‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 22 sur 71 · to · texte numérisé non relu

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entiers et les intermédiaires décimaux, formant une *^rie incomplète, choisie pour les besoins de la pratique.

Ainsi dans le numérotage ancien, c'est le chiffre le plus faible qui représente la plus grande puissance ; dans le nouveau c'est Tinverse, numéro et puissance se correspondent.

Ces détails peuvent être embrassés d un coup d'oeil dans le tableau ci-dessus. En raison de leur importance, les indications qu'il fournit se trouvent aujourd'hui reproduites partout, et doivent pouvoir être consultées à chaque instant.

Il est d'ailleurs toujours facile de passer d'un système à l'autre et de déterminer la valeur cherchée de la lentille de l'un, comparativement à la lentille connue de l'autre. En effet la valeur de la dioptrie unité, étant de I mètre de foyer, ou 36 pouces, il suffit de diviser ^6 par le numéro ancien ou nouveau connu, pour avoir le chiffre cherché. Ainsi, soit à trouver le n° D équivalent à 1/18 représenté par une lentille de 18 pouces, nous aurons 36 : 18 =^ 2 D et réciproquement 36 : 2 m 18 pouces.

Note 2. — Cette limite ne peut-être fixée que d'une manière générale et comme un minimum acceptable. C'est ensuite au commandement, éclairé par l'avis du médecin, de déterminer comment sera utilisé le soldat.

La loi reste donc unique, elle ne vise qu'une aptitude générale, une condition physique fâcheuse mais permettant d'utiliser l'homme qui la présente. En France, le règlement du 27 février 1877 a fixé à 1/6 ce degré de myopie maximum, compatible avec le service, et accepté par la marine, mais seulement pour les hommes du recrutement. Ce chiffre est loin d'être le même en tout pays, ou également accepté par tous lesophthalmologistes. En Prusse, en Bavière, en Italie, il n'y a aucune indication précise sur les anomalies de réfraction, et dans l'armée allemande, la myopie par elle-même n'est pas prévue comme cas d'exemption. En Autriche, comme dans le règlement de 1874 en

France, ce degré était fixé à 1/4, en Danemark à 1/8 en Hollande à 1/12 (yl««. d'OcuL 1877, p. 170). Dans la discussion académique de 187^, Giraud-Teulon repoussait la myopie, qu'elle qu'en fût le degré, des rangs du service armé ; il admettait jusqu'à 1/12, et même 1/8 pour la partie la plus instruite du contingent, mais aussi celle qui compte le plus de myopes, le volontariat d'un an, les candidats aux écoles militaires. Toutes les fois, disait Maurice Perrin. qu'il est possible de restituer la vision éloignée à l'aide des verres, sans danger pour l'œil, on doit se prononcer pour \ l'admission. Or ces myopies à correction totale sont \ l'apanage d'hommes jeunes, dont l'accommodation ^ est normale, elles doivent être exemptes de toutes complications et elles ne s'élèvent pas au-dessus de 1/8 et au minimum 1/6. Le congrès de Bruxelles avait admis que, si l'usage des lunettes était toléré dans les armées, ce degré pourrait être 1/7 à 1/8, sinon il ne faudrait, accepter que des myopies de 1/12 et encore mieux de 1/24.

La question était là, en effet, tout entière: sous les armes pourra-t-on porter lunettes ?

Une triste expérience ne nous a que trop bien dé- [y montré qu'une armée dans laquelle ce principe est admis ne perd rien de sa valeur; il fallait pourtant se faire à cette idée, rompre avec les préjugés. Un soldat à lunettes en sentinelle; un tirailleur à binocle faisant le coup de feulîl Déjà il existait de fait une grande tolérance pour les officiers; aucun règlement particulier n'intervenait pour les écoles de Saint-Cyr €t Polytechnique ; quant à l'École Navale, l'épreuve générale d'acuité visuelle à laquelle les candidats sont soumis dans des conditions spéciales de distance et d'éclairage, ne pouvait suffire à déterminer un degré de myopie bien élevé. Expérimentalement, il n'est à peu près que de 1/24 (voir article Myopie de Giraud-

Teulon, dans Dict, Encycl,^ où il est estimé encore plus bas).

