‹ Instruction publiqueChapitre 30 sur 42 · I. Chaire de langne et de UtUralmt sUuœ au eoUige de France · texte numérisé non relu

I. Chaire de langne et de UtUralmt sUuœ au eoUige de France

Le premier de ces crédits, qui se monte à 5,000 fr., formerait la dotation d'une nouvelle chaire i instituer au collège de France^ pour renseignement de la langue et de la littérature slave.

C'a été la pensée même qui a présidé a la fondation [du cdlége de France, d'ouvrir inceasamment des chaires nouvelles à toute science qui a reçu des dévdoppem^ts Mse^ considérables, et qui répond à des besoins assez généraux pour donner lieu à un enseignemnit publie. Pour ne par« 1er que de ces derniers temps, nous avons vu le noinbre des chaires du collège de France s'élever, en 1814^ à vingwune, et, en 1881, à vingt^uaire, qui est le diiiba

actuel. Mais toutes les créations faites jusqu'ici ont du rétre et Tont été à une condition qui rend Tabus impos-

' sible, à savoir, que la science d'institution nouvelle fût d'un intérêt national, et même européen, car le collège de

franco, comme toutes nos grandes écoles de Paris, dans notre siècle, ainsi qu'au moyen âge, est fréquenté par des étrangers de toute nation ; et on peut dire avec vérité, comme avec un juste orgueil, que l'auditoire du collège de France se recrute dans l'Europe entière.

- La chaire de la langue et de la littérature slave remplit cette condition d'intérêt' général peut-être plus qu'aucun autre enseignement du même ordre. Près de 70 millions d'hommes parlent les différents dialectes de cette langue : c'est presque un tiers de la population européenne. Tout l'empire russe est slave; l'Autriche a 15 millions de sujets slaves; la Prusse en a 3; la Turquie en a 2. La langue slave est en usage dans tout l'est de l'Europe, et sur un tiers de sa surface, depuis les Garpathes jusqu'à l'Oural, depuis l'Adriatique jusqu'à la mer Glaciale.

A ne considérer que l'importance politique de cet idiome, il n'y en a pas dont l'étude nous soit plus utile. Plus d'une fois, -depuis nos premières guerres avec le Nord, la France a eu en face d'elle, ou dans ses rangs, des enfants de la race slave. La paix nous permet enfin de rechercher, dans les langues et les littératures qui lient entre elles toutes les* branches de la même souche, Vesprit national, les souvenirs, les tendances communes d'une race chez qui, depuis tant de siècles, la chaîne des traditions de la vie héroïque n'a pas encore été interrompue. 11 importe au plus haut degré de pénétrer le fond homogène de ces peuples dont l'avenir est inconnu, mais qui ne peuvent rester étrangers à nos destinées.

Si nous écartons toute autre considération pour nous attacher i l'intérêt scientifique, qui est ici notre véritable objet, nous reconnaîtrons que peu de langues sont plus curieuses, i tous égards, que la langue slave. La philolo* gie y rencontrera ces rapports multipliés et frappants qui lient ses fermes grammaticales à celles des principales langues anciennes et modernes de FEurope el de l'Asie; la «ritique littéraire y admirera la richesse et la douceur de ses différents dialectes» la grâce des inversions, ta variété et la précision des rbythmes, qui se prélent à tous les sentiments et à toutes les idées, enfin ce poétique mé* lange du génie asiatique et du génie européen, qui est le caractère distinctif et original de la littérature et de là race des Slaves.

S'il a jamais existé une langue commune à tous h$ peuples de cette grande famille, elle a péri. On n'en oob« nait plus que les nombreux dialectes, dont plusieurs réu* nissent tous les caractères qui élèvent un idiome au rang et à la dignité de langue littéraire.

L'enseignement de la langue slave devrait en comprendre au moins les cinq dialectes principaux : l'esclavon primitif ou langue sacrée, le russe, le polonais, le bohémien, le serbe.

