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CHAPITRE VIII

Prép«ratlODeteoiiser¥atloii des ohjcu. — Mclhodea de Swabimerdam et de I^yonnet pour dliwéqaer et préparer le« oiyet* mleroaeoplqneii (1). —Préparation artnelle.

La préparation des objets est un des premiers actes auquel devra se livrer tout possesseur d'un Microscope. Le jeune savant qui veut faire des recherches doit d'abord devenir habile à préparer, à examiner sous toutes leurs faces, à conserver enfin les objets qui doivent servir à ses études. L'amateur devra de son côté faire collection de quelques-uns des sujets qui l'intéressent le plus ; car, s'il se bornait à considérer seulement les quatre ou cinq préparations contenues dans la boite de son instrument , il s'en lasserait bientôt, et mettrait l'instrument de côté. Nous ne saurions donc trop insister, pour engager les personnes peu habituées à la préparation des objets microscopiques, à avoir un peu de persévérance seulement les premiers jours ; elles obtiendront bientôt, en variant l'expérimentation , en considérant les corps sous tous leurs aspects, une habileté et des résultats qui les dédommageront amplement de la peine qu'elles auront prise.

Aucun homme n'obtint plus de succès et ne fut

(1) Adam'â Essais on the Microscope, p. 137; Lonlres.

plus infatigable que Swammerdam dans ses mioulieuses dissections. La manière supérieure dont il exposa les merveilles des infiniment petits laisse bien en arrière ses cont€;mporains, et peut même servir de modèle à ses successeurs.

Malgré les recherches scrupuleuses du célèbre Boerhaave, qui nous a laissé des résultats précieux de ses investigations dans les papiers de Swammerdam, nous n'avons qu'une idée incomplète des procédés qu'il employait.

Son habileté pour la fabrication des instruments qu'il exécutait paraît avoir égalé son adresse à s'en servir.

Ses ciseaux, ses lancettes étaient si déliés et avaient un tranchant si subtil qu'il disséquait, sous le microscope, le plus petit insecte, avec la même précision et la même certitude qu'un habile chirurgien mettrait à anatomiser de giands animaux.

11 excellait à gonfler avec de petits tubes étirés, pas plus gros que des soies de porc, les intestins et les organes respiratoires des plus petites créatures ; d'autres fois, pour les nettoyer, il les injectait avec une petite seringue remplie d'eau. Puis il les gonflait et les laissait sécher, et pouvait, après cela, choisir son temps pour les observer. Il avait coutume de faire périr les petits insectes dans l'esprit-de-vin, dans l'eau, ou dans l'essence de térébenthine, en choisissant le liquide qui convenait le mieux à leur structure. Quelquefois, après les avoir vidés par de

petites incisions qu'il pratiquait, il les laissait sécher à Tombre, les enduisait d'huile d'aspic mêlée d'un peu de résine, et, par ce procédé , il les conservait indéfiniment. D'autres insectes étaient rendus inaltérables en les plongeant dans le vernis. Ayant découvert que la graisse des insectes se dissolvait parfaitement dans l'essence de térébenthine, il y plongeait leurs viscères, et après la dissolution il les la* vait à plusieurs reprises.

Son procédé pour dépouiller les chenilles qui sont sur le point de filer mérite d'être rapporté : il les plongeait suspendues à leur fil dans l'eau bouillante, puis les en retirait vivement. Leur épiderme se séparait alors avec facilité, et, pour leur donner plus de résistance, il les immergeait dans un mélange d'esprit-de-vin et de vinaigre distillé. Dans cet état , il procédait à la division de chacune des parties qu'il séparait assez délicatement pour faire voir les rudiments de la nymphe et du papillon.

Lyonnet , lui , noyait tous ses petits insectes avant de les disséquer; il pratiquait cette opération dans l'eau, ce qui leur donnait une grande transparence.

Lorsqu'il ne craignait pas qu'ils se putréfiassent, il les y laissait plusieurs jours, et il les plongeait après cela, soit dans un mélange d'eau et d'espritde-vin, soit dans l'esprit- de-vin pur, afin de faciliter leur dessiccation (1).

(1} A Tappui ^ Texcellence de cette mélUode, le docteur Uook cite comme exemple la fourmi. Aucun insecte, dit-il, n'est plus dinicil» à

— sises inslraments de dissection se composaient d'une paire de ciseaux aussr petits que possible, avec des manches longs et des lames minces el effilées; le petit scalpel, d'un excellent tranchant, était terminé en pointe; les deux aiguilles emmanchées, et une pince d'une délicatesse extrême, complétaient son nécessaire microscopique.