Rien d'étonnant, d'ailleurs, à cette tolérance ; le rôle de l'officier étant bien plus celui de vigie intellectuelle (Giraud-Teulon), prévenu au besoin parles yeux d'un subordonné, et éclairé par les instruments d'optique dont il peut disposer, que celui de vigie oculaire, rôle qui revient au soldat. Il a fallu pourtant, les faits et la nécessité aidant, étendre à ce dernier le bénéfice des lunettes. Une note ministérielle en date du 12 mai 1877 en a autorisé le port sous les armes, et une dépêche de 1879 annonce l'envoi de 60 paires de lunettes par régiment d'infanterie. Après avis du médecin elles doivent être délivrées à titre gratuit et de première mise.

L'expérience démontre en effet, et chacun peut s'en donner la démonstration en plaçant devant ses yeux des verres convexes dont le numéro, en cas d'emnaétropie, donnerait le degré de la myopie ainsi produite, l'expérience, dis-je, démontre qu'un myope, dans la vision au loin, n'est en somme qu'un amblyope souvent d'un degré bien plus élevé que celui qui peut être accepté pour le service. C'est là un fait plus particulièrement intéressant pour la marine, qui ne pouvant accepter le port des lunettes, doit par suite tenir un plus grand compte de cette amblyopie réfractionnelle.

Un myope faible de 1/16 à 1/26, dit Maurice Perrin, n'y voit que très confusément à quelques centaines de mètres; il aperçoit bien les gros objets, mais il est incapable de distinguer uii bataillon d'infanterie d'une troupe de cavalerie.

En 1879, Warlomont disait encore devant l'Académie de médecine de Belgique que la limite véritable de la myopie devait être 1/12. Pour lui c'est Textrême limite admissible pour des hommes appelés à remplir

les fonctions aflérentes au métier des armes, tel que Ta fait la science moderne; on ne peut rien attendre de bon, au point de vue des reconnaissances, des factions même, à plus forte raison du tir de précision avec des' armes àlongue portée, du pointage des pièces d'artillerie, de myopes de plus de 1/12. Car à la distance ordinaire du tir à la cible, des myopes de cette force peuvent distinguer à grand'peine un bataillon de grenadiers d'un escadron de chasseurs (Warlomont, Ayin. ociil.^ i^79)-

Les considérations qui précèdent, rapprochées de celles que j'ai présentées au sujet du nombre progressivement croissant de myopes expliquent suffisamment la nécessité d'accepter le port des lunettes dans l'armée, quoiqu'il faille bien le reconnaître, elles ne puissent pas toujours corriger exactement le défaut, et qu'elles limitent beaucoup le champ visuel.

On a bien dit: Ne prenez que les vues normales pour le service armé^ reléguez les myopes dans les services auxiliaires, faites-en des ouvriers, des tailleurs, des écrivains, des fourriers, des comptables, etc. . . Il y aurait à cela un double inconvénient : le premier pour Txitat, qui serait privé par cette exclusion d'éléments utiles, intelligents, instruits et nécessaires au recrutement des cadres d'officiers et de sous-officiers (Hairion, Javal, Giraud-Teulon) ; le second pour l'individu qui, dans ce travail assidu et de près auquel il serait condamné, verrait peut-être progresser rapidement une myopie que les exercices généraux du soldat, sa vie au grand air, la nécessité de regarder au loin auraient rendue stationnaire.