L'esclavon primitif est aujourd'hui une langue morte. Jusqu'au dix-septième siècle, l'esclavon a été la langue littéraire et sacrée de la Russie. Les plus antiques annales de ce pays ont été écrites dans cette Tangue par le moine Nestor. Ce monument est du douzième siècle. A cette époque, le russe proprement dit venait de naître; et l'expédition d'Igor inspirait à un contemporain une sorte de poème en prose cadencée. Au dix-septième siècle, Rare le Grand fonde la nation et constitue la langue. Catherine la fixe par des vocabulaires et des grammaires, et

crée une académie pour en arrêter 1^ rè^es et en con» server la tradition. Depuis lors, l'impulsion donnée à la littérature russe ne s'est point afiaiblie. Elle se manifeste, en ce moment même, par de nombreuses fondations d'écoleSy de gymnases, de bibliothèques, d'académies, qui font de la Russie le centre d'un mouvement littéraire digne d'attention.

De .tous les dialectes slaves le plus parlé, après lé russe, est le polonais. Les premières tra(5es de cet idiome ont été reconnues au dixième siècle. Dès le treizième^ la Pologne comptait de grands poètes, des orateurs sacrés et politiques, des historiens, d'h8i>iles traducteurs des auteurs anciens. C'est surtout dans les traductions que se montre la richesse des dialectes slaves, leur souplesse et la mélodie de leurs rhythmes. De belles versions de Ylliade sont écrites en russe et en polonais.

Les poésies épiques et lyriques du dixième siède, quelques (^ants nationaux du huitième siècle» dont les héros sont païens, ne forment pas toute la part du dialecte bohème. Quoique la Bohème pût se contenter de la gloire de œs poésies, où une critique, même dépouillée de toute illusion patriotique, peut admirer la grâce de la poésie grecque unie à l'énergie Scandinave, le dialecte bohème a déployé toutes ses beautés au dou^ème siècle dans des poèmes nombreux, au quartor^ième siècle dans les écrits en prose de Jean Huss et de Jérôme de Prague. L'inspiration littéraire, étouffée au dix^-septième et au dix^huitième siècle par la guerre, s'est ranimée dans ces dernières années sous l'influence de la paix. La ville de Prague, par le nombre et les travaux de ses poètes, de ses philosophes, de ses archéologues, est devenue comme la métropole littéraire des peuples slaves dans le passé.

Le plus riche et le plus pujr de tous les dialectes slaves

est le serbe, qui est parlé dans la Servie, la Dalmatie, une partie de la Bohème et de la Croatie, par une population de quatre millions d'hommes. Des monuments curieux marquent la suite de cette langue aux neuvième, douzième, treizième et quatorzième siècles. C'est sur la fin de ce siècle qu'avec la nation serbe, un moment si grande sous Lazare, s'éteignit en 1389 la langue nationale, vaincue avec Lazare dans les plaines de Cassovo, où les Ottomans écrasèrent dans la mèifte bataille les rois de Bulgarie, de Bosnie et le prince d'Albanie, ligués avec le héros servien. Ce qui ne périt pas alors du dialecte serbe se réfugia dans les montagnes, où se formèrent, des regrets de la patrie perdue et de la haine de ses oppresseurs, des chants populaires comparables, selon des critiques compétents, à ce que nous offre de plus beau en ce genre la Grèce moderne.

11 suffit de cet aperçu pour faire apprécier l'utilité d'un enseignement spécial, profondément philologique et littéraire, qui initierait un auditoire français à la connaissance de ces richesses ignorées.

11 y a en ce moment, dans tous les pays de race slave où l'érudition est libre, une sorte de mouvement de renaissance. Les hautes études philologiques qui ont provoqué ce mouvement sur une si vaste portion du territoire européen, la communauté des souvenirs où tous les enfants de race slave se reconnaissent et se rencontrent, plusieurs littératures dont quelques^nes étaient déjà florissantes à l'époque où la nôtre se débrouillait à peine, ces poésies primitives^ marquées de la grandeur et de la naïveté des mœurs héroïques, des épopées, des odes, des pièces de théâtre, tous les genres qui sont cultivés aux grandes époques littéraires; des annales où sont retracées la plupart des guerres qui ont amené la constitution de l'Europe mo-

derne, les traditions des schismes religieux qui ont rangé sous rÉglise grecque les Slaves de l'Orient et du Nord, et sous rÉglise latine les Slaves de TOccident; un passé plein de grandes choses et de grands noms, Ivan III, Lazare, Uuniade, Etienne Batory, Sobiesky, Pierre le Grand, tout cela formerait la matière d'un enseignement tel qu'il convient d'en doter le collège de France, riche de faits nouveaux, qui intéresse au même degré la France et l'Europe, et que de longues années d'études ne pourront épuiser.