Maintenant , que nous avons indiqué les méthodes employées par Swammerdam et Lyonnet, nous allons décrire les moyens actuellement en usage pour conserver les corps microscopiques. Nous exposerons, après cela , les procédés qu'exigent plusieurs substances diversement organisées.

Les anciennes fiches étaient en ivoire ou en os ; les portées que l'on y ménageait étaient destinées à recevoir des verres entre lesquels on renfermait l'objet; le tout était assujetti par un petit anneau en cuivre. Ces fiches avaient un avantage, celui de pouvoir recueillir immédiatement les objets ; la durée de ceux-ci, il est vrai, était fort restreinte. La plupart des corps se racornissaient , et au bout de peu de temps n'étaient plus reconnaissables.

observer pendant sa vie; car, si ses pattes sont (jxées soit a^ec «le la cire, soit avec un vernis sur le porte-objet, elles s'entortilleront d'une manière telle qa*il n*y aura pins moyen d'en rien tirer. Comme beaucoup de petits insectes, si on lui ôte la vie, elle se racornit iouiiédia* tement et se brise avant que d'avoir pu être convenablement disposée; si f au lieu de cela, vous la jetez dans l'esprit-de-vin , elle mourra Instantanément; à peine retirée , resprit-de-vin s'évapore, et il est aisé de lui faire prendre, avec une pointe quelconque, la (tosition que Ton veut lui donner.

Ce mode de conservation étant essentiellement défectueux, les anciennes fiches ne devront être employées que pour recueillir provisoirement les objets qui pourraient se perdre, faute d'avoir sous la main une pièce pour les recueillir.

Différents corps doivent être examinés à sec, parmi ceux-ci les poussières d'ailes de papillons, les grains de pollen; en général ce sont les plus transparents. On pressera sur eux une lame de verre, et il en restera un assez grand nombre d'adhérents. Si l'on trouvait qu'il n'en restât pas assez, on projetterait un peu d'haleine sur le verre, avant de l'y appliquer de nouveau.

Un gwind nombre de corps laisseront découvrir des détails dont on ne se serait pas douté en les plongeant dans une dissolution aqueuse dont on retardera l'évaporation en les couvrant d'une lame mince de verre. D'autres plus opaques ne seront rendus transparents qu'en les plongeant dans des liquides plus réfringents, tels que les huiles.

Enfin il est des corps qui, avant tout examen» devront être soumis à une macération plus ou moins prolongée dans l'eau, l'alcool, la potasse, l'éther, les essences. Ces macérations les rendront beaucoup plus transparents, et dissoudront les parties grasses qui les recouvrent.

Le docteur Goring indique le proche suivant {)Our la conservation provisoire de très-petits objets transparents : Prenez un morceau de cuivre de l'é-

paisseur d'un papier très-mince, coupez-en une bande de la longueur de la fiche à faire, et de deux fois sa largeur. Pliez cette bande en deux , et pratiquez-y un trou pour Tobjet. Prenez ensuite un morceau de talc plus étroit que le cuivre, pratiquez au milieu une fente avec un canif, en laissant Une partie non coupée à chaque extrémité, pour que les morceaux ne se séparent pas. Placez-y votre objet , et pliez-le comme le cuivre ; enfin , introduisez le talc ainsi plié dans le pli du cuivre, abattez les bords de celui-ci , et la fiche est terminée. On voit que ces fiches peuvent être faites par tout le monde ; un canif et des ciseaux sont les seuls instruments nécessaires.

Actuellement, la plupart des préparations destinées à être conservées se font avec deux lames do verre réunies par la térébenthine de Venise , ou , mieux encore, avec le baume de Canada. Nous comprendrons ces deux substances sous le nom de vernis. Les objets, après avoir été bien nettoyés, seront déposés dans une goutte de vernis que Ton comprimera avec la seconde lame de verre, en même temps on chauffera modérément , soit avec un petit fourneau , soit avec une lampe à esprit-de-vin , afin de faciliter son étendage. On ne réussit pas toujours du premier coup, la difficulté est d'éviter entièrement les bulles d'air qui viennent souvent se loger autour de l'objet, et qu'on a beaucoup de peine à en chasser.