Note 3. — L'œil myope n'est pas /^«36>/z â?/7, comme aime à le répéter celui qui en est le porteur ; car le privilège d'y voir de très près et d'ignorer peut-être toujours, dans l'avenir, les ennuis de la presbytie,, n'est pas une compensation aux dangers qui le me-

nacent ; en réalité, c'est un œil malacLe. Il n'y a qu'à se représenter les conditions dans lesquelles la vision s'exerce chez lui, pour comprendre en même temps comment les causes mêmes qui ont engendré la myopie peuvent la rendre progressive et dangereuse, si, par le choix d'une profession convenable, Thygiène de la vue, l'emploi judicieux de verres correcteurs, on ne réussit à en détruire les effets.

Dans la vision binoculaire, le myope est obligé de converger; car ne voyant pas les objets de loin, il les rapproche, ou s'en rapproche d'autant plus que sa myopie est plus grande, et fait par suite un effort d'autant plus considérable de convergence et d'accommodation. Cette position des yeux qu'il affectionne pourtant, parce qu''il obtient ainsi une perception qu'il ne pourrait avoir de loin, est la cause de tous ses maux. Au début et sur un œil prédisposé, ou par le fait seul d'un travail assidu et prolongé, à courte distance, elle a amené l'allongement de l'œil, plus tard elle entraîne :

1° Une fatigue physiologique, celle des muscles droits internes qui doivent maintenir les yeux dans cette position ;

2° Une tension mécanique du globe, due à la pression des muscles contractés et à celle du globe sur la paroi interne de l'orbite, contribuant à augmenter son allongement ;

y Une congestion pathologique, conséquence du tiraillement des membranes internes et des efforts de convergence et d'accommodation.

De la première cause résulte l'asthénopie ou insuffisance musculaire. Il arrive un moment où l'un des muscles droits internes reste inférieur à son rôle, sa force est insuffisante, l'œil se dévie alors au moment delà fixation. Cette déviation, passagère d'abord, entraîne peu à peu l'exclusion d'un œil de la vision binocu-

iaire, et contient en germe le strabisme divergent de la myopie.

A la seconde appartiennent l'allongement progressif de Taxe antéro-postérieur de Tœil, l'augmentation proportionnelle du staphylôme, le tiraillement des membranes, et subitement, un jour, le décollement de la rétine.

La troisième, entretenant dans Tœil un état de sourde inflammation, va peu à peu produire les atrophies choroïdiennes, les altérations de la macula, les apoplexies rétino-choroïdiennes, le ramollissement du corps vitré, les corps flottants, l'excès de tension oculaire, etc. etc.

Toutes ces altérations ne sont, en somme, que les tristes péripéties du développement de la myopie progressive et les conséquences de la permanence des mêmes causes, le travail rapproché dans de mauvaises conditions d'éclairage, de position, de continuité, etc..

J'ai plus d'une fois reçu les plaintes d'officiers de vaisseau qui attribuaient à des observations répétées, à des levers de plan ou des travaux hydrographiques exécutés dans des pays tropicaux l'aggravation de leur myopie, ou les troubles de la vision dont ils étaient les victimes. C'est une erreur, je crois. La lecture, les calculs prolongés, un travail intellectuel répété dans les chambres obscures, mal éclairées du bord, peuvent bien amener ce résultat, mais l'action de la lumière, les observations astronomiques ou autres avec des instruments d'optique produisent plutôt des neurorétinites ou des chorio-rétinites, surtout si, comme pour les chaufleurs, mécaniciens, boulangers, à l'action éclatante de la lumière vient s'ajouter l'action du calorique rayonnant. Note 4. Art. 139. — Règlement , 1864. Marine. < La presbyopie qui consiste en une visiow cowiw.%^

Barthélémy. L'examen de la. vision. S

« pour les objets rapprochés, tandis que la vi « s'exerce régulièrement de loin, se présente très r « rement devant les conseils de revision, car ce « une infirmité presque exclusive à Tâge mûr, et su K tout à la vieillesse. Elle peut être constatée, pj « l'usage de verres convexes, mais pour entraîm « l'exemption, il faudrait qu'elle fût arrivée à un de « gré élevé. Elle se présente souvent chez les vieu « soldats, et ne s'oppose pas à leur maintien dans 1< « rangs de Tarmée. »

