‹ Instruction pratique sur les diverses méthodes d'exploration de la poitrineChapitre 14 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Valeur des signes fournis par Pauscultatioii dans les maladies du cœur et des vaisseaux.

En résumant ce qui précède, on. voit d'abord que l'auscultation est à peu près de nui secours pour les maladies des vaisseaux et du péricarde -, et que, pour le cœur, elle ne fait point connaître les maladies des oreillettes , dont à dessein nous n'avons point fait mention , parce que , de l'aveu même de Laennec, elles n'ont pas de signes positifs. Anatoraiqueraent , il est vrai , ces maladies

sont rares et beaucoup moins prononcées ordinairement que celles des ventricules ou des orifices.

On a vu combien sont infidèles les signes qui indiquent le rétrécissement des orifices. En fut-il autrement, il serait peu utile encore de savoir qu'il y a rétrécissement , quand des lésions si variées, et pour la plupart incurables , peuvent produire le même effet.

L'auscultation ne s'applique d'ailleurs ni aux ruptures , ni à la dégénérescence graisseuse, ni aux cancers, ni aux tubercules , ni aux autres maladies de la substance du cœur. Reste le ramollissement, maladie rare , avec l'hypertrophie et la dilatation , maladies au contraire fort communes, sur lesquelles cette méthode s'exerce avec plus de succès. Et toutefois, dans ces cas même , elle est sujette encore à faillir. Sans parler des pleurésies, des hydropéricardes, des indurations du poumon , qui peuvent faire varier l'éten-

( 55 ) due des battements; qui iie sait que l'impulsion du cœur devient plus forte par suite d'exercices violents ou d'une émotion vive : qu'elle s'affaiblit par la diminution des forces et l'épuisement du sujet, et cela sans que l'état du cœur ait changé? D'autre part, on voit des cœurs énormément hypertrophié s qui , pendant la vie , n'ont donné qu'une faible impulsion : il semble qu'accablés de leur propre poids ; ils peuvent à peine se soulever. JLe bruit clair ou sourd des contractions n'est pas un indice plus sûr, ni plus constant. Ici donc , plus souvent encore que dans les maladies du poumon , les signes peuvent exister sans les lésions, et quelquefois les lésions sans les signes. Dans le premier cas, il est vrai , un examen attentif peut faire éviter l'erreur ; mais il n'y a rien à répondre à la seconde partie de l'objection.

Il n'est pas plus permis Je préciser toujours le siège des lésions, et, quoiqu'on en dise, s'il est des cas tranchés où l'on juge

( 56 ) au premier coup d'œil le lieu et la nature cîe la maladie , il en est d'autres où l'on devine plutôt qu'on ne juge ; il en est où il n'est plus même possible de deviner.

Ce qu'on peut dire de mieux en laveur de l'auscultation dans les maladies du cœur, c'est que quelquefois elle les décèle à une époque où les signes rationels sont à peine marqués.

11 suit de là , sans entrer dans de plus longs détails, que l'auscultation est d'une médiocre utilité dans les maladies du cœur, d'une utilité beaucoup moindre que dans les affections du poumon.

N'oublions pas toutefois que l'auscultation fournit dans ce cas comme pour le poumon, des signes clairs et faciles à reconnaître • et que ces signes , en défaut quelquefois, d'autres fois et plus fréquemment , ont été trouvés justes : c'est quelque chose que de pouvoir confirmer par de pareils moyens un diagnostic établi souvent

sur des données assez vagues. Quelques-uns de ces signes d'ailleurs , encore siériles ou peu précis, un jour peut-être seront fécondés ou rendus plus positifs par de nouvelles observations. Voilà pour le diagnostic.

Pour le traitement , si nous tirons moins de ressources dans ce cas de l'auscultation , cela ne tient point au vice de la méthode , mais à l'imperfection de la thérapeutique : c'est qu'il ne nous est pas possible de dissiper une hypertrophie , une dilatation , de dissoudre l'incrustation calcaire des valvules , aussi facilement que nous combattons une pleurésie ou une pneumonie»

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