Pour obvier à cet inconvénient, le docteur Mandl

a indiqué la préparation suivante : « Je mets Tobjet à sec CTtre deux verres, et au bord du verre supérieur un petit fragment de térébenthine très- pure et solidifiée; je diauffe ensuite d'une manière lente, en évitant de le brûler, œ fragment qui , se liquéfiant , pénètre par capillarité entre les deux verres, y forme une couche parfaitement libre de bulles d'air, et fesm voir l'objet d'une manière distincte. Si Ton craint que la chaleur ne produise un effet préjudiciable sur l'objet , on fera de même entrer la térébenthine par capillarité entre les deux vmres, mais on n'y met F objet que plus tard; c'est-^-dire qu'après que la couche de térébenthine s'est bien étendue entre les verres, on enlève le verre supérieur, on place l'objet, et on remet le verre supérieur, en prenant la précaution de ne point emprisonner quelques bulles d'air; le tout doit s'opérar aussi vite que possible, pour que la térébenthine, en se refroidissant , ne se solidifie point.

» Enfin, en chauffant la térébenthine pour la liquéfier, on aura soin de ne jamais faire arriver la flamme au-dessous de l'objet lui-même , parce que la chaleur pourrait d'abord lui porter atteinte, et ensuite parce que la flamme ferait développer des bulles d'air dans la couche de térébenthine placée entre les deux verres, ce que nous voulons précisément éviter. »

Outre la conservation complète qu'assure à chaque corps l'emploi du vernis, il a l'immense avantage

d'augmenter leur Iraijsparence; ce n'est pas tout, sa force réfringente diminue les effets de diffraction, ce qui permet d*admirer une foule de détails qui resteraient inaperçus sans cette préparation; cet avantage se fait remarquer principalement dans les corps cylindriques.

L'achèvement des fiches faites par ce procédé exigeant un certain temps et une manipulation plus ou moins longue, beaucoup d'objets pourront être conservés plusieurs jours en les mettant en presse entre deux bandes de verre; d'autres, en les plongeant dans le baume; d'autres enfin, en les disposant d'une manière provisoire entre deux petites lames de verre réunies aussi avec du vernis, qui se dissoudra en plongeant la fiche dans l'essence de térébenthine.

Il est des corps cependant , et en général tous ceux qui renferment quelque humidité, et par conséquent la plupart des produits du règne végétal, qui ne peuvent être conservés par ce procédé. Pour ceuxci , on emploie de préférence la gomme, avec addition d'un acide végétal qui l'empêche de se fendiller.

Les objets qui n'exigent pas l'emploi de grossissements excessifs pourront être fixés entre des lames de glace d'Allemagne, en ayant soin de choisir les bandes les plus belles et les plus minces pour recouvrir les objets j les préparations destinées à être examinées avec de hauts pouvoirs amplifiants seront recouvertes avec une lamelle de mica, on mieux en-

core avec des lames excessivement minces de glace travaillée.

Les collecteurs devront donc, avant toat, se munir d'un assez grand nombre de bandes de verre de différentes épaisseurs , de lamelles de glace et de mica, d'une petite bouteille de vernis et d'une lampe à esprit-de-vin.

On aura aussi des feuilles de papier et d'étain de différentes épaisseurs ; ces feuilles se placeront aux extrémités des fiches, afin de ménager les objets qui pourraient s'écraser, et aussi pour conserver le parallélisme des lames de verre; lorsque l'objet aura une certaine épaisseur, on en mettra plusieurs l'ane sur l'autre; ou plutôt, on mettra, outre la feuille d'étain ou de papier, une petite carte à chaque extrémité.

L'expérience et la sagacité des collecteurs leur apprendra quand les objets pourront être ou non préparés au vernis. Pour ces derniers , on les préservera du contact de l'air en les cernant à une certaine distance avec un linéament de vernis aussi délié qu'une aiguille fine; la chaleur et la pression de la seconde bande de verre réduiront ce filet en une lame étroite, qui, si elle n'est pas interrompue, suffira pour préserver indéfiniment l'objet.

Le docteur Goring a indiqué le moyen suivant, comme le plus parfait pour conserver les objets aquatiques les plus difficiles et les empêcher de se rider. 11 place l'animalcule sur la lame de verre, le recouvre

d'une petite plaque mince de mica, et le fixe avec une goutte de gomme arabique et de colle de poisson ; enfermés de cette manière, des objets délicats se sont conservés plusieurs années sans éprouver de changements.

M. Ehrenberg est parvenu , il paraît , à conserver de cette manière les animalcules les plus difficiles : il faut , pour réussir dans de semblables préparations, une grande expérience et les soins les plus minutieux.

