CHAPITRE IV
Interprétation des phénomènes. inr''que's r>dessus.
Maintenant, reprenant ces phénomènes un à un , nous allons en indiquer la valeur, et Ton verra combien facilement, à l'aide de
( ^3 ) ces signes , on arrive au diagnostic des maladies de poitrine, sur-tout lorsqu'on y joint les résultais delà percussion (i).
De la Respiration,
Modifications de la respiration relatives à V intensité du bruit.
La faiblesse du bruit respiratoire, lorsqa'elle n?est pas portée à un certain degré , ne fournit aucune induction positive.
Il en est tout autrement s'il y a faiblesse extrême, et à plus forte raison absence du bruit respiratoire. Alors il faut distinguer deux cas. Ou en même temps il y a matité , absence de son par la percussion ; ou la poitrine reste sonore. S'il y a matité, on peut
(i) C'est ce que je ferai pour quelques cas où il est nécessaire de combiner ces deux méthodes, bien que je ne tra;te que plus bas de la percussion.
( ^4 ) conclure que le parenchyme pulmonaire esfc induré, imperméable à l'air , ou qu'entre le poumon et la plèvre il y a un corps interposé, et ce corps est le plus habituellement un liquide, un épanchement pleurétique. Ces deux cas d'ailleurs vont devenir plus distincts par l'addition de nouveaux signes.
Si la poitrine est sonore, et si l'absencedu bruit respiratoire est passagère, qu'il disparaisse au bout de quelques instants dans les points où il existait, et se montre dans d'autres où il n'existait pas 5 cette réunion de circonstances caractérise un catarrhe, et le plus souvent ira catarrhe sec, dans lequel il y a obstruction momentanée de quelques bronches. Les mêmes phénomènes s'observent dans deux autres cas, dans l'emphysème pulmonaire et dans le pneumo-thorax, mais avec des différences notables. L'absence de la respiration est permanente; la sonoréité n'est pas seulement celle de l'état normal ; mais elle est le plus souvent aug-
( *5J mentée. D'autres signes en outre distinguent ces deux cas l'un de l'autre, et tous deux du catarrhe sec.
L'intensité plus grande du bruit respiratoire est par elle-même un signe de peu de ■valeur : s'il y a respiration puérile d'un côté , absence de respiration de l'autre, ou bien seulement respiration puérile dans une partie d'au même côté , avec absence dans d'autres points ; ce signe confirme les inductions tirées de l'autre, en indiquant, dans les parties de poumon restées saines, un travail supplémentaire.
La respiration soufflante, et spécialement celle qui a été indiquée sous le nom de respiration bronchique, souffle tubaire, se rencontre dans trois cas : la pneumonie arrivée à riiépatisation , la pleurésie , la dilatation des bronches, avec induration du parenchyme pulmonaire autour de ces conduits. Ces trois cas se distinguent d'ailleurs par d'autres circonstances.
(26) La respiration avec souffle dans un espace qui paraît plus étendu que les bronches^ soit que le souffle paraisse ou non voilé, indique une caverne dans le point correspondant; aussi l'appelle-t-on alors respiration caverneuse.
Des Râles.
Le râle crépitant sec et fin ne se rencontre guère que dans deux cas : la pneumonie au premier degré, et l'apoplexie pulmonaire, maladies si distinctes d'ailleurs par d'autres signes , qu'il est impossible de les confondre.
Il y a un râle crépitant sec et à grosses bulles , différent par là même du râle de la pneumonie, qui manque rarement dans l'emphysème pulmonaire 7 ce qui confirme 1« diagnostic de cette maladie, quand d'ail-
leurs il a été établi par des signes indiqués plus haut. C'est un des signes aussi qui distingue ce cas du pneumothorax.
Le râle sous -crépitant , différent du dernier par la sensation d'humidité, appartient spécialement à l'œdème du poumon ; mais ce râle, il faut l'avouer , se confond Lien facilement avep le muqueux lorsqu'il est fin.
Celui-ci appartient au catarrhe humide.
On vient de voir qu'il ressemble beaucoup au râle sous-crépitanl. Très lin , il peut même être confondu avec le râle crépitant de la pneumonie, et quelquefois les observateurs les plus habiles n'ont pas trouvé de différence entre les deux phénomènes ; très gros , et à l'état qui a été indiqué sous le nom de gargouillement , il se confond avec le bruit du même nom qui a lieu dans les cavernes. Médiocrement gros, et c'est l'état sous lequel il se présente le plus souvent, il est caractéristique de la bronchite aiguë ou chronique.
Le râle sonore et le râle sibilant existent ensemble ou séparément dans le catarrhe sec, se joignent souvent au râle muqueux dans le catarrhe humide. Ce sont proprement les raies du catarrhe , et ils indiquent l'étendue de la phlegmasie des bronches, qui ne pour~ mit être appréciée sans leur secours.
Du bruit amphorique et du tintement métallique.
La respiration avec bourdonnement amphorique, ou tintement métallique, ne se présente que dans deux cas : une vaste caverne, àdemi-remplie de liquide, à parois minces , et qui adhèrent à la plèvre; un pneumo-lhorax , avec épanchement de liquide dans la plèvre, et communication dans les broncbes. Ces deux cas d'ailleurs se distinguent assez facilement. Le tintement s'entend dans une moindre étendue
( *9,) dans- le cas de caverne; iasonoréilé n'estpas excessive et lympanique comme dans le pneumo-thorax; le fût-elle > cela aurait lieu encore dans une moindre étendue.
De la Voix,
Quant aux phénomènes fournis par la* voix y la Lronchoplionie a lieu dans Ihépatisation du poumon et dans la dilatation des bronches; elle accompagne presque toujours la respiration bronchique. Mais il faut en faire peu de cas , lorsqu'elle n'a lieu que vers les parties supérieures, spécialement vis-à-vis la racine des bronches , où elle peut être naturelle.
La pectoriloquie indique la présence d'une caverne dans laquelle la voix retenti tj il faut apporter ici la même restriction que pour la bronchophonie ; de plus , ces deux phénomènes, malgré l'étendue différente des cavités où ils se passent , ne diffèrent quel-
( 3o ) quefois que par des nuances. Il ne faut donc avoir en l'un ou l'autre, une entière confiance , que quand ils sont bien tranchés, et se joignent d'ailleurs à d'autres signes.
L'œgophonie paraît se lier habituellement a un épancbemçnt pleurélique encore peu abondant, et qui ne forme qu'une couche mince entre la plèvre et le poumon. Quand elle existe , jointe a la malité et à l'absence de bruit respiratoire, c'est le signe caractéristique de la pleurésie. Mais c'est im des phénomènes d'auscultation les moins distincts, et sur lequel il y a le plus souvent contestation entre des observateurs habiles et exercés.
La voix avec bourdonnement amphorique ou tintement métallique, existe dans les mêmes cas que la résonnance analogue de la respiration. Je n'ajoute rien à ce que j'ai il il à ce sujet.