‹ Instruction pratique sur les diverses méthodes d'exploration de la poitrineChapitre 19 sur 24 · DE L'APPLICATION DE LA MAIN · texte numérisé non relu

DE L'APPLICATION DE LA MAIN

Manière de l'appliquer.. — - Phénomènes perçus par ce procédé. — Lésions qu'il peut indiquer.

î] application de la main, qu'on pose k plat et par la face palmaire sur la surface de la poitrine, est un moyen connu de bien peu. d'observateurs y et qui n'a point encore été érigé en méthode. Toutefois je l'ai vu employer quelquefois par M. Husson dans 3a phlhisie, et très fréquemment par M. Chomel dans la pleurésie. Il mériterait d'être plus répandu , parce qu'il peut suppléer d'autres méthodes moins commodes , surtout quand il faut visiter rapidement, ou que le malade est habillé»

i° Respiration.

La main ainsi appliquée peut être plus ou moins soulevée pendant l'inspiration. Si elle Test moins d'un côté que de l'autre , il est probable que ce côté est actuellement malade, à moins qu'il ne soit rétréci par suite d'anciennes adhérences. L'œil pourrait juger jusqu'à un certain point de l'expansion de la poitrine ; mais on en juge mieux en joignant le toucher à la vue. Ce qui donne lieu habituellement à cette dilatation moindre d'un côté, c'est une induration du poumon par suite de pneumonie ou de tubercules , mais plus fréquemment une pleurésie.

2° Voice.

Quand un homme parle , la main perçoit des vibrations plus ou moins fortes dans toute l'étendue du thorax. Ces vibrations

(67 ) cessent-elles de se faire sentir dans certains points ? il y a nécessairement , dans ce lieu, quelque chose d'interposé entre le poumon et les côtes , et il est très probable que c'est un épanchement pleurétique. Si au contraire , les vibrations sont beaucoup plus fortes dans un point isolément, il y a là une caverne superficielle.

3° Râles.

Suivant Laennec , la crépitation pourrait être sentie à la main dans certains cas , et spécialement dans l'emphysème vésiculaire. On applique pour cela le doigt dans un espace intercostal , et l'on presse un peu fortement. Cette pression détermine quelquefois la crépitation ) d'autres fois elle n'est pas nécessaire. Il est clair que cela ne peut avoir lieu que chez des sujets maigres. C'est un fait que je n'ai pas été à même de vérifier j mais j'ai cru quelquefois reconnaître le gargouillement de cette manière. Au reste, pour

(68) ces phénomènes d'auscultation , l'oreille est un juge bien meilleur que tout autre sens. Il est inutile de rappeler ici que , pour Je cœur, la main appliquée sur le péricarde peut , aussi bien que l'oreille , apprécier la force, et souvent le rhythme des battements, phénomènes rapportés par Laennec à l'auscultation.

DE LA SUCCUSSION.

Procédé opératoire. — Phénomènes perçus par ce : moyen. — Interprétation. — Valeur.

La Succussion consiste à imprimer au tronc plusieurs secousses brusques et rapides. Dans cerwins cas , on enîend alors un gargouillement ou un glou-glouqui se produit dans la poitrine , à peu près comme dans une bouteille à demi-pleine. Quelquefois ce bruit se produit de lui-même dans les mouvemens du malade , et celui-ci est le premier à en avertir le médecin. Quant à la méthode par laquelle on y donne lieu artificiellement , elle est fort ancienne , et elle était familière à Hippocrate, dont elle a conservé le nom. ( Succussion hippocratique* Voy. Hipp. coacœ prœdict. , sect, B. , 43 s Foës.) Seulement Hippocrate supposait que

( 7») le gargouillement pouvait avoir lieu par ! suite d'un simple épancheinent de pus dans la poitrine , et on a reconnu depuis qu'il fallait, pour cela, un épanchenient liquide et un fluide gazeux. Il est même nécessaire , que ces deux éléments soient en certaines proportions. A ce signe, existât-il isolément , on peut reconnaître ù coup sûr un pneumo-lhorax. Ce serait une erreur Lien grossière , que de confond a avec ce gargouillement lié au pneumo-lliorax , le bruit semblable qui a lieu dans l'estomac de beaucoup d'hommes , lorsqu'il contient un mélange de liquide et de gaz. On éviterait cette erreur , au moyen de l'oreille appliquée sur différents points pendant la succussion , ou bien en répétant l'examen à diverses heures ; enfin, par les phénomènes concomitants, qui ne sauraient, être nuls dans le pneumo-thorax. Ce moyen, comme on voit, est fort précieux ; mais jusqu'ici il ne s'applique qu'à un seul cas.

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