Il serait digne delà libéralité des chambres, au vote desquelles le collège de France a dû,- 'en 1831 , la fondation de trois chaires nouvelles, d'ouvrir aux nationaux et aux étrangers ce nouvel horizon littéraire et scientifique.

Je passe au crédit demandé pour les deux facultés nouvelles de médecine et des sciences dans la ville de Rennes.

II4 Faculté de médecme à Rennes.

L'intention du gouvernement est de créer sur quelques points de la France un certain nombre de grands centres d'instruction supérieure, qui puissent devenir des foyers de lumières pour les provinces où ils seront placés. Des facultés isolées peuvent avoir leur avantage ; mais la plus grande force de ces établissements se tire de leur réunion. Une faculté de droit ne peut guère se passer du voisinage d'une faculté des lettres, et une faculté des sciences est à la fois le fondement et le couronnement d'une faculté de médecine. C'est ainsi que toutes les connaissances humaines se lient et se soutiennent l'une l'autre, et communiquent à ceux qui les cultivent une instruction solide et étendue, de véritables lumières.

Il n'est pas non plus sans quelque intérêt social et politique de retenir dans nos provinces une foule de jeunes

SSO MINISTÈRE DE 1840.

gens dont les talents, mûris dans les grandes écoles de leur pays 9 peuvent tourner à son profit, et concourir à larmer ou à fortifier cette vie provinciale, jadis. si animée, aujourd'hui si languissante, et dont le retour serait un bienfait sans aucun danger dans la puissante unité de la France.

Tels sont les avantages de la réunion des quatre facaltés sur un môme point.

Cette réunion en offre d'autres encore qui ne sont pas à dédaigner. Une seule et môme bibliothèque peut suffire aux quatre facultés; un seul et môme cabinet de physique, de chimie, d'histoire naturelle, suffit aux deux facultés de médecine et des sciences. Enfin, plus d'une chaire peut être commune à ces deux facultés.

Par tous ces motifs, sur lesquels il serait inutile d'insister, le gouvernement se propose d'établir successivement quelques grands centres d'instruction supérieure. Il en existe déjà plusieurs ; il s'agit de les multiplier avec une sage lenteur, après avoir bien étudié les points où de pareils établissements peuvent le mieux fleurir.

Il nous a paru convenable de commencer par la Bretagne, qui comprend cinq grands départements, liés ensemble par un esprit commun, et dont la capitale. Rennes, est une ancienne ville parlementaire, où l'étude est en honneur, et où sont déjà un assez grand nombre de beaux établissements d'instruction publique. Le gouvernement de juillet a beaucoup fait pour la Bretagne. Il y a tracé de grandes routes stratégiques ; cette année môme, une allocation de 1,300,000 fr. vous est demandée pour divers travaux relatifs a la canalisation de la Vilaine et à l'amélioration des quais de Rennes. Un collège communal a été fondé à Brest, et porte le nom d'un prince de la famille foyale.Une grande école normale primaire, placée àBennes,

fournit d'excellents instituteurs aux communes des cinq départements. L'école de droit de Rennes est depuis long*^ temps en possession d'une juste renommée : un de mes prédécesseurs a créé a côté d'elle une faculté des lettres. Je viens vous proposer de convertir l'école secondaire de médecine en une faculté, et de soutenir cette faculté par la création d'une faculté des sciences. Ainsi» la Bretagne possédera à Rennes une sorte d'université bretonne; quatre grandes facultés y pourront former des sujets pour toutes les carrières et les professions libérales. Ce bienfait sera reçu avec reconnaissance par la Bretagne entière ; il y est attendu» il y est demandé depuis longtemps»

Dès 1824» la ville de Rennes avait acquis l'espoir fondé d'obtenir une faculté de médecine; diverses délibérations du conseil municipal avaient fixé le choix d'un emplacement convenable pour la nouvelle faculté» et alloué les sommes nécessaires pour l'appropriation du local.