Or la presbytie est un fait prévu, en rapport ave l'âge, une imperfection acquise, due à un déficit d l'accommodation, et dont les inconvénients com mençant à se produire à quarante-cinq ou cinquante ans s'accentuent avec les années. L'hypermétropie, le plu souvent congéniale, est une imperfection native, um conformation vicieuse d'un organe resté trop court..

La première ne peut qu'être très rare au service, h seconde y est fréquente, et ses accidents se montrent, en général, avant l'âge de la conscription.

L'hypermétropie, comme l'astigmatisme, étaient autrefois méconnues ; on considérait les individus qui en étaient atteints comme coupables de fraude, on les déclarait propres au service, alors qu'ils avaient tous les droîts possibles pour en être exemptés.

Note 5. — Différence notable de réfraction des yeux, pouvant offrir toutes les combinaisons.

Voir pour les caractères objectifs de l'hypermétropie, etc. etc., Donders et Javal, t. II Wecker Maladies des yeux.

Note 6. — Il sera très utile, je pense, de donner l'explication de cette apparente contradiction, mais ce sera rendre cette note plus complète et en même temps plus utile que d'exposer la raison de quelquesuns des faits qui précèdent ou qui vont suivre, l'iî/permétrope a un œil trop court. Les rayons pa-

rallèles venus de Tinfini, et a fortiori les rayons divergents ont leur foyer en arrière de la rétine, et leur image ne peut être que confuse. Pour qu'elle sbit distincte et au foyer, il faut que la force réfringente de l'appareil soit augmentée. Elle peut l'être ou physiologiquement par l'action du muscle accommodateur qui exagère la courbure du cristallin et le rend plus réfringent, ou physiquement par l'addition d'une lentille convexe.

1° Si l'hypermétropie est faible^ le sujet jeune et vigoureux, l'accommodation suffit sans fatigue à sa tâche ; elle peut proportionner son effort à toutes les distances des objets, et permettre une vision parfaite. On dit alors que l'hypermétropie est latente^ ou encore facultative, (H. L.)

Et aucun trouble ne viendra incommoder, pendant la durée de son service, celui qui en est atteint.

2° Si, au contraire, l'hypermétropie est déjà un peu plus forte et d'un degré moyen, ou si le muscle accommodateur fléchit, question d'âge ou de fatigue par excès de travail rapproché, alors elle devient manifeste. (H. M.) C'est-à-dire que le trouble de la vision devient évident. Le sujet commence à se plaindre de ne pouvoir faire un travail de près ou le soutenir quelque temps. A un mauvais éclairage surtout, les objets deviennent troubles et indistincts, les lignes se mêlent, les lettres chevauchent ; un sentiment de fatigua, de tension, et plus tard de douleur se manifeste et au front et aux yeux ; ceux-ci deviennent larmoyants, s'inj-ectent ; malgré tous les efforts d'une accommodation surmenée, tout se brouille, et il faut abandonner le travail commencé, etc. etc. . . Dans ces cas, une partie de H est bien encore corrigée par l'accommodation, et reste ainsi latente, à moins qu'on ne l'ait paralysée par l'atropine, mais une deuxième qui, dans la jeunesse, est égale à un tiers ou uiv ç\ysi^t\.^ ^

vingt-cinq ans à une demie et à quarante aux trois quarts, etc., est devenue manifeste. De sorte que l'hypermétropie totale HT est composée de deux facteurs HL et HM.

Les sujets qui présentent ce degré moyen, malgré que leur HM doive augmenter avec Tâge et pendant la durée du service, n'en seront cependant que bien peu gênés, en raison de la nature des exercices auxquels seront soumis leurs yeux. Leur hypermétropie n'est que relative.

