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CHAPITRE II

Deii dlflérents mjmiémem de iHieroflfopes,

Depuis l'invention du Microscope, qui date de plus de deux siècles , cet instrument a subi des améliorations telles, qu'il est devenu F un des plus parfaits de l'optique moderne. C'est surtout depuis vingt-cinq ans que les opticiens se sont, par une heureuse émulation , attachés à y apporter une foule de perfectionnements.

Quoique Euler eût donné, vers la fin du dernier siècle (1), les formules nécessaires pour construire les lentilles achromatiques, il faut dire que pendant long-temps la plupart des essais ayant pour but d'achromatiser les lentilles des Microscopes n'eurent pas des résultats très-satisfaisants. Il était réservé à Fraunhofer, célèbre opticien, dont les savants déploreront long-temps la perte prématurée , de construire les premiers Microscopes achromatiques. Tandis que WoUaston , MM. Goring et Pritchard apportaient en Angleterre des perfectionnements notables, ou au moins très-intéressants au Microscope simple,

(1) Mémoires de T Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, 4774.

mt par la superposition des lentilles piano -conVexes dites doublets, soit par d'antres combinaisons, soU enfin par l'emploi de quelques pierres précieuses , plusieurs opticiens français, parmi lesquels nous ci^ terons MM. Vincent et Charles Chevalier, s'appliquaient à la construction des lentilles achromatiques ; de son côté M. Âmici travaillait à son Microscope dioptrique horizontal, qui fit, lorsqu'il parut, une véritable révolution dans la construction de ces instruments , tant par la nouveauté de sa forme que par la perfection de ses lentilles (1).

Depuis cette époque, les savants et les micrôgraphes se sont partagés en trois camps : les uns , partisans exclusifs des Microscopes simples , d'autres ne trouvant rien de comparable au Microscope dioptrique horizontal d' Amici , et les derniers enfin, préférant à tous les autres systèmes le Microscope vertical perfectionné par les lentilles achromatiques.

Ici, qu'il nous soit permis d'exprimer notre opinion sur chacun de ces instruments.

Le Microscope simple , fig. A elB, est , à notre avis , un bon instniment toutes les fois que les amplifications n'iront pas au delà de 120 fois en diamètre; mais, passé ce terme, le peu d'étendue du champ visuel le rend extrêmement fatigant pour la vue et impropre à un grand nombre d'observations.

(1) Plusieurs opticiens s'attachèrent immédiatement à le reproduire; Tun des premiers fut exécuté par mon père et moi : il figurait à l'expo* sition de 1827,

En parlant des Microscopes simples, nous ne pouvons passer sous silence les loupes ou lentilles de lord Stanhope , /îflf. C : ce sont de véritables Mi-

croscopes, qui malheureusement ne sont pas assez connus. La distance focale étant exactement la même que la longueur du cylindre , la difficulté de mettre au point disparaît entièrement ; le champ est plus grand que dans les Microscopes simples ordinaires ; enfin, la facilité de leur emploi, ce sont autant de causes qui en font le plus agréable des Microscopes de poche. Les recherches heureuses du docteur Goring et de

plusieurs artistes anglais, faites dans le but de substituer des lentilles de saphyr et de diamant à des lentilles en verre, ont reculé, il est vrai, les limites auxquelles peuvent atteindre les Microsœpes simples ; mais les avantages résultant de remploi de ces lentilles dans les forts grossissements sont loin de compenser le prix auquel elles reviennent. En effet, si nous comparons une lentille de 1 20 fois en verre à une lentille en diamant travaillée sur les mêmes courbes, le pouvoir réfringent de la première matière étant à peu près à celui du diamant comme 1 est à 3, cela nous donnera une amplification d'environ 360 fois ; mais aussi cette lentille seule ne coûtera pas moins de 2 à 300 francs. Si les Microscopes à lentilles simples se sont vendus pendant long-temps en plus grand nombre que les Microscopes composés, il faut en chercher la cause dans l'élévation du prix de ces derniers.