Sur les trois facultés de médecine actuellement exis** tantes» l'une est située à Paris» l'autre dans le midi» la troisième dans le nord-est de la France. Depuis longtemps on a senti la nécessité d'établir une quatrième faculté à Rennes» pour tous les départements de l'ouest. La population de la ville se prête à cet établissement. Rennes compte même un peu plus d'habitants que Montpellier» dont la faculté de médecine jouit d'une vieille et légitime renom-* mée. Rennes possédait anciennement un collège royal de chirui^ie et un collège royal de médecine qui avaient été largement dotés par les états de Bretagne. En 1793 la dotation disparut; mais l'enseignement médical subsista avec éclat. Plusieurs des jeunes médecins formés i Rennes à cette époque furent couronnés dans les premiers concours que r^e de Paris venait de fonder>^»ft«nraft*^iens

élèves de Técole de Rennes, il suffit de citer Laenneo et Broussais.

L'école secondaire actuelle a compté, ^diverses époques, près de cent élèves inscrits : ce nombre, il est vrai, a diminué depuis quelques années ; mais il augmentera rapidement lorsque les élèves qui auront commencé leurs études médicales dans les écoles secondaires les plus rapprochées, et les jeunes aspirants au titre de chirurgien de marine, pourront venir de Nantes, d'Angers, des ports de Brest et de Lorient, prendre leurs grades dans la ville de Rennes, sans avoir à entreprendre le voyage lointain et coûteux de Paris. Par là diminuera le nombre des officiers de santé et s'accroîtra celui des docteurs , au ^rand profit de la population de nos départements de l'oaest, de celle des campagnes comme de celle des villes.

Rennes offre d'ailleurs des ressources certaines pour l'instruction des élèves. Elle a quatre hôpitaux renfermant plus de mille lits. Des services spéciaux sont oi^nisés pour les diverses maladies. Déjà les élèves en médecine assistent à tous les accouchements qui sont pratiqués en grand nombre dans l'hospice de la Maternité. II y a de plus un hôpital militaire qui contient près de cinq cents \[U; et l'une des trois prisons de la ville renferme à elle seule près de cinq cents détenus. Le service des cliniques et des amphithéâtres est donc assuré. Là ville possède un jardin botanique fort riche en espèces, un cabinet d'histoire naturelle, et une bibliothèque nombreuse renfermant une collection considérable de bons livres de médecine. Enfin, plusieurs des professeurs actuels de l'école secondaire pourraient être appelés à faire partie de là nouvelle faculté.

Cette faculté serait organisée d'une manière solide ; mais on n'y constituerait d'abord que l'enseignement indispensable. Les élèves trouveraient dans la faculté des sciences

les connaissances accessoires qui sont le commencement des études médicales : les leçons de physique, chimie, botanique, zoologie et minéralogie seraient spécialement dirigées vers ce but. De cette manière, il suffirait d'établir dans la faculté de médecine dix chaires ayant pour objet :

!• Anatomie ;

2* Physiolc^e;

3** Pathologie interne ;

4« Pathologie externe ;

5® Accouchements et clinique de;s accouchements ;

6* Clinique interne ;

7** Clinique externe ;

S"" Matière médicale et thérapeutique ;

9"" Matière pharmaceutique et toxicologie;

lO"" Hygiène et médecine légale.

Quelques-unes de ces chaires pourraient provisoirement n'être confiées qu'à des adjoints. A la faculté de Strasbourg, il y a douze professeurs ; et la dépense annuelle de cette faculté est de 105,000 fr. Nous ne vous demandons pour celle de Rennes qu'un crédit de 58,200 fir., qui se répartirait ainsi qu'il suit :

1® Persownel.

Sept professeurs titulaires à 4,000 fr. cfiacun. 28,000 Trois professeurs adjoints à 2,000. . . 6,000

Préciput du doyen 1,000

Traitements éventuels des dix professeurs,

évalués d'après un efiéctif de 100 à 125 élèves. 6,500 (Cette dépense est compensée par une recette

égale provenant des droits perçus par le trésor.) Fonctionnaires et employés divers, savoir :

Un secrétaire agent comptable, à. . . 2,600 T. I. • 19.

8Si MimSTÈRË DE 1840. ,

Un chef des travaux anatomiques. 1,500

Un proseoteur 1,000

Trois aides de clinique, choisis parmi les internes des hôpitaux. . . . 1,200

Un aide préparateur 600

Un garçon de salle pour les cours. . . 600

Un appariteur, concierge 1,000

2« MatérUl.

