ou à distance, en tenant les mains à la même place ou en établissant des courans. Mais il est absurde de croire qu*on guérira des engelures aux pieds en mettant les mains sur la poitrine.
n y a des procédés généraux qu'on emploie en commençant; il en est d'autres qui sont indiqués par les circonstances, ou par les effets qu'on a d'abord produits. Nous allons en parler dans le chapitre suivant.
SUR LE MàGNÉTISME. 4^