Pour conserver les corps dans un liquide tel que r alcool, le sel marin, etc., M. Pritchard applique avec un pinceau autour de l'objet un encadrement de blanc de plomb broyé à l'huile; il proportionne l'épaisseur de la couche à l'épaisseur de l'objet, et le recouvre d'une lame mince de verre ou de mica.

On préparera de cette manière les molécules actives de Robert Brown (1 ).

Nous avons adopté , pour les fiches qui renferment des cristaux, la méthode de M. Pritchard. Les bords de nos fiches étant taillés en biseau , nous les appliquons l'une contre l'autre , de manière que les biseaux forment une petite gouttière ; nous remplissons cet intervalle de plusieurs couches d'un vernis fait de cire à cacheter dissoute dans l'esprit de vin.

(1) On doit à ce savant la découvei-te du mouvement moléculaire dans les corps inorganiques; ces molécules peuvent être vues dans un grand nombre de substances; ce phénomène, inexpliqué jusqu'à présent, s'observe à merveille pendant plusieurs années dans une fiche contenant de la gomme giittc on du carmin dissous dans IVau , etc.

La conservation des corps^opaques offre moins de difficultés. Plusieurs moyens pourront être employés : celui que nous préférons , à cause de sa simplicité , consiste à appliquer, sur une petite fiche en buis, ou autre bois dur, ou même sur une bande de verre que Ton recouvrira de papier pour la rendre moins fragile, des pains à cacheter noirs ou d'un bleu foncé (un papier tf un beau noir mat produira le même effet). Lorsque les objets à conserver seront prêts , on appliquera au pinceau , sur le pain à cacheter , un petit frotis d'une colle faite avec un peu de gomme arabique et de la colle de poisson dissoute dans Tespril-de-vin , et Ton y placera l'objet ; cette colle étant très-forte , il sera maintenu solidement.

Les ailes des insectes sont en général transparentes; la plupart n'ont besoin d'aucune préparation, on les place seulement entre deux verres. Les ailes qui sont recouvertes d'élytres sont beaucoup plus difficiles à préparer, elles sont repliées sur ellesmêmes, et il fàtit une certaine dextérité pour les développer ; quand on y est parvenu , on les met en presse pendant quelques heures, et après cela on n'a plus qu'à les fixer entre les deux bandes de verres.

Quelques ailes, d'une demi-transparence, gagnent à être préparées au baume de Canada. Au nombre des plus curieuses, nous citerons les ailes du perceoreille. Quelques élytres , ou ailes cornées des cru-

stacées, sont couvertes d'écaillés irisées qui offrent, quand elles sont éclairées par la lumière de la loupe, un spectacle d'une grande magnificence; on les amollira par une immersion prolongée dans une solution alcaline , qui les rendra souples et capables de supporter sans se briser la pression des verres.

Nous croyons devoir indiquer ici le moyen employé par les entomologistes pour le ramollissement des insectes ; après avoir versé de l'eau dans une soucoupe , on y place un disque de liège sur lequel repose l'insecte à ramollir, on recouvre le tout d'une cloche ou d'un verre de table renversé , et au bout de quelques heures l'insecte sera aussi souple que s'il venait d'expirer : quelques naturalistes emploient du sable humide au lieu d'eau; le résultat est le môme.

La trompe ou proboscide des insectes exige de très-grands soins dans la préparation ; il faut presque toujours en disposer plusieurs avant d'avoir un sujet parfait. La trompe de la mouche domestique avec les spirales qui entourent son extrémité est fort intéressante ; celle de l'abeille est un des plus beaux sujets microscopiques ; on y admire le merveilleux mécanisme à l'aide duquel ces insectes recueillent le suc des étamines des diverses fleurs. Pour la préparer, il faut d'abord, avec l'essence de térébenthine , la débarrasser des parties onctueuses qui y adhèrent ; puis, lorsqu'elle est sèche, avec un

pinceau bien doox, (m détache et on étale les petits poils qui fiMtnent une partie de ses béantes.

Les vexa des insectes^ peuTent être regardés conune une des parties les jdns intéressantes de rhisioîre natnrdle. Ils sont composés d*nn grand nombre d*yenx distincts , de forme qnadrangnlaire, hexagonale on antre. Ponr les préparer , on les fera macérer dans Fean poidant plnsi^u^ jours; il sera facile alcMTS de les purger de toute matik^ étrangère et d'enlever une ou daix des couches superficielles qui , si elles restaient , les rraidraient trop opaqaes. Cette opération toutefois doit être faite avec quelque soin, car, s'ils étaient trop amincis, on n'aurait plus une idée exacte de leur structure.