3" Mais dans les degrés élevés et en moyenne à partir de H = 1/6, l'accommodation va devenir impuissante^ et se trouver en déficit, tant de loin que de près ; le malade n y voit plus à aucune distance, l'hypermétropie est absolue et ne peut être corrigée qu'imparfaitement.

En effet, et ceci explique la règle établie pour le degré entraînant l'impropriété au service, et Tépreuve qui suffit à la démontrer, à vingt ans, l'accommodation -r égale au minimum 7 ou encore peut imprimer au cristallin une courbure équivalente en pouvoir réfringent à une lentille convergente -f- 1/6.

Or, si, plaçant votre plaignant à 1^ ou 20 pieds, il ne peut déchiffrer les caractères de l'échelle n** 15 ou n" 20 correspondants à cette distance, et s'il témoigne ainsi de l'impuissance de son accommodation, à faire

converger les rayons parallèles sur sa rétine, -r- étant

égal à 1/6, H sera aussi au moins = à7 et plutôt audessus. Car cette épreuve a donné le même résultat que vous auriez obtenu, si devant cet œil privé de son accommodation par Tatropine vous aviez placé une

lentïWQ -\^ 7 qui fût restée insuffisante.

NOTES EXPLICATIVES l}}

Celui qui se trouve dans ces conditions ne peut donc voir ni de près, ni de loin : inapte comme l'autre àun travail minutieux et rapproché, il est encore inapte à toute occupation à distance exigeant une vue passable; ce qui aggrave encore sa position, c'est que, dans ces degrés élevés, ilexiste souventune véritable amblyopie rendant toute correction insuffisante. Ce sont ces malades, trop réels, qui parfois, dans leur manière d? regarder, imitent lesmyopes d'un degré élevé. Comme eux*, ils clignent, rapprochent les objets, y voient mieux de près que de loin ; comme chez eux, le sphincter de Tiris, le muscle de l'accommodation devenus impuissants, cessent de se fatiguer inutilement et la pupille reste large et paresseuse. N'y voyant ni de près, ni de loin, ces amblyopes hypermétropiques ne pouvant obtenir des images nettes, prennent par compensation le parti d'en avoir d'aussi grandes et lumineuses que possible, par le rapprochement, et les rendent un peu moins diffuses par le clignement.

En résumé, V hypermétropie H est mesurée par le

verre positif -rz qui la corrige, V amplitude de l' accommodation y par un verre positif qui donne le même résultat; donc, ces deux choses -r et H, comparables à une troisième ^ sont comparables entre elles.

Si ^ est plus grande que H et de près et de loin, elle suftit très bien à la correction du défaut ;

Si — plus grande de loin est plus faible de près, la correction est Incomplète et H est manifeste''^

Si — plus faible de prés et de loin que H, H est

absolue^ et la vision, même monoculaire ne peut être nette à aucune distance.

Cette intervention nécessaire et constante de l'accommodation est la cause de tous les maux de l'hyperméjirape, car si l'œil myope est déjà un œil malade^ celui de l'hypermétrope le devient et court aussi des dangers.

Au premier rang, Vasthénople accommodatlve^ triste apanage de ceux qui ont pris une carrière ou un métier à travail rapproché, et qui serait la cause de leur ruine, si nous ne savions aujourd'hui qu'un verre convexe apportant à l'accommodation épuisée une réfraction toute faite, les soulage et les guérit aussitôt.

Ensuite le strabisme convergent^ lié à l'hypermétropie comme le divergent à la myopie, entraînant l'exclusion decetœilstrabiquedelavision binoculaire,

Fig, 10. — Strabisme faux divergent dans l'hypermétropie.

et par suite la diminution, puis la perte de son acuité jusqu'à lamblyopie la plus complète. Donders a donné l'explication de ce strabisme vrai^ qu'il faut distinguer du strabisme faux divergent que semblent présenter ces yeux.

