CHAPITRE V
ne» différentes méthode* employées pour mesurer les STOssIssemenlS) de la srandeiir réelle des oltfets et de 1» ehMnlire eUUre*
Il y a trois méthodes bien distinctes de mesurer le grossissement d'un Microscope : nous allons les exposer aussi brièvement qu'il nous sera possibfe.
La première est basée sur les principes de dioptrique.
On sait que l'amplification produite par une lentille ou un verre convergent quelconque est égale au nombre de fois que la distance focale de ce verre se trouve comprise dans la distance de la vision distincte.
Cette distance de la vision distincte varie suivant la vue des individus : pour les uns , elle est à 15 centimètres; pour d'autres à 30. D'après cela, le même verre convergent produira exactement pour les deux vues précédentes des eflTets qui varieront du simple au double. M. Brewster prend 5 pouces, M. Amici 10, d'autres savants 8 : nous adopterons 25 centimètres. Je suppose que l'objectif du Microscope ait un centimètre de foyer : l'amplification de ce verre sera de 2b fois. Maintenant, cette image grossie et renversée ira se produire dans le corps
de rinslnimeot, où elle ^era rerue par le verre oculaire, qui, à son tour, agira sur Timage formée par robjectif comme si c était fobjel lai-mème : (f où il sait qae Tami^ficatîoD produite par rocolaire sar cette image fictive se calculera comme si c était celle d'une simple loope, c est-à-dire en rapportant son foyer à la distance de la vision distincte. Si , dans notre Microscope, le foyer de la loitille oculaire est de 3 centimètres , comme nous avons admis 25 centimètres pour distance de la vision distincte, Tam^ plification produite par la lentille oculaire sera donc de 5 ; les deux amplifications ou le grossissement de r instrument, dans le cas ci-dessus, sera donc égal à 3 multiplié par iô ou à 125 fois.
Dans Texemple qui précède , pour rendre notre calcul mathématiquement vrai, nous avons considéré Toculaire comme composé d'un seul verre ; mais il n'en est pas ainsi : les systèmes d'oculaires de Huygens et de Campani, les seuls actuellement en usage, sont composés de deux verres , dont le but est de conserver F achromatisme obtenu par lobjectif» et d'augmenter retendue du champ delà vision. Cette introduction du second verre amène, il est vrai, une perturbation dans la simplicité de la formule que nous venons d'indiquer pour déterminer le grossissement. Mais rétendue de cette Notice ne comportant pas les détails dans lesquels il faudrait entrer pour compléter la démonstration d'une manière ri-
goureuse, nous avons dû, pour exposer le principe, nous contenter de la première approximation.
11 est évident d'ailleurs, que les amateurs n'emploieront jamais ce moyen pour mesurer F^amplification de leur instrument.
Rien de plus simple que le procédé de la double vue. Cette méthode malheureusement n'est pas sans difficulté pour quelques personnes, et elle exige toujours une certaine habitude. Voici en quoi elle consiste.
Je suppose qu'on place sur le porte-objet un micromètre (1), fig. 12, sur lequel le millimètre est divisé en cent parties , et qu'on mette devant soi , à la distance de la vision distincte , une règle divisée en centimètres et millimètres ; après avoir appliqué l'œil droit à l'oculaire et ajusté l'instrument au foyer, si l'on entr' ouvre l'œil gauche par instant, les divisions tracées sur le verre et amplifiées par le Microscope paraîtront se superposer sur celles de la règle : il suffit donc de déterminer l'espace qu'elles y occuperont. Si 1 subdivisions du micromètre couvrent 1 5 millimètres de la règle, comme ces subdivisions sont des centièmes de millimètre, le pouvoir amplifiant sera de 150 fois.
M. Amici, dont le nom se rattache à un grand
(I) On donne le nom de micromètre à une lame de verre sur laquelle on à tracé an diamant des lignes imperceptibles à la ?ue simple et plus ou moins rapprochées : nous pouvons livrer des micromètres sur lesquels le millimètre est divisé en cent, deux cents et même cinq cents parties. (Voyez l'extrait de notre Catalogue à la fin do f*.ette instraction.)
nombre de déoouvertes modernes, est Fauteur du troisième procédé : il eut Theureuse idée d'appliquer la chambre claire au Microscope. On place cet appareil (iig. 9.) sur Toculaire, et Ton dispose en avant du Microscope une petite glace plane a, 6, fig. 10 , tournée vers le Microscope , et formant avec ce dernier un angle de iô"* environ. Il résulte de cette disposition que Tœil voit directement Tobjet amplifié , à travers l'ouverture centrale faite au petit miroir d'acier ; mais, cette ouverture étant moins large que la pupille , la zone polie lui enverra aussi (après une double réflexion sur la glace et sur le petit miroir d'acier) les rayons qui émanent de la table ; or, si on place un micromètre sur le porte-objet, et qu'on pose sur la table, en avant du Microscope, une règle divisée vivement éclairée, on apercevra en même temps les divisions tracées sur le micromètre et la règle divisée : il sera donc facile d'apprécier l'espace occupé sur la règle par une ou plusieurs divisions du micromètre.
Cette même chambre claire servira non- seulement à déterminer les véritables dimensions des objets avec la plus grande fidélité , mais encore à les dessiner. Dans ce but, on placera sur la table une feuille de papier, et l'on fera suivre au crayon (vu par double réflexion) les contours de l'objet amplifié. Si Ton veut connaître ses dimensions réelles , on divisera celles du dessin par l'amplification que nous supposerons connue d' après le tableau page 22 . On voit que la
chambre claire procure un moyen facile et Irès-rigou-reux, de mesurer les grossissements du Microscope, de dessiner tous les objets soumis à T examen, enfin de déterminer leurs véritables dimensions.
Dans toutes les expérimentations qui précèdent , on devra toujours se rappeler qu'il est de la plus grande importance de bien régler l'éclairage ; si Tobjet est trop lumineux» Tirnage du crayon s'évanouira, et réciproquement.
On peut encore, pour déterminer la grandeur absolue d'un objet, le placer sur le micromètre et compter combien il occupe de divisions ; néanmoins, comme certains corps ne peuvent s'appliquer facilement ainsi et qu'on risque, par de fréquents essais, de gâter son micromètre , on pourra , si l'on ne veut pas se servir de la chambre claire et si l'on a un grand nombre de mesures à prendre , se procurer le micromètre à aiguilles mobiles , fig. 1 1 ; on obtient al(M*s immédiatement, et d'une manière aussi aisée que rigoureuse , les dimensions de tous les corps. Pour cela, on écarte ou l'on rapproche les aiguilles c, rf, jusqu'à ce que leur intervalle embrasse exactement le corps soumis à l'examen. On substitue à ce dernier un micromètre en verre , et le nombre de divisions comprises entre les pointes des aiguilles donne immédiatement la grandeur réelle de l'objet.
Quelques grands Microscopes ont un porte-objet destiné à prendre les mesures des corps soumis à l'examen ; nous allons succinctement indiquer la