CHAPITRE
Interprétation de ces phénomènes.
Il s'agit maintenant d'interpréter ces phénomènes , d'indiquer leur valeur comme signes de telle ou telle lésion, et de faire
( 46 ) connaître l'utilité qu'en peut tirer le praticien .
S 1eri° Impulsion.
Une impulsion plus forte que dans l'état naturel indique un état d'hypertrophie des parois du cœur; un choc faible et mou indique ou l'amincissement de ces mêmes parois, qui se lie presque toujours à Ja dilatation, ou un certain degré de ramollissement.
2° Bruit des Contractions.
Plus sourd , le bruit des contractions indique encore l'hypertrophie, avec des degrés variables ; ( ce phénomène peut se lier aussi au ramollissement: ) plus clair , il indique des parois minces, ou plutôt la dilatation des cavités.
Il semble au premier abord que le ramollissement pourra se confondre dans certains
cas avec l'hypertrophie > dans d'autres avec la dilatation. D'abord, le ramollissement , comme maladie primitive et isolée, est une chose fort rare en comparaison des deux autres lésions. Et d'ailleurs en réunissant les résultats fournis par le choc et par le bruit , il n'y a plus lieu à erreur. Le choc est faible et le bruit sourd dans le cas de ramollissement, ce qui n'a pas lieu dans les deux autres.
3° Rhythme.
Les irrégularités dans le rhythme des battements ne se lient à aucune lésion en particulier. De même que les irrégularités du pouls , elles ne peuvent être regardées que comme un signe générât de maladie du cœur.
4° Étendue des battements.
Quand les battements se font entendre dans une moindre étendue, il v a lieu de
( 48) croire à une hypertrophie; quand ils se font entendre dans une étendue plus grande , à une dilatation.
Bruits étrangers à l'état normal.
i° Bruit de soufflet.
Le bruit de soufflet , rattache d'abord par Laennec au rétrécissement des orifices , avec lequel il coexiste fréquemment y plus tard, et à cause d'une foule de cas où. il s'était montré sans cette lésion , a été regardé par Laennec lui-même comme indiquant un simple spasme du cœur. Peut-être aussi se lie-t-il à un trop -plein des cavités. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après s'être montré très distinct, il disparaît souvent par le repos, par la saignée^et se reproduit sous l'influence de conditions opposées. Ceci s'applique à toutes les variétés du bruit de soufflet , lequel t
comme on voit , ne saurait être rattaché à aucune lésion spéciale.
2° Frémissement cataire.
Le frémissement cataire paraît, se lier au rétrécissement des orifices , par quelques causes qu'il soit produit (adhérences, épaississement , ossification , végétations 9 etc. ), plus fréquemment que le bruit de soufflet ; mais non pas si constamment encore , qu'il puisse être regardé comme un signe certain.
3° Bruit de cuir neuf.
Enfin le bruit de cuir neuf avait été regardé comme un indice depéricardite, mais des observations ultérieures n'ont pas confirmé cette idée, et c'est encore un phénomène à peu près de nulle valeur.
i° Lésions des cavités droites et des cavités gauches.
Jusqu'ici nous avons indiqué d'une manière générale les signes dés diverses lésions, sans chercher à distinguer ce qui appartient à l'une ou l'autre moitié , à tel ou tel orifice. Cette distinction est facile, suivant Laennec, en se guidant par les mêmes principes, et en explorant séparément les deux parties de la région précordiale. Est-ce sous les cartilages des sixième et septième côtes , et là seulement ou plus spécialement -, que le son est obscur ? Il y a hypertrophie du ventricule gauche isolément. Le son est-il très clair sous le sternum , naturel ou obscur par comparaison à gauche ? Il y a dilatation du ventricule droit. On peut en dire autant de l'impulsion. Mais cette marche n'est plus applicable pour ce qui regarde l'espace dans
( 5. ) lequel les battements ont lieu , et le plus ou moins d'étendue de cet espace indique d'une manière générale l'hypertrophie ou la dilatation , sans permettre de désigner le siège spécial de la lésion.
2° Lésions des ventricules ou des oreillettes.
Le bruit de soufflet et le frémissement calaire , sans être des signes certains, se lient cependant le plus souvent à un rétrécissement des orifices. Suivant qu'ils ont lieu après la contraction de l'oreillette , selon Laennec y ou après celle du ventricule , ils indiquent que le rétrécissement existe à l'orifice auricuto- ventriculaire ou aux valvules sigmoïdes; et suivant encore qu'ils sont plus marqués sous le sternum ou sous les cartilages des côtes, ils apprennent si la lésion est à droite ou à gauche. On sait d'ailleurs que ces lésions existent presque toujours à gauche et sont fort rares à droite.