CONDITION DE LA VISION DISTINCTE I
distincte, et vous comprendrez facilement toutes les difficultés et les longueurs de cet examen.
L'œil est à la fois un appareil d'optique et un appareil de sensation : comme appareil d'optique, il a ses milieux réfringents (cornée, cristallin) ; ses milieux transparents ou de transmission (humeur aqueuse, humeur vitrée) ; sa chambre obscure, constituée par la sclérotique, la choroïde et son pigment; son écran récepteur (la rétine). Pour que la vision soit nette et distincte, il faut non seulement que la pureté de tous ces milieux reste inaltérée, car le moindre nuage en perturbe la fonction ; mais il faut encore qu'il existe toujours, entre leur réfringence et la position de leur écran, un rapport mathématique sans lequel l'image qui vient s'y former se trouble et devient diffuse.
En tant qu'appareil de sensation, la rétine constitue sa partie impressionnable, le nerf optique son organe de conduction, les corps genouillés, les tubercules quadri jumeaux, la couche optique, ses centres de perception, tous d'une délicatesse de structure extrême, ayant un long parcours dans l'orbite et dans le crâne, ce qui les expose aux affections les plus diverses.
Et pourtant, pour que la vision soit normale, il faut que toutes ces parties jouissent de leur intégrité anatomique, que leurs fonctions soient assurées par une nutrition régulière à laquelle concourent également une composition normale du sang et un exercice continu et salutaire.
De plus, l'organe fonctionne aussi bien de près que de loin; il est double, et ne donne cependant que des sensations uniques, tous phénomènes c\m itsx^Xvq^^'svV
14 CONSEILS DE REVISION ET CONSEILS DE RÉFOfeME
certaines conditions d'accommodation, de mouvements synergiques sans lesquels la vision est perturbée.
De là rimmense variété des cas, la nécessité de connaissatices précises pour les apprécier.
Or, lorsqu'un homme, soumis à votre examen, prétend y voir mal ou pas du tout, d'un œil ou desdeux^ il peut être véridique, et vous avez à déterminer la cause de son imperfection visuelle ; il peut dire faux^ et vous devez dévoiler le mensonge : simulation ou exagération.
N'allez pas croire que, pour arriver à ce résultat, il soit indispensable d'être un spécialiste émérite. Un ordre méthodique, uniforme dans tous les cas, l'application de procédés rigoureux et précis, en général faciles et basés sur quelques notions générales bien comprises, suffisent le plus souvent : les exposer sera le but de ces leçons.
Ce qu'on vous demande ici, c'est moins un diagnostic médical absolument rigoureux qu'une appréciation suffisamment exacte et une réponse à cette question :« L'homme de levée ou de la conscription qui « invoque, auprès de vous, l'imperfection de sa vue, « comme cause d'incapacité de service, voit-il assez « bien pour être retenu dans les rangs de l'armée ou « de la marine ? » (Note i.)
Détermination de l'acuité visuelle. — Votre premier soin sera de vous en assurer, en déterminant le degré de son acuité visuelle ou de sa finesse de perception. (Note 2.)
Vous pourriez sans doute y arriver facilement, en