‹ Instruction pratique sur les diverses méthodes d'exploration de la poitrineChapitre 11 sur 24 · Etendue des battements · texte numérisé non relu

Etendue des battements

Chez certains malades, les battements du

cœur s'entendent dans une moindre étendue que dans 1 étal naturel , dans un point seulement de la région précordiale , un pouce carré par exemple. Chez d'autres ils s'entendent hors de cette région , dans les parties latérale gauche , antérieure et latérale droite, postérieure gauche , et jusque dans la partie postérieure droite du thorax. L'ordre dans lequel nous avons énuméré ces parties forme une sorte d'échelle dressée par Laennec, et qui indique l'extension progressive de ces battements; de telle sorte qu'ils n'arrivent jamais qu'en dernier lieu à la partie postérieure droite, et que , d'autre part, lorsqu'on les entend dans ce point, on peut conclure, sans antre examen, qu'ils sont perceptibles dans toute l'étendue du thorax.

Bruits étrangers à l'état normal ; bruits de soufflet, de cuir neuf ; frémissement cataire.

Outre ces changements, il est certains bruits particuliers, correspondant aux raies des maladies du poumon , qui ne sont plus seulement des modifications des phénomènes naturels , mais des phénomènes nouveaux sur-ajoutés à. ceux-ci. Telles sont les diverses variétés du bruit de soufflet. La plus fréquente de ces variétés consiste dans un phénomène dont le nom seul donne l'idée. 11 semble qu'on entende sous son oreille quelqu'un souffler le feu, plutôt encore avec la bouche qu'avec un soufflet. L'interruption régulière des contractions ne contribue pas peu à produire celte sensation. Il y a une autre variété connue sous le nom de

bruit de râpe, et qui ressemble exactement^ suivant certaines nuances , au bruit d'une râpe, d'une lime ou d'une scie. Il y a encore un bruit de soufflet musical ou sibilant, ressemblant à un chant et offrant des intonations distinctes. Laennec a noté certains battements du cœur qui lui avaient présenté ce caractère ; mais ce sont là, il faut l'avouer, des observations un peu subtiles ; et depuis Laennec , il s'est rencontré peu d'oreilles assez délicates pour retrouver cette mélodie du cœur. J'ai bien entendu quelquefois , dans les contractions du cœur 7 et ce n'est pas un fait fort rare , 'quelque cliose qui ressemblait aux vibrations d'une corde de basse ou d'alto , ou un bruit analogue à la voix du coucou j mais jamais une mélodie, un chant composé de notes toujours les mêmes et revenant régulièrement. Laissons là ces faits peu connus , et ne nous arrêtons qu'aux résultais bien constatés.

Par la même raison je n'indique qu'en

( 45 ), passant un bruit analogue au craquement du cuir neuf, qui n'a été entendu que rarement et par un petit nombre d'observateurs.

Un dernier phénomène qui se rencontre plus fréquemment et qui mérite plus d'attention j c'est le frémissement cataire. Toujours heureux en comparaisons, Laennec a ainsi nommé une sensation perceptible à l'oreille^ mais au moins aussi sensible à la main, qui ressemble au murmure de satisfaction et au tremblement cadencé et'comme convulsif du chat (catus) , lorsqu'on passe la main sur son dos.

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