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CHAMBRE DE PAIRS

Séances des 23 juin, 8 et 10 juillet.

CréAllMi il*«ie oluare ûe slave ma «•Uéce de Fraaee^ ei il'Ntte faenUé îles eelenee* à Renaes.

Exposé des motife.

« Messieurs, le ministre actuel, n'ayant point présenté le budget des dépenses de Tinstruction publique pour l'exercice 1841, n'a pu y comprendre les crédits nécessaires à deux créations nouvelles dont l'utilité est reconnue, une faculté des sciences dans la ville de Rennes, et une chaire de langue et de littérature slave au collège de France.

Un projet de loi spécial a été présenté pour ce double objet, à la chambre des députés, le 20 avril dernier. Ce projet, qui renfermait aussi la demande d'un crédit nouveau pour une faculté de médecine dans la ville de Rennes, renvoyé à l'examen de la commission du budget, a donné lieu, d'après l'importance qui s'y attachait, à un rapport particulier, fait à la chambre dans sa séance du 20 mai. La commission a été unanime pour l'adoption du projet, en ce qui concernait la faculté des sciences et la chaire de langue et de littérature slave; et la chambre a accueilli avec la même faveur ces deux propositions. La commission avait conclu aussi à l'adoption du projet quant à la nouvelle faculté de médecine. Mais quelques objections graves s'étant élevées à cet égard, le gouvernement, dans rintérét d'une discussion plus approfondie, a pensé qu'il

était de sa dignité d'ajourner à la prochain^ session la demande qu'il avait formée.

Nous dirons peu de mots sur les deux créations nouvelles pour lesquelles nous venons solliciter votre assentiment-. Ce n'est pas dans cette enceinte que des projets qui ont pour but le progrès de l'instruction et le dévdoppe- * ment de l'enseignement national pourraient trouver des contradicteurs.

La chaire de langue et de littérature slave ajoute une nouvelle branche d'études à l'enseignement déjà si profond et si varié du collège de France, où, auprès des grandes littératures de l'antiquité, sont enseignées les riches idiomes qui se parlent aujourd'hui dans l'Orient. La langue slave tient à la fois du génie de l'Orient et de celiîi de l'Europe moderne; elle est en même temps un idiome populaire et une langue littéraire et savante. Soixante-dix millions d'hommes parlent ses différents dialectes; et quelques-uns de ces dialectes offrent une littérature originale. Un intérêt particulier s'attache aujourd'hui de toutes parts à la découverte et à la publication des nombreux monuments poétiques et historiques où se révèle le génie de la râpe des Slaves. Il est digne de notre pays de s'associer a ce grand mouvement philologique et littéraire ; et la création de la chaire nouvelle est un gage de plus de la vive sympathie de h France pour l'accroissement des lettres.

La ville de Rennes, qui possède déjà une faculté de droit florissante, et une faculté des lettres dont les débuts ont été marqués par de beaux succès, demande depuis longtemps une faculté de médecine. Le gouvernement s'associe avec empressement à de si justes vœux; et il se propose de faire de là ville de Rennes un grand centre d'études pour tous les départements de l'ouest. La faculté

34) mmstÉOŒ M5 1840.

de médMiiie est ajournée ; mais l'école secondaire de mé-* decine actuelle en tiendra la place. Quatre- grandes éooiee pourront donc attirer à Rennes de nombreux étudiants, et imprimer un grand mouvement intellectuel à toute cette partie de la France, si recommandable par le caractère ^ la mâle énergie de ses habitants. Ce sera une espèce d'uni- Tersité bretonne, qui ranimera la vie provindale, ^ se te^ nant toujours à la hauteur de la science de Paris.

Le fondement de cet édifice est une faculté des sciences. Une pareille faculté est absolument indispensable» non-seulement pour Técole secondaire de médedne de Rennes, mais pour les établissements semblables que possèdent les villes de Nantes, de Poitiers, d'Angers, et pour les grands hôpitaux d'instruction des ports de Rrest et de Rochefort, dont les élèves ont besoin du grade de bâche* lier ès-sciences pour avancer dans leur carrière. Or, ce grade, il fallait qu'ils vinssent le chercher à Paris : de là l'encombrement des écoles de la ca{dtale, et l'abandon de celles des provinces; double inconvénient auquel vous porterea remède," en créant à Rennes une faculté des sciences qui deviendra un foyer de lumière pour tous les départements environnants. L'industrie, l'agriculture, la navigation y puiseront aussi d'utiles secours.

Enfin, le conseil municipal de Rennes a voté une somme considérable pour l'appropriation d'un local où la nouvelle faculté doit être établie ; et le gouvernement n'attend plus que le vote de la chambre des pairs pour réaliser cette utile création, n

Après un rapport savant et étendu de M. de Gerando, la chambre adopte.

iNsmixrnoif suniniEURE. 343

Ile

Rapport au roi.

Du IS a^tcmbra 184a

Votre Majesté m'avait chargé de présenter aux chambres, dans la dernière session, un projet de loi pour la création d'une feculté des sciences dans la ville de Rennes. Un si utile projet ne pouvait manquer d'^e apprécié; et le crédit nécessaire pour l'entretien de la nouvelle fa* culte a été porté au budget de TÉtat, à partir de 1841.

D'un autre côté, la ville de Renn0s, reconnaissante de ce bienfait, s'est empressée d'allouer une somme de 5!},000 francs pour l'appropriation d'un local provisoire, et pour l'acquisition de tout le matériel qu'exige l'^seignement scientifique. Ce local provisoire sera entièrement approprié à sa destination pour le mois de novembre prochain.

£n même temps, des mesures sont prises pour que le local définitif destiné à l'ensemble des établissements d'instruction supérieure que doit posséder la ville de Rennes soit construit le plus tôt possible sur un terrain qui appartient déjà à la ville. Le conseil municipal a également voté pour cet objet un crédit spécial de 300,000*fr.

Rien ne s'oppose donc à ce que la nouvelle faculté des sciences soit instituée. Quelques fonds disponibles, par suite de vacance d'emplois, permettent même d'organiser le personnel de cet établissement avant 1841) et pour le commencement de la prochaine année scolaire.

Conformément aux dispositions qui ont été communiquées aux'chambres, il y aura, dans la faculté de Rennes, cinq cours, savoir :

Mathématiques,

Physique»

Chimiey

Zoologie et botanique^

Géologie et minéralogie.

Cet enseignement, qui suffit aux premiers besoins d'une feculté des sciences, sera confié à quatre professeurs titulaires et à un professeur adjoint.

Votre Majesté, en sanctionnant ces mesures, aura doté la Bretagne d'une nouvelle institution, qui, liée aux divers établissements d'enseignement supérieur déjà réunis dans la ville de Rennes, doit avoir une heureuse influence sur le développement intellectuel de nos provinces de l'ouest.

Je suis avec le plus profond respect, etc.

Ordonnance du roi*

Louis-Philippe, etc.

Vu la loi de finances du 16 juillet 1840; Vu le rapport de notre ministre secrétaire d'état au département de l'instruction publique, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Une faculté des sciences est créée au chef-lieu de l'Académie de Rennes*

Celte faculté sera composée de cinq chaires, savoir : Mathématiques, Physique, Chimie,

Zoologie et botanique.

Géologie et minéralogie.

Quatre desdites chaires seront confiées à des professeurs

titulaires; la cinquième sera occupée par un professeur

La nomination des professeurs sera faite directement, pour la première fois, par notre ministre secrétaire d'état au département de l'instruction publique , grand-maitre de Funiver^té.

Donné au palais des Tuileries, le 12 septembre 1841, etc.

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