‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 33 sur 71 · SIMULATION : MOYENS DE SURPRISE · texte numérisé non relu

SIMULATION : MOYENS DE SURPRISE

qui est fréquent, où il existerait une amblyopie que le sujet exagère, vous en mesurez le degré d'après le numéro des caractères qui ont été reconnus (note 4).

Cette expérience est d'ailleurs toute en faveur du réclamant, car il esf digne de remarque qu'elle exagère en quelque sorte Tamblyopie quand elle existe. L'œil affaibli soumis au contrôle des points les voit mieux quand il les regarde seul que lorsqu'il les regarde en même temps que l'autre. Dans le premier cas il y emploie toute sa puissance, dans le second il a une iorte tendance à la neutralisation de cette image insuffisante.

Expérience de la bougie. — Par sa simplicité, elle mérite d'être connue. Placez votre observé dans la partie la moins éclairée de votre cabinet, allumez une bougie et faites-la passer lentement devant ses yeux en commençant du côté sain, à 0,30 ou 0,35, et la dirigeant ensuite du côté prétendu malade. La ligne médiane franchie^ l'amaurotique ne tarde pas à accuser sa disparition, l'arête du nez la masquant pour cet œil; si par contre cet œil jouit encore de sa vision^ elle ne disparaît pas.

Il est des expériences aussi certaines que celles qui précèdent mais il n'en est pas d'aussi simples. Je vous en ai déjà montré plusieurs, mais il pourra vous être utile de connaître encore les suivantes relies n'exigent qu'un ou deuxverres prismatiques, elles appartiennent à de Graefe et voici comment je les combine et vous conseille de les pratiquer.

Expériences PAR les prismes. — L'œil prétendu malade a été examiné avec toute l'attention voulue. Vous

laissez croire à votre observé que nul doute n'existe dans votre esprit sur la réalité de la maladie qu'il accuse, seulement, et comme en vous ravisant, vous lui demandez si Tautre œil ne commence pas à se prendre et vous le prévenez que vous allez Texaminer. Vous placez alors devant cet œil un prismede 10 à 12 degrés, base en bas, et vous faites regarder à quelques mètres une bougie allumée, ou de plus près une tache noire sur une feuille de papier.

Ou le réclamant accusera tout de suite de la diploplie, indice certain de l'aptitude des deux yeux à y voir, car chaque image appartient à un œil différent et, en le faisant s'expliquer sur la netteté de Tune et de l'autre, vous pourrez approximativement être fixé sur Tacuité de son œil.

Ou il prétendra ne voir qu'une seule image, soit que Tamaurose existe réellement, soit que par méfiance ou prévenu de la signification de cette double image, il se tienne sur ses gardes. * Dans ce cas, sans embarras» fermez doucement l'œil dit amaurotique, et abaissez lentement votre prisme de manière à ce que son arête vienne couper la pupille en deux. Dès lors les rayons lumineux qui arrivent à l'œil seront de deux sortes, les uns directs passent parla moitié supérieure de la pupille, les autres se dévient en traversant le prisme, avant àt pénétrer par la moitié inférieure, de là deux imag^ dans le même œil, la diploplie est monoculaire. Soos peine de fraude évidente l'observé doit accuser cette double perception, et il le fait avec d'autant plus de confiance que vous aviez tenu fermé Tœil qui d'aprf^ J^ son dire ne devait pas y Voir. A cet aveu vous lui àé-

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