Le Microscope dioptrique horizontal d'Amici, fig. D, est le plus compliqué et le plus cher des Microscopes (1) ; il est juste d'ajouter que les effets qu'il produit sont en rapport avec son prix. Cependant, qu'on n'aille pas se figurer , d'après ce qui précède, et comme cela a été imprimé , que les Microscopes d'Amici supportent une amplification de 4,000 fois :

(f) Il eût été plus rationnel de parler da Microscope vertical avant celui du professeur Amici ; mais le premier nous conduisant directement à parler de notre construction, nous avons cru pouvoir nous permettre d'intervertir cet ordre naturel.

Ai7.D.-(l/4)

il faut bien le dire , il en est de ces énormes grossissements comme des effets qu'on a attribués au fameux télescope d'Herschell. Sir John Herschell , me montrant un jour, avec une complaisance toute particulière, les pièces de ce magnifique instrument, me dit : « Je me rappelle m'en être servi, lorsqu'il était encore en état, avec des grossissements de 2 à 3 ,000 fois ; mais je dois ajouter qu'on y voyait beaucoup mieux avec une amplification de 350 à 450. »

Quoi qu'il en soit, M. Pouillet annonce que l'un

des Microscopes les plus parfaits, exécigé par Amici lai-mème pour le cabinet de physique de la Sorbonne, produit un excellent effet jusqu'à Tamplification de 659 fois. Nous promettons que ceux construits dans nos ateliers donneront un résultat tout aussi satisfaiscmt.

L'avantage le plus marqué du Microscope d' Amici est sans contcedit sa position horizontale, qui permet d'observer fort long- temps sans éprouver la moindre fatigue (1).

Le Microscope vertical à lentilles achromatiques possède, quant à V effets tous les avantages du Microscope d' Amici ; il a même , à cause de Fabsorp-. tion produite par le prisme dans ce dernier, un peu plus de lumière. Il a incontestablement sur les Microscopes simples les avantages résultant de l'étendue du champ et de la puissance des grossissements. M. Raspail, malgré sa prédilection pour Tinstrument auquel on a attaché son nom , avoue les deux avantages ci-dessus, et en signale un troisième : a II faut avouer, dit-il, que, pour disséquer et manipuler, il offre une grande supériorité sur le Microscope simple, à cause de la distance du porte-objet qui sert de laboratoire par rapport à Tœil de l'observateur ; les mains, en effet, opèrent par ce moyen comme dans les expériences en grand. »

(i) t^ar la seale addition d*im oculaire à prisme et Une àiigmentaiioti de 30 francs, nous transformons nos Microscopes achromatiques simpli<> fiés en infetruments lioriEonttox.

Convaincii de la supériorité du Microscope composé , à lentilles achromatiques , nous avons voulu , tout en y ajoutant les perfectionnements que doit posséder un instrument de recherches, eii abaisser le prix d'une manière notable. Nous croyons avoir atteint ce double résutat par les nouvelles constructions représentées fig. E et F et planche 1 , /?<7. 1 et 2. Jusqu'à présent les Microscopes achromali-

/îg.-E.-iMi)

Jig. F. - ( 1/4 )

ques étaient d'un prix fort élevé; nous-mêmes n'en avions pas construit au-dessous de 1 20 fr. ; eh bien ! la simplicité de la construction que nous avons adoptée après beaucoup d'essais, le grand nombre d'instruments que nous faisons établir , nous permettent de donner pour 70 fr. notre Microscope le

plus simple , représenté fig. I . U a faUn noos contenter (f un bien mince bénéfice ponr les livrer à ce prix ; néanmoins , nous n'avons pas recalé devant cette entreprise , espérant qne le public — je parle du public connaisseur , — qui tant de fois nous a donné de si grandes preuves de confiaiice, en nous accordant , malgré une différence de prix , la préférence sur d'autres constructeurs , voudra bien cette fois nous savoir gré des améliorations que présente notre Microscope et de la modicité de son prix.

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