DALTONISME I PROCÉDÉ DE DONDERS
presque absolument monochromatique. Pour diffuser la lumière, la rendre plus uniforme, masquer la flamme de la bougie, il est nécessaire de placer entre elle et les verres une mince et fine feuille de papier de soie piarfaitement blanc ou une lame de verre très bien dépolie et opaque.
Uexamen, pour le rapprocher des conditions d'éloignement de la pratique sur le terrain, doit se faire au moins à 5 mètres.
Tout étant, par ailleurs, identique pour chaque examen, couleurs, surface, chambre noire, position, l'unité point de départ de la comparaison et de la graduation, s'il y a lieu, sera donnée par la perception physiologique de Tœil du médecin, s'il est normal et le minimum, soit distance où l'examiné se tiendra, soit distance où la .bougie doit être placée, sera fixée un peu au-dessus du point extrême où les couleurs sont encore perceptibles pour lui.
La lanterne de Rédard, l'appareil de Maréchal, l'une très simple, l'autre plus compliqué, celui de Chibret, instrument d'une grande précision (i), peuvent être employé dans ce but, ou encore celui que j'ai proposé pour la marine.
Appareil de l'Auteur, — Ayant eu à combiner un appareil qui pût permettre de procéder successivement et rapidement aux différentes épreuves de vision indispensables pour la marine et remplirles conditions
(x) Redard, Examen de la vision des employés de chemin de fer, rapport au Ministre. Paris, 1880. — Maréchal, Ann. d'oculis., 1881. — D"" Chibret, Chromatoplomètre et photoptomèire Bulletin de la sociiti française d'Ophalmologie (séance du 3 janvier 1885).
exigées, depuis 1874, pour Tadmission àTécole navale, j'ai proposé les dispositions représentées dans la figure 17, page 311 et décrites dans les pages suivantes.
Au point de vue de Tacuité du sens chromatique, cette épreuve ne vise qu'un minimum pour l'œil supposé normal : voir très nettement à 10 mètres les disques colorés de 0,005 ^^ diamètre , ver rouge , blanc, jaune et à 5 mètres les demi-disques. Entre les verres et la lumière est interposée à poste fixe une feuille de papier dite pelure d'oignon ou papier de soie, qui diffuse et atténue la flamme de la bougie.
Le même appareil, avec une modification facile à exécuter, réalise le dispositif général de Donders, mais en n'exigeant plus qu'une course de o'°,4o environ, de la bougie, pour passer de l'obscurité au maximum de lumière. Dans ce but (fig. 15, Ja règle R fixe et horizontale qui porte la bougie éclairée, B, et l'écran, E, sur lequel est fixé, mobile autour de son axe, le disque D, dans lequel sont enchâssés les verres colorés en VV, a été fendu au milieu pour permettre le mouvement de la source lumineuse, dans une étendue de o'",4o et dans le sens de la flèche.
Le porte-bougie PB est soutenu dans ses mouvements par un plateau léger en fer-blanc PP, percé en son centre d'un trou par lequel il est introduit Pour atténuer l'intensité de l'éclairage, deux plaques de verre dépoli VD, entre lesquelles on pourrait au besoin placer une feuille de papier de soie, sont interposées entre la lumière et les trous de l'écran : elles sont maintenues dans une petite caisse en fer blanc qui s'accroche sur l'écran par deux tiges recourbées T R. Du côté de
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la lumière, elle est percéed'une ouverture de 0,03 qui découvre les plaques de verre, et de l'autre n'est qu'à moitié fermée dans sa partie inférieure I, de manière à boucher les trous inférieure du disque et à ne plus permettre que l'examen d'une couleurou de deuxà lafois. L'appareil ainsi complété, supposons le sujet à 5
Fig. 15, — Appai
mètres des disques colorés et la bougie à 0,40 de l'autre côté, les vues normales ne pourront distinguer que le blanc ; rapprochons-la jusqu'au point où une clarté d'abord leur apparaîtra, puis le rouge et un peu plus près le vert, nous marquerons en ce point l'unité normale de la vision chromatique et tout le reste de
la course étaut divisé en centimètres, nous pourrons facilement établir pour les yeux dont le sens chromatique est affaibli, etd'après les principes de la méthode de Donders, de combien est leur déficit.
De ces deux manières d'explorer le sens chromatique, échelles chromatiques, diminution de V éclairage avec les verres colorés^ la première est plus simple : elle n'exige qu'un tableau ; la seconde avec les verres colorés vus à la lumière transmise, est plus en rapport avec le but : elle place l'observé dans les conditions mêmes de la pratique et dispense de l'épreuve sur le terrain que beaucoup ont conseillé comme la plus rationnelle : Réduite à la recherche d'un minimum fixé d^ avance pour les couleurs les plus employées dans les feux des signaux (rouge, vert, blanc surtout, le jaune étant trop variable par suite de la couleur de la lumière) , elle devient tout aussi pratique et expéditive et n'exige plus ni déplacement de la bougie, ni calcul. Les deux, quels que soient les moyens qu'on choisisse , peuvent se contrôler et acquérir par suite plus de certitude.
C'est cette dernière manière de faire que j'ai proposée et qui a été acceptée par la marine. L'examen complet, répondant en outre aux conditions générales établies par l'inspecteur général, J. Roux d'après les indications de Javal (A. M. 30 juillet 1874) n'exige que quelques minutes et se compose des épreuves suivantes (i)
A. Dans l'obscurité, bougie de l'Étoile à 0,50.
(z) Voir page 309, l'Instruction officielle du 23 mars 1888.