On trouvera dans la liste, page 75, une collection trèS'Yariée d'objets microscopiques; parmi les plus curieux, nous cit»t)ns les yeux de libellules ou demoiselles, ceux de quelques mouches, les yeux d'écrevisse, de homard, etc.

Les peaux et dépouilles d'insectes, celles des chenilles particulièrement, méritent d'être examinées: la préparation en est très-facile. On les ramollit en les exposant à l'humidité ou à la vapeur d'eau pour les étendre, comme il a été dit page 39. Quand elles sont sèches et bien étalées, on les brosse avec un pinceau très doux, afin deséparer les poils quiauraient pu se réunir. Les dépouilles des insectes qui muent ou vulgairement qui changent de peau sont des objets excellents pour étudier leurs formes, ils n'ont besoin d'aucune

préparation , leur très-grande transparence ne permettant pas de les plonger dans le baume de Canada (1 ) .

Un des actes de la vie de certains insectes qui surprend le plus, c'est de les voir, en dépit de la gravité , se supporter eux-mêmes , en marchant sur les surfaces les mieux polies ; la structure de leurs pieds mérite un examen minutieux et approfondi ; on trouvera dans la liste les plus curieux.

Les poils sont aussi des sujets très-intéressants : ceux de la chenille ressemblent à des branches d'épine; d'autres sont disposés en éventail et sont semblables à la queue du paon ; nous en citerons plusieurs dans la liste ; ici nous nous contenterons de rappeler que tous les corps cyhndriques , qui ont (luelque analogie avec les cheveux, gagneront beaucoup à être préparés au vernis (2).

Les œufs des insectes ont des formes extrêmement variées : les uns sont cannelés, d'autres granulés, d'autres enfin ressemblent à des coquilles : ils doi-

(1) Les ailes d'un grand nombre de papillons et de quelques autres insectes sont couTertes de petites écailles ou plumules disposées comme les tuiles d'un toit. Ces écailles sont très-curieuses, leurs formes sont extrêmement variées; la délicatesse de ces écailles, dans plusieurs espèces, les a fait considérer, a?ec raison, comme d*excellents objets d'épreuYe. Nous en mentionnerons quelques-unes, quand nous parlerons des test objects; ici, nous dirons seulement qu'elles ne peuvent se préparer au vernis.

(2) Â l'égard des insectes, tels que l'acarus de la gale, la puce, le pou, etc., on se rappellera la méthode de Swammordam : chaque expérimentateur devra d'ailleurs essayer différentes manières, se rappelant <|u'uD petit nombre d'expériences, quelques faits suivis avec soin, lui eu apprendront plus que ne pourrait le faire un volume.

— Gavent être observés par la lumière réfractée de la loupe et avec de faibles grossissements.

Pour voir les fibres musculaires, prenez un morceau de chair très-mince » étendez-le sur une lame de verre et versez dessus de l'eau chaude; les vaisseaux apparaîtront » et ils deviendront plus visibles en répétant les macérations.

Les substances graisseuses ou autres analogues devront être placées entre deux verres; en exerçant une légère pression , on les amincira de manière à les rendre suffisamment transparentes.

Quelques corps sont cependant tellement organisés que , si on leur fait subir le moindre changement, les parties dont on veut faire l'examen se trouvent entièrement altérées : au nombre de cellesci sont les nerfs, les tendons, les fibres musculaires, la moelle du bois , etc.

Ces substances devront être immergées dans Fcau , et on y découvrira une foule de détails.

Les objets d'une nature élastique demandent à être étendus lorsqu'ils sont soumis au microscope; quelques-uns peuvent être placés* sur un morceau de liège auquel on aura ménagé une ouverture si l'objet est transparent; on les maintiendra étirés avec des épingles.

Les os peuvent être étudiés de deux manières , comme objet opaque et comme objet transparent. Pour cette dernière expérience ils devront être cou-

pés eu tranches minces, après avoir été préalablement calcinés.

Pour observer les pores de la peau , il faut avec un rasoir en enlever un petit copeau; puis, à la même place , en couper un second aussi mince que possible.

On laissera séjourner les écailles de poisson dans l'eau pendant quelques jours ; et en les retirant on aura soin de les dégager de toutes les impuretés qu'elles pourraient contenir.

