‹ Instruction pratique sur les diverses méthodes d'exploration de la poitrineChapitre 5 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Phénomènes de l'e'tat morbide.

Dans les maladies de Vorgane respiratoire, ces phénomènes sont modifiés de diverses manières.

De la respiration.

Modifications relatives a la force du bruit respiratoire .

La respiration est quelquefois plus faible que dans l'élal naturel, ou loul-à-fail nulle; elle peut être au contraire plus forte, plus

( i7 ) bruyante, à divers degrés , quelquefois aupoint de prendre chez l'adulte le caractère qu'elle offre naturellement chez l'enfant. (Respiration puérile,)

Quelquefois la respiration devient comme soufflante au lieu d'être expansive. Il semble que quelqu'un vous souffle dans l'oreille à travers un tube. On peut encore se faire une idée de ce bruit, en appliquant l'oreille sur la trachée artère. Cette respiration soufflante présentediverses nuances qui donnent l'idée de la grandeur de l'espace où se produit le souffle. Elle est désignée sous différents noms, suivant le lieu où l'on présume qu'elle se fait. C'est la respiration trachéale, la respiration bronchique ou souffle tubaire 7 la respiration caverneuse. Ces diverses respirations, je le répète, ne doivent pas être confondues ; elles se distinguent aisément dans la pratique : mais elles ont cela de commun, que le bruit respiratoire dans tous ces cas , donne l'idée d'un souffle dans l'o-

( '8 ) reille. Dans la respiration caverneuse, il semble quelquefois qu'il y ait quelque chose d'interposé entre l'oreille et le bruit : c'est le souffle voile.

Râles , ou bruits étrangers au murmure naturel de la respiration .

Faible ou forte, expansive ou soufflante, la respiration peut être pure, sans mélange d'autres bruits, ou au contraire mêlée de râles, en d'autres termes, de bruits étrangers au murmure de la respiration. Ces bruits ou râles, quoique très variés, peuvent être rapportés à quatre types principaux :

i° Le râle crépitant, bruit semblable à celui que produit le sel qui décrépite sur le feu , ou encore à celui du beurre chaud et bouillant dont les bulles crèvent et pétillent;

2° Le râle muqueuxt semblable aussi à des bulles qui craquent en crevant ; mais les bulles , dans ce second cas , paraissent beaucoup plus grosses et semblent formées par un liquide plus visqueux. Moins sec et plus gros, ce râle se distingue de l'autre par la sensation de l'humidité.

Entre ces deux râles ? il y en a une espèce qui participe des caractères de tous deux. Les bulles semblent un peu plus grosses que dans le râle crépitant, et inoins humides que dans le râle nmqueux. C'est le râle sous-crépiiant , ou crépitant humide.

3° Le râle sonore, ou grave. Celui-là ressemble au ronflement d'un homme endormi , ou au son que rend la grosse corde d'un alto.

4° Le râle sibilant. Ce dernier offre une foule de variétés, qui se rapprochent plus ou moins du sifflement. Quelquefois il est chantant, conservant cependant le timbre asgu et semblable au cri de certains oiseaux;

( *o ) quelquefois il a un timbre plus grave et plus doux, qui se rapproche du roucoulement de la tourterelle.

Bourdonnement amphoricjue. — Tintement métallique.

La respiration peut encore présenter deux phénomènes remarquables ; quelquefois elle s'accompagne d'un bruit à peu près semblable à celui qu'on fait en soufflant dans un vase à ouverture étroite , dans une cruche, par exemple : cJest ia respiration ou le bourdonnement amphorique : ou bien la respiration s'accompagne d'une espèce de cliquetis, et plus souvent de tintement, qui semble produit par un métal qu'on choque et qui entre en vibration : c'est le tintement métallique. Ces deux phénomènes on lune grande analogie, ils existent souvent ensemble, ou se trouvent chez le même sujet à différents

instants , car il est des cas où ils ne diffèrent qae par des nuances à peine appréciables.

De la Voix.

Les principales modifications de la voix se réduisent à trois.

i° La voix peut retentir dans les bronches plus fortement que de coutume , dans des points d'ailleurs éloignés de la racine du poumon; elle paraît en même temps rapprochée de l'oreille de l'observateur : c'est la bronchophonie\

2° La voix paraît complètement sortir de la poitrine. Il semble à l'observateur qu'on lui parle dans l'oreille , et quelquefois avec une force qui lui est incommode: c'est la pectoriloquie '7

3" La voix résonne plus fortement que de coutume 7 en même temps elle est chevrotante , saccadée , claire et presque argentine* C'est V œgophonie f qui offre d'ailleurs de

nombreuses variétés, dont une des plus remarquables rappelle le son nasillard de la voix de polichinelle.

La voix aussi, comme la respiration, peut donner lieu au bourdonnement amphorique ou au tintement métallique.

Je ne décris , comme on voit , que les phénomènes biea tranchés et bien connus y laissant de côté quelques faits indiqués plus récemment et moins bien constatés, tels, par exemple, que le râle defroUemenl, ascendant ou descendant.

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