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CHAPITRE IV

Pré|Mirolloii du nUercNieoiie pour roDservmioiit

iSCUIRAGE, ACCESSOIRES.

L'instrument étant retiré de sa boîte , la première précaution est de s'assurer si les objectifs et les oculaires ne sont pas couverts de poussière ou d'humidité : on les dévissera successivement et on les essuiera d'abord avec un pinceau qui enlèvera les poussières, puis avec une peau très-douce ou un linge extrêmement fm. Cette opération terminée, on fera choix du grossissement que l'on veut employer, et , après avoir remis les verres en place , on déposera au milieu de la platine Tobjet que Ton veut soumettre à F examen. Puis, appliquant F œil contre Toculaire , et saisissant de la main droite le bouton I du miroir, on le fera tourner jusqu'à ce que l'on aperçoive un beau champ uniformément éclairé. Il ne restera plus qu'à ajuster l'objet au point de vue; cette opération , pour les Microscopes n*" 1 et 2 , fig. 1 , se fait en saisissant le tube porte-oculaire par le cordon molette N, 0, que l'on tournera doucement de gauche à droite ou de droite à gauche jusqu'à ce qu'on aperçoive une image bien nette de l'objet.

Pour le Microscope 6g. 2 , on amènera an foyer par le bouton de crémaillère, M.

L^observateur devra toujours commencer avec de faibles pouvoirs amplifiants, et alors il emploiera le miroir plan ; ces grossissements modérés lui donneront une idée claire et exacte de F ensemble: il remarquera les parties qui méritent une investigation particulière , et cela le mettra en garde contre ces nombreuses illusions qui ont causé tant de déceptions microscopiques.

On ne saurait croire combien un bon éclairage influe sur T excellence des observations. On fera bien , quand on se livrera à des examens prolongés, de faire entrer sur le tube oculaire un large disque de carton noirci ; le D' Goring préfère l'emploi d'une paire de lunettes dont Tun des verres est noir. On comprend que, par ces deux moyens , on évite la fatigue qui résulte toujours de la contraction de Tœil inactif que beaucoup de personnes sont obligées de tenir en partieou entièrement fermé. Quelques auteurs conseillent, toutes les fois qu'on se livrera à d'importantes recherches , d'observer dans une pièce fermée par un volet auquel on aura ménagé une ouverture unique ; on arrivera à très-peu près au même résultat en interposant une très-grande feuille de carton noirci, percée d'une ouverture circulaire, devant le Microscope. Au reste, quels que soient les moyens préférés , on voit qu' ils tendent tousà préserver la vue del'observateur de toute lumière directe ou réfléchie, et à ne lais-

ger arriver sur le réflecteur que des rayons parallèles.

Le plus ou moins d'intensité de la lumière est aussi une condition essentielle; car quelques objets pourront disparaître noyés dans des flots de lumière , alors que cette même lumière suffira à peine pour distinguer un autre corps.

On peut faire varier l'intensité de bien des manières : en employant le miroir plan ou le miroir concave, en le dirigeant vers telle ou telle partie du ciel , en employant directement les rayons solaires quand ils sont faibles , soit en modifiant leur éclat par l'application sur le réflecteur, d'un disque de papier ou de verre dépoli , enfin , et de préférence à tout autre moyen , en faisant un fréquent emploi des diaphragmes variables.

Au reste, quelque soit le moyen employé, l'observateur devra toujours tenir à avoir un champ bien éclairé, mais pas assez lumineux cependant pour le blesser.

Ces conditions ne sont pas les seules ; et, de celles que nous allons indiquer, dépend, pour certains corps, une netteté parfaite. Quelquefois il est fort difficile de distinguer les saillies des creux , les ombres se confondant avec les taches noires : dans ce cas , il faudra non-seulement chercher l'intensité la plus convenable par les diaphragmes variables, mais encore faire tourner le Microscope sur lui-même d'une très-petite quantité, soit de droite à gauche, soit de gauche à droite ; ces incidences diverses feront dé-

coavrir une position au delà de laquelle ane foule de détails seraient demeurés inaperçus. Uobservateur rencontrera plusieurs de ces effets dans les yeux de Libellules, dans F examen des animalcules et des corps transparents couverts de stries.

Dans ces derniers temps , Wollaston , le docteur Goring, et plus récemment M. Dujardin ont proposé différents moyens qui tendent à condenser la lumière du réflecteur sur Tobjet soumis à Texamen. Nous ne croyons pas que ces additions, qui compliquent toujours T instrument, soient d*une utilité indispensable; cependant, si remploi de grossissements énormes faisait sentir F insuffisance de r éclairage, ce qui arrivera bien rarement, une lampe puissante munie d'un réflecteur , ou môme les rayons solaires seront employés avec succès.

