SECTION DES SCIENCES
La première année de la section des sciences, grâce à la subdivision des bourses, comptait onze élèves , dont sept avec la bourse entière et quatre avec une simple demibourse. Cette année étudie simultanément la géométrie
descriptive 9 le calcul des pr(d)abilitéSy Fasironomie, la chimie, la botanique et la philosophie, qui forme ici le point de contact entre la section des sciences et celle des lettres. La conduite des élèves de cette division a été régulière ; leur travail a été satisfaisant en général ; mais leurs progrès n'ont pas tout à fait répondu à notre attente, et cette première année semble mmns forte que celle qu'elle' remplace. Tel est du moins le résultat des divers examens de la fin de Tannée.
En philosophie y un seul élève a prouvé qu'il avait suivi le cours, et qu'il en avait profité. J'ai eu bien de la peine à arracher em- autres élèves qudques réponses incertaines ; et cependant les questions portaient i dessein sur des points qui intéressent au plus haut degré la philosophie des sciences, et se lient intimement à l'étude approfondie des sciences physiques et mathématiques. J'ai tour à tour interrogé les élèves sur les méthodes les plus propres à guider l'esprit humain dans la recherche de la vérité, sur l'origine, sur les caractères et sur la valeur des notions qui se rencontrent dans les fondements mêmes de l'arithmétique, de la géométrie, de l'astronomie et du calcul des probabilités. La faiblesse des réponses m'a démontré que l'enseignement philosophique ne semble aux élèves qu'une inutile distraction de leurs autres études, grave erreur que dément l'histoire entière des sciences. Connait-on un plus grand naturaliste qu' Aristote, un plus grand physicien que Newton, de plus grands mathématiciens que Descartes et Leibnitz? Pour vaincre une répugnance aussi mal entendue, je m'adresse de nouveau et je me fie au zèle et à l'habileté éprouvée du jeune professeur chargé du cours de philosophie en première année.
Les élèves de eette année n'ont guère mieux étudié les sciences naturelles et la botanique, sans doute aussi parce
que celte partie de renseignement ne conduit pas directement au but suprême de leurs travaux, qui est le concours de Tagrégation, où les sciences naturelles sont à peine représentées. Mais les élèves ne peuvent alléguer cette insuffisante excuse pour les autres cours, entre autres pour celui de chimie;' et cependant MM. les examinateurs, après avoir rendu compte de la force relative desdifférents élèves du cours de chimie, ont cru devoir terminer leur rapport par cette phrase significative : ils croient quTl y a a un affaiblissement notable dans les numéros obtenus cette année comparés aux numéros moyens des années précédentes. » Notre conférence de chimie est acccoutumée à de meilleurs succès. Mais en reproduisant ici la note de MM. les examinateurs et le sévère avertissement dont je les remercie, et qui est à mes yeux une preuve nouvelle du sincère intérêt qu'ils veulent bien porter à Técole normale, il me semble juste aussi de rappeler que l'examen de chimie a été fixé par la faculté à une époque antérieure de plusieurs semaines à l'époque ordinaire; que l'enseignement de la faculté, obligatoire pour* nous, n'a pas été sans lacunes, et que les élèves n'ont point été guidés cette année dans les leçons du savant professeur par le programme qui leur est nécessaire ou du moins très-secourable. Pour l'examen de géométrie descriptive, l'examinateur, M. de Montferrand, déclare « qu'il n'a pas trouvé d'élève d'une force remarquable sur cette partie de l'enseignement. » De pareils jugements imposaient au chef de l'école normale et au conseil royal un pénible devoir. L'arrêté du conseil , en date du 23 août, décide que, conformément aux articles 8 et 23 du règlement des études, deux élèves ne seront point admis à passer en seconde année ; qu'un autre subira, à la rentrée, un examen spécial devant les maîtres de conférences de seconde année, d'après lequel examen il sera
Statué sur son compte; mais en même temps le conseil a décidé qu'un élève, M. H., qui était entré à Técole avec une demi-bourse , passera en seconde année avec une bourse entière, en récompense de son travail et de ses progrès. Voici Tordre dans lequel les élèves de première année sont admis à passer dans la seconde :