Leuwenhoek affirme que Tâge des poissons peut être déterminé par le nombre des couches des écailles , lesquelles, dit-il, augmentent chaque année de la même manière que les zones circulaires des arbres. Parmi les plus curieuses, nous citerons les écailles de la sole , surtout quand elles sont vues par réflexion. Les écailles de Tanguille sont situées sous l'épiderme; pour se les procurer, on applique un lambeau de la peau sur un morceau de verre, puis, quand il est sec , on soulève la première peau avec la pointe d'un canif. Cette opération détache un grand nombre d'écaillés.

Les minéraux doivent être nettoyés avec une petite brosse, cela les dégage de toute matière étrangère.

Noos avons indiqué, page 3^, la manière d'observer la circulation du sang et celle de la sève. Si Ton voulait étudier la structure des globules san-

guins , ou comparer ceux des différents animaux , il faudrait s'y prendre ainsi :

On dépose une goutte de sang sur une lame de veiTe et on la recouvre immédiatement d'une petite glace mince : nous disons une petite glace mince , parce que ces expériences exigent l'emploi d'un fort grossissement. On pourra , lorsque les globules seront trop nombreux, y ajouter quelques liquides; plusieurs observateurs conseillent l'eau tiède ou le lait chaud, d'autres une solution alcaline; la substance qui parait devoir être préférée est le sérum du sang.

Le lait, les sécrétions, telles que le mucus, le pus, les urines, la salive, etc., devront être, à quelques modifications près, étudiés de la même manière; ainsi que les zoospermes; ils offriront à l'amateur des objets fort intéressants ; les jeunes médecins qui voudront diriger leurs études vers un de ces sujets devront consulter les mémoires qui ont été publiés (1).

L'eau recueillie dans les marais , dans les bassins, quelquefois même dans les eaux de source , renferme presque toujours, l'été surtout, un grand nombre d'infusoires ; on les trouvera sous forme de moisissures autour des plantes aquatiques , à la surface et sur les bords des eaux stagnantes. Les infusions faites avec du foin , du poivre , du blé , en un mot avec presque tous les végétaux , produiront certaines

(I; Comptes-rendus de T Académie: MM. Dumas, Turpiii, Donné, Maiidl, Dujai-din et autres.

espèces par millions. II suffira de laisser macérer ces plantes ' dans Teau pendant un certain nombre de jours, qui varie en raison de la température : on reconnaîtra leur formation par une espèce de pellicule qui flotte à la surface. On prendra une très-petite quantité de cette écume qu'on appliquera sur une lame de glace entre les deux verres de la pièce représentée fig. 8, et Ton découvrira une foule d'êtres animés. On peut, en conservant cette eau plusieurs jours, les suivre jusqu'à leur entier développement.

Nous avons indiqué, page 31 , la manière de disposer les animalcules dans la pièce représentée fig. 8 ; pour leur transport, on se servira des barbes d'une plume ou de la petite cuiller. Si l'on veut les déposer sur une lame de verre, on placera sur la gouttelette contenant les infusoires une seconde bande de verre mince ou de mica. Cette seconde lame retardera beaucoup l'évaporation et elle rendra la goutte infiniment plus plate.

Lorsque les animalcules seront trop nombreux , on tracera avec la pointe d'une plume quelques linéaments ou filets minces de liquide ; les petites créatures, s'engageant dans ces espèces de canaux étroits , seront plus facilement observées.

Les organes digestifs des infusoires étant peu apparents, Tremblay, le premier, eut l'idée, dans l'examen du polype, d'ajouter au liquide un principe colorant ; depuis lors, M. Ehrenberg a employé avecleplus grand succès l'indigo et le carmin.

Parmi les infusoires les plus intéressanls, nous citerons les vibrions ou anguilles de la colle et du vinaigre. Les premiers seront trouvés dans la colle de pâle aigrie et dans le vinaigre tant qu'il y a un reste de fermentation. En employant une assez forte amplification, on distinguera les petites anguilles dans le corps des femelles.

Les protéés ont la singulière propriété de changer plusieurs fois de forme en quelques instants; ils se rencontrent fréquemment dans les lentilles d'eau.

Les rolifères ont une, organisation merveilleuse pour saisir leur proie ; ils sont tros-abondants dans là mare d'Auteuil.

