VI
Crampes , douleurs ; angoisses, défaillances ; refroidissement du corps.
Les crampes dans les membres sont quelquefois faibles et passagères. D’autres fois elles sont si douloureuses et si violentes qu’elles deviennent un tourment affreux pour le malade. Elles sont alors accompagnées de douleurs analogues dans l’estomac et la poitrine, d’angoisses et de défaillances. Ces symptômes peuvent survenir en même temps que la diarrhée et les vomissemens; ils peuvent aussi les précéder ou les suivre. Ils indiquent,
en général, plus d’intensité dans la maladie; mais ils ne doivent pas faire changer les bases du traitement. Comme on a lieu de craindre, dans ce cas, une marche plus rapide des accidens, on doit abréger les tâtonnemens, et recourir le plus tôt possible aux moyens les plus énergiques , qui sont la saignée, les caïmans à l’intérieur, et les moyens d’appeler la réaction à la peau.
Aux remèdes précédemment indiqués, on ajou-
tera les frictions sur les membres douloureux et affectés de crampes, avec des flanelles sèches et bien chaudes, ou trempées dans quelque liqueur spiritueuse et aromatique. La composition la plus usitée est celle qu’on connaît sous le nom de Uniment hongrois , et qui se prépare de la manière suivante :
Eau de vie une chopine.
Vinaigre fort. . . . demi-chopine ,
Farine de moutarde demi-once ,
Camphre deux gros,
Poivre deux gros.
Une gousse dôil pilée.
On met le tout dans un flacon bien bouché, et 1 on fait infuser pendant trois jours au soleil , ou dans un endroit chaud.
Un mélange à parties égales de Uniment ammoniacal et de laudanum, peut aussi être employé avec avantage.
Aux frictions il convient de joindre le massage, fait par des personnes vigoureuses, et placées commodément à chaque coté du lit pour frictionner et masser partout où le malade souffre. On applique en même temps des boules d’eau chaude aux pieds et aux côtés du corps, des lia-
ges, ou mieux encore des sachets remplis de son ,, bien chauds, sur la région du cœur, etc., etc.
Si, par tous ces moyens, on ne parvient pas à obtenir une bonne réaction , et qu’on n’ait pas encore tiré du sang, on se hâtera de le faire, soit par la saignée du bras, ce qui vaut le mieux lorsqu’elle est praticable , soit par des ventouses scarifiées sur l’estomac et la région du cœur. Lors même que la dernière période de la maladie commencerait à se manifester par le refroidissement lies membres et du bout de la langue, par la dépression du pouls, la gène de la respiration, et l’altération des traits, il serait encore utile de tirer du sang si on le pouvait. En même temps on couvrirait les jambes de larges sinapismes, et on insisterait sur les potions éthérées et laudanisées, autant du moins
qu’elles seraient tolérées. Si elles produisaient une
impression fâcheuse on s’empresserait d’y renoncer, pour s’en tenir à la glace , qu’on ferait avaler par petits morceaux. On essayerait encore , dans celte dernière période, l’éther saturé de camphre à la dose de quatre à six gouttes de quart d’heure en quart d’heure , en accompagnant chaque dose d’un morceau de glace. Nous avons vu de bons effets de ce moyen dans quelques cas extrêmement graves.