CHAPITRE II
Des maladies du poumon. — Phénomènes de l'état morbide. — Interprétation de ces phénomènes.
La sonoréité est-elle seulement un peu plus sourde? Cela peut se lier à l'engouement ou à l'œdème du poumon , à une lésion , en un mot , qui n'a point détruit totalement la perméabilité de cet organe. Mais à ce degré une différence dans la sonoréité , existant isolément, est un signe de peu de valeur.
Si le son est mat , comme on l'a dit plus haut, ou Lien il y a quelque chose d'interposé entre les cotes et le poumon (ce peut être une tumeur solide, cas excessivement rare , ou un épanchement pleurétique , cas très fréquent , et par conséquent le plus présumable); ou bien le poumon a cessé d'être perméable , soit par
suite d'hépatisation , soit parce qu'il est rempli de tubercules. Je ferai remarquer toutefois que chez les phthisiques , la poitrine souvent rend un son assez clair, à cause de la maigreur, Lien que le poumon soit presque complètement induré. Le plus ou moins d'étendue dans laquelle existe la matité indique l'étendue de la lésion.
Une sonoréité plus claire que dans l'état naturel se lie habituellement à l'emphysème pulmonaire; beaucoup plus claire encore, et semblable à la résonnsnce d'un tambour, elle indique presque toujours un pneumothorax.
Relativement à la sonoréité des différens points, il faut savoir enfin que la partie inférieure du thorax à droite rend naturellement un son très sourd , à gauche un son très clair , à cause de la présence du foie d'une part, de l'autre de l'estomac, souvent distendu par des gaz.