Les polypes ont une conformation singulière; Tremblay a fait de ces petites créatures une étude toute particulière. Il a reconnu que chaque individu se reproduisait spontanément , qu'un polype divisé par une section longitudinale donnait naissance à deux individus bien distincts qui à leur tour se re-? produisaient. Les limites de cet ouvrage nous forcent à nous borner à ces citations bien incomplètes. Les personnes qui voudront connaître avec détail les mœurs , les caractères et surtout les formes eaiactes de l'élite des infusoires, devront se procurer les belles planches insérées dans notre traduction du Microscopic cabinet de M. Pritchard. Nous ne connaissotts pas de moyen plus commode que le suivant pour étudier les insectes vivants un peu volumineux : on a une série de tubes en verre de 1 à

10 millimètres de diamètre et de 2 à 3 décimètres de long, ouverts des deux bouts. S'il s'agit d'un insecte parfait , on l'introduit dans un de ces tubes ; si c'est une larve ou un insecte aquatique , le tube lui même servira à s'en emparer. On le ferme en appliquant l'index à l'une de ses extrémités; on le plonge dans le liquide en approchant l'autre extrémité de l'insecte, qu'on aperçoit quand elle n'en est plus qu'à quelques millimètres ; on retire le doigt qui fermait l'ouverture supérieure : Teau s'élance aussitôt et entraîne l'insecte dans l'intérieur ; on remet l'index en place; on retire le tube, et, avec une lentille Coddinglon qui grossit trente fois en diamètre , on l'examine à loisir sur toutes ses faces.

Les organes sécréteurs des plantes demandent le secours du Microscope pour devenir apparents ; ils se distinguent en trois parties : 1 Me tissu cellulaire ou la moelle , S'* les fibres ligneuses , 3"* les tissus vasculaires.

Le tissu cellulaire est formé de parties tendres ; en l'examinant avec soin , on reconnaît qu'il consiste en vésicules distinctes qui s'enchaînent mutuellement les unes dans les autres.

La fibre ligneuse s'observe mieux en tranches verticales détachées , soit perpendiculairement, soit parallèlement au rayon médullaire. Elle consiste en |)etit8 tubes déliés , diminuant de grandeur vers les bouts.

De nombreuses discussions ont eu lieu entre les

botanistes relativement à la forme de la fibre vascu- Jaire ; les uns soutiennent qu'elle est plate , d'autres que cette. forme est celle d'une enveloppe membraneuse.

Si l'examen des sections des arbres et des plantes est une étude d'un puissaut intérêt pour le botaniste, ces sections" considérées par les gens du monde seront mises au premier rang parmi les corps les plus curieux , autant par la diversité de leur structure que par la symétrie de leur forme.

Pour procéder à l'examen des tranches de bois mince , on emploiera le couteau à bois décrit dans l'ouvi-age d'Adams, pag. 127. Cet appareil, avec les légères modifications qu'il a subies, est encore le meilleur de tous ceux qui ont été proposés depuis. Il se compose d'un couteau que l'on promène sur une espèce de table ; dans cette ^ble est ménagée une ouverture triangulaire dans laquelle le bois est maintenu serré ; enfin , une vis micrométrique fait mouvoir la tige de bois d'une quantité extrêmement minime : on conçoit qu'avec un couteau bien affilé, on arrive par ce moyen à couper des sections assez minces pour donner passage à la lumière : elles sont examinées alors , comme corps transparents.

Pour éviter les brèches que pourraient faire à la lame plusieurs espèces de bois, soit à cause des nœuds ou de leur dureté , on les fera macérer quelques jours dans l'eau. Pour d'autres, il faudra verser quelques gouttes d'esprit-de-vin pour empêcher

la lame de friser ; cette addition fera adhérer la petite tranche de bois à la lame; on F en détachera en la pressant avec une feaille de papier bavard.

Les bois fossiles, quand ils sont polis, sont d'excellents objets opaques ; mais , amincis en tranches assez peu épaisses peur être examinés comme corps transparents , ils ofirent , par leurs différents rapports avec les bois de nos forêts, des recherches pleines d'intérêt.

Au nombre des objets les plus curieux et en même temps les plus faciles à préparer, nous devons mentionner les feuilles d'arbre. On les fait macérer pendant trois semaines ou un mois dans la même eau. Quand le tissu paraît suffisamment amolli , on saisit la feuille par le pédicule , on la dépose sur une surface plate, et on la racle avec grand soin; après avoir fait subir la même opération à l'autre face, la feuille , par des lavages successifs, est facilement débarrassée du reste de la matière pulpeuse, et les plus petites nervures acquièrent alors la plus belle apparence.