Comme règle générale, on peut admettre que :

1 ° plus un corps sera transparent , moins il faudra de lumière pour l'observer; 2** plus F amplification sera forte , plus la lumière devra être intense.

L'éclairage des objets opaques s'effectue à l'aide de la loupe L, fig. 2. On fera tomber le faisceau de lumière sur le corps soumis à l'examen ; et , pour se former une idée bien exacte de sa structure, on fera varier les incidences de l'éclairage. Gela est tout à fait nécessaire , car il se forme du côté opposé au cône de lumière des ombres qui donnent quelquefois une fausse idée de l'objet.

Quelques Microscopes sont munis d'un petit mi-

roir d'argent qui s'adapte sur les lentilles , il doit pouvoir s'élever ou s'abaisser afin que son foyer tombe toujours sur le corps. L'avantage de ce miroir consiste à ne pas projeter d'ombre sur l'objet que l'on examine; lorsqu'on se livrera à des recherches sérieuses sur les corps opaques , on fera bien de s'en procurer un. Il sera très-facile de l'adapter à nos Microscopes. Cependant , toutes les fois que les corps pourront être réduits en lames minces et étudiés comme corps transparents, ce mode d'observation devra être préféré ; on évitera par là les nombreuses déceptions auxquelles a donné lieu l'éclairage des corps opaques.

Nous avons dit, page 24, que la pièce représentée fig. 8 était destinée à observer les animalcules ou infusoires ; pour cela, on déposera sur l'un des verres une très-petite goutte de liquide ; et , pour circonscrire sans les gêner l'espace dans lequel ils se meu* vent, oï\ appliquera, entre les deux verres, celui des petits diaphragmes minces de cuivre, dont l'ouverture sera en raison inverse du grossissement. Le jugement et l'expérience de l'observateur lui indiqueront quand ces verres devront avoir les surfaces concaves en regard, ou bien quand l'un devra être plan et l'autre concave, ou bien quand les deux surfaces planes devront être superposées; pour produire une compression durable et régulière , ce sera évidemment cette dernière position, et l'on exercera la pression en vissant plus ou moins le barillet.

Les deox verres auxquels il eiauque un segment peuv^it aussi servir de compresseur quand Faction ddt être peu prolongée; leur lai^e surface et la forcilité qu'ils présentent pour amener lobjet au centre du champ les rend d'un usage très-ccHnmode.

Nous avons dit que la petite cuve a, bj fig. 7 , servait à étudier la circulation de la sève et celle du sang : plusieurs plantes laissent apercevoir le curieux phénomène découvert par Tabbé Corti; mais aucune ne donne des résultats aussi saillants que le Chara Hùpida (1 ).

On coupe la tige un peu au delà de deux nœuds voisins, avec le scalpel on la dépouille de son écorce qui se détache par lanières; puis on graiie avec la lame F enveloppe blanche qui se trouve sous la première, en ayant soin de ne pas blesser la tige et de racler toujours dans le même sens. Cette opération terminée, on plonge le tube devenu diaphane dans la petite cuve, que Ton aura préalablement remplie d'eau ; on la place sur le porte-objet , et , le Microscope étant mis au foyer, on observera deux courants de globules , séparés par un canal plus blanc et plus limpide : ces courants se meuvent en sens opposés (2).

La circulation du sang s'observe à merveille sur les membranes des nageoires et de la queue de la

(1) Le Chara se trouve dans les étangs de Meodon.

(2) Mémoires d*Amici , insérés dans les tomes wra et \i\ de la Société des Sciences de Modène. — Chimie organique de Raspail, etc.

plupart des petits poissons un peu transparents , le mésentère de la grenouille, etc. La commodité de la préparation et la facilité avec laquelle on se procure le têtard nous engagent à indiquer la manière dont il faut s'y prendre pour examiner le phénomène de la circulation : après avoir mis de l'eau dans la cuve , on y plongera le petit têtard et on le maintiendra dans un état d'immobilité parfaite, en le pressant 'légèrement avec la seconde lame de verre c, rf, que Ton fixera aux parois de la cuve , soit avec un peu de cire molle , soit avec une lame de plomb.

L'emploi du scalpel , des aiguilles et de la pince n'a pas besoin d'être écrit ; dans les dissections des organes » il faudra indispensablement joindre aux instruments ci-dessus une paire de ciseaux à lames très-aiguës.

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