Celui-ci n'est qu'une apparence qui tient à la position de l'axe visuel en dedans de l'axe de la cornée, position commandée par l'aplatissement de l'organe et Téloignement de la macula en dehors de la papille,

dételle sorte que, dans la vision, la cornée se trouve portée plus en dehors que chez tout autre. Soit en efiet (fig. 10) un œil O, dont le côté interne soit en IN et le côté externe EX, la ligne AO étant Taxe de la cornée ou axegéométrique, qu'il nefautpas confondre âvecTaxe optique; celui-ci, au moment du regard, devient Taxe visuel, chez un emmétrope, il passe par l'objet visé, le centre optique et la macula, EOE', et fait, avec Taxe de la cornée, un angle à peine ouvert de 5 degrés. Dans un œil myope, ces deux axes peuvent se confondre et Tangle a peut même devenir inverse 4' ou négatif. Taxe visuel étant MOM'. Chez l'hyper- Tûétrope, Taxe optique HOH' s'écarte assez pour que îangle qu'il intercepte avec Taxe de la cornée égale Tiiême II degrés. Ces différences tiennent à la position delà macula, relativement au pôle postérieur de Tœil par lequel géométriquement doit passer l'axe de figure de l'organe. Cette macula est toujours en dehors du pôle, mais d'une quantité variable suivant l'allonge- Tuent ou l'aplatissement de l'œil, et comme c'est par elle que nous regardons, sa position détermine la direction de l'axe visuel.

Or, soit un objet P qu'il nous faut regarder au loin; aussitôt pour ramener la macula dans Taxe de visée, l'emmétrope va porter sa cornée légèrement en dehors et redresser son axe optique, l'hypermétrope, bien plus encore, dans la direction de la flèche EH : et tous deux, le premier d'une manière imperceptible, le second ^'une manière très appréciable, sembleront diverger, ^our le myope, ce sera l'inverse : de là ces fausses •apparences de strabisme convergent pour ce dernier, ^e strabisme divergent pour le premier, alors qu'en réalité le véritable strabisme est convergent, pour l'hypermétrope et divergent pour le myope.

Ce strabisme vrai et convergent est la conséquence lente et prévue des difficultés apportées à la vision

binoculaire à petite distance. V effort d'accommodation pour y arriver amène synergiquement le rétrécissement de la pupille et la convergence des yetix. De ces trois actes simultanés et physiologiquement unis, le premier est indispensable, le second est utile, mais le troisième est dangereux, car si par sa position l'objet visé n'exigeque 10 de convergence, je suppose, et que, par suite du défaut de réfraction, il faille faire intervenir 20 d'accommodation entraînant synergiquement 20 de convergence, les deux axes visuels ne pourront plus se rencontrer sur lui, et pour le voir, il faudra qu'un des yeux se redresse et le fixe, tandis que l'autre, et toujours le plus faible, devient plus convergent, se condamne à l'abstraction psychique de ses sensations, et devenu strabique, perd peu à peu sa sensibilité.

Ce sont encore ces efforts répétés qui congestionnent les membranes profondes, les altèrent dans leur texture et leurs fonctions et entraînent une des formes de l'amblyopie hypermétropique acquise, par opposition à l'amblyopie congéniale assez fréquente de ces yeux, due à un arrêt de développement des éléments rétiniens.

Note 7. — C'était d'ailleurs le chiffre fixé par le règlement de 1873, art. 50, et il a donné lieu à bien peu de contestations, car en Autriche, ce même chiffre 1/6 est accepté, en Hollande 1/6, en Danemark 1/8.