Chauffage et éclairage 1,500

Frais des différents cours 3,!200

Collections 2,000

Prix 600

Frais de bureaux 500

Entretien et dépenses diverses. . . . 500

Somme égale. . . . 58,200

3^ Faculté des sciences.

Le crédit nécessaire pour la nouvelle faculté des sciences (|ue nous vous proposons également d'établir à Rennes, et qui comprendrait les chaires de mathématiques, physique, chimie, zoologie et botanique, géologie et minéralogie, est beaucoup moins considérable encore, et ne s'élève qu'à 25,000 fr., savoir :

Quatre professeurs titulaires , à 4,000 francs chacun 16,000

Un professeur adjoint, à 2,000

Préciput du doyen. 1,000

Droits d'examen à répartir entre les profes-

seurs. . 600

Un préparateur de physique et de chimie. 1^200

Un préparateur d'histoire naturelle. . . 1^200

Frais matériels 3,000

Somme égale. . . . 25,000

Depuis 1830, il a déjà été créé deux nouvelles bcultés des sciences, Tune à Lyon, Fautre à Bordeaux» Le progrès continu des études scientifiques, la haute mission que les facultés des sciences ont ainsi à remplir, les secours qu'elles assurent au développement de Findustrie, appd*lent sur ces utiles établissements toute Tattention du gouvernement et des chambres. Le conseil municipal de Rennes, appréciant le bienfait d'une semblable institution, s'est empressé d'allouer les fonds nécessaires pour l'appropriation d'un local provisoire destiné à la faculté des sciences et pour l'acquisition de tout le matériel scientifique nécessaire à l'enseignement. Une somme de 52,000 f. a été votée à cet effet, conformément aux devis arrêtés en conseil royal de l'instruction publique. La ville se chargera également de l'amélioration du local de l'école secondaire qui provisoirement recevra la nouvelle faculté de médecine. Cette faculté, comme celle des sciences, ne sera organisée que lorsque tous les travaux d'appropriation provisoire seront terminés.

Enfin, et je le dis ici pour honorer la ville de Rennes, sur la demande du ministre de l'instruction publique, et grâce à des influences auxquelles je me plais à rendre hommage, le conseil municipal, par une dernière délibération du 13 avril 1840, vient de voter un emprunt de 300,000 fr. pour l'établissement définitif des quatre facultés dans un bâtiment convenable qui sera construit sur un terrain appartenant i la ville.

Vous le voyez, Mettieurs, la ville de Rennes ne recule devant aucun sacrifice pour obtenir le bienfait d'une instruction supérieure complète : ses généreux efforts méritent d'être encouragés, et les chambres voudront sans doute se montrer empressées à sanctionner l'utile projet de faire de Rennes un grand centre de hautes études universitaires pour la Rretagne.

En terminant, je prie la chambre de remarquer que le gouvernement n'a voulu faire aucune des créations nou^ velles qui sont l'objet de ce projet de loi, avant d'avoir obtenu les crédits nécessaires pour les réaliser. Il a voulu cfue les chambres conservassent toute leur liberté d'examen : il se confie à leur générosité et à leur munificence accoutumées pour tout ce qui se rapporte à la grandeur et au développement de l'enseignement national.

Le crédit total ici demandé est de 88,200 fr. C'est une bien faible dépense pour de si grands intérêts, Messieurs ; et encore cette dépense est-elle compensée par l'abandon d'une somme presque égale sur quelques-unes des augmentations portées au projet de budget dont la loi actuelle est le complément.

Projet de loi.

Il est ouvert au ministre de l'instruction publique, en addition au budget de l'exercice 1841 :

1* Un crédit de 5,000 fr., pour la création d'une chaire de langue et de littérature slave au collège de France;

2° Un crédit de 58,200 fr., pour la création d'une faculté de médecine dans la ville de Rennes ;

Z" Un crédit de 25,00ff fr., pour la création d'une faculté des sciences dans la même ville.

INSTRUCTION SUPÉRlEmE. 337

Il sera pourvu aux dépensés autorisées par la présente loi, au moyen des ressources accordées pour les besoins de l'exercice 1841.

Une commission spéciale de la chambre des députés, par Torgane de M. Yéjux, avait conclu à l'adoption de toutes les propositions ministértellës.

RéAiiiiié Ile 1« «éADce île 1« ehambre <le« iléimtés.

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