STRABISME OPTIQUE
permétropie engendre le strabisme convergent, la myopie le divergent. Sur loo strabiques convergents 77 sont hypermétropes, sur loo qui divergent 65 sont myopes. Au début, suivant l'expression de Buflfon, ce n'est encore qu'un faux trait de la vue, puis la déviation devient plus appréciable, elle augmente mais ne se manifeste encore que dans certains moments, sur un ou sur l'autre œil, dans certaines positions du regard, d'où les noms de concomitant, de périodique ou alternant, relatif, etc., qu'on lui donne. Plus tard il pourra devenir fixe et permanent.
Suivant son degré, on peut donc le méconnaître si on ne sait le provoquer par le mode d'examen. Pour cela, il faut faire fixer l'index ou un petit objet, un crayon, par exemple, une plume, en le plaçant à 25 ou 30 centimètres en avant des yeux et sur la ligne lïiédiane, ensuite le rapprocher lentement, l'œil straoique ne tarde pas à se dévoiler par sa déviation, tandis que l'autre continue à fixer.
Strabisme latent. — Si le strabisme est encore peu marqué, si même il n'existe qu'à l'état dynamique ou latent et constitue alors chez le myope ce que l'on uésigne sous le nom d'asthénopie musculaire ou insuffisance des droits internes, un nouvel artifice est nécessaire ; les procédés diffèrent, mais le but est toujours l^ même. Il s'agit de soustraire les yeux à la nécessité ^t aux fatigues de la convergence et de permettre ^insi à l'œil insuffisant d'occuper la position qui lui ®st plus facile. Chez le sujet dont les deux yeux ont égalité de puissance, la convergence continue et se ^^aintient ; chez celui dont l'œil est plus faible la dé-
viation se produit avec ses conséquences : asymétrie^ déplacement des images.
Ainsi, faites fixer à proximité comme tantôt, un objet, le doigt dune main, par exemple, et avec l'autre restée libre, ouverte, placée de champ près du nez, masquez alternativement l'un et l'autre œil, vous verrez celui qui est affaibli se dévier ; en le découvrant ensuite tout d'un coup il reprendra sa position.
Même effet, si au lieu de le masquer avec la main vous placez devant lui un verre dépoli qui obscurcit la vision mais permet à l'observateur de suivre ses mouveinents ; vous forcez ainsi l'asymétrie des axes â se produire.
Dans les expériences qui suivent c'est le déplacement des images qui se manifeste.
Le procédé classique est celui de Graefe. Au milieu d'une ligne noire tracée sur papier blanc est un gros point noir. Le sujet, en le fixant de près à i^ ou 20 centimètres, le voit simple ; placez devant un de ses yeux un prisme de 10° à 15°, base en haut, la ligne s'allongera et deux points superposés se montreront sur son trajet si les yeux ont la même puissance; sinon il verra deux lignes et deux points séparés, il y aura diplopie ; l'apparition des deux points, alors qu'ils ne sont plus sur la même ligne, est la preuve de l'insuffisance et leur écartement indique son degré.
A défaut de prisme, l'expérience suivante de Kugelest certainement une des plus simples et des plus originales. Une feuille de papier, et un petit carton ou papier cartonné de 0^,1 5 à o"^20 suffisent. Sur la première tracez une ligne droite à l'encre, placez le carton perpendicu-