On peut dédoubler les feuilles qui ont subi la préparation ci-dessus ; pour cela on fend le pédicule , et la feuille se sépare presque d'elle-même : chacune de ces parties forme un objet microscopique trèsintéressant. L'automne est la meilleure saison pour faire ces préparations.

Les pollens ou poussières des étamines sont des objets fort curieux. Les uns sont sphériques, d'autres

liérissés irépioeSy d* autres carrés, ou bien cylincb-iqaes, triangulaires, etc., mais toujours d'une uniformité constante dans le même individu. La préparation des pollens exclut pour quelques-uns Tusage du vernis, d'autres au contraire gagneront à être conservés de cette manière. Nous engageons vivement les amateurs à former des collections de pollens; la préparation en est très-facile.

Un phénomène très-curieux est produit quand on jette les grains de pollen sur le liquide ; nous empruntons à M. Raspail la description qu'il en donne dans sa Chimie organique , p. 1 64« « A peine les grains de pollen tombent-ils sur la goutte d'eau déposée au porte-objet, que chacun d'eux manifeste des mouvements de recul ; et bientôt on voit sortir, par une explosion quelquefois assez forte , un boyau qui se roule sur lui-même, ou un nuage de granulations qui se disperse dans l'eau. Cest par la filière du hile que passent ces organes, ainsi que toutes mes expé* riences et toutes mes observations le démontrent ; et ce phénomène a lieu sur certains pollens, même deux ou trois ans après la récolte de la plante, par exemple sur celui de l'Hélianthus annuus. Le pollen du Convolvulus arvensis éjaculant ce long boyau, ce boyau reste insoluble dans l'eau, et sous l'effort de deux aiguilles il s'étend et s'étire en filaments élastiques, en répandant des myriades de granulations; on observe dans son intérieur des granulations, et souvent des compartiments cellulaires : l'alcool coagule sa

substance, Tauimûniaque la ramollit , mais sans lu dissoudre entièrement. »

Les semences du chardon et de quelques autres plantes sont munies d'un duvet qui varie d'aspect suivant les espèces, et qui présente des formes trèsagréables.

Les moisissures, les mousses sont des objets sonvent merveilleux ; les plus petites végétations paraissent au Microscope aussi parfaites que les plus grands arbres. Les algues, les lichens offriront des objets fort intéressants.

On découvrira dans les terres , les sables , en un mot dans presque tous les corps, des merveilles inconnues. La perfection des ouvrages naturels est infinie; les ouvrages faits par la main des hommes au contraire sont toujours imparfaits ; si Ton en veut un exemple frappant, on n'a qu'à comparer l'extrémité de l'aiguille la mieux faite et la plus fine, avec un aiguillon d'abeille : la premfière paraîtra couverte de rayures plus ou moins profondes entremêlées de trous ; l'aiguillon, au contraire, sera vu uni y avec son extrémité acérée, enfin , sans le moindre défaut.

L'examen et la formation des cristallisations sont un des spectacles les plus beaux et les plus intéres*sants qu'il soit donné à l'amateur de contempler. Rien de plus élégant, de plus délicat, de plus régu> lier que certains sels.

Pour observer ce phénomène , on fait fondre les

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sels dans Teau distillée, jusqu'à ce qu'elle n'en dissolve plus, c'est-à-dire jusqu'à saturation. Puis, avec la petite tige de verre, on en prend une goutte que l'on étend sur une lame de verre ; pour quelques cristaux il sera bon de chauffer modérément , afin de hâter la cristallisation ; dans d'autres, il faudra laisser les cristaux se former lentement. Quelquefois la cristallisation sera rendue plus rapide et plus régulière par l'addition d'une goutte d'alcool ou d^éther.

On place la lame de verre sur le porte-objet , et aussitôt qu'on voit apparaître vers les bords quelques petits cristaux , il faut suivre le phénomène sans le quitter; on les verra alors s'étendre et augmenter de volume, jusqu'à ce que le liquide soit entièrement évaporé.

On pourra, pour observer ce phénomène, avoir une collection de petites bouteilles étiquetées, chacune d'elles contenant une solution différente.

Pour conserver toutes ces préparations, on emploiera le moyen que nous avons indiqué, page 57. On pourra, aux deux extrémités, placer une feuille d'étain , ou bien introduire un peu de gomme arabique; ces légères épaisseurs ménageront les cristaux; après cela, on remplira l'espèce de gouttière formée par les deux fiches avec du vernis rouge à Tesprit-de-vin.

Nous avons indiqué, dans la liste, les cristaux les plus intéressants.

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