Art. ^o. «L'hypermétropie de 1/6 et au-dessus, celle « compliquée de strabisme convergent permanent, « celle compliquée d'amblyopie de l'œil droit sont « incompatibles avec le service actif. »

Note 8. — Comment ces contradictions dans l'examen du sujet ne se produiraient-elles pas? Elles s'expliquent d'elles-mêmes par ce fait que l'œil peut être à la fois E, H ou M, que toutes les combinaisons

sont possibles et peuvent encore se compliquer d'une véritable amblyopie.

Le fait physique de Tœil astigmate est Tinégalité de courbure et par suite de réfringence des différents méridiens de la cornée. Celle-ci, et bien plus exceptionnellement le cristallin , sont asymétriques. Ce senties méridiens réciproquement perpendiculaires qui présentent en général les réfractions les plus extrêmes, les intermédiaires passant de l'un à l'autre par des transitions insensibles. Cette inégalité est surtout prononcée entre le méridien vertical et l'horizontal. Il résulte de cette disposition que les rayons lumineux ne peuvent tous avoir leur foyer au même point et que jamais l'image d'un objet n'est à la fois également nette dans ses deux dimensions.

Lorsque l'astigmatisme estcongénial, il est régulier^ et chaque méHdien conserve même courbure dans toute son étendue. On dit qu'il est irrégnlicr^ quand les secteurs d'un même méridien sont inégaux; celuici est toujours pathologique, le staphylôme pellucide^ les ulcérations ou lestaies de la cornée, les opérations qui l'intéressent, les luxations partielles du cristallin en fournissent des exemples.

Dans l'astigmatisme régulier, toutes les hypothèses peuvent se réaliser : i° On le dit : simple quand un des méridiens est emmétrope et l'autre myope ou hypermétrope. C'est une forme commune, mais qui ii'amène jamais de troubles visuels suffisants pour posera son sujet la question d'exemption. 2° Il est composé, quand l'œil dans son ensemble est myope ou hypermétrope ; mais avec prédominance de M ou de H dans un de ses méridiens. L'astigmatisme composé hypermétropique est le plus fréquent et celui pour ^uel l'exemption devra être le plus souvent prononcée, y II est mixte si l'œil étant myope ou hyper- Diétropeen général, l'un de ses méridiens est le con-

traire : c'est une variété plus rare, susceptible dans les degrés élevés, d'entraîner l'exemption. . Il serait inutile d'entrer ici dans de longs détails sur la détermination et la mensuration du méridien astigmate, au moyen de la fente sténopéique ou des optomètres spéciaux ; je me borne à rappeler que ce méridien est celui qui s'éloigne le plus de Tétat normal. Dans le premier cas, l'œil étant emmétrope, ce sera le méridien myope ou hypermétrope, dans le deuxième, l'œil étant myope ou hypermétrope ce sera le méridien le plus myope ou le plus hypermétrope ; dans le troisième l'œil étant surtout ou myope ou hypermétrope, ce sera le méridien de nom contraire. C'est ce méridien qu'il faut mesurer avec la fente sténopéique et le verre correcteur, et le degré de l'astigmatisme est donné par la différence de réfraction des deux méridiens principaux.

Note 9. — Dans les cas qui simulent une myopie exagérée, comme j'ai déjà eu occasion de le dire, le malade regarde à travers son cristallin comme à travers une loupe ; l'image rétinienne est agrandie et d'après de Grœfe, comme elle augmente plus vite que les

Fig. II. — Déformation d'un trou rond, vu par un œil astigmate.

cercles de diffusion, le sujet trouve encore un bénéfice notable à rapprocher les objets. Bien des signes pourraient être ajoutés à ceux que j'ai cités, les trois suivants, tous d'ordre physique, sont utiles à connaître. A. Quand on fait regardera contre-jour un trou arrondi(fig. 10), percé dansun carton, parunœilastigmate,

et qu'on l'éloigné ou le rapproche, il se produit dans

sa formeet ses dimensions des changements analogues

il ceux que produit sur un écran un cône lumineux

tombant sur une lentille ellipsoïdale et réfracté par elle.

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